Hache entre deux eaux, Wattel en bronze

Poznan, Russie, championnats d’Europe juniors

GARÇONS.

200 mètres dos FINALE.- [Danas Rapsys, le vainqueur lituanien a adopté une stratégie intéressante, prenant la tête d’entrée, nageant bien sa seconde longueur, avant de faire le trou ; Tarasevich a terminé bien plus fort, 28’’98 contre 29’’74, mais après s’être laissé décoller un peu trop, et n’a pu l’emporter.] 1. Danas RAPSYS (95) Lituanie, 1’59’’31 (28’’39+30’’66+30’’52+29’’74) ; 2. Grigory TARASEVICH (95) Russie, 1’59’’51 (29’’07+30’’56+30’’90+28’’98) ; 3. David FOLDHAZI (95) Hongrie, 1’59’’89 ; 4. Luca MENCARINI (95) Italie, 2’0’’20 ; 5. Axel PETTERSSON (95) Suède, 2’2’’34 ; 6. Nils VAN AUDEKERKE (96) Belgique, 2’2’’68 ; 7. Nathan THEODORIS (95) Grande-Bretagne, 2’2’’85 ; 8. Vuk CELIC (96) Serbie, 2’3’’08.

 800 mètres FINALE.- 1. Pawel FURTEK (95) Pologne, 7’59’’12; 2. Jan MICKA (95) R. Tchèque, 7’59’’49; 3. Wojciech WOJDAK (96) Pologne, 8’1’’28; 4. Caleb HUGHES (95) Grande-Bretagne 8’3’’26; 5. Joris BOUCHAUT (95) France, 8’5’’66; 6. Maximilian BOCK (95) Allemagne, 8’7’93; 7. Henrik CHRISTIANSEN (96) Norvège, 8’8’’06; 8. Joel KNIGHT (95) Grande-Bretagne, 8’8’’16.

50 mètres dos FINALE.- 1. Grigory TARASEVICH (95) Russie 25’’46; 2. Evgeny SEDOV (96) Russie, 25’’55; 3. Apostolos CHRISTOU (96) Grèce, 25’’76; 4. Carl-Louis SCHWARZ (95) Allemagne, 25’’77; 5. Simone SABBIONI (96) Italie, 25’’98; 6. Michail KONTIZAS (95) Grèce, 26’’05; 7. Oren MALKA (95) Israel, 26’’29; 8. Daniel VAN DER DEEN (95) Pays-Bas, 26’’65.

MIXTE

4 fois 100m 4 nages.-FINALE.- [Dans cette épreuve à dormir debout aux faux airs de piste de danse,  mêlant les garçons et les filles, et dont on se demande ce qu’elle aoute au programme, sinon une certaine confusion, la Russie l’emporte et la France est 8e ! Vive le folklore ?] 1. Russie 3’50’’58 ; 2. Allemagne, 3’53’’93; 3. Pologne, 3’54’’30; 4. R. Tchèque, 3’56’’23; 5. Grande-Bretagne, 3’56’’42; 6. Hongrie, 3’58’’76; 7. Croatie, 4’2’’; 8. France, 4’2’’53 (ROCH Nans, 57’’39, CALLAIS Quentin 1’4’’70, BRISFER Clara, 1’2’’82, JACOLIN Aurore, 27’’72+57’’62).

FILLES

50 mètres FINALE.- [41 minutes après avoir terminé son 200 mètres, Cloe Hache dispute sa deuxième finale de la soirée, sans plus de success. Nasretdinova devance nettement la championne olympique du 100 mètres brasse Meilutyte, elle-même devant l’Italienne Biondani, nouvelle médaillée d’une équipe transalpine qui fait honneur à sa réputation chez les jeunes. ]  1. Rozaliya NASRETDINOVA (97) Russie, 25’’05; 2. Ruta MEILUTYTE (97) Lituanie, 25’’26; 3. Giorgia BIONDANI (97) Italie, 25’’31; 4. Nastja GOVEJSEK (97) Slovénie, 25’’51 ; 5. Helen SCHOLTISSEK (97) Allemagne, 25’’58 ; 6. Julie-Marie MEYNEN (97) Luxembourg, 25’’62 ; 7. Julie LEVISEN (97) Danemark, 25’’84 ; 8. Nele KLEIN (98) Allemagne, 26’’05 ; 9. Daria KARTASHOVA (97) Russie, 26’’20 ; 10. Cloe HACHE (97) France, 26’’41.

200 mètres FINALE.- [C’est une Hache assez émoussée qui a fendu l’eau de cette finale du 200 mètres jeunes filles des championnats d’Europe juniors de Poznan, et qui a terminé 10e sur dix participantes. Ses chances, certes, étaient faibles. Maria Baklakova, la gagnante russe, avait deux classes de différence entre elle et le reste de cette course. Elle a fini avec cinq mètres d’avance sur sa suivante, Valeria Salamatina, d’un an sa cadette il est vrai.] 1… Maria BAKLAKOVA (97) Russie, 1’58’’21 (27’’85+29’’79+30’’44+30’’13) ; 2. Valeria SALAMATINA (98) Russia 2’1’’11; 3. Melinda NOVOSZATH (98) Hongrie, 2’1’’94; 4. Wioletta ORCZYKOWSKA (97) Pologne, 2’2’’26; 5. Alina JUNGKLAUS (98) Allemagne, 2’2’’34; 6. Alice Antonia SCARABELLI (98) Italie, 2’2’’69 ; 7. Rosalie KAETHNER (97) Allemagne, 2’3’’27; 8. Ellena JONES (97) Grande-Bretagne, 2’3’’92 ; 9. Elisa SANCHEZ MORALES (98) Espagne, 2’4’’20 ; 10. Cloe HACHE (97) France, 2’5’’09.

