ARMBRUSTER [David]

Natation. (). Head coach de natation de l’Université d’Iowa pendant quarante-deux ans (1916-1958). Uninnovateur, il appartint pendant deux décennies à l’Advisory Committee et au Rules Committee de la NCAA, et fut élu président du College Swim Coaches of America. L’un de ses élèves à Iowa fut James « Doc » Counsilman. Inspiré lui-même par Charles H. Mac Coy, professeur à Iowa et l’un des ténors des sciences de l’exercice dont la spécialité était l’analyse du mouvement. Dès 1928, Armbruster, comme les Japonais, qui utilisaient la photographie sous-marine pour étudier les nageurs, filmait les mouvements de ses nageurs. Ayant remarqué un de ses sprinteurs, Jack Sieg, qui, dans l’eau, se posait sur le côté et avançait en imitant le mouvement ondulant des poissons, il eut l’idée de demander à Sieg d’effectuer ce mouvement en se tenant sur le ventre et de greffer cette action des jambes, dite d’abord « en queue de poisson » à un mouvement simultané des bras. C’était le « dauphn » du papillon actuel.

ARÈNE [Julien]

Natation. (Nantua, 13 avril 1919-21
octobre 1998). France. Il ne fut jamais champion de France mais effectua le
parcours en papillon du relais français recordman du monde du 4 fois 100 mètres
quatre nages avec Violas, Dumesnil, éminente.
Devenu médecin, marié à Josette Delmas, ils eurent deux filles, Véronique et Isabelle, qui furent respectivement, l’une championne de France du
100m brasse en 1969, l’autre championne de France de plongeon à quatorze
reprises, et leur petit-fils Alexis Coquet champion de haut vol.

ARÈNE-DELMAS [Josette]

Natation. (Bruxelles, 13 août 1924-). France. Recordwoman du monde du 4 fois 100 mètres quatre nages en 1954 à Marseille avec Lusien, André et Derommelaere, elle participa aux Jeux olympiques de Londres et en 1948 et d’Helsinki en 1952. Entraînée par son père, André Delmas, puis à partir de 1945 par Julien Arène, son mari, « j’ai appris à nager dès l’âge de 4 ans grâce à mon père en Bretagne où nous passions nos vacances, » raconte-t-elle. « En 1938, à l’âge de 13 ans et demi, mon père avait loué une maison à Talloires où il m’entraînait à la natation. J’ai commencé à suivre à la nage sa barque dans la baie de Talloires, puis nous sommes allés jusqu’à la Tour d’Oingt. Devant mes facilités, il m’inscrit, sans me demander mon avis, à la traversée du lac d’Annecy qui se tenait au même moment. » Le parcours de cette compétition allait de Veyrier-du-Lac à la piscine d’Annecy, soit une distance de 3,2 km. « Je suis partie en crawl pendant 100 mètres, puis je suis passé au papillon. Au final, je suis arrivée première avec 150 mètres d’avance sur la deuxième, une nageuse suisse. »
La même année, elle est admise au Club des Nageurs de Lyon, quai Pêcherie. « J’étais alors la seule femme. Auparavant, seulement deux autres filles avaient été membres de ce club ! Et elles ont été, elles aussi, championnes de France juste avant moi » précise-t-elle. « En 1948, je bats le record de France de Renée Blondeau qui avait participé aux J.O. de Berlin en 1936. » En 1949, la famille Arène migrant à Paris, elle entre alors au club des Mouettes où son père, André, l’entraîne. En tout et pour tout, elle fut dix fois championne de France (d’été) : du 100 mètres (en 1943, 45, 46, 47, 48, 49, 50 et 54), du 400 mètres (en 1946 et 1947), et battit cinq records nationaux.

