LOUISETTE FLEURET, GLOIRE ET INFAMIE

FLEURET [Louisette] Natation. (Paris, 29 avril 1919-1997). France.

L’une des plus glorieuses championnes de natation de l’entre deux guerres, Louisette Fleuret, faillit périr sur l’échafaud pour fait de collaboration avec les Nazis.

L’une des meilleurs nageuses de l’entre deux guerres, malgré des moyens physiques limités (elle mesure 1,56 mètres et, à douze ans, en 1931, ses parents consultent un médecin parce qu’ils s’inquiètent de sa petite taille), elle est recordwoman de France et d’Europe. Issue d’un milieu modeste, elle apprend à nager en 1925 aux Mouettes de Paris, passe en 1927 au CNP où elle devient monitrice en 1937, et où Georges Hermant l’entraine « comme les hommes », devient championne scolaire en 1930, de Paris en 1932 sur sa grande distance, le 400 mètres. Championne de France 1933 (en 6’10’’2), puis 1934 (en aequo avec Solita Salgado en 6’0’’6), elle est 6e des championnats d’Europe 1934 à Magdebourg (5’56’’1). En 1935, elle établit le record de France du 400 mètres en 5’47’’6 aux Tourelles, conserve son titre à Bordeaux en 5’50’’2 et finit 2e du 100 mètres en 1’16’’8. En 1936, elle efface le record du 800 mètres en 12’18’’4. Elle est encore championne de France des 400 mètres en 1937, 1938 et 1939. Plusieurs de ses records, notamment sur une série de distances intermédiaires assez folkloriques qui ont cours à l’époque, tiennent encore en 1945 : 300 mètres en 4’14’’2 (1936), 500 mètres en 7’16’’2 (1936), 800 mètres en 12’7’’2, 1000 mètres en 15’16’’4 et 1500 mètres en 23’13’’8 (ces trois derniers records étant battus dans la même course, le 8 août 1937). Aux Jeux olympiques de Berlin, elle nage 5’46’’8 (RF) en séries du 400 mètres, 7e temps, fait mieux, 5’46’’1 (RF), en demi-finales, mais se retrouve 10e, à 2/10e de seconde de la qualification en finale. Seize jours plus tard, le 30 août, elle nage 5’45’’5 aux Tourelles, à Paris. Accusée à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale d’avoir dénoncé un réseau de résistance, elle est passée devant un tribunal militaire en 1949 (Der Spiegel, 2.1950). Amoureuse d’un allemand du nom de Schweitz rencontré pendant les Jeux de Berlin devenu agent de la Gestapo à Paris sous l’Occupation, elle disparait aussi brusquement qu’opportunément à la Libération. Après la guerre, la police retrouve sa trace à Tunis où, sous le nom de Pigeon (le nom de sa mère), elle tient une maison close. Ayant perdu la tête pour un nazi, elle risquait de la perdre pour de bon ! Ramenée en France, jugée et condamnée à mort par une cour militaire à Marseille, elle échappa à la guillotine (ou au peloton) en arguant en appel que, fort amoureuse de son Gestapiste, elle n’avait pas trahi ses amis français.

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1 comment:

  1. Le Bihan

    septembre 2013:gilbert Seyfried l’homme tranquille.

    Raymond Cesaire n’est pas Guadeloupéen mais Martiniquais.
    Il réside à: Le Robert

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