LES MÉDITATIONS AQUATIQUES DE RAYMOND CATTEAU

LIVRE: Raymond CATTEAU. LA NATATION DE DEMAIN

Une pédagogie de l’Action. (2015. nouvelle édition revue et augmentée). 24€90

Atlantica, 18 allée Marie-Politzer, 64200. Biarritz ; 3 rue Séguier, Paris. 0559528400 contact@atlantica.fr

Éric LAHMY

A un de ses anciens élèves, devenu à son tour un théoricien important de la natation, qui lui faisait grief d’avoir pris du retard vis-à-vis de certaines évolutions de la technique, Raymond Catteau avait répondu, mi élan de sincérité, mi aveu d’impuissance « à quatre vingt dix ans, vous admettrez que mes capacités d’acculturation sont limitées. »

Il n’empêche, 2eme édition revue et augmentée : Raymond Catteau, fringant nonagénaire, ne dételle pas. Il reprend « La Natation de Demain », ouvrage couronné en 2009 par le prix de technique et de pédagogie de l’association des écrivains sportifs.

Catteau est un personnage assez original et largement inclassable dans la natation. Guère entraîneur, à part une courte expérience en water-polo, il se posait comme conseiller technique, tel le poil à gratter de la natation française des années 1960. Je dirais qu’il s’est imposé dans quelques cénacles choisis comme un penseur, un formateur et un essayiste de ce sport, à la fois marginal – par attitude, ou conviction – par rapport à la compétition, et central au regard de l’apprentissage. Maîtres-nageurs, entraîneurs, formateurs, lui reconnaissent d’avoir conceptualisé et de s’être montré intraitable sur l’art de nager.

Il apparait fort délicat à un journaliste d’évaluer les mérites ou les travers d’un enseignant et essayiste de la natation comme Catteau, car il ne vise pas, manifestement les media. Mais il peut se vanter d’avoir coécrit avec Gérard Garoff le seul livre de technique en natation auquel je n’ai rigoureusement rien compris quand je tentais de le lire dans les années 1970. Mais on me dit qu’il s’agissait d’un ouvrage révolutionnaire, qui l’avait mis quinze ans en avant de ce qui faisait en France. Dont acte !

L’homme m’a toujours paru compliquer à plaisir son propos. D’après Roxana Maracineanu, cette confusion vient chez lui d’une difficulté dans l’expression, et d’après Jacques Meslier d’une volonté de trop dire. L’esprit de synthèse tuerait chez lui la fibre analytique.

UN CONTRADICTEUR NÉ

L’agacement mêlé d’une certaine sidération que beaucoup ont ressenti en face de sa terminologie, dans leurs conversations techniciennes, vient du soupçon que ce débateur débarque dans la conversation armé et cuirassé par la volonté de vous assujettir intellectuellement ; il y a un peu de judo, un peu de boomerang, dans sa méthode qui frôle par endroits une forme atténuée de terrorisme intellectuel; vous évoquez une conviction, il s’empare de votre propos aux manches du kimono et vous voilà o-soto-gari.

Plus que tout, Raymond Catteau est un contradicteur né.

A côté de ça, n’apparaissant jamais dans les compétitions, et, armé d’une vision hypermétrope de ce qui se passe, il ne déteste pas pratiquer la science infuse.

Catteau, je crois, n’aime rien tant que vous déstabiliser. Un technicien qui lui soumettait des textes où apparaissaient certaines notions pourtant bien déterminées comme l’endurance ou la puissance, recevait en retour des questionnements d’obédience socratique du style : « qu’est-ce que l’endurance ? » ou « pouvez-vous me définir ce qu’est la puissance ». En quelque sorte, sans se poser sur le fond, il lui suggérait de soit revoir sa copie, soit sa copie et toute son éducation.

