L’EFFET MINIMA A-T-IL FAIT LARA GRANGEON RETROUVER L’APPETIT?

MAIS QUAND GRANGEON GRIGNOTE HOSSZU

DEVORE AUX EUROPEENS DE NETANYA

Eric LAHMY

2 décembre 2015

Lara GRANGEON est redevenue ambitieuse, ou bien en tous cas tel est le diagnostic qui nous vient à l’esprit après cette première journée de championnats d’Europe. Enfin, parlons plutôt de symptômes, parce que le diagnostic vient après.

Dans la finale du 400 mètres quatre nages, la disqualification d’entrée de JAKABOS a éliminé une adversaire de GRANGEON, 2e des séries avec un record de France et dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne rougira pas d’avoir cédé vis-à-vis d’Hannah MILEY, la Britannique, qui fut l’une des favorites de la course des Jeux de Londres et a assuré une présence régulière au top du quatre nages.

Il est toujours difficile d’apprécier la stratégie d’une « quatre nageuse », car les temps de passage peuvent autant correspondre à la valeur respective dans une nage comme à une volonté de nager vite ou de temporiser. Toujours est-il que GRANGEON, forte de son record de France du matin en 4’29.41, gagna sur chaque fraction de course un petit pécule qui l’amena finalement à un temps intéressant, 4’27.31. En deux temps, la « sirène du Pacifique » avait gagné trois grosses secondes sur le « vieux » record de Camille MUFFAT.

Mieux : aux championnats d’hiver, la talentueuse Mélanésienne avait gagné la course en 4’34.52. D’un autre côté, elle avait déjà nagé la distance en 4’30.93 à Eindhoven en 2010, détail qui relativise ses progrès. Disons qu’elle reprend des couleurs, alors que les minima pour les Jeux se sont terriblement durcis, preuve, peut-être, que les années pendant lesquelles on a desserré ces minima, sous les directions de DONZE et de HORTER, ont été, sous cet angle particulièrement des années de divagation !

Dans le cadre de la course, elle devança quasi tout le temps la petite (1,66m) britannique Miley, mais celle-ci est réputée pour son talent de crawleuse et c’est là qu’elle revint et assura l’argent.

Certes, le duel de ces deux les maintenait éloignées d’HOSSZU, qui, elle aussi, essayait d’améliorer son temps (record mondial) du matin, et semblait bien partie pour y parvenir.

BERNEK BIEDERMANN LE LIEVRE ET LA TORTUE

Elle grappillait 0.18 en papillon, était en avance de presque une seconde après le dos, puis perdait légèrement dans le parcours de brasse, quoiqu’étant toujours en mesure de « re-recorder », si j’ose dire, mais en crawl, elle perdit presqu’une seconde par rapport à son impressionnant final du matin et échoua avec panache, est-il besoin de le dire. Un petit problème de rouille, pour la dame de fer, mais pas très grave, vu la façon dont elle se qualifiait en dos. HOSSZU a décidé de faire sa fête à Emily SEEBOHM, semble-t-il. Si FRANKLIN revient en forme, les courses de dos aux Jeux risquent d’être plutôt encombrées…

Sur 400 mètres, le negative split du vieux Paul BIEDERMANN ne put venir à bout de l’action plus allante du Hongrois Peter BERNEK. La fable du lièvre et de la tortue peut servir en l’occurrence, mais les contre-exemples n’ont pas été rares. D’ailleurs, c’est moins BERNEK que WOJDAK qui joua l’attaque à outrance, mena la course pendant les 200 premiers mètres et finit Bernek, pardon : berné ! BIEDERMANN était encore 5e aux 300 mètres, et si son final en 52.19 lui rendit trois places, 53.80 pour terminer suffirent à Bernek pour devenir champion d’Europe. 3e, Gabriele DETTI est bien remis de l’infection qui l’a privé de mondiaux à Kazan. En nageant 3’40.14, le valeureux second de Gregorio PALTRINIERI a égratigné son record, 3’40.28…

Matteo RIVOLTA passait en séries des 100 mètres papillon sous les 50 secondes, 49.72, battant son ancien record italien, 50.10 le 8 novembre dernier… Il était alors passé en 23.52, et ici en 23.13. Puis il a remis ça en demi-finale, 49.55… A 24 ans, il n’est jamais trop tard pour progresser !

MESSIEURS.- 400 mètres : 1. Peter BERNEK, Hongrie, 3’35.46 ; 2. Paul BIEDERMANN,

3’35.96; 3. Gabriele DETTI, Italie, 3’37.22; 4. Henrik CHRISTIANSEN, Norvège, 3’37.26; 5. Wojciech WOJDAK, Pologne, 3’37.57; 6. Maarten BRZOSKOWSKI, Pays-Bas, 3’40.20; 7. Jan MIKA, R. Tchèque, 3’41.67.

200 mètres dos : 1. Radoslaw KAWECKI, Pologne, 1’48.33 ; 2. Yacov Yan TOUMARKIN, Israël, 1’49.84 ; 3. Simone SABBIONI, Italie, 1’50.75 ; 4. Danas RAPSYS, Lituanie, 1’51.03 ; 5. Jan-Philip GLANIA, Allemagne, 1’51.31 ; 6. David FOLDHAZI, Hongrie, 1’51.61 ; 7. David GAMBURG, Israël, 1’51.71.

