LA CHINE DECOUVRE LE SPORT ETUDE

Vendredi 28 mars 2014

Les champions chinois veulent réformer le système sportif de leur pays. C’est du moins ce qui ressort d’une information, signée Sun Xiaochen publiée par le quotidien chinois (China Daily). Citant l’importance de l’éducation, un groupe de célébrités du sport chinois désireraient que l’organisation traditionnelle, gérée par l’Etat, du sport de haut niveau soit remodelée en fonction d’exigences parallèles à celle du sport, jusqu’ici négligées.

Jusqu’ici, après avoir investi leurs jeunes années dans le système sportif d’Etat, dans lequel les sportifs s’entraînent à plein temps sans recevoir une éducation, plusieurs champions, à l’image de la tenniswoman Li Na (vainqueur de l’Open d’Australie), et de l’idole des paniers Yao Ming, retournaient au collège. Il leur paraissait indispensable de rattraper cet enseignement perdu afin d’effectuer une transition harmonieuse vers les rôles nouveaux que peut leur offrir la société.

Bien entendu, cette façon de fonctionner ne parait pas des plus harmonieuses pour l’élaboration d’une personnalité complète. En fait, seuls les Etats-Unis ont disposé depuis toujours d’un système sportif qui n’oublie pas l’éducation. Plus exactement, les USA ont développé un système éducatif qui n’oublie pas le sport et lui donne parfois une importance telle que d’aucuns la jugent même excessive ! En France, dans les années 1970, on a tenté de pallier à ce mépris du corps dominant l’Education nationale par la création de ce qu’on a appelé des sections sports-études. Aujourd’hui, les clubs qui n’ont pas réussi à s’associer à une école ou une Université sont condamnés sinon à végéter, du moins à laisser partir les talents vers d’autres cieux.

Dans un système communiste dans lequel l’Etat est censé s’occuper de tout, on ne s’est pas souvent embarrassé de l’avenir des champions. On les utilisait souvent comme des soldats envoyés au casse-pipe au nom de drapeau et on les recasait ensuite dans le sport, à divers titres… Ce type de fonctionnement a donné des résultats excellents au plan des performances et des records, mais moins satisfaisants pour ce qui est l’insertion des anciens champions à l’issue de leur carrière athlétique.

“Mon rêve a toujours été de créer une académie de tennis après avoir pris ma retraite. Je souhaite que les jeunes tennismen puissent aussi suivre des cours et développer leurs connaissances » a ainsi déclaré Li Na pendant les célébrations de son tournoi d’Australie.

Li, toute nouvelle numéro 2 mondiale, aurait trouvé des partenaires potentiels pour son projet d’académie. Seules de « larges divergences entre l’idéal et la réalité » ont retardé jusqu’ici la signature d’un accord. Son agent, Max Eisenbud (vice-président d’IMG (International Management Group) affirme rechercher une entreprise immobilière susceptible de commanditer l’idée de la tenniswoman. L’idée de Li, de permettre aux sportifs d’élite de suivre un cursus scolaire ou universitaire pendant leur carrière, si elle a été une préoccupation constante dans le monde dit capitaliste, parait entièrement nouvelle de l’autre côté de la Muraille de Chine, où l’idée de former des bataillons d’ignares aux muscles entraînés n’a pas l’air de choquer grand monde.

Mais peut-être la Chine n’étant plus « communiste » que de façon formelle – ce qui semble être surtout une façon de perpétuer la domination de l’appareil au pouvoir – le moment est peut-être venu de changer la donne?

« Les cours devront être enseignés en même temps que la pratique du tennis, et j’espère pouvoir associer de prestigieuses Universités », a souhaité Li. « Ainsi, à dix-huit ans, les jeunes gens auront le choix entre deux options, entre jouer comme professionnels ou aller étudier dans les collèges. »

Li sait de quoi elle parle. Elle commença à pratiquer le tennis dans les années 1990 dans l’équipe de la province de Wuhan et ne reçut guère beaucoup d’éducation jusqu’à sa retraite temporaire, en 2002, quand elle étudia le journalisme à l’université des sciences et de technologie de Huazhong. Li trouva que ces études de niveau du secondaire, en l’écartant du rouleau compresseur de l’entraînement et de la compétition, lui permirent de s’épanouir au plan de la personnalité et de mieux répondre au défi que représentaient pour elle les exigences des médias. Il ne s’agissait pas seulement d’une idée, car depuis, débordant de confiance et d’esprit de répartie, Li est devenue la petite chérie des médias; n’a-t-elle pas été, avant son succès australien, bombardée ambassadeur 2013 de l’année de l’Association  internationale des écrivains de tennis?

Des cours de rattrapage pourraient être institués dans la natation pour ce cher Sun Yang. Dans le bassin, le double champion olympique et multi-champion du monde règne sur le demi-fond. En dehors, il touche le fond !

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