L’ART SUBTIL DE SE FAIRE RECRUTER PAR UNE UNIVERSITÉ AMÉRICAINE

POUR REJOINDRE L’UNIVERSITÉ, QUELQUE PART ENTRE KALAMBONG ET KALAMAZOO, IL EST CERTES BON DE NAGER VITE… MAIS PAS SI VITE QUE ÇA SI L’ON APPLIQUE L’ART DE BIEN SE VENDRE.

Éric LAHMY

Dimanche 29 Janvier 2017

L’art de recruter (l’expression est une insulte ou presqu’en France) un nageur (un basketteur, un employé, etc.) est porté au pinacle outre-Atlantique. Différences de conceptions, voire de cultures (réalisme contre idéalisme, place de l’individu dans la société), poids de l’Université US, esprit de concurrence.

Nouvelle illustration, pour moi, d’un article paru dans le site FloSwimming, article intitulé « Guide du Recrutement en université : sachez vous vendre », signé Maclin Simpson.

Le sujet est intéressant, parce que l’article s’adresse non pas aux recruteurs, mais bel et bien aux candidats recrutés. Sur le marché des étudiants sportifs, il n’y a pas que des Kathy Ledecky ou des Schooling. Si un Will Licon, un Murphy, une Di Rado, avaient, elles et eux, le choix entre des coachs universitaires empressés à les engager, la plupart des nageurs ne sont pas aussi performants et attractifs. C’est à ces troupes nombreuses que s’adresse Simpson. Nombreuses et inquiètes, explique-t-il, en raison des questions qui les assaillent : « Suis-je assez rapide pour nager dans un collège ? Comment attirer l’intérêt du coach ? Vais-je trouver un programme qui m’aidera à atteindre mes buts athlétiques et académiques ? » Ce genre d’angoisses, d’ailleurs, Simpson entend les dissiper : « dissiper le mythe selon lequel il faut nager très vite pour nager en collège. » « Et de rappeler qu’on peut nager dans trois divisions de niveau, appelées bien entendu, Division I, II et III.

Bien sûr, rien ne vaut nager vite pour attirer l’œil du coach. C’est un « must ». Faire partie du top 16 de la « conférence » vous confère, sans jeu de mots, un attrait irrésistible. Mais ne pas en être ne constitue pas une condamnation.  Simpson cite le cas  de Sarah Dunleavy, coach assistante et recruteuse pour Pittsburgh, qui  affirme viser les nageurs qui ont de la marge. La coach de Berkeley, devenue célèbre pour avoir attiré Natalie Coughlin (et ne pas l’avoir ratée) puis Missy Franklin, avait aussi une solide réputation dans ce domaine. Tout l’art du recruteur se situe là. Repérer « ceux qui volent en-dessous des radars. Certes, vous devez viser un certain potentiel, mais si je me contente de regarder dans les cent premiers, je puis très bien rater quelqu’un doté d’un gros potentiel » (Dunleavy).

C’est là, explique Simpson, que le nageur qui sait se vendre ne doit pas commettre de faux pas. Il pourra s’exposer sur trois sites, CollegeSwimming.com, NCSAsports.org, et Berecruited.com…

Mais si vos temps ne reflètent pas vos qualités aquatiques, poursuit Simson, il est désirable de contacter directement le(s) coach(es). Haro sur les intermédiaires. Il est toujours bon d’expliquer que vous n’avez jamais suivi un programme de poids et haltères, que vous êtes un nageur relativement neuf ou que vous ne vous entraîniez qu’une fois par jour. Il est toujours bon de lui définir vos buts, d’expliquer les raisons de votre intérêt pour son école et d’exposer vos accomplissements en dehors de la piscine elle-même. Une université, c’est une culture d’excellence, et donc autre chose que seulement des performances…

Simpson cite un autre coach, Dean Brownley (entre College), pour qui la meilleure façon pour un jeune d’accroître sa visibilité est encore de remplir le questionnaire proposé dans la plupart des sites. « Répondre à ce questionnaire, c’est entrer dans nos archives, et c’est pour moi avoir accès très vite à l’information. » Brownley raconte l’anecdote d’un aspirant nageur universitaire qui avait « cliqué » dans douze sites différents d’universités, alors qu’en moyenne, la plupart des nageurs se situent entre trois et cinq, et avait de ce fait attiré son attention. « Voilà quelqu’un de vraiment intéressé, qui fait sa recherche, et je serai intéressé à le contacter. »

Un autre coach, conseille aux aspirants boursiers de nager le plus possible dans les grands meetings, régionaux, nationaux ou nationaux juniors. « C’est en allant à ces réunions que vous pouvez être vus par les coaches. » Simpson offre d’autres conseils aux futurs nageurs universitaires, qui tournent autour de deux ou trois idées force. Ténacité, persistance (les coaches sont très sollicités, donc ne pas se décourager, être présent et attentif. Sans réponse sur une boîe mail, laisser un message sur les medias sociaux, etc.). Et insiste sur une chose à ne pas faire : faire intervenir vos parents. « A seize ou dix-sept ans, venir discuter avec le coach et se vendre tout seul est un signe positif que vous serez un sportif étudiant qui saura se développer à l’Université. »

 

http://www.floswimming.com/article/51107-college-recruiting-guide-marketing-yourself?mkt_tok=eyJpIjoiTVRZelpEVmxZekpoTlRFMyIsInQiOiJYVVwvSUpFSEJFZEYrV3NxOENwcHhZMmh2RGZxUHBZV1RuWmNsSmhaeTZJbTVWS2lvaE91RzNsRTRoSThrZXJhemhacEQzWHZWR0NGeU9cLzM2ZWY1U1RoZjcyTjdsTUZCU2lROFdyeWZFVnNFQmp0MUZJRndYMVNpVXU0TFhIczFiIn0%3D#.WIvgNrYrK8U?utm_campaign=General&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter&utm_content=Article&utm_term=RecruitingGuide

L’EQUIPE U.S. A SES COACHES POUR BUDAPEST

Samedi 21 Janvier 2017

Dave Durden et Greg Mehan seront les entraîneurs chefs (head coaches) de l’équipe des USA aux championnats du monde 2017 (23-30 juillet à Budapest). Appointements annoncés jeudi dernier par Frank Busch (directeur d’équipe d’USA Swimming – la fédération américaine de natation). L’équipe US sera montée après les « trials » (sélections) des 27 juin-1er juillet à Indianapolis.

Dave Durden est l’entraîneur de l’équipe masculine de Cal ; il fut assistant de l’quipe olympique US de Rio, l’an dernier ; six de ses nageurs de Cal représentaient l’équipe US aux Jeux brésiliens : Nathan Adrian, Anthony Ervin, Ryan Murphy, Jacob Pebley, Jos Prenot et Tom Shields, et un seul n’a pas ramené au moins une médaille. Comme coach universitaire, ses « Can Bears » ont fini seconds des championnats universitaires (NCAA) dans chacune des sept dernières saisons.