Catteau, vous l’avez compris, n’est pas d’un abord facile, pour plusieurs raisons, dont la moindre n’est certes pas son entêtement à utiliser ce qu’il prétend être le mot exact. Vous vous trouvez sans arrêt repris par lui si vous employez un terme usuel, mais qui ne lui convient pas, ou auquel il a donné un sens particulier, ce qui manque de vous faire échouer dans une mare de confusion. En face de ce provocateur, la conversation se mue en escrime au fleuret… 

DES THÉORIES PARFOIS RISQUÉES

Il a besoin de ça, sans doute, pour amener les sujets qui fâchent et qui, si vous n’y prenez garde, vous enlisent. Ce n’est pas ce genre de débatteur qu’il vous parait nécessaire d’affronter, aussi vous lui laissez le champ libre, parce que lui va s’y accrocher… Il a ses combats, ses lubies. Son mantra qui agace tout le monde, sauf ses thuriféraires, c’est ce postulat selon lequel les jambes ne propulsent pas en crawl ou en dos. Cette négation qui ne tient ni face à la logique, ni face aux mesures scientifiques, moins encore en face de l’évolution de la natation, où les nageurs à faibles battements ont quasiment disparu du haut niveau, il la maintient avec un entêtement assez bluffant. Le fait que dans les nages crawlées, le battement de jambes ne peut pas ne pas avoir un effet propulsif ne l’arrête pas. Pour lui, les jambes ne font que stabiliser, point final.

Il m’a un jour très sérieusement expliqué que Roland Matthes avait perdu aux Jeux de Montréal en 1976 en raison d’une « faute », d’un défaut technique dans sa coordination bras jambe que lui Catteau avait repéré dans un film de l’année précédente. Or aux mondiaux de 1975, il y avait surtout que Matthes, au bout du rouleau après avoir été double champion olympique de dos à deux reprises, en 1968 et en 1972, souffrait des épaules en raison de tendinites et était contraint de continuer à nager par ses dirigeants alors qu’il voulait étudier la médecine. Aux mondiaux 1975 de Cali, je devisais dans le bus qui nous ramenait à l’hôtel avecJames Counsilman quand nous vîmes Matthes, effondré, pleurer, et appuyer son front sur l’épaule de sa petite amie d’alors, Ulrike Richter. Dès lors, on était très loin d’un défaut technique.

C’est ce genre d’assurance – et d’entêtement d’ailleurs – qu’il met dans des hypothèses parfois incertaines qui, s’il faut en croire Philippe Hellard, avait séduit Claude Fauquet quand, devenu Directeur des équipes de France puis DTN, il l’amalgama à son équipe de techniciens, non pas parce qu’il était conquis par les propositions de Catteau, mais par les controverses qu’elles faisaient naître : « Claude aimait dire que l’ordre nait du désordre, il voulait mobiliser les gens, et il avait trouvé ce qu’il fallait pour créer un débat, un bouillon de culture, ouvrir des discussions. Bien entendu, il fallait un certain désordre, mais pas trop de désordres… »

APPRENDRE N’EST PAS JOUER

La maïeutique de Catteau, empruntée, parait-il, au sociologue Joffre Dumazedier – mais qui remonte aussi loin que les dialogues socratiques contés par Platon –, était bienvenue dans ce contexte. La limite de Catteau, c’est que formateur, son goût de la théorie l’entraîne à émettre des hypothèses d’une certaine hardiesse imaginative …

A son avantage, c’est sûr, Catteau n’est pas un démagogue. Ses ouvrages sont les produits d’une recherche obstinée, d’une conviction sincère, d’une réflexion honnête et d’une liberté de penser et de ton évidentes (même si dans un cadre idéologique et philosophique contraignants). Il arpente simplement son créneau intellectuel. Aucune soupe à vendre, aucun matériel de sa conception à passer en fraude. Il est d’ailleurs farouchement opposé à tous commerces, à l’utilisation du moindre instrument, de la moindre bouée, au regard des sensations dans l’eau du jeune. S’il se trompe, c’est par passion, non par intérêt.

Il s’affiche en opposition de tout ce qui ne lui parait pas aller dans le bon sens. Donc c’est un enseignant.

