NOUVELLES-GALLES DU SUD ET RECONSTRUCTION PHYSIQUE ET MENTALE. CAMPBELL, MC EVOY, SEEBOHM BRILLENT : QUI NE PEUT PAS LE PLUS PEUT LE MOINS

NOUVELLES-GALLES DU SUD ET RECONSTRUCTION PHYSIQUE ET MENTALE : CAMPBELL, MC EVOY, SEEBOHM BRILLENT : QUI NE PEUT PAS LE PLUS PEUT LE MOINS

Éric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

Les championnats 2017 des Nouvelles-Galles du Sud se sont achevés ce dimanche 5 dans le bassin olympique de Sydney.

On a pu y voir une rarissime incursion de Catherine Campbell sur 200 mètres libre. La recordwoman du monde du 100 mètres nage 2’0s31 en séries qualificatives, 3e temps, améliore de deux grosses secondes ce temps et gagne une place en finale, où elle est nettement devancée d’encore deux autres secondes par la Suédoise installée à l’année, Michelle Coleman.

Mais la nouvelle du week-end concernant Campbell est qu’elle ne disputera pas dans un peu plus d’un mois les sélections australiennes pour les championnats du monde de Budapest. Pourquoi ? Parce qu’elle donne la priorité à ce qu’elle appelle un « plan de reconstruction », indispensable, dit-elle après sa forte déconvenue des Jeux olympiques de Rio.

D’autres nageurs ont suivi la même option, snober Budapest, ainsi le double champion du monde James Magnussen, Tamsin Cook et Madeline Groves (argent du 200 papillon à Rio), laquelle Madeline s’entraînerait à l’étranger (elle aurait alors laissé Michael Bohl : je n’ai pas réussi à trouver où) et ne reviendra pas pour les sélections d’avril.

 « Je ne prends aucune année sabbatique, je ne suis pas retraitée, je continue de nager, seulement je ne serai pas disponible pour la sélection, » a expliqué l’aînée des Campbell dans une interview donnée au quotidien australien The Australian. « J’emprunte une approche à long terme en vue des Jeux du Commonwealth 2018, et, plus avant, des Jeux olympiques en 2020. Là, je me donne une année de santé mentale. J’ai combattu à travers ma carrière des tas de blessures, et ces blessures ne sont pas seulement un enjeu dans le bassin de natation. Je me réveille deux fois chaque nuit à cause d’une douleur dans le cou, et qui me poursuit de façon quotidienne.  »

HERNIE, ÉPAULES, HANCHES, COU : CATHLEEN A MAL PARTOUT

Campbell qui disputa les Jeux alors qu’elle souffrait d’une hernie (la deuxième, opérée en octobre, réparation de la paroi abdominale), avait été précédemment opérée des épaules (un mal qu’elle semblait avoir repassé en 2016 à sa sœur Bronte, laquelle l’a retrouvé à son retour de vacances d’après Jeux), doit donc supporter également une blessure récurrente au cou qui lui a valu en quelques mois « six ou sept » piqures de cortisone. On est très loin du sport santé, bien sûr : il faut soigner, réparer cela.

(Il est intrigant – inquiétant? –  de noter combien la natation, le sport qui blesse le moins, en est venue à devenir aussi traumatisante. Il y a bien sûr les doses énormes de travail, il y a aussi la part désormais prépondérante des efforts à sec, de la musculation. Les nageurs ne font plus que nager, ils deviennent des boxeurs, des bûcherons, des varappeurs, des cross-country men, des cyclistes, des haltérophiles et c’est sans doute cela qui blesse le plus. Penny Oleksiak, apprend-on, a passé l’été dernier à naviguer entre les bobos. Elle n’avait pas seize ans et déjà payait son dû aux excès d’entraînement (je ne sais pas comment appeler ça différemment. Il y a aussi des personnes plus fragiles, j’étais frappé par le caractère chronique des blessures que se donnait Dawn Fraser, et qu’elle rapporte dans son livre Championne Olympique). Et Oleksiak a beaucoup grandi en 2016…]

