KAZAN : relais dames en finale

10 juillet 2013

Première journée de natation aux Universiades à Kazan : sur 400 mètres, Simon Guérin, 3’54’’38, 4e de la 4e série, échoue pour la finale avec le douzième temps. Il est devancé par Yamamoto (5e série), Japon, 3’50’’83. Ryan Napoleon (5e), Australie, 3’51’’16, Fumiya Idaka (3e), Japon, 3’52’’40, Jacob Ritter (3e), 3’52’’50, Alex Wold (5e), USA, 3’52’’76. Evgueni Kulikov (4e), Russie, 3’53’’34, Eric William Edlin (4e), Canada, 3’53’’35, George O’Brien, Canada(4e), 3’53’’46 tous qualifiés. Ainsi que par, Francis Thomas Despond (4e), Canada, 3’53’’62, Lucca Biaggi (3e), Italie, 3’53’’84, Andrew Megan (2e), Irlande, 3’54’’11.

Le relais quatre fois 100 mètres dames français, 6e (3’45’’45), s’est assuré une place en finale ; côté masculin, les 3’21’’69 lui ont valu la 9e place. En séries du 50m papillon, Anna SANTAMANS, 27’’01, a fini 10e et sur 100 dos, Benjamin STASIULIS, 9e avec 55’’32.

Dans la 2e demi-finale du 100m brasse, messieurs, le Japonais Yashuhiro Koseki l’a emporté en1’0’’03. L’autre demi revient à l’Américain Mihail Alexandrov, 1’0’’57.

Jeunes.- (1) Massy sans Sports-études

Par Eric LAHMY

10 juillet 2013

 

Les trois premiers clubs français en benjamins, sur le podium des Trophées Lucien-Zins, sont Massy, Saint-Germain-en-Laye et le Lagardère Paris Racing. Trois expériences. Aujourd’hui, l’ES Massy, ou comment avoir des jeunes en l’absence d’aménagements scolaires…

 

 

Si l’on regarde le sport sous l’angle de la starisation et des médias, il n’est rien de plus que la réunion d’une poignée de jeunes gens qui poursuivent des succès de prestige, championnats de France, d’Europe, du monde, Jeux olympiques. Un tel facteur joue un rôle fondamental dans le fonctionnement… de l’information. Ce comportement, mal maîtrisé, peut figer la chaîne médiatique. Je me souviens d’une époque, au journal L’Equipe, où, pour obtenir la place qu’elle espérait dans sa rubrique de tennis, la responsable n’avait qu’à prononcer le mot magique en conférence de rédaction. Ce mot, c’était : « Noah. » Immédiatement, on lui a allouait les six colonnes, ou la page entière, ce qu’elle demandait. Noah pouvait n’avoir rien fait depuis six mois, ou encore moins que ça, on estimait que tout ce qui le concernait, depuis ses problèmes de couple jusqu’au panaris qu’il s’était donné à un pied, c’était bon. Marie-José Pérec  avait pas couru une course depuis six ans qu’elle faisait encore courir la presse (à peine moins vite qu’elle) à ses trousses. Laure Manaudou se trainait manifestement, à la veille des Jeux de Londres, mais on ouvrait « huit colonnes » sur elle comme si l’on devait s’attendre à monts et merveilles aux Jeux où, comme s’y attendaient tous ceux qui l’avaient vu se noyer dans les meetings, elle termina 22e du 100 mètres dos et 30e du 200 mètres dos.

La starisation est peut-être même un mal nécessaire. Les exploits de nos champions créent les vocations à venir. Combien de glorieux sportifs, se souvenant du déclenchement de leur désir, racontent avoir suivi un aîné qui avait réussi un exploit. Combien de petites filles se sont prises pour Laure Manaudou ou ont souhaité lui emboîter le pas. Agnel a été prénommé par ses parents qui étaient des fans de Noah, la différence étant qu’il a changé de sport à l’heure du choix !

La Fédération française de natation compte près de 300.000 licenciés, dont près de 30.000 nageurs classés. Si l’on admet que le nombre de nageurs visibles au plan médiatique représente peu ou prou une dizaine d’unités, on peut donc dire que 0,03 pour cent de l’iceberg natation française est émergé…

… et donc que 99,97% se situe en-dessous du seuil de visibilité.

