Deux Allemands bien synchronisés

21 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde de natation

Ils l’ont fait. La paire allemande Sascha Klein et Patrick Hausding ont remporté le titre mondial de plongeon synchronisé de haut-vol cet après-midi à Barcelone, derrière lequel ils couraient depuis deux ans, quand, aux championnats du monde de Shanghai, ils avaient été battus (et, disons le archi-battus), par la paire Qiu Bo et Huo Liang par une marge considérable de 37 pts. L’année suivante, c’était les Jeux olympiques,et un concours qui tourna à la confusion de Klein-Hausding, « humiliés » par leur 7eme place, très loin d’une autre paire chinoise, Cao Yuan et Zhang Yanquan. Ici, ce sont les représentants de l’outre-Rhin qui ont fait la différence, devant les Russes Minibaev et Chesakov (4emes à Shanghai), tandis qe les triomphateurs de Londres manquaient pour leur part l’argent de 39 centièmes. et les Mexicains Sanchez et Garcia, (7emes à Shanghai). Partis petitement, Klein-Hausding passèrent de la 5e à la 3e position, prirent l’ascendant sur le couple russe dans leur pénultième saut, enfin confortèrent leur titre  dans le 5255b,  « le plongeon le plus difficile du monde », un double saut périlleux arrière avec deux vrilles et demi. Cao et Zhang frôlèrent la perfection, mais Klein et Hasding leur furent à peine inférieurs et il ne restait plus qu’à recevoir les médailles, puis écouter jouer le troisième couplet du Lied der Deutschen, l’air compassé et la main sur le coeur, un peu à l’étroit à deux sur la première marche du podium

Plongeon de haut vol synchronisé messieurs (finale).- 1. Sascha KLEIN et Patrick HAUSDING, Allemagne , 461,46pts ; 2. Victor MINIBAEV et Artem CHESAKOV , Russie, 445,95pts ; 3. CAO Yuan et ZHANG Yanquan, Chine, 445,56pts ; 4. German SANCHEZ et Ivan GARCIA, Mexique, 442,86pts ; 5. Jose GUERRA et Jeinkler AGUIRRE, Cuba, 434,49pts ; 6. Dmytro MEZHENSKYI et Oleksandr GORSHKOVOZOV, Ukraine, 425,52pts ; 7. Francesco DELL’UOMO et Maicol VERZOTTO, Italie, 386,25pts ; 8. WOO Haram et KIM Yeongnam, Corée, 376,56pts.

 

Tania Cagnotto entre deux Chinoises

21 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

Au troisième plongeon, Cagnotto et sa compatriote Maria Marconi, qui l’avait battue aux championnats d’Italie, mais avait fini 6e aux Européens de Rostock, étaient une et deux dans ces éliminatoires d tremplin à un mètre dames. Marconi a disparu, défaillance dans le dernier saut, est passée à la 23e position : éliminée de la finale, les douze premières étant seules conservées pour le titre. Cagnotto, championne d’Europe, est restée solidement installée, en sandwich entre deux Chinoises, Zi He, la championne du monde 2007 (dont le nom est bizarrement orthographié Tze Hi dans les feuilles de match, l’affublant ainsi du nom de l’ancienne impératrice de Chine), et Wang Han, la vice-championne du monde 1971, tandis qe la gagnante des mondiaux 2011, Shi Ting Mao, n’était pas reconduite (mais elle avait la veille remporté en compagnie de Wu Minxia le titre de plongeon synchronisé à trois mètres devant Cagnotto et Francesca Dallapé. Zi He, revenue d’une blessure qu’elle s’était donnée en 2011, pendant les championnats du monde de Shanghai, retournait ainsi par la grande porte dans le monde du tremplin de 1 mètre après s’être surtout exprimée à 3 mètres depuis cinq ans. Tina Punzel, 7e à Rostock, se qualifiait 7e ici aussi dans un groupe où les Européennes sont quand même une relative rareté.