« Chaque fois qu’il vous est demandé d’être le coach en chef d’une équipe US aux championnats du monde, il s’agit d’une immense honneur et d’une responsabilité, a déclaré Durden. Je suis anxieux de renouer de travailler avec Greg Mehan dans le secteur féminin, et j’espère que bous réussirons à produire un bon travail en Hongrie. nJe pense que nous aurons un bon alliage d’anciens et de nouveaux venus qui rendront l’équipe fière.

Mehan fut également coach assistant à Rio, et trois de ses nageuses de Stanford, Maya DiRado, Simone Manuel et Lia Neal se trouvaient aux Jeux, d’où elles ramenèrent neuf médailles. Son équipe a fini également seconde des NCAA féminins en 2016. A noter que depuis, il dirige les destinées d’une néo universitaire peu banale, Katie Ledecky.

LES GRANDES ET PETITES MANŒUVRES DE L’ÉLECTION A LA FFN

Éric LAHMY

Mercredi 18 Janvier 2017

Gilles Sezionale a été présenté par « L’Equipe » de mardi 17 janvier 2017 comme l’adversaire proclamé de Francis Luyce aux prochaines élections du président de la Fédération française de natation. La candidature de M. Sezionale ne date pas d’hier et représente une génération de dirigeants, inquiète du fonctionnement de la Fédération sous la férule d’un président depuis toujours plus empressé de régner en autocrate que de montrer la voie, et qui a perdu la main…

Le président de la nouvelle région Provence Côte d’Azur s’est fait depuis des années reconnaitre comme un leader naturel de la succession, puis (de guerre lasse) de l’opposition à Luyce. Car à force d’attendre que le président, menacé par la limite d’âge, et incapable de présider au renouvellement des cadres et des idées (la moyenne d’âge du Comité directeur n’a cessé de s’élever et dépasse aujourd’hui les soixante-dix ans) ne décide enfin de se démettre, on peut croire que M. Sezionale a perdu patience…

A-t-il trop attendu ? « M’entendre dire que je suis jeune, c’est bien sympathique, mais voilà, j’arrive à soixante ans », dit-il en riant. Dans l’assemblée de gérontes qu’est devenue la Fédération, c’est vrai qu’il fait presque gamin…

Bombardé « dentiste » par le quotidien du sport, il est en fait pharmacien de profession, directeur régional délégué d’Orion Grand Sud (un commerce de gros de produits pharmaceutiques). Il est également président délégué de la FFN. Il s’est montré discret jusqu’ici. Président de la Côte d’Azur, il a donc été reconduit il y a dix jours dans la région plus vaste, Provence-Côte d’Azur, née de la réforme régionale. Encouragé et poussé par tous ceux qui aimeraient une nouvelle donne fédérale – et lui reconnaissent un statut de leader naturel de l’opposition -, épaulé et accompagné par un groupe de dirigeants jeunes ou relativement jeunes comme Bernard Dalmont, Hélène Tachet des Combes, Denis Cadon, Christiane Guérin, qui ont montré de bonnes capacités à gérer et à innover et lui accordent leur confiance, il avait tendance à adopter un profil bas, attendant d’ailleurs d’être légitimé par l’élection avant de s’avancer.

Ajoutons qu’à défaut de mener campagne, M. Sezionale utilisait à plein son étiquette de vice-président délégué. Il apparait depuis ces derniers mois comme un vrai patron de la Fédération, à travers ainsi sa présidence de la commission développement de la natation course. Sezionale reste cependant sur ses gardes. Francis Luyce, depuis quelques mois, s’est montré plutôt boudeur et absent, mais on le sait « incapable de dételer » et on le devine à l’affût, désireux plus que tout de s’offrir un septième mandat. S’il parait aujourd’hui en position délicate, pour ne pas dire désespérée, il ne laissera pas passer la chance, si elle se présente, d’ajouter quatre années à la décrépitude que représente désormais son interminable administration.

Jusqu’ici, Sezionale n’avait pas trop fait connaitre ses prétentions, même si, pour tous, sa montée en puissance constituait un secret de Polichinelle. Son élection à la présidence de la nouvelle région apparaissait chose faite des mois avant qu’elle ne se réalise, M. Raymond Tappero, président de la Provence, ayant décidé de ne pas se représenter.

Mais l’étape suivante, celle de la Fédération, reste à conquérir, et tant que cela ne sera pas fait, M. Sezionale se méfiera sans doute à juste titre des mouvements dont Luyce aurait le secret. La chronique se plait à raconter la façon dont Arlette Franco, grande favorite à la succession d’Henri Sérandour, fut bel et bien trahie dans une élection précédente par ceux qui lui avaient promis leurs votes (mais il est vrai que depuis la situation a bien changé et Luyce aussi). En 2012, avant sa sixième mandature, Luyce avait promis à Sezionale (bombardé président délégué) et à son équipe de leur laisser sinon la réalité du pouvoir, du moins la haute main sur un grand nombre de décisions, avant de montrer par des choix d’autocrate que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

L’élection à la présidence de la fédération française de natation, même si elle parait bien engagée pour le groupe Sezionale (M. Beurrier, président de l’Ile-de-France, s’est résolument déclaré en faveur du renouvellement), n’est toujours pas tout à fait jouée, ne serait-ce que parce que, pour l’essentiel, les postes des nouvelles grandes régions n’ont pas été distribués, et que certains résultats, stratégiques pour le rapport de forces qui présidera à l’élection du bureau directeur, demeurent incertains.

C’est ainsi que la nouvelle plus grande région de France (outre l’Île-de-France) est née de l’agglomération du Dauphiné Savoie, du Lyonnais et de l’Auvergne. Si le président du comité du Dauphiné-Savoie, Bernard Bodon, ne se (re)présente pas aux suffrages, en revanche l’affrontement est inévitable entre deux « élus de la Fédération » (lisez : deux membres du Comité directeur de la FFN), Denis Perret, président du comité du Lyonnais, et Denis Cadon, président du comité d’Auvergne. Les deux hommes ont comparé leurs programmes au cours d’une réunion tenue le 7 janvier à Bourg-en-Bresse. D’après les éléments dont je dispose, Cadon a mieux travaillé son programme et avancé diverses idées, largement inspirées de Claude Fauquet, notamment sur ce qu’il a appelé « une politique financière au service du financement », dont on a pu lire les détails « stratégiques » sur son site Facebook. Perret s’est efforcé d’y répondre mais avec quelque retard et sans trop d’imagination.

