LEDECKY [Kathleen Genevieve “Katie”]

Natation (Washington, 17 mars 1997-). USA. Championne olympique du 800 mètres en 2012, à Londres, elle s’impose l’année suivante comme la meilleure nageuse de demi-fond, enlevant trois titres mondiaux individuels et un quatrième avec le relais quatre fois 200 mètres, battant les records du monde du 800 et du 1500 mètres. Katie réside avec ses parents à Beteshda, dans le Maryland et étudie à la Stone Ridge School of the Sacred Heart. Son père, David, originaire de Tchécoslovaquie, s’est installé tout enfant, en 1947, aux USA. Son grand-père, E. J. Hagan, passionné de natation, lança la campagne qui aboutit à la construction d’une piscine couverte à Willington. Sa mère, Mary Gen Hagan, y nagea avec ses six frères et soeurs, puis, en compétition, à l’Université du Nouveau-Mexique. Katie commence à nager à six ans à la suite de son frère aîné Michael. Jusqu’à l’été 2012, elle s’entraîne avec le coach Yuri Suguiyama, 30 ans en 2012, au Nation’s Capital Swim Club (anciennement Curl Burke) jusqu’à ce que celui-ci accepte un poste d’assistant à l’Université de Cal Berkeley. Elle est depuis lors entraînée par un vétéran du coaching, Bruce Gemmell. Et nage l’été au Palisades Swim Team de Beteshda.

La petite est douée, adore la compétition, mais elle est peu loquace. Suguiyama, pour en savoir plus, lui demande, après chaque entraînement, de décrire sur une feuille de papier sa journée, ce qui lui a plu et déplu. Katie prend conscience de ses dons vers neuf ou dix ans, mais sans se rendre compte où ses capacités l’amèneront. Son développement dévoile petit à petit sa valeur, et l’amènera par étapes à la première place.

Mais, comme dit Georges Brassens, « sans technique, le talent n’est qu’une sale manie ». La journée type de Katie Ledecky est dirigée vers l’exploitation de ses dons. Deux ou trois fois par semaine, ayant entraînement le matin, elle se lève à 3h55, est dans l’eau à 4h45. Devoirs, poterie (son dada) et nage occupent sa journée d’adolescente « normale ». C’est une fille organisée, croyante et qui fait ses prières

2012 : elle enlève le 800 mètres des sélections olympiques qui se tiennent à Omaha Beach dans le temps de 8’19’’78, devant la favorite Kate Ziegler. Elle est également 3e du 400 mètres en 4’5’’, meilleur temps américain des 15-16 ans de Janet Evans battu, et 9e du 200 mètres en 1’58’’66. Elle a 15 ans 4 mois et 10 jours et c’est la plus jeune participante américaine aux Jeux olympiques de Londres. Là, qualifiée en 3e position dans le temps de 8’23’’84, elle enlève l’or du 800 mètres, en 8’14’’63, loin devant l’Espagnole Mireia Belmonte, 8’18’’76, et la championne olympique de Pékin, Rebecca Adlington, 8’20’’32. Son temps représente la 2e performance de l’histoire, mais la première en maillot de bain « textile ». C’est une course où Ledeck fait montre d’une impressionnante supériorité : en-dehors de Lotte Friis, qui passe en tête aux 100 mètres, Katie signe tous les meilleurs temps de passage de la finale. Elle impose un rythme frénétique (passage en 4’5’’55, presque à son record) qui étouffe les deux filles qui tentent de la contrer, Adlington et Friis. En 2013, ses progrès apparaissent aux championnats-sélections US pour les championnats du monde, à Indianapolis, où elle enlève 400 mètres (en 4’4’’05), 800 mètres (en 8’22’’41) et 1500 mètres (en 15’47’’15 avec 20’’ d’avance sur Chloe Sutton, 16’7’’75. Elle est 2e du 200 mètres derrière Missy Franklin, en 1’57’’63 contre 1’55’’56.
Aux mondiaux qui se tiennent à Barcelone, Katie abandonne l’idée de nager le 200 mètres individuel, dont les dates se chevauchent avec le 1500 mètres. Elle gagne sans coup férir les trois courses de demi-fond, et le relais quatre fois 200m. Sur 400 mètres, le 28 juillet, elle étouffe d’entrée toute contestation par un départ ultra-rapide, 28’’05, 58’’12, 1’28’’25. La championne olympique Camille Muffat, qui s’efforce de la suivre, perd contenance après les 150 mètres et finit loin. Ledecky poursuit son effort, passe, seule sous les 2’ aux 200 mètres (1’58’’74), appuie encore dans la cinquième longueur (2’28’’85), maintient son rythme jusqu’au bout, 2’59’’29, 3’29’’94, et l’emporte en 3’59’’92. Melanie Costa, l’Espagnole, est battue de cinq mètres, en 4’2’’47, la Néo-Zélandaise Boyle de quatre secondes, 4’3’’99. Deux jours plus tard, elle est emmenée pendant 1300 mètres par Lotte Friis, la Danoise qui se sait limitée en vitesse et tente en vain de la lâcher au train. Dans une course marquée par une grande régularité d’allure, Ledecky parvient à décoller Friis à deux cents mètres du but. Les deux filles annihilent le record du monde de Kate Ziegler, 15’42’’54, établi à Mission Viejo le 10 juin 2007. Katie gagne en 15’36’’53, Lotte suit en 15’38’’88. Enfin, le 3 août, poussée par la Danoise Lotte Friis, qui tente de reproduire sa même stratégie que sur 800m, Ledecky colle à la Danoise, la rejoint à trois longueurs du but et se détache et emballe la course par un dernier 50 mètres en 29’’79 plus rapide que celui qui clôt son 400 mètres. Elle bat le record du monde d’Adlington « polyuréthane » aux Jeux de Pékin, en 2008, 8’13’’98 contre 8’14’’10. Deux jours plus tôt, conviée à la finale du relais quatre fois 200 mètres, elle lance la formation américaine qui l’emporte finalement en 7’45’’14, dans un temps de 1’56’’32, nouveau record personnel. Dans l’ensemble de son programme mondial, Ledecky montre une forme excellente, mais aussi une intelligence du train et de la stratégie à suivre. Sur 400 mètres, où elle se sait la plus résistante des finalistes, elle part très vite, étouffe toute possibilité de contre-attaque ou de sprint final, et mène de bout en bout. Sur 1500 mètres, elle suit Lotte Friis, hyper résistante mais incapable d’un vrai changement de rythme, avant d’imposer sa vitesse supérieure. Sur 800 mètres, en séries, ayant déjà battu Friis sur 1500 mètres, elle lui assène des démarrages, puis rétrograde, ceci à répétition. Elle ne reproduit pas ce petit jeu en finale, mais gagne avec une relative aisance.