Tremplin à un mètre femmes (éliminatoires). 1. Zi He, Chine, 287,70pts ; 2. Tania Cagnotto, Italie, 284,85pts ; 3. Wang Han, Chine, 284pts ; 4. Cheong Jun Hoong, Malaisie, 265,25pts; 5. Deirdre Freeman, USA, 263pts; 6. Pamela Ware, Canada, 261,45pts; 7. Tina Punzel, Allemagne, 260,60pts; 8. Dolores Hernandez Monzon, Mexique, 252,85pts.

Rosset bouscule un Li de souffrances

21 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Ce n’est pas du tout une blague. Le Français Mathieu Rosset a failli terminer premier des qualifications du concours au tremplin à 1 mètre messieurs. Le Lyonnais de 23 ans était un brillant second du Chinois Li Shixin, grâce en partie à son troisième saut, un double saut périlleux et 1/2 avant avec 1 vrille en position carpée particulièrement réussi qui lui avait permis de fausser compagnie à un Mexicain, un Colombien et un Ukrainien. Rosset, on le sait depuis maintenant deux ou trois ans, a l’étoffe d’un grand, adoubé en Europe et dans plus d’une « Coupe du monde », mais enfin, l’an passé, il avait terminé 15e du tremplin de 3 mètres des Jeux de Londres. Absent aux championnats d’Europe de Rostock, le mois dernier, où la France avait délégué un jeune et prometteur Benjamin Auffret, Rosset fourbissait ses armes. Une bourde de Li, le maître absolu de la discipline, champion du monde et au sommet de son art à vingt-cinq ans, dans son ultime saut, faillit renverser la situation respective entre les deux hommes. Li, qui menait sa barque en pole position, s’embrouilla un triple saut périlleux avant carpé qui confinait à la perte de figure, cette sorte de trou de mémoire gymnique aux conséquences désastreuses. Cela lui valut une note de vingt points inférieure à son tarif habituel. Rosset, qui avait devancé l’Asiatique dans deux des cinq plongeons précédents, n’était pas mené de plus de treize points. Finalement, la clémence des juges sauva Li, enfin, sa prééminence, de cinq centièmes de point. Comme quoi, même un plongeur chinois est un être humain ! Rosset avait failli s’étendre sur un Li de souffrance, mais le Chinois avait sauvé la face.

Plongeon tremplin 1 mètre (qualifications) : 1. Li Shixin, Chine, 405pts ; 2. Mathieu Rosset, France, 404,95pts ; 3. Illya Kvasha, Ukraine, 391,95pts ; 4. Alejandro Chavez, Mexique, 381,20pts ; 5. Sebastian Mendoza Morales, Colombie, 380,45pts ; 6. Rommel Pacheco, Mexique, 378,90pts ; 7. Sun Zhiyi, 377,15pts ; 8. Oliver Omuth, Allemagne, 362,20pts.

Wu et Shi, la vie à deux tout en haut

21 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Les Chinoises WU Minxia et SHI Tingmao ont empoché l’or du tremplin au 3 mètres synchronisé, première médaille distribuée aux mondiaux de Barcelone. Victoire presque trop facile pour ces duettistes qui ont devancé le couple italien Tania Cagnotto et Francesca Dallapè de plus de trente points, 334,20pts contre 302,40pts (pour donner une idée de cette supériorité, disons que c’est l’écart de points qui séparait les Italiennes des huitièmes du concours. Il s’agit du sixième titre mondial, le neuvième en comptant les victoires olympiques, de Wu dans cette épreuve depuis ses débuts, il y a dix ans. Shi Tingmao était une nouvelle partenaire pour la « vieille » Wu, 27 ans, mais la synchronisation des deux Chinoises était aussi parfaite que rêvé. Elles prirent la tête du concours d’entrée, ne perdant de points sur les Italiennes qu’à leur deuxième plongeon. Puis, lors des plongeons à fort coefficients, les Asiatiques montrèrent une maîtrise qui les rendait irrésistibles, un art de la voltige en synchronisée à faire pâlir les ‘’Jets’’ de la patrouille de France.

