QUAND DENCAUSSE A LES NERFS

3 juillet 2013

 par Eric LAHMY

     En améliorant l’antique meilleure performance des seize ans de Stephan Perrot lors de la Coupe de la COMEN, Jean Dencausse a montré le bout du talent qui pourrait donner un héritier aux grands de la brasse française, de Perrot, Yohan Bernard, Sarnin à Duboscq. A suivre ?

 

A San Marino, le week-end passé, la France a fini 2e de la Coupe de la COMEN, réservée aux filles de 13 et 14 ans et aux garçons de 15 et 16 ans, derrière l’Italie, 318,5pts contre 294,5pts, et a raflé 22 médailles, 8 en or, 10 en argent et 4 en bronze, tandis que Jean Dencausse a réussi les exploits individuels, en améliorant d’abord la meilleure performance des seize ans sur 200 mètres brasse. Fort marri d’avoir été disqualifié la veille sur 100 mètres brasse pour « nage incorrecte », Dencausse s’est superbement vengé en enlevant la distance supérieure dans un temps de 2’18’’41 qui efface la meilleure performance, 2’19’’56, qui était détenue depuis vingt ans par Stephan Perrot. Puis il démontra par A plus B, dans le relais quatre fois cent mètres quatre nages, qui était le patron, en reprenant plus de deux secondes à Umberto Palumbo, vainqueur de l’épreuve individuelle, dans son parcours lancé de brasse, 1’3’’41 contre 1’5’’43 !

Sur 200 mètres nage libre, Léa Marchal, 2’7’’79, a devancé Anissa Gitton, 2’8’’68 tandis que le vainqueur garçons, Jean-Baptiste Abily, 1’54’’90, a été accompagné sur le podium par Julien Pinon, 3e en 1’55’’14. Emmené par ces deux jeunes gens, le relais quatre fois 200 mètres ne pouvait que l’emporter, ce qui a été fait en 7’41’’42, une moyenne de 1’55’’35 par nageur. Abily avait le premier jour terminé second du 100 mètres en 52’’47, tout comme Maelle Baesel chez les filles (59’’40). Léa Marchal avait enlevé précédemment le 400 mètres (4’23’’54) et le 800 mètres (9’1’’63), tandis que Nicolas d’Oriano, vainqueur du 400 mètres (3’59’’40) et du 400 mètres quatre nages (4’32’’62, nettement devant Théo Berry, second en 4’37’’70),  terminait 2e du 1500 mètres (15’53’’01), comme Théo Berry, 2’8’’04, encore deuxième, au 200 mètres quatre nages cette fois, et comme le relais quatre fois 100 mètres libre des jeunes filles (3’58’’12).

Le quatre fois 200m féminin (8’36’’47) et le quatre fois mètres garçons (3’32’’24) enlevaient, eux, l’argent. Marie Hénon, quant à elle, accumulait les bronzes comme autant d’œuvres d’art sur 100 mètres (1’13’’92) et 200 mètres (2’41’’58) brasse. Les relais quatre nages français terminaient deuxièmes en garçons (3’52’’99) et troisièmes en filles (4’29’’86). En 2012, la France avait été 3e de la COMEN, et a donc gagné une place.

100 mètres : 1. Despoina Markante, Grèce, 59″36; 2. Maëlle Baesel, France, et Jessica Bosco, Italie, 59″40; … 7. Tiphaine Lacavalerie, France, 1’0’’43; 8. Mathilde Vaquette, France, 1’0’’59.

200 mètres: 1. Léa Marchal, France, 2’7’’79; 2. Anissa Gitton, France, 2’8’’68; 3. Elena Giovannini, San Marino, 2’9’’04.

400 mètres: 1. Lea Marchal, France, 4’23″54; 2. 2. Margherita Cordiali, Italie, 4’24″38; 3. Eleonora Brotto, Italie, 4’28″69; 4. Maëlle Baesel, France, 4’30’’87.

800 mètres: 1. Lea Marchal, France, 9’1″63; 2. Giorgia Mai (Italie) 9’2″17; 3. Margherita Cordiali (Italie) 9’14″18; … 7. Maëlle Baesel,France, 9’32’’97.

100 dos: 1. 1. Ioanna Sacha, Grèce, 1’4″30; 2. Sara Pusceddu, Italie, 1’4″97; 3. Sara Franceschi, Italie, 1’6″53; 4. Alexane Cormier, France, 1’6’’81; 7. Amandine Laganier, France, 1’7’’83.

200 dos: 1. Ioanna Sacha, Grèce, 2’17″96; 2. Sara Pusceddù, Italie, 2’18″50; 3. Sara Franceschi, Italie, 2’21″81; 4. Alexane Cormier, France, 2’22’’66.

100 brasse: 1. Ilaria Cusinato, Italie, 1’12″51; 2. Anastasia Syrigou, Grèce, 1’13″22; 3. Marie Hénon, France, 1’13″92;… 6. Emma Drhouin, France, 1’16’’91.

200 brasse: 1. Anastasia Syrigou, Grèce,  2’37″18; 2. Alessia Puleo, Italie, 2’40″67; 3. Marie Hénon, France, 2’41″58.

100 papillon: 1. Giorgia Peschiera, Italie, 1’4″02; 2. Xanthi Mitsakou, Grèce, 1’5″06; 3. Yuval Saba, Israël, 1’5″71; 5. Margaux Szczepiak. France, 1’5’’90; … 8. Romane Smonetti, France, 1’8’’40.

200 papillon: 1. Giorgia Peschiera, Italie, 2’19″45; 2. Martina Rampi, Italie, 2’24″23; 3. Xanthi Mitsakou, Grèce, 2’25″60; … 5. Margaux Szczepiak, France, 2’27’’74.

200 quatre nages: 1. Sara Franceschi, Italie, 2’18″85 (record Italie jeunes, ancien 2’19″57 par Andrea Ambra Pescio, 4 août 2012); 2. Ilaria Cusinato, Italie), 2’22″24; 3. Ioanna Sacha, Grèce, 2’22″99; …7. Romane Simonetti, France, 2’28’’93.

400 quatre nages: 1. Ilaria Cusinato, Italie, 5’2″36; 2. Giorgia Peschiera, Italie, 5’2″78; 3. Ilektra Lebl, Grèce, 5’9″30; 4. Anissa Giton, France, 5’12’’96.