Une part énorme de cette population se constituée de jeunes. Il s’agit donc du vivier des générations futures : galaxie très éloignée des télescopes, méconnue, que celle de la natation des sans-grades du sport. Méconnu, mais dont la valeur humaine est incroyablement dense et riche, nourrie de passion et d’amour du sport, du plein air. Une jeunesse qui se construit, et se donne un socle de condition physique, de santé, pour l’avenir, et qui échappe aux mirages du désœuvrement, de la rue.

Dirigeant la manœuvre de cet univers foisonnant, on trouve un nombre élevé de maîtres-nageurs, d’enseignants bénévoles, de techniciens auto créés, de parents, d’édiles municipaux, etc. convaincus des bienfaits du sport et des vertus de la compétition, mus par l’enthousiasme débordant de ceux qui ont la passion de la jeunesse et le goût chevillé au corps de transmettre, et qui poussent à la roue. Même parmi ces inconnus par excellence, passent de bouche à oreilles, chuchotés dans les conversations informelles, les noms de certains d’entre eux, comme de légendes urbaines : ils ont existé depuis toujours, les Jacques Latour, l’homme qui avait créé Gilbert Bozon, le recordman du monde de dos des années 1950, Jean-Louis Le Charpentier, qui préparait les gros poissons du Cercle des Nageurs de Marseille quand ils n’étaient que des alevins, Alexandre Mouttet, Germain de Miras, autre maître de nage qui forma Alain Gottvalles, le recordman du monde du 100m de 1964, et Michel Rousseau, le champion et recordman d’Europe 1970. Marc Leferme, le Dunkerquois qui forma Francis Luyce, ou encore aujourd’hui Eric Boissière, qui, à Rouen, suscita l’éclosion d’une moitié du sprint français des années 2000.

Formateur, c’est une passion de l’excellence, mais sans chercher la lumière. Formateur, c’est une école d’humilité. Cela aboutit, au mieux, chaque année, aux Trophées Lucien Zins, aux championnats cadets et minimes.

Souvent, cependant, il s’agit moins d’un choix d’enthousiasme que d’une abdication raisonné. Je resterai formateur parce que je n’ai pas les moyens,budget,  temps d’ouverture du bassin ou horaires scolaires aménagés, d’offrir aux jeunes les conditions d’un succès majeur. Parfois même, c’est un crève-cœur de voir son meilleur élément attiré par un autre club qui lui offre un logement, une voiture, de l’argent. « A Reims, se souvient Jacky Batot, président du club, j’avais d’excellentes conditions, mais j’ai perdu Christophe Deneuville et Eric Rebourg, recrutés par des clubs qui leur ont fait miroiter quelques avantages. »

Selon Jacky Brochen, qui a entraîné à Clichy, dans les équipes de France et de Suisse, et s’est posé depuis à Caen, « entraîner les jeunes et les champions, c’est une sérieuse différence. D’abord, les jeunes doivent intégrer complètement leur vie scolaire. Ils s’entraînent beaucoup moins. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne nagent pas long, il ne faut pas les casser. Faire dans l’anaérobique, c’est à terme, leur filer une carrosserie de Rolls et un moteur de deux-chevaux. »

Comment se motive un jeune ?  Brochen s’en inquiétait. Comment nourrir les désirs d’un jeune pour un sport contraignant en l’absence de rétribution tangible ? Dans les compétitions, la plupart n’atteignent pas les podiums, encore moins les médailles. Comment peuvent-ils avoir envie de continuer en dehors de ces signes de succès ? Un ami psychiatre l’a rassuré : « ceci est un point de vue d’adulte, mais un jeune fonctionne de façon différente. Il ‘’renvoie’’ la récompense. Si l’adulte lui exprime sa satisfaction, le félicite sur le bord du bassin après la course, l’encourage, cela suffira à son bonheur. Ce n’est que plus tard, adolescent, qu’il prendra conscience de ce que LUI a envie de faire. »

Le sortir de l’enfance est l’époque où les entraîneurs de jeunes proposent aux enfants des récompenses sous forme de bonbons, voire même d’un simple sourire, d’un mot qui valide son effort.   