La course de Katie Ledecky se signale d’ailleurs par une maîtrise des changements de rythme, sur une trame de course marquée par l’égalité d’allure : dans le 800 mètres des Jeux olympiques de Londres, elle réagit dès que Lotte Friis s’empare de la tête, ax 100 mètres, en 58’’70. Katie accélère, passe en tête aux 150 mètres (1’29’’01), conserve ne cadence très élevée à mi-course atteinte en 4’4’’34, son record personnel, 4’5’’.

 

FRANKLIN [Melissa Jeannette « Missy »]

Natation. (Née à Pasadena, Californie, le 10 mai 1995-). Considérée peu ou prou comme la meilleure nageuse du monde en 2011, 2012 et 2013, c’est une fille de très grande taille (1,87m) dotée d’une envergure de 1,93m, de grandes mains, de pieds de taille 46, qui sont des « palmes incorporées », s’amuse à dire son père. Bébé nageur, adorant l’eau, cette fille unique se met à nager sur l’insistance de sa mère, à cinq ans. Elle étudie au lycée Jésuite d’Aurora, dans le Colorado, et son entraîneur, depuis qu’elle a sept ans, est Todd Schmitz, au club Colorado Stars. La fille de deux Canadiens, Richard et Dorothy Franklin, dotée de la double nationalité US et Canadienne, sa mère suggéra qu’elle représente le Canada, où l’accession à l’équipe nationale est plus facile. Elle préféra les USA, et elle n’a pas eu tort, parce que Melissa Franklin est assez forte pour ne pas s’inquiéter de la difficulté d’être sélectionne en équipe ! En 2008, à treize ans, elle participe aux sélections olympiques US. Elle finit 37e, et ne peut, de très loin, se qualifier pour les Jeux de Pékin. En 2010, Missy se qualifie, seconde du 100 mètres dos et du 200 mètres dos des championnats US, pour les PanPacifics qui ont lieu en Californie, à Irvine. Elle termine 4e du 100 mètres dos et ne peut se qualifier en finales sur 50 mètres ni sur 200 mètres dos. Elle s’empare de sa première médaille internationale aux Mondiaux (petit bassin) de Dubaï, en décembre 2010, quand elle finit 2e du 200 mètres dos (2’2’’01) derrière la Française Alexianne Castel (2’1’’67). Egalement 2e avec le 4 fois 100 mètres quatre nages de ces mondiaux où elle est seulement alignée en séries, elle nage aussi sur 50 et 100 mètres dos, 100 mètres et 200 mètres quatre nages et dans le relais 4 fois 200 mètres. Entre le 24 et le 31 juillet 2011, ne cessant de progresser, elle conquiert cinq médailles aux mondiaux de Shanghai : d’or sur 200 mètres dos (2’5’’90 en séries, 2’5’’10 en finale, records US), et dans deux des trois relais. Sur 4 fois 200 mètres (7’46’’14, avec Dagny Knutson, Katie Hoff, Allison Schmitt ; elle lance la course en 1’55’’06, plus vite que Pellegrini, gagnante de la course individuelle en 1’55’’58 ; sur 4 fois100 mètres quatre nages (3’52’’36, avec Natalie Coughlin, Rebecca Soni, Dana Vollmer ; elle nage le parcours lancé de crawl en 52’’79) ; le 4 fois 100 mètres enlève l’argent (3’34’’47, avec Natalie Coughlin, Jessica Hardy et Dana Vollmer, et Franklin nage lancée 52’’99) ; elle est aussi médaillée de bronze sur 50 mètres dos, en 28’’01, derrière Anastasia Zuyeva, 27’’79, et Aya Terakawa, 27’’93. Trois jours plus tard, aux championnats des USA, à Palo Alto, elle enlève 100 mètres libre (53’’63) et 100 mètres dos (59’’18). Le 22 octobre, à Berlin, elle bat en 2’0’’03 le record mondial en petit bassin, sur 200 mètres dos de Shiho Shakai, 2’0’’18). C’est le premier record du monde de l’époque qui suit l’horreur des combinaisons de nage. En décembre, elle co-établit avec Coughlin, Soni et Vollmer un record petit bassin en relais 4 nages de 3’45’’56 où elle exécute son parcours de crawl en 51’’32. Elle réussit de grandes sélections US pour les Jeux olympiques de Londres, gagnant le 100 mètres dos en 58’’85, record US de Coughlin battu (en restant à bonne distance du record du monde de Gemma Spofforth, 58’’12), et le 200 mètres dos en 2’6’’12. Une demi-heure après les séries du 200 mètres dos nagées en 2’7’’91, elle est 2e du 100 mètres libre (54’’15) derrière Jessica Hardy, 53’’96. Plus tôt, elle s’est qualifiée 2e du 200 mètres (1’56’’79) derrière Allison Schmitt (1’54’’40), autant de performances qui la qualifient dans sept épreuves. Aux Jeux olympiques de Londres, Melissa apprend qu’un fou a tiré dans une salle de cinéma d’Aurora, faisant douze morts et cinquante-quatre blessés, et elle s’épanche longement sur ce drame qui la bouleverse. Elle a refusé les avances de la Californie pour continuer à étudier à Aurora jusqu’à ses dix-huit ans. Elle remporte le 100 mètres dos, non sans une fière résistance de l’Australienne Emily Seebohm, qui survole les séries, 58’’23, et les demi-finales, 58’’39. Missy, qui a nagé, elle, respectivement, en 59’’37 et 59’’12, remporte la finale en 58’’33, record US, mais moins vite que le record olympique de Seebohm, 2e en 58’’68. C’est qu’elle dispute en même temps le 200 mètres libre, et entre séries, demi-finales et finales, ce sont six courses de haut niveau qu’elle doit disputer. Sur 200 mètres crawl, d’ailleurs, elle frôle l’élimination et se qualifie avec le dernier temps en demi-finale, en 1’57’’57, à dix-huit centièmes de laisser la place à l’Espagnole Costa Schmid, 1’57’’76. En finale, dans la ligne 8, elle échoue à un centième du bronze, 1’55’’82. Trois jours plus tard, le 3 août, Franklin, qui s’est également qualifiée avec le 2e temps derrière celui d’Elisabeth Beisel, 2’6’’84 contre 2’6’’18, se lâche en finale : 2’4’’06, record du monde, et devance sa seconde, la Russe Zueva, 2’5’’92, de plus d’une longueur. Entre-temps, elle a nagé le 100 mètres libre sans pouvoir se mêler à la lutte pour la gagne, et terminé 5e en 53’’64. Plus tôt, le 28 juillet, Franklin, équipière modèle, a lancé le relais 4 fois 100m US par un 53’’52 qui est son record personnel, mais ses équipières sont moins pointues. Les USA terminent 3e en 3’34’’24. Le 1er août, Franklin lance le relais quatre fois 200 mètres en troisième position, en 1’55’’96, mais cette fois, les USA comblent ce petit retard grâce à une course record d’Allison Schmid, et gagnant en 7’42’’92. Enfin, Missy lance le relais quatre nages en 58’’50. L’écart est creusé en brasse par Rebecca Soni, 1’4’’82, en papillon par Dana Vollmer, 55’’88. Schmid conclut, le temps final est record mondial, 3’52’’05.