4×100 mètres: 1. Italie (Cordiali, Mai, Montanari, Bosco, 58’’74) 3’58″12; 2. France (Maëlle Baesel, 58’’90, Tiphaine Lacavalerie, 1’0’’41, Mathilde Vaquette, 59’’92, Anissa Gitton, 1’0’’63), 3’59 »86; 3. Israël, 4’2″63.

4×200 mètres: 1. Italie (Mai, Cordiali, Montanari, Brotto) 8’36″47; 2. France (Anissa Gitton, 2’10’’21, Maëlle Baesel, 2’10’’68, Lisa Pou, 2’11’’71, Léa Marchal, 2’10’’76), 8’43″36; 3. Israël, 8’52″22.

4×100 quatre nages: 1. Grèce, 4’21″89; 2. Italie (Pusceddu, Morotti, Peschiera, Bosco), 4’22″64; 3. France, 4’29’’86 (Alexane Cormier, 1’7’’18, Emma Dhrouin, 1’16’’72, Margaux Szczepiak, 1’6’’15, Maëlle Baesel, 59’’81).

MESSIEURS.

100 mètres: 1. Filippo Tubertini, Italie, 52″29; 2. Jean-BaptisteAbily, France, 52″47; 3. Stefano Fabbri Corsarini, Italie, 53″17; 4. Rémi Mairesse, France, 53’’21; …8. Guillaume Garzotto, France, 53’’67.

200 mètres: 1. Jean-Baptiste Abily, France, et Ziv Kalontarov, Israël, 1’54’’90; 3. Julien Pinon, France, 1’55’’14.

400 mètres: 1. Nicolas D’Oriano, France, 3’59″40; 2. Marc Hinawi, Israël, 3’59″54; 3. Gianfilippo Lucangeli, Italie, 4’0″90; … 6. Mathias Marsau, France, 4’5’’33.

1500 mètres: 1. Marc Hinawi, Israël, 15’39’’33; 2. Nicolas d’Oriano, France, 15’53’’01; 3. Athanasios Charalambos Kynigakis, Grèce, 15’53’’27; 4. Léo Vannier, France, 16’7’’15.

100 dos: 1. Cristiano Hantjoglu, Italie, 57″13; 2. Nikolaos Sofianidis, Grèce, 57″83; 3. Idan Dotan, Israël, 58″82; … 5. Geoffroy Renard, France, 59’’87 .

200 dos: 1. Ziv Kalontarov, Israël, 2’5″42; 2. Joao Vital, Portugal, 2’6″73; 3. Cristiano Hantjoglu, Italie, 2’8″05;… 5. Geoffroy Mathieu, France, 2’8’’54; 6. Oleg Garasymovytch, France, 2’8’’67.

100 brasse: 1. Umberto Palumbo, Italie, 1’5″43; 2. Amir Haviv, Israël, 1’5″48; 3. Stefano Raimondi, Italie, 1’6″15. Jean Dencausse, disqualifié pour nage irrégulière.

200 brasse; 1. Jean Dencausse, France, 2’18″41; 2. Iliya Gladishev, Israël, 2’23″29; 3. Stefano Raimondi, Italie, 2’23″49; … 5. Arnaud Trog, France, 2’25’’36.

100 papillon: 1. Lorenzo Trevisan, Italie, 56″19; 2. Athanasios Charalambos Kynigakis, Grèce, 56″81; 3. Matteo Bertoldi, Italie, 57″15; 4. Guillaume Garzotto, France, 57’’67.

200 papillon: 1. Lorenzo Trevisan, Italie, 2’3″72; 2. Matteo Bertoldi, Italie, 2’4″36; 3. Athanasios Charalambos Kynigakis, Grèce, 2’4″50; … 5. Mathias Garsau, France, 2’6’’48; 6. Théo Cacheux, France, 2’8’’07.

200 quatre nages: 1. Theodoros Benechoutsos, Grèce), 2’6″96; 2. Théo Berry, France, 2’8″04; 3. Stefano Raimondi, Italie, 2’8’’74.

400 quatre nages: 1. Nicolas D’Oriano, France, 4’32″62; 2. Theo Berry, France, 4’37″70; 3. Matteo Bertoldi, Italie, 4’37″79.

4×100 mètres: 1. Italie (Fabbri Corsarini, Manna, Minicozzi, Tubertini, 52’’14) 3’31’’59; 2. France Jean-Baptiste Abily, 52’’29, Maxim Cadiat, 53’’21, Guillaume Garzotto, 53’’78, Julien Pinon, 52’’96), 3’32’’24; 3. Israël, 3’32.49.

4×200 libre: 1. France (Julien Pinon, 1’57’’68, Jean-Baptiste Abily, 1’54’’65, Rémi Mairesse, 1’54’’85, Nicolas d’Oriano, 1’54’’24), 7’41″42; 2. Israël, 7’45″08; 3. 3. Italie (Lucangeli, Zangrandi, Manna, Bertoldi) 7’46″14.

4×100 quatre nages: 1. Italie (Hantjoglu, Palumbo, Trevisan, Fabbri Corsarini) 3’52″19; 2. France (Geoffroy Bernard, 59’’75, Jean Dencausse, 1’3’’41, Guillaume Garzotto, 57’’91, Jean-Baptiste Abily, 51’’92), 3’52″99; 3. Israël, 3’53″42.

LA PISCINE DE LONDRES CHANGE DE FORMAT

Le Centre aquatique de Londres, décor des épreuves de natation et de plongeon des Jeux olympiques 2012, se refait une façade. La piscine s’adapte à sa nouvelle fonction, d’être ouverte au public, au printemps 2014. Les 15.000 sièges temporaires, qui n’étaient pas dans le dessin original de l’architecte Zaha Hadid (prix Pritzker, appelé parfois le Nobel de l’architecture) ont disparu. 700 panneaux de verre de 250 à 377 kilos chacun, fabriqués à Leon, en Espagne, fermeront la structure réformée. Situé dans le parc olympique Reine Elizabeth, à Strafford, le Centre Aquatique, achevé en 2011, a coûté £251 millions, soit €293 millions, sa hauteur est de 45 mètres, son toit imitant la forme de vagues, couvre une surface de 160 mètres sur 80 mètres. Avec ses deux bassins de 50 mètres et sa fosse à plongeons de 25 mètres, le centre, ouvert à la fois à l’élite et au public,  pourra accueillir 2500 personnes, avec option d’ajouter 1000 sièges de spectateurs pour les compétitions.