Perret est considéré comme un féal de Luyce et Cadon se présente comme un fidèle de Sezionale. Autant dire que le résultat de cette région, le 5 février prochain à Lyon, sera surveillé de près. Quelques autres régions : Franche-Comté et Lorraine, le 28 janvier à Dole ; Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées le 25 février à Toulouse ; pays de la Loire, le 21 janvier à Nantes ; Ile-de-France le 25 février à Paris…

Une spécificité étonnante est présentée par le Grand Est, qui réunit l’Alsace, la Lorraine et la Champagne.  Le Mulhousien Laurent Horter, 84 printemps, est candidat tout en se montrant fort contrarié par les nouvelles structures régionales qu’il voue aux gémonies sans doute parce qu’elles le dérangent dans ses habitudes d’homme fort de l’Alsace, et parait vouloir se situer à la fois en-dehors et à l’intérieur du système qu’il vilipende sans oublier de se présenter à l’élection (comprenne qui pourra).

En face de lui, le Lorrain David Wagner, métallurgiste de 47 ans, s’efforce, lui, de faire bouger les choses, et entend se battre pour ce qu’il appelle « une répartition plus égale des retours sur les clubs », répartition dont il semble  qu’elle a été pratiquée de façon assez fantaisiste, en faveur des copains et à la tête du client, dans le passé. M. Wagner est arrivé de façon originale à la natation, étant kayakiste et ayant trouvé « bizarre » qu’il n’y ait pas de club de natation chez lui. Est-ce statut qui lui permet de dominer l’élément liquide ?  Horter s’efforcera-t-il de le faire ramer ? A suivre.

GAVROCHE C’EST NIPPON NI MAUVAIS ?

ÉRIC LAHMY

Lundi 16 Janvier 2017

La sélection de jeunes français présents au Japon du dimanche 1er au dimanche 15 janvier, a nagé en meeting à Nagano. Camille Dauba a gagné un 200 quatre nages en 2’28s14 et terminé 2e d’un 100 brasse (15-18 ans) en 1’10s19 derrière le vainqueur japonais en 1’9s98.

Pauline Mahieu a dominé un 100 mètres dos en 1’0s90, Laurine Delhomme terminant 3e en 1’3s22, Johanna Desbordes, 7e (1’6s64). Mahieu a également nagé 1’0s70 au départ d’un relais quatre nages, et un 50 dos en 28s94 contre 29s33 pour Delhomme. Maxence Orange et G Mathieu ont gagné un 100 dos en 53s86 et 54s87. Johanna Desbordes, 4’20s25 et Cyrielle Duhamel, 4’23s51 sur 400 mètres quatre nages. Hugo Grandjean, 2e d’un 200 quatre nages en 2’9s80.

La Fédération a fort peu communiqué sur ce déplacement pourtant de prestige qui semble lié au programme Gavroche (à croire qu’elle se barricade) ; programme Gavroche auquel étaient conviées une vingtaine de personnes, nageurs et leurs entraîneurs particuliers. Il faut dire que tout ce que fait la Fédé parait placé sous le signe de l’improvisation, mais pas forcément d’une improvisation talentueuse, et le simple fait de parler de ce qu’elle fait est tellement approximatif que la menace de retours de baffes est élevée.

Le déplacement était prévu initialement en octobre, ce qui n’était pas non plus une très bonne date, vu la rentrée des classes, septembre eut été mieux sous cet angle. Mais la piscine n’était pas prête! Retardé, il aurait pu se tenir pendant les vacances de fin d’année, mais on se demande encore par quelle aberration, elle se retrouve une nouvelle fois non pas pendant les congés scolaires, mais après les fêtes, en plein dans les programmes scolaires, ils doivent le faire exprès, sans doute quelques « encadrants » voulaient passer Noël en famille ! A partir de là, les jeunes qui font partie du voyage auront à charge de récupérer les cours et les devoirs en retard ! La notion de sports-études est depuis longtemps passée au-dessus des têtes de nos pseudo-techniciens.

[J’entends souvent les Français se lamenter que leur nation n’est pas sportive. Quand je vois le fonctionnement irresponsable de la Fédé vis-à-vis des jeunes scolarisés, je comprends mieux pourquoi le sport ne peut pas être pris plus au sérieux par l’école et l’université!]

Mais le choix de janvier a aussi l’inconvénient d’être inintéressant sur le plan technique! En effet, emmener les entraîneurs des nageurs avait dans un premier temps pour but annoncé de faire participer ces entraîneurs à l’élaboration du programme de leurs éléments. En septembre ou à la rigueur en octobre, cela pouvait se justifier par le fait que la saison commençait. Début janvier, la saison des nageurs est sur rails, ce n’est plus le temps des changements d’aiguillages dans les programmations. D’après des témoignages recueillis, les entraîneurs déplacés au Japon n’ont guère eu d’ailleurs trop leur mot à dire sur le travail effectué.

A l’arrivée, d’aucuns ont qualifié leur déplacement de mi-touristique mi-sportif, ce qui est luxueux vu la distance parcourue et le fait qu’on ait compté autant d’invités.

Alors ? Gavroche, je le crains bien, vient de s’en prendre une bonne sur sa barricade… De ce déplacement qui a coûté fort cher, on attendra zéro résultat.

Peut-être quand même une carte postale de ci, de là ?

À AUSTIN, ON A NAGÉ DANS LE SIROP D’ÉRABLE

Éric LAHMY

Lundi 16 Janvier 2017

Le meeting Arena d’Austin a été dominé par les performances des Canadiennes, lesquelles ont enlevé l’essentiel des épreuves. Côté messieurs, les Japonais, Shinri Shioura (50 et 100 mètres) et Daya Seto (200 et 400 quatre nages, 100 et 200 papillon) ont été en pointe. A noter aussi le doublé de demi-fond du Danois Anton Oe Ipsen. Après un brillant 1’55s95 sur 200 mètres dos, Jacob Pebley a été nettement dominé, sur la distance inférieure, par Matthew Grevers, le champion olympique de Londres, toujours bon pied bon œil à bientôt 32 ans (le 26 mars prochain). Lucie Nordmann, 16 ans, 1,83m, de Magnolia swimming, devança les Canadiennes de service, Danielle Hanus et Kayla Sanchez.

PREMIER JOUR.- MESSIEURS.- 100 libre: 1. Shinri Shioura JPN, 49s16; 2. Ryan Held, 49s32; 3. Yuri Kisil, CAN, 49s51; 4. Daniel Krueger, 49s89. 400 libre: 1. Anton Oe Ipsen, DAN, 3’49s59. 200 brasse: 1. Josh Prenot, 2’11s15 ; 2. Nicolas Finck, 2’11s40; 3. Andrew Wilson, 2’13s12. 100 papillon: 1. Daya Seto, JPN, 52s67; 2. Michael Andrew, 53s32; 3. Marcos Lavado, VEN, 53s85.