A l’issue des Jeux olympiques, Melissa Franklin est une gloire nationale. La nageuse impressionne, et la personne plait. Melissa est simple, souriante, désintéressée. Elle représente des valeurs qui sont admirées, quoique très peu pratiquées. Elle refuse ainsi l’argent que lui proposent la Fédération américaine pour ses victoires et des sponsors qui veulent s’attacher son image. Ce sont des sommes qui pourraient avoisiner 1,5 millions de dollars par an. Missy repousse ces avances parce qu’elle rêve de nager en équipe universitaire, et que la Fédération du sport universitaire, la NCAA, refuse depuis toujours le professionnalisme. Repousser le Dieu dollar n’est pas une vertu pratiquée aux USA, mais confusément, les gens sont impressionnés par cette attitude qui leur parait stoïque. Melissa ne déclare pas mépriser l’argent – là, elle serait incomprise – elle met seulement son désir d’une fraternité (sororité conviendrait mieux dans ce cas), d’une aventure collective devant ces sommes alléchantes. D’ailleurs, elle ne fait que retarder son entrée dans le professionnalisme de deux saisons, et n’ira pas au bout de sa scolarité dans les rangs amateurs. Certains analystes affirment d’ailleurs à ce sujet que ce choix ne devrait même ne pas la léser financièrement dans le long terme. En se présentant comme une étudiante sérieuse, son image ne pourra que grandir dans le public bien plus que si elle n’est qu’une pro de la natation. Nager pour une institution aussi puissante que Cal Berkeley risque aussi de lui apporter énormément en termes de réseaux personnels et de prestige, à la fois sportif et universitaire, milieux d’affaires, dirigeants, etc. Enfin, le professionnalisme en natation n’a pas toujours été une très bonne affaire, si l’on excepte le cas Michael Phelps, et bien des nageurs qui ont choisi cette voie tirent en fait le diable par la queue (et ont fait leur deuil d’une éducation).

Quoiqu’il en soit, le public américain en pince pour Melissa. Quand la revue américain The Reader’sDigest publie un numéro spécial sur « les cinquante raisons d’aimer l’Amérique », non seulement Franklin constitue d’une de ces raisons, mais c’est elle qui se retrouve à la couverture du magazine…

Melissa a fait l’impasse sur les mondiaux en petit bassin, en décembre 2012. Aux sélections US pour les mondiaux de Barcelone, qui se disputent à Indianapolis, elle gagne le 100 mètres en 53’’43, le 200 mètres en 1’55’’56, le 100 mètres dos, 58’’67, le 200 mètres dos en 2’6’’33, et se qualifie, 2e, sur 50 mètres dos en 28’’15. Avec les relais, cela lui offre un programme de huit courses à Barcelone. Sur 100 mètres libre, elle sera dominée en vitesse par les sprinteuses : 4e en 53’’47. Mais elle va gagner le 200 mètres en 1’54’’81, échappant à un retour de l’Italienne Federica Pellegrini, 1’55’’14, qu’elle n’a peut-être pas vu sur sa gauche, respirant du côté droit. Sur 100 mètres dos, elle inflige, un an après Londres, une nouvelle défaite à Seebohm, en 58’’42 contre 59’’06. Sur 200 mètres dos, elle creuse l’écart d’emblée et triomphe aisément, en 2’4’’76 avec trois mètres d’avance. Présente dans les relais, elle aide à gagner (3’32’’31) le 4 fois 100 mètres, qu’elle lance en 53’’51 ; sur quatre fois 200 mètres, dernière relayeuse, elle s’élance 1’’12 derrière l’Australienne Alicia Coutts, lui reprend son avance, et finit détachée, temps personnel, 1’54’’27, pour un temps total de 7’45’’14 aux USA contre 7’47’’08 à l’Australie. Enfin elle offre, à l’issue du parcours en dos, 58’’39, une grosse seconde d’avance sur l’Australienne (en revanche la Japonaise Terakawa a nagé en 58’’70). Les USA gagnent détachés, 3’53’’23 contre 3’55’’22 à l’Australie. Avec les trois relais, Missy empoche six titres. Elle peut dès lors partir en vacances et préparer la rentrée universitaire à Cal Berkeley.

La France 2eme au monde chez les hommes.

15e championnats du monde à Barcelone

Finalement, la France s’est bien sortie des championnats du monde de Barcelone. Si elle recule d’une place au rang des nations par rapport aux Jeux olympiques dans le classement officiel des médailles, c’est en raison des épreuves non olympiques  du plongeon et de la natation synchronisée, ce qui fait qu’on ne compte plus la même chose.

Nous proposons ici un autre classement, réservé à la seule natation, comptant toutes les courses de natation du 50 mètres aux courses d’eau libre, soit 46. Il réserve ses points aux finalistes, dans l’ordre croissant du 8e au 1er, de la façon suivante :

1 (8e), 2 (7e), 3 (6e), 4 (5e), 5 (4e), 6 (3e), 7 (2e), 9 (1er).

Le but d’un tel classement est de donner sa place à l’exploit, mais aussi à une certaine « profondeur » des équipes.

Garçons.- 1. USA, 158pts ; 2. France, 77pts ; 3. Japon, 66pts ; 4. Australie, 65pts ; 5. Brésil, 63pts ; 6. Afrique du Sud, 60ts ; 7. Chine, 56pts ; 8. Russie, 52pts ; 9. Allemagne, 46pts ; 10. Canada, 29pts ; 11. Hongrie, Italie, 26pts ; 12. Grande-Bretagne, 22pts ; 13. Pologne 20pts ; 14. Tunisie, 16pts ; 15. Grèce, 12pts ; 16. Slovénie, 10pts ; 17. Belgique, 9pts ; 18. Finlande, Trinidad, 6pts ; 20. Espagne 5pts ; 21. Îles Féroé, Biélorussie, Nouvelle-Zélande, Ukraine, 4pts ; 25. Israël, Pays-Bas, Suède, 3pts ; 28. Equateur, 2pts ; 29. Argentine, 1pt.

Chez les hommes, la France atteint une très flatteuse 2e place, derrière les inamovibles USA. C’est une nouveauté. Elle n’en était pas là l’an passé, aux Jeux olympiques. Autre chiffre révélateur de son amélioration en profondeur, le fait qu’elle obtient  14 places en finale, comme le Brésil, et n’est battue que par les USA, 28, et, d’assez peu, par le Japon, 16, et l’Australie, 15. La Russie, 11, l’Afrique du Sud et la Chine, 10, l’Allemagne, 9, sont derrière.

