MEETING DE BUDAPEST (3): ALIA DOMPTE JULIA

Eric LAHMY

Lundi 8 Octobre 2018

La Jamaïcaine Alia ATKINSON a nagé vendredi un 100 brasse en 1’2s80, à moins d’une demi-seconde du temps, 1’2s36, record du monde, qu’elle partage avec Ruta MEILUTYTE, et qu’elle avait égalé à deux reprises, la dernière fois à Chartres le 26 août 2016…

ATKINSON n’a laissé aucune chance à la Russe EFIMOVA, qui domine en général les courses de brasse des meetings en petit comme en grand bassin (coupe du monde), et qui a été devancée d’un mètre environ.

ATKINSON, qui aura 30 ans le 11 décembre prochain, a été championne du monde 2014 du 100 brasse, et a remporté de nombreuses médailles de divers métaux, n’a relativement eu que de faibles succès dans les grandes compétitions, 8e du 100 des Jeux olympiques de Rio, 2e du 50 et 14e du 100 brasse des Jeux du Commonwealth 2018 à Gold Coast. De qui donne à cette fille du soleil le statut paradoxal de nageuse d’hiver.

Statut mérité, et inculqué dès le plus jeune âge par sa famille. Alia a été mise à l’eau à 3 ans, et c’était faire preuve d’originalité pour ses parents, a-t-elle raconté, car en Jamaïque, personne ne nage et tout corps plongé dans un liquide, là-bas, va au fond. Les ATKINSON ont décidé de ne pas faire comme tout le monde, et la famille sait nager ! Au rebours de la fameuse légende de la densité des noirs, Alia a non seulement flotté mais est devenue une redoutable sprinteuse, et est parvenue à transcrire en termes aquatiques la légendaire qualité de vitesse musculaire du Jamaïcain (et de la Jamaïcaine)…

Vladimir MOROZOV a régné sur 100 mètres, laissant un champion US de la dimension de Blake PIERONI et un médaillé olympique, Pieter TIMMERS, dé battre pour l’argent à la hauteur de son battement de pieds…

Sarah SJÖSTRÖM a eu quelque mal à se débarrasser d’une Femke HEEMSKERK accrocheuse et qui a mené les trois quarts de course. Avec 1’51s60, la gagnante a dû nager plus vite qu’à Eindhoven (1’52s25) pour l’emporter. Katinka HOSSZU, sa seule rivale en termes de nombre de victoires en Coupe du monde, en revanche, a repris son ascendant sur le 400 quatre nages, et Yui OHASHI, qui a dominé la saison passée en grand bassin, a pu mesurer la différence de niveau entre elle-même et la championne olympique et recordwoman du monde hongroise. Sur 100 dos, sans dominer, HOSSZU a montré qu’elle est revenue au niveau des patronnes de la distance, (avec MASSE), SEEBOHM et BAKER.

 

Chad LE CLOS, bien remis de son souci de santé, continuait de dominer le 200 papillon, en 1’50s29, ce qui est un tempe très honorable tandis que Mitchell LARKIN, toujours dossiste, devient de plus en plus un spécialiste huppé du 200 quatre nage.

 

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 45s30 ; 2. Blake PIERONI, USA, 46s25 ; 3. Pieter TIMMERS, Belgique, 46s67 ; 4. Vladislav GRINEV, Russie, 46s79 ; 5. Nandor NEMETH, Hongrie, 47s02. En séries, Mehdy METELLA, FRANCE, 9e, 48s09

1500 mètres: 1. Mackenzie HORTON, Australie, 14’39s84 ; 2. David LAKTOS, Hongrie, 14’47s74; 3. Ziao QIU, Chine, 14’51s98; 4. Wojciech WOJDAK, 14’54s24.

50 dos : 1. Michael ANDREW, USA, 23s19; 2. Vladimir MOROZOV, Russie, 23s29; 3. Mitchell LARKIN, 23s37.

50 brasse: 1. Felipe LIMA, Brésil, 25s88; 2. Peter STEVENS, Slovaquie, 26s06; 3. Kirill PRIGODA, Russie, 26s06; 4. Michael ANDREW, USA, 26s20; 5. Lizhuo WANG, Chine, 26s31; 6. Nic FINK, USA, 26s39.