DAMES.- 100 libre: 1. Amanda Weir, 30 ans, 54s60 ; 2. Kayla Sanchez, CAN, 15 ans, 55s19; 3. Alexia Zevnik, CAN, 55s21 ; 4. Michelle Williams, CAN, 55s31 ; 5. Taylor Ruck, CAN, 55s43;…8. Béryl GASTALDELLO, FRA, 56s96 (séries, 56s40). 400 libre: 1. Ashley Twichell, 4’8s99; 2. Mary-Sophie Harvey, CAN, 4’9s69; 3. Melanie Margalis, 4’10s54; 4. Holly Hibbott, GBR, 4’10s56; 5. Hannah Moore, 4’11s46. 200 brasse: 1. Melanie Margalis, 2’26s14 ; 2. Breeja Larson, 2’27s37 ; 3. Sydney Pickrem, CAN, 2’27s42. 100 papillon : 1. Sarah Gibson, 58s94; 2. Rebecca Smith, CAN, 59s24 ; 3. Eva Merrell, 59s57 (séries, 59s34). Béryl GASTALDELLO, FRA, 1’1s23 en séries, forfait pour la finale.

DEUXIEME JOUR.- MESSIEURS.- 50 libre : 1. Shinri Shioura, JPN, 22s44 ; 2. Youri Kisil, CAN, 22s46; 3. Michael Andrew, 22s65; 4. Matt Grevers, 22s66. 200 libre : 1. Marcos Alfonso Lavado Mora, VEN, 1’48s90. 200 dos : 1. Jacob Pebley, 1’55s95; 2. Sean Lehane, 2’0s33 (en série, 2’0s27); 3. Hennessy Stuart, 2’0s47 (en série, 2’0s20). 400 4 nages : 1. Daya Seto, JPN, 4’13s80; 2. Anton Oe Ipsen, DAN, 4’21s07.

DAMES.- 50 libre : 1. Michelle Williams, CAN, 25s16; 2. Kylee Perry, 25s51; 3. Natalie Labonge, 25s64; 4. Béryl GASTALDELLO, FRA, 25s65. 200 libre : 1. Melanie Margalis, 1’58s78 ; 2. Hali Flickinger, 1’59s20; 3. Kayla Sanchez, CAN,1’59s81. 200 dos : 1. Hilary Caldwell, CAN, 2’9s76; 2. Eva Merrell, 2’10s22; 3. McKenzie Glover, CAN, 2’11s18. 400 4 nages : 1. Mary-Sophie Harvey, CAN, 4’37s89 ; 2. Erika Seltenreich-Hodgson, CAN, 4’39s51; 3. Sidney Pickrem, CAN et USA, 4’44s40.

TROISIEME JOUR.- MESSIEURS. 1500 libre : 1. Anton Oe Ipsen, DAN, 15’13s45; 2. Naito Ehara, JPN, 15’19s36. 100 dos : 1. Matt Grevers, 53s31; 2. Jacob Pebley, 54s05. 100 brasse : 1. Andrew Wilson, 1’0s63; 2. Nicolas Fink, 1’1s03, et Josh Prenot, 1’1s03; 4. Michael Andrew, 1’1s20 (en série, 1’1s05). 200 papillon: 1. Daya Seto, JPN, 1’57s73; 2. Marcos Alfonso Lavado Mora, VEN, 1’57s94. 200 4 nages : 1. Daya Seto, JPN, 1’58s77; 2. Josh Prenot, 1’58s95; 3. Michael Andrew, 17 ans, 2’1s96 (en série, 2’1s63).

DAMES.- 800 libre : 1. Ashley Twichell, 8’30s19; 2. Hannah Moore, 8’32s82; 3. Olivia Anderson, CAN, 8’35s10. 100 dos : 1. Lucie Nordmann, 1’1s21; 2. Danielle Hanus, CAN, 1’1s49. 100 brasse: 1. Breeja Larson, 1’7s17; 2. Melanie Margalis, 1’7s88. 200 papillon: 1. Hali Flickinger, 2’8s77. 200 4 nages: 1. Melanie Margalis, 2’11s06; 2. Mary-Sophie Harvey, CAN, 2’12s32 ; 3. Erika Seltenreich-Hodgson, CAN, 2’12s70.

CHAD LE CLOS CHANGE DE COACH ET PRÉPARE SA RECONVERSION

ÉRIC LAHMY

Dimanche 15 Janvier 2017

Le Sud-Africain Chad Le Clos avait voici trois mois environ décidé de rompre avec son entraîneur de toujours (aujourd’hui entraîneur national), Graham Hill, qui se tenait au bord du bassin depuis que le petit Chad avait l’âge de huit ans. Leur équipage a duré quinze ans.

Chad, qui a été champion olympique du 200 mètres papillon aux Jeux olympiques de Londres en 2012, médaillé d’argent olympique du 100 mètres papillon à Londres et à Rio, et toujours d’argent, du 200 libre à Rio, vient d’annoncer qu’il s’entraînera désormais avec l’Italien Andrea Di Nino, fameux pour ses collaborations avec le Serbe Milorad Cavic et le Russe Evgueny Korotyshkin.

Di Nino a mis au point à l’Université d’Udine un programme intitulé « ADN » dont je n’arrive pas encore à décider s’il confine au génie ou à l’esbroufe (ou aux deux ?). Il a été dans le passé l’assistant, aux USA, de Michael Lohberg, le coach allemand de Dara Torres. Entre 2005 et 2014, dans son « ADN swim project », il a coaché Evgeny Korotyshkin (Russie), Andrey Govorov (Ukraine), Sergey Fesikov (Russie), Milorad Cavic (Serbie), Jason Dunford (Kenya), Roman Sludnov (Russie), Randall Bal (USA), Fabiola Molina (Brésil), Gabriel Mangabeira (Brésil), Triin Aljand (Estonie) Miroslava Najdanovski (Serbie).

Si vous notez ces noms et leur trouvez leur point commun, vous notez que Di Nino attire à lui des nageurs privés de systèmes professionnels valides, souvent en raison de leur nationalité

LeClos a aussi annoncé l’engagement de l’Australien Robert Hurley, ancien recordman du monde, aujourd’hui à l’arrêt pour blessure, au titre de « performance manager ». Hurley dirigera aussi les équipes d’élite et « développement » de la (nouvelle) académie de natation Chad Le Clos qu’il vient de fonder au Cap. En fait, on peut se demander si son abandon de Graham Hill ne tient pas au fait que Chad, créant son propre « team » de natation, trouve nécessaire, pour des raisons de prestige commercial, de défendre les couleurs de sa propre entreprise.