50 mètres brasse : 1. Damir DUGONJIC, Slovénie, 26.20 ; 2. Adam PEATY, Grande-Bretagne, 26.21 ; 3. Oleg KOSTIN, Russie, 26.35.

Relais 4 fois 50 mètres : 1. RUSSIE, 1’23.49 (au départ, Evgeny SEDOV, 20.71) ; 2. Italie, 1’24.44 ; 3. Belarus, 1’25.01 ; 4. Belgique, 1’25.08 (François HEERSBRANDT, 21.46, Jasper AERENTS, 21.05, Emmanuel VANLUCHENE, 21.66, Pieter TIMMERS, 20.91).

Demi-finales. 100 mètres papillon : Matteo RIVOLTA, Italie, 49.55.

DAMES.- 50 mètres brasse : 1. Jenna LAUKANEN, Finlande, 29.71 ; 2. Fanny LECLUYSE, Belgique, 29.84 ; 3. Natalia IVANEVA, Russie, 29.99.

400 mètres 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’19.75 (en séries, 4’19.46, R.M.) ; 2. Hannah MILEY, GBR, 4’26.87 ; 3. Lara GRANGEON, France, 4’27.31 ; 4. Barbora ZAVADOVA, Tchécoslovaquie, 4’31.32 ; 5. Stefania PIROZZI, Italie, 4’31.39 ; 6. Luisa TROMBETTI, 4’31.59.

Passages de HOSSZU, 59.01, 2’3.39 (1’3.38), 3’19.07 (1’15.68), 4’19.75 (1’0.68).

Passages de MILEY, 1’2.23, 2’10.48 (1’8.25), 3’25.77 (1’15.29), 4’26.87 (1’1.10).

Temps de GRANGEON, 1’1.06, 2’9.44 (1’8.38), 3’24.98 (1’15.54), 4’27.31 (1’2.33).

Demi-finales. 100 mètres dos : Katinka HOSSZU, Hongrie, 56.49.

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4 comments:

  1. Marc

    Alors que les minimas vont sans doute régulièrement revenir sur le tapis dans les prochains mois, peut-on dire que 36 nageurs pourraient se retrouver aux J.O sans faire ces minimas ? (Les relayeurs, sans compter les remplaçants + 12 nageurs que le DTN se réserve le droit de qualifier).

    1. admin *

      Je vous donne mon avis là-dessus…
      Il est certain (à mes yeux en tous cas) que la possibilité donnée au DTN de choisir des nageurs dans le cadre d’une analyse de la situation est une bonne chose. J’ai inlassablement milité pour une telle possibilité dans ce blog… Si Fauquet s’était donné cette arme, il aurait pu sélectionner Sarnin en 2000 et Maracineanu en 2001, choses qui auraient été loin d’être scandaleuses. Maintenant, c’est au DTN de montrer dans la façon d’utiliser la latitude qui lui est donnée ainsi de modeler l’équipe de France ses capacités de stratège, ou au contraire, ses faiblesses en face des inévitables demandes de Pierre et de Paul et au sein de la Fédération. S’il se conduit en cynique qui fait de la politique, l’équipe de France sera mort-née. S’il est intègre et n’en fait pas, l’équipe de France sera née bien conformée et il restera ensuite à bien l’accompagner, à la manager… Pour le reste, en ce qui concerne les relayeurs et les remplaçants, il convient de lire très soigneusement l’usine à gaz pondue par la FINA avec ses ratios entre les nageurs engagés dans les courses individuelles et de relais pour ne pas se retrouver comme des idiots avec des nageurs qui n’ont pas nagé en compétition dans certains grands rendez-vous.

  2. Marc

    Loin de moi l’idée de relancer le débat sur le bienfondé du respect ou pas des minimas, mais de constater qu’il est possible de conjuguer des critères de sélection « faciles » avec des minimas difficiles.

    1. admin *

      Deux relais messieurs français sont l’un tenant, l’autre médaillé mondiaux et je serais marri de ne pas voir les nageurs correspondants partir défendre leur réputation à Rio. Là, ce ne sont pas tant des sélections faciles, mais des relais performants. Disons que les relais sont traités moins sévèrement que les individualités?
      Mais j’ai compris le caractère de questionnement de votre remarque. Croyez-vous qu’on verra 36 nageurs français à Rio ? Par vent défavorable, si vous voyez ce que je veux dire, je serais presqu’étonné de voir UNE nageuse française à Rio ! Bien sûr, si le sélectionneur veut faire plaisir à tout le monde, il peut dénaturer son projet initial… Mais bon, sérieusement, je n’ai pas trop pioché jusqu’ici la question, et, avant les championnats d’hiver, n’est-pas un peu de la fiction ? Maintenant, il peut y avoir 36 nageurs français si nos représentants produisent des championnats sensationnels ! Ils auront alors bien mérité d’être emmenés !! Acceptons-en l’augure…

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