LA CONFITURE AUX COCHONS

Par Eric LAHMY

13 octobre 2013

La conférence de presse de rentrée de la Fédération française de natation est devenue une tradition dont on se demande quelle est l’utilité si ce n’est de manger deux petits fours et de boire un verre de jus de fruits en parlant de la pluie et du beau temps.
Le travers de cette conf’ (vendredi dernier matin au siège de L’Equipe) est qu’elle se déroule, pour ce qui est des présentations, de façon assez confuse. Francis Luyce la démarre à une vitesse de croisière assez élevée pour qu’on ait vite perdu le désir de prendre de notes. Puis le DTN, Lionel Horter, suit, et pérore en doublant presque la fréquence de l’élocution présidentielle, ne laissant guère aux journalistes le temps d’intégrer ce qui leur est dit. Il suffisait d’entendre, à la fin de l’exercice, le silence qui suivit avant que n’accouche la première question pour appréhender la sidération de la gent journalistique en face de ce déballage en vrac d’une « politique fédérale » dont le nombre de directions suivies laisse désorienté, entre les divers bilans sportifs, les calendriers, l’horizon Rio de Janeiro, celui de Tokyo (2020), le nombre de licenciés, et les divers concepts (Nat’ Events, école de natation française, Eveil aquatique, Nager Forme Santé, Nager Grandeur Nature, la Nuit de l’Eau, et on en passe). D’autant que le journaliste lambda aura bien du mal à « vendre » à sa rédaction d’autres informations que celles qui commencent par : Yannick Agnel, Camille Lacourt, Bob Bowman, Jérémy Stravius, etc. A la fin, en prenant l’ascenseur suite au happening, entendre dire par un ami que « rien d’intéressant » n’avait été annoncé à cette conférence nous semblait à la fois un peu injuste et pas loin de la vérité. Trop d’annonces tue l’annonce, et en l’occurrence il ne convient pas d’oublier que dix petites annonces, pour les média, n’en valent pas une grande ; les fustiger, année après année, pour ce travers bien connu, ne les fera pas changer d’avis. C’est peut-être malheureux à dire, mais une bonne utilisation des média consiste à s’adapter à leurs desiderata, non de les gaver de nourritures qu’ils ne savent métaboliser. Ne donnons pas de verdure au lion, de bifteck à la vache, ni de confiture au cochon.

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