EQUIPE BRITANNIQUE CHERCHE REVANCHE

par Eric LAHMY

1er juillet 2013

A l’issue des championnats britanniques de natation, qui se sont tenus la semaine passée à Sheffield, dans le nord de l’Angleterre, l’équipe d’outre-Manche pour les Mondiaux de Barcelone a été formée, et il apparait qu’elle sera diablement forte. Elle sera aussi plutôt revancharde. Nos voisins du Channel ont eu un sentiment d’humiliation, suite à leurs résultats, à domicile, aux Jeux olympiques de Londres, l’an passé. Ils espéraient Waterloo (grande victoire chez eux), ils l’ont eu… mais dans l’acception française du terme.

Une médaille d’argent, celle acquise par Michael Jamieson sur 200 mètres brasse, deux de bronze, arrachées sur 400 mètres et 800 mètres par Rebecca Adlington, qui avait, quatre ans plus tôt, sur les mêmes distances, enlevé deux fois le plus noble métal, voilà les seuls podiums qu’a pu s’offrir Albion. Loin de suffire à son bonheur.

S’ils s’attendaient à mieux que ça, nos amis anglais, ce n’était pas parce qu’ils étaient déraisonnables, mais parce qu’ils avaient de bonnes raisons techniques et humaines d’obtenir de plus belles réussites. Leurs nageurs étaient classés parmi les premiers dans plusieurs courses. Ils avaient été préparés dans des conditions optimales, dans des centres où était dispensé un enseignement de qualité, pendant quatre années. Ils avaient marqué des progrès réguliers et constants. Ils avaient dépensé sans compter, puisant dans les ressources des fonds publics et d’un système de loterie très rémunérateur. Et ils croyaient, parce que cela se passe presque toujours comme ça, que l’avantage du terrain jouerait en leur faveur.

Aux Jeux de Pékin, les Britanniques avaient terminés 3e ex-aequo au nombre des titres (les deux de « Becky » Adlington), et des médailles (six) ; aux championnats du monde 2009, ils avaient obtenu 7 médailles, dont deux d’or, il est vrai compte tenu des courses non olympiques, été classés 7e pour l’or, 5e pour les médailles ; et aux mondiaux 2011, il étaient encore 6e, ex-aequo, avec deux médailles d’or et trois d’argent.

A Londres, donc, pas d’or, terrible déconvenue ; et une publication qui leur a fait mal, par la FINA : 15eme ex-aequo, au classement mondial.

Un classement basé sur d’autres paramètres aurait donné une idée de la force cachée de la natation britannique, dont les nageurs avaient atteint les finales de Londres à 24 reprises, dix fois chez les hommes et quatorze chez les  femmes. Seuls les USA et l’Australie avaient fait mieux, avec 48 finales, 24 chez les hommes et 24 chez les femmes et 27 finales (14 plus 13). Même les Chinois, n’avaient pu dépasser les British dans ce domaine ! Mais, bien entendu, les Chinois s’en étaient sortis avec quatre médailles d’or, ce qui ne se compare pas avec le zéro pointé du Royaume-Uni.

Dans un classement des nations tenant compte des finalistes de chaque épreuve de course des Jeux de Londres, eau libre incluse, attribuant 1 point au 8e, 2pts au 7e, etc. et 9 points au premier pour valoriser la victoire, en combinant hommes et femmes, les USA sont premiers  avec 299 pts (hommes 157pts, femmes 142 pts) ; suivent 2. Australie, 110pts (48pts + 62pts) ; 3. Chine, 100pts (46pts + 54pts) ; 4. Japon, 94pts (60pts  + 34pts) ; 5. Grande-Bretagne, 84pts (52pts + 32pts) ; 6. France, 76 pts (44pts + 32pts) ; 7. Hongrie, 50pts (31pts + 19pts) ; 8. Allemagne, 45pts (36pts + 9 pts) ; 9. Russie, 41pts (13pts + 28pts) ; 10. Pays-Bas, 40 pts (6 pts + 34pts). Suivent l’Afrique du Sud, 33pts, le Canada, 32pts, l’Italie, 29pts, le Brésil, 26pts, le Danemark, 25pts, pays dont on dira, sans aucune intention péjorative, qu’ils disposent, au niveau mondial, de nageurs plutôt que d’une natation

Mais, bien entendu, si un tel classement confortait l’idée de la solidité de la natation britannique, la fascination (assez compréhensible) des titres et des médailles ne faisait que souligner plus cruellement le manque de réussite au sommet (au contraire du fameux « carton plein » qu’avaient opéré les Français. L’ironie a voulu qu’une médaille d’or a été obtenue par le système britannique. Celle d’une nageuse de Plymouth, la Lituanienne Rüta Meylutite !

Comme chacun sait, malheureusement pour la natation française, celle-ci risque de vivre une situation terriblement handicapante avec le choix de Yannick Agnel de ne pas se présenter dans les courses individuelles aux mondiaux de Barcelone. S’il se maintient dans cet état d’esprit, Agnel, auquel le Directeur technique Lionel Horter rend visite aux USA, ôte à la France une grande partie de sa force de frappe aux mondiaux. D’abord parce que dans sa forme de Londres, Yannick ne pouvait que partir favori du 200 mètres nage libre où même le formidable Chinois Sun Yang – à nos yeux le meilleur nageur du monde en 2012 en dépit des classements mondiaux privilégiant Phelps – ne pouvait le menacer. Ensuite parce qu’un Agnel diminué risque de coûter cher aux relais. Amusez vous  à l’enlever des relais de Londres et imaginez le résultat. Pas de titre sur 4 fois 100m, pas de médaille sur 4 fois 200m! Même chose chez les filles, pour ce qui concerne Muffat. Sans elle, dabord le relais quatre fois 200 mètres n’aurait pas été qualifié, ensuite, il n’aurait pu être médaillé. L’épatante Niçoise, non contente de projeter ses équipières en finale, leur avait offert le bronze.

Les Britanniques, en face de Français amoindris, sont en position de retourner la situation qui a été la leur à Londres dans le décompte des médailles. A Sheffield, la semaine passée, dans plusieurs courses, leurs éléments apparaissaient comme des rivaux de valeur face aux Américains qui disputaient en même temps leurs championnats.

S’il est vrai que le crawl masculin britannique sera inexistant à Barcelone, qu’en dos, Chris Walker-Hebborn et Craig Mc Nally, sixièmes respectivement du 100 mètres et du 200 mètres, ne sont autre chose que des outsiders, et Roberto Pavoni un lointain prétendant en quatre nages, Michael Jamieson reste le meilleur atout, sur 200 mètres brasse: n° 1 au monde cette saison, avec 2’7’’78; et Ross Murdoch, n° 3 au 100m brasse (59’’80), peut rêver de podium, comme Benjamin Proud l’est au 50 mètres papillon.

