UN DROLE DE PELLERIN

Livre

*Fabrice Pellerin, Accédez Au Sommet le Chemin Est En Vous. Michel Lafon éditeur, 15€.

 

Par Eric LAHMY

 

C’est un drôle de Pellerin que viennent de publier les éditions Michel Lafon. J’entends par là le livre à l’intitulé pompeux et involontairement amusant de l’entraîneur de Nice. En le déchiffrant, lettres blanches sur fond bleu, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer Fabrice Pellerin, nu jusqu’à la ceinture, vêtu d’un pagne de yoghi, assis en Padmasana (pose du lotus), les mains en supination posées sur les cuisses, doigts réunis et tournés vers le ciel, le regard ferme, fixé sur la ligne bleue des Alpes maritimes ou sur le mur du virage des 50 mètres, en train de psalmodier avec une force tranquille : « accédez au sommet le chemin est en vous »

Philippe Lucas, six ans plus tôt, avait baptisé son bouquin, chez le même éditeur, d’un viril et laconique « Entraîneur. » Question de style. Mais enfin le titre est une vitrine, entrer dans la boutique est une autre affaire. J’avais un souci. Que je le regrette ou non, lire le livre de Fabrice Pellerin après le départ précipité de son nageur vedette Yannick Agnel changeait quelque peu mon mode de lecture. J’espérais y trouver une piste au sujet de cet incident. Une indication, ne serait-ce qu’en filigrane, de ce qu’il s’était réellement passé. J’ai eu la réponse que je cherchais, page 175, et dans beaucoup d’autres endroits. Je ne vous en dirai pas plus : là n’est pas le sujet.

Même sans cet incident, je crois que bien des affirmations péremptoires, parfois des pages entières de Pellerin, m’auraient rendu perplexe. On sait combien les « originalités » de Pellerin ont interpellé le petit monde de la natation, et ses écrits portent à croire que sa jubilation d’après Londres n’en est que plus grande. On le comprend, même si on ne l’approuve pas. Afficher « neuf médailles olympiques » dans une comptabilité non euclidienne où les médailles de relais ne se divisent pas mais s’additionnent, est une satisfaction, mais pouvoir dire aux autres qu’ils ont l’air frais maintenant, avec les critiques qu’ils balançaient sur la « méthode Pellerin », c’est un vrai bonheur.

Pourtant, avec tout le respect dû au triomphateur, je vais émettre à mon tour une incongruité. Pellerin – son livre en fait foi – est la preuve qu’on peut être un entraîneur à succès en pensant beaucoup de travers.

Si ce genre d’affirmation ne pouvait se retourner en boomerang en direction de son auteur, je dirais qu’il y a quelque chose d’opaque, chez Pellerin. Attention, cet homme est sans doute sain d’esprit, sauf qu’il a une façon à lui, froide, de provoquer, révélatrice de… je ne sais quoi.  Ou il y a du souci à se faire, ou tout cela cache une méthode.

D’abord il y a le goût, un peu excessif, des mots. Tiens, il explique que la natation est une activité autotélique ; ça vous pose plus que de dire : on nage pour le plaisir. Pourquoi nagez-vous ? Parce que j’aime ça ? Parce que nager est une expérience sensuelle ? Non, parce que c’est autotélique. Travail, loisir. Draguer les filles. Prendre un bon repas. Aller voir La Joconde au Musée du Louvre. Pellerin, lui, définit ça comme autotélique. Retenez. Ça vous fera un gros mot inutile.

Bon, on peut comprendre ce plaisir pédant (autotélique ?) d’en boucher un coin. Un jour, Michel Rocard, dans un discours à l’Assemblée Nationale, avait lancé comme ça un « procrastInateur » qui avait jeté la presse nationale à l’assaut des dictionnaires. Procrastinateur, ça veut dire « attentiste ». Mais en l’occurrence, quelle belle pagaille.

