BADGER [Stephen « Steve »]

Natation. (Sydney, 19 octobre 1956-).
Australie, puis Canada. Champion du Commonwealth du 200 mètres en 1974, à
Christchurch, en 1’56’’72, sous la bannière australienne, devant Bruce Roberston et Mike Wenden, il participe au relais quatre fois 200 mètres vainqueur (7’50’’13). En 1976, résident à Edmonton, il nage aux Jeux olympiques de Montréal sous les couleurs du Canada, et termine 8e du 400 mètres. Retourné en Australie, il enseigne la
natation à North Sydney.

BACKHAUS [Robin James]

Natation. (Lincoln, Nebraska, 12 février 1955-). États-Unis. Champion du monde du 200 mètres papillon, devant son compatriote Steven Gregg, en 1973 à Belgrade (où il fut aussi 2eme relayeur du 4 fois 200 mètres vainqueur, et 3e du 100 mètres papillon). Auparavant, il avait été 3e du 200 mètres papillon aux Jeux de Munich en 1972, derrière Mark Spitz et Gary Hall. Il remporta aux USA trois titres nationaux (100m papillon, 56’’81, et 200 yards papillon, 1’49’’55, en 1973, 200 yards papillon, 1’47’’27, en 1975) et deux titres universitaires (NCAA), alors qu’il nageait pour Don Gambril, en Alabama. Il avait débuté dans les groupes d’âge aux Texas et au club Riverside, en Californie. Il enseigna plus tard la natation à l’école secondaire de Konawaena (Hawaii) pendant quatre ans, puis au département de l’éducation de l’État d’Hawaii pendant vingt ans.

BACHRACH [William « Bill »]

Natation. (15 mai 1879-juillet 1959). Etats-Unis. Entraîneur.
Issu d’une famille de seize enfants, il s’engagea dans la guerre des USA contre
l’Espagne. Nageur de compétition, il devint plus tard un corpulent entraîneur
(1,80m, 135kg. Entraîneur de la meilleure équipe de natation aux monde de son
temps, Bachrach révolutionna les techniques de respiration dans l’eau et, aux
commandes du club athlétique de l’Illinois, à Chicago, de 1912 à 1954, compta
parmi ses élèves Johnny Weissmuller, Norman Ross, le Suédois Arne Borg, Bob
Skelton, Ethel Lackie et Sybil Bauer, tous champions olympiques, ainsi qu’une
pléiade d’autres bons nageurs. Fait rare, ses élèves enlevèrent les titres du
100 mètres nage libre masculin (Weissmuller) et féminin (Ethel Lackie) lors de
la même édition des Jeux Olympiques, à Paris, en 1924. Ses nageurs remportèrent
120 titres de champions des états-Unis,
notamment toutes les courses et tous les plongeons des championnats US en 1914.
Il fut « coach » olympique en 1924 et en 1928. Parmi ses innovations
techniques, le fait de tirer dans l’eau jusqu’a ce que la main atteigne le
niveau de la hanche, alors que jusque là les nageurs ne tiraient pas au-delà du
niveau de l’épaule, à mi-parcours. Il avait reçu le sobriquet de « tyran
bien aimé. » Quand, après les Jeux olympiques de 1928, Weissmuller partit
en tournée au Japon, Bachrach apprit que les Japonais avaient décidé de
surprendre le champion en faisant nager dans une eau très froide. Bachrach
contraignit son nageur à se plonger dans un baquet d’eau très fraîche de façon
à s’habituer à la température. Weissmuller gagna toutes ses courses au Japon.

BABEY [Charles]

Natation. (6 mars 1927-30 août 1991). France. Nageur du TOEC, puis du Cercle des Nageurs de Marseille, il fait partie du relais quatre fois 200 mètres national, composé uniquement de nageurs du club, avec Alex Jany, Georges et Jehan Vallerey. Aux championnats d’Europe 1947, il est 6e du 100 mètres, 2e avec le relais 4 fois 200 mètres. 5 sélections.