Une précision : Walker-Hebborn, 6e sur le papier, n’est qu’à trois dixièmes du leader, notre représentant Jérémy Stravius, champion du monde en titre, dans une épreuve tellement compactée que tout peut arriver. Les Britanniques devraient disposer de relais de qualité, finalistes certains et médaillés possibles.

Côté filles, les départs à la retraite de Rebecca Adlington et de Joanne Jackson, deux des reines du demi-fond mondial entre 2008 et 2012, ont été admirablement compensés par l’éclosion un peu tardive mais bienvenue de Jazmin Carlin. Roxy (son deuxième prénom) montrait le bout de ses ambitions depuis le début de la saison et a magnifiquement confirmé par son comportement à Sheffield, enlevant 400 mètres, 800 mètres et 1500 mètres. Ses performances en ont fait la première rivale de Katie Ledecky sur les distances plus longues et une outsider potentielle de Camille Muffat, l’Australienne Bronte Barratt et Ledecky sur 400 mètres, ainsi qu’un appoint considérable dans le relais quatre fois 200 mètres.

Nous n’oublierons pas l’Ecossaise Hannah Miley, alias « Smiley » (souriante), que tous les enfants des Iles Britanniques doivent apprécier, son charmant minois ornant les  paquets de corn flakes de Kelloggs’).  Elle a inscrit son nom tout en haut du bilan du 400 mètres quatre nages, cette année, avec 4’34’’21, devant la championne olympique Shiwen Ye, 4’34’’27. Certes, si Ye retrouve sa forme phénoménale des Jeux olympiques de Londres, Miley, championne d’Europe, vice-championne du monde, et 5e aux Jeux olympiques, à Londres, aura bien du mal à s’en sortir, il n’empêche, elle demeure tout en haut des pronostics.

D’autres éléments sont assez favorablement placés sur l’échiquier pour accéder aux finales et, avec un peu de chance, grimper sur un podium. Et les relais semblent assez solides dans l’ensemble. Mais surtout, les Britanniques, qui ont ruminé leur échec de Londres, ont tout fait pour qu’il ne se renouvelle pas. Ne pas refaire deux fois les mêmes erreurs est l’un des secrets de la réussite. Mais, bien entendu, le dernier mot restera à la compétition.

RIVERSIDE JOUE LA JEUNESSE EN SYNCHRO

1er juillet 2013

 

USA Synchro a créé un nouveau Centre d’entraînement national de natation synchronisée, qui sera réservé aux juniors et aux équipes de jeunes, à l’intérieur du Centre Aquatique de Riverside, en Californie. Une piscine longue de 65 mètres, une fosse à plongeons et divers systèmes peuvent la formater de façon à recevoir trois activités à la fois. L’équipe juniors US s’entraîne actuellement dans le complexe jusqu’au 31 juillet, où les 15-16 ans les rejoignent à partir du 1er juillet. Chaque été, se félicitent les dirigeants des ballets nautiques des Etats-Unis, les équipes de jeunes passeront deux mois aux côtés de l’équipe nationale, en route vers les Jeux de Rio en 2016. La ville de Riverside a joué un rôle important dans la culture natation synchronisée des USA et du monde. Les « Aquettes », l’équipe locale, effectue un gala annuel depuis maintenant cinquante-cinq ans. Sans pouvoir être considéré comme un club fondateur de l’activité au même titre qu’ Athens, San Francisco, Santa Clara ou Walnut Creek, Riverside Aquettes s’est maintenue à un bon niveau, notamment en age groups, ou chez les juniors, comme Barbara Nesbitt, championne des USA 2003, qu’entraînait sa mère Sue.

CARLIN CONTRE LEDECKI, LE DEFI DE L’ATLANTIQUE

par Eric LAHMY

30 juin 2013

Sheffield, Championnats de Grande-Bretagne

La nouvelle bataille de l’Atlantique ne fera pas de morts ni de blessés, mais tout laisse croire qu’on ne fera pas de prisonniers. C’est celle qui va  opposer les deux reines du demi-fond long, l’Américaine Katie Ledecky et la Galloise Jazmin Roxy Carlin. Les déclarations de « guerre » ont été faites toute la semaine durant à 6288,7 kilomètres de distance, celle qui sépare Indianapolis, où se tenaient les championnats des Etats-Unis, et Sheffield, où les Britanniques en faisaient autant.

Disons le, Ledecky aura les faveurs du pronostics. L’Américaine a déjà été adoubée dans le 800 mètres des Jeux olympiques, et ses limites physiques sont difficiles à discerner. Carlin a longtemps nagé dans son pays dans l’ombre de Rebecca Adlington et de Joanne Jackson. Elle est présente à l’international depuis 2009, mais son palmarès est vierge de victoires internationales. Mais depuis le départ à la retraite d’Adlington et de Jackson, elle a endossé l’habit de représentante de Grande-Bretagne, et le costume lui va bien.

A l’issue de cette semaine de compétitions des deux côtés de l’océan, c’est sûr, Carlin a complètement résorbé son retard. Prenez leurs performances : Ledecky, 1’56’’93 au 200 mètres, 4’4’’05 au 400 mètres, 8’20’’54 au 800 mètres, 15’47’’15 au 1500 mètres. Et Carlin, respectivement 1’58’’29, 4’4’’25, 8’18’’28, 15’47’’56. En-dehors du 200 mètres que Jazmin n’a pas nagé à Sheffield, parce que la course se disputait vingt minutes avant le 1500 mètres, cela ressemble quasiment à un ex-aequo, tant leurs différences ont un air anecdotique.

Carlin se venge d’ailleurs sans doute de ses déboires de la saison 2012, quand la maladie l’avait empêchée de se qualifier aux Jeux olympiques. Sur 200 mètres, son record personnel, 1’58’’29, date de 2010, quand elle nageait 4’8’’22 au 400 mètres); elle a nagé par ailleurs 1’56’’7 lancé en relais, en 2009, à Rome. Une époque où l’on ne savait pas que cette blonde hyperfine était faite pour la distance. L’une de ses qualités est de ne pas fatiguer et de récupérer très vite, et sa structure physique très légère serait en cause (57kg pour 1,77m). Depuis, elle a été soumise à des séances ad hoc, et admirez le résultat!

Sur 400 mètres, en revanche, la favorite ne peut être autre que Camille Muffat, depuis, surtout, la disparition inexpliquée que Schmitt, la championne olympique du 200 mètres à Londres.