Après l’épreuve, les deux championnes du monde se rendaient des grâces : « avoir une nouvelle partenaire me relance, me rend une sorte de jeunesse, et j’en ai besoin parce que je suis vieille, expliquait en l’espèce Wu. Pour elle, c’est difficile, parce qu’elle travaille avec moi. » Shi, mettait l’accent sur la force de la présence et de l’expérience de sa formidable partenaire : « quand elle est là, je me sens calme, rassérénée, prête pour la performance. Si j’ai appris une chose de Wu, c’est son esprit et son attitude pendant une compétition. »

Plongeon. Tremplin dames à 3 mètres synchronisé.-

1. Wu Minxia et Shi Tingmao, Chine, 334,20pts ; 2. Tania Cagnotto et Francesca Dallapé, Italie, 302,40pts; 3. Jennifer Abel et Pamela Ware, Canada, 300,78pts ; 4. Maddison Keene et Sherilyse Gowlett, 284,07pts; 5. Cheong Jun Hoong et Pam Pandelela Rinong, Malaisie, 283,50pts; 6. Rebecca Gallantree et Alicia Blagg, Grande-Bretagne, 281,01pts; 7. Olena Fedorova et Anna Pysmenka, Ukraine, 274,50pts ; 8. Amanda Burke et Samantha Pickens, USA, 265,92pts.

Gwangju manque de liquide pour les mondiaux 2019

21 juillet 2013

par Eric LAHMY

Barcelone, 15e championnats du monde de natation

Le Bureau exécutif de la Fédération Internationale de Natation – président Julio Maglione, secrétaire Paolo Barelli et trésorier Pipat Paniangvai, qu’accompagnait le Directeur exécutif Cornel Marculescu – a fait connaître au cours d’une conférence de presse sise au Centre de presse du Palau San Jordi, les implantations des mondiaux de natation à venir. L’ont emporté Gwangju (Corée du Sud) pour 2019 et Budapest pour 2021, sachant que les organisateurs des mondiaux 2015 et 2017, déjà désignés, sont respectivement Kazan, en Russie, et Guadalajara, au Mexique.

Si l’organisation de Budapest ne souffre apparemment aucune critique, la nomination de Gwangju par la FINA n’est pas une affaire au-dessus de toute polémique. Le gouvernement coréen, par la voix de son ministre de la Cltre, des Sports et du Tourisme, accuse le maire de la ville, M. Kang Un-tae, d’avoir ‘’menti’’ pour obtenir cette organisation et le menace à la fois d’un procès, et de lui couper les vivres. La mairie aurait produit un document assurant des garanties financières du gouvernement au bas duquel auraient été imitiées les signatures d’un ancien Premier ministre et d’un ministre de la Culture.

Au cours d’une tournée d’inspection de la FINA, en avril, les fonctionnaires du gouvernement révisèrent les documents soumis par Gwangju en octobre dernier et se rendirent compte de la tromperie. Des documents signés par le chef du gouvernement, M. Kim Hwang-sik et du ministre de la culture M. Choi Kwang-shik, ayant été demandés par la FINA, en octobre 2012, la ville avait présenté ces fameuses lettres. Dans lesquelles le gouvernement offrait 73,9 milliards de won (502 millions d’Euros) à la ville pour organiser les championnats.

La mairie a argué de son côté d’une ‘’erreur” qui aurait été corrigée en avril dernier, lors de la finalisation de sa candidature.

Il n’en reste pas moins, souligne le quotidien Corea Times, que Gwangju et la province de Jeolla, à laquelle elle appartient, souffrent d’une dette grandissante qui atteint désormais 1,2 milliards d’Euros, en raison du Grand Prix de F1 automobile qu’elles organisent depuis 2010, et qui devrait être encore déficitaire en 2013.

D’après un enseignant en économie coréen, ce sont pratiques courantes de la part des gouvernements régionaux: “ils organisent le plus d’événements possibles sans s’être assurés de leur financement, puis quand les choses tournent mal, se tournent vers le gouvernement central, protégeant leur honneur aux dépens du contribuable.”