Comme ce n’est pas suffisant, Pellerin forge des néologismes. « Perspection », c’est quoi ? C’est une « perspective » (un but à atteindre) telle qu’elle est vécue dans l’action. De la constance, la capacité de ne pas perdre de vue l’objectif. Pour un nageur qui prépare les Jeux, c’est de rester constamment sur la bonne longueur d’onde, ne pas aller à la piscine en ne sachant pas ce qu’on fiche là.

Allons plus loin. Comme je suis snob, et parce que j’ai, moi aussi, du vocabulaire, je vous dirai que Pellerin hypostasie sa méthode… Je veux dire par là qu’il croit que l’hostie est le corps du Seigneur. Sa méthode, concrètement, dans son livre, il n’en dit pas grand’ chose. Pas étonnant de la part de quelqu’un qui détruit volontairement ses plans d’entraînement, de crainte de se répéter ! Ce provocateur est bien sûr de lui. Il croit que c’est parce qu’il a suivi le chemin X que le résultat Y a été obtenu. Ce qui reste douteux. Il a fait nager le dimanche. Il s’en flatte. « Tout le monde nous a critiqué. » Pellerin ne veut pas que ses nageurs nagent. Il ne veut pas que ses nageurs nagent et se taisent. Il veut que ses nageurs nagent, se taisent, et qu’ils nagent contre les autres. Pellerin est un bagarreur qui a besoin d’ennemis pour se motiver, et motiver ses troupes. « Regardez ce qu’ils disent de nous. On va leur montrer. » Fouroux faisait ça dans le rugby. Lucas, à sa manière, à Melun et après. Ces deux là sont des boucaniers. Pellerin, avec sa tête de gendre idéal, est dans la ligne, seulement il y met une touche de zen intello. Nager le dimanche, ce n’est pas ça qui a donné les médailles d’or, mais ça a donné un but supérieur au pèlerin de la natation française. La secte de Mandarom lutte, parait-il contre les Lémuriens de Pluton. Pellerin contre les Primates de la natation française. Il se pose en s’opposant. Ça marche jusqu’à ce que ça ne marche plus. Mais qu’on se le dise. Le fait qu’Agnel ait claqué la porte de la secte ne l’a pas affaiblie, elle l’a renforcée. On resserre les rangs autour de la place vide, et « banzaï » ; Ça va barder aux mondiaux de Barcelone, et jusqu’aux Jeux olympiques de Rio.

Parmi ceux qu’il voue aux Gémonies, ou du moins dont il nous dit : surtout pas de ça chez moi, il y a les « battus », les abonnés aux seconds rôles, « tribu », dont, dit-il « Raymond Poulidor fut le plus fameux chef. » Et d’ajouter : « le jeune Eamon Sullivan en fait aussi partie. » Sullivan, ayant amélioré deux fois le record du monde sur 100 mètres, semblait favori pour le titre olympique de Pékin, en 2008, nous explique-t-il. Or il a perdu dans un éclat d’écume, d’un doigt derrière Alain Bernard. Stéthoscope en main, le bon docteur Pellerin ausculte la plaie. Et trouve une interview dans laquelle Sullivan déclarait apprécier Alain Bernard en-dehors de la piscine, ajoutant : « nous entretenons de bonnes relations et sommes de bons rivaux. J’adore le sport quand ça se passe comme ça. » De là, Pellerin entre dans une explication farfelue sur « celui qui ne ferait pas de mal à une mouche, quitte à jeter un mouchoir sur ses propres désirs, » et soupçonne que Sullivan ait pu « faire primer la courtoisie sur l’envie de vaincre. » Résumons : si Sullivan a perdu le titre olympique de Pékin, c’est parce qu’il est un gentil, donc un perdant.

Pellerin connaît mal Eamon Sullivan, un beaucoup moins gentil garçon qu’il n’y parait. Les Australiens ont témoigné de sa « fureur », après ses défaites sur 50m et 100m aux Jeux de Pékin. En-dehors de l’eau, sa conduite n’est guère irréprochable. Il a plus d’une fois provoqué quelques dégâts alors qu’il était en état d’ébriété. C’est ce charmant jeune homme qui a introduit une substance interdite par le Comité Olympique Australien, le zolpidem, un somnifère, dans l’équipe du relais quatre fois 100m des Jeux de Londres. Le scandale, en Australie, a conduit des sponsors de l’équipe à claquer la porte. Perte sèche, un million de dollars.