Cela nous étonne un peu, car la natation française est loin d’être « complète ». Elle a toujours ses carences, ses « trous » : Agnel mis à part, pas un nageur compétitif au-delà de 100 mètres, dans tous les styles. Mais voilà, aux mondiaux à part les Etats-Unis, aucune équipe n’a irradié. Le Japon, la Grande-Bretagne et l’Australie ont été un ton en-dessous. D’un autre côté, la France a su jouer de ses points forts : trois nageurs très costauds, quelques brillants seconds, un grand esprit d’équipe. Comme aux Jeux elle a très bien su jouer de ses atouts, grâce à un groupe technique et d’accompagnement d’une efficacité, d’une loyauté et d’un dévouement assez admirables. Une très grosse réussite collective !

Filles.- 1. USA, 203pts ; 2. Australie, 83pts ; 3. Chine, 64pts ; 4. Danemark, 61pts ; 5. Espagne, Hongrie, 60pts ; 7. Brésil, 38pts ; 8. Grande-Bretagne, Russie, Suède, 36pts ; 11. Pays-Bas, 33pts ; 12. Canada, Japon, 31pts ; 14. Italie, 30pts ; 15. Nouvelle-Zélande, 27pts ; 16. France, 21pts ; 17. Ukraine, 19pts ; 18. Allemagne, 17pts ; 19. Lituanie, 16pts ; 20. Grèce, 10pts ; 21. Venezuela, 7pts ; 22. Tchécoslovaquie, 4pts ; 23. Chili, 3pts ; 24. Egypte, 2pts.

Camille Muffat victime d’un coup de moins bien, et c’est toute la chaine de performances de l’équipe féminine qui trinque. Le haut niveau est cruellement révélateur à ce niveau. Pourtant, il y a des éléments qui ne demandent qu’à s’affirmer, dont Charlotte Bonnet, bien sûr. La relève, restée en France, compte Cloé Hache, qui nagera l’an prochain à Nice, Marie Wattel, Anne Santamans. Muffat peut décider que l’aventure n’est pas finie. Il y a, nous semble-t-il, à Nice, le socle d’un gros quatre fois 200 mètres féminin, et donc d’une relance de la natation féminine

Lacourt et Stravius, deux Marseillaises pour finir

4 août 2013

15e championnats du monde.

Ce jour restera dans l’histoire de la natation française comme celui où la France empocha plus d’or dans la piscine que les USA!

MESSIEURS. 50 METRES DOS. (Finale).- 1. LACOURT Camille, FRA, 24.42; 2. STRAVIUS Jeremy, FRA,  24.54; 2. GREVERS Matt, USA, 24.54 ; 4. WILDEBOER FABER Aschwin, ESP, 24.58; 5. SUN Xiaolei, CHN, 24.76; 6. ORZECHOWSKI Daniel, BRA, 24.87; 7. BARNEA Guy Marcos, ISR, 25.14; 8. KOPELEV Jonatan Josef, ISR, 55 25.

Doublé français espéré mais un peu inattendu qui lance sur de bonnes bases la dernière journée des championnats du monde pour les Français! Ils ne savent pas qu’ils vont devenir champions du monde du relais quatre nages dans une heure et demie!

DAMES 50 METRES BRASSE (Finale).- 1. EFIMOVA Yuliya, RUS, 29.52 ; 2. MEILUTYTE Ruta, LTU, 29.59; 3. HARDY Jessica, USA, 29.80; 4. LARSON Breeja, USA, 29.95; 5. JOHANSSON Jennie, SWE, 30.23; 6. PEDERSEN Rikke Moller, DEN, 30.72; 7. NIJHUIS Moniek, NED, 31.31.

Elle se marre, Efimova. Une championne, Efimova, capable de se battre. Victoire sr 50m et 200m brasse, le grand écart du programme de la brasse après, au milieu, sur 100 mètres, s’être pris les pieds dans le tapis. Une seule nageuse, depuis le peu d’années que le 50 brasse existe, a réalisé ce grand écart, la Sud-Africaine Penelope Heyns… Et gagné le 100 mètres au milieu, ce qui parait logique. Que faut-il pour ça? Etre plus forte que les autres, ça pour les records, et meilleure combattante, ça pour les titres. Disposer de l’alliage vitesse-résistance. Sur 50 mètres, c’est au départ qu’elle eut la course gagnée, Efimova, comme Meilutyte avait empoché le record grâce à sa mise en action en demi-finale.[ On se demande quand même pourquoi Meilutyte ne tente pas sa chance sur 200 mètres brasse.] Nage de sprint pour le 50 mètres, nage longue pour le 200 mètres, il faut maîtriser les deux avatars du même mouvement. Les changements se font sur la fréquence. Voyez les images sous-marines: que ça a l’air simple. Que c’est compliqué… La brasse féminine a connu une mutation ici, en raison de la conjonction de trois championnes.

 

MESSIEURS.- 400 METRES QUATRE NAGES. (Finale).- 1. SETO Daiya, JPN, 4:8.69 (56.62, 2:0.10, 3:9.58); 2. KALISZ Chase, USA, 4:9.22 (57.74, 2:2.70, 3:11.53); 3. PEREIRA Thiago, BRA, 4:9.48 (56.63, 2:1.17, 3:11.15); 4. CLARY Tyler, USA, 4:10.39 (57.26, 2:0.12, 3:12.92); 5. HAGINO Kosuke, JPN, 4:10.77 (56.35, 1:57.91, 3:9.68); 6. VERRASZTO David, HUN, 4:13.68; 7. WALLACE Daniel, GBR, 4:13.72; 8. FRASERHOLMES Thomas, AUS, 4:17.46.

Ni Cseh, ni Lochte sur 400 mètres quatre nages, la distance est trop longue et compliquée pour ces vieux nageurs; on a souvent dit qu’en vieillissant on prend de la vitesse, mais peut-être qu’en vieillissant on devient mariolle, « paresseux » (un nageur paresseux est encore un énorme tâcheron) et on perd plus de résistance qu’on ne gagne de vitesse parce qu’on rechigne à s’entraîner autant. Même l’immense et hyperactif Phelps aurait souffert de ce syndrome du vieux nageur à Londres, où il n’a nagé que pour répondre à un voeu de sa maman adorée. Donc une nouvelle génération se met en place et encore une fois Hagino fait les frais de l’opération. Son compatriote Dalya Seto rafle la mise. Un point, Seto…

 

 

