Katinka Hosszuu ira-t-elle cette fois jusqu’a bout ?

28 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Katinka Hosszu réitère sa première place des séries du 200 mètres quatre nages, en nageant sa demi-finale un poil moins vite, 2’8’’59 contre 2’8’’45 le matin. Ye Shiwen la laisse gagner (ou ne peut pas l’empêcher, allez savoir) mais finit plus vite, et plus près de la Magyar qu’en séries, 2’9’’12 contre 2’10’’20. La jeune Chinoise n’a pas mis en action son fameux overdrive en crawl, d’une telle efficacité qu’il lui a valu des accusations assez étourdies aux Jeux olympiques de Londres. Derrière, c’est diablement serré, dernière qualifiée à 2’11’’21 contre 2’10’’93 aux Jeux de Londres et 2’11’’76 à Shanghai (mondiaux 2011). Hosszu favorite ? Pas sûr. La fille a parfois été surprise en survitesse en qualificatifs et à l’agonie en finales. L’an passé, elle a rejeté la faute sur son coach Dave Salo. Cette année, c’est son fiancé, qui l’entraîne. Comment évier les scènes de ménage? Ye, championne du monde et olympique, garde la cote, ne serait-ce que pour l’ensemble de son œuvre et sa capacité de monter en pression. Et Coutts ? Elle est bien placée pour les médailles ; mais bon, prudence, on sait ce que ces qualifications ont valu au relais quatre fois cent mètres libre australien…

DAMES.- 200 METRES QUATRE NAGES.- (demi-finales).- 1. HOSSZU Katinka, HUN,  2:8.59 (27.47, 1:0.32, 1:38.01); 2 YE Shiwen, CHN,  2:9.12 (27.82, 1:0.56, 1:38.24); 3. COUTTS Alicia, AUS , 2:10.06 (27.93, 1:0.36, 1:38.65); 4. ALLEN Sophie, GBR, 2:10.23 ; 5. BELMONTE GARCIA Mireia, ESP, 2:10.66 ; 6. SEEBOHM Emily, AUS, 2:10.70; 7. LEVERENZ Caitlin, USA, 2:11.05; 8. JAKABOS Zsuzsanna, HUN, 2:11.21; (qualifiées). 9. OCONNOR SiobhanMarie, GBR, 2:11.33 ; 10. ZHANG Wenqing, CHN, 2:11.34; 11. WATANABE Kanako, JPN, 2:11.50; 12. BEISEL Elizabeth, USA, 2:11.69; 13. ANDREEVA Viktoriia, RUS, 2:12.67; 14. TERAMURA Miho, JPN, 2:14.02; 15. GOMEZ CORTES Beatriz, ESP, 2:15.11; 16. SELTENREICHHODGSON Erika, CAN, 2:16.12

 

Un relais se gagne à quatre

28 juillet

Barcelone, 15emes championnats du mondee

Le relais quatre fois 100 mètres féminin (finale) nous a d’abord donné une idée au sujet de la possible gagnante de l’épreuve du 100 mètres individuel : l’Australienne Cate Campbell. Ses 52’’23 au départ du quatuor australien donne une idée de sa forme actuelle. Elle a laissé Missy Franklin derrière son battement, c’est dire. Ensuite, le quartette s’est échiné sur une jolie improvisation pour finir sur un couac: la pauvre kangourou de service Coutts s’est fait faire la poche par l’aigle Romano. Mener 399 mètres d’un 400m, c’est une épreuve cruelle, et Coutts, qui s’était démenée dans les séries et les demi-finales du 100 mètres papillon et du 200 mètres quatre nages, avait dû y laisser un brin de fraîcheur. Elle pleurait à l’arrivée, et dut se faire consoler par ses équipières. Finalement il est arrivé aux Australiennes la même mésaventure que celle qui attendait les Américains dans le relais masculin: mettre leur crack numéro une devant et se faire devancer à l’approche du mur d’arrivée par une impudente qui te fourgue in extremis son argent et te pique ton or. La preuve qu’un relais se gagne à quatre…

Natalie Coughlin varappait une nouvelle fois tout en haut d’un podium, douze ans après son premier titre mondial, en 2001 ! Cette année là, elle avait fini 3e avec le relais 4 fois 100m. Voilà de la constance. Vu le sourire sourire de pub pour crème dentifrice de la toujours jeune femme, elle n’est toujours pas lasse d’arpenter les bassins olympiques. Kromowidjojo, elle, prit le relais en cinquième position pour les Pays-Bas et remonta deux places. Bronzée. Avec 52’’65 lancée, la triple championne olympique est loin de Campbell, mais peut-être en a-t-elle gardé sous le pied, l’argent de ce relais se négociant trois secondes devant elle, assez loin pour décourager tout surcroît d’effort.

