LA DTN A LE BONJOUR D’ETIENNE

Par Eric LAHMY

Jeudi 22 Janvier 2015

La natation a perdu un quart de ses finalistes au poste de DTN avant même le passage de la deuxième haie. Marie-Laure Etienne a trouvé un bon job en Picardie et ne se présentera pas comme prévu à l’oral de l’examen, devant Francis Luyce, ce vendredi 23 janvier au matin au siège fédéral, Tour Essor, à Pantin!

Malgré les étranges nouvelles selon lesquelles la messe était dite en roumain et le poste de DTN se présentait comme une promenade sur un boulevard fleuri pour Mme Roxana Maracineanu, il se disait de plus en plus que le meilleur candidat au poste technique clé de la natation française était Mme Marie-Laure Etienne. Et d’aucuns de la chanter à la Guesch Patty : « Etienne, Etienne, Oh ! Tiens le bien… »

Or ne voilà-t-il pas qu’Etienne a « glissé comme un gant »… et qu’elle va être difficile à rallumer.

Plus candidate, et plus en course pour la DTN ! Madame Etienne a été bombardée en fin de semaine dernière directrice de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale de la région de Picardie.

Francis Luyce, qui ne déteste pas se donner des airs de sphinx, n’en menait pas large, et quand l’information lui est tombée dessus, avait plutôt l’apparence d’un qui a marché du pied gauche sur une crotte. Etienne ressemblait-elle de plus en plus, à ses yeux, à une candidate solide ?

Que voulez-vous, ce sont les meilleurs qui s’en vont ! Pour des tas de raisons, même du point de vue de Luyce tel qu’il faisait connaître ses préférences (femme, étrangère au milieu natation, mais sportive et administratrice chevronnée), elle pouvait passer pour le plus excitant des finalistes proposés à son choix final par le Ministère.

Lequel Ministère ne sera pas félicité pour sa vision. Car enfin, ses responsables savaient bien que Marie-Laure Etienne, qui avait été écartée de son poste à la mairie de Pau par François Bayrou pour des raisons d’étiquette politique, recherchait un point de chute depuis des mois. Il est vrai que le retard pris dans la nomination du DTN, qui aurait pu être pliée fin novembre, y a été aussi pour quelque chose. Marie-Laure,  désignée à la FFN, n’aurait plus été en recherche d’emploi ! Ce retard, au fond, on doit admettre qu’il a été orchestré par Francis Luyce sous le prétexte qu’il ne pouvait prendre une telle décision sans en référer à son Secrétaire général, M Michel Sauget, objet d’une lourde opération, quadruple pontage cardiaque, ce 26 novembre dernier. Sauget, président de la Ligue du Centre et personne très impliquée et fort aimable au demeurant, avant de monter sur le billard, a dû se trouver très étonné de savoir que Luyce trouvait indispensable de le consulter sur ce sujet. C’est le genre d’information rare qui favorise la guérison !

D’un autre côté, on ne peut en vouloir à Marie-Laure Etienne. Entre ici une procédure assez longue en vue d’obtenir un poste qu’elle n’était pas sûre d’obtenir malgré la qualité de son profil, aux yeux du spectateur averti et sans doute de Luyce lui-même, et là une nomination acquise, pourquoi n’aurait-elle pas joué la sécurité ? Entre courir et tenir, il n’y avait pas photo…

Ce n’est pas tout. Dans sa perspective de carrière, il est clair que la position qu’elle vient d’obtenir en Picardie, quoiqu’éloignée des flonflons médiatiques et des mondanités parisiennes, se trouve plus proche de ses intérêts bien compris qu’un rôle de DTN. Pourquoi ?  Parce qu’avec son parcours, l’ambition de Marie-Laure ne peut pas ne pas être de tenter d’intégrer le corps des inspecteurs Jeunesse et Sports, pour espérer ensuite déboucher sur le Graal de l’Inspection générale (tous mes vœux l’accompagnent).

Sa demande d’intégration directe dans le corps des inspecteurs de la DJS avait d’ailleurs été examinée sans trop d’enthousiasme par la Commission administrative paritaire de la SEJS du 18 septembre 2014 pour des raisons purement administratives  Or, une direction en Picardie représente un meilleur tremplin, dans cette optique, qu’un poste de Directrice technique nationale de la natation !

Ayant raté l’opportunité pour avoir donné trop de temps au temps, que peut faire Luyce maintenant ? Va-t-il s’obliger à piquer l’un des trois noms restés dans l’étrange panier que lui a servi l’avenue de France (où siège le Ministère) ?

Etrange panier, dis-je : en quoi ?

Dans sa note de service du 10 octobre 2014 relative à l’appel de candidature pour exercer la mission de Directeur(trice) technique national(e) de la natation française, le Directeur des sports, Thierry Mosimann, rappelait en effet que « la dite mission peut être confiée à un(e) inspecteur(trice) de la Jeunesse et des Sports, un(e) conseiller (ère) technique et pédagogique supérieur(e) ou à un(e) professeur(e) de sport. »

Or  deux des quatre (passés à trois) finalistes désignés par le Ministère concernent des candidats qui n’ont pas du tout ce profil, puisque ni Roxana Maracineanu, ni Jacques Favre, le mystérieux candidat marseillais, ne répondent à ces exigences. Reste Philippe Hellard, dont on ne sait trop quel attelage il pourrait former avec Francis Luyce sans parler du directeur administratif, Louis-Frédéric Doyez !

Le Ministère n’ayant pas respecté ses propres critères administratifs (on peut voir là des raisons politiques, et donc le fait du Prince, lisez: la main du Cabinet), Luyce va-t-il absolument devoir nommer ? Il pourra toujours arguer que l’absence d’Etienne brouille assez la liste des finalistes pour qu’il ne puisse opérer un choix, et demander un second tour.

Personnellement je n’ai aucun conseil à donner au président, mais comment se fait-il qu’il n’a pas vu qu’il avait un homme en or massif pour le poste, qu’il s’appelle Patrick Deléaval, qu’il est intègre, bosseur, enthousiaste et passionné, que son tempérament le rend très rassurant pour tous les techniciens, tout en étant extrêmement vigilant sur la cohérence, ensuite qu’il assure avec brio la DTN depuis le départ de Horter et, enfin, qu’il a ficelé tous les dossiers brûlants concernant la convention d’objectifs, l’évaluation de la saison sportive et les critères FINA de sélection pour les Jeux ?

C’est peut-être pour Luyce le moment de consulter Michel Sauget.

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