MON ÉPOQUE POKÉMON

Eric LAHMY

Mercredi 17 août 2016

Je me trouvais le mois denier à Montréal quand la chasse aux Pokémon a été lancée. Je puis vous confirmer que ça été une affaire planétaire. Toute une jeunesse sur les dents ! Je ne comprenais pas plus que la ministre française Laurence Rossignol condamnée pour crise de lèse jeunesse par tous les beaux intellectuels qui abondent sur les réseaux sociaux, sans parler de la démagogie médiatique réunie, pour avoir dit une chose peut-être discutable, mais sensée. Comme j’ai un fils qui, tabernacle, se lançait dans la chasse, j’ai essayé de saisir les enjeux. Il m’a dit que cette épidémie touchait les gens de son âge (21 ans) parce qu’enfants à l’ère des Pokémon. Pour lui, cela  relevait de la nostalgie. A son avis, il y avait plusieurs avantages dans ce truc. Un, cela faisait sortir les jeunes plutôt que de rester enfermés devant leur écran ; deux ils se reconnaissaient dans la rue à leur comportement, et se mettaient à converser, à se filer des tuyaux.

En réfléchissant, je me suis dit que mon époque Pokémon, je l’ai vécue aussi, mais bien entendu avec un autre véhicule. C’était le journal de Spirou ! Entre mes dix et vingt ans, cet hebdomadaire belge a représenté un intérêt qui pouvait frôler le fanatisme. Dans Spirou, je me passionnais surtout pour les aventures de Buck Danny, un as de l’aviation, et mon meilleur ami, pour celles de Spirou et Fantasio (et Spip, et le Marsupilami, et le comte de Champignac.)… Je ne sais pas si c’était plus « culturel » que les Pokémon, sans doute quand même. D’abord mon ami, Georges Mifsud, est devenu professeur de dessin et aussi un sacrément bon caricaturiste ! Moi, ça m’a apporté un jour ma meilleure note en histoire, parce que j’avais lu dans une série du journal, Les Belles Histoires de l’Oncle Paul, une biographie d’Hannibal qui dépassait largement la leçon du livre d’histoire. Hannibal a fait fort dans mon devoir. Pour le reste, difficile à dire, mais encore aujourd’hui je vous donnerai par cœur les titres des 20 ou 25 premiers albums de Buck Danny et le nombre exact de vignettes dans chacun des dits albums. Bref, j’étais fada, t ce côté s’est déplacé vers mes fantasmes aquatiques. Aussi je ne vais pas trop me mouiller pour conspuer la dérive mentale de la manie Pokémon. Ma liste de nageurs préférés, dans le genre, se compare aisément à celle des 718 Pokémon des sept générations successives !

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