DAMES.- 4 FOIS 100 METRES.- Finale.- 1. USA 3:32.31 (FRANKLIN Missy 53.51, COUGHLIN Natalie 52.98, VREELAND Shannon 53.22, ROMANO Megan, 52.60); 2. Australie, 3:32.43 (CAMPBELL Cate, 52.33, CAMPBELL Bronte, 53.47, MCKEON Emma, 53.19, COUTTS Alicia, 53.44; 3. Pays Bas, 3:35.77 (BOUWENS Elise 55.68, KROMOWIDJOJO Ranomi 52.65 lancée) ; 4 Suède, 3:36.56, (COLEMAN Michelle 53.91), 5. Canada, 3:37.09 ; 6. Russie, 3:38.45 ; 7. Japon, 3:39.45 ; 8. Allemagne, 3:39.57.

Quatre Français pour le casse de l’année

28 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Yannick AGNEL, Florent MANAUDOU Fabien GILOT Jérémy STRAVIUS. Le relais logique ne pouvait être autre que celui-là.  Si l’on réfléchit bien, il remet en cause certains éléments de la sélection à la française. Les championnats disputés en avril ne devraient pas sélectionner l’équipe qui nagera en juillet. Il faut organiser des sas. Les Italiens ont sélectionné bien après leurs nationaux. Avec un système plus souple, on aurait pu qualifier Santamans sur 50 mètres et probablement retenir un relais de sprint féminin. Sur la base des sélections aux France, seuls deux de ces nageurs, Agnel et Gilot, auraient été dans l’équipe!

Donc c’était le bon. Et dans l’ordre où il a été nagé s’il vous plait! Bravo à ceux qui l’ont décidé dans ce dispositif. Le triomphe de la bonne vieille recette de mettre l’homme en forme à la fin. Je ne sais d’où vient cette mode de plouc de mettre le meilleur nageur en tête. Les Américains, les Russes, les Australiens ont fait cela : bravo. Ils vont se faire bouffer leurs places respectives par la seule équipe qui a mis ses cadors à la fin: la France. Car en fait, si Stravius vole la vedette – il récupère trois places, pour l’emporter, – une grosse partie du boulot est effectué avant qu’il ne s’élance par Gilot. Fabien ne gagne pas une place, prend l’équipe de France 4e et il laisse l’équipe de France 4e, mais avec ses 46’’90 lancé, – le meilleur parcours lancé des huit équipes de cette finale et le 21e temps jamais réalisé dans l’histoire de la natation – il a récupéré du terrain sur ses vis-à-vis des trois formations de tête. Après, Stravius n’a plus qu’à faire… un travail extraordinaire !

C’est en raison de ce choix de formation qu’à l’arrivée d’Agnel à la fin de son parcours initial, on se dit que l’équipe de France est mal barrée. Yannick a pourtant nagé 48’’76, certes loin de son record personnel de la finale des Jeux, 47’’84, mais également loin d’être ridicule pour quelqu’un qui a vécu la saison qu’on sait. Mais pour les USA et l’Australie, ce sont Dale Adrian, le champion olympique et Magnussen, son second à Londres, et champion du monde 2011, qui ont nagé. La Russie a mis au départ un gros bras, Grechin, bref, à part l’Italien, tout le monde est devant notre champion olympique du 200 mètres. Quand Florent Manaudou en termine avec son parcours, il n’a rien repris sur Lochte (USA), Lobintsev (Russie) et encore moins McEvoy (Australie). Mais il a récupéré tous les autres et on prie alors les Dieux de la compétition pour une médaille de bronze. Ce qu’on ne sait pas, c’est que les trois goinfres de l’avant ont mangé leur pain blanc, à l’exception des Russes dont le « monstre »  Morozov fait « seulement » un bon parcours. Mais le suspense restera total jusqu’au bout.