DAMES.- 50 METRES.- (Finale).- 1. KROMOWIDJOJO Ranomi, NED, 24.05; 2. CAMPBELL Cate, AUS, 24.14; 3. HALSALL Francesca, GBR, 24.30; 4. SJOSTROM Sarah, SWE, 24.45; 5. CAMPBELL Bronte, AUS, 24.66; 5. OTTESEN GRAY Jeanette, DEN, 24.66; 7. MANUEL Simone, USA, 24.80 ; 8 1 BRANDT Dorothea GER 0.68 24.81 0.76

Finalement Kromowidjojo a produit la course inspirée qui lui a permis de sauver l’honneur, un an après son triomphe olympique. Elle a mis en branle la mécanique courte de ses bras sur une fréquence à faire pâlir de jalousie la mitraillette d’Al Capone. La merveilleuse amplitude de Cate Campbell, à côté, est prise de court. C’est là qu’il faut citer le mantra de Marc Begotti « le bien nager n’existe pas. » Chacun avance avec ses points forts. Adapte, n’imite pas. D’ailleurs, Cate a beaucoup nagé à très haut niveau cette semaine, et elle s’apprête à signer un 100 mètres lancé en 52 »09 dans le quatre fois 100 mètres quatre nages: son argent vaut de l’or; même chose pour Sjostrom. Si ce 50 mètres avait été nagé en début de semaine, je me dis que… On se répête, mais…Notre Anna Santamans, absente, n’aurait pas déparé dans cette finale! Qu’est-ce qui n’a pas marché dans notre système de sélection, pour laisser ce bijou à la maison?

 DAMES 400 METRES QUATRE NAGES (Finale).- 1. HOSSZU Katinka, HUN, 4:30.41 (1:1.43, 2:9.71, 3:27.65); 2. BELMONTE GARCIA Mireia, ESP, 4:31.21 (1:1.99, 2:11.79, 3:29.58); 3. BEISEL Elizabeth, USA, 4:31.69 ; 1:2.24, 2:11.23, 3:28.96); 4. DIRADO Madeline USA, 4:32.70 ; 5. MILEY Hannah, GBR, 4:34.16 ; 6 JAKABOS Zsuzsanna HUN 4:34.50; 7. YE Shiwen, CHN, 4:38.51; 8. OTSUKA Miyu, JPN, 4:39.21

Katinka Hosszu termine en beauté son décathlon, aussi costaude le dernier que le premier jour de ces mondiaux. Quelle solidité.On se demande si Ye Shiwen n’a pas été beaucoup plus atteinte qu’il ne parait par l’invraisemblable agression médiatique dont elle a été la victime après ses triomphes londoniens. Elle était encore superbe aux championnats de Chine, et ici, on aurait dit qu’elle a eu peur de gagner. Je ne peux m’empêcher de penser que cette nageuse a été poignardée dans le dos.

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MESSIEURS. – 4 FOIS 100 METRES QUATRE NAGES (Finale).- 1 France, 3:31.51 (LACOURT Camille, 53.23, PEREZ D’ORTONA, 1:52.79, STRAVIUS Jeremy, 2:44.12, GILOT Fabien, 47’’39); 2. Australie, 3:31.64 (DELANEY Ashley, 53.55, SPRENGER Christian, 1:52.02, D’ORSOGNA Tommaso, 2:44.36, MAGNUSSEN James, 47.28); 3. Japan, 3:32.26, IRIE Ryosuke, 53.48, KITAJIMA Kosuke, 1:52.77, FUJII Takuro, 2:44.44, SHIOURA Shinri 47.82); 4. Russie, 3:32.74 (MOROZOV Vladimir 53.99 en dos), 5. Allemagne, 3:33.97; 6. Italie, 3:34.06 ; 7. Hongrie, USA disqualifiés, GREVERS Matt, 53.02 en dos.

La bourde de Kevin Cordes dans le relais américain permet de relativiser la disqualification du relais féminin français le matin. Cela fait une médaille d’or certaine des Etats-Unis qui se volatilise, et une médaille à peine probable française qui se réalise. Jérémy Stravius admirable une nouvelle fois et Fabien Gilot montrent une fois de plus qu’ils sont de sacrés relayeurs! La Fortune dépose son cadeau aux pieds de nos quatre Mousquetaires, one ne va pas bouder ce plaisir.

DAMES.- 4 FOIS 100 METRES QUATRE NAGES (Finale).- 1 USA, 3:53.23 (FRANKLIN Missy  58.39, HARDY Jessica 2:3.49, VOLLMER Dana 2:59.80, ROMANO Megan 3:53.23); 2. Australie, 3:55.22 (SEEBOHM Emily 59.40, FOSTER Sally 2:6.24, COUTTS Alicia 3:3.13, CAMPBELL Cate 3:55.22): 3. Russie, 3:56.47 (USTINOVA Daria,1:0.58, EFIMOVA Yuliya 2:5.40, CHIMROVA Svetlana 3:3.04, POPOVA Veronika 3:56.47) ; 4. Chine, 3:57.30 (FU Yuanhui  59.51 en dos) ; 5. Japon, 3:58.06 (TERAKAWA Aya 58.70 en dos) ; 6. Grande-Bretagne, 3:58.67 (QUIGLEY Lauren 1:0.30 en dos) ; 7. Canada, 4:0.19 (CALDWELL Hilary 1:0.76 en dos); 8 Allemagne, 4:1.81.

SUN YANG MOINS FORT, MAIS IMPRENABLE

4 août 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Sun Yang était moins costaud que d’habitude, dans ce 1500 mètres. Ryan Cochrane a joué son rôle d’outsider, mais il n’avait pas la carrure suffisante pour parvenir à ôter au Chinois cette capacité de finir fort. Il a un peu faibli après le 800 mètres. Faute! Ou incapacité physique. Peut-être ne pouvait-il continuer d’appuyer? Ou, après avoir mené et joué son rôle, a-t-il consciemment freiné son élan pour se réserver, en pensant qu’il pourrait surpasser Yang dans le final. Illusion! Cochrane a nagé son dernier 100 mètres en 55’’91, ce qui est remarquable, mais le champion olympique a lui fini en 54’’48, ce qui n’est d’ailleurs pas sa meilleure fin de course (elle reste inférieure à celle des mondiaux de Shanghai et des Jeux). Il est resté à dix secondes de son record mondial. Dans son année post-olympique, Sun a conservé toute sa vitesse mais a perdu un peu de son endurance. Le jeune Italien Gregorio Paltrinieri a nagé sa course, il est presque revenu au niveau de Cochrane, en profitant du ralentissement de ce dernier sans lui-même accélérer. Ce soir, Sun, sur le podium, est entre le passé, Cochrane, et l’avenir, Paltrinieri, mais il est le présent… Il ajoute à ses titres de 2011 et 2012 une troisième couonne. Il est plus que jamais le meilleur nageur du monde, et, comme Agnel, il montre que, même bousculé, le grand talent reste le grand talent.

