ARAI [Shigeo]

Natation. (Shizuoka, 8 août 1916-Myanmar, 19 juillet 1944). Japon. 3e du 100m des Jeux de 1936, en 58’’, derrière Ferenc Csik et Masanori Yusa, champion olympique du 4 fois 200m. Quoique le bronze lui fut octroyé, des évidences photographiques semblent montrer qu’il n’aurait pas dû monter sur le podium. Associé aux deux autres finalistes japonais du 100 mètres, Yusa et Masaharu Taguchi ainsi qu’à Shigeo Shugiura, il contribua à la victoire du relais quatre fois 200 mètres avec un record du monde, 8’51’’5, avec 11’’5 d’avance sur leurs suivants américains. La situation politique fit qu’Arai ne se produisit plus hors du Japon. Il fut, trois fois, champion national sur 100m, et quatre fois sur 200m. Contraint de s’enrôler dans l’armée du fait de la guerre, il fut tué dans les combats en Birmanie.

AOKI [Mayumi]

Natation. (1er mai 1953-).
Japon. Double recordwoman du monde, championne olympique (1972, à Munich) du
100 mètres papillon et championne du Canada (1970), 3e de la course
aux mondiaux 1973. Première championne olympique japonaise de l’histoire, elle
avait amené, quelques semaines plus tôt, le record du monde du 100 mètres
papillon à 1’3’’9. En finale olympique, elle réussit 1’3’’34 et défit Roswitha
Beier, Andrea Gyarmati, Deena Dearduff et Dana Schrader dans une course
disputée où les cinq premières battirent le record du monde. Dans le relais
quatre nages du Japon, Aoki réussit, lancée, 1’2’’47. Elle est devenue
enseignante et entraîneur de natation.

ANKE [Hannelore]

Natation. (Schlema, 8 décembre 1957-).
RDA. Produit (et victime) du système de dopage institutionnalisé dans son pays, elle fut  recordwoman du monde et championne olympique du 100 mètres brasse et du relais  quatre nages en 1976 à Montréal, championne du monde 1975 (100 mètres et 200 mètres brasse, relais quatre nages).

ANDREWS [Theresa]

Natation. (New London, Connecticut, 25 août 1962- ). États-Unis. Entraînée au club aquatique de Baltimore Nord, elle nage pour les Universités d’Indiana (1981-82), puis de Floride, à Gainesville, et avec les Florida Gators entraînés par Randy Reese. Championne olympique du 100 mètres dos et du 4 fois 100 mètres quatre nages aux Jeux de Los Angeles, en 1984, après avoir abandonné ses études, l’hiver précédent, pour pouvoir s’entraîner à fond. Qualifiée en deuxième position à 3/100e de seconde de Betsy Mitchell aux trials (sélections US), Andrews, en finale des Jeux, part prudemment. Seulement 4e au virage (en 30’’56), elle remonte Jolanda de Rover, 30’’17, Carmen Bunaciu, 30’’17, et Mitchell, 30’’50’’ pour l’emporter en 1’2’’55. Elle offre alors sa médaille à son frère Danny, paralysé à l’âge de dix-neuf ans, l’été 1983, à la suite d’un accident de bicyclette, alors qu’elle disputait les Jeux panaméricains. Carrière sportive achevée, elle effectue une carrière professionnelle brillante (vice-présidente de la Bank of America), après avoir travaillé, de 1992 à 1999, dans le domaine social. Membre du Comité olympique américain.

ANDREW (Thornett) [Janice « Jan »]

Natation. (25 novembre 1943-).
Australie. Elle apprit à nager à six ans aux bains de Northbridge. Franck
Guthrie l’entraîna ensuite à la piscine de Canterbury. Recordwoman du monde, en
1’8’’9, du 100m papillon, lors de la rencontre Japon-Australie, en 1961 ;
médaille de bronze aux Jeux de Rome, en 1960, en 1’12’’2, et d’argent au relais
quatre nages. Sa fille, Jeanne Withley, a été internationale de handball.