Par exemple, Catteau refuse de confondre l’apprentissage avec le jeu. Avec lui, le cours ne sera pas la récréation, ni l’heure d’histoire-géo Tintin au Congo. Il rejette les jeux aquatiques d’apprentissage. Apprendre à nager, c’est un enseignement, et si partie de plaisir il y a dans cette éducation, elle est dans le fait d’apprendre, de nager, de progresser, non pas de rencontrer des bouées multicolores, des flotteurs, d’amusants canards en plastique et des cerceaux dans l’eau.

Alors que les sensations sont essentielles dans une progression aquatique, on vous file toute une panoplie des petits matériels, mini-palmes, gants de nage, plaquettes de doigts, pull-buoys, masques et tubes de plongée, qui contrecarrent l’acquisition et l’entretien des perceptions qui feront de vous un mammifère marin. Et là, Catteau se montre intraitable.

UNE NATATION COMMUNISTE

Catteau s’est naïvement posé d’emblée comme détenteur d’une arme logique, la dialectique, dont l’explication qu’il en donne tient dans les pages saumon en annexe de son livre. La dialectique n’était autre que la façon « philosophique » de Hegel puis des Marxistes du 20e siècle d’enfumer leurs lecteurs. La dialectique, l’arme du débat des penseurs grecs il y a vingt cinq siècles, et que le communisme resservait comme s’il avait découvert le Kohinoor de la pensée, pendant que Staline envoyait des millions de ses concitoyens crever en Sibérie…

Je soupçonne un peu Catteau d’avoir développé son mantra sur le caractère non propulsif des battements de jambes pour le malicieux plaisir de contredire les entraîneurs qui donnaient la priorité aux jambes. Peut-être en faisaient-ils trop, mais l’amusant, c’est que pendant que Suzanne Berlioux, Lucien Zins et Georges Garret amenaient leurs nageurs « de jambes » Christine Caron, Alain Gottvalles et Alain Mosconi aux records du monde, Catteau claironnait en chaire ses convictions discordantes sur la question sans se donner la peine d’entraîner un nageur, ni de démontrer son indémontrable postulat.

Plus d’un technicien le soupçonnait d’avoir surtout été fidèle à ses obédiences idéologiques (pourtant bien fatiguées), et de s’être toujours tourné de préférence vers les pays de l’est : sa pédagogie de l’action avait été pêchée au sein de la FSGT (et se retrouvait dans d’autres sports, gymnastique, judo ; l’endurance de force avait été développée en aviron par l’Allemand de l’Est Eberhard Mund, etc.). Personnellement, je n’y vois pas un soupçon, mais une évidence.

LE SENS DE LA FORMULE

Cela dit, l’homme a le sens des formules qu’il invente ou adapte : corps flottant, corps propulseur, corps projectile ou corps ondulant, pédagogie de l’action. Il semble manifeste qu’il peut constituer un guide de la progression du débutant.

Avec ses défauts et ses qualités, Raymond Catteau propose selon ses zélotes des vecteurs de réflexion. Il s’attaque à des problèmes qui ne paraissent pas urgents avec une âpreté, une vigueur frappantes, et sa forme de maïeutique est un bon excitant intellectuel, ne serait-ce que pas son côté contradictoire et son goût qu’on pourra trouver excessif du débat théorique. Vu qu’il s’adresse à des étudiants, il se contraint à une exhaustivité par souci pédagogique. D’où ce goût de « tout » expliquer ou de relever un détail d’une façon qui confine au sibyllin. Lisez son explication d’un départ plongé : « dans la réalisation du plongeon de départ, une relation jamais évoquée à ce jour, concerne la conscience des rapports entre l’espace du sujet et l’espace d’action justifiant l’accent porté très tôt à l’espace arrière du sujet. C’est en effet l’arrière du sujet qui se trouve engagé vers l’avant de l’espace d’action lors des départs », et demandez-vous ce que cela signifie ; ou son affirmation que, dans le virage culbute : « l’image du front amené brusquement au contact du nombril est très structurante pour les débutants » et alors questionnez-vous sur ce choc improbable de chakras (front-ventre) de la médecine traditionnelle indienne vient faire là, d’autant que dans la culbute, le « front »  est plus près des genoux que du nombril…

Il me semble que c’est dans la partie intitulée « mise en œuvre didactique » que Catteau atteint le vif de son sujet, et théorise sur les savoirs pratiques liés à son enseignement… Là, il met en place ce qu’il appelle sa didactique, c’est-à-dire l’élaboration progressive de l’enseignement de ses élèves.

