KAZAN (28) PAS DE MEDAILLES FÉMININES FRANçAISES ? NORMAL…

LES FILLES SONT PLUS OU MOINS LÀ

OU L’ON AURAIT DU LES ATTENDRE

Eric LAHMY

Jeudi 6 Août 2015

Ça a commencé dans les journaux. Les confrères se demandent « où sont les filles », sous-entendu les Françaises, aux championnats du monde de Kazan…

La Voix des Sports a titré sur « ces nageuses françaises » qui « recherchent finales désespérément. » Celles-ci ont répondu qu’elles n’avaient que vingt ans. Réponse non recevable, Katie Ledecky, avec déjà trois médailles d’or et deux records du monde individuels, a dix-huit ans et Melissa Franklin vingt ans. Et elles étaient championnes olympiques en 2012, à 15 et 17 ans…

Alors quoi, ont-elles mal nagé ? Pas spécialement, certains records personnels sont tombés, mais il n’y a pas eu de bonnes surprises.

L’explication est ailleurs.

Les nageuses françaises sont dans la nasse que leur a concoctée la direction technique en abandonnant une politique qui avait donné des résultats, avec des minimas sévères. On a amené des nageurs et des nageuses dont on savait qu’ils n’iraient pas en finales. Qu’en plus les têtes de liste aient du mal et que la malchance s’en mêle quand on anticipe un départ en relais. Qu’enfin on note l’absence d’un grand talent, zéro Laure Manaudou ou Camille Muffat, pas même une Solenne Figues ou une Roxana Maracineanu…

Dès lors, surtout, qu’on cesse de faire la grimace parce que la soupe n’est pas bonne ! On a l’équipe de natation que les clubs ont présentée et la Direction technique sélectionnée sous le vieux faux prétexte de préparer l’avenir.

On nous dit ici que le relais quatre fois 200 mètres dames a une chance de médaille. C’est ce soir et c’est beaucoup compter sur la chance. Mais regardons ça. Sur le papier, nos filles valent – Bonnet, 1’56.86, Balmy, 1’57.49, Hache, 1’58.97, Fabre, 1’59.42, soit 7’52.74 moins 2.1 de prises de relais soit 7’50.84. A noter que ce n’est pas Hache mais Etienne qui est engagée sur les listes de la FINA… Les USA, avec les podiums de Ledecky et de Franklin, sont hors de leur portée. L’Australie a perdu Kylie Palmer, mais emmenée par Emma McKeon, 1’55.88, et Brittany Elmslie, 1’56.71 et Melanie Wright, 1’57.37, le Japon avec une équipe homogène, l’Italie avec Pellegrini et Mizzau, la Suède avec Sjöström et Coleman, le Canada avec Overholt, l’Allemagne qui donne des signes de renouveau, il y a des adversaires à revendre. Quand Muffat nous donnait trois ou quatre secondes d’avance, on pouvait gérer le retour de quelques équipes, mais là, il faudrait des exploits à répétition. Il manque une grande leader à ce relais, moralement, Bonnet et Balmy sont indiscutables, mais elles ne vont pas accumuler des secondes en face des filles des autres nations citées…

Finalement, la Russie, le Brésil, le Canada, l’Allemagne sont passés par la fenêtre. Pour nos filles, être devant ces équipes est en soi un joli résultat. Mais qualifiées en huitième position, nos filles n’ont virtuellement aucune chance de battre qui que ce soit.

 

Séries du 100 mètres, Charlotte Bonnet hérite de la huitième place, avec 54.01, ce qui représente à peu près sa valeur. Il va être dur de conserver cette position en demis, avec les filles de potentiel qui sont derrière elle et qui ont sans doute plus de réserves qu’elle. C’est la mésaventure qui lui est arrivée sur 200 mètres : huitième de la série mais devant Heemskerk, neuvième de la demi, la Néerlandaise ayant retrouvé « sa » place.