MESSIEURS.- 1500 METRES (Finale).- 1.SUN Yang, CHN, 14:41.15 (56.50, 1:56.49, 2:55.48, 3:54.11, 4:53.18, 5:22.75, 5:52.32, 6:51.45, 7:50.83, 8:49.99, 9:49.71, 10:48.88, 11:48.31, 12:47.85, 13:46.67); 2. COCHRANE Ryan, CAN 14:42.48 ( 56.82, 1:56.60, 2:55.35, 3:54.09, 4:53.15, 5:52.27, 6:51.28, 7:50.67, 8:49.95, 9:49.55, 10:48.74, 11:48.17, 12:47.84, 13:46.57); 3. PALTRINIERI Gregorio, ITA, 14:45.37 (57.17, 1:57.02, 2:56.50, 3:55.81, 4:55.45, 5:54.70, 6:53.95, 7:53.16, 8:52.29, 9:51.66, 10:51.01, 11:50.40,  12:49.75, 13:48.52, 14:17.44) ; 4. JAEGER Connor, USA, 14:47.96; 5. MCBROOM Michael, USA, 14:53.95 ; 6. HARRISON Jordan, AUS, 15:0.44; 7. JOENSEN Pal, FAR, 15:3.10; 8. FOGG Daniel, GBR, 15:5.92.

Relais quatre nages, zéro scandale

4 août 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Coralie Balmy, départ un peu trop anticipé, et le relais quatre nages des Françaises est passé à la trappe. Pas de quoi fouetter un chat, Balmy a décollé douze centièmes de seconde avant qu’Hénique n’ait touché à l’arrivée de son parcours de papillon. Balmy devait être fébrile au départ, voyant que de toute façon le relais ne pouvait pas passer. Les Italiennes ont eu le même pépin (Erika Ferraioli, pour treize centièmes), et se trouvaient deux secondes devant les Françaises. A la fin du parcours de Mélanie Hénique, qui nageait le papillon, les Françaises étaient onzièmes et il aurait fallu lancer Yannick Agnel déguisé en fille pour espérer qualifier l’équipe de France sur ce coup là.

On a lu de ci de là, des commentaires acides sur l’incident. Ils paraissent injustes au vu de l’engagement et de la passion qu’exhibe Coralie Balmy, son admirable esprit collectif, démontré sans faille, depuis des années en relais, et qui s’est encore manifesté avec éclat voici quelques jours dans le quatre fois 200 mètres ; on voit mal en outre en quoi l’encadrement de l’équipe de France – que nous n’avons pas pour politique de ménager – peut être responsable d’un incident qui arrive parfois, de façon collatérale à la prise de risque.  A Barcelone,  le relais quatre nages masculin de la Pologne a été disqualifié par Pawel Korzeniowski, un champion du monde de papillon et l’un des nageurs les plus expérimentés de la planète ! En séries du 4 fois 100m messieurs, la formation espagnole a été disqualifiée  et elle avait gros à jouer en finale ! Bref, qu’on se rassure, nous sommes en bonne compagnie, et même si on ne va pas féliciter aujourd’hui Coralie, nous préférerons toujours de très loin une boulette effectuée dans l’esprit du jeu par excès de ferveur à une participation molle de petit fonctionnaire de la compétition.

Si erreur il y a eu, c’est sans doute d’avoir présenté une autre formation que l’équipe première, en laissant au repos Camille Muffat et Charlotte Bonnet. La France n’est pas les Etats-Unis, ses forces sont réparties sur un trop petit nombre de nageuses pour pouvoir se qualifier avec des remplaçantes (en-dehors du quatre fois 200 mètres). Rendez-vous compte: les Américaines se sont qualifiées avec une équipe de remplaçantes qui étaient toutes des finalistes de leur course individuelle à Barcelone! Nous n’en sommes pas là, nous n’avions même pas UNE finaliste individuelle dans UNE course de 100 mètres, ni en dos, ni en brasse, ni en papillon, ni en crawl. C’est parce que la même erreur n’a pas été commise dans le relais masculin que Lacourt, Perez d’Ortona, Stravius et Gilot sont arrivés en finale !

Mais enfin, dites-moi, qu’avons-nous perdu de grave dans cette affaire?

 DAMES.-50 METRES PAPILLON (Finale).- 1. OTTESEN GRAY Jeanette, DEN, 25.24 ; 2. LU Ying, CHN, 25.42; 3. KROMOWIDJOJO Ranomi, NED, 25.53; 4. HALSALL Francesca, GBR, 25.70; 5. DEKKER Inge, NED, 25.83; 6. HENIQUE Mélanie, FRANCE, 25.96; 7. OSMAN Farida, EGY, 26.17; 8. VOLLMER Dana, USA, 26.46.

MESSIEURS. 400 METRES QUATRE NAGES (Séries).- 1. KALISZ Chase, USA, 4:11.87; 2. SETO Daiya, JPN, 4:12.96; 3. CLARY Tyler, USA, 4:13.55; 4. HAGINO Kosuke, JPN, 4:13.80 ; 5. VERRASZTO David, HUN, 4:13.95 ; 6. WALLACE Daniel, GBR, 4:14.15 ; 7. FRASERHOLMES Thomas, AUS, 4:14.52; 8. PEREIRA Thiago, BRA, 4:15.81.

DAMES.- 400 METRES QUATRE NAGES (Séries).- 1. HOSSZU Katinka, HUN, 4:32.72; 2. BELMONTE GARCIA Mireia, ESP, 4:34.64; 3. YE Shiwen, CHN, 4:34.93; 3. JAKABOS Zsuzsanna, HUN, 4:34.93; 5. MILEY Hannah, GBR, 4:34.94; 6. BEISEL Elizabeth, USA, 4:35.17; 7. DIRADO Madeline, USA, 4:37.39; 8. OTSUKA Miyu, JPN, 4:37.77.

MESSIEURS 4 FOIS 100 METRES QUATRE NAGES (Séries).- 1. USA, 3:32.72 (PLUMMER David 53.22, FINK Nicolas, 1:00.17, 1:53.39, ODSOE Eugene, 51.59, 2:44.98, FEIGEN James, 47.74); 2. Australie, 3:33.64 (DELANEY Ashley, 53.85, SPRENGER Christian, 59.57, 1:53.42, ITO Kenneth, 52.37, 2:45.79, MCEVOY Cameron,47.85, 3:33.64), 2. Russie, 3:33.64 (MOROZOV Vladimir, 54.67, STRELNIKOV Kirill,59.84, 1:54.51, SKVORTSOV Nikolay, 51.43, 2:45.94, LOBINTSEV Nikita, 47.70, 3:33.64) ; 4. FRANCE, 3:34.04 (LACOURT Camille, 54.02; PEREZ DORTONA Giacomo, 59.95, 1:53.97, STRAVIUS Jeremy, 51.96, 2:45.93, GILOT Fabien, 48.11); 5. Japon, 3:34.25 (IRIE Ryosuke, 53.67, KITAJIMA Kosuke, 1:0.10, 1:53.77, FUJII Takuro, 52.18, 2:45.95, SHIOURA Shinri, 48.30) ; 6. Italie, 3:34.29 (DI TORA Mirco, 54.99, SCOZZOLI Fabio, 59.63, 1:54.62, RIVOLTA Matteo, 51.60, 2:46.22, ORSI Marco, 48.07) 7. Hongrie, 3:34.64, (CSEH Laszlo, 54.19) ; 8. Allemagne, 3:34.91.