D’autres écueils peuvent apparaitre plus tard, soutient encore Brochen. Le gamin qui progressait vite peut voir son évolution bloquée en juniors ou en seniors. « Les risques sont plus élevés pour les éléments féminins. Certaines très jeunes filles, légères et longilignes, prennent du poids en se formant et deviennent moins aptes à nager vite. Elles sont plus fortes, mais ont tendance à s’enfoncer, et certaines n’avancent plus. » Alors la lassitude

Pour Brochen, il vaut mieux faire nager plus long. « Si vous mettez un jeune sur un 100 mètres, il pourra être tenté, de se battre, de nager n’importe comment. Sur 200 mètres, il sera contraint de place sa nage. » [On le verra, tout le monde ne s’aligne pas sur une telle analyse.]

Le mois dernier, les Trophées Lucien Zins, véritables championnats de France des benjamins, ont distribués leur moisson de récompenses. Les trois premiers clubs au classement ont été, dans l’ordre, Massy, Saint-Germain-en-Laye et le Lagardère Paris Racing.

L’ES Massy est apparu dans le paysage il y a maintenant près de quarante ans, quand Michel Scelles se pose un peu par accident à Massy. Scelles, un Normand de souche, fils d’un entraîneur de jockeys, et lui-même devenu le plus jeune chef d’équipe de la sidérurgie lorraine. dans le bassin de Longwy, avant de passer son maître-nageur-sauveteur, par passion sportive, quand la ville se dote d’une piscine. Après une dizaine d’années à développer le rugby local, une série de hasards l’emmènent au bord du bassin. L’ex fondeur est fondu d’entraînement. Il fonce, quitte à se mettre l’opinion à dos. Crée une section sport-études «sauvage», instaure les premières séances de musculation et deux entraînements quotidiens. «J’arrivais tous les jours à 5 heures du matin. Je passais le balai pendant que les nageurs tournaient. Le dimanche, l’équipe rentrait par l’infirmerie, en douce. De nombreuses lettres de protestations arrivaient en mairie parce que nous gênions le public. Devant les résultats, on m’a soutenu…» En 1979, Massy est devenu le deuxième club français et Jean-Gilles Porte, élève de Scelles, «casse» les 16’ au 1500m libre.

Scelles est remarqué, il devient entraîneur national, quitte Massy pour l’INSEP. A sa suite, un jeune coach au regard clair, Michel Courtois, va officier. « La grande différence avec l’époque, c’est le professionnalisme, raconte Michel, aujourd’hui à la retraite, La natation s’arrêtait au bac. On travaillait différemment. Maintenant, on fignole tout : récupération, alimentation, psychologie. Et il faut des budgets très importants. »

Aujourd’hui, au bord des bassins, Nicolas Miquelestorema, qui fut champion de France et obtint plusieurs médailles nationales entre 2005 et 2007. Comment entraîne-t-on les jeunes ?

     « Il faut énormément de disponibilité sur les bassins, explique-t-il. On assure  la continuité sur les groupes. On compte 1000 adhérents avec les bébés nageurs et l’aquagym. La grande difficulté, c’est l’école. Sur Massy, il n’y a aucune entente avec l’éducation nationale. Et sans aménagements dans l’emploi du temps scolaire… »

     Massy avait organisé des « aménagements scolaires » dans les années 1983-1985, témoigne Michel Courtois. Mais « les nageurs ne jouaient pas le jeu. » Alors, reprend Nicolas, « ça va jusqu’à quinze ans. A partir du lycée, on est limités. Comme beaucoup de clubs d’Île-de-France. Bon, on a un projet, mais cela représente tant de paperasse ! »

Et l’entraînement ? « On leur inculque une nage propre, depuis l’école de natation. Sur ce plan, nous sommes beaucoup complimentés, nos nageurs ont une bonne technique. Et nous, nous basons notre évolution d’entraîneurs sur l’expérience et le partage. Je travaille avec Didier Franck, un homme ouvert sur les nouveautés, même s’il appartient à l’ancienne école. Moi, je m’appuie sur mon cursus de nageur de haut niveau et des formations. Et sur l’observation des autres. On avance à petits pas. J‘essaie de progresser au quotidien…

     L’entraînement des benjamins, dont je m’occupe, prend énormément de temps, il faut surveiller la technique de nage, avoir l’œil constamment ouvert. On respecte les étapes. Il faut savoir marcher avant de courir. Donc, développer les bons automatismes.