Les exemples de ce type de fonctionnement ne manquent pas. En 2007, Incheon s’octroya l’organisation des Jeux Asiatiques 2014, dont elle s’engageait à bâtir le stade sur ses propres deniers. Elle demande aujourd’hui au gouvernement, un d’assurer 30% des dépenses de construction du stade, deux, de couvrir 70% des coûts des Jeux, a lieu des 30% prévus initialement.

Dave Salo, l’homme qui tua « le mythe de la distance »

20 juillet 2013

Par Eric LAHMY

“C’est un grand jour pour les Troyens” s’est exclamé Oussama Mellouli après avoir empoché le titre de champion du monde des 5km aujourd’hui à Barcelone. Que voulait dire le champion olympique (1500 mètres en 2008, 10 kilomètres en 2012) Tunisien? Que les Troyens (lisez: les ‘’Trojans’’, nom que se donnent les équipiers de l’Université de Californie du Sud) venaient de remporter les deux titres de champions du monde des 5 kilomètres: le féminin avec l’Américaine Haley Danita Anderson et le masculin avec lui-même, Mellouli.

Il s’agit d’un nouveau succès pour Dave Salo et ses compères d’USC, Catherine Voigt, John Urbancek et Kevin Clements. Salo est sans doute le coach le plus sous-estimé, et certainement le plus discret, le moins médiatisé, des USA. Mais il fait partie de la très petite phalange des coaches qui alignent des succès à répétition, un homme de la trempe des Paul Bergen, Jacco Verhaeren, Terri Mc Keever, et son histoire, atypique, mérite d’êtré évoquée

Dave est né à Rohnert Park, dans le comté de Sonoma, en Californie,). Diplômé en physiologie de l’exercice de l’Université de Long Beach, il nagea pour Jon Urbanchek, dont il apprécia le caractère méthodique et planifié des séances, malgré sa tendance à faire nager beaucoup. Il répondit à une annonce d’emploi : on cherchait un coach assistant pour le club de la ville de Downey. Six mois plus tard, il en devint l’entraîneur en chef. Six années passèrent, et il décida de passer son doctorat à USC où le légendaire coach Peter Daland lui proposa de l’assister auprès de l’équipe masculine. Salo, quand il n’étudiait ou n’entraînait pas, travaillait au laboratoire de neurobiologie. Il fraternisa avec deux physiologistes de l’exercice qui étudiaient les effets de l’activité aérobique sur les protéines de choc thermique. Ils lui affirmèrent le point de vue des scientifiques, selon qui « les entraîneurs de natation étaient les gens les plus niais au monde ». S’entraîner l’équivalent d’un marathon par jour pour une course de 200 mètres n’avait, disaient-ils, aucun sens.

Ebranlé et subjugué, il commença à bricoler l’idée d’un modèle d’entraînement dont le volume serait réduit et l’intensité très forte, si possible au rythme de la course. Il obtint de meilleurs résultats que ceux de la méthode classique et commença en 1983 à écrire une colonne dans Swimming World. Il y défiait les entraîneurs de s’intéresser à son modèle d’entraînement minimal, qui, expliquait-il, « est la philosophie de la science. » Les éditeurs présentèrent ses éditoriaux sous le titre : « le mythe de la distance. » Plusieurs lettres très critiques parvinrent à la revue, dont une de Bud McAllister, le coach de Janet Evans. La réponse de McAllister se résumait en une idée : « qui êtes-vous ? Vous n’êtes personne. » Salo se dit : « c’est vrai. »

Pour convaincre, il devait devenir quelqu’un. Il expérimenta d’abord sa méthode sur lui-même, préparant le marathon de Long Beach en douze semaines, sans pratiquement ne jamais courir plus de six à sept miles par jour. Il l’accomplit en 3h25’, infiniment plus vite que les 3h50’ qu’il avait espéré. Il abandonna l’USC et créa son club, l’Irvine Novaquatics, opérant un peu en marge du système. En 1995, l’attention fut attirée par Amanda Beard, une de ses nageuses, gamine de treize ans. On n’avait pas vu une telle précocité depuis Donna de Varona en 1960. D’autant que la jeune fille n’était pas surentraînée : seulement cinq séances hebdomadaires de 4 kilomètres contre neuf séances plus longues ailleurs. Beard enleva deux médailles d’argent en brasse et une d’or en relais quatre nages aux Jeux d’Atlanta, l’année suivante et fit une longue carrière.

