L’été compliqué de Beryl Gastaldello

Par Eric LAHMY                                   1er juin 2013

Le « divorce » de Yannick Agnel avec son entraîneur à Nice a créé un état d’esprit assez particulier chez ceux qui voudraient que cet événement soit le symptôme d’un mal être niçois. Et d’avancer d’autres départs, ceux d’Anne Santamans et de Béryl Gastaldello. Il semble bien que le départ de Santamans soit un pur fantasme. La jeune sprinteuse reste niçoise, jusqu’à plus ample informer. Quant à Gastaldello, il est vrai qu’elle a pris des contacts avec le Cercle des Nageurs de Marseille, mais, insiste-t-elle, pour des raisons liées, non pas à une malaise à Nice, mais à « un projet personnel, nager et étudier aux Etats-Unis. »

« Tout se passe bien à Nice », témoigne Béryl, qui affirme n’avoir songé à Marseille, la ville où elle est née il y a 18 ans, que pour des raisons liées à son avenir universitaire. Béryl reluquait d’abord du côté de « Brisbane, en Australie, mais les Australiens n’offraient pas de bourses sportives. Dès lors, j’ai pensé à Cal Berkeley, aux USA » D’où l’idée de se rapprocher de Romain Barnier, l’entraîneur phocéen qui, après une belle carrière universitaire à Auburn, a continué de soigner ses contacts aux USA.

Béryl, entraînée par Maxime Leutenegger, affirme n’avoir pas encore choisi. Pourtant, les règlements universitaires la contraignent en effet à s’inscrire ce dimanche 2 juin. La jeune ondine cherche surtout à préserver sa tranquillité jusqu’à la fin d’une saison qui n’est pas terminée. Les championnats de France ne se sont pas aussi bien passés pour Béryl, pour des raisons largement indépendantes de sa volonté.

Il ne s’agit pas de ses performances dans l’eau, méritoires (2e du 50m dos et du 100m papillon, 3e du 100m libre et du 50m papillon), pour une jeune fille qui n’est pas entièrement sortie de la mononucléose virulente dont elle a été victime en octobre 2011, et qui, de ce fait, ne peut s’entraîner plus de sept ou huit fois par semaine.  A l’addition des temps, les quatre premières du 100m des championnats de France répondaient (de justesse) aux exigences de qualification du relais pour Barcelone (moins de 3’39’’44), mais le quatre fois cent n’a pas été retenu. Pourquoi ? Camille Muffat ne souhaitait pas nager les séries du relais qui ont lieu, le même jour (le 28 juillet), que le 400m, sa meilleure épreuve, celle dont elle est la championne olympique. Cela la contraindrait, après le 400m des séries, à s’employer à fond pour qualifier le relais, avec pour effet d’hypothéquer sa récupération avant la finale le soir même.

Sans Muffat, le relais, ralenti de deux secondes, passant d’un potentiel de 3’39’’25 à 3’41’’64, se trouvait hors minima et, même en tenant compte de l’avantage des prises de relais, ne pouvait logiquement espérer atteindre la finale (négociée à 3’39’’48 aux mondiaux 2011 et à 3’38’’31 aux Jeux olympiques de Londres).  Béryl, dont la sélection tenait à ce relais, a perdu là son billet pour la Catalogne.

Sélectionnée en revanche pour les Jeux méditerranéens, vous pensez qu’elle n’a pas tout perdu ? Mais cette compétition se tient ce mois de juin aux mêmes dates que l’épreuve du bac, ce qui contraindra Béryl à passer ses examens en septembre. Et vous direz encore que la vie d’une championne de natation est un long fleuve tranquille ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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