Aujourd’hui, Catteau n’est sans doute plus à la pointe des recherches. Il élude souvent des phases essentielles (ainsi le retour aérien des bras, me suggère-t-on) voire nie certaines évidences (l’action des jambes au rapport de la propulsion), mais il reste un assez formidable poseur de questions. Et un fertiliseur d’idées…

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5 comments:

  1. Marc Begotti

    J’encourage les passionnés de natation à lire « La nation de demain » et à se rendre sur le site « raymondcatteau.com » afin de s’intéresser aux idées et à la démarche que nous propose Raymond CATTEAU pour se faire un avis.

    De mon point de vue, idées et démarche sont à la pointe de l’enseignement du fonctionnement du nageur et de l’enseignement de la natation. Le problème, c’est que les idées et la démarche s’inscrivent à contre-courant de la pensée et de la pédagogie traditionnelles.

    Je rassure Roxana MARACINEAU, Raymond exprime ses idées, qui sont extrêmement bien structurées, on ne peut plus clairement et plus précisément. Je peux comprendre que le décalage avec les représentations véhiculées par « le milieu de la natation » puisse avoir constitué un frein dans la compréhension de Roxana lors de son stage avec Raymond.
    Je ne doute pas un instant que ce même « milieu » finira par s’approprier ces idées, mais le chemin est encore long.

    Quant aux raisons pour lesquelles le DTN Claude FAUQUET a invité Raymond CATTEAU à prendre part aux réflexions menées par les entraîneurs des équipes de France concernant la construction du nageur, je vous invite, Eric, à poser la question à Claude plutôt que de croire P.HELLARD.

  2. Philippe

    DU DEBUTANT AU CHAMPION….
    Pour avoir suivi plusieurs stages avec Monsieur Catteau je peux vous l’affirmer Monsieur Lahmy….vous vous méprenez sur la personne, comme beaucoup de gens d’ailleurs.
    Lors de séances avec des nageurs débutants et parfois avec des mamies « aquaphobes » en choisissant la bonne situation le bon mot j’ai vu Monsieur Catteau obtenir des résultats probants.
    Monsieur Catteau a passé énormément de temps à analyser à décortiquer des quantités d’images sous-marins afin de comprendre ce qui se passe SOUS L’EAU pour obtenir une propulsion efficiente, peu d’entraîneurs l’ont fait…..
    Petite anecdote ….avant Pékin un nageur futur champion olympique avait quelques difficultés dans sa reprise de nage après le plongeon…une kyrielle d’entraîneurs qui eux savaient entraîner se cassaient les dents sur cette problématique.
    Monsieur Catteau avec son sens pertinent de l’analyse en une situation « bras gouvernail » a optimisé cette satané coulée récalcitrante….vous connaissez la suite de l’histoire.
    Un passionné, fin technicien avec des convictions et une grande bienveillance envers autrui voilà comment je pourrais définir Monsieur Catteau.
    Il est évident qu’il a énormément de détracteurs. Un proverbe dit « les gens qui n’ont pas d’ennemis ont peu de valeur »…