ARAI [Shigeo]

Natation. (Shizuoka, 8 août 1916-Myanmar, 19 juillet 1944). Japon. 3e du 100m des Jeux de 1936, en 58’’, derrière Ferenc Csik et Masanori Yusa, champion olympique du 4 fois 200m. Quoique le bronze lui fut octroyé, des évidences photographiques semblent montrer qu’il n’aurait pas dû monter sur le podium. Associé aux deux autres finalistes japonais du 100 mètres, Yusa et Masaharu Taguchi ainsi qu’à Shigeo Shugiura, il contribua à la victoire du relais quatre fois 200 mètres avec un record du monde, 8’51’’5, avec 11’’5 d’avance sur leurs suivants américains. La situation politique fit qu’Arai ne se produisit plus hors du Japon. Il fut, trois fois, champion national sur 100m, et quatre fois sur 200m. Contraint de s’enrôler dans l’armée du fait de la guerre, il fut tué dans les combats en Birmanie.

AOKI [Mayumi]

Natation. (1er mai 1953-).
Japon. Double recordwoman du monde, championne olympique (1972, à Munich) du
100 mètres papillon et championne du Canada (1970), 3e de la course
aux mondiaux 1973. Première championne olympique japonaise de l’histoire, elle
avait amené, quelques semaines plus tôt, le record du monde du 100 mètres
papillon à 1’3’’9. En finale olympique, elle réussit 1’3’’34 et défit Roswitha
Beier, Andrea Gyarmati, Deena Dearduff et Dana Schrader dans une course
disputée où les cinq premières battirent le record du monde. Dans le relais
quatre nages du Japon, Aoki réussit, lancée, 1’2’’47. Elle est devenue
enseignante et entraîneur de natation.

ANKE [Hannelore]

Natation. (Schlema, 8 décembre 1957-).
RDA. Produit (et victime) du système de dopage institutionnalisé dans son pays, elle fut  recordwoman du monde et championne olympique du 100 mètres brasse et du relais  quatre nages en 1976 à Montréal, championne du monde 1975 (100 mètres et 200 mètres brasse, relais quatre nages).

ANDREWS [Theresa]

Natation. (New London, Connecticut, 25 août 1962- ). États-Unis. Entraînée au club aquatique de Baltimore Nord, elle nage pour les Universités d’Indiana (1981-82), puis de Floride, à Gainesville, et avec les Florida Gators entraînés par Randy Reese. Championne olympique du 100 mètres dos et du 4 fois 100 mètres quatre nages aux Jeux de Los Angeles, en 1984, après avoir abandonné ses études, l’hiver précédent, pour pouvoir s’entraîner à fond. Qualifiée en deuxième position à 3/100e de seconde de Betsy Mitchell aux trials (sélections US), Andrews, en finale des Jeux, part prudemment. Seulement 4e au virage (en 30’’56), elle remonte Jolanda de Rover, 30’’17, Carmen Bunaciu, 30’’17, et Mitchell, 30’’50’’ pour l’emporter en 1’2’’55. Elle offre alors sa médaille à son frère Danny, paralysé à l’âge de dix-neuf ans, l’été 1983, à la suite d’un accident de bicyclette, alors qu’elle disputait les Jeux panaméricains. Carrière sportive achevée, elle effectue une carrière professionnelle brillante (vice-présidente de la Bank of America), après avoir travaillé, de 1992 à 1999, dans le domaine social. Membre du Comité olympique américain.

ANDREW (Thornett) [Janice « Jan »]

Natation. (25 novembre 1943-).
Australie. Elle apprit à nager à six ans aux bains de Northbridge. Franck
Guthrie l’entraîna ensuite à la piscine de Canterbury. Recordwoman du monde, en
1’8’’9, du 100m papillon, lors de la rencontre Japon-Australie, en 1961 ;
médaille de bronze aux Jeux de Rome, en 1960, en 1’12’’2, et d’argent au relais
quatre nages. Sa fille, Jeanne Withley, a été internationale de handball.

