TAYLOR [June Darling]

(Toronto1928-27 juin 2013). Cette Canadienne fut la première championne internationale de son pays, et, contre toute logique nationale, première soliste championne des Etats-Unis ! (Le duo existait depuis quelques années). Elle remporta, en effet, aux USA, le titre de solo (hiver 1950), pendant qu’elle étudiait à l’Université de l’Ontario Ouest. De 1947 à 1951, en un temps où la musique commençait à peine d’être intégrée dans les  routines, elle enleva quatre titres canadiens (solo et duo avec sa sœur Gale), cinq titres américains (solo) et deux internationaux (solo). Elle était la seule rivale de Beulah Gundling, ballerine en avance sur son temps ; June participa aux exhibitions de synchro des Jeux olympiques d’Helsinki (1952) et des Jeux Panaméricains de Mexico (1955), où
elle aida a développement de l’équipe nationale mexicaine, et voyagea à travers
les USA avec son instructrice Billy McKeller pour promouvoir son sport, participant
à l’élaboration et la rédaction des règlements sportifs. Passée professionnelle, elle dirigea (et s’exhiba dans) plusieurs spectacles aquatiques qui voyagèrent à travers l’Amérique, avant de prendre sa retraite sportive en 1955. Mais elle ne s’éloigna guère de l’eau. Devenue hydrothérapeute, elle maria son goût du sport et son humanisme dans son métier, soignant les handicapés par la natation. Devenue Mrs Gregory, elle s’est éteinte à l’âge de 85 ans. E.L.

SHARON STOUDER (1948-2013)

20 juillet 2013

Nous recevons de Fort Lauderdale, siège de l’International Swimming Hall of Fame, la nouvelle de la disparition de Sharon Stouder, l’un des grandes nageuses de l’histoire. Sharon, qui s’est éteinte le 23 juin dernier, était âgée de 64 ans. On peut considérer que le sommet de sa carrière fut atteint aux Jeux olympiques de Tokyo, en 1964, quand elle enleva trois médailles d’or olympiques, s’assurant sa niche de légende de la natation (intronisation en 1972 au Swimming Hall of Fame).

La victoire, dans le 100 mètres papillon des Jeux olympiques de Tokyo, de cette écolière de quinze ans et dix mois, représenta un choc. Stouder, qu’entraînait Don Gambril, à City of Commerce, était une magnifique athlète, grande selon les canons de l’époque avec 1,73m, mince et très puissante à la fois (61kg). Mais sa réputation n’atteignait pas celle de Ada Kok, la recordwoman du monde au gabarit impressionnant, 1,83m, 85kg, qui ajoutait à la nage un entraînement de boxeur (sauts à la corde, punching ball). Si la surprise n’était pas feinte, elle n’était pas aussi justifiable à l’analyse. Ada avait battu le record du monde en 1’5 »1 au mois de mai, Sharon avait nagé 1’5 »4 aux championnats des USA, 1’5 »5 aux sélections US. Mais surtout, le temps de Kok avait été nagé à Blackpool, en eau de mer, dont la portance avantageait beaucoup cette fille surpuissante. Aux Jeux de Tokyo, Stouder prit dès les séries le commandement des opérations ; le record olympique, 1’9 »3 par Lynn Burke en 1960, avait été pulvérisé par ses deux compatriotes, Kathy Ellis (1’7’’8) et Donna de Varona (1’7’’5) avant qu’elle ne nage 1’7’’. Dans la première demi-finale, Stouder rencontra Kok une première fois, et l’emporta en 1’5’’6 contre 1’5’’9. En finale, Stouder domina nettement et les 1’4’’7, nouveau record du monde, qu’elle établit, constituaient encore, six années plus tard, la 2eme performance mondiale.