Mais certes, je ne sais si Campbell, cet été, a sombré face à ces soucis physiques. Il y a eu un traumatisme mental, derrière son échec, celui de Cameron McEvoy, et peut-être même aussi derrière les difficultés d’Emily Seebohm, ou encore l’échec d’Horton sur 1500 mètres après sa victoire sur 400. Ce serait dû à « l’énorme pression » provoquée par l’agitation des media à l’approche des Jeux […L’instrument à mesurer la part du physique et du mental dans la performance n’existant pas, j’en resterai là pour l’instant…]

DÉROUTES MENTALES OR NOT MENTALES

La « déroute mentale » (ou pas) vécue par Campbell s’est retrouvée, côté garçons, avec l’échec de Cameron McEvoy. Lequel a lui aussi dominé le 100 mètres et gagné un 50 et un 200 de qualités il faut bien le dire quelconques. J’imagine qu’il aurait bien donné tous ces succès à domicile qu’il accumule depuis des années pour l’or olympique !

(Je ne puis m’empêcher de questionner, à partir de ces échecs observés dans une natation dont les éléments étaient réputés pour leur dureté mentale, le travail des psychologues de la Fédération australienne et (ou) de son Comité olympique, en rapport avec ce qu’il faut bien appeler un échec collectif.)

Sur 400 et 800 mètres dames, Jessica Ashwood a conservé sa suprématie australienne, mais cela n’a pas été sans batailler. Une nageuse d’eau libre, championne « Aussie » 2017 des 5 kilomètres, Kiah Melverton, est allée la chercher dans les deux reprises, ce qui a donné des courses attrayantes là où Ashwood effectuait de longs soli dans le passé. Un sprint furieux de Melverton qui reprit un mètre dans la dernière longueur la laissa à un centième d’Ashwood sur 400. Melverton, il est vrai, est également une nageuse de « bassin », championne du monde petit bain du 800 mètres en novembre dernier.

CES AUSTRALIENNES PRÉSENTENT DE TRÈS JOLIS DOS : SEEBOHM, WILSON, ATHERTON, MCKEOWN, WHITTAKER

Kyle Chalmers n’avait pu s’aligner sur 100 ni 200 mètres en raison d’ennuis respiratoires. Mais le jeune et surpuissant champion olympique du 100 mètres s’est bien présenté sur 50 mètres, souffle d’autant plus retrouvé qu’il n’est pas besoin de respirer une fois pour nager une longueur du bassin (quand on s’appelle Chalmers ; quand on s’appelle Eric Lahmy on respire onze fois et on meurt à l’arrivée, NDLR). Bon, il n’a pas signé un temps mirifique, tout comme son vainqueur, Cameron Mc EVOY, dont ce n’est pas d’ailleurs la distance de prédilection.

La natation australienne est remarquable par ses points forts, et ses faibles aussi. Bien loin est le temps où elle dominait un peu partout.