BABASHOFF [Shirley F

Natation. (Whittier, Californie, 31 janvier 1957- ). États-Unis.  La plus brillante nageuse de l’olympiade 1972-1976. Pourtant souvent battue, elle est avec le gymnaste Ditiatine l’athlète à avoir obtenu le plus de médailles d’argent (six) aux Jeux olympiques. Issue d’une famille originaire de Russie, sa mère, Vera, met ses enfants à l’eau parce qu’elle-même a une peur bleue de l’élément liquide. Au bout du compte, ses quatre enfants deviennent des champions, et Shirley l’une des nageuses du siècle ! à Munich en 1972, elle est devancée sur 100 mètres par Sandra Neilson – mais sa seconde place constitue un exploit – et sur 200 mètres par Shane Gould, qui règne alors sur la natation. Au départ de cette course, recordwoman du monde en titre (2’5’’21), elle nage presque une seconde plus vite, en 2’4’’33, mais Gould l’emporte en 2’3’’56.  Babashoff est seconde aux mondiaux de Belgrade, en 1973, d’Ender sur 100 mètres et de Rothhammer sur 200 mètres. Shirley quitte alors son club d’origine, Huntington Beach, pour Mission Viejo, que vient d’ouvrir un jeune coach, Mark Schubert, adepte de l’endurance, parce que c’est le club où on s’entraîne le plus au monde. Mieux, elle entre dans la mythique « animal line », la ligne d’eau dont les pensionnaires, Brian Goodell ou Jesse Vassallo, frôlent les 18km par jour.Son heure arrive aux championnats du monde de Cali, en 1975, où elle triomphe sur 200 mètres et 400 mètres, finit 2e du 800 mètres, 3e du 100 mètres et 4e du 200 mètres quatre nages. Mais aux Jeux 1976 de Montréal, elle est séparée de son entraîneur et tombe sous la coupe de Frank Elm, dont elle déteste les entraînements, et qui ne la fait nager que long et en crawl, au point qu’elle commence par déclarer forfait sur 400 mètres quatre nages ; elle termine 5e du 100 mètres et 2e des 200 mètres, 400 mètres et 800 mètres, ainsi que du 400 mètres quatre nages. Cette formidable compétitrice, doublée d’une formidable nageuse d’entraînement, prend part à la course extraordinaire du relais 4 fois 100 mètres américain champion olympique contre toute attente, devant une RDA a priori plus forte sur le papier. C’est Babashoff, qui, dans le dernier relais, au coude à coude, survoltée, prend la mesure de Claudia Hempel et arrache cette victoire. Elle a également été membre du quatre fois 100 mètres vainqueur en 1972 à Munich, et obtenu à Montréal l’argent avec le relais 4 fois 100 mètres 4 nages. Shirley Babashoff a battu onze records du monde, dont cinq individuels : 2’5’’21, 2’2’’94 (deux fois) sur 200 mètres, 4’15’’77, 4’14’’76 sur 400 mètres, 8’39’’63 au 800 mètres. Elle a aussi enlevé 27 titres américains et est parvenue à détenir tous les records américains du 100 mètres au 800 mètres. Si, à l’époque, un lourd soupçon pesait en Europe sur les ondines de RDA, Babashoff, aux Etats-Unis, est la seule à en parler. La presse et les techniciens US l’accusent alors de manquer de fair-play. Elle devient ‘’Surly’’ Shirley, Babashoff l’aigrie ! Quand, une quinzaine d’années plus tard, il est démontré que le sport est-allemand a dopé systématiquement ses sportifs, Shirley Babashoff est reconnue un peu tard comme la plus brillante nageuse de son temps, et le sport prend conscience du grave préjudice sportif et moral qu’elle – avec toutes les autres nageuses non dopées de l’époque –  a subi.

BABASHOFF Jr. [Jack]

Natation. (Whittier, Californie, États-Unis, 13 juillet 1955-). États-Unis. 2e du 100 mètres libre des Jeux Olympiques de 1976, à Montréal, derrière Jim Montgomery, qui devint à cette occasion le premier nageur à battre les 50’’ – 49’’99 – sur la distance. Babashoff nagea, lui, en 50’’81. Un an plus tôt, des Jeux panaméricains où il participe aussi aux deux relais vainqueurs des USA. En 1977, il est 2e du championnat des Etats-Unis du 100 mètres derrière Jonty Skinner et élu un peu abusivement meilleur nageur de l’année sur la distance devant celui qui l’a devancé. En 1978, il fait, avec Rowdy Gaines, Jim Montgomery et David McCagg, partie du relais quatre fois 100 mètres vainqueur des championnats du monde. Issu d’une famille de grands nageurs, dominée par sa cadette Shirley, mais qui compte aussi Debbie, 3e du 800 mètres des mondiaux 1986 de Madrid en 8’34’’04 derrière les dopées de RDA Astrid Strauss et Katja Hartmann, 8’28’’24 et 8’28’’44, et Bill. L’étonnant de l’histoire, est que leur mère, Vera, était terrifiée par l’eau, et les avait mis à nager pour des raisons de sécurité.