Pour sa part, Béryl Gastaldello reste éloignée des temps qu’elle avait réalisés ce printemps. L’étudiante US de Texas se plaint de manquer de fraîcheur, et notamment d’une incapacité de se lancer dans ses courses. C’est sûr que (par exemple) passer derrière Franklin, aux 50 mètres, pour une bonne sprinteuse comme Béryl, c’est se condamner à finir loin, compte tenu du « retour » de Melissa. Le paradoxe est que ce manque au démarrage ne se retrouve pas en 50 mètres, où elle retrouve tout son tonus (voir son record de France, 28.02, en séries, sur 50 dos).

Devant, loin devant, Sarah Sjöström et Cate Campbell réalisent l’égalité parfaite en enlevant celle-là la neuvième, celle-ci la dixième série en 53.22. Bronte Campbell n’est pas bien loin de son aînée et vde leur rivale, avec 53.50 dans la même série que sa grande sœur, complétée par la championne olympique, Ranomi Kromowidjojo, 53.85…

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17 comments:

  1. nelson

    Pourquoi les filles ne sont pas au niveau de leur record personnel
    Charlotte Bonnet qu’est ce qu’il fait qu’elle n’arrive pas briller. On l’attend depuis longtemps

    1. admin *

      Il y a toujours des réponses à de telles questions, mais ces réponses ne peuvent être obtenues qu’à l’issue d’un sérieux debriefing. Depuis vingt ans, l’encadrement de l’équipe de France avait travaillé de façon professionnelle de façon à donner à l’équipe les meilleures armes de la réussite. Il s’agit d’un accompagnement de chaque instant, d’une prévoyance de chaque détail. Des personnes formées à certaines convictions avaient créé une culture de la gagne. Cela se payait d’une politique de sélection resserrée. On n’acceptait, en gros, que des nageurs susceptibles d’entrer dans les finales et des équipes qui pouvaient finir cinquièmes. Ce petit nombre donnait une cohésion, mais aussi réservait les moyens importants pour cette élite. Aujourd’hui, l’équipe de France est un gran casino, comme disent les Italiens. Favre a ouvert la sélection. A quoi cela correspond, sinon à produire des 24e et des 37e et des 52e dans les différentes courses, à créer une baisse dans les attentes, à affaiblir les ambitions, à diluer les responsabilités, à abaisser le moral des troupes. Quand on pose le curseur sur la gagne, ça passe ou ça casse. Quand on pose le curseur sur la seizième place, qu’est-ce qu’on obtient ? On se satisfait de se classer 16e !
      Dès lors pourquoi chercher mieux ?
      Peut-on faire ça? Bien sûr qu’on peut le faire? Puisque c’est ce qu’on fait.
      Maintenant, doit-on désigner des nageurs ? Oui et non. Vous posez l’exemple de Charlotte Bonnet. Mais les places de Charlotte Bonnet à Kazan ne représentent en rien un problème, encore moins un symptôme. Voilà une fille qui s’est défoncée pour réaliser les minima, qui a battu ses records aux France et à certaines occasions, et qui, à Kazan, n’a pas battu ces records. Mais elle les a approchés, elle s’est battue, elle n’a pas obtenu les résultats escomptés. Je crois cependant qu’elle n’est pas aussi douée qu’une Muffat ou qu’une Manaudou, tout le monde semble d’accord là-dessus. Sauf cas particulier, je ne crois pas souhaitable de désigner tel nageur parce qu’il a raté son coup, cela fait partie de la compétition.
      Bonnet n’a pas la caisse pour répondre à une Franklin ou une Pellegrini. Je ne vois pas pourquoi je la trouverais exemplaire dans un relais médaillé de bronze aux Jeux et minable parce que le relais est huitième. Charlotte est importante dans l’équipe de France, mais elle ne peut donner que ce qu’elle a!
      En plus, Bonnet a une très bonne réputation, on la dit sérieuse et appliquée, même Pellerin, qui n’a pas le compliment facile, l’a louée.
      En revanche, collectivement, l’équipe de France semble avoir connu un moindre taux de réussite. Il y a de fortes chances que c’est cette sélection élargie qui représente un retour à un laisser aller, à un dilettantisme, ou encore à une certaine fatigue de l’entourage. Je donne un exemple : comme kiné, serez-vous plus performant quand vous devrez traiter quatre nageurs ou douze nageurs ? et si vous êtes chargé de faire la navette entre l’hôtel et la piscine, pourrez-vous faire autant diligence quand vous aurez trois fois plus de nageurs avec des courses différentes ? Posez la question pour tout l’encadrement…
      Voyez-vous la solution ?