Ces événements se déroulèrent le 16 octobre. Mais trois jours plus tôt, Stouder faillit provoquer une surprise plus grande encore quand elle menaça, dans la finale du 100 mètres nage libre, Dawn Fraser (championne olympique 1956 et 1960, invaincue sur la distance depuis neuf saisons et considérée généralement comme LA nageuse du 20e siècle). Fraser passa en tête, mais utilisa un virage de demi-fond, en surface, bien moins efficace que la culbute de Sharon. Après la coulée, celle-ci se trouva à égalité avec Fraser qui l’emporta quand même en 59’’5 contre 59’’9. Sharon devint la deuxième nageuse à battre la minute. Elle partagea ensuite avec les membres de l’équipe US les titres olympiques et les records mondiaux sur 4 fois 100 mètres et quatre fois 100 mètres quatre nages. Deux mois plus tôt, aux championnats des États-Unis, elle avait gagné trois titres individuels, sur 100 mètres (60’’4), 100 papillon (1’5’’4) et 200 papillon (2’26’’4, record du monde). Ces exploits la firent élire « nageuse de l’année » par la chaîne de télévision ABC, les revues Swimming World et Sports Illustrated.

Son père lui avait appris à nager à quatre ans ; entraînée au Jack Roth Swim School de Temple City, par Jim Marcus, elle débuta en compétition à huit ans, gagnant deux courses lors de son premier meeting. A douze ans, elle occupait 20(!) premières places dans son age-group (catégorie d’âge) et fut élue nageuse des groupes d’âge de l’année (1961) par la revue American Swimmer. A 13 ans, elle enleva une deuxième place du championnat national (adulte). En 1963, elle participa au relais quatre nages vainqueur des Jeux Panaméricains. Entraînée par Don Gambrill, elle établit également deux records mondiaux sur 200m papillon, en 2’28’’1 et 2’26’’4 (1964). Etudiante à Stanford, université qui ne disposait pas de programme féminin à l’époque, elle tenta un hâtif « come-back » pour les Jeux de Mexico, en 1968, et manqua la sélection de deux millièmes! Elle termina 4e du 100 mètres papillon en 1’5’’02, dans le même centième que Toni Hewitt, course remportée par Ellie Daniels, 1’4’’81, devant Susie Shields, 1’4’83. Diplômée de Stanford, elle enseigna à l’Université de Santa Barbara tout en entraînant en natation, vécut quelque temps en Nouvelle-Zélande. Elle s’installa à Los Altos et dirigea le commerce de vêtements pour dames q’elle avait créé, pendant près de vingt ans, jusqu’à sa retraite, en 2004. E.L.

Barcelone, mondiaux de très haut vol

20 juillet 2013

Les championnats du monde de natation de Barcelone enregistrent déjà un premier record: celui du nombre de pays engagés : 181 nations dûment enregistrées, trois de plus qu’à Shanghai en 2011. 2293 concurrents s’affronteront en natation, plongeon, water-polo et synchro sur plusieurs sites qui accueillirent les Jeux olympiques de Barcelone, en 1992 (Palau San Jordi, piscine municipale de Montjiuc et les piscines Bernal Picornell) et les mondiaux 2003.

Pour la première fois, des compétitions de plongeon de très haut vol (considérées comme très spectaculaires) seront incluses dans les mondiaux. La production télévisée des championnats par TVE sera diffusée dans plus de 210 pays et territoires.

BEARDSLEY [Craig Russell]

Natation. (New York, 1961- ). États-Unis. Recordman du
monde du 200mètres papillon en juillet 1980 (1’58’’21) et en août 1981
(1’58’’01), ce métis d’un américain et d’une immigrée chinoise, pianiste
distinguée et bibliothécaire de profession, Jeanne Loh, ne connait pas la
natation avant les années de collège et brille plutôt pendant ses huit années d’école
Internationale des Nations Unies à New-York, où il apprend le français et le
chinois par son talent de violoncelliste. Quand ses parents s’installent dans
le New Jersey, il se met à nager au Dolphin Aquatic Club de Ridgewood. C’est en
1978, en entrant à l’Université de Floride, tenue par Randy Reese, qu’il fera
ses progrès décisifs. Il gagne les Pan Américains en 1979. Il est le grand favori
de l’épreuve des Jeux de Moscou en raison de son record du monde, 1’58’’21, le
30 juillet 1980 à Irvine, qui améliore le précédent, détenu par Mike Bruner, 1’59’’23,
d’une seconde. Mais il ne peut nager aux Jeux olympiques en raison du boycott
de ces Jeux instauré par le gouvernement américain. Il continuera de nager pour
l’Université de Floride, amènera le record du monbde à 1’58’’01 en août 1981. Techniquement, ce gabarit moyen (1,80m, 72,5kg) nage à plat sur l’eau, avec une faible ondulation, et explique ses succès par sa technique. En 1982, quoique toujours en bonne forme, il manque ses championnats du monde, où il est battu par Michael Gross et Sergei Fesenko. Il est champion des USA à neuf reprises, vainqueur des Jeux Panaméricains 1979 et 1983. Il réside ensuite dans le New Jersey. Il échoua dans sa tentative de participer aux Jeux de Los Angeles, en 1985, pour 0’’36, terminant 3e des sélections US.