 

RELAIS QUATRE FOIS 100 METRES (finale).- 1. France, 3’11’’18 (AGNEL Yannick 48.76 (7), MANAUDOU Florent 47.93 (4) 1:36.69; GILOT Fabien 46.90 (4) 2:23.59; STRAVIUS Jeremy 47.59); 2. USA 3’11’’42 (ADRIAN Nathan, 47.95 (1), LOCHTE Ryan, 47.80 (2) 1:35.75; ERVIN Anthony, 47.44 (1) 2:23.19; FEIGEN James, 48.23); 3. Russie, 3:11.44 (GRECHIN Andrey 48.09 (3) LOBINTSEV Nikita 47.91 (3) 1:36; MOROZOV Vladimir 47.40 (2) 2:23.40 ; IZOTOV Danila 43 48) ; 4. Australie, 3:11.58 (MAGNUSSEN James 48. (2) ; MCEVOY Cameron 47.44 (1) 1:35.44 ; D’ORSOGNA Tommaso, 48.05 (3), 2:23.49 ; ROBERTS James 48.09); 5. Italie, 3:12.62 (DOTTO Luca, 49.17 (8), LEONARDI Luca 48.08 (6) 1:37.25; ORSI Marco 47.25 (5) 2:24.50, MAGNINI Filippo, 48.12) ; 6. Allemagne, 3:13.77 (DEIBLER Steffen, 48.43 (4), DEIBLER Markus, 48.59 (5) 1:37.02; FILDEBRANDT Christoph, 48.42 (6) 2:25.44, COLUPAEV Dimitri, 48.33); 7. Brésil, 3:14.45 (OLIVEIRA Nicolas, 48.72 (6), SANTOS Fernando 48.98 (7) 1:37.70, WAKED Vinicius 49.19 (8) 2:26.89, CHIERIGHINI Marcelo, 47.56); 8. Japon, 3:14.75 (SHIOURA Shinri, 48.69 (5) KOBASE Kenji 49.09 (8) 1:37.78, FUJII Takuro, 48.60 (7) 2:26.38, ITO Kenta 48.37).

LE TEMPS LANCE DE GILOT

46’’90. C’est le temps lancé de Gilot. Le 21e 100 mètres lancé le plus rapide de l’histoire (dont un grand nombre réalisés avec les combinaisons de nage). Les 20 meilleurs temps sont les suivants :

  1. Jason Lezack, USA, 46’’06 (Pékin, 2008) ;
  2. Cesar Cielo Filho, Brésil, 46’’26 (Rome, r.4n.) ;
  3. Alain Bernard, France, 46’’26 (Rome r.4n.) ;
  4. Alain Bernard, France, 46’’46 (Rome, 2009);
  5. Frédéric Bousquet, France, 46’’63 (Pékin, 2008, finale) ;
  6. Frédéric Bousquet, France, 46’’63 (Pékin, 2008, séries) ;
  7. Eamon Sullivan, Australie, 46’’65 (Pékin, 2008, r. 4 nages);
  8. Alain Bernard, France, 46’’73 (Pékin, 2008) ;
  9. Yannick Agnel, France, 46’’74 (Londres, 2012) ;
  10. Christian Galenda, Italie, 46’’74 (Rome, 2009, séries r.4n.) ;
  11. Jason Lezack, USA, 46’’76 (Pékin, 2008, r. 4 nages) ;
  12. Pieter v. D. Hoogenband, PB, 46’’79 (Athènes, 2004);
  13. Nathan Adrian, USA, 46’’79 (Rome 2009);
  14. David Walters, USA, 46’’80 (Rome, 2009);
  15. Filippo Magnini, Italie, 46’’84 (Pékin 2008, séries):
  16. Brent Hayden, Canada, 46’’84 (Pékin 2008, séries) ;
  17. Nathan Adrian, USA, 46’’85 (Londres, 2012);
  18. Alain Bernard, France, 46’’86 (Rome 2009, séries r.4n.);
  19. Paul Biederman, Allemagne,46’’89 (Rome 2009, r.4n.);
  20. Brent Hayden, Canada, 46’’87 (Rome 2009, séries r.4n.).