200 papillon: 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 1’50s29 ; 2. Daya SETO, Japon, 1’51s01 ; 3. Yuya YAJIMA, Japon, 1’51s80; 4. Laszlo CSEH, Hongrie, 1’53s25; 5. Bence BICZO, Hongrie, 1’53s83; 6. David VERRASZTO, Hongrie, 1’54s06.

200 4 nages: 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’52s96; 2. Laszlo CSEH, Hongrie, 1’55s05; 3.Nick FINK, USA, 1’55s10; 4. David VERRASZTO, Hongrie, 1’55s15. Séries, Hugo GONZALEZ, Espagne, 1’55s40.

DAMES.- 200 mètres: 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’51s60: 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’52s08; 3.Jianhae WANG, Chine, 1’53s31; 4. Melanie MARGALIS, USA, 1’53s57; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’55s74; 6. Anna EGOROVA, 1’56s21. En séries, Leah SMITH, USA, 1’55s93.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, Australie, 55s81 ; 2. Kathleen BAKER, USA, 56s04 ; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s08; 4. Georgia DAVIES, Grande-Bretagne, 56s75; 5. Mariia KAMENEVA, Russie, 57s27; 6. Etiene MEDEIROS, Brésil, 58s01.

100 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’2s80; 2.Julia EFIMOVA, Russie, 1’3s48 ; 3. Vitalina SIMONOVA, Russie, 1’4s67 ; 4. Molly HANNIS, USA, 1’4s85 ; 5. YU Jingyao, Chine, 1’5s78.

400 4 nages:1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’23s55 ; 2. Yui OHASHI, Japon, 4’27s23; 3. Zuzsanna JAKABOS, Hongrie, 4’30s ; 4. Catalina CORRO, Espagne, 4’30s21 ; 5. Leah SMITH, USA, 4’32s84.

MEETING DE BUDAPEST (2) : MEHDY METELLA, 49s71 SUR 100 PAPILLON. HOSSZU RAFLE SA 400e MEDAILLE DE COURSE DE « COUPE DU MONDE »

Eric LAHMY

Jeudi 5 Octobre 2018

Outre le record du monde du 400 mètres battu par la jeune Chinoise WANG, l’événement de la première journée du meeting de Budapest est, me semble-t-il, la confirmation de l’accumulation de fatigue qui atteint Sarah SJÖSTRÖM. Elle qui, en grande forme, est absolument inatteignable sur 50 et 100 mètres papillon, et difficile à approcher en sprint de nage libre, du moins en Europe (référence à Cate CAMPBELL et à Simone MANUEL), a été devancée à deux reprises, d’abord sur 100 mètres quatre nages, par Katinka HOSSZU (défaite il est vrai envisageable), ensuite sur 50 libre par Ranomi KROMOWIDJOJO.

La victoire de la Néerlandaise, là aussi, ne peut être si surprenante. D’abord parce qu’elle détient le record du monde en petit bassin avec 22s93, ce qui en fait, en quelque sorte, même si la dénomination peut paraître galvaudée, la femme la plus rapide du monde. Ensuite parce qu’il lui est arrivé de surprendre la Suédoise. Ici, elle a nagé assez vite, et triomphé, outre de Sarah, de sa rivale néerlandaise Femke HEEMSKERK et de la championne olympique danoise Pernilla BLUME.

Côté messieurs, Benjamin PROUD, tout champion du monde 2017, du Commonwealth et d’Europe 2018, qu’il est, dut laisser filer le pro de la Coupe du monde Vladimir MOROZOV. Lequel MOROZOV assurait son classique succès sur 100 quatre nages.

La longue série de meetings rangés sous la rubrique « Coupe du monde » exige une endurance et une régularité au sommet que peu de nageurs et nageuses atteignent. Bien entendu, la dominatrice absolue dans ce type de challenge est Katinka HOSSZU, dont Vincent LEROYER nous certifiait ce matin qu’avec le 100 quatre nages, elle avait enlevé sa 400e médaille de course en Coupe du monde.

Vincent nous avait annoncé qu’il s’agissait de sa 400e victoire, avant de rectifier, preuve que les plus grands peuvent se tromper !

HOSSZU, quelques minutes plus tard, faisait grimper le compteur à 401, sur 200 papillon, une course qu’elle avait parfois délaissée en faveur du dos, mais où elle s’amuse à nouveau à jouer les trouble-fête !