BABANINA [Svetlana Viktorovne]

Natation. (Tambov, Russie, 4 février 1943-). URSS. L’une des meilleures nageuses de brasse au monde, la Soviétique d’Ouzbékistan fut médaillée de bronze du 200 mètres brasse, en 2’48’’6, aux Jeux de Tokyo, en 1964, et championne du monde universitaire en 1965. Solide et harmonieuse (1,73m, 62kg), elle appartenait à une école soviétique dominatrice, avec Galina Prozumenchikova, avec qui elle se disputa la suprématie. Sociétaire du Spartak de Tachkent, elle établit deux records du monde du 100 mètres brasse, sa meilleure distance, qui n’était pas disputée aux Jeux olympiques de 1964, avec 1’17’’2 (1964) et 1’16’’5 (1965). Son parcours lancé en 1’15’’3 dans le relais quatre nages russe de 1964 où elle surpassa toutes ses rivales et reprit trois secondes à l’Américaine Cynthia Goyette fut le plus rapide de toutes les concurrentes. Mais collectivement, les Américaines, qui engageaient trois championnes olympiques individuelles, l’emportèrent, et les Russes furent 3emes. A Tokyo, jouant témérairement la carte de sa vitesse, elle lança sa course avec une extrême vivacité, mais ne put tenir ce rythme. Finalement elle fut devancée par deux jeunesses, Prozumenchikova, 15 ans, et l’Américaine Claudia Kolb, 14 ans.

Marie Wattel and co à l’épreuve de Poznań

8 juillet 2013

Par Eric LAHMY

L’équipe de France compte sur une « super » Marie Wattel et un « costaud » Joris Bouchaut pour exister sur les podiums. Après, cela sera plus difficile…

 Comment se présentent, pour l’équipe de France, les courses en piscine des championnats d’Europe de natation, qui débutent après-demain à Poznań, en Pologne? La meilleure façon, sinon de le savoir (pour cela, seule la machine à voyager dans le temps pourrait nous être utile), du moins  de l’imaginer, c’est d’utiliser les temps d’engagement des concurrents et de faire comme s’il s’agissait des résultats de la compétition…

A ce jeu, côté garçons, les Russes empocheraient 7 des 17 courses individuelles, les Britanniques 4 titres, les Suédois 2, l’Italie, la Lituanie, la Pologne, la Tchécoslovaquie, 1. Les Russes partiraient favoris des relais. D’autres pays, l’Ukraine, l’Allemagne, le Danemark, la Grèce, la France, la Lettonie, la Hongrie et la Slovénie pourraient empocher une médaille d’argent ou de bronze au moins.

Et les filles ? Tableau assez proche pour les Russes, en pole-position dans 7 courses, devant l’Allemagne, la France, la Hongrie et l’Ukraine, 2, l’Italie, la Lituanie, 1.

Quels Français sont dans les trois premiers sur les listes des engagés ? D’abord Marie Wattel. L’élève de Leutenegger à Nice, trône en tête des classements sur 50m et 100m papillon, et 2e du 200m papillon. Il y a ensuite Joris Bouchaut, qui pointe à la 3e place du 800m (et à la 4e du 1500m). Après, c’est assez désertique, Bouchaut part encore 7e du 400m, Cyril Chatron 8e du 200m quatre nages, et Cloé Hache flirte avec des possibilités de finales sur 50m, 100m, 200m, et 50m papillon. Notre dossiste Laurine Delhomme doit gagner une place pour entrer en finale du 100 dos.

Nous pensons que les places en finales montrent, sinon mieux, du moins mieux en profondeur, la force réelle d’une natation, que les médailles, au-delà des aléas qui font le sel de la compétition. Dans un classement qui prendrait en compte les finalistes, attribuant de 7 à 1 point de la 2e à la 8e place et 9 points au premier, voici le « classement » obtenu sur les start-lists.