Ledecky, voyage en solitaire de l’autre côté des 4 minutes

28 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

On attendait Muffat, ce fut Ledecky. La Française, après les séries, disait qu’elle nagerait, « bien sûr », plus vite en finale, mais il n’en a rien été. « C’était une très mauvaise course » a seulement commenté Camille, qui n’aime pas les longs discours. L’Américaine a dynamité la course, et elle est partie faire un voyage de « l’autre côté » des quatre minutes. Toute seule. Costa Schmid a fini seconde, ce qui signifie que les séries du matin ne mentaient pas. Boyle a raflé le bronze à Carlin, qui doit se dire que ses prétentions sur 800 et 1500 mètres pourraient être revues à la baisse. Au début, Muffat ne parait pas surclassée, tant sa nage est souple, onctueuse, comme sans effort. Certes, avec 58’’90 aux 100 mètres, elle est une longueur de corps derrière, mais elle s’évertue avec lenteur, on se dit qu’elle va revenir.

Quelle opposition de styles, entre la rageuse « rotating action », phénoménal avatar  de la nage « tout sur les bras » de Ledecky et la glisse léchée, précise, appuyée sur les jambes, de la Niçoise.

Cette fois, ce fut cette rage, cette nage rock qui l’a emportée sur la nage classique. Peut-on en tirer des idées générales sur la bonne façon de nager ? Oh, que non. Comme dit Marc Begotti, le bien nager n’existe pas. Faites nager Ledecky comme Muffat, sur les jambes, faites nager Muffat comme Ledecky, en fréquence, et vous serez un candidat sérieux au titre d’entraîneur le plus nul du monde. Les raisons de la défaite de Muffat doivent être cherchées ailleurs…

DAMES.- 400 METRES (finale).- 1. LEDECKY Katie USA 3:59.82 28.05, 30.07 (58.12), 30.13 (1:28.25), 30.49, (1:58.74), 30.11 (2:28.85), 30.44 (2:59.29), 30.65 (3:29.94), 29.88; 2. COSTA SCHMID Melanie, ESP, 4:2.47; 3. BOYLE Lauren NZL 4:3.89; 4. CARLIN Jazmin, GBR, 4:4.03; 5. KAPAS Boglarka, Hongrie 4:5.90; 6. PINTO Andreina, VEN, 4:7.14; 7. MUFFAT Camille FRA 0.67 4:07.67 (28.41, 30.49 (58.90), 31.24 (1:30.14), 31.39 (2:1.53), 31.22 (2:32.75), 31.32 3:4.07, 31.95, 3:36.02, 31.65 ; 8 PALMER Kylie, AUS, 4:8.13.

Sun toujours tout seul dans son Olympe

28 juillet

Barcelone, 15emes championnats du monde

Sun Yang n’a rien perdu de sa nage, ni de sa faculté de finir sidérante, il achève son 400 mètres en 53’’95. Encore une course pour les Asiatiques. Hier, c’est le Coréen Park, aujourd’hui c’est le Japonais Hagino. Sont-ils les seuls désormais courageux de la natation, et à résister au « tout sprint » ?

MESSIEURS.- 400 METRES.- (finale). 1. SUN Yang, CHN, 3:41.59 (26.13, 27.98, (54.11), 27.81, (1:21.92), 28.63, (1:50.55), 28.30, (2:18.85), 28.79, (2:47.64), 27.40, ﴾3:15.04), 26.55) ; 2. HAGINO Kosuke, JPN, 3:44.82 ; 3. JAEGER Connor, USA, 3’44’’85; 4. COCHRANE Ryan, CAN 3:45.02; 5. GUY James, GBR, 3:47.96; 6. BROWN Devon Myles RSA, 3:48.40; 6. HARRISON Jordan, AUS, 3:48.40; 8. HAO Yun, CHN,  3:48.88.

Sjostrom, petit goût de revenez-y

28 juillet 2013

15e championnats du monde

La Suédoise Sarah Sjostrom, l’une des femmes en forme du mois denier, s’est brillamment qualifiée avec le meilleur temps pour la finale du 100 mètres papillon. Elle s’est rappelée au bon souvenir, elle qui avait été la championne du monde de l’épreuve en 2009, la championne d’Europe en 2010 et, cela avait étonné à l’époque, la championne d’Europe 2012 du 100 mètres nage libre. Avec la Danoise Ottesen Gray, championne du monde du 100 mètres libre à Shanghai, elle a donné un côté européen à la course, en devançant l’Australienne Coutts et l’Américaine Vollmer tandis que la Chinoise Lu Yng, médaillé du monde et olympique a disparu des écrans radar.