BEARD [Amanda Ray]

Natation. (Newport Beach, Californie, 29 octobre 1981-). Etats-Unis. Nageuse de brasse, entraînée aux Novaquatics d’Irvine par Dave Salo, dont elle est la première découverte, elle apparait comme le talent le plus précoce aux USA depuis Donna de Varona (en 1960). Sa jeunesse est soulignée par le fait qu’elle emmène avec elle son ours en peluche au départ de ses courses. Le stade de l’ours en peluche une fois dépassé, Amanda n’hésitera pas à dévoiler sa beauté physique de façon assez provocante dans des revues pour hommes (Playboy, FHM) avant les Jeux de 2004. On peut penser que les méthodes de Salo, qui privilégie des entraînements courts, mais intenses, refusant les longueurs pour les longueurs, lui ont permis, à l’encontre de tant de jeunes filles brûlées prématurément, de durer. Sa carrière s’étend en effet sur trois Jeux olympiques. A quatorze ans, elle enlève aux Jeux d’Atlanta, en 1996, les médailles d’argent des 100 mètres et 200 mètres brasse, et l’or du relais quatre nages avec l’équipe des Etats-Unis. Elle est 3e sur 200 mètres brasse aux Jeux de Sydney (2000). En 2003, elle enlève le 200 mètres brasse de la Coupe du monde (Barcelone) en 2’22’’91, record du monde égalé, l’argent sur 100 mètres brasse et du relais quatre nages. Elle devient championne olympique du 200 mètres brasse, et fint 2e du 200 mètres quatre nages à Athènes, en 2004, à vingt-deux ans. Elle a produit une autobiographie qui montre l’envers du décor, le côté sombre d’une fille superbe et irradiante, mais fondamentalement triste et à la recherche d’elle-même. Cet ouvrage s’intitule :

*In the Water, They Can’t See You Cry (autobiography), par Amanda Beard, avec Rebecca Paley.

Nicolas D’Oriano et Léa Marchal ne manquent pas de fond

18 juillet 2013

Utrecht, Festival Européen de la Jeunesse

Avec ses performances réalisées lors des compétitions de la COMEN, fin juin à San Marino, (victoires sur 200 mètres, 400 mètres et 800 mètres) Léa Marchal avait démontré un beau potentiel de nageuse de demi-fond. Après un stage de quelques jours à l’INSEP, la Bisontine entraînée par Bryan Grandjean s’est bien défendue, à Utrecht, dans les courses du Festival Européen de la Jeunesse. 7e du 800 mètres hier, elle n’est pas passée bien loin (treize centièmes de seconde) d’un podium sur 400 mètres.

Deuxième du 1500 mètres, le Toeciste Nicolas d’Oriano a amélioré de trois secondes son record, 15’42’’37, établi en avrl derner à Châlons-sur-Saône aux championnats de France des jeunes. Il a été devancé par Marc Hinnawi, arabe israélien de Jaffa qui avait précédemment pulvérisé son record personnel de six secondes sur 400 mètres pour l’emporter en 3’57’’73, et, malgré son jeune âge, règne dans les compétitions adultes de son pays.

