MARIE WATTEL LA FEMME QUI MONTE

Eric LAHMY

Lundi 18 Décembre 2017

Marie Wattel, argent du 100 mètres papillon derrière l’invincible Sarah Sjöström, est-elle la grande nageuse française d’avenir ? On la disait déjà, il y a deux ou trois ans, sur sa bonne mine, capable de s’imposer. Elle a pris son temps, connu des moments difficiles, ainsi l’année olympique, et… s’est mise à se reconstruire, abandonnant Nice pour Loughborough, en Grande-Bretagne. Elle qui perdait un peu de ses moyens dans le contexte impitoyable de la compétition, maîtrise beaucoup mieux ses nerfs. Ce qu’on a commencé à voir aux championnats des Etats-Unis, l’été dernier, où elle se défendit brillamment, montant sur quelques podiums et amenant son record à 57s53.

Sur 100 mètres nage libre, à Copenhague, ses progrès ont été un peu moins visibles qu’ils n’auraient dû être, derrière ceux de son aînée et ancienne équipière de Nice, Charlotte Bonnet. Mais ses 52s25 n’en constituaient pas moins un brillant résultat.

En papillon, elle n’a certes pas constitué une menace sérieuse pour Sjöström, laquelle a survolé en 55 secondes juste. D’aucuns pourront faire la fine bouche en face du résultat, la grande Suédoise ayant amené le record mondial petit bassin à 54s61, mais on se doit de comparer ce qui est comparable, et Sjöström battait à Copenhague son record p.b. des championnats d’Europe, établi deux ans plus tôt à Netanya avec 55s03. Autant dire qu’elle avait mis le paquet !

 Même si, en 55s97, Marie fut nettement devancée, elle fut la seule à pouvoir s’accrocher à la Suédoise (25s94 contre 25s67). Puis elle sut défendre son argent par un retour solide en 30s03, des griffes de la Danoise Emilie Beckmann (56s22). Autour de Sjöström, sur le podium, Wattel et Beckmann étaient les benjamines de la course, la Française ayant quatre mois de moins que la Danoise.

L’argent de Wattel indiquait une nouvelle fois que les breloques et les podiums, dans l’équipe de France, vont plutôt aux filles. Mouvement de balancier assez intrigant : après les années Laure Manaudou et Camille Muffat, nos nageuses semblaient s’être perdues pendant que les Alain Bernard, Yannick Agnel, Florent Manaudou, Camille Lacourt, Florent Manaudou et autres relais marseillais monopolisaient l’attention, et quand nos garçons semblent s’être égarés, ne voilà-t-il pas qu’elles aperçoivent une lumière au bout du tunnel ?

LE DERNIER MOT A SARAH SJÖSTRÖM

En fin de journée, Sjöström montait une nouvelle fois en haut du podium, sur 50 mètres. Il s’en fallut d’un rien, car son avance sur Ranomi Kromowidjojo ne dépassait pas le centième de seconde : 23s30 contre 23s31. La troisième de ce sprint féroce n’était autre que la championne olympique danoise Pernilla Blume, 23s49. Charlotte Bonnet, qui avait gagné le 200 et fini 4e du 100, termina à la 6e place en 23s94, achevant ainsi des championnats très satisfaisants pour elle.

Le 100 mètres libre messieurs, course de facture assez moyenne, est revenue à l’Italien Luca Dotto, 46s11, nettement devant un authentique médaillé d’argent olympique, le doyen belge de l’épreuve, Pieter Timmers (30 ans le 21 janvier prochain), 46s54 : deux sprinters d’expérience en face de Duncan Scott, vingt ans et sept mois, lui, et l’un des espoirs de la distance « reine », 46s64 ici. Dotto, dans le civil mannequin modèle sous-vêtements et lunettes d’Emporio Armani, a enflammé la course d’emblée, est passé en 22 secondes et n’a plus jamais été rejoint. Deuxième Italien après Magnani sous les 49 secondes (en grand bassin), premier Italien sous les 48, c’est désormais un « vieux » briscard, mais il a dû battre son record personnel pour gagner…

SALUT A TOI BELLE ITALIE (QUI TE PAIE LA PEAU DE L’OURS RUSSE).

C’était une belle journée italienne, car Marco Orsi, une sorte de mister Muscle à l’italienne sorti des studios de Cinecitta (1,89m, 90 kilos et que de la viande), s’est imposé au biceps sinon au forceps sur 100 mètres quatre nages, après s’être fait trimballer en papillon, puis en dos, par Sergei Fesikov. Voici deux ans, il avait gagné le 100 à Netanya, en 46s05.

Pas mal chahuté dans cette dernière journée, les Russes, qui ont dans l’ensemble dominé les championnats d’Europe chez les hommes, retrouvèrent le haut du podium quand Aleksandr Kharlanov, qui a eu jusqu’ici du mal à exister à l’ombre de ses équipiers Morozov,

Sadovnikov, Koptelov, Popkov et Pakhomov, s’est imposé sur 200 papillon en 1’50s54. Kharlanov est champion du monde petit bassin du 4 fois 100 quatre nages et termina 4e du 200 papillon à Windsor, dans l’Ontario.

Le 400 dames a été remporté par Boglarka Kapas, la Hongroise qui avait l’air de courir en vain derrière une victoire ces derniers temps et a fini par la rattraper. Kapas dut régler l’Allemande Koehler, qui l’avait joliment manœuvré sur 800 mètres, trois jours plus tôt, en s’imposant par un sprint final de 1.0s58. Kapas lui rendit la pareille, achevant son parcours (3’58s15) en 59s10. Koehler resta à une seconde, 3’59s12, tandis que Quadarella, l’Italienne, déçut, ne parvenant pas, dans sa finale, à réitérer son temps au passage des 400 de son 800 mètres (4’7s34 contre 4’6s14). Que cela ne l’empêche pas ce lundi de souffler sur les dix-neuf bougies de son gâteau d’anniversaire !

Il appartenait décidément aux Italiens de faire pleurer les Russes, ce dimanche, car sur 50 mètres dos, alors que Kliment Kolesnikov, fort de son 23s10 réussis en demi-finales, record mondial junior p.b., s’apprêtait à compléter son triomphe, après le 100 et le 200 dos, en devançant Robert Glinta, trouva un Simone Sabbioni fort inspiré sur son chemin qui lui vola la vedette, pour deux centièmes, en 23s05. Kolesnikov grignotait quand même sur son record, 23s07, et devançait… Jeremy Stravius, lequel achevait sur une bonne note un championnat d’Europe un peu décevant, et arrachait le bronze, en 23s12.


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