100 mètres papillon FINALE.- [Tarzia, encore 5e au virage (28’’17), effectue un retour très énergique et souffle l’or à la Tchèque Lucia Svecena partie très vite (27’’45) mais un peu en difficulté sur la fin. Marie Wattel effectue une course correcte mais a elle aussi manqué un peu de fra^cheur sur la fin. Ses 59’’88 sont un peu en-dessous de ses 59’’71, meilleur temps de la saison. Le titre ne pouvait lui revenir qu’à condition de se surpasser !]

1. Claudia TARZIA (97) Italie, 59’’68 (28’’17+31’’51) ; 2. Lucie SVECENA (97) R. Tchèque, 59’’69 (27’’45+32’’24) ; 3. Marie WATTEL (97) France, 59’’88 (27’’96+31’’92) ; 4. Anastasia GUZHENKOVA (97) Russie 1’0’’30 ; 5. Elizaveta PERMYAKOVA (98) Russie, 1’0’’72 : 6. Barbora MISENDOVA (98) Slovaquie, 1’0’’92; 7. Svenja STOFFEL (97) Suisse, 1’1’’10; 8. Elise Naess OLSEN (97) Norvège,  1’1’’26.

L’Amérique ne connait pas le mal de dos

13 juillet 2013

Kazan, Universiades 2013

Queue de journée marquée par des finales très disputées aux Universiades d’été de Kazan en Russie. La capitale Tatar a bien mérité son nom, qui signifie « chaudron », car c’est exactement à quoi sa piscine olympique a ressemblé en cette fin d’après-midi de natation. Les batailles pour les titres en finales ont été âprement disputées, comme si les nageurs se hâtaient d’en finir dans une eau qui était devenu subitement bouillante !

Le relais féminin quatre fois 200m revient aux Américaines devant les Russes, pour treize centièmes, 7’55’’63 contre 7’55’’76. Le Canada, 3e, est distancé, 8’2’’73. Un peu plus tôt, c’était la Russe Anastasia Zueva, qui avait eu raison de l’Américaine, Megan Romano, sur 100 mètres dos, cette fois d’une vraie misère, 2/100e , 59’’83 contre 59’’85. A l’issue de leur effort, ces demoiselles héritent des 7e et 8e place dans le bilan mondial de l’année. Quand on songe que Romano n’est que la 4e Américaine sur la distance derrière Melissa Franklin, 58’’67 (1), Elizabeth Pelton, 59’’27 (4) et Sarah Denninghoff, 59’’75 (6), et qu’elle vient de déloger Rachel Bootsma, 59’’90, qui passa de la 8e à la 10e place, on se dit que le dos féminin américain va plutôt bien !!

Autre duel à couteaux tirés, sur 50 mètres dos masculin, où Benjamin Treffers touche le mur d’arrivée 0’’01 devant un Russe (encore un), Vladimir Morozov, 24’’86 contre 24’’87, et hérite d’une belle performance. Morozov avait nagé 24’’80 (8e au monde) cette saison aux championnats de Russie, dans cette même piscine de Kazan.

Un duel russe en perspective sur 100 mètres

13 juillet 2013

Kazan, Russie, Universiades d’été

Au cours de leur lointain passé historique, les Universiades n’ont pas toujours produit de très grandes performances, parce que les nations avaient souvent du mal – ou de la réticence – à engager leurs meilleurs éléments. Il a fallu une configuration très rare, en 1967, pour que la grande équipe des USA, qui dominait alors la natation mondiale comme il n’était pas permis, lève une formidable équipe universitaire en vue des Universiades. Y furent battus les records mondiaux du 400m libre (Greg Charlton, 4’8’’2), du 100m dos (à trois reprises) et du 200m dos, du 100m papillon et du 200m papillon, des relais 4 fois 100m et 4 fois 100m quatre nages!

Le peu de goût de certains dirigeants, chez nous, pour les compétitions universitaires, s’exprimait parfois clairement. L’année 1985, notre sprinteur Stephan Caron, qui venait d’être sacré champion d’Europe du 100m, décida de nager aux Universiades de Kobé. Il fut assez critiqué ainsi dans la presse, mais ramena du Japon trois médailles, passa pour la première fois sous les 50’’ au 100 mètres (49’’97) et sous les 1’50’’ au 200 mètres (1’49’’78)… Les temps ont changé, et le professionnalisme en natation, à défaut de rendre les Universiades obsolètes, n’en fait plus une compétition de pointe. Avant, le système universitaire US faisant la mode, les nageurs universitaires dominaient le sport, et répondaient à la définition de l’honnête homme des Grecs et des Romains anciens : « il sait lire et nager ». Désormais, pour beaucoup, un choix a dû être fait entre ces deux activités essentielles de l’être humain.