Mehdy METELLA, en terminant aux basques de Chad LE CLOS sur 100 mètres papillon, réussissait l’exploit de devenir le premier Français sous les 50 secondes. Son temps, 49s71, efface Jérémy STRAVIUS, à qui le record appartenait avec 50s04 (le 12 décembre 2013 à Herning (DEN) lors des championnats d’Europe en petit bassin). 

 

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s51 ; 2. Benjamin PROUD, Grande-Bretagne, 20s89 ; 3. Bradley TANDY, Af. Sud, 21s06 ; 4. Kristian GKOLOMEEV, Grèce, 21s22; 5. Maxim LOBANOVSKIJ, Hongrie, 21s25; 6. Jesse PUTS, Pays-Bas, 21s35; 7. Kosuke MATSUI, Japon, 21s38 (en séries, 21s21) ; 8. Michael ANDREW, USA, 21s42 (en séries, 21s36).

400 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 3’41s78 ; 2. Blake PIERONI, USA, 3’42s74 ; 3. Wojciech WOJDAK, Pologne, 3’43s52 ; 4. Poul ZELLMANN, Allemagne, 3’44s04.

100 brasse: 1. Felipe LIMA, Brésil, 56s69; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 56s97 ; 3. Lizhuo WANG, Chine, 57s03 ; 4. Kirill PRIGODA, Russie, 57s23 ; 5. Daya SETO, Japon, 57s31 ; 6. Hayato WATANABE, Japon, 57s57 ; 7. Nic FINK, USA, 57s73 (en séries, 57s63) ; 8. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 58s19 (en séries, 58s16). En séries, Christopher ROTH BAUER, Autriche, 58s66

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’49s52 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’50s97.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 49s22 ; 2. Mehdy METELLA, France, 49s71 (record) ; 3. Nicholas SANTOS, Brésil, 50s12

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 50s32 ; 2. Michael ANDREW, USA, 51s55 ; 3. Kosuke METSUI, Japon, 53s08 (en séries, 52s75).

DAMES.-

50 mètres : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s23 ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s36 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 23s67; 4. Pernilla BLUME, Danemark, 23s75; 5. Maria KAMENEVA, Russie, 24s08.

400 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 3’53s97 (record du monde, ancien Mireia Belmonte, Espagne, 3’54s52 le 11 août 2013 ; record du monde junior, ancien par elle-même) ; 2. Leah SMITH, USA, 3’58s94 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 4’0s03 ; 4. Anna EGOROVA, Russie, 4’1s26 ; 5. Catalina CORRO, Espagne, 4’5s88; 6. Mireia BELMONTE, Espagne, 4’7s43.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, Australie, 26s05 ; 2. Georgia DAVIES, Grande-Bretagne, 26s13; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 26s19; 4. Kathleen BAKER, USA, 26s30; 5. Etiene MEDEIROS, Brésil, 26s34.

200 brasse: 1. Julia EFIMOVA, Russie, 2’17s88; 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’19s43 ; 3. Melanie MARGALIS, USA, 2420s30 ; 4. Jessica VAL, Espagne, 2’20s81 ; 5. Jingyao YU, Chine, 2’21s44.

200 papillon: 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s14; 2. Yufei ZHANG, Chine, 2’3s29; 3. Kelsi DAHLIA, USA, 2’3s33

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s64 ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s75; 3. Kathleen BAKER, USA, 58s02; 4. Emily SEEBOHM, Australie, 58s33; 5. Alia ATKINSON, Jamaïque, 59s03; 6. Melanie MARGALIS, USA, 59s11.

 

 

 

 

 

MEETING DE BUDAPEST : JIANJIAHE WANG RECORDWOMAN DU MONDE PETIT BASSIN SUR 400 METRES NAGE LIBRE

Eric LAHMY

Jeudi 5 Octobre 2018

La Chinoise Jianjiahe WANG a battu le record du monde en petit bassin du 400 mètres dames, qui appartenait depuis maintenant cinq saison à l’Espagnole Mireia BELMONTE, en 3’53s97 contre 3’54s52. WANG avait démontré, lors du meeting d’EINDHOVEN, le 28 septembre dernier, qu’elle était la nageuse en forme du moment ; elle a également fait un sort au record du monde junior de la distance, qu’elle avait battu justement à Eindhoven, en 3’54s63.