    1. admin *

      UNE PROMENADE EN CATTEAU
      J’imagine en effet qu’il y a plusieurs entrées dans le monde de Raymond Catteau. Je sais que ses stages ont connu quelques succès, et qu’il a de fervents admirateurs. J’ai prévenu qu’étant « journaliste » j’avais une vision de journaliste, n’ayant pas la possibilité d’exercer mes compétences limitées d’approximatif technicien (encore que…). J’ai voulu seulement lire son livre, donner mon avis et rappeler ce que son audience a dû à certaines attaches qui n’ont rien de répréhensible mais qui lui ont donné une latitude extraordinaire de régenter sur l’apprentissage scolaire. J’ai relevé la complexité de ses écrits, sur laquelle tout le monde me parait d’accord (il s’est certes beaucoup amélioré depuis l’Enseignement de la Natation chez Vigot cosigné avec Garoff).
      En ce qui concerne l’anecdote du futur champion olympique qui coince dans la coulée de départ, elle rapproche un peu Catteau de Mitt Nelms, connu pour son approche holistique et pour avoir beaucoup bossé avec Touretski, Thorpe, Phelps, etc., ce qui en ferait donc un maitre de nage comme Jean-Louis Lecharpentier à Marseille, Jacques Latour à Troyes puis Lyon (mais qui étaient aussi de remarquables entraîneurs, Latour ayant amené Gilbert Bozon aux records du monde en dos, et Lecharpentier ayant formé tous les champions marseillais de 1967 à 1984 avant de hisser Monaco dans les dix clubs français)… J’ai raconté dans un autre article le travail de Catteau sur Fabien Noël (champion de France du 200 mètres des années 1970) que m’avait conté, je crois, Jean-Pierre Le Bihan.
      Il est seulement un peu dommage qu’il n’y ait pas plus d’essayistes sur la natation que Raymond Catteau, quoique des gens fort remarquables et qui, d’ailleurs, le connaissent bien, comme Patrick Pelayo ou Gérard Chollet, François Potdevin ainsi que l’historien Thierry Terret (aux travaux remarqués à l’International Swimming Hall of Fame), sans parler de Michel Pedroletti et d’autres, publient régulièrement sur la natation…
      …Je suis en tout cas ouvert à tout point de vue aussi divergent du mien soit-il, concernant Raymond Catteau ou tout autre sujet !

  3. Philippe

    Traitement inégal

    Quelque chose me perturbe fortement en relisant votre article sur Monsieur Catteau.
    En d’autres temps Monsieur Catteau aurait été brûlé comme hérétique.
    Concernant le rôle des jambes dans la construction du nageur ses affirmations s’appuient sur des faits …..l’analyse sous-marine avec une caméra positionnée à un point fixe ( votre premier interlocuteur pourrait d’ailleurs vous expliquez comment cela fonctionne).
    Récemment vous avez écrit un article sur Philippe Lucas l’entraîneur de « pur-sang ».
    Le portrait était très flatteur … J’ai été surpris car son intervention au colloque de l’INSEP dont vous étiez présent à été un grand moment….de grand n’importe quoi, de la vulgarité, de la bêtise …il me semble que l’assistance a été choquée par ses propos irrespectueux vis à vis des athlètes mais cela n’a pas sembler gêner les instances de la FFN, on lui a confié une mission. Ramener un titre avec l’eau libre , il un vrai qu’une médaille aux JO permet de s’asseoir sur beaucoup de principes et de convictions dans ses temps difficiles.
    Vous avouerez qu’il y un traitement inégal dans vos articles.
    Monsieur Catteau ne vend rien …il démontre et quelquefois cela se dérange.
    Il y a quelques temps ….. On nous faisait croire que la terre était plate…..

