Morozov plus que jamais

16 juillet 2013

Kazan, Russie, Universiades d’été

Vladimir Morozov, après avoir signé en 47’’62, sur 100 mètres, la deuxième performance de l’année, a réussi 21’’67 sur 50 mètres, autre temps de classe mondiale. Le Russe, entraîné aux Etats-Unis dont il est un des héros de la saison universitaire, a réussi en effet 21’’67, 5e temps mondial, n’étant devancé cette saison que par Nathan Adrian, 21’’47, James Magnussen, 21’’52, Florent Manaudou, 21’’55 et Cesar Cielo, 21’’57 : excellente compagnie, n’est-il pas vrai ? A Kazan, sa victoire n’a pas fait un pli, seulement quelques vagues ; il a laissé son compatriote Andrei Grechin, 22’’10 à près d’un mètre, ce qui est considérable sur une distance aussi brève, et le 3e, l’Ukrainien Andrii Govorov, 22’’17, encore plus loin.

Le 50 mètres brasse dames est revenu à Julia Efimova, en 30’’12, 2e performance mondiale de l’année derrière les 29’’96 de la Lituanienne de Grande-Bretagne Ruta Meilutyte. La Nippone Kona Fujita, encore 4e aux 150 mètres de son 200 mètres papillon, fut la seule à ne pas se désunir et à pouvoir terminer fort et l’emporta nettement, en 2’9’’66 et une belle démonstration d’égalité d’allure : 29’’56, 33’’49, 33’’30, 33’’30 !

L’Américain Michael Weiss a conquis un beau 400 mètres quatre nages, en 4’12’’ juste, 7e temps mondial de l’année.

Le 400 mètres dames a donné lieu, sinon à une grande performance, du moins à une course intéressante, remportée par l’Italienne Martina De Memme, 4’7’’69, devant Martina Sokolova, Russie, 4’8’’51, et Caitlin McClatchey, Grande-Bretagne, 4’8’’77. Encore une fois, la gagnante réalisa un « negative split », ou course à accélération terminale, passant en 2’4’’20 pour finir en 2’3’’49, et 1’1’’35 au dernier cent mètres.

Le relais quatre fois 100 mètres quatre nages russe, vainqueur en 3’58’’04, fut lancé par sa dossiste Anastasia Zueva, en 59’’88, 8e temps de l’année ; Julia Efimova, 1’6’’51 en brasse, Veronica Popova, 58’’29 en papillon et Viktorya Andreeva, confortèrent l’avance. Dans la course masculine, les Russes placèrent Morozov en dos. Il fut légèrement devancé dans son parcours par le Japonais Yuki Shirai en 53’’81 contre 53’’99. Au passage en brasse, les Japonais avaient augmenté leur avance grâce à Koseki, 59’’72, puis l’Américain Kyler Van Swol conquit la première place par un parcours en 51’’74. Mais Grechin, par un remarquable 47’’36 lancé parvint à l’emporter : 3’34’’27, contre 3’34’’41 au Japon, 3’34’’63 aux USA.

Anna Santamans, l’argent, le bonheur, les regrets

16 juillet 2013

Kazan, Russie, Universiades d’été

A Kazan, où les Universiades approchent de la fin, la Française Anna Santamans, a fini 2e du 50 mètres nage libre en 24’’81 ; l’Arlésienne, entraînée aujourd’hui à l’Olympique Nice Natation par Maxime Leutenegger, est devancée par la vice-championne olympique biélorusse Aleksandra Herasimenia, 24’’48, et suivie sur le podium par l’Américaine Megan Romano, elle-même l’une des meilleures nageuses US en libre et en dos, 24’’98. La Niçoise avait gagné la course des championnats de France d’hiver en 25’’37, ratant la qualification mondiale pour trois centièmes de seconde, et nagé ensuite en 25’’18 aux championnats de France universitaires, en mai, puis en 25’’31 à Monaco le 18 juin dernier.