ARENA A AUSTIN : « CLASSY CANUCKS » ; ELLES SONT FORTES, CES CANADIENNES

Éric LAHMY

Dimanche 15 Janvier 2017

Les Japonais Shinri Shioura et Daya Seto ont ajouté, à leurs succès de la veille sur 100 libre et 100 papillon, des victoires sur 50 libre et 200 quatre nages. Le Vénézuélien Lavado ayant enlevé le 200 libre, un seul étatsunien, Jacob Pebley, a visité la plus haute marche du podium. Cinquième de la finale des Jeux olympiques de Rio, Pebley était très en avance sur les autres nageurs, son 1’55s95 approchant son 1’55s52 de la finale de Rio, à défaut du 1’54s92 de sa demi-finale au Brésil.

Côté féminin, on a surtout vu, comme la veille, une domination des Canadiennes, lesquelles avaient pourtant mis au repos leur sportive nationale de l’année, la formidable Penny Oleksiak, primitivement engagée dans cinq courses. Si la natation du Canada n’a rien d’extraordinaire chez les hommes, elle dispose d’une série de « pépites » chez leurs filles. On ne sait trop pourquoi ça ne marche pas aussi bien chez les hommes. Pour l’ex Allemagne de l’Est, c’était parce qu’on pouvait viriliser une femme, pas un homme, à coups de stéroïdes anabolisants. Pour les Canadiennes, c’est peut-être pour des raisons moins méphitiques, proches de celles qui expliquent les succès féminins des natations danoises et néerlandaises : la concurrence que font à la natation les sports pros et les jeux d’équipes (basket, water-polo pour les Pays-Bas, basket, hockey sur glace au Canada) chez les hommes seulement : par exemple, Penny Oleksiak est fille de basketteur et sœur de deux hockeyeurs, dont l’un est professionnel, alors que sa mère nageait en Ecosse et l’une de ses sœurs est rameuse d’aviron.

Maintenant il reste à expliquer le phénomène « générationnel » que constitue l’arrivée assez subite, en deux ou trois saisons, de nageuses assez « bluffantes » comme Oleksiak, Taylor Ruck, Chantal Van Ledeghem, Emily Overholt, Hilary Caldwell, Kiera Smith, Audrey Lacroix.

Toujours est-il que les Canadiennes, à Austin, samedi, n’ont laissé que le 200 libre aux Américaines, qui ont gagné le 50 mètres (Michelle Williams), le 200 dos (Hilary Caldwell) et le 400 mètres quatre nages, où Mary-Sophie Harvey ajoute l’or du 400 quatre nages à sa 2e place sur 400 libre.

PENNY NE BOIT PAS, NE FUME PAS, NE DRAGUE PAS, ET NE NAGE PAS (AUJOURD’HUI), MAIS ELLE TWEETE

Quoiqu’au repos, Penny Oleksiak s’occupait fébrilement à pianoter. Ayant appris que la mairie de Toronto s’apprêtait à dégommer douze piscines découvertes, trente-six piscines pataugeoires et dix piscines de districts d’école de la région (économie de deux millions de dollars dans un budget dont le déficit atteint 91 millions d’unités), Penny a tweeté au maire : « il est important d’apprendre aux enfants à nager. Cela sauve des vies et c’est un très bon exercice physique. » Le maire John Tory n’a pas tardé à répondre : « bien reçu votre message médaille d’or. Je demande au responsable du budget Gary Crawford un moyen de sauver ces piscines. » Je ne sais toujours pas s’il a été plus sensible à l’argument ou à la personnalité de la sportive canadienne de l’année qui tweet à 55.769 followers (contre une centaine à la veille des Jeux), mais voilà.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Shinri Shioura, JPN, 22s44 ; 2. Youri Kisil, CAN, 22s46; 3. Michael Andrew, 22s65; 4. Matt Grevers, 22s66. 200 libre : 1. Marcos Alfonso Lavado Mora, VEN, 1’48s90. 200 dos : 1. Jacob Pebley, 1’55s95; 2. Sean Lehane, 2’0s33 (en série, 2’0s27); 3. Hennessy Stuart, 2’0s47 (en série, 2’0s20). 400 4 nages : 1. Daya Seto, JPN, 4’13s80; 2. Anton Oe Ipsen, DAN, 4’21s07.

DAMES.- 50 libre : 1. Michelle Williams, CAN, 25s16; 2. Kylee Perry, 25s51; 3. Natalie Labonge, 25s64; 4. Béryl GASTALDELLO, FRA, 25s65. 200 libre : 1. Melanie Margalis, 1’58s78 ; 2. Hali Flickinger, 1’59s20; 3. Kayla Sanchez, CAN,1’59s81. 200 dos : 1. Hilary Caldwell, CAN, 2’9s76; 2. Eva Merrell, 2’10s22; 3. McKenzie Glover, 2’11s18. 400 4 nages : 1. Mary-Sophie Harvey, CAN, 4’37s89 ; 2. Erika Seltenreich-Hodgson, CAN, 4’39s51; 3. Sidney Pickrem, CAN et USA, 4’44s40.

AUSTIN : JAPONAIS ET CANADIENNES TRUSTENT AUX USA

Samedi 14 Janvier 2017

Lors de la première journée des Arena Pro Swim à Austin, capitale du Texas, les Japonais ont remporté le 100 mètres nage libre (Shinri Shioura) et le 100 mètres papillon (Daya Seto), tandis qu’un Danois, Anton Oe Ipsen, enlevait le 400 mètres dont il avait fini 20e aux Jeux, avec un temps de 3’49s58. Josh Prenot, médaillé d’argent aux Jeux de Rio, et Nicolas Finck se disputaient le 200 mètres brasse à distance respectable des grandes performances.

Ashley Twichell, une nageuse de long qui a de bonnes références du 800 au 10 kilomètres, enlevait le 400 mètres devant l’ex ondine de Trois Rivières, depuis nageuse de l’INSEP de… Montréal, et une des rares canadiennes françaises à briller au top niveau.

Sur 100 mètres nage libre dames, la vénérable Amanda Weir, 30 ans, a dominé une tripotée de Canadiennes, en l’absence de Penny Oleksiak, co-championne olympique, bien engagée, mais finalement forfait sur l’ensemble des courses, tandis que Béryl Gastaldello fermait la marche. La Française, qualifiée sur 100 papillon, ne disputait pas la finale… E.L.