ANDRÉ [Marie-Hélène]

Natation. (Paris, 5 octobre 1935-).
France. Nageuse de dos, elle améliora avec l’équipe de France, le record du
monde du relais quatre fois 100 mètres quatre nages, à Marseille en 1954.
Membre du Racing depuis 1945, championne de France du 100 mètres dos en 1953,
1954 et 1955, elle détint les records de France des 100 mètres et 200 mètres
dos entre 1953 et 1957 et fut finaliste du 100 mètres dos aux championnats
d’Europe de Turin en 1954. 23sélections.

PIERRE ANDRACA, L’HOMME DES QUATRE MINUTES

ANDRACA [Pierre] Natation. (Bône, Algérie, 25 septembre 1958-). France. Champion de demi-fond, au style harmonieux, il fut le premier Français à nager le 400 mètres en moins de quatre minutes. Champion de France d’été du 200 mètres en 1976, 1979 et 1981, du 400 mètres en 1976, 1978 et 1979, du 1500 mètres en 1975 et 1976. Il débuta avec Pierre Barbit à la piscine de Mont Fleury, à Cannes, puis, au cours d’une carrière itinérante, s’entraîna à Grasse avec Guy Mignatelli (1971-1972), à Paris, à Font-Romeu (1973-74) avec Jacques Meslier, qu’il suivit à Dinard l’année suivante. Il passa un cap important en 1976. Le record de France du 400 mètres avait été amené l’année précédente, à 4’6’’20 par Marc Lazzaro. Pierre s’en empara à Tarbes en 4’5’’47 aux France d’hiver, l’amena à 4’3’’13 le 5 juin à Bordeaux, et enfin, après une préparation « aux petits oignons » auprès de Georges Garret, à 4’0’’34 dans les séries de l’épreuve des des Jeux de Montréal, où, avec ce temps, il frôla l’accession en finale qui s’était jouée à 4’0’’27 ! Il rejoignit en 1977 Antibes (et un nouvel entraîneur, l’ancien capitaine de l’équipe olympique australienne de 1964, David Dickson). A Antibes, on attendait de lui qu’il réalise un bond en avant, mais Dickson ne cessa de l’affûter à chaque occasion pendant la saison et c’est un Pierre Andraca méconnaissable, comme épuisé et sans réactions, qui sombra aux championnats d’Europe, cette année là, loin des Soviétiques lourdement anabolisés qui triomphèrent. On le retrouva à Long Beach, en Californie, où opérait Richard Jochums (le coach de Tim Shaw et de Bruce Furniss) qu’il suivit à Tucson (en Arizona). Pierre se reprit et nagea en 4’ exactement aux France, à Lille, en mars 1978, puis, aux championnats d’été de 1979, à Mulhouse, le 15 juillet, en 3’59’’06. Il s’empara aussi du record de France du 200 mètres qu’il se disputait avec Fabien Noël, en 1’54’’06 (1978) et 1’53’’24 (1979), de celui du 800 mètres (8’27’’59 en 1977 et 8’25’’95 en 1979) et du 1500 mètres qu’il amena à 16’16’’91 (1976), 16’10’’60 et 16’0’’87 (1977). Il établit son dernier record de France sur 400 mètres 27 jours après les championnats de Mulhouse, signant un 3’57’’48, à Londres. Une entorse lui coûta la qualification pour les Jeux de Moscou. Son plus bel exploit est sans doute sa 2e place en Coupe d’Europe derrière Salnikov, en 3’52’’48 en petit bassin, fin 1980. Il continua à nager mais avec des ambitions moins élevées, jusqu’en 1984, afin d’assurer sa reconversion : il devint entraîneur, puis professeur de sport (1995). Il épousa Annick DE SUSINI, dont il a divorcé par la suite. Leur fille Joanne ANDRACA (Hyères, 10 juillet 1988-), entraînée par sa mère, fut sélectionnée olympique ; elle établit en 4’38’’23 le record de France du 400 mètres quatre nages (2008).