     Les benjamins s’entraînent six fois par semaine, de 18 à 20 heures. Ils font un peu de préparation physique généralisée, des étirements, on fait du retour au calme. Les minimes ont la possibilité d’en faire plus. Quant à la compétition, elle reste un plaisir. On valorise l’ambiance. On n’en fait pas trop. Elle est coûteuse, chaque fois qu’un nageur plonge, ça coûte 9€. Pas donné. Un récent week-end, le Comité de l’Île-de-France a empoché 25.000€. Après, beaucoup de nageurs arrêtent. Les études, tout le monde ne peut pas faire de compétitions. »

Un Pavé dans l’Eau Glacée

Par Eric LAHMY

9 juillet 2013

Les bains glacés de récupération, très en vogue dans le haut niveau, natation comprise, ne servent à rien, affirment des chercheurs de l’Université de Portsmouth. Débat…

C’est devenu sinon une torture incontournable, sinon un rituel désagréable pour nombre de ‘’haut niveau’’. Le bain glacé à 9 ou 12°, c’est selon, dans lequel ils doivent se tremper, après l’entraînement, censé hâter la récupération. En France, cette coutume ‘’inventée’’, semble-t-il, en Australie, aurait été importée sans frais de douanes, ‘’récupérée’’, le mot convient, sur l’Internet, par les ‘’espions’’ de la cellule de veille olympique du temps de Fabien Canu, selon ce que celui-ci avait déclaré pendant les Jeux olympiques au New York Times.

Le plus frappant, dans l’histoire, c’est que la ‘’technique’’ ait été entérinée, semble-t-il, de confiance, sans qu’on cherche à en savoir plus, et appliquée sans barguigner sur nos champions en général et nos nageurs en particulier. La ‘’bassine’’ est devenue un must du retour au calme sportif !!

Or dès novembre 2012, une étude menée par une équipe de scientifiques de l’Université de Portsmouth, Angleterre, a conclu que les immersions en eau froide n’étaient ni plus ni moins efficaces que les classiques exercices de récupération en terme de réhabilitation de l’athlète.

Publiée dans la revue European Journal of Sport Science, l’étude en question a divisé 40 athlètes en quatre groupes. Après une heure et demie de course, trois d’entre eux plongeaient dans la dite bassine, un groupe pendant  douze minutes en eau froide, un autre en eau tiède, un troisième deux minutes en eau froide, et un quatrième s’astreignait à deux minutes de classique « retour au calme ».

La performance musculaire des cobayes fut mesurée avant l’exercice puis à plusieurs reprises après l’exercice, puis après douze heures, un jour, deux, puis cinq jours.

Conclusion ? Aucune différence n’a pu être constatée entre ces groupes en termes de perception de douleur physique d’après effort  chez les athlètes, ni en termes de marqueurs biochimiques de dommages dans les cellules musculaires. En outre, « ces bains posent certains risques potentiellement sérieux pour la santé ; s’ils n’en retirent aucun bénéfice, ils feraient mieux d’arrêter cela », a déclaré sur le site de l’Université le responsable de l’étude, le Dr Jo Corbett, qui a ajouté : « les études qui ont montré les ‘’effets’’ de ces techniques comparaient des athlètes qui prenaient ces bains froids à des athlètes qui n’effectuaient aucun retour au calme. » Autant dire que cela biaisait les résultats. « Les bains glacés, qui ont existé en thérapeutique depuis l’Antiquité, ont connu un engouement récent en raison de leur utilisation par les sportifs pour récupérer après l’entraînement, mais nos résultats montrent que cela ne fonctionne pas. Il est clair, au vu de cette étude, que l’immersion aquatique, par les traditionnels bains glacés, assis ou debout, n’améliore en rien les temps de récupération en comparaison avec les techniques classiques de retour à la normale. En fait, la recherche pointe de plus en plus en direction des possibles menaces que les immersions en eau glacée font planer sur la santé de ceux qui les utilisent. » Interrogé en novembre 2012 par notre confrère Inside the Games, Corbett n’a pas écarté l’idée que les immersions en eau froide pourraient avoir un léger effet bénéfique en termes de récupération dans certaines limites, et ne prétend pas que l’étude de Portsmouth aura le dernier mot en la matière. Mais « les mécanismes de l’action par laquelle l’immersion en eau froide pouvait affecter positivement la récupération » étaient loin d’être clairement établis. « En outre, a-t-il ajouté, il y a une large fourchette de variations dans la façon dont l’immersion peut être pratiquée en termes de température, de durée, de fréquence, de temps entre la fin de l’exercice et l’instant où elle est pratiquée, de profondeur de l’immersion et de position du corps dans l’immersion. Tous ces paramètres vont influencer les réponses physiologiques. Les immersions en eau froide sont utilisées dans le but de récupérer mais récupérer de quoi – cela peut être par exemple une blessure d’impact, un dommage excentrique de muscles ou une hyperthermie. »
L’info a intrigué Christophe Cozzolino, responsable dans l’équipe de France des problèmes liés à la récupération : « nous avons pourtant des études qui montrent qu’il y a un effet sur la récupération ; maintenant, si vous me dites que ça fait nager plus vite, je vous réponds : non. »