Assez vite, Salo forma le dossiste Aaron Peirsol et, pour le malheur du relais quatre fois 100m français des Jeux de Pékin, le sprinter Jason Lezak. A sa grande satisfaction, tous ses élèves allaient durer. « Nous n’avons pas détruit leur développement à long terme, » se félicitera Salo.

Mais les vexations continuaient : « il fut longtemps un paria », dit Mitt Nelms, l’un des concepteurs de la natation moderne. « Quand les idées de Salo se transformèrent en succès tangibles, on aurait pu penser qu’il avait créé une révolution dans l’entraînement, mais il n’en fut rien. En partie parce qu’il ne parlait pas de ce qu’il faisait. En partie parce que les gens n’étaient pas ouverts au changement du paradigme. Le système américain est basé sur des mères à la maison de la classe moyenne qui se réunissent autour de la piscine et organisent des ventes de garage pour payer les 300$ par mois que requiert le directeur de la piscine pour être l’entraîneur. Nous avons maintenant un système de parents, de directeurs entraîneurs, de travailleurs à temps partiels et de bénévoles, et non un système de développement pensé, dont l’inertie est trop forte, incroyablement résistant au changement ».

Reconnu ou pas, Salo continue d’entraîner haut de gamme. L’an dernier, il a eu onze nageurs aux Jeux, dont les vainqueurs olympiques Mellouli et Rebecca Soni, Katinka Hosszu, Clément Lefert. A Barcelone, les Troyens ont commencé fort, et ce n’est sans doute pas fini.

ANDERSON [Haley Danita]

Natation. Eau libre. (Santa Clara, Californie, 20 novembre 1991-). USA. Médaillée d’argent des 10 km (eau libre) aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, championne du monde des 5km en 2013 à Barcelone. Alors qu’elle s’apprétait à disputer les sélections olympiques de 2012, Haley Anderson affirmait: “je hais les murs. Je hais les virages.” Etrange, de la part de la championne régnante des NCAA du 500 yards libre, une épreuve qui nécessite dix-neuf virages. Entre-temps, elle était devenue l’une des cinq meilleures nageuses US d’eau libre, où on ne trouve ni murs de virages ni mur d’arrivée. Peu après elle se qualifiait pour les Jeux olympiques. A Londres, elle enleva la médaille d’argent; encore quatrième au passage de la dernière bouée, elle lança une attaque tardive pour rattraper la gagnante Eva Riszlov. Encore un an, et elle enlevait l’or mondial des 5km à Barcelone. Cette fois, elle lançait l’assaut initial et menait de bout en bout.

“Je me sens plus à l’aise en eau libre, explique-t-elle. J’aime l’eau libre. J’aime m’y trouver prête à tout. J’aime cette nécessité d’être prête à m’adapter aux conditions, aux courants et à la compétition, ditelle. J’ai grandi près d’un lac, le lac Folsom, en Californie du Nord. Ma soeur et moi y allions nager.” Dans les courses en eau libre, elle ne cesse de penser: “j’ai le temps de douter de moi-même, d’être prise de tas de pensées négatives. Dans mon premier 5km, je m’inquiétais de devoir remonter dans le peloton. A mesure que je remontais, mes pensées s’éclaircissaient.”  Catherine Vogt, qui l’entraîne avec Dave Salo et Kevin Cléments à USC où elle est étudiante en communication, est admirative. Dans sa course de qualification olympique, “elle a été si solide : tactique, patiente, relâchée  et concentrée. Elle a donné de la vitesse quand c’était nécessaire. Je lui avais dit d’aller en avant, de retenir les bonnes sensations, de s’ajuster si quelque chose arrivait qui n’entrait pas dans le plan.” Pendant toute l’année, elle se préparait: de bons entraînements et des courses en piscine, et en eau froide. Et s’attendait à devoir si’mposer à son adversaire supposée aux Jeux: Keri-Anne Payne (qui termina 11e finalement).  A Londres, les deux soeurs Andersson ont été qualifiées, Alyssa dans le relais quatre fois 200m. Pour s’habituer à s’alimenter, Hayley à nager à l’entraînement avec des paquets de gel alimentaire sous son maillot. Ses compagnons d’entraînement étaient Rebecca Soni; Os Mellouli, Kosuke Kitajima.