      1. admin *

        VLeroyer
        Charlotte Bonnet est aujourd’hui indispensable aux deux relais individuels pour les faire entrer en finale et les qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro. Sans Charlotte, la FFN n’a pas d’autre choix à ce niveau de performance pour passer le cap des séries. L’avant veille de son 200 NL (série et 1/2 Finale) elle nage deux fois le 4×100 NL et échoue à 7 centième de la qualification individuelle en Finale, et le jour de son 100 NL, elle nage sa série du 100 NL puis les séries du 4×200 NL avant les 1/2 finales du 100 NL et renagera tout à l’heure la finale du 4×200 NL. Bravo à Charlotte pour son abnégation au service du collectif et de ses copines. Vivement le temps qui devra venir si l’on veut être une nation de relais compétitive en filles, où l’on pourra préserver notre meilleur atout en série, comme pour les garçons, pour lui permettre d’être au mieux sur ses courses individuelles. Charlotte en attendant mieux et plus d’espace fait le métier et pousse les wagonnets au détriment de plus de fraîcheur dans ses courses individuelles.
        Dommage, et si la France qualifie des relais aux J.O, les autres, hors Coralie, devront monter le niveau.
        L’équipe fille est en pleine reconstruction, souhaitons lui le meilleur. Allez les Bleus.
        Vincent Leroyer

  2. Leroyer

    Charlotte Bonnet est aujourd’hui indispensable aux deux relais individuels pour les faire entrer en finale et les qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro. Sans Charlotte, la FFN n’a pas d’autre choix à ce niveau de performance pour passer le cap des séries. L’avant veille de son 200 NL (série et 1/2 Finale) elle nage deux fois le 4×100 NL et échoue à 7 centième de la qualification individuelle en Finale, et le jour de son 100 NL, elle nage sa série du 100 NL puis les séries du 4×200 NL avant les 1/2 finales du 100 NL et renagera tout à l’heure la finale du 4×200 NL. Bravo à Charlotte pour son abnégation au service du collectif et de ses copines. Vivement le temps qui devra venir si l’on veut être une nation de relais compétitive en filles, où l’on pourra préserver notre meilleur atout en série, comme pour les garçons, pour lui permettre d’être au mieux sur ses courses individuelles. L’équipe fille est en plein épanouissement, souhaitons lui le meilleur. Allez les Bleus.

  3. nelson

    Merci pour ta réponse. Je prends juste Bonnet comme exemple. J’aimerai la voir réussir mais j’ai l’impression qu’elle est dans le même cas que Femke Heemskerk. Nage bien toute la saison mais se retrouve avec un blocage en mentale dans les grands rdv. Charlotte fait de bon championnats et sauve l’équipe fémine mais il manque quelque chose encore. Comme pour Balmy. Je trouve qu’il nous manque cette mentalité à l’americaine. Où on voit une Franklin rire en chambre d’appel ou danser. Il nous manque aussi ce talent comme une fille comme Laure ou Camille. J’ai confiance sur les filles car elles sont du talents. Wattel, Hache, Bonnet et Beryl. Qui sait. Qu’est ce qui fait que Etienne n’arrive pas retrouver son niveau de 2010 / 2012. Pouvez-vous me répondre j’aimerai comprendre
    Merci encore d’être autant ouvert

    1. Pierre

      Nelson: Aujourd’hui, la différence entre principale entre Charlotte Bonnet et Missy Franklin est physique et/ou techniques. Le mental ne joue qu’entre nageurs de niveau comparable, espérons surtout que Charlotte progresse encore à l’avenir…