Le docteur Jean-Pierre Cervetti, qui fut médecin fédérai pendant trente ans, connait bien la question : « je la connais d’autant mieux que, venant du rugby, j‘avais utilisé le froid pour la récupération des joueurs ; les effets nous paraissent indéniables pour récupérer des coups ou de la fatigue. Même si ce n’est que psychologique, c’est énorme.  Aux Jeux de Pékin, en 2008, c’était déjà assez utilisé, les Australiens et les Polonais utilisaient des cuvettes de refroidissement après les séances de leurs nageurs ; Mais on ne dispose d’aucune donnée concernant un effet réel sur le plan physiologique. Pour résumer, je dirais qu’il n’y a pas de consensus, et plusieurs protocoles existent, selon la température, 9° ou 12°, temps plus ou moins long. S’ajoute le froid sec, où, à l’INSEP, on utilise un caisson qui descend à moins 110°. On sait l’effet que cela a sur les rhumatismes. »

Médecin fédéral, Jean-Loup Bouchard croit aussi que la cryothérapie est très efficace dans les sports traumatiques. « Et puis se posent plusieurs questions sur la façon de l’employer. Quelle technique, quelle température, quelles parties du corps immerger, combien de temps dure ce bain froid, à quel moment l’utiliser. Cela est intéressant après un entraînement très lactique, car il y a une action anti-oxydante ; cela est plus utile quand la température extérieure est chaude. Comme en natation, c’est le train avant qui travaille le plus, j‘ai suggéré de tremper le nageur jusqu’au cou, mais je n’ai pas été suivi. Nous Français, nous utilisons un bain à 10°, mais les Canadiens ont effectué des biopsies et estiment qu’entre 10 et 14°, on obtient le même effet. Aux Jeux de Londres, le basketteur Tony Parker baignait ses mollets. Les skieurs se refusent à ces bains, pourtant leurs jambes très puissantes s’y prêtent. »

Enfin, existe l’argument financier : la petite bassine après le grand bassin, ce n’est pas donné… Guillaume Benoist, entraîneur de Saint-Germain-en-Laye, deuxième club français en benjamins, explique que « le club a abandonné la technique. Un matériel de refroidissement coûte la bagatelle de 10.000€ et les protocoles sont très stricts. Mal le faire en payant ce prix ne valait pas la peine. »

 

BALD [Katherine Ann « Kathy »]

Natation. (Etobicoke, 19 décembre 1963-). Canada. Médaillée aux Jeux du Commonwealth 1982 à Brisbane, en Australie, elle enlève le 100 mètres brasse en 1’11’’89 devant son équipière Ann Ottenbrite, 1’11’’99, et finit 2e du 200 mètres brasse loin derrière Ottenbrite, 2’36’’06 contre 2’32’’07, Katherine Richardson, 2’36’’45, complétant un triplé canadien. Aux Jeux Panaméricains de Caracas, Venezuela, en 1983, elle inverse les rôles avec Ottenbrite, enlève le 200 mètres brasse (2’35’’53), est seconde sur 100 mètres brasse (1’11’’98) derrière sa compatriote (1’10’’63), ajoute une étonnante 3e place au 100 mètres libre (57’’76) et enlève l’argent du 4 fois 100 mètres avec l’équipe du Canada.

BADGER [Stephen « Steve »]

Natation. (Sydney, 19 octobre 1956-).
Australie, puis Canada. Champion du Commonwealth du 200 mètres en 1974, à
Christchurch, en 1’56’’72, sous la bannière australienne, devant Bruce Roberston et Mike Wenden, il participe au relais quatre fois 200 mètres vainqueur (7’50’’13). En 1976, résident à Edmonton, il nage aux Jeux olympiques de Montréal sous les couleurs du Canada, et termine 8e du 400 mètres. Retourné en Australie, il enseigne la
natation à North Sydney.