DAMES.- 100 METRES PAPILLON.- Finales.- 1. SJOSTROM Sarah, Suède, 57’’10; 2. OTTESEN GRAY Jeanette, Danemark, 57’’19; 3. COUTTS Alicia, AUS, 57’’49 ; 4. VOLLMER Dana, USA, 57’’84 ; 5. THOMAS Noemie IpTing, Canada, 57’’99; 6. SAVARD Katerine, CAN,  58’’00; 7 BIANCHI Ilaria, ITA, 58.29; 8. DONAHUE Claire, USA, 58.44.

Muffat à l’épreuve de Ledecky

28 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Katie Ledecky a frappé un coup ce matin. Elle a nagé le 400m le plus rapide des séries, amélioré son record personnel. On imagine qu’elle cherchait à insinuer le doute chez ses adversaires et qu’elle a réussi.

Le “cut” est légèrement moins élevé à Barcelone, 4’6’’02 contre 4’5’’75 aux Jeux olympiques, où Muffat avait réalisé le meilleur temps des séries, 4’3’’29, contre 4’3’’31 à Allison Schmitt. Ici, elle se contente de 4’5’’53, ce qui en soi ne signifie rien, sauf qu’elle est devancée dans sa série par l’Espagnole Melanie Costa Schmid, qui a bien préparé son coup. Se faire devancer n’est pas le genre de la maison pour Muffat, mais la championne olympique de Londres se trouve dans d’autres dispositions psychologiques que l’an passé où elle cherchait un avantage mental sur Schmitt. Quant à Ledecky, elle est en train de révolutionner le demi-fond. Ses 4’3’’05 la posent en favorite, en fonction des progrès en vitesse qu’ils signifient pour elle – et que son temps sur 200 mètres des championnats US, 1’56’’93, laissait entrevoir. Cette performance s’adresse d’ailleurs autant à Muffat qu’à l’Anglaise Jazmin Carlin, qui la menace sur 800 mètres et la talonne sur 1500 mètres. Pour elles, le 400 mètres n’est que la première étape d’un match qui va se poursuivre sur les distances plus longues Mais la course n’est pas jouée. Si Muffat a caché son jeu, comme elle l’a souvent fait dans le passé, les choses risquent d’être très intéressantes en finale. Il est possible que ni Ledecky, ni Costa Schmid, ne puissent nager beaucoup plus vite qu’elles ne l’ont fait ce matin…

 

DAMES. 400 METRES (séries). -1. LEDECKY Katie, 1997, USA, 4:3.05 ; 2. COSTA SCHMID Melanie, 1989, ESP, 4:4.20 ; 3 CARLIN Jazmin, 1990, GBR, 4:4.85 ; 4. BOYLE Lauren, 1987, NZL, 4:4.96 ; 5 PALMER Kylie, 1990, AUS, 4:5.01 ; 6. MUFFAT Camille, 1989, FRA, 4:5.53 ; 7. KAPAS Boglarka, 1993, HUN, 4:5.61; 8. PINTO Andreina, 1991, VEN, 4:6.02; 9. BELMONTE GARCIA Mireia, 1990, ESP, 4:6.76; 10. SUTTON Chloe, 1992, USA, 4:7.16; 11. DE MEMME Martina, 1991, ITA, 4:8.42; 12. SHAO Yiwen, 1995, CHN, 4:9.16 ; 13 BARRATT Bronte, 1989, AUS, 4:9.65 ; 14. BALMY Coralie, 1987, FRA, 4:10.70.

Relais: le jeu de cache-cache.

28 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Dans les séries du relais, les grosses équipes ont mis au repos leurs meilleurs éléments, que ce soit Missy Franklin (qui va se présenter dans huit courses différentes) et Shannon Vreeland pour les Etats-Unis, Catherine Campbell pour l’Australie, ou Ranomi Kromowidjojo pour les Pays-Bas. La Chine 9e. Le relais français n’aurait pas eu de chance sérieuse pour la finale, donc son absence ici nous semble justifiée.