      Par ailleurs, est-ce que la présence de camarades peu concernés par la course aux finales en équipe de France ne met pas encore plus de pression à ceux/celles qui le sont? Difficile à dire pour le nageur du dimanche que je suis…

      1. admin *

        Techniquement, Pellerin vaut tous les coaches américains. Franklin a un physique hors-normes mais aussi une classe hors-normes, elle a été double championne olympique à dix-huit ans, triple championne du monde à dix-neuf, relais non compris. Pour ce qui est des effets des nageurs les uns sur les autres, ils peuvent aller dans les deux sens, et il n’est pas impossible qu’un nageur très concerné motivé un qui ne l’était pas. Mais le grand déclencheur de la révolution voulue par Claude Fauquet est partie d’un constat effectué par Franck Esposito, retour des Jeux olympiques de 1996.
        La natation française a ramené zéro médaille d’Atlanta.
        Dans l’équipe de France, les finalistes étaient Esposito lui-même, 4e du 200 mètres papillon (et 14e du 100 mètres papillon), Franck Schott, 8e du 100 mètres dos, Xavier Marchand, 8e du 200 mètres quatre nages ;
        Les non-finalistes A (il y avait des finalesB) étaient :
        Vladimir Latocha, 9e du 100 mètres brasse, Christophe Kalfayan, 14e du 50 mètres, Jean-Christophe Sarnin, 14e du 200 mètres brasse, Yann de Fabrique, 15e du 400 mètres et 17e du 1500 mètres, David Abrard, 15e du 200 mètres papillon, Stéphane Perrot, 22e du 200 mètres brasse, Nicolas Gruson, 23e du 100 mètres, Christophe Bordeau, 24e du 200 mètres.
        Le relais 4 fois 100 mètres était 11e avec Frédéric Depickère, Nicolas Gruson, Peirrick Chavatte et Frédéric Lefèvre ; le quatre fois 200 mètres huitième avec Yann de Fabrique, Lionel Poirot, Bruno Orsoni et Christophe Bordeau ; le relais quatre nages 11e avec Franck Schott, Vladimir Latocha, Franck Esposito et Nicolas Gruson.
        Chez les filles
        Cécile Jeanson, 10e du 200 mètres papillon et 13e du 100 mètres papillon, Solenne Figues, 12e du 200 mètres et 20e du 100 mètres, Hélène Ricardo, 15e du 200 mètres dos et 19e du 100 mètres dos, Laëtitita Choux, 24e du 400 mètres, Karine Brémond, 25e du 100 mètres brasse et 29e du 200 mètres brasse, Casey Legler, 29e du 50 mètres, Nadège Cliton, 31e et dernier du 400 mètres quatre nages et 36e du 200 mètres quatre nages.
        Le quatre fois 100 mètres terminait 10e avec Solenne Figues, Jacqueline Delord, Casey Legler et Marianne Leverge, le 4 fois 200 mètres 14e avec Leverge, Ricardo, Choux et Figues, le quatre fois 100 mètres 4 nages 16e avec Ricardo, Brémond, Jeanson et Figuès.
        Pour Claude Fauquet, « dans une équipe plus forte, à Atlanta, Franck Esposito n’aurait pas fait 4e, mais une bien meilleure place. Pourtant, cette équipe ne manquait pas de potentiels qui n’avaient rien à envier aux générations que nous avons connu ensuite. » Après une « discussion franche » avec Esposito, qui a ressenti un trouble dans « l’ambiance » de l’équipe, Fauquet, sur une idée de Clémençon, propose la réforme des « séries », qui va classer les nageurs par séries, en fonction de leurs performances en bassin de 50m, leur indiquer leur valeur exacte, les situer dans la hiérarchie mondiale. « Les séries, résume Claude, c’est dire la vérité aux nageurs. » Il va instituer aussi des minima beaucoup plus durs, inadaptés à l’état de la natation française de l’époque…
        C’est à une révision, voire une destruction, de ce système de réussite que se sont attelés les divers Directeurs techniques qui ont suivi, Christian Donzé, Lionel Horter et aujourd’hui Jacques Favre
        On verra ce que cela donnera…