BACKHAUS [Robin James]

Natation. (Lincoln, Nebraska, 12 février 1955-). États-Unis. Champion du monde du 200 mètres papillon, devant son compatriote Steven Gregg, en 1973 à Belgrade (où il fut aussi 2eme relayeur du 4 fois 200 mètres vainqueur, et 3e du 100 mètres papillon). Auparavant, il avait été 3e du 200 mètres papillon aux Jeux de Munich en 1972, derrière Mark Spitz et Gary Hall. Il remporta aux USA trois titres nationaux (100m papillon, 56’’81, et 200 yards papillon, 1’49’’55, en 1973, 200 yards papillon, 1’47’’27, en 1975) et deux titres universitaires (NCAA), alors qu’il nageait pour Don Gambril, en Alabama. Il avait débuté dans les groupes d’âge aux Texas et au club Riverside, en Californie. Il enseigna plus tard la natation à l’école secondaire de Konawaena (Hawaii) pendant quatre ans, puis au département de l’éducation de l’État d’Hawaii pendant vingt ans.

BACHRACH [William « Bill »]

Natation. (15 mai 1879-juillet 1959). Etats-Unis. Entraîneur.
Issu d’une famille de seize enfants, il s’engagea dans la guerre des USA contre
l’Espagne. Nageur de compétition, il devint plus tard un corpulent entraîneur
(1,80m, 135kg. Entraîneur de la meilleure équipe de natation aux monde de son
temps, Bachrach révolutionna les techniques de respiration dans l’eau et, aux
commandes du club athlétique de l’Illinois, à Chicago, de 1912 à 1954, compta
parmi ses élèves Johnny Weissmuller, Norman Ross, le Suédois Arne Borg, Bob
Skelton, Ethel Lackie et Sybil Bauer, tous champions olympiques, ainsi qu’une
pléiade d’autres bons nageurs. Fait rare, ses élèves enlevèrent les titres du
100 mètres nage libre masculin (Weissmuller) et féminin (Ethel Lackie) lors de
la même édition des Jeux Olympiques, à Paris, en 1924. Ses nageurs remportèrent
120 titres de champions des états-Unis,
notamment toutes les courses et tous les plongeons des championnats US en 1914.
Il fut « coach » olympique en 1924 et en 1928. Parmi ses innovations
techniques, le fait de tirer dans l’eau jusqu’a ce que la main atteigne le
niveau de la hanche, alors que jusque là les nageurs ne tiraient pas au-delà du
niveau de l’épaule, à mi-parcours. Il avait reçu le sobriquet de « tyran
bien aimé. » Quand, après les Jeux olympiques de 1928, Weissmuller partit
en tournée au Japon, Bachrach apprit que les Japonais avaient décidé de
surprendre le champion en faisant nager dans une eau très froide. Bachrach
contraignit son nageur à se plonger dans un baquet d’eau très fraîche de façon
à s’habituer à la température. Weissmuller gagna toutes ses courses au Japon.

BABEY [Charles]

Natation. (6 mars 1927-30 août 1991). France. Nageur du TOEC, puis du Cercle des Nageurs de Marseille, il fait partie du relais quatre fois 200 mètres national, composé uniquement de nageurs du club, avec Alex Jany, Georges et Jehan Vallerey. Aux championnats d’Europe 1947, il est 6e du 100 mètres, 2e avec le relais 4 fois 200 mètres. 5 sélections.