Novella Calligaris, 40 ans après, toujours au top

20 juillet 2013

Par Eric LAHMY

Barcelone, 15e championnats du monde

Novella Calligaris, fut la première championne du monde de 800 mètres, voici quarante ans, en 1973 à Belgrade, en même temps que la première championne italienne de natation. Elle se trouve à Barcelone, en tant que commentatrice télévision. Novella a été une “star” énorme en Italie, un peu comme Christine Caron ou Laure Manaudou chez nous, ou encore Federica Pellegrini. Dans son pays, on disait « la » Calligaris, comme on aurait dit: « la Callas ». Mais c’est aussi une personne  à l’intelligence piquante, intègre, d’une franchise rafraichissante. Interrogée par des confrères, elle n’a pas hésité à donner son point de vue sur le parcours d’eau libre de Barcelone:

“ce champ de course est une grande piscine, comme celui de Hyde Park aux Jeux de Londres, l’an passé, ce qui fait perdre sa signification de nage de fond, qui doit offrir aux nageurs d’autres adversaires,  athmosphériques, comme les mouvements d’eaux, les courants, le vent, sans oublier les méduses et parfois les requins; et c’est devenu une grande surface plate, ce qui ramène le grand fond à une course très longue et un peu ennuyeuse.”

A la question de savoir, au sujet du 40eme anniversaire de son titre de championne du monde, si elle accepterait, le cas échéant, de présenter la médaille à la gagnante de sa course fétiche à Barcelone, “cela me plairait beaucoup, a-t-elle répondu, ce serait comme un rêve pour moi.”

“La natation a beaucoup changé, en bien et en mal, estime Calligaris. En bien parce que ce sport fait concurrence à l’athlétisme comme épreuve reine des Jeux.” Au sujet de Federica Pellegrini à qui on lui demandait de se comparer, “Si j’étais une duchesse, elle est une reine, parce qu’elle est beaucoup plus forte que je n’ai été, elle a battu dix records du monde, contre un pour moi.” Calligaris est là, la langue de bois s’en va. Evviva Novella!

HALEY DANITA ANDERSON, ÄS DE MURS, PAS DE VIRAGES, PAS DE SOUCIS

20 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

L’Américaine Anderson, Haley Danita pour les intimes, ne s’est pas embarrassée de soucis tactiques, pour l’emporter à Barcelone, dans les cinq kilomètres. La médaillée d’argent du 10 kilomètres des Jeux de Londres, l’an passé, est partie tambour battant. Aux 2500 mètres, l’étudiante de l’USC, 21 ans patrouillait avec énergie en avant-garde. Dans son sillage, à juste une longueur, une Italienne, Martina Grimaldi, double championne d’Europe, et une Française, Aurélie Muller, toutes deux suivies de très près par les Brésiliennes Okimoto Cintra, Cunha et la gamine prodige US, Rebecca Mann, seize ans. Le champ de course tel qu’il a été délimité est étroit avec peu d’espace pour effectuer un dépassement, dans une eau plate et plane, et arriver à trois sur une bouée relève de la roulette, ou de l’embouteillage sur l’autoroute du 1er août. Finalement, à l’emballage, Anderson, forte de sa vitesse forgée dans les 500 yards (distance sur laquelle est devenue championne universitaire cet hiver) les 800 mètres et les 1500m de piscine, a contrôlé les Brésiliennes. Anderson, dont le credo de marathonienne aquatique est « pas de murs, pas de virages, pas de soucis », est couverte d’or tandis que les efforts de Muller, lui ont offert la neuvième place, comme Cattin-Vidal, chez les hommes. Ce qui est loin d’être une contre-performance, dans une arrivée en « paquet » de cinq… dont elle termine, malheureusement pour elle, la dernière.

