LES FRANÇAISES N’ÉTAIENT PAS À SINGAPOUR

LES FRANÇAISES N’ÉTAIENT PAS À SINGAPOUR

CE N’EST PAS UNE ERREUR, MAIS UN SYMPTÔME

Éric LAHMY

Lundi 31 août 2015

Les Françaises nées entre 1998 et 2001 absentes aux mondiaux juniors de Singapour ? C’est peut-être une décision judicieuse ! Si l’on part du constat que la natation des jeunes française n’existe plus, il vaut mieux en effet s’abstenir.

S’il avait fallu sélectionner, qu’aurait-on pu faire ? A mon avis, on aurait pu soit emmener la seule Pauline MAHIEU, notre unique espoir de dimensions internationales, capable de bien nager en sprint et en dos, soit se décider, en plus d’elle, à emmener quelques éléments, voire un relais ou deux (ou trois) et voir ce que ça donne. Les relais sont plus facilement qualifiables en finale, ce qui est une illusion, mais n’est pas inintéressant.

Pour mieux comprendre l’enjeu, j’ai relevé les temps réalisés en 2015 des jeunes Françaises de ces catégories d’âge, tels que rapportés dans le site fédéral, et comparé aux résultats de Singapour…

PAULINE MAHIEU ET PUIS QUI?

Pauline MAHIEU, avec son temps de 28.69, aurait été 4e en série du 50 mètres dos, 5e en demi-finale, et 5e ex-aequo en finale ; sur 100 mètres dos, ses 1’1.34 l’auraient qualifiée, 6e pour les demi-finale, et aussi 8e pour la finale. 2’16.16 sur 200 mètres dos lui auraient donné la 18e place. On peut donc dire que Pauline MAHIEU était armée pour nager aux mondiaux juniors de Singapour.

En-dehors de ça ? J’ai placé, après chaque meilleure performance de nos ondines en âge d’aller à Singapour la place que cette performance lui aurait obtenue en séries aux mondiaux juniors. Pour la 2e Française d’une épreuve, je lui ai attribué la place qu’elle aurait eu aux mondiaux si les Françaises avaient été là : c’est ainsi, sur 100 mètres brasse, avec 1’11.50, Maud RAYNERT aurait été 16e, mais comme j’ai classé Nolwenn HERVÉ plus haut, elle descend 17e sur « mon » classement.

Bien entendu, il est facile a posteriori de dire ce qu’aurait pu être une équipe de France pour Singapour. Dans le choix de n’envoyer que des finalistes potentiels, il aurait suffi d’offrir le voyage à Pauline MAHIEU et à son coach, ce qui n’aurait pas coûté trop cher en termes de billets et d’hébergement.

Si l’on avait voulu ouvrir la sélection aux demi-finalistes potentielles, on aurait pu ajouter Léa MARCHAL (400, 800 et 1500 mètres) et Emma TEREBO (dos), Nolwenn HERVÉ, Camille WISHAUPT (papillon) et Cyrielle DUHAMEL (quatre nages).

Les relais ? Avec des potentiels de, respectivement, 3’47., 8’17.5 et 4’9. Ils ne seraient pas allés bien haut, peut-être en finale mais loin des podiums, sauf une surprise toujours possible. Les emmener aurait été, je crois, une bien mauvaise idée.

Maintenant, les mondiaux juniors sont une opportunité récente de compétition qui ne nous parait pas indispensable. Une natation de jeunes ne devrait pas être en soi un objectif. Il suffit de voir la « casse » qui se produit chaque année à travers le monde de ces talents dont on attend beaucoup et qui disparaissent comme dans un rêve. Plusieurs natations peuvent être citées en contre-exemples, pour ce qui concerne les « carrières » de nageurs.

La question qui obsède les responsables de la natation française n’est pas la réussite des jeunes, mais bel et bien le renouvellement de la natation. L’absence des Françaises (et des Français) à Singapour est-elle une mauvaise nouvelle ? Je dirais qu’elle est plutôt un symptôme. Ce n’est peut-être pas aussi « dramatique » que ça, mais, 9e natation mondiale adulte (5e chez les hommes et 14e chez les femmes), nos prestations chez les jeunes paraissent aujourd’hui tangentielles à zéro

 

50 mètres, Pauline MAHIEU, 1999, US Saint-André, 26.40; Joanna DESBORDE, 2000, Rosny, 26.40 (18e).