BABASHOFF [Shirley F

Natation. (Whittier, Californie, 31 janvier 1957- ). États-Unis.  La plus brillante nageuse de l’olympiade 1972-1976. Pourtant souvent battue, elle est avec le gymnaste Ditiatine l’athlète à avoir obtenu le plus de médailles d’argent (six) aux Jeux olympiques. Issue d’une famille originaire de Russie, sa mère, Vera, met ses enfants à l’eau parce qu’elle-même a une peur bleue de l’élément liquide. Au bout du compte, ses quatre enfants deviennent des champions, et Shirley l’une des nageuses du siècle ! à Munich en 1972, elle est devancée sur 100 mètres par Sandra Neilson – mais sa seconde place constitue un exploit – et sur 200 mètres par Shane Gould, qui règne alors sur la natation. Au départ de cette course, recordwoman du monde en titre (2’5’’21), elle nage presque une seconde plus vite, en 2’4’’33, mais Gould l’emporte en 2’3’’56.  Babashoff est seconde aux mondiaux de Belgrade, en 1973, d’Ender sur 100 mètres et de Rothhammer sur 200 mètres. Shirley quitte alors son club d’origine, Huntington Beach, pour Mission Viejo, que vient d’ouvrir un jeune coach, Mark Schubert, adepte de l’endurance, parce que c’est le club où on s’entraîne le plus au monde. Mieux, elle entre dans la mythique « animal line », la ligne d’eau dont les pensionnaires, Brian Goodell ou Jesse Vassallo, frôlent les 18km par jour.Son heure arrive aux championnats du monde de Cali, en 1975, où elle triomphe sur 200 mètres et 400 mètres, finit 2e du 800 mètres, 3e du 100 mètres et 4e du 200 mètres quatre nages. Mais aux Jeux 1976 de Montréal, elle est séparée de son entraîneur et tombe sous la coupe de Frank Elm, dont elle déteste les entraînements, et qui ne la fait nager que long et en crawl, au point qu’elle commence par déclarer forfait sur 400 mètres quatre nages ; elle termine 5e du 100 mètres et 2e des 200 mètres, 400 mètres et 800 mètres, ainsi que du 400 mètres quatre nages. Cette formidable compétitrice, doublée d’une formidable nageuse d’entraînement, prend part à la course extraordinaire du relais 4 fois 100 mètres américain champion olympique contre toute attente, devant une RDA a priori plus forte sur le papier. C’est Babashoff, qui, dans le dernier relais, au coude à coude, survoltée, prend la mesure de Claudia Hempel et arrache cette victoire. Elle a également été membre du quatre fois 100 mètres vainqueur en 1972 à Munich, et obtenu à Montréal l’argent avec le relais 4 fois 100 mètres 4 nages. Shirley Babashoff a battu onze records du monde, dont cinq individuels : 2’5’’21, 2’2’’94 (deux fois) sur 200 mètres, 4’15’’77, 4’14’’76 sur 400 mètres, 8’39’’63 au 800 mètres. Elle a aussi enlevé 27 titres américains et est parvenue à détenir tous les records américains du 100 mètres au 800 mètres. Si, à l’époque, un lourd soupçon pesait en Europe sur les ondines de RDA, Babashoff, aux Etats-Unis, est la seule à en parler. La presse et les techniciens US l’accusent alors de manquer de fair-play. Elle devient ‘’Surly’’ Shirley, Babashoff l’aigrie ! Quand, une quinzaine d’années plus tard, il est démontré que le sport est-allemand a dopé systématiquement ses sportifs, Shirley Babashoff est reconnue un peu tard comme la plus brillante nageuse de son temps, et le sport prend conscience du grave préjudice sportif et moral qu’elle – avec toutes les autres nageuses non dopées de l’époque –  a subi.

BABASHOFF Jr. [Jack]

Natation. (Whittier, Californie, États-Unis, 13 juillet 1955-). États-Unis. 2e du 100 mètres libre des Jeux Olympiques de 1976, à Montréal, derrière Jim Montgomery, qui devint à cette occasion le premier nageur à battre les 50’’ – 49’’99 – sur la distance. Babashoff nagea, lui, en 50’’81. Un an plus tôt, des Jeux panaméricains où il participe aussi aux deux relais vainqueurs des USA. En 1977, il est 2e du championnat des Etats-Unis du 100 mètres derrière Jonty Skinner et élu un peu abusivement meilleur nageur de l’année sur la distance devant celui qui l’a devancé. En 1978, il fait, avec Rowdy Gaines, Jim Montgomery et David McCagg, partie du relais quatre fois 100 mètres vainqueur des championnats du monde. Issu d’une famille de grands nageurs, dominée par sa cadette Shirley, mais qui compte aussi Debbie, 3e du 800 mètres des mondiaux 1986 de Madrid en 8’34’’04 derrière les dopées de RDA Astrid Strauss et Katja Hartmann, 8’28’’24 et 8’28’’44, et Bill. L’étonnant de l’histoire, est que leur mère, Vera, était terrifiée par l’eau, et les avait mis à nager pour des raisons de sécurité.