MICHEL PEDROLETTI TOUS AZIMUTS (1) LES JEUX OLYMPIQUES À PARIS EN 2020, CE SERA TOUT DE SUITE OU CE SERA TROP TARD

MICHEL PEDROLETTI, 67 ANS, ENTRAINEUR DE L’INSEP (1977-1982), ENTRAINEUR NATIONAL DE L’ÉQUIPE DE FRANCE (1977-1988) ET ENTRAINEUR DU CERCLE DES NAGEURS DE MARSEILLE (1984-1995), S’INQUIETE DE LA PRÉPARATION (L’IMPRÉPARATION ?) DES NAGEURS FRANÇAIS À SIX ANNÉES DE L’ORGANISATION DES JEUX OLYMPIQUES DE PARIS. IL A DONC ENVOYÉ QUELQUES MISSIVES SOUS FORME DE COURRIELS À QUELQUES-UNS DES DÉCISIONNAIRES DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION, PRÉSIDENT (GILLES SEZIONALE). DIRECTEUR TECHNIQUE (JULIEN ISSOULIÉ), DIRECTEUR DE LA NATATION (RICHARD MARTINEZ) AINSI QU’ALAIN BERNARD, RICHARD PAPAZIAN, PATRICK DELÉAVAL. IL INSISTE : IL NE DEMANDE RIEN POUR LUI, ET AGIT SOUS LE SENTIMENT D’UNE URGENCE ET LA PRESSION DES ÉVÉNEMENTS. É.L.

 

Michel PEDROLETTI

Samedi 3 Mars 2018

Avec les Jeux Olympiques en France dans  six ans, on devrait être dans l’urgence!

Chaque jour compte et chaque jour passé est un jour de perdu!

Remettre l’action à mener aux « prochains mois », c’est, peut être, passer complètement à côté de ces Jeux !

Les nageurs, quelques filles mises à part, qui devront défendre nos couleurs, sont déjà connus !

Peut-on rester vis-à-vis d’eux dans une gestion habituelle et normale si on a quelques ambitions de briller à ces Jeux Olympiques « à la maison »?

De mon point de vue – mais peut-être ai-je tort (ce dont mon expérience me fait douter) –, on devrait se trouver dans l’urgence maximum, et cela depuis des mois déjà !

Ayant passé ma vie à servir la natation et à penser natation, sans vouloir donner de leçon à quiconque, je pense qu’on devrait au minimum adopter la démarche suivante pour les TROIS MOIS QUI VIENNNENT. Je vous livre mes réflexions pour le cas où elles pourraient vous interpeller:

    1- Définir la problématique et les objectifs à attendre!

        -De mon point de vue, ces objectifs devraient être : TITRES ET MÉDAILLES AVEC LA CAPACITÉ DE PRÉSENTER DES ÉQUIPES COMPLÈTES HOMMES ET FEMMES!

        – La problématique, au niveau des performances à atteindre, doit induire trois types de réflexions:

            * relativement au talent du nageur!

            * aux axes techniques relatifs à ces niveaux de performances!

            *à la capacité musculaire nécessaire!

            *et aux axes d’entraînement indispensables à mettre en œuvre!

        – Mais il convient aussi de se servir de l’opportunité des J.O. et de ce qu’elle peut induire pour jeter les bases indispensables à l’avenir de notre natation au plus haut niveau international!

    2- Effectuer une réflexion en interne relativement à cette problématique!

    3-  Et surtout, en externe, faire appel à une dizaine de personnes reconnues pour leurs vécus, leurs expériences et leurs résultats, et leur poser la problématique, leur demander d’y réfléchir, puis de proposer en réponse à cette problématique, dans les 30 jours, une dizaine de recommandations.

    4- Communiquer sur cette démarche avec l’ensemble des acteurs de notre fédération et leur proposer, s’ils le souhaitent le faire, dans les 30 jours, 3 ou 4 grandes propositions personnelles répondant à cette problématique auprès de la DTN!

    5- A la réception des propositions des experts et des acteurs de notre natation, organiser un séminaire de débriefing réunissant le Président de la FFN, deux ou trois élus qu’il jugerait utile d’intégrer à cette démarche, les experts, la DTN, pour  arbitrer et s’accorder sur une dizaine d’axes prioritaires et sur leurs mises  en œuvre!!

    6- Mise en œuvre immédiate de tout ce qui peut l’être et se pencher sur ce qu’il y a lieu de faire pour la mise en œuvre à très court terme de ce qui doit être fait.

    7- Tous les mois et demi, réunir un comité de suivi des actions mises en œuvre, de résultats qu’elles induisent et du bien-fondé de ces actions pour les affiner, les accentuer ou les alléger relativement au moyens qu’elles exigent !

Par exemple, j’ai un peu de mal à comprendre qu’une action que je propose depuis longtemps pour la recherche de talents, ne soit pas déjà discutée et mise en œuvre si elle peut sembler être utile car, pour  faire faire un 100 mètres en jambes, ciseau de brasse, battement de dos et battement de crawl pour les 8 ans et moins, 10 ans et moins, 12 ans et moins, dans les clubs puis au niveau local, départemental, régional et national, n’implique pas grand-chose en termes d’organisation ou de moyens financier ; et, si elle ne donne pas de résultats elle ne coûte rien!

Pour conclure, j’aimerais insister sur un point : tout comme, dans l’entraînement, la notion de temps est fluctuante, – à certaines périodes, en début de saison, on peut prendre son temps et, plus la saison avance, moins on en a – il en va de même vis-à-vis de la préparation des Jeux Olympiques. Or, de mon point de vue, et on ne doit pas s’y tromper, à J.O. moins six ans, on se situe dans les derniers stades de la préparation !

C’est pour cette raison qu’il me parait urgent d’être sensible à cette question, et que je prends ici le risque de vous importuner.


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3 comments:

  1. Marc

    Nous ne connaissons pas les objectifs de la DTN à court terme (JO de Tokyo) et à moyen terme (JO de Paris), un objectif doit être quantifiable, mesurable et réalisable… Concevoir un organigramme et confier des responsabilités ne suffit pas à concevoir une stratégie (pas d’objectif = pas de stratégie = pas de plan d’actions = on croise les doigts). Organiser ne suffit pas pour faire émerger la compétence.
    Je crains que nous n’existions dans le contexte international que grâce à une nageuse et à son entraîneur…

    1. Eric Lahmy *

      C’est sûr qu’en 2018, on a vite fait le tour: Metella Bonnet. Et on souhaite Wattel… Après, comme vous dites on croise les doigts, et on touche du bois. Maintenant, ça on le savait (mais pas que Joly et Pothain auraient tant de mal en 2017…

  2. Marc

    Soit on s’accommode de ce que l’on sait avec un argument commode « changement de génération » et on attend une autre génération (j’attends Madeleine…) soit on transforme la situation existante (que l’on doit au détricotage d’un ensemble de mesures structurantes, à une absence d’objectif concret donc de stratégie. Après avoir « surfé la vague », le sable).
    Je rejoins Michel: si nous voulons faire de bons Jeux Olympiques en 2024, nous n’avons pas un mois à perdre.

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