DAMES.- QUATRE FOIS 100 METRES.- (Séries). –1. USA, 3:36.22 (MANUEL Simone, 54.23, COUGHLIN Natalie 54.09, PELTON Elizabeth 54.66, ROMANO Megan 53.24; 2. Australie, 3:36.46, (CAMPBELL Bronte 54.57, MCKEON Emma 53.71, ELMSLIE Brittany 53.97, SEEBOHM Emily 54.21); 3. Canada, 3:38.03 (POON Cheuk Yuen Victoria 54.56, MAINVILLE Sandrine 54.04 VAN LANDEGHEM Chantal 53.93, CHEVERTON Samantha 55.50) ; 4. Suède, 3:38.07 (COLEMAN Michelle 54.50, HANSSON Louise 55.08, SJOSTROM Sarah 53.13, LINDBORG Nathalie 55.36) ; 5. Russie, 3:38.32 ( POPOVA Veronika 54.58, ANDREEVA Viktoriia 54.74, BAKLAKOVA Mariya 54.27, NESTEROVA Margarita 54.73) ; 6. Pays-Bas, 3:38.41 (DEKKER Inge 54.91, HEEMSKERK Femke 53.64, VERMEULEN Esmee 55.22, BOUWENS Elise 54.64); 7. Allemagne, 3:39.19 (STEFFEN Britta 53.63 lancée) ; 8. Japon 3:39.24 ; 9. Chine, 3:39.29.

Quand Horter rêve d’un relais sept fois 100 mètres nage libre

28 juillet

Barcelone, 15e championnats du monde

Il était temps qu’il arrive, ce relais quatre fois 100 mètres nage libre messieurs. Après une première semaine où aucune nouvelle réjouissante sous forme de médaille (ce genre de brimborion dont les fans du sport de compétition semblent se nourrir au quotidien) ne nous était parvenue de l’eau libre, de la synchro, du plongeon, la première matinée des séries n’avait rien eu de particulièrement excitante vue de France.

On savait que notre natation, un peu comme l’Univers einsteinien, recélait des trous noirs, mais on n’en avait pas rencontré souvent un d’une telle dimension, digne d’être signalé à l’Observatoire de Meudon. Certes, il y avait eu le 50 mètres papillon, où Manaudou et Bousquet s’étaient placés, mais (vous direz que je fais la fine bouche) c’est une épreuve « non-olympique », et cette définition en forme d’absence insistait encore plus ce sentiment de vide éprouvé. De Ronchi et Perez d’Ortona comme vidés de leurs étriers par un bronco à l’issue de leurs séries, le 4 fois 100m dames absent, il n’y avait rien à se mettre sous la dent.

Le relais de sprint a changé tout cela. USA, Russie, Australie, dans l’ordre, précèdent nos représentants. Et comme dans ces trois équipes les meilleurs n’ont pas été engagés, ça risque d’aller plus vite en finale. Mais au jeu des remplacements, la France est hors-concours. Si l’on peut se permettre un jeu tout à fait irresponsable, on vous dira que seul Fabien Gilot, avec son 47’’68 lancé, nous donne l’impression d’être, parmi le quatuor de ce matin, indiscutable pour la finale. Car si Agnel est totalement en forme, si Stravius et Manaudou sont au niveau qu’ils avaient atteint, lors des meetings de Coupes du monde, ils doivent nager. Mais bon, cela fait beaucoup de si, et voudrait dire que les absents ont raison, puisqu’on compare là leurs performances passées, voire rêvées, à celles, concrètes, toutes fraîches sorties du four, enfin du jour, de Leveaux, Mallet et Meynard. Alors ? Ah! Si c’était un relais sept fois 100 mètres nage libre! Offrons deux aspirines aux sélectionneurs, et suivons les événements.