A côté de cela, Sullivan a connu beaucoup d’ennuis de santé : malade en permanence, sujet à des virus, il avait subi avant 2010 cinq opérations aux hanches en raison de déchirures répétées du labrum (cartilage de l’articulation de la hanche), et a souffert de tendinites persistantes aux épaules. Sa douleur était telle dans l’eau qu’il avait fallu pratiquement réinventer sa préparation autour d’exercices qu’il pouvait tolérer ! Au contraire de Pellerin, je décrirais la carrière de Sullivan comme l’épopée d’un gagnant de la vie, un homme qui a passé à travers des souffrances incessantes pour devenir quintuple recordman du monde, médaillé d’argent olympique et double champion du monde de relais. Le personnage a d’ailleurs gagné en 2010… un concours télévisé de chefs en cuisine et ouvert son deuxième café restaurant sur la plage de Perth… Tu parles d’un loser !

Dans la logique de Pellerin (et de millions d’autres personnes), il faut avoir un moral de vainqueur pour gagner, on est 2e quand on se trouve dans un état second, etc. On est responsable de tout ce qui nous arrive. C’est tout juste si on n’est pas coupable de recevoir une crotte d’oiseau lors d’une garden party, ou encore d’être passager dans l’avion qui s’est crashé dans l’Aconcagua. Portée à ce point d’incandescence, cette caricature volontariste est une forme d’ignorance de ce qu’est la vie très à l’honneur dans la sous-culture médiatique et sportive actuelle. Dans ma carrière de nageur puis de journaliste qui suivait la natation, j’ai vu des « perdants » devenir champions olympiques parce que c’était leur jour, et de sacrés battants être devancés pour le titre de champion du Val-de-Marne. Les éléments qui concourent à faire un champion olympique sont très nombreux, et ce n’est pas une déclaration polie de Eamon Sullivan à la presse française, au sujet de Alain Bernard qui l’avait invité à s’entraîner avec lui à Antibes, qui peut déterminer le moins du monde son statut olympique. Aux Jeux de Pékin, Sullivan aurait changé de ligne pour taper sur Bernard et Cielo pendant les finales du 100 et du 50m si les règlements l’avaient permis ! Les paroles de Sullivan que cite Pellerin en disent plus sur Alain Bernard, garçon charmant et courtois qui ne ferait pas de mal à une mouche et a gagné la course de Pékin, que sur Sullivan !

Dans sa galerie des losers, Pellerin nous dessine ensuite un « blessé », personnage qu’il présente comme un manipulateur. Pas de ça chez moi ! Ôtez cette tendinite que je ne saurais voir ! Là encore, il a tout faux. La blessure du sportif n’est pas souvent « dans la tête » (même si cela arrive), elle s’inscrit dans son corps. Parfois elle est indécelable ! Pellerin en tire des conclusions. Or, certaines douleurs suivent les lignes d’acupuncture et indiquent des déséquilibres éloignés des symptômes. Ces trente dernières années, toutes les avancées de la traumatologie ont été faites dans le sport, en raison de l’énorme propension des sportifs à se blesser, et, avec la professionnalisation et l’augmentation des charges, cela ne s’est pas arrangé ! Pellerin croit-il que l’épaule humaine a été faite pour effectuer dix millions de rotations par an ? Laissons-lui ses certitudes. Je lui conseille de lire « Golden Girl », le livre de Natalie Coughlin sur cette question. Son premier coach l’a faite nager sur sa tendinite, elle est arrivée estropiée à Berkeley, où Terri McKeever a patienté un an, le temps qu’elle soit réparée. Après ça, Natalie est devenue championne olympique et du monde à neuf reprises. Et Laure Manaudou ! Elle nageait, dit-on, à la fin de sa carrière, sur cinq tendinites aux épaules, deux ici et trois là. Après, bien sûr, il y en a qui disent : c’est une fainéante… Je sens qu’on ne va pas s’entendre.

