LE CHINOIS EST RANCUNIER: SUN YANG DEVANCE MCKENZIE HORTON SUR UN AIR DE REVANCHE 

Éric LAHMY

Dimanche 23 Juillet 2017

A peu de choses près, le 400 mètres des championnats du monde de Budapest ressemble beaucoup à la course olympique de l’année précédente. Le Chinois SUN Yang, battu en 2016 par Mackenzie HORTON, est cette fois vainqueur devant l’Australien. L’Italien, Gabriele DETTI, retrouve sa troisième place de Rio. James GUY, le champion du monde 2015 du 200 mètres (et 2e du 400) à Kazan, en Russie, tellement déçu de sa 6e place à Rio, retrouve cette position qui l’avait frustré, et le 2e Australien, David McKEON, 7e en 2016, perd une place. … PARK Tae-Hwan, qui, après une année troublée par les dégâts liés à son contrôle de dopage positif, n’avait pu atteindre la finale, se retrouve 4e, mais c’est moins une nouveauté qu’un retour pour le champion olympique de Pékin, en 2008, lequel ne retrouve certes pas sa place prestigieuse, mais améliore un peu sa position. L’innovation c’est l’apparition, 5e , de l’Autrichien Felix Otto AUBÖCK, 20 ans (depuis le 19 décembre dernier). AUBÖCK avait fini 25e des séries qualificatives, au Brésil, et un gain de 4 secondes (de 3’49s35 à 3’45s21) a propulsé les 85kg pour 1,98m de cet étudiant (littérature, sciences et arts : freshman) de l’Université d’Etat de Michigan, 2e des NCAA sur 1650 yards, 3e des 500 yards, dans l’élite mondiale. AUBOCK avait d’ailleurs dominé les séries avec un temps qu’il n’a pu rééditer en finale…

SUN n’a pas lésiné sur les moyens. Il avait clairement fait entendre que battre McKEON, qui l’avait snobé aux Jeux de Rio en lui rappelant son épisode de dopage, était une priorité, un compte personnel à régler.

« Le Chinois est rancunier », exposait, dans une bande dessinée de 1976, Peyo, l’immortel dessinateur de Johan et Pirlouit, et des Schtroumpfs !

Quarante ans plus tard, cette allégation s’illustre à nouveau, non par le dessin de Walthéry, mais bel et bien par le dessein de SUN Yang qui se dépêcha de faire craquer la course.

Avec l’âge, YANG a changé de style. A Londres, en 2012, il avait tendance à partir sans presse excessive pour s’imposer dans un sprint ravageur. SUN, devenu un peu plus rapide et légèrement moins endurant, a préféré, cette fois, imposer un train élevé. Mais il lui fallut d’abord répondre à un dynamitage en règle orchestré par PARK, 25s82 et GUY, 25s93 aux 50 mètres. Il rejoignit le Coréen et le Britannique aux 100 (54s11 contre 54s04 et 54s09), puis, après une longueur d’attente avec PARK, GUY et GROTHE, changea de rythme, nageant en 28s24 et en 27s94. A cent cinquante mètres du but, il avait une longueur de corps d’avance sur HORTON, deux sur DETTI. Son finish lui permit de doubler cette avance sur HORTON que DETTI avait rejoint aux 350 mètres, mais ne pouvait passer.

SUN, 26s03, 54s11, 1’22s63, 1’50s87, 2’18s81, 2’47s18, 3’14s77, 3’41s38

HORTON, 26s20, 54s50, 1’23s16, 1’51s83, 2’19s92, 2’48s46, 3’16s97, 3’43s85

DETTI, 26s21, 54s70, 1’23s41, 1’52s31, 2’20s64, 2’48s97, 3’16s97, 3’43s93


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