ANDRÉ [Marie-Hélène]

Natation. (Paris, 5 octobre 1935-).
France. Nageuse de dos, elle améliora avec l’équipe de France, le record du
monde du relais quatre fois 100 mètres quatre nages, à Marseille en 1954.
Membre du Racing depuis 1945, championne de France du 100 mètres dos en 1953,
1954 et 1955, elle détint les records de France des 100 mètres et 200 mètres
dos entre 1953 et 1957 et fut finaliste du 100 mètres dos aux championnats
d’Europe de Turin en 1954. 23sélections.

PIERRE ANDRACA, L’HOMME DES QUATRE MINUTES

ANDRACA [Pierre] Natation. (Bône, Algérie, 25 septembre 1958-). France. Champion de demi-fond, au style harmonieux, il fut le premier Français à nager le 400 mètres en moins de quatre minutes. Champion de France d’été du 200 mètres en 1976, 1979 et 1981, du 400 mètres en 1976, 1978 et 1979, du 1500 mètres en 1975 et 1976. Il débuta avec Pierre Barbit à la piscine de Mont Fleury, à Cannes, puis, au cours d’une carrière itinérante, s’entraîna à Grasse avec Guy Mignatelli (1971-1972), à Paris, à Font-Romeu (1973-74) avec Jacques Meslier, qu’il suivit à Dinard l’année suivante. Il passa un cap important en 1976. Le record de France du 400 mètres avait été amené l’année précédente, à 4’6’’20 par Marc Lazzaro. Pierre s’en empara à Tarbes en 4’5’’47 aux France d’hiver, l’amena à 4’3’’13 le 5 juin à Bordeaux, et enfin, après une préparation « aux petits oignons » auprès de Georges Garret, à 4’0’’34 dans les séries de l’épreuve des des Jeux de Montréal, où, avec ce temps, il frôla l’accession en finale qui s’était jouée à 4’0’’27 ! Il rejoignit en 1977 Antibes (et un nouvel entraîneur, l’ancien capitaine de l’équipe olympique australienne de 1964, David Dickson). A Antibes, on attendait de lui qu’il réalise un bond en avant, mais Dickson ne cessa de l’affûter à chaque occasion pendant la saison et c’est un Pierre Andraca méconnaissable, comme épuisé et sans réactions, qui sombra aux championnats d’Europe, cette année là, loin des Soviétiques lourdement anabolisés qui triomphèrent. On le retrouva à Long Beach, en Californie, où opérait Richard Jochums (le coach de Tim Shaw et de Bruce Furniss) qu’il suivit à Tucson (en Arizona). Pierre se reprit et nagea en 4’ exactement aux France, à Lille, en mars 1978, puis, aux championnats d’été de 1979, à Mulhouse, le 15 juillet, en 3’59’’06. Il s’empara aussi du record de France du 200 mètres qu’il se disputait avec Fabien Noël, en 1’54’’06 (1978) et 1’53’’24 (1979), de celui du 800 mètres (8’27’’59 en 1977 et 8’25’’95 en 1979) et du 1500 mètres qu’il amena à 16’16’’91 (1976), 16’10’’60 et 16’0’’87 (1977). Il établit son dernier record de France sur 400 mètres 27 jours après les championnats de Mulhouse, signant un 3’57’’48, à Londres. Une entorse lui coûta la qualification pour les Jeux de Moscou. Son plus bel exploit est sans doute sa 2e place en Coupe d’Europe derrière Salnikov, en 3’52’’48 en petit bassin, fin 1980. Il continua à nager mais avec des ambitions moins élevées, jusqu’en 1984, afin d’assurer sa reconversion : il devint entraîneur, puis professeur de sport (1995). Il épousa Annick DE SUSINI, dont il a divorcé par la suite. Leur fille Joanne ANDRACA (Hyères, 10 juillet 1988-), entraînée par sa mère, fut sélectionnée olympique ; elle établit en 4’38’’23 le record de France du 400 mètres quatre nages (2008).