MESSIEURS.- 100 libre: 1. Shinri Shioura JPN, 49s16; 2. Ryan Held, 49s32; 3. Yuri Kisil, CAN, 49s51; 4. Daniel Krueger, 49s89. 400 libre: 1. Anton Oe Ipsen, DAN, 3’49s59. 200 brasse: 1. Josh Prenot, 2’11s15 ; 2. Nicolas Finck, 2’11s40; 3. Andrew Wilson, 2’13s12. 100 papillon: 1. Daya Seto, JPN, 52s67; 2. Michael Andrew, 53s32; 3. Marcos Lavado, VEN, 53s85.

DAMES.- 100 libre: 1. Amanda Weir, 30 ans, 54s60 ; 2. Kayla Sanchez, CAN, 15 ans, 55s19; 3. Alexia Zevnik, CAN, 55s21 ; 4. Michelle Williams, CAN, 55s31 ; 5. Taylor Ruck, CAN, 55s43;…8. Béryl GASTALDELLO, FRA, 56s96 (séries, 56s40). 400 libre: 1. Ashley Twichell, 4’8s99; 2. Mary-Sophie Harvey, CAN, 4’9s69; 3. Melanie Margalis, 4’10s54; 4. Holly Hibbott, GBR, 4’10s56; 5. Hannah Moore, 4’11s46. 200 brasse: 1. Melanie Margalis, 2’26s14 ; 2. Breeja Larson, 2’27s37 ; 3. Sydney Pickrem, 2’27s42. 100 papillon : 1. Sarah Gibson, 58s94; 2. Rebecca Smith, 59s24 ; 3. Eva Merrell, 59s57 (séries, 59s34). Béryl GASTALDELLO, FRA, 1’1s23 en séries, forfait pour la finale.

LA NATATION SCOLAIRE SERA MIXTE, C’EST UN DEVOIR PARENTAL

Éric LAHMY

Jeudi 12 Janvier 2017

La Suisse a gagné un procès intenté devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH-ECHR), jetant les bases d’une obligation pour les parents religieux (en l’occurrence musulmans) d’envoyer leurs filles à des leçons de natation scolaires mixtes. Les sept juges ont estimé que si la liberté religieuse a été entravée, le mouvement consistant à exiger la présence des jeunes filles dans ces leçons de natation était légitimé par une exigence d’intégration sociale.
La Cour légiférait sur le cas de deux parents turco-suisses de Bâle, Aziz Osmanolu et Sehabat Kocaba, lesquels refusaient d’envoyer leurs filles à des leçons de natation mixtes, sur la base d’une supposée prohibition exercée par leur foi religieuse, laquelle leur interdirait de se baigner ensemble. Les responsables de l’éducation du canton de Bâle les avisèrent qu’ils risquaient de devoir payer chacun d’eux une amende de 1000 francs suisses, mais malgré des tentatives de médiation exercées par l’école des filles, les jeunes filles continuèrent de ne pas se présenter aux leçons de natation obligatoires.
Osmanolu et Kocaba furent condamnés à payer une amende de 350 Francs suisses par parent et par enfant, soit 1400 Francs, pour “avoir agi en contravention avec leur devoir parental.” La Cour de Bâle rejeta leur appel l’année suivante, et ils perdirent encore en face de la cour fédérale suisse en 2012. Le couple argua alors devant la cour européenne que les leçons de natation mixtes violaient l’article 9 de la convention européenne des droits de l’homme.
La cour européenne (formée de juges suisses, suédois, espagnols, serbes et slovaques) a estimé qu’en l’affaire, aucune violation de la liberté religieuse n’apparaissait, et que « le droit de la Suisse de faciliter une intégration sociale réussie selon les coutumes locales et autres » devait prendre le pas sur le souhait des parents de refuser cette intégration. La Cour a estimé qu’en interférant avec des préjugés religieux, la décision des autorités concernées était légitimée par son désir de « protéger les enfants étrangers contre toute forme d’exclusion sociale. »
« La Cour a observé que les écoles jouaient un rôle essentiel dans le processus d’intégration sociale, d’autant plus décisive quand des enfants d’origine étrangère étaient concernés. L’intérêt des enfants est une éducation pleine et entière, afin de faciliter la réussite de leur intégration sociale, selon les us et costumes locaux, et se doit de prévaloir sur les souhaits des parents d’avoir leurs enfants exemptés de leçons de natation mixtes. »
Selon les juges, les classes sont importantes pour le développement et la santé des enfants, et ne devaient pas être gouvernées par les convictions religieuses des parents ; ces parents avaient en outre refusé la proposition des autorités locales de permettre à ces jeunes filles de porter des burkinis ; on leur avait assuré par ailleurs qu’elles se changeraient en-dehors de la présence de garçons.

La Cour a estimé que les pays avaient le droit de gouverner la signification donnée à la religion dans la société nationale, en particulier au regard de l’éducation, et que les amendes imposées par les autorités suisses étaient mesurées. Le jugement de la chambre n’est pas final, et peut être représenté devant la Grande Chambre de la Cour Européenne dans les trois mois à venir.

La plus haute cour allemande a rendu un jugement similaire en décembre dernier et rejeté la demande de parents d’une petite fille de onze ans qui estimaient qu’elle devait être exemptée de leçons de natation.

Ces jugements interviennent au cœur d’un débat national sur le rôle de l’Islam dans la société et l’éducation en Suisse. D’autres affaires légales ont mis l’accent sur l’obligation d’élèves musulmans de serrer la main de leurs enseignantes en classe. Un garçon de 15 ans de Therwill (canton de Bâle) a perdu son appel sur des bases religieuses, en septembre dernier, ce qui signifie qu’il va recevoir des contraventions de 5000 francs suisses en cas de refus d’obtempérer. « Un enseignant a le droit d’exiger une poignée de main », a fait savoir le département local de l’éducation de la culture et du sport. « L’intérêt public, le respect de l’égalité hommes femmes et l’intégration des étrangers surpassent largement les questions de liberté de conscience ou de religion des étudiants. »
Bien entendu, dans tout ce qui précède, on peut saisir un raidissement de la conscience européenne en face d’une vision sectaire d’une religion façonnée par d’antiques attitudes à la fois conquérantes et névrotiques, et qui fait rapport de force de tous contacts avec tout ce qui n’est pas elle. Cette vision étriquée et militante, violente, férocement misogyne, a décidé de fonctionner en apartheid conquérant vis-à-vis du reste du monde. Le temps de la tolérance vis-à-vis de ces intolérants est-il passé ? Il y a seulement dix ans, dans tous les pays du monde, on essayait de s’adapter, de leur complaire, on admettait d’intuition une primauté religieuse. Et les piscines étaient mises à contribution (exemples de Lille et de Melbourne, entre autres).