Autre cible de Pellerin, le « presque qualifié », celui qui rate la sélection ou le record. Je crois que le grand problème de Pellerin et de notre époque volontariste est d’avoir évacué la notion d’aléa ; le hasard, automaton d’Aristote : ce qui se produit en dehors de tout dessein. Une notion estimée des Grecs et des Romains anciens, déifiée sous le nom de Fortune. William Shakespeare l’avait bien dit, avec sa sublime virulence : « Lhistoire humaine, un récit raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »

Cessons, s’il vous plait, d’expliquer une deuxième place aux Jeux olympiques par un défaut, ou la première par une qualité, La qualité première de la réussite, c’est le talent. C’est là le socle, la fondation. Sans talent, rien ne peut être bâti. Après, certes, il faut le sculpter, le polir, en faire une œuvre. Du travail. Un gros psychique. Un bon entraîneur, bien évidemment. Des moyens, etc. Le talent premier de Yannick Agnel, c’est d’avoir un bon physique de 2,02m, avec des muscles secs et solides, et la tronche de Yannick Agnel par-dessus !.

Le talent premier de Pellerin, c’est de l’avoir attiré à lui, parce que Richard Martinez avait fait la fine bouche et que Font-Romeu ne plaisait pas au gamin. Un jour, un grand réalisateur, John Ford, avait été interrogé sur la façon dont il dirigeait ses acteurs. Il avait répondu : « la direction d’acteurs, c’est le casting. » Façon de dire, si vous avez John Wayne, il va vous faire votre film. Laure Manaudou, c’était la même chose, parce qu’on mettait quarante nageuses de force égale pendant trois mois dans le même point d’eau, et, jour après jour, c’était toujours, elle, Manaudou, qui faisait la différence, de plus en plus. Taille, puissance, légèreté, technique, endurance, récupération. Quand il a Camille Muffat et son 1,83m, et Yannick Agnel, Pellerin, qui est certes un bon metteur en scène, n’a pas à s’inquiéter, car quel casting !!

Yannick Agnel affirme avoir lu dans ce livre, en filigrane, l’histoire de sa vie avec son coach. Rien que pour ça, il vaut la peine d’être médité. Tout n’est pas à jeter dans ce bouquin, loin de là. Il mérite d’être lu, goûté même. Pellerin, aidé par Véronique Mougin, écrit bien. Il m’a agacé presque à chaque page, mais ce n’est pas mal, c’est une façon d’être capté par un auteur. D’ailleurs, je suis en train de le relire. Mais bon… J’aurais préféré plus de pages vécues sur Nice, sur la méthode, des précisions sur ce qu’on m’a raconté à gauche et à droite, et que j’aurais voulu authentifier, plus de pages, bref, sur la natation…

Après ça, libre à vous de vous emplir des prières du catéchisme selon Pellerin, de vous laisser bombarder de certitudes aussi ronflantes que vides comme : « chaque désir est une destination. » Et pourquo pas : « chaque destination est un désir. » Bof, ça tient aussi bien debout, n’est-ce pas ? Mais qui s’en fiche ? Bien sûr, rien ne vaut le titre : « Accédez Au Sommet Le Chemin Est En Vous. » Après ça, Pellerin n’a plus qu’à créer une secte. Il finira par guérir les écrouelles.

 

*Fabrice Pellerin, Accédez Au Sommet le Chemin Est En Vous. Michel Lafon éditeur, 15€.

ROSTOCK PARLE RUSSE

Plongeon

20 juin 2013

Après des débuts très ukrainiens, les championnats d’Europe 2013, qui se tiennent à Rostock, s’offraient une troisième journée russe. Armé d’une panoplie de belles difficultés, le Russe Ilia Zakharov, champion olympique aux Jeux de Londres,  n’a pas fait le détail, et a remporté le tremplin de 3m, devant son équipier Evgueni Kouznetsov, et l’Allemand Patrick Hausding, 4e aux Jeux de Londres, qui avait dominé les éliminatoires, le matin. L’Ukrainien llya Kvasha, vainqueur la veille du tremplin de 1m, et 8e du 3 mètres à Londres, étant exclu du podium. C’est un quadruple et demi avant qui a décidé finalement du vainqueur entre les deux Russes. Zakharov, qui menait de seulement neuf points jusqu’alors, montra sa solidité et son talent ; il réussit son meilleur score de l’après-midi, 102,60pts, tandis que son rival devait se contenter d’un modeste 79,80pts. A l’addition, Zakharov, 502,90pts, Kouznetsov, 471,55pts, Hasding, 428,70pts, Kvasha, 427,85pts.