A Sheffield, Carlin n’a pu compter sur une opposition valable, sa suivante du 400 mètres ayant terminé à cinq secondes. Au-delà de sa belle performance, il faut noter, pour cette dernière journée de championnats de Grande-Bretagne, les 59’’80 au 100 mètres brasse de Ross Murdoch, 3e au monde cette année, les 25’’91 de Rebecca Halsall au 50 mètres papillon (4e performance mondiale de l’année), les 48’’67 d’Adam Brown, qui s’était distingué un peu plus tôt en améliorant le record britannique du 50 mètres, et les 51’’97 sur 100m papillon de Michael Rock… moins vite cependant qu’en demi-finales, où l avait nagé 51’’91.

 

DAMES.- 400 mètres: 1. Jazmin Carlin, 4’4’’25 ; 2. Eleanor Faulkner, 4’9’’07; 3. Aimée Willmott, 4’9’’90; 4. Hannah Miley, 4’10’’09; 5. Jessica Thielmann, 4’12’’65.

100 mètres brasse: 1. Stacey Tadd, 2’27’’52; 2. Molly Renshaw, 2’27’’71; 3. Sophie Taylor, 2’28’’82.

50 mètres dos: 1. Georgia Davis, 27’’97; 2. Lauren Quigley, 28’’16; 3. Jassica Fullalove, 28’’82.

50 mètres papillon: Francesca Halsall, 25’’91; 2. Siobhan Marie O’Connor, 26’’83.

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Adam Brown, 48’’67; 2. Robert Renwick, 49’’17; 3. Benjamin Proud, 49’’48; 4. James Disney May, 50’’13; 5. Grant Turner, 50’’20.

1500 mètres:1. Daniel Fogg, 15’1’’74; 2. Jack Burnett, 15’16’’12 ; 3. Stephen Milne, 15’16’’19; 4. Thomas Allen, 15’23’’24. 5. Nicholas Grainger, 15’24’’93.

100 mètres brasse : 1. Ross Murdoch, 59’’80 ; 2. Michael Jamieson, 1’0’’06 ; 3. Adam Peaty, 1’0’’11 ; 4. Robert Holderness, 1’0’’99 ; 5. Craig Benson, 1’1’’01; 6. Andraw Willis, 1’1’’10; 7. Christopher Stiples, 1’1’’35; 8. Jamie Graham, 1’1’’39.

100 mètres papillon: Michael Rock, 51’’97; 2. Thomas Laxton, 52’’40 ; 3. Adam Barrett, 52’’56 ; 4. Anthony James, 52’’76 ; 5.Joseph Roebuck, 52’’78.

400 mètres quatre nages : 1. Roberto Pavoni, 4’13’’67 ; 2. Daniel Wallace, 4’15’’22 ; 3. Lewis Smith, 4’15’’51 ; 4. Matthew Johnson, 4’17’’31.

LOCHTE ET LEDECKY SANS RIVAUX

29 juin 2013

 

Indianapolis, championnats US et sélections mondiales

 

Vu les profils du 400 mètres et du 800 mètres féminins tels que nagés ici, les jours précédents, on se demandait s’il était possible que Chloe Sutton bouscule Katie Ledecky sur 1500m. Pourquoi ? Parce que devancée de deux secondes sur 400m et de moins d’une seconde sur 800m, Sutton – perdant donc une demi-seconde par cent mètres sur 400m et seulement un dixième par tranche de 100 mètres sur 800m – paraissait un peu supérieure en termes d’endurance pure que la championne olympique de 2012. Nous lui donnions un potentiel de 15’55’’ contre 16′ à Ledecky. Bien entendu, de telles considérations peuvent être mises à mal par la réalité du terrain, et des fluctuations de forme toujours envisageables d’un jour sur l’autre dans la même semaine. Une nageuse n’est pas un robot. Par ailleurs, Ledecky ne s’était pas forcément employée à fond et on pouvait penser quelle avait visé des succès tactiques.

C’est ce que ce 1500m féminin, plat principal de cette dernière journée de champonnats d’Indianapolis a démontré ! Nos supputation de papier sont restées lettre morte et Ledecky est restée la patronne ! Partie tambour battant, elle est passée en 4’8’’49, un temps proche du record (4’6’’64) de Sutton, meilleur que celui de la médaillée de bronze d’Indianapolis, au début de cette semaine. Les 800m étaent atteints en 8’22’’61. C’était nager plus vite que lors de son 800m de quatre jours plus tôt, bouclé en 8’22’’41, car dans son 1500m elle touchait « au pied », ce qui correspond à une perte de temps sur le mur de 7/10e de seconde ! Et elle avait encore 700 mètres à parcourir.

A ce moment, Sutton, soucieuse d’éviter la crise cardiaque, se pointait dix secondes derrière et avait pris l’option de sauver les meubles, en l’occurrence de jouer la seconde place qui la qualifierait pour les mondiaux. A l’arrivée, Ledecky grattait 0’’11 sur la meilleure performance mondiale de l’année, portée la veille par la Britannique Jazmin Carlin à 15’47’’26 !

Une autre meilleure performance de l’année a été battue, par Ryan Lochte, qui a réussi de beaux championnats et mieux encore sa sortie. 1’55’’44 sur 200 mètres quatre nages, le placent en tête du bilan de l’année, détrônant le Japonais Kosuke Hagino, 1’55’’74 aux championnats du Japon. Lochte a devancé son second, Conor Dwyer, de près de quatre mètres, et s’est raisonnablement rapproché de son record du monde, 1’54’’.

Natalie Coughlin a enfin atteint son Graal. Elle s’est qualifiée pour le mondial. Et avec la manière. Ses 24’’97 lui ont donné la victoire, à l’issue d’une bagarre serrée, devant la toute gamine Simone Manuel, 25’’01 à seize ans. La leçon de cette course ? Le sprint en natation (et sans doute la natation en général) n’a pas d’âge, une leçon que l’mmense Dara Torres, médaillée olympique à 41 ans, nous avait infligé à Pékin. Sur le podium d’Indianapolis se tenaient l’une près de l’autre la plus âgée des qualifiées américaines du mondial de Barcelone, Natalie Coughlin, 30 ans, et la plus jeune, Simone Manuel, 16 ans. Simone aura dix-sept ans le 2 août, pendant les mondiaux de Barcelone. Peut-être fêtera-t-elle dignement cet anniversaire avec deux jours de retard, la finale du 50 mètres se jouant le 4 août… Au train où vont ses progrès, qui sait ce que la brunette à lunettes y fera ?

