MACKENZIE HORTON VAINQUEUR SURPRISE DU 200 LIBRE

Eric LAHMY

Lundi 10 Avril 2017

Je me demandais depuis un ou deux ans comment Mackenzie Horton pouvait-il nager si vite sur 400 mètres sans en gagner une sur 200 mètres ? Voilà une question que je ne me poserai plus, car Horton a gagné le 200 mètres des championnats d’Australie (après s’être qualifié au forceps pour la bonne finale, en dernière position). Il a ajouté un nouveau chapitre à la longue saga des « derniers qualifiés qui gagnent la course », illustrée par une multitude d’exemples, comme ceux de Vladimir Salnikov et de Kieren Perkins dans les 1500 mètres des Jeux olympiques de 1988 et de 1996.

D’une certaine façon, d’ailleurs, « Mac The Knife » ne semblait même pas participer à la course. Il passait bon dernier aux 50 mètres, et, aux 100 mètres, alors que tous les autres nageurs s’étageaient entre 52s12 (Cameron McEvoy qui menait la danse) et 52s60 (Lewis Clyde), lui-même paraissait supporter en 53s38 son chemin de croix. Mais après la mi-course, alors même que le train suivi par les leaders n’avait rien de démentiel, ils durent juger bon de ralentir un peu afin de préparer le sprint, ou encore parce qu’ils craignaient de ne pas aller jusqu’au bout. Horton, au contraire, maintenait son allure, voire accélérait. Au dernier virage, encore bon dernier, il n’était plus qu’à trois quarts de longueur de McEvoy, toujours leader.

Au moment de jeter les dernières forces dans la bataille, deux nageurs émergèrent, en fait : Kyle Chalmers, le jeune champion olympique du 100 mètres, lequel achevait son parcours en 26s54, et, mieux encore Horton, 26s11. Horton l’emporta de quatre centièmes tandis que McEvoy qui n’est plus que l’ombre du nageur super résistant qu’il fut dans le temps, finissait 5e.

On peut penser qu’avec le temps, Horton suit une filière classique, qui consiste à raccourcir les distances nagées et gagne un peu en vitesse (parfois au détriment de l’endurance).

Mackenzie Horton, 25s51, 53s38 (27s87), 1’20s72 (27s34), 1’46s83 (26s11).

Kyle Chalmers, 25s08, 52s50 (27s42), 1.20s33 (27s83), 1.46s87 (26s54).

Alexander Graham, 25s17, 52s37 (27s20), 1.20s29 (27s92), 1.47s39 (27s10)

 

Sur 100 mètres dos, on a assisté à un retour d’Emily Seebohm. La championne du monde de Kazan, qui avait faseyé à l’issue de sa saison olympique, s’est retrouvée à son top. 58s62, un joli temps, occulté seulement en 2017 par la performance (58s21) de la Canadienne Kylie Masse. Elle a devancé de la tête et des épaules d’inoxydable Holly Barrat, 29 ans, 59s66, tandis que la jeune vague qui paraissait devoir tout emporter en 2016, avec Kaylee McKeown et Minna Atherton, aujourd’hui âgées respectivement de seize et de quinze ans, se perdait en milieu de finale. Idem pour Madison Wilson, qui avait secondé et menacé à la fois Seebohm en 2015.

Seebohm a explicit ses contre-performances de Rio par deux soucis gardés secrets à l’époque, une dent de sagesse et surtout une endométriose, un souci mal placé dans les organes féminins dont les symptômes l’affaiblissaient et la perturbaient. Après une double opération, Seebohm s’est retrouvée pleinement.

C’est fou ce que ces nageurs tombent malades, entre Franklin (dos, puis épaules), les Campbell (hanches, épaules, hernies à répétition), Magnussen (épaules),Mireia Belmonte (épaules), et maintenant Emily Seebohm.

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