Ici, à Kazan, on soupçonne que c’est parce que les Universiades ont lieu chez eux que les Russes ont engagé leur virtuelle meilleure équipe. Ainsi, sur 100 mètres messieurs, les Russes n’ont pas hésité à mettre en scène leurs meilleurs sprinteurs, Morozov et Lobintsev, respectivement n° 2 et n° 6 mondiaux, et concurrents aux médailles, à la fin de ce mois à Barcelone. Aux séries du 100 mètres messieurs, Nikita Lobintsev, Russie, 49’’13, a devancé neuf autres hommes sous les 50’’, le mieux placé étant l’Australien Andy Aboot, 49’’57 ; en demi, Vladimir Morozov signe un 48’’76, à une seconde de son remarquable record de l’année, Lobintsev 48’’83, Michele Santucci, Italie, est loin, 49’’43. La finale promet un duel des deux Russes à domicile !

Aux séries du 200 mètres brasse dames, Laura Sogar, USA, 2’26’’14. Coralie Dobral, France, 2’31’’28

100m papillon dames, séries, Katerine Savard, Canada, 58’’21. En demi, Savard, 58’’16, Quo Fans, Chine, 58’’88, Elena Di Liddo, Italie, 58’’89.

La finale du 1500 mètres libre dames est revenue à Stephanie Peacock, USA, 16’4’’44, devant Ashley Steenvoorden, USA, 16’7’’89 et Martina Rita Caramagnoli, Italie, 16’19’’71.

, Viktoryia Andreeva, Russie, s’est imposée en finale du 200m quatre nages dames en 2’12’’32, devant Sarah Henri, USA, 2’12’’69, Melanie Margalis, USA, 2’12’’96

Au 200m brasse messieurs, la victoire revient à Vlatcheslav Sinkevich, Russie, n°4 mondial cette année avec 2’8’’62, et qui, ici, à Kazan, en 2’9’’78, devance Yukihiro Takahashi, 2’10’’35, et Lucca Piccini, Italie, 2’10’’99. Accroché par Piccini, le futur vainqueur construit son avance dans la 3e longueur. Son retour en 33’’90 pâlit face à celui de Takahashi, 32’’35, mais lancé de bien trop loin.

Une Olympienne chez les juniors

13 juillet 2013

Poznan, Pologne, championnats d’Europe juniors

Une championne olympique dans les séries des championnats d’Europe juniors, cela ne s’est sans doute pas vu depuis longtemps. La Lituanienne Ruta Meilutyte, qui est encore écolière (en Angleterre), mais qui s’est vue décerner les plus beaux lauriers, l’an passé, à Londres, au grand dam de Rebecca Soni, n’a pas dédaigner effectuer le déplacement à Poznan, en Pologne, en guise d’échauffement pour les mondiaux de Barcelone ; elle n’a pas eu à forcer son talent pour s’imposer dans ces séries où elle devance sa suivante d’une longueur de corps. Sa présence a permis à la représentante française, Chloé Cazier, de prendre conscience de la distance qui la sépare des sommets de l’Olympe. Parmi les Français qui ont une chance de rejoindre la finale, Cloé Hache sur 50 mètres. Et peut-être Laurine Delhomme, seulement 18e en séries du 100 mètres dos, et sans doute à une bonne seconde du temps qu’il lui faudra pour accéder en finale. Peut-elle le faire ? A condition de refaire son temps, nagé cette année, 1’3’’63, au moins.

 

GARÇONS

200 mètres (séries).-  1. Andrea Mitchell D’ARRIGO (95) Italie, 1’50’’61; 2. James GUY (95) Grande-Bretagne, 1’50’’62 ; 3. Alexander KRASNYKH (95) Russie, 1’50’’81 ;… 20. Joris BOUCHAUT (95) France, 1’52’’50 ; … 24. Antoine LAURENDEAU (95) France, 1’52’’85 ; 25. Antoine GOZDOWSKI (95) France, 1’52’’92.

50 mètres dos (séries). 1. Grigory TARASEVICH (95) Russie 25’’63 ; 2. Apostolos CHRISTOU (96) Grèce 26.03 ; 3. Simone SABBIONI (96) Italie, 26.05 ; 4. Carl-Louis SCHWARZ (95) Allemagne, 26.09.

100 mètres brasse (séries).- 1. Vsevolod ZANKO (95) Russia 1’2’’; 2. Ilya KHOMENKO (95) Russie, 1’2’’01; 3. Alexander PALATOV (95) Russie, 1’2’’57; 18. Frédéric EMERY (95) France, 1’4’’18.

100 mètres papillon (séries).- 1. Daniel Steen ANDERSEN (95) Danemark, 53’’81 ; 2. Alexandr KUDASHEV (95) Russie, 54’’06 ; 3. Francesco GIORDANO (95) Italie, 54’’10 ; 4. Mattia MUGNAINI (95) Italie, 54’’29.