Aujourd’hui l’on s’aperçoit qu’on est entraîné dans un terrain en pente, en pente raide, et qu’à y mettre un ongle, on pouvait y laisser le bras. Il serait rassurant de voir que ces comportements restent minoritaires dans leur propre religion. Il n’en reste pas moins urgent de les éliminer !

Quoi d’autre ? Ah, oui, l’incroyable célérité de la justice, qui ajoute maintenant aux trois niveaux nationaux, première instance, appel et cassation, les niveaux européens. Avec un peu de chance, les jeunes filles sauront si elles pouvaient aller se baigner avec les garçons avant d’être grands-mères. E.L.

CATHERINE PLEWINSKI : « PENDANT TOUTE MA CARRIERE, JE ME SUIS BATTUE POUR OUBLIER QUE LES MEILLEURES ETAIENT SOUVENT DOPEES »

Vendredi 13 Janvier 2017

Catherine Plewinski était présente récemment à Genève à l’occasion d’une réunion au club suisse de la presse, dont le prétexte était le 100ème anniversaire du plus grand club de natation de la cité helvète.

Inévitablement, où qu’elle soit, les questions qui viennent à l’esprit en face de Catherine, concernent le dopage de ses adversaires, est-allemandes et chinoises. Elle fut loin d’être la seule confrontée à ce challenge, mais elle est l’une de celles (et sans doute la seule française de l’époque) à en être lésée au niveau des médailles !

C’est pour répondre à de telles interrogations qu’elle a tenté d’écrire au fil de sa pensée sur le sujet ce qui donne le texte ci-dessous. Texte émouvant en ce qu’il restitue l’obstination avec laquelle l’une des meilleures nageuses du monde s’interdit le moindre doute, le moindre état d’âme concernant le dopage organisé et étatique de ses déloyales concurrentes. Ce refus entêté d’admettre ce qui se déroulait, Catherine en donne la raison, simple et douloureuse. Si elle avait cru un seul instant au dopage de ses adversaires, elle aurait immédiatement abandonné la compétition.

Née à Courrières, dans le Pas-de-Calais, le 12 juillet 1968, Catherine se distinguait par sa considérable vitesse de base, malgré des dimensions seulement moyennes, 1,64 et demi pour 58 kg, grâce à d’excellentes qualités neuromusculaires, une envergure de 1,75m, un physique qui apparaissait, finalement, bâti pour la natation, mais précise-t-elle, alors qu’elle était au départ petite et fluette, ses épaules assez larges étant dues à un travail, hors de l’eau, de renforcement musculaire; elle comptait aussi sur un mental peu banal autant à l’entraînement qu’en compétition. Elle pouvait se médailler autant sur 50, 100 et 200 mètres. Entraînée dans un lieu fort isolé, Abbeville, avec Claude Fauquet, durant l’année des championnats d’Europe de Sheffield, mais, pour l’essentiel de sa carrière, au Fayet par Marc Begotti, sans doute d’une des tous meilleurs entraîneurs « techniques » avant que Fabrice Pellerin (Yannick Agnel et Camille Muffat) n’entre en scène, elle remporta, durant son assez longue carrière internationale, débutant en 1985 aux Européens de Sofia, en Bulgarie, les titres de championne européenne du 100 mètres papillon et du 50 mètres libre à Bonn (Allemagne) en 1989. Médaillée de bronze olympique du 100 mètres (55s49) à Séoul (Corée), en 1988, et du 100 mètres papillon (59s01) à Barcelone (Espagne) en 1992, elle accéda à quatre autres finales olympiques, sur 50, 100 mètres et 100 mètres papillon (deux 4e places, une cinquième, une septième). Elle fut aussi médaillée d’argent des 50 et 100 mètres et 3e du 100 mètres papillon des mondiaux de Perth, Australie, en 1991. Elle fut aussi 3e du 100 mètres papillon européen en 1987 à Strasbourg.

Catherine Plewinski fut l’une des nageuses les moins chanceuses de l’histoire, en ce qu’elle fut confrontée à deux systèmes de dopage massif, celui des Allemandes de l’Est et celui des Chinoises, dont on sait maintenant qu’ils furent dirigées sous une gouverne de l’Etat.  

Q: Catherine, vous avez nagé à une époque troublée par les affaires de dopage. Face aux nageuses de l’ex-RDA, puis face aux Chinoises, qui avaient repris leurs douteuses méthodes, vous sentiez-vous désarmée ?

CATHERINE PLEWINSKI.- Est-ce que les seules armes possibles étaient le dopage. Je ne crois pas. Ce sont les journalistes et les gens qui doutaient qui pensaient que je me battais sans armes. Alors que moi, je pensais avoir les meilleurs armes avec moi, le travail et le mental.

Je n’ai jamais cru un instant que ces filles étaient dopés. Pour moi la natation se serait arrêtée immédiatement si cela avait été le cas.

Q: Ressentiez-vous l’injustice de votre situation ?

CATHERINE PLEWINSKI: Non je ne pouvais pas être une victime d’une injustice et je ne voulais pas être une victime d’une injustice.

Lors des Jeux Olympiques de Séoul en 1988, lorsque nous avons pris possessions de notre appartement avec les nageuses de l’équipe. Après une visite des lieux extasiés de l’appartement nous avons tout naturellement abordé la compétition et les possibilités d’entrer en finale. J’ai été choquée des propos tenus. Moi, j’arrivais avec mes ambitions, mon envie de bien faire et d’aller le plus loin possible et  j’étais persuadée que l’on était toutes avec cette envie de réussite mais mes copines, elles, arrivaient persuadés de ne pas pouvoir passer le stade des séries parce qu’elles étaient persuadés que les nageuses des pays de l’est étaient dopés. Leur participation aux Jeux s’arrêtait là, dans cette chambre. Rien n’était envisageable et le plus fou c’était de les voir me mettre sur un piédestal en me rejetant et en me disant : non, mais pour moi ce n’était pas pareil c’était facile……

Non, je ne me préoccupais pas de ce qui se disait et de ce qui s’écrivait. Je n’avais pas de temps à perdre avec ces rumeurs. Il y avait suffisamment de personnes autour de moi qui se posaient des questions pour que je me consacre entièrement à mes ambitions.

Q: Aviez-vous fait connaître vos doutes ?

CATHERINE PLEWINSKI: Ce sujet ne m’intéressait pas. Vous savez, il y avait suffisamment  de mauvaises langues pour dénigrer ces filles. Je partageais les mêmes vestiaires, les mêmes sanitaires. Pour ma part, je n’ai jamais rien vu ni trouvé quoique ce soit de suspect. Alors les gens qui trouvaient des seringues ou je ne sais quoi d’autres ne m’ont jamais rien rapporté. Pour ma part je pense que beaucoup de rumeurs ont circulées autour des bassins. Pour certains ça servait d’excuses pour ne pas performer.