Garçons : 1. Russie, 174pts ; 2. Grande-Bretagne, 74pts ; 3. Italie, 72pts ; 4. Pologne, 62pts ; 5. Allemagne, 41pts ; 6. Danemark, 31pts ; 7. Hongrie, 27pts ; 8. Tchécoslovaquie, 23pts ; 9. FRANCE, 19pts ; 10. Lituanie et Suède, 18pts ; 12. Grèce, 16pts ; 13. Espagne, 12pts ; 14. Ukraine, 11pts ; 15. Lettonie, pts ; 16. Autriche et Slovénie, 7pts ; 18. Portugal, 4pts ; 19. Suisse, 3pts.

Filles : 1. Allemagne, 176pts ; 2. Russie, 140pts ; 3. Hongrie, 73pts ; 4. Italie, 53pts ; 5. Ukraine, 34pts ; 6. Grande-Bretagne, 33pts ; 7. FRANCE, 26pts ; 8. Espagne, 20pts ; 9. Lituanie, 18pts ; 10. Slovénie, 17pts ; 11. Tchécoslovaquie, 13 pts ; 12. Luxembourg, 10pts ; 13. Biélorussie, 7pts ; 14. Danemark, 5pts ; 15. Belgique, 2pts ; 16. Pologne et Portugal, 1pts.

Au total, la Russie, 314pts, devancerait l’Allemagne, 217pts, l’Italie, 125pts, la Grande-Bretagne, 107pts, la Hongrie, 100pts. La France, avec 45pts, serait, 7e ex-æquo avec l’Ukraine, devancée par la Pologne.

Au niveau des jeunes, donc, seules la Russie et l’Allemagne parviennent à fabriquer une sorte de « natation de masse. » Il est assez frappant de constater que les Allemands dominent chez les filles, comme à une époque peu enthousiasmante de l’histoire de ce sport, mais, cette fois, on l’espère, pour d’autres raisons. Les Italiens, les Britanniques, les Polonais, les passent chez les garçons.

La France, donc, sur le papier n’est que septième. Ce qui est beaucoup mieux que l’an passé, où elle avait échappé à la honte de disparaitre du tableau des médailles grâce au bronze ramené à la vingt-cinquième heure par Camille Gheorghiu. Ce qui, après les années Agnel, était navrant.

C’est par rapport à ces places que l’équipe de France juniors de Poznań sera jaugée (plus que jugée). Avec deux médailles d’or, une d’argent et une de bronze, elle aura amplement rempli sa mission. Au-dessus, cela signifiera que la préparation finale aura été bonne ; on sortira le champagne ; au-dessous, ce ne sera pas grave, mais il faudra se poser les bonnes questions et se remettre au travail.

Benjamin Auffret, la quatrième dimension (saison 1)

8 juillet 2013

Par Eric LAHMY

Pour certains, 4e dans un concours, c’est la médaille ‘’en chocolat’’, la pire des places. Mais d’après Bernard Pierre, le respecté coach de plongeon, les deux 4e positions de Benjamin Auffret aux Europe juniors de Poznan sonnent l’heure de la relève des Tricolores.

« Ce qu’a fait Benjamin Auffret est vraiment sensationnel. » C’est Bernard Pierre qui parle. Le vice-président de la section plongeon de la VGA Saint-Maur, membre de la Commission de plongeon de la FFN chargé des organisations, en connait un rayon ! International de plongeon, il a officié comme entraîneur du plongeon français, à l’INSEP, de 1965 à décembre 2002, excusez du peu. Il a présidé la commission fédérale de plongeon de la Fédération, et on peut dire qu’il a tout vu. Donc vous pouvez le croire s’il vous dit que le jeune homme, « c’est la relève. »

Pas le seul, ajoute-t-il. Mais ce que Benjamin a réussi aux championnats d’Europe juniors de Poznan, atteindre deux quatrièmes places, lui parait être le signe de progrès fulgurants. « C’est sa troisième année de plongeon, et il s’est trouvé à seulement huit points du podium ! D’ailleurs, à 3 mètres, il était en troisième position aux éliminatoires. » Et s’il a perdu une place en finale, c’est en améliorant son meilleur total. Ultérieurement, à 1 mètre, il a fait 5e aux éliminatoires et, cette fois, gagné une place en finale.