DAMES.- 4 FOIS 100 METRES QUATRE NAGES (Séries).- 1. USA, 3’58’’66 (PELTON Elizabeth, 1:0.83, LARSON Breeja, 1:5.68, 2:6.51, DONAHUE Claire, 58.67, 3:5.18, VREELAND Shannon, 53.48); 2. Australie, 3:58.73, (SEEBOHM Emily, 58.79, MARSHALL Samantha, 1:7.71, 2:6.50, COUTTS Alicia, 57.22, 3:3.72, MCKEON Emma 55.01); 3. Chine, 3:59.39, (FU Yuanhui, 59.57 en dos) ; 4. Grande-Bretagne, 4:0.04 ; (QUIGLEY Lauren 1:0.32 en dos) ; 5. Japon, 4:0.18 (TERAKAWA Aya, 59.72 en dos) ; 6. Canada, 4:0.34 (CALDWELL Hilary, 1:0.47 en dos), 7. Russie, 4:0.69 (USTINOVA Daria, 14 ans, 1:0.11 en dos) ; 8. Allemagne, 4:1.30 (GRAF Lisa,1:0.89 en dos).

La France a été disqualifiée ; ont achevé leurs parcours, CREDEVILLE Cloé, 1:0.86, DE RONCHI Sophie, 1’9.02, HENIQUE Mélanie, 60’’19

Chad Le Clos, pape du pap’

3 août 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

 

Steffen Deibler a flairé un bon coup, et, de sa ligne extérieure, la numéro un, masqué de la vue des gros bras des lignes du milieu du bassin, il a tenté de filer dans un 100 mètres papillon qui semblait extrêmement ouvert. Aux 50 mètres, il passe devant, en 23’’60, devant le Polonais Czerniak, qui joue lui aussi la carte de la vitesse. Mais le rêve de l’Allemand se fendille après le virage, il est encore en tête aux 75 mètres, mais d’un rien et il se fait manger du terrain. Pour une fois, Ryan Lochte, dont c’est l’anniversaire, et peut-être parce qu’avec un an de plus, il sent que l’âge joue contre lui – pour une fois donc, Lochte coince. Le Clos qui finit plus vite que tout le monde l’emporte, le voici auteur d’un doublé 100-200 papillon, Laszlo Cseh, 2e, n’a jamais médaillé sur une si courte distance ! Mais on est un peu loin des temps de Michael Phelps…

MESSIEURS.- 100 METRES PAPILLON.- (Finale).- 1. LE CLOS Chad, RSA, 51.06 (24.17); 2. CSEH Laszlo, HUN, 51.45 (24.22); 3. CZERNIAK Konrad, POL, 51.46 (23.92); 4. DEIBLER Steffen, GER,  51.54 (23.60); 5. KOROTYSHKIN Evgeny, RUS, 51.57 (24.06); 6. LOCHTE Ryan, USA, 51.58 (24.29); 7. RIVOLTA Matteo, ITA, 51.65 (24.14) ; 7. TSURKIN Yauhen, BLR, 51.65 (24.29).

Missy Franklin écrase la concurrence

3 août 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Solo de Missy Franklin, très vite esseulée. Depuis les Jeux olympiques, aucune rivale ne s’est présentée, une Kristy Coventry, une Margaret Hoelzer. Ce n’est pas que les autres ne sont pas bonnes, elles excellent. Mais pas à son niveau ! Et l’avenir parait dégagé. Hocking et Caldwell, qui l’accompagnent à Barcelone sur le podium sont déjà trop aguerries pour espérer effectuer des progrès nécessaires pour la menacer à l’avenir, et Katinka Hosszu est d’un talent monstre mais se disperse…Et on dirait que Pellegrini, à peine goûté au dos, va revenir en crawl. Non, il reste cette Daria Ustinova, pas encore quinze ans (elle est née le 29 août 1998), 2’8 »69 ici, soit plus rapide que Missy à son âge. Mais la Russe traîne, hélas, déjà une inquiétante histoire de dopage dont on espère qu’elle n’est qu’un bête épisode médicamenteux ! A voir.

Le 200 mètres est sa distance reine, à Missy, et le dos sa nage forte. Rien ne lui résiste, d’entrée. Gros premier 50 mètres, déjà une longueur de corps d’avance, 29’’55 contre 30’’70 à Caldwell, la Canadienne qui va battre et rebattre son record canadien, mais a déjà sa tête à hauteur du battement de Franklin. Ensuite, celle-ci enquille la meilleure deuxième, la meilleure troisième, la meilleure dernière longueur : 31’’38, 31’’84, 31’’99. A l’arrivée, record des championnats. Ça lui fera sa cinquième médaille d’or des mondiaux.

DAMES.- 200 METRES DOS.- (Finale).- 1. FRANKLIN Missy, USA, 2’4’’76 (29.55, 1:0.93, 1:32.77) ; 2. HOCKING Belinda, AUS,  2:6.66 (30.85, 1:2.47, 1:34.65); 3. CALDWELL Hilary, CAN, 2:6.80 (30.70, 1:2.23, 1:34.56); 4. ZEVINA Daryna, UKR, 2:8.72; 5. PELTON Elizabeth, USA, 2:8.98; 6. HOSSZU Katinka, HUN, 2:9.08; 7. RUSSELL Sinead, CAN, 2:10.46; 8. USTINOVA Daria, RUS, 2:11.30 (2’8 »69 en séries, 2’9 »08 en demi-finale).

Coup d’Etat à Barcelone : Manaudou renversé, Cesar Imperator

3 août 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Florent Manaudou a une grande sœur, laquelle lui a donné un grand frère. Bousquet. En un an il est passé de la ligne huit à la quatre. 1er en séries, 1er en demi, alors bien entendu la machine à positiver se met en marche. Chronique d’une victoire annoncée. Bon, ça ne se passe pas comme ça. Pourquoi j’aime voir nager le 50 mètres ? Parce que c’est un feu d’artifice, totalement imprévisible, cela amplifie le caractère d’aléa du sport, dont trop de gens veulent faire une science exacte. Pourquoi je déteste le 50 mètres ? Parce que c’est un court-circuit, totalement aléatoire, donc totalement injuste, où tout se joue trop vite, dans une logique par trop incertaine. Pas de stratégie, un emballement quasi-animal, un enchaînement de mouvements instinctifs, comme achevé avant même de commencer… Rien à goûter, rien qu’un mascaret qui avance, une éjaculation précoce.