Q: Comment avez-vous vécu cette situation ?

CATHERINE PLEWINSKI: Pendant ma carrière, j’ai occulté toutes formes de dopage. J’ai fait confiance aux instances dirigeantes pour me consacrer uniquement à ma carrière. Je me suis battue contre moi-même pour ne pas me laissé embarquer contre cette folie dont tout le monde parlait. Vous savez l’objectif de ma carrière était de rester au plus haut niveau le plus longtemps possible. 10 ans me paraissaient un critère de réussite raisonnable. Michaël Gross était un exemple à suivre remarquable. L’injustice je la vivais à ce moment de la compétition ou je me rendais compte que plus j’augmentais mon niveau de performance plus ces filles étaient capable de nager vite. Et où je me posais des questions auxquels j’étais obligés de me répondre, ne lâche rien, elles n’ont pas été contrôlé positif, accroche toi, ne te laisse pas piégé comme les autres continue à y croire, travaille soit forte. Un jour ce sera possible.

En 1996, ma carrière était terminée depuis 3 ans mais je m’étais remise à nager un peu tous les jours sans ambition aucune, pour le plaisir de nager. En quelques semaines j’étais qualifiée pour les Championnats de France. Mon entraineur Marc m’a proposé d’y participer, j’ai répondu que si j’arrivais à m’entrainer régulièrement je ferais partie du voyage et c’est ce que j’ai fait. Je suis arrivée aux Championnats de France en toute décontraction et en me rendant compte sur place que c’était les qualifications pour les Jeux Olympiques d’Atlanta et que le monde de la natation Française m’attendait, mais que pour ma part ce ne faisait pas partie de mes ambitions.

Enfin, contrairement à ce que je pensais, j’ai nagé à un niveau très convenable ne passant pas si loin des qualifications. La question sur le chemin du retour s’est naturellement posée. Mon entraineur me l’a posé. Pourquoi ne pas reprendre le chemin des bassins ? En quelques mois, en nageant une fois par jour j’avais retrouvé un niveau convenable. L’envie me démangeait réellement de dire oui, ce monde là me manquait cruellement mais je n’avais plus la force morale de fermer les yeux et de croire que le dopage n’existait pas. Je ne pouvais plus occulter le dopage comme j’avais su le faire toute ma carrière. J’étais usée moralement d’avoir fourni tant d’effort pour croire que les filles contre lesquels je m’étais battue étaient comme moi. Et je peux vous dire que ce jour, lorsque j’ai dû faire l’effort de répondre à cette question, je me suis rendu compte des efforts que j’avais du fournir pour ne pas baisser les bras et mener la carrière que j’ai menée et je suis assez fière de ce que j’ai pu réaliser.

Et la réponse c’est imposée d’elle-même. J’avais su faire face aux Allemandes de l’est, puis aux Chinoises. Je n’avais plus la force nécessaire ni les armes suffisantes pour devoir me confronter aux dopages si cela devait être le cas. J’ai arrêté de nager définitivement en rentrant de cette compétition. Je le regrette et le regretterai définitivement. C’est tellement beau d’être maitre de son destin, de se donner les moyens de créer de la performance et du rêve.

Q: Avez-vous songé comme certaines nageuses, appuyées par des média, à réclamer vos titres et médailles volées ?

CATHERINE PLEWINSKI.- Non, je ne crois pas que ce soit à moi de le faire. J’aurais aimé croire que nos instances, fédérales et olympiques aient le courage de rétablir l’ordre des choses mais ce n’est pas le cas.

Ce que j’aurais aimé réclamer – mais qu’un titre et une médaille, même rendus, ne me donneront jamais – c’est de savoir quelle carrière j’aurais pu avoir. Si dés mes premiers championnats du Monde en 1986 j’avais été médaillée, comment j’aurais réagi, est-ce que l’année d’après, j’aurais été championne d’Europe puis Championne Olympique en 1988? Ce qui me hantera jusqu’à la fin de mes jours, c’est de me douter que j’aurais pu faire une carrière encore plus brillante.

On ne m’a laissé aucune chance de découvrir quelle athlète et quelle femme je serais devenue réellement. Les médailles et les titres rendus n’y changeront rien. Ce n’était pas le plus important.

3) Les instances doivent-elles plus se mobiliser pour sauver une pratique sportive, et les médias dénoncer ces pratiques illicites ?

CATHERINE PLEWINSKI.- Je crois qu’effectivement  les instances doivent continuer à se battre pour lutter contre le dopage. Mais pas que les instances sportives. Les instances sportives doivent être intransigeantes. On ne peut pas avoir de seconde chance après s’âtre dopé. Les sportifs doivent être responsable de leurs actes et en assumer toutes les conséquences. Il y a des règles à respecter, elles sont les mêmes pour tout le monde et franchement ce n’est pas si compliqué. Il y a aussi un travail de fond à faire dans les clubs. Les entraîneurs doivent montrer l’exemple. Ils sont avant tout éducateurs. C’est à eux d’éduquer les nageurs dès leur plus jeune âge et de leur démontrer que l’important, c’est d’aller au bout de soi même.  C’est comme cela que l’on devient un champion en dépassant ses propres limites avec ce que l’on est  réellement.

Les médias doivent être un outil pédagogique pour l’éducation des sportifs et non pas un outil de « commérages »

Quel « message » aimeriez-vous faire passer aux jeunes générations ?

CATHERINE PLEWINSKI.- On ne vit qu’une seule fois, prenez soin de vous. Le sport n’est qu’une infime partie de votre vie et les choix que vous faites pendant votre carrière auront une incidence sur votre après carrière. Faites des études, investissez-vous dans le sport qui est une magnifique aventure. Vous serez le seul maître à bord. Votre investissement vous permettra de découvrir  le monde, la vie et vous apprendrez à vous connaître et à dépasser vos limites.

Tous cela c’est magnifique et les médias doivent se battre pour défendre un sport sain.

Votre expérience de championne n’est-elle pas finalement une victoire en soi ?

CATHERINE PLEWINSKI.- Mais à quel prix ? Je ne sais pas ce que j’aurais pu devenir réellement. Et une victoire apporte satisfaction et apaisement. Ce n’est pas le cas pour moi. Ce n’est que questions, et pas de réponses. Des filles ont subi un dopage d’état systématique et en subissent pour certaines encore les conséquences  au niveau de la santé. Elles ont subi des pressions familiales pendant toutes leurs carrières et étaient sous surveillance permanente.

Et pour avoir échangé avec Kornelia Ender, je sais que la plupart d’entre elles ne savaient même pas ce qu’elles prenaient.

Je suis finalement victime du dopage, mais je n’en perdrai pas la santé, et c’est le plus important !