5 KM DAMES
1. Haley Danita Anderson (USA) 56’34″2; 2. Poliana Okimoto Cintra, Brésil, 56’34″4; 3. Ana Marcela Cunha, Brésil, 56’44″7; 4. Kalliopi Araouzo, Grèce, 56’45’’3; 5. Isabelle Francisca Harle, Allemagne, 56’46’’2; 6. Cara Baker, Nouvelle-Zélande, 56’46’’2; 7. Martina Grimaldi, Italie, 56’46″3; 8. Rebecca Wilke Mann, USA, 56’46’’4; 9. Aurélie Muller, France, 56’46’’5; 10. Rachele Bruni, Italie, 56’48″1; …18. Ophélie Aspords, France, 57’6’’3;

Le 5000 sans surprise à Mellouli

20 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Les 5 kilomètres messieurs des championnats du monde de Barcelone sont revenus au favori logique, le Tunisien Oussama Mellouli. Plutôt que de l’eau libre, les concurrents donnaient l’impression d’évoluer dans une méga-piscine, ce qui avantageait peut-être le champion olympique des 1500 mètres des Jeux de Pékin et des 10 kilomètres des Jeux de Londres. Mais de toutes façons, en eau libre, sans « lignes d’eau » ni repères aussi omniprésents que des murs qui scandent le tempo comme autant de métronomes, et à plus de quarante concurrents (en l’occurrence 54, et 52 à l’arrivée) aux passages de bouées qui, comme le dit à juste titre Eric Boissière, l’entraîneur du Viking de Rouen Damien Cattin Vidal, ne se négocient guère comme des « virages-culbute », la meilleure tactique connue consiste encore à partir « comme une bombe » et à parvenir aux bouées avec une marge d’avance qui ne peut que s’accroître ensuite au prorata des encombrements dans lesquels les suiveurs et autres traînards sont virtuellement condamnés. L’ennui, c’est qu’à Barcelone, l’eau était plate et lisse, une topographie prisée par les médias, car elle permet de visionner beaucoup mieux la course, de la « rendre » par des images spectaculaires. Cet avantage ne peut se discuter, mais se paie par un affadissement des valeurs qui ont enrichi le mythe, et participé à la gloire des « traversées » de l’ère héroïque. Bolshakov et l’Italien Vanelli menaient à la moitié de l’épreuve, mais peu après, les ténors se mirent en branle : Mellouli, Hedlin, Lurz. Avec de tels lascars en guise de locomotives, c’était certes le bon train à prendre. Vers l’arrivée, puisqu’un sprint se précisait, Mellouli, sauf événement toujours possible, n’aurait su être battu. Il régla Hedlin et le grand Lurz sans coup férir.

Damien Cattin-Vidal réalisa une course solide, et obtint une honnête 9e place. Enzo Vial-Collet, dont on se demandait ce que pourrait être son comportement (il fut qualifié à partir de son 1500m des France à Rennes) ne fut pas ridicule, dans des conditions certes pas trop défavorables pour  un nageur de « bassin », et il se retrouva à 29 places et 29 secondes du vainqueur.

EAU LIBRE

5 KM.- 1.. Oussama Mellouli, Tunisie, 53’30’’40 ; 2. Eric Hedlin, Canada, 53’31’’6; 3. Thomas Peter Lurz, Allemagne, 53’32’’2; 4. Chad Ho, Afrique du Sud, 53’33’’7 ; 5. Jarod Poort, Australie, 53’34’’3 ; 6. Samel De Bona, Brésil, 53’34’’9 ; 7. Ivan Alejandro Enderica Ochoa, 53’36’’7 ; 8. Serge Bolshakov, Russie, 53’36’’8 ; 9. Damien Cattin-Vidal, France, 53’38’’4 ; …23. Philippe Guertin, Canada, 53’46’’4 ; …29. Enzo Vial-Collet, France, 53’59’’6