Bon, retournons à Barcelone, racontons : départ un peu foiré de Manaudou, et… c’est fini. Scotché à l’arrière de ce torrent humain. Punition à l’arrivée. Qui c’est qui gagne ? C’est Cesar, Cesar Imperator, et comment, troisième titre mondial consécutif, 2009, 2011, 2013, il va encore pleurer sur le podium où il s’est fait couronner à répétition. Il y a vingt siècles, Néron recueillait ces fruits de ses émotions dans des fioles lacrymatoires. Cesar les disperse à l’écoute de l’hymne brésilien, quel gâchis. Florent 5e, Bousquet 8e, la Marseillaise repassera. Pas sympa les gars, vous auriez dû tout faire pour éviter des émotions et ces déluges lacrymaux à Cesar qui vont finir par lui faire du mal.

Tout a basculé tellement vite. Florent semblait bien dans sa glissée sous-marine, mais sa reprise de nage, oups ! Joué, perdu. Après ça, désabusé mais lucide, il trouve les mots qui conviennent : « je n’étais pas trop crispé, mais ça n’a pas marché et voilà ! On apprend bien plus d’un échec que d’une victoire » Bousquet, lui, question d’âge sans doute, parle de récupération : « la course d’hier a laissé trop de traces, je sentais qu’il manquait quelque chose. » Et Cesar Cielo, larmes séchées, affirme : « c’est mon 1er pas vers les Jeux olympiques de Rio. » Allons bon, Manaudou et Bousquet vont l’avoir entre les pattes pendant un certain temps !!

 

MESSIEURS.- 50 METRES.- (Finale).-1. CIELO FILHO Cesar, BRA, 21.32; 2. MOROZOV Vladimir, RUS, 21.47; 3. BOVELL George Richard, TRI, 21.51; 4. ADRIAN Nathan, USA, 21.60; 5. MANAUDOU Florent, FRA, 21.64; 6. ERVIN Anthony, USA, 21.65; 7. SCHOEMAN Roland, RSA, 21.85; 8. BOUSQUET Frédéric, FRA, 21.93.

Sur 800 comme sur 1500 mètres, c’est Ledecky devant Friis

3 août 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

La lotte commune est, on le sait, un poisson d’eau douce très recherché. Lotte Friis en est une variante d’origine danoise, remarquable par son endurance, qu’on trouve actuellement dans les eaux niçoises, où l’élève, dans un aquarium de 50 mètres un fameux éleveur nommé Fabrice Pellerin.

On ne savait rien sur l’endurance des lottes en général, mais la Lotte Friis, je vous jure, c’est quelque chose. Ce qu’elle a fait dans le 800 mètres des mondiaux de Barcelone, face à Katie Ledecky (qui évoque le brochet plus que la lotte), est un mélange admirable de courage et d’intelligence. Comme le soulignait Philippe Lucas sur la 2, elle n’avait pas d’autre choix que de durcir la course à mort pour essayer de déstabiliser Ledecky.  Mais sa seule vraie chance venait dans une certaine usure de l’Américaine, qui a beaucoup nagé toute la semaine. Le courage de Lotte n’a pas suffi, Barracuda Ledecky n’a montré aucun signe de fatigue, et a fait ce qu’elle pouvait faire de mieux : attendre. D’autant que Lotte ne badinait pas, et l’emmenait dans le rythme du record du monde… Tellement plus rapide que Lotte, et à peine moins endurante, Ledecky base sa supériorité sur la Danoise dans sa capacité de nager tant qu’elle le veut à l’économie avec un battement de jambes minimum, trainant, et de changer de rythme à volonté, en ‘’mettant le battement’’ et en ‘’durcissant’’ le rythme des bras. C’est ce changement de braquet qui manque à Friis. Je ne sais si la comparaison est judiciese, mais c’est comme si Ledeckyy disposait d’un réacteur supplémentaire, une post-combustion qu’elle déclenche pour le sprint tandis que Friis doit compter sur son moteur classique du début à la fin de son effort. Battue plus tôt dans la semaine par Ledecky sur 1500m, et compte tenu de leurs qualités respectives, la Niçoise ne pouvait qu’être encore moins susceptible de la déborder sur 800 mètres, le pronostic lui étant de moins en moins favorable à mesure que la distance diminue !

Lotte ne s’en est pas  laissé compter, elle a tenté le coup en grande championne, et elle a sans doute beaucoup moins perdu qu’il ne parait. Car si Ledecky l’a déposée après les 650 mètres, le panache de Lotte l’avait mise à l’abri d’une série d’expertes de l’emballage final qui auraient bien aimé se trouver  »dans sa roue » à cent mètres du mur. L’avance de 2’’13 sur Boyle que Friis engrangea dans son premier 400 mètres se retrouva presqu’exactement à l’arrivée (2’’26). Cela vaut mieux pour elle que d’avoir à la battre au sprint. Quoiqu’il en soit, à la fin de sa semaine, la Lotte à la sauce Pellerin compte deux médailles d’argent mondiales, et n’a donc pas perdu son année d’exil niçois ! Friis a approché son record européen, 8’15’’92, également en combinaison, et là encore il s’agit d’un progrès qu’on ne peut ni quantifier, ni ignorer. En revanche, Friis a nagé bien mieux qu’à Londres, 8’21’’89 en séries et 8’23’’86 en finale.  

Et Ledecky ? À l’issue de son succès tactique, l’Américaine a battu le record mondial, que Rebecca Adlington, vêtue d’une combinaison, avait amené à 8’14’’10 à Pékin. Un progrès symbolique, Katie nageant 8’13’’86, mais beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Ledecky est la grande nageuse de notre temps. Et elle n’a que seize ans.

 DAMES.- 800 METRES DAMES. Finale.- 1. LEDECKY Katie, USA, 8’13’’86 (record du monde) (50m 28.53,59.04, 2:1.23, 3:3.90, 4:6.44, 5:8.72, 6:11.03, 7:13.12); 2. FRIIS Lotte, DEN, 8:16.32 (28.51, 59.23, 2:1.07, 3:3.18 , 4:5.24, 5:7.63, 6:10.68, 7:13.69); 3. BOYLE Lauren, NZL, 8:18.58 (28.59, 59.24, 2:1.55, 3:4.20, 4:7.37, 5:10.32, 6:13.24, 7:16.47); 4. KAPAS Boglarka, HUN, 8:21.21; 5. BELMONTE GARCIA Mireia, ESP, 8:21.99; 6. SUTTON Chloe, USA, 8:27.75 ; 7. PINTO Andreina, VEN, 8:29.37 ; 8. DE MEMME Martina, ITA, 8:37.29.