C’est sa troisième incursion sous les 25’’ sur une longueur de bassin, après les Jeux olympiques de Londres, où, partant d’un temps de référence de 25’’23 réussi à Dunkerque, aux championnats de France, elle l’égala d’abord, réalisant le 15e temps des séries, et se surpassa en demi-finales, avec 24’’94, terminant 10e ex-aequo. Hier, elle avait gagné la 6e série de la course de Kazan, nageant en 25’’ uete et devançant la redoutable Herasimenia, 25’’22. En demi-finale, elle avait une nouvelle fois devancé la vice-championne olympique en 24’’83 contre 24’’94. Mais en finale, Herasimenia, dont le record personnel, 24’’28, date de la finale olympique de Londres, a remis de l’ordre dans la hiérarchie, devançant la Française de près d’un mètre et approchant son record personnel de deux dixièmes. Il n’empêche : Santamans, 20 ans, se situe désormais à 0’’23 du record de France, qui est toujours détenu par Malia Metella en 24’’58. Mais la vice-championne olympique (50 mètres) et du monde (100 mètres) avait utilisé une combinaison de nage pour l’établir à Rome aux championnats du monde 2009.

On peut regretter l’absence de Santamans, aux mondiaux de à Barcelone, ne serait-ce que parce que cette nageuse se comporte très bien dans les grandes compétitions internationales. Si ses 25’’37 de cet hiver la laissaient loin du compte, ses 24’’81, en revanche… Elle se trouve en 10e position dans le bilan mondial de l’année.

BARROWMAN [Michaël Ray « Mike »]

Natation. (Asuncion, Paraguay, 4 décembre 1968-). États-Unis. Il incarne le 200 mètres brasse pendant l’olympiade qui conduit des Jeux de Séoul, en 1988, où il rate sa finale, et termine 4e, jusqu’aux Jeux de Barcelone, en 1992. Là, il triomphe en améliorant un record du monde, 2’10’’16, qui tiendra dix ans et sera battu en partie en raison de l’évolution des règlements, qui vont permettre le passage sous-marin de la tête à chaque mouvement et une ondulation de dauphin après le plongeon de départ et chaque virage. Barrowman domine dans la course des Jeux olympiques le Hongrois Norbert Rozsa (2’11’’23) et le Britannique Nick Gillingham (2’11’’29), qu’il a battus l’année précédente, dans cet ordre, aux mondiaux de Perth. A l’issue de cette ultime course, Barrowman détient sept des dix temps les plus rapides réalisés sur la distance. Il achève un chapitre de sa vie, débuté en 1986 auprès d’un expert financier doublé d’un grand coach de brasse hongrois, Jozsef Nagy, qui entraîne au Curl-Burke Swim Club, outre Barrowman, Sergio Lopez, 4e
de la finale olympique de Barcelone en 2’13’’29 et Roque Santos (USA), qui a
raté la dite finale de trois centièmes (Mike nage aussi pour John Urbancek, à l’Université du Michigan). Depuis cinq années, Nagy l’oblige à se coucher avec une médaille autour du cou. Le soir de la finale, c’est Nagy qui s’endort avec la médaille
d’or de Barrowman ! Barrowman se définit ainsi : « je ne suis pas un nageur. Je suis un compétiteur qui a trouvé dans la natation un moyen d’exprimer son goût pour la compétition. » Il n’est pas grand, autour de 1,80m, et aucune force particulière ne se dégage de son allure physique. Nageur des années 1989 et 1990 (selon la revue Swimming World), il établit sept records du monde, remporte le titre mondial 1991, enlève six titres américains et trois titres universitaires US. En ayant fini avec la brasse, il se retire mais continue de faire de la compétition. Il devient champion des états-Unis en canoë-kayak. Il entraîne ensuite en natation aux îles Caïman.