FILLES.-

100mètres (séries). 1. Rozaliya NASRETDINOVA (97) Russie, 25’’30 ; 2. Ruta MEILUTYTE (97) Lituanie, 25’’61 ; 3. Nastja GOVEJSEK (97) Slovénie, 25’’67 ; 4. Giorgia BIONDANI (97) Italie, 25’’77 ; 5. Julie-Marie MEYNEN (97) Luxembourg, 25’’94 ; 6. Helen SCHOLTISSEK (97) Allemagne, 26’’02 ; 7. Nele KLEIN (98) Allemagne, 26’’15 ; 8. Daria KARTASHOVA (97) Russie, 26’’16 ; 9. Cloe HACHE (97) France, 26’’18 ; 10. Julie LEVISEN (97) Danemark, 26’’19 ; … 25. Marine SCHWARTZ  97 France 26 »99

100… mètres dos (séries).- 1. Kathleen DAWSON (97) Grande Bretagne, 1’2’’31; 2. Daria USTINOVA (98) Russi 1’2’’51; 3. Laura RIEDEMANN (98) Allemagne, 1’2’’69; 4. Harriet COOPER (97) Grande-Bretagne, 1’3’’24; 5. Agata NASKRET(98) Pologne, 1’3’’69 ; 6. Sonnele OEZTUERK (98) Allemagne, 1’3’’74 ; …18. Laurine DEL’HOMME 97 France 1’5’’37 (31’’56+33’’81).

100 mètres brasse (séries).- 1. Ruta MEILUTYTE (97) Lituanie, 1’7’’82 ; 2. Viktoriya SOLNTSEVA (98) Ukraine, 1’9’’15 ; 3. Anastasiya MALYAVINA (97) Ukraine, 1’9’’39 ; … 34. Chloe CAZIER (98) France, 1’15’’23.

200 mètres quatre nages (séries). 1. Emma DAY (97) Grande-Bretagne, 2’16’’94 ; 2. Africa ZAMORANO SANZ (98) Espagne, 2’18’’68 ; 3. Dalma SEBESTYEN (97) Hongrie, 2’18’’74 ; … 21. Alice AUBRY (97) France, 2’24’’18  (30’’53+36’’49+41’’77+35’’39).

Jean-Baptiste Grosborne (1917-2013)

Jean Baptiste Grosborne, une personnalité du monde de la natation, est décédé ce 7 juillet à Saint-Mandé.  Né à Paris le 30 avril 1917, il fut un bon nageur, polytechnicien, ingénieur, journaliste, et joua un grand rôle à l’équipement sportif, en tant que responsable technique et financier chargé de la construction des équipements sportifs au ministère de la jeunesse et des sports. Auteur d’un ouvrage sur le Développement du Tourisme Social (1982). Adhérent au Club des Nageurs de Paris, il fut champion de France du 200m brasse en 1945 (2’59’’7).  Michel Heluwaert a résumé, dans son ouvrage « Jeunesse et Sports », publié par L’Harmattan), son parcours administratif.

« Alors qu’il est élève de Polytechnique et vient de gagner un championnat universitaire, il participe aux championnats de Paris. Vainqueur de la course, il est félicité par Albert Lebrun et Jean Borotra, mais mis aux arrêts par le général commandant de l’Ecole Polytechnique sous prétexte que « la natation n’est pas bonne pour les officiers ». A la Débâcle, devant l’avancée allemande, l’Ecole est repliée à Lyon et il termine une scolarité qu’il qualifie de médiocre. « Je sentais que j’allais sortir dans un mauvais rang et je sortais une solution. » Apprenant que Jean Borotra a confié la responsabilité de l’équipement sportif à Georges Glasser (ce sont deux polytechniciens), il suit ce dernier, alors que Borotra offre quatre postes de sortants, à la condition qu’ils aient des références sportives. Grosborne entre aux services parisiens et apprend son métier sur le tas. Il restera 40 ans au service de l’équipement du Ministère où il définit les lois-programmes d’équipement sportif et socioculturel (1000 piscines, 1000 clubs, la politique de loisirs naturels de proximité (bases de plein air et de loisirs, stades de neige). Sa longévité administrative favorisa la pérennité d’une action soutenue après Maurice Herzog par l’ensemble des politiques. »

Nos plus sincères condoléances à son épouse, à sa fille, à ses parents et alliés, et à ses amis du CNP, le club cher à son coeur.

BARANY [Istvan]

Natation. (Eger, Heves, 20 décembre 1907-Budapest, 21 février 1995). Hongrie. Premier nageur européen à battre la minute sur 100 mètres, en 59’’8, quand il fut 2e derrière Johnny Weissmuller dans l’épreuve Olympique de 1928. Sa longue carrière s’étendit sur trois Jeux olympiques, ceux de 1924, 1928 et 1932, et il entra dans le relais quatre fois 200 mètres médaillé de bronze à Los Angeles, en 1932. En trois éditions des championnats d’Europe, en 1926, 1927 et 1931, il remporta sept médailles, dont quatre en or, deux sur 100 mètres, une sur 400 mètres et une dans le quatre fois 200 mètres (1931). Il gagna le 100 mètres en 1926, en 1’1’’2 devant Arne Borg, fut sévèrement battu par Borg en 1927, en 1’3’’2 contre 1’, et devança Szekely en 1931, nageant 59’’8. En 1931, il enleva aussi le 400 mètres, après une course serrée contre Jean Taris, en 5’4’’ contre 5’4’’2. Devenu docteur en droit et en sciences politiques, il signa dix-huit ouvrages sur la natation, fut secrétaire de la Fédération hongroise de natation et organisa les championnats d’Europe de Budapest (1958).

