LE TALON D’ACHILLE DES SOEURS CATE ET BRONTE CAMPBELL

DES MAUX DE HANCHES MENACENT DE METTRE

SUR LE FLANC LES REINES DU BASSIN…

Eric LAHMY

Jeudi 4 Février 2016

Les plus dangereuses adversaires des sœurs CAMPBELL – les seules sœurs à pouvoir envisager actuellement de monter ensemble sur un podium mondial de natation – ne sont pas forcément Sarah SJÖSTRÖM, Jeannette OTTESEN, Katie LEDECKY ou Ranomi KROMOWIDJOJO, mais les blessures qui ne cessent de les affliger. Il y a cinq mois, c’était Cate, l’ainée et championne du monde 2013 du 100 mètres à Barcelone, qui souffrait d’une hernie. Un peu plus tard, Bronte, la cadette, championne du monde du 100 mètres aux mondiaux de Kazan, en août dernier, a été contrainte de couper l’entraînement en raison d’une blessure aux hanches – en fait un tendon lésé.

La blessure devint apparente, explique notre confrère The Australian, lorsque les filles changèrent leur lieu d’entraînement. Leur piscine habituelle, le bassin Valley, au centre-ville de Brisbane, ayant fermé pour réparations, les sœurs durent, au lieu de se rendre à pied à la piscine, se rendre en voiture à 40 minutes de là, à la piscine Chandler. Deux allers retours par jour – deux heures quarante de voiture et moins de marche – ont suffi à enflammer une petite déchirure dont on pense qu’elle devait être là. « Nous sommes fabriquées assez différemment, ma sœur et moi, explique Bronte, mais il y a un point où nous sommes les mêmes, les hanches, et on dirait bien que c’est ce qu’il y a de moins bien chez nous. » Le défaut semble avoir des qualités cependant : cette minceur de hanches congénitale est, selon d’aucuns, l’un des secrets de leur efficience aquatique. Toujours est-il que le mois dernier, la piscine Valley a rouvert et que l’emploi du temps des sœurs a retrouvé son profil précédent.

Cate, qui avait obtenu une médaille de bronze à seize ans, aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008, n’avait pu concrétiser sa valeur quatre ans plus tard, à Londres, en raison d’une pancréatite. Une maladie censée n’atteindre qu’à des âges avancés de robustes alcooliques, incompréhensible pour une athlète de 20 ans, et qui l’avait mise à plat. Bien plus jeune, elle avait elle aussi souffert des hanches, et subi une opération. Elle s’était tordu un muscle de la région en jouant à un jeu de balle…

La tendance à se blesser est-elle à la hausse parmi les nageurs? On le dirait bien. Des blessures qui ne se donnent pas forcément dans l’eau, mais lors de séances en salle (Florent MANAUDOU), à vélo (Ruta MEILUTYTE, Kosuke HAGINO). On peut penser aussi que la longueur et l’intensité des séances affecte la santé des champions? Il y a aussi, comme le signale un confrère australien, que, tels des pur-sang, les grands athlètes sont fragiles. Il y a cinquante ans, une autre Australienne, Dawn FRASER, élue meilleure nageuse du 20e siècle, mettait déjà en avant cette particularité des cracks, à la fois forts et fragiles.

Tout ne va pas mal, cependant, pour les sœurs, qui s’apprêtent à s’affronter une nouvelle fois (elles ont l’habitude) ce week-end à Perth, aux Aquatic Superseries. L’Australie occidentale souffre d’une vague de chaleur qui leur convient parfaitement. Un atavisme créé par les longues années vécues en Afrique centrale, au Malawi ? Toujours est-il qu’arrivées mardi, découvrant la fraîcheur du climat, Bronte faisait gise mine ; en apprenant que la température ascendante avoisinerait les 35°, Bronte était aux anges. Maintenant qu’on lui parle de 38° samedi et 40) dimanche, elle ne maîtrise plus sa joie.

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