 

DAMES.- 1500 mètres: 1. Katie Ledecky, 15’47’’15; 2. Chloe Sutton, 16’7’’75; 3. Haley Anderson, 16’12’’29; 4. Gillian Ryan, 16’19’’20; 5. Alicia Mathieu, 16’17’’62; 6. Becca Mann, 16’23’’83; 7. Ashley Rwichell, 16’25’’87;  8. Emilia Brunneman, 16’27’’19.

200 mètres quatre nages: 1. Caitlin Leverenz, 2’10’’13; 2. Elizabeth Beisel, 2’12’’11; 3. Melanie Margalis, 2’12’’34; 4. Calina Li, 2’12’’73; 5. Jane Mangimelli, 2’12’’54; 6. Justine Mueller, 2’14’’03; 7. Jasmine Tosky, 2’15’’; 8. Shane Vreeland, 2’15’’68.

MESSIEURS.- 50 mètres: 1. Nathan Adrian, 21’’47; 2. Anthony Ervin, 21’’70; 3. Josh Schneider, 21’’87; 4. Cullen Jones et Jimmy Feigen, 21’’88; 6. S Stubblefield, 22’’26.

800 mètres: 1. Connor Jaeger, 7’46’’78 ; 2. Michael McBroom, 7’47’’13 ; 3. Andrew Gemmel, 7’57’’83 ; 4. Ryan Feeley, 8’1’’28 ; 5. Zane Grothe, 8’2’’06 ; 6. Arthur Freyler, 8’1’’28 ; 7. Sean Ryan, 8’3’’77.

200 mètres quatre nages: 1. Ryan Lochte, 1’55’’44; 2. Conor Dwyer, 1’57’’74; 3. Chase Kalisz, 1’58’’52; 4. Austin Surhoff, 1’58’’80; 5. Josh Prenot, 2’0’’33; 6. Gunnar Bentz, 2’0’’88; 7. Kyle Whitacker, 2’1’’31; 8. Tynan Stewart, 2’1’’45.

 

LES MYSTERES DU QUATRE NAGES

29 juin 2013

Sheffield, championnats de Grande-Bretagne

Une course de quatre nages est toujours difficile à décrypter. On ne peut y plaquer des idées d’égalité d’allure, chacun ayant son profil personnel d’excellence dans les nages, bon ici, moins bon là. Phelps était imprenable dans cet exercice parce qu’il était le meilleur nageur de crawl et de papillon au monde, que seul Peirsol le battait en dos, et que ce que tel ou tel lui prenait en brasse n’avait aucune incidence sur le résultat final.

Je me souviens qu’en 1974, à huit jours de distance, David Wilkie, recordman du monde du 200 mètres brasse, et Steve Furniss (devenu depuis le créateur de la marque de maillots de bain Tyr), plus axé sur les nages crawlées, avaient établi le même record du monde du 200 mètres quatre nages au centième près, 2’6’’32, avec des temps de passage résolument différents !

Un nageur peut être loin derrière non parce qu’il est dépassé, mais parce que la nage papillon est son point faible. Cela donne à cette épreuve un côté un peu chaotique, et un intérêt particulier, une saveur à elle.

Ici, dans le 200 mètres quatre nages dames des championnats de Grande-Bretagne, cet après-midi, Siobhan O’Connor parait pour commencer se promener. Elle engrange une longueur d’avance en papillon aux 50 mètres, avance qu’elle porte à deux longueurs après le dos, et aux 100m la  voilà qui passe 2’’18 devant Sophie Allen. Dans une course de nage libre, on se dit que la messe est dite. Mais, soit O’Connor a mangé son pain blanc, soit elle est partie beaucoup trop vite, toujours est-il que, pour elle, la suite de la course est une mort lente. En revanche, Sophie Allen effectue une remontée sensationnelle. Cette Allen fraîche mange les deux tiers de son retard en brasse et passe O’Connor dans le dernier parcours, en crawl, la bat d’un mètre et demi ! Sophie devient la 8e nageuse au monde cette année.

Il y a beau avoir huit filles dans le bassin, le 100 mètres papillon dames se résume à un vrai duel à deux, Jemma Lowe, la sirène de Swansea, Galloise, multi-médaillée internationale plutôt connue pour son expertise du petit bassin, contre Rachael Kelly, qui fut championne du monde juniors du 100m papillon au Pérou. Une querelle de générations, pour une différence d’âge de quatre ans, Jemma (née le 31 mars 1990) a 23 ans, Rachael (née le 24 janvier 1994) 19. Celle-ci passe devant d’un souffle (27’’31 contre 27’’42, mais ne peut revenir aussi vite… A l’arrivée, Jemma Lowe égale la 10e performance mondiale de l’année. Sur 200 mètres quatre nages messieurs, Roberto Pavoni égale la 8e performance mondiale 2013.

 

DAMES.- 100 mètres dos: 1. Lauren Quigley, 1’0’’07; 2. Georgia Davies, 1’0’’13; 3. Jessica Fullalove, 1’0’’48; 4. Elizabeth Simmonds, 1’0’’72; 5. Rachel Lefley, 1’1’’22; 6. Charlotte McKenzie, 1’2’’04.

100 mètres papillon: 1. Jemma Lowe, 58’’02; 2. Rachel Kelly, 58’’49; 3. Tilly Gray, 59’’40; 4. Georgia Barton, 59’’65.

200 mètres quatre nages: 1. Sophie Allen, 2’11’’34 ; 2. Siobhan-Marie O’Connor, 2’12’’12 ; 3. Hannah Miley, 2’12’’77 ; 4. Sophie Smith, 2’13’’06 ; 5. Stacey Tadd, 2’14’’07 ; 6. Danielle Lowe, 2’14’’12 ; 7 ? Aimée Willmott, 2’14’’31

100 mètres (demi-finales) ; Francesca Halsall, 54’’39 ; Jessica Lloyd, 55’’14 ; Rebecca Turner, 55’’35

200 mètres brasse (demi-finales) : Molly Renshaw, 2’27’’82 ; Stacey Tadd, 2’28’’39 ; Sophie Taylor, 2’28’’98

MESSIEURS.-

200 mètres quatre nages: 1. Roberto Pavoni, 1’58’’14; 2. Ieuan Lloyd, 1’58’’63; 3. .Daniel Wallace, 1’59’’; 4. Joseph Roebuck, 1’59’’21; 5. Lewis Coleman, 2’0’’50; 6. Xavier Mohammed, 2’1’’62; 7. Thomas Litten, 2’1’’96.