BALTRUSCH [Frank]

(Magdeburg, 21 mars 1964-). RDA (Allemagne). 1,93m,
92kg. Toujours placé, ce dossiste de Magdebourg est éclipsé par le Soviétique
Polianskiy. 2e du 200m dos (1’59’’60) derrière Igor Polianskiy, 6e
du 100m dos (56’’10) des Jeux olympiques de Séoul, en 1988, 2e du
200m dos des mondiaux 1986 derrière Polianskiy Trois fois 3e du 200m
dos des championnats d’Europe en 1983, 1985 et 1987. Il s’est marié à la
championne d’Europe de plongeon Katrin Zipperling.

BALMY [Coralie]

Natation. (La Trinité, Martinique, 2 juin 1987-). France. En Martinique, au sein du Fongiromon Aqua Club et sous la houlette de Daniel Michalon, elle penche pour le papillon, puis se dirige vers le crawl, truste l’or dans les catégories de jeunes, championne de France minime, cadette, sur 100 mètres, 200 mètres ou 400 mètres. Elle est grande, légère, athlétique et fine, douée. Elle arrive à 15 ans au TOEC où l’entraînent Frédéric Barale et Lucien Lacoste. Finaliste européenne des jeunes en 2003 sur 100 mètres, championne des USA junior du 400 mètres en 2004 (petit bassin), cette jeune fille grande et mince (1,80m pour 65kg) connaît une saison difficile en 2005. 3e Européenne petit bassin en 2007, elle se signale par un comportement de battante, face à l’ « ogre » Manaudou, sur 800 mètres. Elle est 2e des Universiades 2008, en Thaïlande, sur 400 mètres derrière Pellegrini après trois semaines de stage en Chine. Cette même année 2008, elle finit 2e des championnats d’Europe d’Eindhoven, sur 400 mètres, en 4’4’’15, battue nettement par la seule Pellegrini (laquelle améliore le record mondial en 4’1’’53) ; c’est aussi une relayeuse capable de se transcender. Elle participe au relais français champion européen 2008 du 4 fois 200 mètres (avec Laure Manaudou, Irène Lazard et Alena Popchanka), et effectue son parcours (lancé) en 1’56’’58, le meilleur temps des Françaises, qui réalisent 7’52’’09 (moyenne 1’58’’2), mais aussi un temps de meilleure valeur que celui de la gagnante du 200 mètres individuel (Sarah Isakovic, Slovaquie, 1’57’’45), ce qui peut alimenter un regret qu’elle n’ait pu être engagée dans l’épreuve. Championne de France 2008 du 400 mètres et du 800 mètres, elle améliore en finale des Jeux de Pékin son temps sur 400 mètres, échouant à 8/100e du bronze et à 38/100e de l’or. C’est une course extraordinaire d’intensité, même si elle ne produit pas de record, où Rebecca Adlington, 4’3 »22, règle d’un ongle Katie Hoff, 4’3 »29 et Joanna Jackson, 4’3 »52 suivie à quelques centimètres par Balmy, tandis que Pellegrini, sans doute la plus forte du lot, comme le montrent ses 4’2 »19, record olympique, des séries,  »sombre » en 4’4 »56. A la fin de l’année, une Balmy en grande forme améliore le record du monde du 200 mètres en petit bassin de Laure Manaudou (1’53’’18 contre 1’53’’48) quelques jours avant que Pellegrini ne l’amène à 1’51 », frôle celui du 400 mètres (3’56’’39) à Rijeka, aux championnats d’Europe en petit bassin où elle termine aussi seconde de Filippi qui améliore le record du monde sur 800 mètres. Aux mondiaux de Rome en 2009, Balmy est finaliste sur 400m (5e en 4’3’’29), 11e du 800m (8’31’’39), mais elle se fait remarquer, dès les séries, par un beau parcours dans le relais quatre fois 200 mètres, qu’elle est chargée de terminer pour la France. Lorsqu’elle s’élance, l’équipe est 8e, 5’54’’. Balmy nage en 1’56’’18 et la France se qualifie 3e, mais sera 7e en finale. En janvier 2011, elle choisit d’être entraînée par Franck Esposito à Antibes et de signer à Mulhouse, pour des raisons techniques et affectives (sa mère, née Urban, étant alsacienne et s’étant mariée à Munster). Coralie est retenue seulement dans le relais 4 fois 200m aux championnats du monde de Shanghai. Aux championnats d’Europe d’Eindhoven (2012), elle retrouve son lustre, gagne le 400m (4’5’’31), à la bataille avec Mireia Belmonte, 4’5’’45 finit 2e du 800m derrière la Hongroise Kapas, 8’26’’49, arrachant l’argent devant la deuxième Magyare, Eva Risztov, 8’27’’79 contre 8’27’’87. Aux Jeux olympiques de Londres, brillamment qualifiée en 3e position (4’3’’58), elle est 5e de la finale en 4’5’’96. Egalement 7e du 800m, elle termine la course du relais quatre fois 200 mètres médaillé de bronze en 1’56’’14. En 2013, elle se qualifie pour les mondiaux de Barcelone sur 400m et le relais 4x200m.