BARRETT [William Melvin “Bill]

Natation. (Atlanta, Georgia, 4 mars 1960-). États-Unis. Recordman
du monde du 200 mètres quatre nages, 2e de la distance des mondiaux
1982 derrière Ricardo Prado, Barrett, qui nageait aux Cincinnati Marlins et
pour l’Université de Californie, à Los Angeles, se qualifia pour les Jeux de
Moscou en gagnant le 200 mètres quatre nages et en terminant 2e du
100 mètres brasse des sélections US. Le boycott olympique américain le priva de
toute chance. Quatre ans plus tard, il ne put se qualifier pour les eux
olympiques de Los Angeles. Vingt-deux ans plus tard, Barrett, qui était
également un très bon sprinter en nage libre, nagea dans les programmes Masters
(vétérans).

BARR [Irène]

Natation. (Hamilton, Ontario, 3 septembre 1923-). Canada. Sujette
à une maladie rare, l’acrodynie, touchant les extrémités (mains, pieds, nez)
qui sont tuméfiées, douloureuses, cyanosées, et provoquant des troubles
nerveux, circulatoires et musculaires, elle nagea pour se soigner avant de
rejoindre le Club aquatique d’Hamilton ; dès l’âge de quatorze ans, elle
se posait en candidate aux médailles aux Jeux olympiques de Tokyo, en 1940, qui
furent annulés. Elle nage notamment 1’2’’ au 100 yards cette année (le record
mondial, de Ragnhild Hvager, est de 59’’7). Elle établit six records canadiens
de nage libre, des 100 yards au mile. Elle fut surnommé « iron barr »
(barre de fer).

BARON [Miete « Marie » PUY-]

Natation. (Rotterdam, 5 février 1908-Rotterdam, 23 juillet 1948). D’un talent étonnant de versatilité, c’est une nageuse et plongeuse de grand standing. On se souvient de sa 2e place dans le 200 mètres brasse des Jeux olympiques d’Amsterdam, qu’elle termine en 3’15’’2, derrière Hilde Schrader, 3’12’’6, ainsi que des records du monde de la distance qu’elle établit, 3’18’’4 en bassin de 25 mètres à Bruxelles en 1926, 3’12’’8 (en 25 mètres) à Rotterdam en 1928. Mais elle nage également le crawl assez bien pour entrer dans le relais quatre fois 100 mètres hollandais 6e aux Jeux, ainsi qu’une plongeuse, 4e du concours à Amsterdam. La chose n’est pas courante, mais cela arrive dans les débuts des Jeux olympiques, Johnny Weissmuller se produisait dans des plongeons et Kathleen Rawls et Aileen Riggin furent en 1932 et 1924 des médaillées olympiques de plongeon. Avant les Jeux d’Amsterdam, Marie Baron avait déjà nagé aux Jeux de Paris, en 1924.

BARON [Esther]

Natation. (Cholet, 6 février 1987-). France. Championne d’Europe 2006 du 200 mètres dos à Budapest, à l’issue d’une course équilibrée où, 4e au 50 mètres, 3e au 100 mètres, 2e au 150 mètres, elle laissa finalement sa suivante à plus de deux secondes. Championne d’Europe junior du 100 mètres dos trois ans plus tôt, elle avait alors quitté Manosque après avoir échoué dans sa poursuite des minima olympiques, pour rejoindre à Melun (puis, en août 2006, à Canet), Laure Manaudou, qui deviendra une grande amie, et l’entraîneur Philippe Lucas ; elle détint les records de France de la distance en grand (2’10’’05, 2006) et petit bassin (2’6’’82, 2006), avant d’abaisser, aux Championnats d’Europe 2007 en petit bassin à Helsinki le record d’Europe, 2’4’’08, qui appartenait à Buschschulte (2’4’’23). Des blessures (inflammation à l’aine en 2007) entravent sa progression, puis elle est victime des mauvaises relations de Philippe Lucas, qui refuse de signer la charte de préparation olympique en octobre 2007 et de la Fédération. Ecartée de l’équipe de France avant les Euros 2008 pour avoir sauté un stage (parce que son entraîneur n’y est pas admis), elle ne se qualifie pas pour les Jeux de Pékin. Elle se rend à Marseille et parvient à se qualifier pour les mondiaux 2009 de Rome, mais finit 22e du 100m dos. Elle prend alors sa retraite, connait des difficultés de réinsertion et devient éducatrice sportive à l’Entente Sportive Manosquine de natation.