Au plongeon synchronisé de haut-vol dames, le (très vieux, car médaillé d’argent olympique dès 2004, à Athènes) couple Julia Koltunova – Natalia Goncharova (301,32pts) détroussa les tenantes du titre, premières Européennes ax Jeux de Londres où elles terminèrent cinquièmes, les Britanniques Tonia Couch – Sarah Barrow (293,52pts), elles-mêmes devant les Allemandes Maria Kurjo – Julia Stolle (275,88pts), et les Ukrainiennes Victoria Potyekhina et Julia Prokopchuk (268,80pts).

BENJAMIN AUFFRET : OUPS !

Par Eric LAHMY

Plongeon

Rostock, 20 juin 2013

L’Allemand Patrick Hausding, 448,40pts, les Russes lllia Zakharov, 439,70pts, et Evgueni Kouznetsov, 421,70pts, et le deuxième Allemand, Sascha Klein, 418,85pts, lui-même talonné par l’Ukrainien Illya Kvasha, tout frais vainqueur, la veille, du 1 mètre, 415,50pts, ont été les mieux disant, ce matin, 20 juin, à Rostock, en éliminatoires du tremplin de 3 mètres, dans la troisième journée des championnats d’Europe 2013. Quant à notre jeune représentant, Benjamin Auffret, il a raté tout simplement son premier plongeon, se mettant définitivement hors du coup, en situation de lanterne rouge, 25 points derrière… l’avant-dernier. Il a donc ramé ensuite courageusement et peut-être rageusement, sans espoir de bien scorer. Il a évité in extremis la dernière position grâce à une régularité de métronome, lui permettant de récupérer un Néerlandais et un Autrichien ! Le genre d’expériences douloureuses qui vous forment un homme, et un plongeur donc !

EURO 2013 KOLTUNOVA SANS FAIBLIR

Par Eric Lahmy

Plongeon.

La Française Laura Marino, après s’être qualifiée en 6e position lors des éliminatoires du haut-vol, hier, à Rostock, a maintenu sa place en finale dans la 2e journée des championnats d’Europe. Une nouvelle journée ukrainienne, après les succès de la veille dans le team’s event. Julia Prokopchuk l’a emporté à l’issue d’un duel avec la Russe Julia Koltunova, qui les a emmenées très loin devant la 3e, l’Allemande Maria Kurjo, 323pts. Le suspense a duré jusqu’au bout : Prokopchuk avait décidé, comme avant dernier plongeon, de s’offrir un 626C – lisez un plongeon équilibre avec triple saut périlleux arrière groupé, un truc à haut coefficient qui devait la mettre à l’abri de la concurrence. Mais tout au contraire, une réalisation inachevée, dûment sanctionnée par le jury, la replaça derrière Koltunova qui, menant largement avant le dernier plongeon, se trouva à l’avant-poste. Cette situation la troubla-t-elle ? La Russe mit-elle à cogiter, et plongea-t-elle, comme cela arrive quand on mène, non plus pour gagner, mais pour ne pas perdre ? Les deux filles avaient choisi pour en finir en 5253B dont les initiés comme Bernard Pierre, qui connait ça par coeur vous diront qu’il s’agit d’un « double saut périlleux et demi avec une vrille et demie ». Là, une solide prestation de l’Ukrainienne arrachait l’assentiment des juges, tandis que de légères imperfections chez la petite Russe changèrent in extremis son or en argent.