BALL [Catherine Northcutt « Catie »]

Natation.(Jacksonville, Floride, 30 septembre 1951-). États-Unis. Treize records du monde, six records et neuf titres américains ainsi que deux trophées de meilleure nageuse de brasse du monde (en 1967 et 1968) attestent du talent de cette Américaine, et de sa domination dans la spécialité, sans précédent. En 1966, elle n’a pas quinze ans quand elle impose son aspect juvénile, sa silhouette mince et tonique, sa nage athlétique, et égale le record du 100m brasse, en 1’15’’7 lors du meeting international de Fort Lauderdale. En 1967, elle bat le record du 100m brasse, l’amenant à  1’15’’6, 1’14’’8, 1’14’’6 et 1’14’’2, le record du monde du 200m brasse avec 2’40’’5, 2’39’’5 et 2’38’’5. Elle remporte aux Jeux Pan Américains de Winnipeg le 100m brasse (1’14’’80, record), le 200m brasse (2’42’’16) et le relais quatre nages (4’30’’, record). Quoique victime d’une mononucléose au début de la saison 1968, elle est encore la favorite pour les titres olympiques, après avoir remporté les titres US du 100m dans des temps un peu en retrait, 1’15’’7 et 2’40’’9 ; mais elle est victime d’une grippe pendant les Jeux Olympiques de Mexico, très amaigrie et affaiblie, elle ne peut défendre ses chances : encore en tête aux trois quarts de la course, elle termine 5e au 100m brasse gagné par Djurdica Bjedov en 1’15’’8, en 1’16’’7, et, totalement épuisée, est contrainte au forfait au 200m, mais elle a nagé deux jours plus tôt son parcours lancé en brasse en 1’16’’3 dans le relais quatre nages US champion olympique en 4’28’’3 (le relais s’est déroulé avant l’épreuve individuelle. Dans le cas contraire, Ball, ayant été battue dans la finale par sa compatriote Sharon Wichman, aurait sans doute été obligée de céder sa place dans le relais). Elle abandonne la compétition après les Jeux, mais, encore étudiante, entraîne l’équipe des Florida Gators dans la saison 1972-73, et l’équipe n’est battue dans aucun de ses duels (dual meets) qui scandent la saison de compétitions universitaires. Après cela, elle occupe plusieurs postes d’entraîneur et crée une entreprise de décoration d’intérieur.

Jeunes (3). Lagardère, ambition formation

Par Eric LAHMY

12 juillet 2013

Après Massy, premier, et Saint-Germain-en-Laye, deuxième, le Lagardère, troisième club français chez les benjamins, explique comment il forme ses jeunes.

Le Lagardère Paris Racing, qui siège en lieu et place du Racing Club de France a abandonné les ambitions dans la haute compétition, et pointe aujourd’hui vers l’école de natation et le développement des jeunes, non sans succès. Ce n’est pas sans avoir tenté autre chose : une section très ambitieuse fut entraînée par Frédéric Vergnoux, puis par Philippe Lucas, qui amena son prestige et une équipe où évoluaient Amaury Leveaux, Camelia Potec, Federica Pellegrini…

Le Lagardère a abandonné la haute compétition. Il a opéré un virage à 180 degrés, est passé de club recruteur à club pourvoyeur. Adieu les ambitions olympiques, bonjour les jeunes en devenir. Club formateur, il ne jouera plus dans la cour des grands. Fort de ses 1200 licenciés, que travaillent « sept ou huit entraîneurs »,il se confronte à une tâche que le vieux Racing négligeait parfois… Et il apprend vite! Alain Grando, son tout nouveau Directeur technique, venu de Canet-en-Roussillon, a choisi son équipe en fonction des nouveaux objectifs. Il fait confiance à Olivier Trocherie ou à l’ex-Marseillais Nicolas Poissier, le « découvreur » de Meynard. Les résultats sont encourageants. Lors des derniers Trophées Lucien-Zins, compétition réservée aux benjamins, le Racing, pardon, le Lagardère, s’est trouvé parmi les trois clubs de tête de la compétition, juste derrière l’ES Massy et le CNO Saint-Germain-en-Laye.

« Il s’agit d’une vraie construction, explique Grando. Avant d’être ici, je travaillais à Canet-en-Roussillon depuis cinq ans. Je suis passionné par l’organisation technique, la planification, et je suis venu au Lagardère parce que c’était ce qu’ils voulaient. L’ambition est de devenir une filière d’accès au haut-niveau. Pour cela, il faut être parmi les nombreux clubs qui font du bon travail sans être médiatiques. Cela a bien commencé, me semble-t-il, puisqu’aux Trophées Lucien-Zins, nous finissons dans le top 3 des équipes de benjamins. Il est vrai que nous ne sommes pas partis de zéro, mais les progrès n’en sont pas moins sensibles. La saison dernière, à cette même compétition et avec la même population, seuls cinq nageurs étaient qualifiés à la finale nationale sans aucun accessit de performances. Cette saison, nous avons dix qualifiés, deux melleures performances françaises sur 50 mètres papillon et 50 mètres dos, en garçons une deuxième place française au classement 2000 des treize ans et une première place en 2001 des douze ans ; et en filles une première et une septième places en 2001. »

Résultat, le Lagardère est passé de la 61e à la 3e place en un an (et Massy de la 18e à la première tandis que Saint-Germain, 2e en 2013, avait disparu des écrans radar un an plus tôt : du fait sans doute des différences de valeur entre les générations).