    1. admin *

      MAMAN LES P’TITS CATTEAU QUI VONT SUR L’EAU
      Ouh la, la ! Là je suis touché, mais pas coulé. Peut-être dois-je me confronter à mes propres limites. Me voilà, aurait dit Claude Duneton, « comme une truie qui doute. »
      D’abord, bon, tout le monde connait les limites de Philippe Lucas, qui joue un personnage. J’étais là, j’ai écouté, quand il a parlé à l’INSEP, c’était plutôt un interlude comique, où il les a accumulées. Il a un côté à la fois « unidimensionnel » et populo, c’est clair qu’il n’est pas distingué,, ni intello, ce n’est pas Fabrice Pellerin, et on ne l’invitera pas à Buckingham Palace…
      Maintenant voilà, Philippe Lucas, c’est le poids des médailles d’or européennes, mondiales et olympiques, c’est la continuité de Laure Manaudou 2004 à Aurélie Muller 2015. C’est huit, dix ou douze heures par jour sans vacances ni repos pendant trente ans au bord d’un bassin. Je ne crois pas que la pauvre FFN ait donné de gaieté de cœur certaines clés à Philippe Lucas, ils ont tellement essayé de l’abattre pendant des années, mais je leur aurais reproché, quelle que soit la trivialité, etc., de ne pas travailler avec lui. C’est un bon point pour Stéphane Lecat qui doit y être pour quelque chose, de l’avoir intégré…
      Je vous signale qu’à force d’être snobé, il était et reste en train d’entraîner des adversaires des nageurs français, Potec, Pellegrini, Van Rouwendaal, Heemskerk, (il parait même qu’il a entraîné Thérèse Alshammar??) et qu’il est, qu’on le veuille ou non, très bien considéré par ces filles là. Quand, pendant le meeting de Courbevoie, j’ai demandé à Heemskerk pourquoi elle était venue chez Lucas, « parce que c’est un grand entraîneur. » m’a-t-elle dit dans son excellent français.

      C’est aussi Julia Reggiani, Nadège Cliton, David Abrard, Alena Popchanka, Pierre Henri, Pierre Roger, Esther Baron, Anthony Pannier, Amaury Leveaux, Ahmed Mathlouthi, Coralie Codevelle, Océane Cassignol… Et toujours sans ou contre les institutions, ce n’est quand même pas mal. Aujourd’hui, après que tout le monde ait craché sur lui, on l’intègre ou le réintègre, et ça repart : j’entends dire qu’il est grossier, ingérable, d’un égo insupportable, zéro communicant avec les autres coaches ; peut-être le mec n’est pas formaté, c’est un vilain petit canard, ses bagues, ses lunettes et ses soins capillaires lui ont coûté plus cher que son éducation, mais il produit…
      Si Charlotte Bonnet était championne olympique du 200 mètres (champagne pour tout le monde), Béryl Gastaldello championne des USA du 100 libre, si Coralie Balmy allait défriser Katie Ledecky sur 400 mètres et Damien Joly titiller Greg Paltrinieri sur 1500 mètres, on pourrait peut-être « se passer » de Lucas…
      …Mais ça resterait quand même dommage. D’ailleurs, réjouissez-vous, Lucas commence à donner des signes de fatigue. Il se déplace de moins en moins, et ne supporte pas le chlore des piscines… Et quand il ne sera plus là, on comprendra trop tard qu’on avait un BON entraîneur.
      En face, Catteau, je ne sais pas trop. Formateur, essayiste, il n’y a pas de palmarès pour ça. Lucas a ramé contre l’institution, Catteau, lui, a été porté par une institution qui fonctionne comme un glacis. Je ne lancerai pas d’hypocrites hosannah au sujet d’une œuvre peut-être très remarquable mais dont je ne saisis pas clairement la portée, qui me parait fonctionner en vase clos, être plus anxiogène qu’oxygène, qui a tout inventé, ne reconnait aucun apport extérieur et me fait l’effet du lac qui se prenait pour le grand océan. Mais cela dit, je suis prêt à admettre que j’ai tout faux !!!
      Si quelqu’un veut écrire ses louanges dans Galaxie Natation, libre à lui, je suis preneur, d’autant que je m’agace de donner toujours tout seul mon avis. Je ne mettrai pas ça en commentaires, mais en haut de page, en article. Devenez auteur. Publiez. Envoyez-moi ça à ericlahmy@yahoo.com Vous serez bienvenu(s).

      P.S.: Catteau aurait été brûlé dites-vous. Il l’a sans doute échappé belle, en effet. Le précédent maïeuticien dans son genre, voici 24 siècles, un certain Socrate, avait été condamné à boire du poison. On ne plaisantait pas à l’époque…

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