ANDERSON [Gary]

Natation. (Montréal, 7 avril 1969-).
Canada. Aux Jeux du Commonwealth d’Auckland, en Nouvelle-Zélande (1990), il
s’empare des titres du 200 mètres dos (2’1’’69) et du 200 mètres quatre nages
(2’2’’94), termine 2e du 100 mètres dos derrière Mark Tewksbury
(56’’84 contre 56’’07), il avait failli se noyer à l’âge de quatre ans. Il
battit le record scolaire du 200 yards dos des 13 ans de John Naber, établit 8
titres canadiens et fut sélectionné en équipe nationale entre 1987 et 1995. Il
réside à Manhattan Beach, en Californie, nage en masters et travaille comme
volontaire en hôpital.

ANDERSEN [Greta Marie]

Natation. (Copenhague, 1er
mai 1927-). Danemark. Championne olympique et conquérante de la Manche, elle
est la fille d’un médaillé d’argent olympique en gymnastique, Carl Andersen (1879-1967). Elle débute
à seize ans au club Triton, après battu à l’impromptu dans une course la
championne olympique de natation de 1932, Else Jacobsen. Elle est entraînée
ensuite au DKG par Ingeborg Paul Petersen (1876-1952), une des grandes
pionnières de la natation danoise. Elle enlève à 20 ans le 100 mètres libre des
Jeux de Londres, en 1948. Ayant dû être secourue en séries du 400 mètres – elle
s’est sentie mal en raison de règles extrêmement douloureuses – elle récupère
assez bien pour participer au relais quatre fois 100 mètres danois médaillé
d’argent. Championne d’Europe du 400 mètres en 1950 et du quatre fois100 mètres
en 1947, encore présente aux Jeux de 1952, où elle atteint la finale malgré une
opération récente à un genou qui l’oblige à se contenter d’un battement
traînant, elle se lance ensuite dans les longues distances. Entre 1957 et 1964,
devenue une nageuse professionnelle, elle traverse la Manche à six reprises. Lors
de son premier raid, le 21 août 1957, où seulement deux nageurs sur
vingt-quatre terminent, elle bat tous les hommes, et achève son parcours deux
heures avant son meilleur rival masculin. C’est une récidiviste de ce genre
d’exploit, ayant gagné, en 10h17’, à Atlantic City, le championnat du monde
« messieurs » ! Greta, qui pèse 64kg pour 1,74m quand elle nage
aux Jeux, et fait monter son poids à 73kg dans la préparation de ses raids en
eau libre, détient entre 1964 et 1973 le record de la traversée dans le sens
(le plus difficile) Angleterre-France, en 13 heures 14 minutes. Elle traverse
également dans les deux sens le détroit de Catalina. Elle bat (en 1949) un seul
record du monde, sur 100 yards, en 58’’2, qui sera imbattu jusqu’en 1956.
Mariée à un Américain, elle apparaît parfois dans les ouvrages sur la traversée
de La Manche sous le nom d’AndersenSonnichsen. Elle enseigne longtemps la
natation aux États-Unis.

Carolle AMORIC avait pris le bon bus

AMORIC [Carolle] Natation. (Saint-Maur-des-Fossés, 7 août 1960-).

France. Nageuse de sprint. Elle débute (sans piscine) à treize ans au C.O.Joinville, qui a des heures de nage au CN Paris. « Le bus en bas de chez moi partait à la piscine, raconte-t-elle ; si cela avait été un stade ou autre chose, j’aurais fait qui sait, de l’athlétisme ou de l’escrime. » Elle commence fort « je me suis fait virer de mon groupe parce que je m’amusais dans l’eau », raconte-t-elle. Mais un jour de compétition, elle gagne la course sans faire de virages culbute… qu’on lui enseigne vite fait. En 1977, le C.O. Joinville « capote », et Carole choisit le CN Paris. Entraînée à ses débuts par Jean-Marc Boissier, elle rejoint ensuite Guy Giacomoni, puis Jean-Philippe Andraca, qui l’épousera. Elle devient une habituée des podiums, championne de France du 50 mètres libre en 1981 et 1982, cinq médailles d’argent en championnats de France. Finaliste olympique avec le 4 fois 100 mètres aux Jeux de Los Angeles en 1984. Enseignante en éducation physique, professeur de sport, elle fait une carrière de technicienne fédérale.