MANUEL EN AUTOMATIQUE : LA MEILLEURE SPRINTEUSE DE COMPÉTITION DU MONDE

ELLE LAISSE AUX AUTRES LE SOIN DE BATTRE LES RECORDS, MAIS QUAND TOUTES SONT LA ET DOIVENT SE DISPUTER LE GROS STEAK, C’EST SIMONE QUI RAMASSE LA MISE

Éric LAHMY

Dimanche 25 Février 2018

A la piscine de Federal Way, Washington State, zone horaire du Pacifique, le « Pac-12 » féminin, rendez-vous de l’ouest, s’est achevé samedi soir. Simone Manuel a confirmé une nouvelle fois sa suprématie de sprinteuse. La brune étudiante de Stanford est remarquable par la régularité de ses performances et sa capacité d’élever son niveau au prorata de l’enjeu (capacité qui fait d’elle, quelles que soient les hourras – fort justifiés – qui saluent les prestations de Sjöström et de Campbell, la meilleure nageuse de vitesse du monde, et en tout cas la plus capée). Elle a enlevé le 100 yards avec deux dixièmes de seconde d’avance sur Abbey Weitzeil. Il est remarquable qu’à chaque rencontre des deux super-sprinteuses du PAC-12, ce soit généralement Manuel qui soit allée plus vite, parfois d’un rien.

Mercredi, elles auraient pu se retrouver dans le premier relais, quatre fois 50 quatre nages, mais Abbey Weitzeil, pour Berkeley, y fut utilisée en… brasse, où son temps lancé, 26s58, est le meilleur de toutes les séries (meilleur que celui de la brasseuse maison de Cal, Harrison, 26s75, meilleur que les 27s03 de Riley Scott, qui gagnera le 100 yards brasse), tandis que Manuel signe un bon 21s14 lancé…

Leur affrontement commence donc jeudi sur 50. Si, à l’issue des séries, Weitzeil domine, 21s64 contre 21s67, Manuel gagne en finale, en 21s20 contre 21s41.

Leur course suivante est le relais quatre fois 50 libre. Le quatuor de Californie l’emporte, et Weitzeil signe pour finir le meilleur temps lancé, 21s juste, tandis que Manuel, qui a nagé le deuxième relais pour Stanford, réalise 21s22.

Dans le relais quatre fois 100 quatre nages, lancées, Manuel, 45s95, Weitzeil, 46s00.

Course individuelle du 100 yards : en séries, Manuel, 47s14, Weitzeil, 47s43. En finale, Manuel, 46s43, Weitzeil, 46s63. Relais  quatre fois 100 yards : Manuel 46s13 ; Weitzeil, 46s35.

Il n’est pas impossible que lors des finales NCAA, le mois prochain, les duels du sprint se limitent à l’affrontement de ces deux filles, nées la même année, 1996, et de gabarits équivalents, Weitzeil, 1,78m, Manuel, 1,80m. Mais bien entendu, Mallory Comerford pourrait se mêler à l’affaire

Mais jusqu’ici, c’est Manuel qui domine. Celle que les Américains saluent comme « la première Africaine-Américaine qui, etc., etc. », est championne olympique à Rio en 2016 et championne du monde à Budapest en 2017, recordwoman des USA avec 52s27, et elle tient aussi la route sur 50, yards ou mètres, 2e à Rio aux Jeux, 3e à Budapest aux mondiaux. Mais le plus remarquable, c’est qu’elle est bien la seule (quoique Kromowidjojo…) à n’avoir jusqu’ici jamais raté une course importante, et toujours fait au moins aussi bien et souvent mieux que ce qu’on attendait d’elle.

Sur 200 dos, Kathleen Baker a pris sa revanche sur Janet Hu qui l’a devancée vendredi au 100. Baker, partisane des départs rapides, a opté pour une stratégie apparemment assez folle, partant très vite, passant en 25s26, 52s52 (au pied, puisqu’avec le virage, alors qu’elle a nagé 50s13 dans l’épreuve individuelle du 100 yards). Hu est alors pointée en quatrième position avec 54s32, soit une longueur de corps derrière.

Hu a beau larguer Howe et Bilquist dans le troisième quart de la course, elle ne reprend rien à Baker, qui, 27s48 contre 27s56, garde ses distances au 150 : 1’20s contre 1’21s88. Baker signe la 4e performance de l’histoire avec 1’48s27, à quatre dixièmes des 1’47s84 record d’Elizabeth Pelton, record NCAA établi en 2013.

Sur 200 papillon, Louise Hansson (USC) employa la tactique de Baker du départ ultra-rapide, en l’aggravant même un petit peu, passant à mi-course en 51s81 alors qu’elle avait gagné le 100 papillon en 50s17. Mais dans sa seconde moitié de course en 59s32, elle se fit reprendre par Ella Eastin, de Stanford, qui avait, elle, bien équilibré son effort, passait en 53s51 et finissait en 56s justes ! Eastin battait un vieux record d’Elaine Breeden, nageuse olympique en 2008 et diplômée d’histoire ancienne, ce qu’était devenu, d’une certaine façon, son record. Eastin, qui détient déjà le record NCAA du 200 yards quatre nages, est une vraie spécialiste des courses équilibrées, finissant toujours très fort : c’est de cette façon qu’elle remporta l’an passé les titres NCAA des 200 et 400 quatre nages…

DAMES.- 100 yards : 1. Simone Manuel, Stanford, 46s43 ; 2. Abbey Weitzeil, Cal-Berkeley, 46s63; 3. Robin Neumann, Cal-Berkeley, 48s09.

1650 yards : 1. Megan Byrnes, Stanford, 15’49s39 ; 2. Leah Stevens, Stanford, 15’52s54.

200 yards dos: 1. Kathleen Baker, Cal Berkeley, 1’48s27; 2. Janet Hu, Stanford, 1’49s49; 3. Ally Howe, Stanford, 1’50s05; 4. Ami Bilquist, 1’50s23.200 yards brasse: 1. Maggie Aroesti, USC, 2’6s85; 2. Riley Scott, USC, 2’7s29; 3. Brooke Forde, Stanford, 2’7s43.

200 yards papillon: 1. Ella Eastin, Stanford, 1’49s51 (record NCAA, ancien, Elaine Breeden, Stanford, 1’49s92 en 2009); 2. Louise Hansson, USC, 1’51s13; 3. Katie Drabot, Stanford, 1’52s07 (en série, 1’51s99).

4 fois 100 yards : 1. Cal-Berkeley, 3’9s04 (Amy Bilqvist, 47s79, Katie McLaughlin, 47s43, Kathleen Baker, 47s47, Abbey Weitzeil, 46s36); 2. Stanford, 3’9s76 (Janet Hu, 47s57, Katie Ledecky, 48s08, Alex Meyers, 47s98, Simone Manuel, 46s13). Meilleur temps au start, Louise Hansson, Suède, USC, 47s41.


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