« Nous nous sommes aperçus que chez les jeunes, on sélectionnait trop, note Alain Grando. On travaillait sur 800 jeunes, et on en prenait entre quinze et vingt. Et on laissait tous les autres se diriger dans des voies sans issue compétitive de sections loisir. »

« Or, tous les enfants n’ont pas le même rythme de progression. Il en est qui sont dépassés mais qui vont ensuite rattraper leur retard. Des qui sont mal coordonnés parce qu’ils grandissent trop vite, bref beaucoup de talents potentiels qui sont condamnés sans appel. »

C’est la fameuse anecdote de Stephan Caron qui, tout jeune, testé dans un centre national, reçoit la mention : « pas doué pour la natation, doit changer d’orientation. » Le garçon devient (deux fois) médaillé de bronze olympique, champion d’Europe, vice-champion du monde. C’est aussi Alain Bernard, qu’on laisse partir du Cercle des Nageurs de Marseille parce que seul Denis Auguin a pris la mesure de son potentiel. C’est ce grand sifflet de Yannick Agnel qui ne tape pas dans l’œil de Richard Martinez à Font-Romeu… C’est, histoire moins connue chez nous, de Steve Clark, double recordman du monde et triple champion olympique en 1964, dont l’entraîneur, George Haines (peut-être le plus grand entraîneur de natation de tous les temps) avouait qu’il lui avait fallu des années pour prendre conscience de sa valeur.

« Qui peut dire, s’étonne Grando, si un garçon de cinq-dix ans sera le meilleur ? Et qui sommes-nous pour écarter ainsi des enfants prématurément ? Nous avons décidé d’agir autrement. D’observer, de laisser du temps… »

« En pratique, que se passe-t-il ? Prenons un exemple, celui de la catégorie« avenir » qui correspond aux enfants de CE1 et CE2. Avant, ils évoluaient dans trois groupes différents de niveaux différents, dont un ‘’loisirs’’ écarté de la compétition. Maintenant, nous nous refusons à ce stade, à décréter qu’ils ne seront pas bons, et ils nagent tous dans un même groupe de 120 nageurs. Pas de groupe ‘’loisirs’’donc. » Le tri des alevins ne se décide pas par un oukase, mais « se fait naturellement par la compétitivité. »

« Dans toute l’histoire des vainqueurs des Trophées Lucien Zins, il y a eu quatre nageurs seulement qui ont gagné et qui ont ensuite confirmé, ce sont Camille Muffat, Sébastien Rouault, Yannick Agnel et Charlotte Bonnet. » Trois nageurs de ce fabuleux artisan, Fabrice Pellerin, à Nice, et un (Rouault) formé par Saint-Germain en Laye, ce club intrigant qu’on retrouve aujourd’hui encore, deuxième des Trophées Lucien Zins !

« C’est une des raisons des succès français aujourd’hui. Plus de nageurs ont tenu le coup pour la relève internationale. Regardez Camille Muffat. Elle a mis du temps avant d’y arriver. »

  QUI PEUT DIRE LE TALENT DUN ENFANT DE CINQ ANS?

« Aujourd’hui, deux écoles coexistent. Il y a toujours la natation « énergétique », dont les Australiens étaient à l’origine dans les années 1960-70 ; cette natation tirait le maximum des jeunes sans songer à l’avenir. Et puis il y a les autres, dont la démarche – pas toujours la même – insiste plus sur la technique, la progressivité. Globalement, on travaille également beaucoup et bien mais de façon plus diversifiée, sur un moindre kilométrage. »

« La natation française s’est trouvée longtemps en retard. Elle a comblé ce retard : on a été curieux, on a vu ailleurs, on a mis le CNRS à contribution. Avant ça, on était parti vers une natation exclusivement énergétique ; maintenant, l’énergétique demeure, mais on forme aussi la musculature, la préparation physique, ainsi que le développement postural et la position dans l’eau : tout ce qui est postural est important dans la natation. »

On est passé d’un univers plat, unidimensionnel (énergétique) à un système tridimensionnel : énergétique, musculaire postural.  

« Il y a eu une époque de régression avec les combinaisons, parce qu’elles éliminaient les problèmes de gainage et amélioraient la flottaison. Le nageur n’avait plus à s’en préoccuper. La disparition des combinaisons a relancé l’intérêt pour la technique, et la question du maintien dans l’eau est devenue fondamentale, tous les entraîneurs se la posent. On demande au nageur à ce qu’il maîtrise son corps en position horizontale. Cette maîtrise a toujours existé, mais elle était le fait des nageurs qui avaient ça en eux, alors que maintenant, cela s’enseigne. »

« Il s’agit aussi d’apprendre au nageur le gainage volontaire. C’est un positionnement du corps autour de son centre de gravité et son axe de déplacement, une fixation du bassin qui est au départ volontaire, et doit avec le temps devenir instinctive et systématique. On s’applique à la reproduire. On en voit les fruits. Le nageur n’est pas ‘’techniquement mieux’’, mais il est plus efficace. »