100 mètres (demi-finales) : Adam Brown, 48’’99 ; Robert Renwick, 49’’63 ; Benjamin Proud, 49’’66.

200 mètres dos (demi-finales) : Chris Walker-Hebborn, 1’57’’73 ; Craig McNally, 1’58’’44 ; Ryan Bennett, 1’58’’85.

100 mètres brasse (demi-finales) : 1. Ross Murdoch, 1’0’’01 ; Adam Peaty, 1’0’’18 ; Christopher Steeples, 1’0’’77

100 mètres papillon (demi-finales) : Michael Rock, 51’’91 ; Anthony James, 52’’72 ; Adam Barrett, 52’’87.

 

LES SOUCIS DE NATALIE COUGHLIN

29 juin

par Eric LAHMY

Ce soir, à Indianapolis, dans le 50 mètres nage libre des championnats des USA dont c’est la dernière journée, la situation sera compliquée pour la Golden Girl des années 2000-2008.

Natalie Coughlin se trouve dans une position qui doit lui peser, troisième à l’issue des séries du 50 mètres nage libre de ce matin (ou plutôt de cet après-midi, en raison du décalage horaire de six heures avec les Etats-Unis). La « Golden Girl » (titre de son livre, écrit en 2008, sans doute l’une des meilleures autobiographies de natation jamais écrites), la golden girl donc devait a priori nager en dos et en crawl, 50m et 100m, ici à Indianapolis, où les championnats des USA se terminent ce soir… mais elle n’avait tenté sa chance que sur 100m libre jusqu’ici,, et sa sixième place, obtenue le premier jour des championnats, lui laissait peu de chance d’être intronisée dans l’équipe des Mondiaux de Barcelone.

Car une sixième, à quoi peut-elle être utile dans un relais ? A permettre à une titulaire de se reposer en séries. Or Natalie, 54’’05 en finale du 100 mètres d’Indianapolis, est loin d’être irremplaçable! Jessica Hardy, 54’’65, qualifiée dans les deux courses de brasse, ou Elizabeth Pelton, 54’’70, qualifiée, elle, dans les deux courses de dos, sont d’excellentes nageuses de libre, et, comme en témoignent leurs courses en finale du 100 mètres à Indianapolis, très capables d’un rôle de figuration dans des séries mondiales, dans la capitale de la Catalogne.

L’autre ennui, pour Coughlin, c’est que déjà vingt-deux filles ont déjà gagné leur billet d’avion pour l’Espagne (contre 14 garçons où on trouve plus d’éléments qui se qualifient à répétition), et que le quota (26 garçons et 26 filles) risque d’être atteint ce soir. Les coachs, dès lors, ne pourront pas l’ajouter à l’équipe. Dans le cas contraire, il ne s’agira que d’un strapontin, une place sur le banc des remplaçantes, sans garantie de nager… Situation un peu mélancolique pour une jeune femme qui était entre 2000 et 2008 l’une des deux ou trois meilleures nageuses du monde, ou des Etats-Unis !

Mais la grandeur du sport est dans ce terrible réalisme. A chaque départ de course, vous êtes comme dépouillé de tous vos faits d’armes, et luttez à armes égales. L’on sait très bien que dans la vie de tous les jours, il n’en est pas ainsi…

La situation serait bien meilleure si Natalie parvenait à enlever une des deux places du 50 mètres, car elle serait qualifiée pour la course et redeviendrait une remplaçante potentielle dans le relais quatre fois 100 mètres… Mais elle aura fort à faire. Devant elle, meilleur temps des séries, 25’’06, Margo Geer  et Simone Manuel. Geer, étudiante d’Arizona, championne NCAA sur 50 et 100 yards, une de ces colosses au féminin que distille désormais la natation d’élite. Sur le papier, ses 1,83m, contre 1,68m à Coughlin, sa jeunesse (née le 17 mars 1992, elle a 21 ans, contre 32 à Coughlin), ne laissent guère de chance à l’aînée. Manuel, une gentille brunette à lunettes, encore écolière, qui a encore 16 ans jusqu’au 2 août prochain, mais est en train de brûler les étapes ; trop jeune pour s’offrir un palmarès, elle est quand même 4e des mondiaux juniors en 2011, et ses 25’’06 constituent le nouveau record américain des 15/16 ans. Sur 100 mètres, à son âge, seule Missy Franklin nageait un 100 mètres plus rapide!

Oui, la situation de Natalie Coughlin n’est pas de tout repos.

DAMES.- 50 mètres : Margo Geer, 25’’06 ; Simone Manuel, 25’’06 ; Natalie Coughlin, 25’’20 ; Chris Magnusson, 25’’21 ; Jessica Hardy, 25’’37 ; Amanda Weir, 25’’41 ; Caroline Simmons, 25’’43 ; Ivy Martin, 25’’45.

200 mètres quatre nages (séries) : Caitlin Leverenz, 2’11’’80 ; Melan Margalas, 2’14’’30 ;  Shane Vreeland, 2’14’’42 ; Elizabeth Beisel, 2’14’’45 ; Elizabeth Pelton, 2’14’’47 ; Justine Mueller, 2’14’’60 ; Celina Lee, 2’14’’66 ; Jane Mangimelli, 2’14’’97.

MESSIEURS.- 50 mètres (séries) ; Anthony Ervin, 21’’93 ; Jimmy Feigen, 21’’98 ; Josh Schneider, 22’’ ; Nathan Adrian, 22’’36 ; Cullen Jones, 22’’37 ; S Stubblefield, 22’’44;  Matt Grevers, 22((61; Karl Krug, 22’’71.

200 mètres quatre nages (séries) : Ryan Lochte, 1’57’’51 ; Austin Surhoff, 1’58’’94 ; Conor Dwyer, 1’59’’84 ; Chase Kalisz, 2’0’’23 ; Kyle Whitacker, 2’0’’62 ; Josh Prenot, 2’0’’82 ; Tynan Stewart, 2’0’’84 ; Gunnar Bentz, 2’1’’10

Brown, 49’’15, Halsall, 55’’20

29 juin 2013

Sheffield, championnats de Grande-Bretagne

Belle matinée de championnats de Grande-Bretagne à Sheffield, avec des séries solides, dominées par Adam Brown et Francesca Halsall, 49’’15 et 55’’20 au 100 mètres nage libre, et l’idée de finales intéressantes sur 100m libre messieurs et dames, et sur 200 mètres brasse dames

MESSIEURS. 100 mètres (séries) : Adam Brown, 49’’15 ; Robert Renwick, 49’’49 ; Benjamin Proud, 49’’89 ; James Disney May, 50’’52;  Kieran McGukin, 50’’58.