100 mètres, Manon VIGUIER, 1998, Girondins Bordeaux, 57.04 (22e) ; Joanna DESBORDES, 2000, Rosny, 57.74 (26e).

200 mètres, Léa MARCHAL, 1999, Besançon, 2’4.61 (24e) ; Manon VIGUIER, 1998, Bordeaux, 2’4.94 (31e) ; Roxane MARCEL, 1999, Antibes, 2’5.06 ; Joanne DESBORDES, 2000, Rosny, 2’5.07 ; Mathilde BARAT, 1999, Melun, 2’5.20.

400 mètres, Léa MARCHAL, 1999, Besançon, 4’15.95 (11e) ; Océane CASSIGNOL, 2000, Sarcelles, 4’21.68 (25e).

800 mètres, Léa MARCHAL, 1999, Besançon, 8’52.02 (19e) ; Camille WISHAUPT, Mulhouse, 8’59.25 (27e).

1500 mètres, Léa MARCHAL, 1999, Besançon, 16’53.13 (13e) ; Océane CASSIGNOL, 2000, Sarcelles, 17’8.74 (20e).

50 mètres dos, Pauline MAHIEU, 1999, US Saint-André, 28.69 (FINALISTE, 5e ex-aequo] ; Emma TEREBO, 1998, CN Calédonien, 29.43 (12e en série 14e en demi-finale).

100 mètres dos, Pauline MAHIEU, 1999, US Saint-André, 1’1.34 [FINALISTE] ; Maelle LECANU, 1999, Canet, 1’4.03 (20e).

200 mètres dos, Pauline MAHIEU, 1999, US Saint-André, 2’16.16 (18e) ; Cyrielle DUHAMEL, 2000, Béthune Pélican, 2’17.20 (22e).

50 mètres brasse, Alexia GRENOUILLAT, 2000, Miramas, 32.94 (17e ex-aequo) ; Chloé CAZIER, 1998, Beauvaisis, 32.98.

100 mètres brasse, Nolwenn HERVÉ, 1999, Thionville, 1’11.42 (14e) ; Maud RAYNERT, 1998, Massy, 1’11.50 (17e).

200 mètres brasse, Nolwenn HERVÉ, 1999, Thionville, 2’35.27 (19e) ; Chloé CAZIER, 1998, Beauvaisis, 2’35.30 (20e).

50 mètres papillon, Cyrielle DUHAMEL, 2000, Béthune Pélican, 28.10 (24e) ; Emma DA CONCEICAO, 2000, Annecy, 28.15 (25e).

100 mètres papillon, Solweig PICAULT, 2000, Canet, 1’2.52 (30e) ; Lou BARDOT, 1998, Melun, 1’3.16 (35e).

200 mètres papillon, Camille WISHAUPT, Mulhouse, 2’13.94 12e) ; Solweig PICAULT, 2000, Canet, 2’19.13 (27e).

200 mètres 4 nages, Cyrielle DUHAMEL, 2000, Béthune, 2’18.99 (20e) ; Emeline BIEHLMANN, 1998, Canet, 2’21.38 (28e).

400 mètres 4 nages, Cyrielle DUHAMEL, 2000, Béthune, 4’55.36 (16e) ; Emelyne BIEHLMANN, 1998, Canet, 4’59.92 (23e).

4 fois 100 mètres : Manon VIGUIER, 1998, Girondins Bordeaux, 57.04 ; Joanna DESBORDES, 2000, Rosny, 57.74, Pauline MAHIEU, 1999, US Saint-André, 57.85, Julie COSTE, 1998, Bordeaux, 58.08, Clotilde COUSSON, 1998, MON, 58.14.

4 fois 200 mètres : Léa MARCHAL, 1999, Besançon, 2’4.61 ; Manon VIGUIER, 1998, Bordeaux, 2’4.94 ; Roxane MARCEL, 1999, Antibes, 2’5.06 ; Joanne DESBORDES, 2000, Rosny, 2’5.07 ; Mathilde BARAT, 1999, Melun, 2’5.20.

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