BARBIT [Pierre]

Natation. (Choisy-le-Roi, 31 mars 1917-). France. Nageur, puis entraîneur. Il débuta à seize ans à Choisy-le-Roi sous la férule de Charles Copin, qui était à la fois un entraîneur et un affichiste publicitaire de grand talent. Comme il ne savait pas respirer dans l’eau, il fit du dos. Prisonnier de guerre, évadé, il entra dans la clandestinité, adhérant à un mouvement de résistance communiste. La paix retrouvée, il entraîna à Choisy-le-Roi, puis dirigea la piscine du Stade Gaëtan-Devaux, à Brive, avant de monter prendre en mains la section de natation du Racing club de France que dirigeait André Foucher-Créteau (1949-1961). Directeur de la piscine Molitor (1960-1962), premier Directeur technique de la natation française (1962-1964), il s’installa au Palm Beach de Cannes où il découvrit plusieurs talents, Jean-Philippe et Pierre Andraca, Patrice Mounier, Jean-Paul Biancamaria, qu’il fit tous monter avec lui à Paris quand il reprit la section natation du Racing où évoluaient déjà Bernard Vicente, Marc de Herdt et Jean-Paul Berjeau. Il créa une école de natation copiée sur les principes en vigueur aux états-Unis, mais à la mort de Foucher-Créteau, ce système novateur, mais payant, et tès rémunérateur, ce qui lui fut reproché, fut combattu et Barbit licencié. Il se concentra désormais sur son affaire de maillots de bains (Barbit Sports) tout en continuant d’entraîner, découvrant des talents comme celui de Sophie Kamoun avant de prendre sa retraite d’entraîneur, créa avec l’appui de Lucien Zins, vers cette époque, le Collège des Entraîneurs Français de Natation. En 1951 et en 1953 (4’31’’5), il réussit le rare exploit d’amener au record du monde le relais 4 fois 100m quatre nages du Racing, formé de Violas, Dumesnil, Arène et Éminente. Retiré à Sommières, près de Montpellier.

BARBIYER [Leonid Faivelevych]

Natation.(Kiev, Ukraine, 9 avril 1937-). Champion d’Europe soviétique (Ukraine) du 200 mètres dos, en 1962, il améliore six records d’Europe dans sa carrière, en dos et dans les relais quatre nages. En 1960, aux Jeux de Rome, et athlète de gabarit moyen
(1,80 m, 73kg) termine 5e du 100 mètres dos gagné par David Theile, en 1’3’’5, et 5e du relais quatre nages soviétique, qu’il lance en 1’4’’7. 2e du 100 mètres dos européen en 1958, à Budapest, derrière le Français Robert Christophe, qui le devance également aux Jeux, à Rome, il l’emporte aux championnats d’Europe 1962, à Leipzig, sur 200 mètres dos, en 2’16’’6, devant l’Allemand de l’Est Wagner, 2’17’’9. Avec le relais d’URSS, il est champion d’Europe en 1958.

Ledecky olympique du mois aux USA

15 juillet 2013

Katie Ledecky a été élue “athlète du mois” du Comité olympique américain (USOC) suite à ses performances de juin dernier aux championnats US à Indianapolis. La championne olympique du 800 mètres des jeux de Londres a gagné 400 mètres 800 mètres et 1500 mètres à Indianapolis. Elle s’est aussi qualifiée sur 200 mètres mais a décidé de ne pas nager cette épreuve aux mondiaux de Barcelone où elle devra aussi s’aligner avec le relais quatre fois 200m. Tout le monde n’a pas l’appêtit de Michael Phelps!