GARCONS.- 1500 mètres.-1. Marc HINNAWI (97) Israel, 15’33’’72  (800m, 8:17.10) ; 2. Nicolas D’ORIANO (97) France, 15’39’’66 (800m: 8’20’’56) ; 3. Andrea MANZI (97) Italie, 15’46’’49; 7. Logan VANHUYS (97) Belgique 16’02’’19 800m: 8:35.83

200 mètres papillon.- 1 Giacomo CARINI (97) Italie, 2’1’’41 ; 2. Athanasios KYNIGAKIS (98) Grèce, 2’2’’90 ; 3. Dmitry MALKOV (97) Russie, 2’03’’89 ; 4. Patryk ADAMCZYK (97) Pologne, 2’3’’97 ; 5. Zoltan DRIGAN (98) Hongrie, 2’4.42 ; 6. Matthias MARSEAU (97) France, 2’4’’65. En séries,2:06.79.

FILLES.- 400 mètres.- 1. Arina OPENYSHEVA (99) Russie,  4’17’’07; 2. Paula RUIZ BRAVO (99) Espagne, 4’19’’15; 3; Valeriia TIMCHENKO (99) Ukraine, 4’20’’37 ; 4. Léa MARCHAL (99) France, 4’20’’50.

100 mètres brasse (séries) : 19. Emma DRHOUIN (99) France, 1’17’’67.

Mission H20, piscines harmonieuses

18 juillet 2013

Par Eric Lahmy

Deux anciens entraîneurs de natation à succès, Stéphane Bardoux (Racing Club de France) et Olivier Leroy (CNO Saint-Germain-en-Laye), ont créé voici huit ans un bureau d’études, Mission H2O, posé à Malakoff, dans la proche banlieue parisienne. Et développé une conception nouvelle des piscines, moins chères et mieux adaptées à leur environnement et à leur clientèle.

 

Raconter Mission H2O, pourrait se faire sous l’angle d’une double reconversion. Celle de deux entraîneurs, l’un, Stéphane Bardoux, du Racing, l’autre, Olivier Leroy, de Saint-Germain-en-Laye. Entraîneur de natation, plus qu’un métier, c’est une passion. Eux se rencontrent au bord des bassins, échangent des idées, se trouvent des affinités.  « Nous voulions écrire un livre sur la natation, le Leroy Bardoux, » s’amusent-ils. Il ne sera sans doute jamais écrit. Bardoux, qui a entraîné entre autres Stephan Caron à la fin de sa carrière et le sprinteur algérien Salim Iles, double finaliste olympique en 2004, est ‘’remercié’’ par le Racing. A la même époque, Leroy croit avoir perdu la flamme. Mais il a une idée, germée du temps où il était à son poste de directeur de piscine à Maurepas. « On voyait s’accumuler des problèmes liés à une gestion inefficace ; tous les utilisateurs arrivaient à 17 heures et c’était ingérable. Les piscines neuves ne donnaient pas complètement satisfaction non plus. Leur coût à la construction était élevé, les déficits également, et on voyait trop de gens mécontents. On a alors pensé à lancer une société qui aiderait à la gestion des piscines collectives. »

Pour les deux associés, on ne peut bien gérer une piscine mal conçue. Il faut donc réaliser, et c’est le début de leur réflexion, un établissement de bains de manière qu’il puisse éviter ce fameux goulet d’étranglement de 17 heures.

En 2005, Mission H2O voit le jour. Ce sera une entreprise d’aide à la gestion et au fonctionnement des piscines. Les entraîneurs que Leroy et Bardoux ont été n’ignorent pas que de plus en plus de piscines voient leur gestion attribuées à des sociétés privées. « Or une délégation de service public, c’est une catastrophe pour les clubs, » affirment-ils.