Ce faisant, elle a un peu montré, à condition qu’on veuille bien voir les choses sous cet angle, que les records du monde juniors n’ont pas une grande importance. La natation est aujourd’hui pratiquée jusqu’à un âge avancé, mais reste un sport de prédilection pour les très jeunes talents.

Il semble clair aussi que si Katie LEDECKY avait condescendu à nager le 400 en petit bassin, elle l’aurait nagé probablement en 3’50s, plus ou moins…

Bien entendu, cela ne signifie pas que WANG pourrait bien représenter bientôt, à côté de l’Australienne Ariarne TITMUS, une menace pour l’incomparable Américaine ! Mais peut-on tirer dans plans sur la comète ? L’an passer, la « menace » chinoise s’appelait Bing LI et elle a (momentanément) disparu des radars !

…Le fait qu’elle ait frôlé (0s11) le record seniors de Belmonte (qu’elle avait peut-être poursuivi sans l’atteindre aux Pays-Bas) a fait WANG remettre ça à Budapest, ce jeudi. Elle a reproduit le même profil de course, à peu de choses près, avec cette différence qu’elle finit un petit peu mieux que sept jours plus tôt. BELMONTE, qui semble avoir repris doucement, disputait cette finale (comme celle d’Eindhoven) et a terminé très loin derrière…

Passages de WANG aujourd’hui: 56s31, 1’55s58, 2’55s17, 3’53s97,soit par 100m, 56s31, 59s27, 59s59, 58s80.

Passages du record de Belmonte en 2013, 57s34, 1’57s06, 2’56s46, 3’54s52, soit 57s34, 59s72, 59s21, 58s08

Passages de WANG le 28 septembre : 56s03, 1’55s45, 2’55s71, 3’54s63 soit, 56s03, 59s42, 1’0s26, 58s92.

 

MESSIEURS.- 400 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 3’41s78 ; 2. Blake PIERONI, USA, 3’42s74 ; 3. Wojciech WOJDAK, Pologne, 3’43s52 ; 4. Poul ZELLMANN, Allemagne, 3’44s04.

 

DAMES.-

400 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 3’53s97 (record du monde, ancien Mireia Belmonte, Espagne, 3’54s52 le 11 août 2013 ; record du monde junior, ancien par elle-même) ; 2. Leah SMITH, USA, 3’58s94 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 4’0s03 ; 4. Anna EGOROVA, Russie, 4’1s26 ; 5. Catalina CORRO, Espagne, 4’5s88; 6. Mireia BELMONTE, Espagne, 4’7s43.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s64 ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s75; 3. Kathleen BAKER, USA, 58s02; 4. Emily SEEBOHM, Australie, 58s33; 5. Alia ATKINSON, Jamaïque, 59s03; 6. Melanie MARGALIS, USA, 59s11.

 

 

 

 

JORDAN POTHAIN: MA VERITE, OU POURQUOI JE SUIS PARTI DE GRENOBLE POUR ALLER M’ENTRAÏNER A NICE

Son état de santé, le profil depuis des mois frustrant de sa progression, les raisons qui l’ont conduit à quitter son « deuxième père » Guy La Rocca (bons amis) et le NC Alp’ 38 (moins bons amis) pour Fabrice Pellerin et Nice, son ambition de redevenir le nageur de 2016, Jordan POTHAIN fait le point avec franchise. ERIC LAHMY  (ericlahmy@yahoo.com)

Jeudi 4 Octobre 2018

 Q. Les journaux ont fait état de tes problèmes de santé : peux-tu faire le point là-dessus ?

Jordan POTHAIN:  Pour faire simple, environ 3 jours après le retour des championnats d’Europe de Glasgow, en août dernier, j’ai ressenti des accélérations anormales de mon rythme cardiaque plusieurs fois dans la journée. Les manifestations ont été de plus en plus nombreuses et désagréables (sensations de poitrine qui serre, besoin de s’asseoir lorsque j’étais debout…).