Côté masculin, Benjamin Auffret, a terminé 18e du tremplin avec 306,75pts (104,05) réussis lors des éliminatoires du matin, L’Ukrainien Illya Kvasha, triple champion au 1m en 2008, 2010 et 2012, semble, lui, invincible, qui  débouche des préliminaires avec 15pts d’avance sur son suivant, le Britannique Oliver Dingley, d’Harrogate. Avec une moyenne de difficultés qui cotait moins de 80% de celle du vainqueur, notre jeune représentant partait certes avec un handicap que la différence d’âge, 18 ans contre 25 ans, et le petit nombre d’années de plongeon (trois) pourrait aider à expliquer. Après, la réalisation de notre représentant, iss de la gymnastique était très propre. Benjamin sait ce qu’il lui reste à faire dans les prochaines saisons.

En finale, son premier plongeon cafouillé, un double saut périlleux et demi avant avec vrille, raté, fragilisait Dingley. L’ancien enfant prodige du plongeon britannique, champion national à quinze ans (il en a vingt), manquait ensuite un saut périlleux et demi renversé avec deux vrilles et demie qui le plongeait, si l’on ose s’exprimer ainsi, en 6e position. Tandis que Kvasha, sûr de lui, enchaînait avec régularité, des figures de belle qualité. 467,75pts à l’arrivée, l’Ukrainien devançait de 53 points et plus  les deux Allemands Martin Wolfram et Oliver Homuth, séparés, eux, de 0,3pts : 414,75 et 414,45pts. L’Autrichien Constantin Blaha, 405,95pts, et le Russe Sergey Nazin, 388,75pts.

IAN THORPE DE POCHE

L’autobiographie du nageur australien Ian Thorpe n’a pas assez souffert pour condamner son livre autobiographique « This Is Me », dont l’édition en format de poche sera mise en vente par son éditeur en Australie le 1er août. Vous pouvez lire notre critique de ce livre sur ce site.

EUROPE : PLONGEON UKRAINIEN

19 juin

Les plongeurs Ukrainiens Olexandre Bondar et Julia Prokopchuk ont remporté le team(s event, hier à Rostock, où débutaient les championnats d’Europe, avec un total de 413,20pts devant les Allemands Sascha Klein et Tina Putzel, 2e, 384pts, les Russes Julia Koltunova et Evgueni Kouznetsov, 3e, les Biélorusses Vadim Kaptur et Alena Khamulkina, 4e ; le duo français formé des jeunes Laura Marino (Lyon, 20 ans) et Benjamin Auffret (Saint-Maur, 18 ans) est 8e, avec 305,75pts.

Le team’s event est une nouvelle épreuve mixte du plongeon. Il associe un plongeur et une plongeuse qui doivent effectuer chacun des plongeons de haut-vol et de trois mètres. Sur ce plan là, il nécessite donc des plongeurs complets, autant à l’aise dans les deux épreuves. Après des essais officieux, aux championnats d’Europe 2010 et aux mondiaux 2011, à Turin, où le couple français Audrey Labeau et Matthieu Rosset avait enlevé une deuxième place, il est entré officiellement au programme en 2012 à Eindhoven, où le même duo Labeau-Rosset a enlevé le titre.

 Marino et Auffret ont remplacé au pied levé ces glorieux aînés. Audrey, qui aurait pu continuer à plonger quelques temps encore, a dû choisir entre poursuivre sa carrière ou… occuper une place de conseiller technique qui se présentait! Ce genre d’opportunité se présente rarement au plongeon, où les places sont rares. Désormais, ayant pris sa retraite sportive pour la bonne cause, elle officie auprès d’Alexandre Rochas au poste d’entraîneur à l’INSEP. Rosset, quant à lui, était bien prévu à Rostock, mais il a été victime d’une rage de dents qui a nécessité d’être opérée en urgence ce lundi.

GRANDE-BRETAGNE : PEART S’INCRUSTE

19 Juin

Dawn Peart, manager de l’équipe britannique de deux Jeux olympiques, à Pékin en 2008 et à Londres en 2012, et deux trois championnats du monde, a été nommée chef d’équipe de la natation britannique pour les Jeux du Commonwealth en 2014. Peart, entraîneur chef britannique de 1999 et 2001, manager depuis 2007, a donc été épargné par le « ménage » de la natation britannique, suite à la faible performance collective de l’équipe aux Jeux de Londres. En 2008, les Britanniques avaient été 3e nation aux Jeux, avec deux médailles d’or, deux d’argent et deux de bronze, tandis qu’en 2012, seule Rebecca Adlington, la reine du demi-fond de 2008, avait atteint les podiums (bronze du 400m et du 800m).