Malgré ses ambitions, ses désirs d’apporter sa pierre à l’édifice commun, Mission H2O est un petit peu seule. La FFN, sollicitée, reste muette. Bardoux et Leroy répondent à des appels d’offre de marchés publics. Puis vont à la rencontre des élus, leur proposent leur aide. Tel maire souhaite qu’une piscine dote sa commune. Mais que sait-il de ce qu’il peut en attendre ? Pourra-t-il seulement définir les besoins de sa population et des alentours ? « Quelle est la part des jeunes, des gens âgés, des retraités, des scolaires ? Y a-t-il ou non d’autres piscines dans un périmètre assez proche, qui vont jouer un rôle dans son taux de fréquentation par un effet de concurrence ? Veut-il y inclure des activités de bien-être, hammam, jacuzzi ? Quelquefois, on essaie de le diriger vers des bons choix : tel maire nous dit qu’il ne veut pas de water-polo, on lui rappelle qu’une piscine a une durée de vie de 40 ans, et que, pour 20 cm de profondeur de moins, il prive les générations prochaines de ses concitoyens de quelque chose. » A un édile plein de bonne volonté, mais qui pourra décider de façon impulsive (et donc le regretter ensuite amèrement), Mission H20 s’efforce de proposer, à partir d’une analyse fouillée d’un nombre élevé de paramètres, des choix rationnels, et de s’assurer de la pérennité et de la faisabilité du projet.

Au départ, « on débarquait, il nous a fallu apprendre, » racontent-ils. Une étude, effectuée par la Lyonnaise des Eaux, sur le parc des piscines en France, leur permet de saisir les problèmes dans leur ensemble. « On a surtout rencontré Menighetti Programmation, une société pluridisciplinaire d’assistance à la maîtrise d’ouvrage. Ils fabriquaient des piscines, des stades, des cinémathèques, des écoles, tout. Ils assuraient aussi le plan directeur de programmes de constructions. Bref, Menighetti avait une fonction d’urbaniste, il nous a appris à harmoniser un équipement. On a travaillé avec lui depuis 2006 et jusqu’en 2008, quand la société a été vendue. »

« On a oublié nos passés, ajoutent-ils. Pas de nostalgie, de cafard, de regrets. Nous nous sommes retrouvé à l’aise dans nos fonctions. Notre discours a séduit, on a rencontré des élus, des architectes, tout un monde de gens très intéressants, différents de ceux qui faisaient notre environnement pendant nos carrières d’hommes de bassins. » Définir une piscine en essayant de coller le plus exactement à ses utilisateurs est une chose apparemment nouvelle. Quand ils rencontrent des architectes, les échanges sont fructueux pour les deux parties. Les bâtisseurs découvrent parfois des aspects qu’ils ignoraient des besoins de leurs utilisateurs. Une piscine collective a trop souvent été, pour ses concepteurs, un monument posé sur l’herbe pour faire joli. Autant dans sa position dans le décor urbain que dans son aménagement interne, elle répond pourtant avant tout à une logique d’utilisation et de confort. Les piscines ont beaucoup évolué. Le chauffage, le bâti, l’architecture intérieure. On peut échapper de nos jours à bien des nuisances supposées incontournables, dans le passé, comme les odeurs de chlore, le côté chambre à échos où le moindre cri d’enfant est répercuté et amplifié, etc. C’est en cela que la piscine est un équipement en pleine mutation. De leur côté, les missionnaires d’H2O en apprennnant un rayon sur la conception et la construction, les contraintes et les possibilités de ces monuments dont ils ne faisaient qu’arpenter des plages…

« La piscine est une grosse problématique, résument Bardoux-Leroy. Et nous nous occupons de tout. Aidons à choisir la piscine qui convient. Recrutons l’architecte. Suivons les études. Recherchons les entreprises. Assurons le suivi de la construction. Assurons la mise en phase des différents corps de métier, le recrutement et la formation du personnel. Nous disons que nous représentons le 360° de la piscine. »

Parmi les réalisations d’H20, la piscine de l’INSEP (qui a reçu le label haute qualité environnementale). Et celle de Soissons. « Mais nous sommes également fiers de la piscine à 2,5M€de Bapaume, dont le bas prix les a convaincus alors qu’ils n’osaient pas se lancer dans la construction d’une piscine, de celle de Chateaurenard, de celle de Douai, qui pourra  accueillir les championnats d’Europe de water-polo, ou encore celle d’Antony, avec ses huit couloirs  et sa fosse à plongée, ou encore de la réhabilitation de la piscine de Brignoles. »

« On compte plus de deux cents missions à notre actif. On construira 40 piscines d’ici 2014. »