J’ai commencé par mettre ça sur le compte de la décompression et de la fatigue de la saison, puis j’ai rapidement prévenu le médecin de la fédération et mon médecin à Grenoble, enchaîné avec deux rendez-vous chez des cardiologues. Et l’opération a pu se faire une semaine après, le 7 septembre. En gros, à proximité du nœud atrioventriculaire, la structure du cœur qui transmet l’impulsion électrique de contraction au cœur, il y a une petite zone de quelques millimètres qui correspond à des voies périphériques du courant électrique émis.

Ces voies font un « court-circuit » avec la voie principale de conduction. L’opération consiste à supprimer ces voies périphériques.

Malheureusement ils n’ont pas pu toutes les enlever, donc j’ai encore quelques traces légères aujourd’hui, et je vais décider sous peu si je réalise une 2e opération en octobre ou lors de la coupure de Noël. 

 Q. Comment s’est passé ton début niçois ? Installation, arrivée sur place, organisation. 

J.P. : J’ai été super bien accueilli, ça fait chaud au cœur. J’ai fait un aller retour à Nice pour déposer mes meubles et mes affaires la semaine de l’opération. Mes amis nageurs de Grenoble m’ont aidé à vider mon appartement et les nageurs du groupe de Nice et les parents de Charlotte sont venus me donner un coup de main à mon arrivée. Les déménagements sont toujours compliqués, surtout quand tu pars dans l’inconnu, je les remercie tous d’être venus m’aider.

Je suis revenu quatre jours après l’opération pour attaquer l’entraînement malgré quelques restes de l’opération (des tachycardies toujours présentes et une petite douleur à la hanche, où le chirurgien entre dans la veine).

Le rythme normal est pris pour l’entraînement, et côté vie, je suis actuellement dans un appartement prêté par l’Olympic Nice Natation que je partage avec Jéjé Stravius, le temps qu’on effectue nos recherches personnelles. La coloc’ se passe super bien comme toujours !

 Q: Est-ce que tu estimes que tout est bien en ordre pour une réussite ?

J.P. : Tout est en place. Je vis comme à Grenoble, je fais mes petites courses, je découvre les marchés niçois pour mes fruits et légumes (j’adore aller au marché !). On se déplace avec nos voitures personnelles car la piscine est un peu excentrée de la ville. Ma voiture a subi les foudres d’un petit c** qui n’aime sûrement pas les étrangers du 06. Ca fait chier mais c’est la vie, tu appelles l’assurance, la dépanneuse… Les petites galères du quotidien.

On avance quand même! Hâte de travailler dur et de voir ce que ça va donner.

Q- Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de venir à Nice ? Tes mauvaises performances ou des relations tendues avec des gens, et qui ?

J.P. : Après les derniers championnats de France, Guy nous avait mis une semaine de break. J’ai beaucoup réfléchi après une semaine encore bien difficile pour la tronche. Le bilan est là, j’ai régressé et je n’ai pas peur de le dire. J’ai pourtant travaillé comme un forcené, peut-être trop, peut-être mal. C’est difficile de répondre, on ne trouvait plus de réponses avec Guy. C’est un sentiment vraiment désagréable de te faire mal tous les jours, de faire tourner ta vie pour un rêve et de voir que tu t’en éloignes à chaque sortie compétition.

UN GATEAU DONT CERTAINS ONT VOULU LA PLUS GROSSE PART

Mais j’ai connu ça longtemps avant d’exploser en 2015, et j’ai cette voix dans ma tête (qui est la mienne en fait), et qui me dit que ça va payer. C’est peut-être mon profil, encaisser les coups pour finalement frapper fort. 

A côté de ça, mentalement j’ai beaucoup subi au retour de Rio. J’ai mis un moment à mettre le doigt dessus. Il y a deux points essentiels : 

– Dès mon retour, je suis devenu un gâteau dont certains ont voulu la plus grosse part. A commencer par le directeur technique du NC Alp’38, qui ne fait que quémander de façon implicite des remerciements et des projecteurs pour mes performances du Brésil. Qui se sert de moi, pour nourrir son projet utopique d’américaniser la natation française à partir du NC Alp’38 : plus de nageurs, plus de rendement. Sauf que nous n’avons pas les moyens logistiques pour ça. Alors oui, la vitrine est belle. « Venez rejoindre Jordan Pothain, pur produit grenoblois, étudiant en réussite et finaliste olympique ».