1500 mètres (séries) : Daniel Fogg, 15’15’’95 ; Stephen Milne, 15’19’’39 ; 3. Thomas Allen, 15’23’’77 ; Jack Burnell, 15’28’’07; Joel Knight, 15’29’’82.

200 mètres dos (séries): Craig McNally, 2’0’’71.

100 mètres brasse: Adam Peaty, 1’0’’75; Ross Murdoch, 1’1’’15 ; Andrew Willis et Michael Jamieson, 1’1’’62

100 mètres papillon (séries): Michael Rock, 53’’22 ; Thomas Laxton, 53’’47 ; Tim Braxston, 53’’51.

DAMES.- 100 mètres (séries) : Francesca Halsall, 55’’20 ; Emma Wilkins, 55’’68 ; Rebecca Turner, 55’’82 ; Jessica Loyd, 55’’84.

200 mètres brasse (séries): 1. Molly Renshaw, 2’30’’09;  Stacey Tadd, 2’31’’07;  Danielle Lowe, 2’31’’24

LEDECKY TROP SEULE

28 juin 2013

Indianapolis, Championnats des USA

On s’était fait une montagne de cette course. Allison Schmitt, médaillée d’argent olympique, contre Katie Ledecky et Chloe Sutton, c’était un 400 mètres d’anthologie… mais Schmitt out, hors de forme alors qu’elle venait d’annoncer qu’études achevées, elle allait devenir professionnelle de natation, et qui ne s’est pas présentée au départ, et Chloe Sutton incapable d’offrir une opposition valable, cela a été Ledecky toute seule. Plus exactement, elle a pris un mètre à Chloe à chaque portion de cent mètres pour finir avec deux bonnes secondes d’avance. A l’arrivée, 4’4’’05, troisième temps mondial. Sur ce qu’on sait de Ledecky, elle a conservé de l’énergie pour les mondiaux. Sutton n’a eu aucune difficulté à s’assurer la seconde place qualificative. Toutes deux étaient déjà qualifiées au titre du 800m, et Ledecky à celui du 200m (et donc du 4 fois 200m), ce qui lui donne quatre cartes à jouer à Barcelone.

Dans le 400 mètres messieurs, Connor Jaeger est passé en 5e position (56’’10) au 100 mètres, a appuyé dans le second quart de course (57’’13) pendant que le train de ses adversaires faiblissait, a encore accéléré (56’’37), et a résisté au retour menaçant de Matt McLean, 55’’28 pour finr contre 56’’29 à Jaeger. A l’arrivée, un quart de seconde séparait les deux hommes, et Jaeger empoche sa deuxième qualification après celle du 1500m, McLean sa deuxième après celle du quatre fos 200 mètres. Au 100 mètres brasse dames, Jessica Hardy a bien essayé de partir le plus vite, mais Breeja Larson, déjà gagnante du 200 mètres brasse, a tenu bon, virant à trois centièmes, et utilisé sa résistance pour terminer plus fort, toutes deux nettement devant la troisième, Micah Lawrence, laquelle est déjà qualifiée sur 200 mètres brasse, mais ne doublera pas son plaisir par une qualification sur la distance inférieure. Sur 100 mètres brasse, Kevin Cordes a assuré son deuxième titre (après le 200m) et sa troisième sélection en brasse  (il a fini 2e du 50 mètres). Là, il est parti très vite et a été le seul a réaliser, d’un centième, moins de la minute. Alexandrov, lancé lui aussi à pleine allure, s’est fait ramasser au retour par Nick Fink, qui ira à Barcelone. Tandis que, sur 100 mètres dos messieurs, Matt Grevers était dominé, comme en séries,  par David Plummer, Missy Franklin, plus indéracinable que jamais, arrachait son quatrième titre, sur 100m dos, avec un record des championnats

DAMES.-

400 mètres: 1. Katie Ledecky, 4’4’’05; 2. Chloe Sutton, 4’6’’64 ; 3. Haley Anderson, 4’9’’60; 4. Gllan Ryan, 4’10’’19; 5. Chelsea Chenault, 4’10’’79; 6. Lindsay Vrooman, 4’11’’16; 7. Leah Smith, 5’11’’96 ; 8. Becca Mann, 4’14’’02. Finale B: 1. Tristin Baxter, 4’11’’15; 2.Shann Vreeland, 4’11’’44; 3. Quin Carrozza, 4’11’’59.

100 mètres dos : 1. Missy Franklin,  58’’67 (record des championnats) ; 2. Elizabeth Pelton, 59’’27; 3. Sarah Donninghoff, 59’’75; 4. Rachel Bootsma, 59’’90; 5. Olivia Smoliga, 1’0’’38; 6. Kathleen Baker, 1’0’’62.

100 mètres brasse: 1. Breeja Larson, 1’6’’16; 2. Jessica Hardy, 1’6’’49 ; 3. Micah Lawrence, 1’7’’27 ; 4. Molly Hannis, 1’7’’48; 5. Laura Bogar, 1’7’’88; 6. Kathy Freeman, 1’8’’. Finale B: 1. Megan Jendrick, 1’8’’80; 2. Katia Meili, 1’8’’82

MESSIEURS.-

400 mètres: 1. Connor Jaeger, 3’45’’89; 2. Matt Mc Lean, 3’46’’14; 3. Charlie Houchin, 3’47’’16; 4. Michael McBroom, 3’49’’28; 5. Michael Klueh, 3’51’’54; 6. Andrew Gemmel, 3’52’’59. Finale B: 1. Jacob Richter, 3’52’’49; 2. Michael Weiss, 3’52’’97.

100 mètres dos : 1. David Plummer, 53’’10 ; 2. Matt Grevers, 53’’25 ; 3. Ryan Murphy, 53’’38 ; 4. Shane Ryan, 53’’84 ; 5. Eugene Godsoe, 53’’86 ; 6. Jacob Pebley, 53’’98 ; 7. Drew leDuits, 54’’27

100 mètres brasse: 1. Kevin Cordes, 59’’99; 2. Nic Fink, 1’0’’24; 3. Mike Alexandrov, 1’0’’39; 4. BJ Johnson, 1’0’’68; 5. Clark Burckle, 1’1’’14; 6. Scott Weltz, 1’1’’34; 7. Kevn Steel, 1’1’’80; 8. Josh Frenot, 1’1’’81. Finale B: 1. Brad Criag, 1’2’’18.