LE RETOUR ESPÉRÉ DE MISSY FRANKLIN PASSERA PAR L’UNIVERSITÉ DE GEORGIA

Éric LAHMY

Samedi 24 Février 2017

Missy Franklin, est-ce fini? L’héroïne des Jeux olympiques de Londres et des mondiaux de Barcelone, 2012 et 2013, à seize et dix-sept ans, a disparu – en tout cas des podiums de natation. Chaque année qui suivit amena, pour elle, une régression de ses performances. Après une saison 2016 catastrophique (du moins par rapport au niveau atteint précédemment) adornée, aux Jeux olympiques, d’une 14e place ex-aequo sur 200 mètres, d’une autre 14e place sur 200 mètres dos, et marquée par son remplacement dans la finale du relais quatre fois 200 mètres en raison d’un parcours peu brillant dans les séries de qualification, Franklin, victime depuis 2014 de spasmes dorsaux et contrainte en outre à une double opération aux épaules (bursite), si elle s’est remise à l’eau, fin mars 2017, s’est alors contentée d’une préparation limitée (article de Karl Ortegon, SwimSwam 29-3-2017).

Alors, en 2018?

Cela pourrait bien être l’année de son retour. Franklin s’entraîne, et le but de la saison sera les championnats nationaux, en juillet prochain. Elle envisage, d’ici là, de s’engager dans quelques meetings pros…

Franklin a continue d’honorer avec la sérieux qui la caractérise ses contrats de sponsoring (sa fortune est estimée à $3 millions. Mais elle a aussi changé d’implantation. Elle qui s’entraînait, au sortir de ses années NCAA, avec Dave Durden, le coach de l’équipe masculine de Cal Berkeley, a décidé en janvier de quitter cette université pour s’installer à Athens, en Georgie. Elle y nagera avec les « Bulldogs » (célèbres pour leur équipe fanion de football américain).

Franklin a beaucoup hésité à effectuer ce mouvement qu’elle croyait « égoïste ». D’une façon typique de cette nageuse aimable, réservée et toujours très occupée à ne faire de peine à personne, elle a raconté avoir eu du mal à annoncer la nouvelle de son départ à Durden, coach qu’elle respecte et dont elle dit que sans lui, elle n’aurait peut-être pas pu continuer à nager. Mais elle a pris son courage à deux mains et décidé finalement qu’elle devait opter pour les solutions les plus favorables, compte tenu de ses choix à venir, qui comprennent un retour au niveau d’ici les Jeux olympiques 2020, à Tokyo.

Deux mois avant son échec de Rio, un diagnostic psychologique (dépression et anxiété) répondit à quelques interrogations concernant son état de santé et ses résultats athlétiques.

Il semble que cette situation venait d’un stress excessif. Franklin eut tout loisir de méditer sur la question dans le contact de Michael Phelps. « Elle constata que son co-équipier de l’équipe US était visiblement différent des années précédentes, montrant un visage souriant, joyeux et un vrai plaisir à pratiquer son sport. Elle songea qu’elle voulait faire de même » a-t-on pu lire dans une récente dépêche d’AP.

Pendant la longue période de repos et de rééducation qui suivi ses opérations aux épaules, où elle manqua les championnats des USA et les mondiaux de Budapest, elle prit le temps de réfléchir. Au sortir de la « high school », elle avait un peu hésité entre Berkeley et Georgia. Elle avait choisi la Californie, mais depuis quelques temps, elle était désireuse de retrouver Jack Bauerlé, le coach des Bulldogs, qui l’entraînait quand elle se sélectionna pour la première fois, à l’âge de treize ans, et avec qui elle n’avait jamais perdu le contact.

En Georgie, si Missy, qui est professionnelle et n’est pas éligible, ne nagera pas dans l’équipe universitaire, elle s’entraînera avec de très fortes camarades, membres de l’équipe US, Chase Kalisz, Melanie Margalis et Olivia Smoliga et se trouvera assez près de son petit ami de longue date, qui vit à Nashville. John Martens, un nageur et diplomé en ingénierie civile de 23 ans. Elle va étudier (psychologie) pendant un an et demi, quelques-uns des partiels passés à Cal n’étant pas transférables en Georgie, nage à un rythme intense et se sent rassurée au sujet de la solidité de ses épaules quoiqu’elle continue de consulter par précaution un thérapeute de temps en temps. Elle veut retrouver son endurance, sa force et donc l’efficacité de sa nage, et, surtout, aime-t-elle dite, la Missy Franklin qui était heureuse de nager. « Je reviens du fond, et je sens la pression ; les gens attendent un come-back, mais je n’en ai cure. Cela ne m’intéresse pas, parce que je ne puis contrôler ça. »


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