Sa nage libre, surtout féminine, est magnifique. Le dos féminin australien est peut-être le premier au monde, et celui qui pâtit le plus de la limitation à deux nageurs par nation du nombre de qualifiées. Emily Seebohm a réussi à reprendre le contrôle de la situation après des Jeux olympiques ratés (7e du 100, 12e du 200) malgré une médaille d’argent dans le relais quatre nages… La double championne du monde 2015 gagne à Sydney les trois courses, signe surtout un 59s28 intéressant à cette époque, et laisse derrière la jeune vague, qu’illustrent Minna Atherton, Kaylee McKeown. Sur 200, elle résiste à un assaut de la jeune Sian Whittaker, qui fut une des meilleures juniors du monde et continue de progresser.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Cameron MCEVOY, 21s88 ; 2. Kyle CHALMERS, 22s23. 100 libre : 1. Cameron MCEVOY, 48s46 (en séries, 48s13) ; 2. Jack CARTWRIGHT, 49s32 ; 3. James ROBERTS, 49s35. 200 libre : 1. Cameron MCEVOY, 1’48s36. 400 libre : 1. Mackenzie HORTON, 3’49s54 ; 2. David McKEON, 3’49s87; 3. Elijah WINNINGTON, 16 ans, 3’51s50; 4. Jack MCLOUGHLIN, 3’52s10; 5. Stanley MATTHEWS, 3’52s32. 1500 libre: 1. Mackenzie HORTON, 15’13s98. 50 dos: 1. Junya KOGA, Japon, 24s53; 2. Benjamin TREFFERS, 24s98. 100 dos  54s83: 1. Benjamin TREFFERS, 54s64; 2. Joshua BEAVER, 54s81. 200 dos : 1. Joshuah BEAVER, 1’59s13. 50 brasse : 1. Andrei NIKOLAEV, Russie, 27s72; 2. Matthew WILSON, 27s76. 100 brasse : 1. Matthew WILSON, 1’0s23. 200 brasse : 1. Matthew WILSON, 2’10s67; 2. Yu HANAGURUMA, Japon, 2’12s35; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’12s90. 50 papillon : 1. Junya KOGA, Japon, 24s11. 100 papillon: 1. David MORGAN, 53s28. 200 papillon : 1. Taegue LEE, Corée, 1’57s34. 200 4 nages : 1. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’0s47. 400 4 nages : 1. Tomoya TAKEUCHI, Japon, 4’18s52.

DAMES.- 50 libre : 1. Cate CAMPBELL, 24s47 ; 2. Bronte CAMPBELL, 24s60; 3. Shayna JACK, 25s; 4. Michelle COLEMAN, Suède, 25s06. 100 libre : 1. Cate CAMPBELL, 53s15 ; 2. Michelle COLEMAN, Suède, 53s68; 3. Bronte CAMPBELL, 53s73; 4. Emma MCKEON, 53s79; 5. Shayna JACK, 54s11; 6. Brittany ELMSLIE, 54s60; 7. Madison WILSON, 54s81 (en séries, 54s78). 200 libre : 1. Michelle COLEMAN, Suède, 1’55s98; 2. Catherine CAMPBELL, 1’58s21; 3. Shayna JACK, 1’58s31; 4. Madison WILSON, 1’58s54; 5. Emma MCKEON, 1’59s27. 400 libre : 1. Jessica ASHOWWOD, 4’8s06; 2. Kiah MELVERTON, 4’8s07. 800 libre : 1. Jessica ASHWOOD, 8’29s23; 2. Kiah MELVERTON, 8’30s97. 50 dos : 1. Emily SEEBOHM, 27s72; 2. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 28s14; 3. Minna ATHERTON, 16 ans, 28s30; 4. Madison WILSON, 28s50. 100 dos : 1. Emily SEEBOHM, 59s28; 2. Madison WILSON, 1’0s02; 3. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 1’0s60; 4. Sian WHITTAKER, 1’0s94; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’1s07; 6. Minna ATHERTON, Suède, 1’1s17; 7. Hayley BAKER, 1’1s42. 200 dos : 1. Emily SEEBOHM, 2’8s77; 2. Sian WHITTAKER, 2’8s79; 3. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 2’9s18; 4. Minna ATHERTON, 16 ans, 2’12s52. 50 brasse  31s12: 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s61. 100 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’6s55; 2. Jessica HANSEN, 1’7s41; 3. Taylor MCKEOWN, 1’7s57; 4. Georgia BOHL, 1’7s96 (en séries, 17s92). 200 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 2’23s17; 2. Taylor MCKEOWN, 2’24s93; 3. Georgia BOHL, 2’26s22. 50 papillon : 1. Emily SEEBOHM, 26s41. 100 papillon : 1. Emma MCKEON, 58s02; 2. Sehyeon AN, Corée, 58s11. 200 papillon  :1.Sehyeon AN, Corée, 2’10s57. 200 4 nages : 1. Abbey HARKIN, 2’13s78. 400 4 nages : 1. Taylor MCKEOWN, 4’44s51.

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