FORMER LE CORPS PROJECTILE

« La Fédération a fait un gros travail de recherches puis de diffusion, d’amélioration des connaissances. Prenez les départs, les virages, les coulées, ce qu’on a appelé les PNN, ou parties non nagés. Avant, nos entraîneurs s’intéressaient à la nage et estimaient que ces domaines des parties non nagées de la course étaient accessoires. C’était symptomatique de l’époque du ‘’tout physiologique’’ où le nageur était vu comme le produit d’un travail essentiellement physiologique. La technique venait après. Aujourd’hui, je pars d’un postulat : technique d’abord. Sinon, partant mal, on finira mal… car chaque longueur mal commencée ne peut être poursuivie de façon optimale. »

« Ces idées sont contenues dans le concept de ‘’corps projectile’’, en direction duquel les entraîneurs français comme Pellerin et Martinez ont beaucoup cherché. Je crois pour ma part que la prochaine dimension à explorer sera la dimension mentale. On est loin d’avoir exploré toutes les facultés dans ce domaine. »

« Sans sombrer dans la naïveté, je crois que cette façon de procéder a l’avantage, par rapport au tout physiologique, de diminuer la tentation du dopage. A travail égal, on va plus vite ; de plus, on a intégré le repos dans l’entraînement. Au lieu de surentraîner, on intègre la psychologie, la nourriture, le repos. »

Au bord du bassin, comment cela se passe-t-il ? « Je détermine les buts à atteindre, les entraîneurs édifient les entraînements. Nicolas [Poissier] ne fait pas travailler de façon énorme, continue Alain Grando. Le temps passé est le même qu’au temps du tout physiologique, environ trois heures, mais ce ne sont pas trois heures dans l’eau. Il y a 40, 45 minutes à sec. Et les deux heures qui restent ne sont pas passées à aligner des kilomètres. Car on prend le temps d’individualiser, d’expliquer. Les benjamins nageaient beaucoup. Maintenant, ils sont plus productifs. »

« Certes, on va moins bien en demi-fond en suivant cette méthode. Mais nager vite, c’est devoir s’organiser ; et puis, il s’agit de faire un humain, pas une machine à nager. Cela est une chose importante. Agnel a quitté Pellerin pour des raisons humaines. Je crois que les entraîneurs français restent à la traîne dans ce domaine. On n’est pas des pros dans la communication avec les nageurs. Jamais un nageur ne se serait trouvé dans une telle situation à l’étranger. »

« Dans l’organisation en fonction des âges, au Lagardère, on ne parle pas d’entraînement avant l’âge de benjamins (12-13 ans) ; entre cinq et onze ans, on ne parle pas d’école d’entraînement, mais d’école de nage. Les entraînements, cela commence chez les minimes, vers quatorze ou quinze ans. Quand vous arrivez à cet âge, si vous ne travaillez pas, vous allez voir passer le train. Si vous aviez pris l’habitude de gagner, le fait de ne pas travailler vous tirant en arrière, quand vous ne gagnerez plus, vous perdrez le moral. »

« Notre système prévoit un minimum de deux heures quotidiennes d’entraînement, six jours par semaine, et, jusqu’à trois heures trente entre 14 et 17h30. » pour les nageurs en horaires aménagés, avec ‘’La Cité Scolaire La Fontaine’’, qui se trouve tout à côté de La Croix Catelan, et dont le cursus s’étend de la 6eme à la terminale,

« Nos groupes sont le groupe élite jeunes – de 12 à 16 minimes entraînés à La Croix [Bois de Boulogne]. Un autre de douze minimes, dit ‘’groupe Race’’ travaille rue Eblé [Paris VIIe]. S’ajoute un groupe Benjamins, toujours à Eblé, composé de seize nageurs. Puis des groupes dont les horaires ne sont pas aménagés : un de minimes, baptisé ‘’Race CNA’’, de douze nageurs, et le groupe des benjamins, de seize nageurs et plus. »

« Le travail utilise la méthode des cycles, macro et microcycles. Un cycle dure de six à huit semaines pendant la période scolaire, deux semaines pendant les vacances où on travaille plus et les qualités se développent plus vite. Au début de saison, on détermine les capacités à développer, et à chaque fin de cycle, on fait des micro-bilans, et on décide si l’on est en retard ou si l’on peut passer à l’étape suivante. Dès benjamins, on focalise sur les abdominaux, les lombaires, la proprioception, le gainage. J’ai l’habitude de dire qu’au Lagardère, on travaille le GALOP : Gainage, Abdominaux, Lombaires, Obliques, Proprioception. »

« On vérifie l’âge osseux des jeunes. Tant qu’il y a du cartilage, on évite tout travail de force qui pourrait nuire à la croissance. Pour la condition physique, on effectue des circuits qu’on alterne, par exemple le lundi bas du corps, mardi le haut, mercredi tout le corps. Selon les cas, on focalise parfois sur un point, puis on effectue le transfert de la qualité que l’on cherche à développer dans l’eau. »

« Dans le bassin, on se sert des quatre nages. Pourquoi ? Parce que les qualités acquises sont transférables d’une nage à l’autre, et parce que le travail des quatre nages est la fois moins lassant et plus musculaire. C’est une façon de travailler la force dans l’eau et d’éviter la spécialisation. Cela donne des choix plus larges au moment de déterminer dans quelle nage on veut se spécialiser. Camille Muffat a attendu d’avoir vingt ans avant de choisir le crawl. Frank Esposito était aussi bon en dos qu’en papillon. S’il a choisi le papillon, c’est en raison de meilleures opportunités pour lui de médailles. Et il était aussi performant en crawl. »