Les qualités du jeune homme ? « D’abord il est impeccable à l’entraînement : très bon esprit. Ensuite il est très rapide, agile, il a une très belle vitesse de rotation. Il est sorti d’un pôle France de gym à Vélizy. »

Pour Bernard Pierre, « la relève », c’est, donc, Benjamin Auffret,… mais aussi Maxine Eouzan et Antoine Catel. Tous trois venus de la gymnastique ou des sports acrobatiques, tous trois déterminés semble-t-il à se faire une place dans l’air raréfié de la « haute compétition. »

« Maxine était, elle, dans un pôle trampoline à Bois-Colombes. Catel était un junior de Clamart-gym et de l’équipe France de gymnastique artistique. Eouzan a réussi les minimas monde et se retrouvera à Barcelone et Capel a obtenu sa sélection aux championnats universitaires. Tous trois sont du pôle de l’INSEP. »

Eouzan passera son bac en septembre. Parions qu’elle emmènera quelques livres d’études à Barcelone.

AUDREY LABEAU PASSE LE TEMOIN

8 juillet 2013

Plongeon

Par Eric LAHMY

Du temps, pas si lointain, où elle plongeait, Audrey Labeau, 28 ans, envisageait d’entraîner des jeunes plongeurs. Assurer le passage du témoin en quelque sorte. C’est chose faite. Depuis la rentrée dernière, quelques mois après être devenue la première championne d’Europe de Team Event (une formule mixte dans laquelle un garçon et une fille plongent sur leur épreuve forte et sur leur épreuve faible) en compagnie de Matthieu Rosset est devenue entraîneur à l’INSEP. Pourquoi ? Elle-même l’avait expliqué en avril dernier lors d’un entretien à l’INSEP sur l’insertion professionnelle des champions. Son sujet : « devenir entraîneur non par défaut mais par vocation. »

Audrey,   qui est née à Saint-Germain-en-Laye, n’a pas suivi d’emblée le chemin de la piscine dans une ville dont le club de natation est  l’un des plus importants de France. « Je   faisais de l’acrosport, et ce jusqu’à 18 ans, explique-t-elle. J‘ai donc plongé   assez tard. Pourquoi ? D’abord, l’acrosport n’est pas un sport olympique   et le plongeon l’est, olympique. Ensuite  j‘avais des partenaires qui ont quitté l’acrosport   et je me suis retrouvée seule. »

Le   plongeon et la gymnastique font partie d’un même genre de sports, dits sports   acrobatiques. Peut-on imaginer un passage immédiatement rentable entre l’acrosport   et le plongeon ? Non, répond Audrey :

« Il   faut oublier pas mal de choses et en acquérir d’autres. La technique n’est   pas la même. Il y a bien entendu beaucoup de points communs, la place dans l’espace,   les repères visuels. Une chose difficile à comprendre, c’est l’arrivée par la   tête, alors que sur terre, on arrive par les pieds. Moi, quand je partais le   dos à l’eau, e comprenais, mais de face, je comprenais mal, et alors c’était   l’arrivée à plat ventre ou à plat dos, et pas comme il faut. »

« Il   a fallu deux, trois ans. Disons deux. Après, ce n’était pas facile tous les jours, mais ça allait mieux. La première année, j’ai été entraînée par Monsieur Pierre (lisez :   Bernard Pierre), puis le reste de ma carrière par Gilles Emptoz-Lacote. »

Audrey avaIt obtenu son professorat de sport en 2010. On lui avait réservé un « poste   INSEP » qui lui garantissait un emploi du temps très allégé permettant   deux entraînements par jour, « ce que je n’aurais pu faire avec un emploi normal » ajoute-t-elle.

Après les Jeux olympiques de Londres, Gilles a pris du galon, est devenu DTN adjoint chargé du plongeon et a rejoint son poste à Bordeaux. Une place d’entraîneur à l’INSEP était disponible. Audrey n’a pas hésité. Une telle opportunité ne   se représenterait pas de sitôt. Elle a abandonné la pratique pour l’enseignement : « de toutes façons, j‘aurais plongé un an de plus, mais je n’aurais pas   fait l’olympiade, dit-elle. Donc pas de regrets. D’autant, dit-elle que : « j‘ai trois anciens gymnastes », ajoute-t-elle avec un accent de   triomphe dans la voix.

L’aventure continue…