  4. Pierre

    Ceci dit, rien ne distingue les jeunes d’aujourd’hui de Solenne Figues ou Roxana Maracineanu au même âge. Sur la même course, qui peut exclure que Charlotte Bonnet ait des médailles mondiales à 25 ans comme Figues? Personne (Et personne ne peut le garantir, d’ailleurs).

    1. admin *

      Bien sûr. C’est vrai. Mais je peux vous citer des noms de nageuses françaises de l’époque que rien ne distinguait de Roxana Maracineanu et de Solenne Figues au même âge et qui n’ont pas été championnes du monde ou médaillées! Il y a eu Esther Baron qui a été quand même championne d’Europe, et je me souviens que Maracineanu était dominée par une fille du même âge qu’elle, Helene Ricardo, sur 200 mètres dos, en 1996, par exemple. Je n’exclus rien pour Charlotte Bonnet, qui n’a d’ailleurs « que » 20 ans, et je ne tiens pas à prendre des paris la concernant. Une carrière de nageuse est riche en événements. Charlotte dispose déjà d’un très beau palmarès dans les courses « moyennes de gamme », championnats d’Europe des jeunes compris. Je voulais seulement dire que si elle ne réussissait pas un coup comme de ramener une médaille individuelle olympique ou mondiale, je serais choqué qu’on lui reproche quoique ce soit. Même l’équipe des Etats-Unis n’est pas formée que de Melissa Franklin et de Katie Ledecky. Pour une raison que l’on peut imaginer, Charlotte Bonnet n’est ni Franklin, ni Ledecky, ni Campbell, ni Sjöström, ni Muffat. Mais elle est Charlotte Bonnet, son entraîneur participe de ce qui se fait de mieux au monde, et je n’entends que des louanges à son sujet. Elle a marqué de légers progrès en 2015, qui ne se sont pas confirmés sur le champ de bataille des mondiaux de Kazan, cela n’obère en rien son avenir. Elle aura l’âge de Maracineanu en 2019, celui de Figues en 2020, et la vie continue.

      1. nelson

        Après, Bonnet n’a pas pu préparer de la meilleure des manières ces mondiaux. Elle a vécu quelque chose de très difficile. J’attends avec impatience de la voir performer au JO. Car Pellerin sait préparer des nageurs pour les JO. En 2012, il a fait un boulot monstrueux.

        1. admin *

          J’aurais eu tendance à croire qu’au contraire, le drame de Camille Muffat lui avait donné une raison supplémentaire de réussir et que c’était là-dessus qu’elle avait fait ces progrès de cet hiver…

  5. Aigues

    Bonnet a peut-être aussi simplement la malchance d’avoir d’être « spécialiste » des deux courses qui sont peut-être les plus relevées actuellement – et des plus prestigieuses. Le 200m est le rendez-vous de 5-6 des meilleures nageuses du monde, et le le podium du 100m est verrouillé par 3 filles extraoridinaires, qui relèguent une fille comme Franklin à la 7eme place…

    Il ne me semble pas avoir vu de réelle et indéniable contre-perf de sa part.