ANCIENNES COMBINES

17 juin 2013

Les trois modèles de combinaisons de natation d’Arena Carbon Pro interdites depuis avril en compétition internationale seront encore utilisables en France aux niveaux national et départemental jusqu’au 22 juillet prochain, avec cette restriction qu’aucun record de France, aucune meilleure performance française, ne sera homologable par ceux qui les revêtiront. On se souvient que la FINA avait retiré son agrément à ces tenues (AR 220993, combishort féminin dos ouvert; AR 220994, combishort féminin dos fermé, AR 141364 jammer hommes) en raison d’un mode de fabrication qui était apparu comme contrevenant à ses règlements.

LUYCE CHEF DE DELEGATION OLYMPIQUE

17 juin 2013

Vu les résultats obtenus par la natation française aux Jeux de Londres, c’est assez logique: le chef de la délégation française aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016, sera Francis Luyce. La nouvelle de cette nomination du président de la natation française à une haute responsabilité a été annoncée au Comité National Olympique et Sportif Français.

GLAESNER DOPÉ, PALTRINIERI DORÉ

Par Eric LAHMY

17 juin 2013

L’Italien Gregorio Paltrinieri est devenu champion du monde du 1500m en petit bassin, six mois après la course. Pourquoi? Dopage, pardi! Le Danois Mads Glaesner, qui avait devancé l’Italien au 1500m des derniers championnats du monde en petit bassin, à Istamboul, en décembre dernier, a été déclaré positif à la Levmetamfetamine, un stimulant (utilisé dans certaines formulations du Vicks Vapor inhalateur) qu’on considérerait presqu’innocent s’il n’était interdit!

Un contrôle antidopage effectué le 14 décembre, à l’issue de son 400m libre des championnats du monde (en petit bassin) où il avait conquis la médaille de bronze (3’40’’09) s’était révélé positif. Glaesner avait eu le temps de rafler l’or du 1500m après un duel serré face au jeune Paltrinieri, en 14’30’’01, avant que les faits n’éclatent au grand jour. Glaesner, 24 ans, accompagné de son propre avocat, a été entendu ce vendredi 14 juin à Lausanne, où siège la Fédératon Internationale de Nataton, mais n’a guère apporté d’éléments démontrant son innocence. La commission antidopage de la Fédération Internationale de Natation, présidée par Erik van Heijningen, a fait savoir ce jour que Maedsen était suspendu trois mois à compter du 19 mars 2013 (date de sa suspension provisoire), et donc jusqu’à ce mercredi 19 juin; que ses résultats sportifs acquis depuis le test devenaient caducs. Il perd donc le bronze du 400m et l’or du 1500m des mondiaux en petit bassin d’Istamboul. Gregorio Paltrinieri, devenu champion du monde, est originaire de Carpi, et est considéré comme le successeur de Samuel Pizzetti, le multi médaillé européen des années 2008-2012. Gabarit hyper-léger (1,91m, 72kg), natif de Modène, près de Modène, dans le nord de l’talie, Paltrinieri était déjà champion d’Europe en grand (à Debrecen) et en petit bassin (à Chartres). Il a terminé 5e de la finale du 1500m des Jeux olympiques des Londres

De ce fait, les podiums mondiaux des deux courses concernées d’Istamboul deviennent:

400m: 1. Paul Biedermann (GER) 3’39’’15; 2. Yun Hao (CHN) 3’39’’48; 3. Matthew Stanley (NZL) 3’41’’01.

1500m: 1. Gregorio Paltrinieri (ITA) 14’31’’13; 2. Pal Joensen (Iles Féroé) 14’36’’93; 3. Mateusz Sawrymowicz (POL) 14’38’’29.