MESSIEURS.- QUATRE FOIS 100 METRES (séries). 1.United States of America, 3’11’’69 (FEIGEN James 48’’39, ERVIN Anthony, 1’35’’77 (47’’38), BERENS Ricky, 2’23’’33 (47’’56), DWYER Conor, 48.36; 2. Russie, 3’12’’43 (GRECHIN Andrey, 48’’07; LAGUNOV Evgeniy, 48.47, 1’36’’54, SUKHORUKOV Alexander, 48’’11 (2:24.65), IZOTOV Danila, 47’’78; 3. Australie, 3’13’’04 (ROBERTS James, 48’’57, TO Kenneth 48.05 (1:36.62); TARGETT Matthew, 48’’26 (2’24’’88), D’ORSONA Tommaso, 48’’16; 4 France, 3’14’’01 (LEVEAUX Amaury, 49’’14, GILOT Fabien, 47’’68 (1’36’’82), MALLET Gregory, 48’’70 (2’25’’52), MEYNARD William, 48’’49; 5. Italie, 3’14’’13 (LEONARDI Luca 48’’88, ORSI Marco, 48’’06 (1’36’’94), SANTUCCI Michele, 48’’95 (2’25’’89), MAGNINI Filippo, 48’’24 ; 6. Brésil, 3’14’’41 (CHIERIGHINI Marcelo, 48’’91, OLIVEIRA Nicolas, 48’’05 (1’36’’96), SANTOS Fernando, 48’’43 (2’25’’39), WAKED Vinicius, 49’’02 (3’14’’41) ; 7. Allemagne, 3’14’’70 (DEIBLER Steffen, 48’’69, DI CARLI Marco, 48’’91 (1’37’’60), FILDEBRANDT Christoph 48’’49 (2’26’’09), DEIBLER Markus, 48’’61 ; 8. Japon, 3’15’’46 SHIOURA Shinri, 49’’, KOBASE Kenji, 49’’67 (1’38’’67), FUJII Takuro, 48’’80 (2’27’’47), ITO Kenta, 47’’99 (qualifiés); 9. Belgique, 3’15’’52 (DEKONINCK Dieter, 49’’48, VANLUCHENE Emmanuel, 48’’71 (1’38’’19) , SURGELOOSE Glenn, 48’’45 (2’26’’64), AERENTS Jasper, 48’’88.

Sun Yang au-dessus du lot

28 jillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

MESSIEURS.- 400  METRES (séries, 48 engagés). 1. SUN Yang, CHN, 3’44’’67 ; 2 COCHRANE Ryan, CAN, 3’45’’74; 3 HARRISON Jordan, AUS, 3’46’’85 ; 4 HAGINO Kosuke, JPN, 3’46’’92 ; 5 BROWN Devon Myles, RSA, 3’47’’17 ; 6 HAO Yun, CHN, 3’47’’49 ; 7. JAEGER Connor, USA, 3’47’’83 ; 8. GUY James, 1995, GBR, 3’47’’86.

Sun Yang n’est pas imbattable. Il est plus que ça. Il est im-ba-ttable ! Le double champion olympique chinois prend une seconde et trois dixièmes au plus rapide de ses rivaux sur 200 mètres et trois secondes, cette année, sur 1500 mètres, sur le plus résistant. Donc non seulement il ne PEUT pas perdre le 400 mètres, mais il peut gagner comme il le désire. Attaquer d’entrée, attendre les cent derniers mètres… Au choix.

Cette année n’a pas été simple pour le meilleur nageur du monde, qui a quitté son entraîneur de façon assez spectaculaire puisque de toute façon tout ce que fait Yang en Chine est en soi spectaculaire. Sun Yang essayait de gérer les retombées de sa gloire et une relation toute nouvelle toute belle avec une hôtesse de l’air rencontrée à 10.000 mètres d’altitude et qui a eu l’heur de lui plaire. Le coach, Zhou Zhigen, a mal vu la chose, et surtout le fait que le programme de son nageur ressemblait à un gruyère entre les allées et venues liées à des actions de sponsoring et les roucoulades de Sun avec son hôtesse. Yang a très mal pris que le coach  l’ait très mal pris, il a claqué la porte, il a été puni par la Fédération, mais s’est entêté et la Fédération, après avoir joué des biceps est allée à Canossa. Sun sans son antique entraîneur s’est préparé, dit-on, tout seul. Ah ! Ce n’est pas en France qu’une pareille chose aurait pu se passer!

En fait, Sun n’était pas tout seul. Il a tourné de ci de là, et terminé sa préparation à Hong-Kong pendant deux semaines passées  sous la férule d’un ancien entraîneur en chef de l’équipe chinoise, Mr Zhang YaDong. Ce matin, en séries du 400 mètres nage libre, il a paru on ne peut moins atteint par cette cahotique saison. En l’absence de son vieux rival Park, en année sabbatique, l’opposition, essentiellement anglo-saxonne, semble vouloir s’organiser. Mais Yang a l’air tellement au-dessus du lot!