MISSION H2O 13, rue Victor Hugo – 92240 MALAKOFF – Tél. 01 49 12 87 65 – Fax : 01 49 12 56 17

BAUMANN [Alexandre Sasha « Alex »]

Natation.(Prague, Tchécoslovaquie, 21 avril 1964-). Canada. En 1968, les Baumann visitent la Nouvelle-Zélande quand les chars russes envahissent la Tchécoslovaquie. Les Baumann s’installeront au Canada, à Sudbury, dans l’Ontario, où Alexandre se lance dans la natation. Au gré des déplacements de ses parents, Alexandre nage à Paris, au Stade français, et remporte les critériums de France. De retour au Canada, en 1979, à quinze ans, il enlève aux Jeux panaméricains de San Juan de Porto Rico la médaille de bronze du 400m 4 nages. Il ne peut se présenter aux Jeux de Moscou, en 1980, que le Canada boycotte. Il réussit le doublé 200 et 400m 4 nages aux Jeux du Commonwealth 1982, année où il fait l’impasse sur les championnats du monde, et il l’emporte encore sur ces deux distances aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Au 400m quatre nages olympiques, il construit sa victoire dans le parcours en brasse, qu’il effectue en 1’13’’36 contre 1’16’’30 à Prado et 1’17’’39 à Vassallo. A l’arrivée, son temps, 4’17’’41, est un nouveau record du monde. Sur 200 mètres quatre nages aussi, il domine outrageusement, et finit en 2’1’’42, record du monde, loin devant Morales. Aux championnats du monde 1986, à Madrid, il est 2e du 200 et 3e du 400m 4 nages derrière Darnyi et Yarochuk. Non sans un incident : il est disqualifié en séries pour avoir touché en brasse d’une main, mais est reclassé vingt minutes plus tard, au grand scandale des Britanniques dont l’étoile, Moorhouse, n’a pas été repêché la veille sur 100 mètres brasse Au cours de sa carrière, il établit six records du monde, bat 32 records canadiens et enlève 34 titres nationaux. Il triomphe d’un cancer en 1999. Il s’intéresse au développement de la natation en Australie. Il devient directeur de « Own the podium », au Canada, jusqu’à sa démission en 2011, en raison du retour de son cancer.

BAUER [Sybil Laurina]

Natation. (Chicago, 18 septembre 1903-Chicago, 31 janvier 1927). États-Unis. Née de parents norvégiens qui vivaient à Chicago. La première grande nageuse de dos de l’histoire, elle enleva le titre du 100 dos des Jeux de Paris, en 1924, avec 4’’2 d’avance. Elle révolutionna les records du monde de dos, améliorant celui du 100 mètres de 12’’6 en l’espace de cinq mois. Elle l’amena à 1’22’’4 avant les Jeux, mais réussit une performance encore plus impressionnante aux sélections US, avec 1’22’’6 en bassin olympique. En finale, à Paris, sa course eut l’apparence d’une promenade en 1’23’’2, loin devant Phyllis Harding (GB) 1’27’’4. Sybil établit en tout vingt trois records mondiaux et collectionna, à partir de 1921, onze titres de championne des USA dont six consécutifs sur 100 yards dos. Son plus grand exploit fut sans doute, en 1922, aux Bermudes, de nager un 440 yards dos, en 6’24’’8, quatre secondes plus vite que le record du monde masculin détenu par « Stubby » Kruger. Le record ne put être homologué. Écolière, elle avait débuté à l’Illinois Athletic Club qu’entraînait William Bachrach. Elle nagea ensuite pour la Northwestern University. Brillante, décidée, excellente joueuse de basket-ball et de hockey, engagée dans le combat pour l’entrée du sport féminin à l’Université, elle détenait tous les titres et les records existants quand elle mourut, à 23 ans, victime d’un cancer intestinal foudroyant, après 92 jours de souffrances. Elle était alors fiancée à Ed Sullivan, alors un jeune écrivain sportif, son mariage était prévu au mois de juin. Étrangement, sa mort renforça à l’époque la position des adversaires du sport de compétition féminin.