L’ENDURANCE DU BEAU SEXE

Par Eric LAHMY

11 juin 2013

Le fait que quatre des six engagées femmes contre deux seulement sur dix engagés chez les hommes aient réussi à terminer aujourd’hui la course des 25 kilomètres des championnats de France de natation en eau libre, qui se sont tenus ce matin à Canet-en-Roussillon implique-t-il que les femmes seraient plus résistantes que les hommes ? Cette idée a parfois été défendue dans le passé par des techniciens des courses de longues distances sur route, comme dans la revue de course à pied Spiridon, de Noël Tamini. Des thèses « expliquaient » même cette supériorité supposée par le fait que la femme « est un athlète à ferment ». Référence était faite là à l’importance d’une activité élevée de ferments dans les fibres musculaires, dans l’endurance générale d’un athlète, à côté d’un cœur solide, de poumons vigoureux, d’une abondance d’hémoglobine dans le sang, d’un bon système endocrinien, d’un riche apport sanguin au niveau musculaire et d’un grand nombre de mitochondries dans les fibres musculaires. D’après ces auteurs, la femme était dotée d’une activité de ferments supérieure à celle des hommes, et que cela constituait un avantage sur les efforts longs.

Vrai ? Faux ? Toujours est-il que la comparaison des performances des femmes et des hommes sur des distances qui vont du sprint au grand fond n’avalisent pas clairement ces hypothèses. Le docteur Jean-Pierre Cervetti, médecin attaché au suivi médical des athlètes à la Fédération française de natation, reste prudent sur ce sujet :

« Je ne connais aucune étude qui étaye l’idée selon laquelle la femme est plus endurante que l’homme, plus adaptée à l’effort long, explique-t-il. Je crois qu’une quelconque supériorité de la femme en termes d’endurance est indémontrable. Il n’y a rien au plan énergétique, physiologique, qui puisse appuyer cette affirmation. En ce qui concerne la course de Canet-en-Roussillon, je crois que la cause des abandons a été due à une température assez basse de l’eau, de l’ordre de 17°. Les championnats ont d’ailleurs failli ne pas se dérouler pour cette raison. C’est peut-être pour cette raison que les femmes ont mieux tenu la distance, vu qu’elles disposent d’un pourcentage de graisse plus élevé que les hommes, et que cela pourrait constituer unavantage dans des conditions de température basse. »

Les concurrents ont-ils souffert d’hypothermie ? « Il aurait fallu pour le savoir prendre leur température à la sortie de l’eau. Ce qui est sûr, c’est que nager pendant près de six heures dans de l’eau à 17 ou 18° n’est pas une mince affaire, et d’ailleurs peut-être pas une très bonne idée. »

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