    1. admin *

      Non, Bonnet n’a pas contre performé, même si elle pouvait espérer mieux sur ses 1’56 et quelques de cet hiver à répétition. Elle aurait pu les faire, elle ne les a pas faites, mais c’est moins spectaculaire que le coup de moins bien de Femke Heemskerk. Maintenant, ce que vous dites est vrai, mais baigne comme tous les commentaires dans le relatif. Je serais étonné (et déçu pour cette fille qui valorise le sport) que Melissa Franklin, si elle garde la santé, se laisse traiter de la sorte l’année prochaine et j’imagine que son retour du bâton risque d’être « phelpsien » si vous voyez ce que je veux dire.
      Je ne crois pas que parce qu’une performance est signée Franklin, elle doit être considérée comme formidable. Disons le, Franklin a été mauvaise dans ces mondiaux (et Manuel un peu décevante), ce qui veut dire que les filles qui l’ont mise 7e ne sont pas des déesses pour autant. Pour les 3 premières oui.
      Par ailleurs, il est toujours frappant que, voyant par exemple une progression du style, telle année 54.5, l’année suivante, 53.7, l’année suivante 53.0, on aura tendance à vouloir l’année qui suit 52.5 sans se rendre compte que c’est fini, que ça s’est arrêté à 53. et que le nageur n’en veut plus ou n’en peut plus. J’ai toujours un petit mouvement de méfiance quand on bâtit des plans sur l’avenir. Après la victoire de Muffat aux Jeux olympiques, j’avais émis devant Sophie Kamoun l’idée qu’elle ne durerait pas longtemps. « Ah! non, elle est professionnelle maintenant » m’a répondu Sophie. Que répondre à ça. Mais la grande heure de Muffat était passée!
      Maintenant, qui s’étonne que le 200 mètres soit le rendez-vous des top? D’habitude, le crawl, c’est le top, (le crawl, c’est LA course de plat, et les spécialités, c’est le steeple et les haies ou la course d’orientation) et le 200 mètres est la croisée des chemins du demi-fond et du sprint prolongé. Cela dit, quelques fois, la jonction ne se faisait pas parce que des sprinteuses comme Steffen, Campbell ou Kromowidjojo ne nageaient pas le 200m et les Laure Manaudou et consorts ne descendaient pas volontiers. Là, l’ascenseur fonctionne, ! Le 200 est particulièrement costaud cette année. Mais on n’a peut-être rien vu, car si Melissa aiguise ses couteaux en 2016 et Sjöström, privée de son 50 mètres papillon, peut le caser dans son programme, faudra descendre se mettre à l’abri…

      1. Aigues

        Tout à fait d’accord sur le 200, réunion du sprint et du demi-fond . Le plateau était déjà magnifique cette année d’ailleurs chez les femmes. Pour moi qui suis jeune et qui ai commencé à suivre tout ça en 2000, le 200m c’est exactement ça, VDH qui rencontre Thorpe.

        Bonnet a une bonne brasse et est championne de France sur 200 4 nages. Est-ce qu’elle aurait plus de chances sur cette course?

        1. admin *

          Pour ce qui concerne Bonnet, il faudrait d’abord avoir son avis et celui de Pellerin!
          Gagner le 200 mètres quatre nages et le 100 mètres brasse, c’était des opportunités françaises pour elle, pas des opportunités internationales.
          Maintenant, même si elle n’est pas passée à Kazan, rien ne dit que ça ne passera pas l’an prochain, sur ce 200 mètres qui lui a fait faux bond.. Souvenez-vous des échecs de Muffat avant 2012. Maintenant, vous pourrez m’objecter que ce qu’a vécu Muffat ne se retrouvera pas chez Bonnet. Mais l’une des caractéristiques de la natation actuelle, c’est la densité des performances. Bonnet a été dépassée en 1’57. et à 1’56; cela passait. Une seconde ce n’est pas le bout du monde, donc je crois que si elle ne perd pas courage, elle a des chances de craquer une bonne perf. L’avenir ne nous appartient pas. Elle peut tout casser, elle peut ne pas casser grand’chose. Mais ce qui me parait sûr, c’est qu’elle a accumulé un joli bagage sur la distance…

        2. admin *

          Pour ce qui est d’Emma McKeon, c’est une fille qui ne m’impressionne pas. Elle a viré son entraîneur qui l’avait faite progresser, du jour au lendemain, elle est passé chez un autre coach qui devait lui amener je ne sais quoi, et elle s’est plantée grave. Pour moi, elle a eu un comportement assez flou, et je la vois mal réussir à l’avenir avec ce genre de changements de cap à l’emporte-pièce.

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