CHAMBON, ce n’est pas une coïncidence, suite à mon ascension, a postulé à cette époque au poste de Directeur technique national – de Jacques FAVRE, ce qui laisse penser que cette aventure du club, il la vivait très fortement en termes d’ego et d’ambitions personnelles !

UN MASTER DE CINQ ANS ACHEVE EN QUATORZE ANS, CE N’EST QUAND MÊME PAS L’AMERIQUE

La vérité, c’est que le Jordan, il en chie tous les jours pour tout mener de front et que le système est plus que limité malgré tous les acteurs qui m’ont aidé dans ma licence STAPS, et aujourd’hui à l’école de kiné. Je lis dans ton interview de Chambon : « 40% des médaillés olympiques de Pyeong Chang viennent de l’université de Grenoble. » C’est vrai. Mais ce qui l’est encore plus, c’est que ces sportifs, dont certains que je côtoie, bénéficient d’un système particulier, appelé Inter’Val, qui leur permet de recevoir des cours particulier durant l’année, mais surtout de réaliser le plus gros du travail universitaire durant leur période de coupure, qui n’est pas de trois semaines comme en natation.

Soyons clair. Inter-Val est un dispositif réservé aux sport d’hiver. Il ne faut pas se leurrer, l’Université de Grenoble est géniale et précurseur dans son aide au double projet. Mais tout reste difficile quand on atteint un certain niveau sportif, et donc les contraintes qui vont avec. 

Laisse-moi rappeler que Marie Dorin-Habert, médaillée d’or aux Jeux cet hiver, à 32 ans, finit juste son Master en Biologie malgré tout son travail, soit environ 14 années pour un master de 5 ans. Le système est-il comparable aux Etats-Unis…?

Sans parler de l’aspect financier. J’ai la chance de vivre de la natation depuis deux ans maintenant, mais nous devons être une petite dizaine en France. J’ai bénéficié d’une bourse de l’Université Grenoble-Alpes en 2016. Les autres années, les autres nageurs ? Rien. Rien de comparable au système américain.

Et pourtant, le problème d’ego de notre « camarade » va attirer quelques nageurs, qui, je parle d’expérience, tomberont de bien haut en découvrant la réalité sur place. Du nombre, du nombre, du nombre, on en vient même cette saison à prendre des nageurs de niveau interrégional, dans ce groupe « Elite », qui été finalement composé uniquement de finalistes aux derniers championnats de France.

GUY LA ROCCA MIS AU PLACARD A DEUX JOURS DES EUROPE

Petite anecdote du premier rendez-vous avec Chambon en septembre 2016 : il me présente son projet pour l’olympiade (j’appellerai plutôt ça un PPF comme Power Point Fade et tout ce qu’il y a de plus commun car on n’y trouve aucune consistance ni directive), avec pour objectif final : 4 nageurs du NC Alp’38 sélectionnés à Tokyo. J’ai répondu que ça pourrait être sympa, et lui ai demandé où était ma médaille dans sa diapo… ? 

Et notre « bon » président, qui ne comprend rien à rien au haut-niveau, aux réseaux sociaux et encore moins à la communication, qui suit le même fil et qui s’accroche comme un boulet à ma cheville pour briller sous les projecteurs. Comportement classique de l’éternel frustré qui vit par procuration. Quand j’ai annoncé mon départ pour Nice, j’ai cassé son jouet. Il me l’a bien fait comprendre avec la mise au placard de Guy à deux jours des Championnats d’Europe cet été.

J’AI DÛ ME BATTRE, AVEC GUY, CHAQUE JOUR OU PRESQUE, CONTRE CE PROJET QUI MET EN DANGER LE MIEN

Du coup, tu l’as compris, on en vient au 2e point : 

– Il faut que je me batte chaque jour ou presque, avec Guy, pour faire face à ce projet qui clairement, met en danger le mien. On n’a pas à se plaindre de tout, loin de là, mais on reste dans un fonctionnement associatif : on a 3 ou 4 lignes de 50 mètres, parfois 2. Parfois 2 lignes de 25 mètres pour douze nageurs. J’ai un niveau d’entraînement qui ne demande pas les mêmes efforts, les mêmes récupérations que les autres, bref c’est Guy qui gère ça, mais c’est compliqué de faire plaisir à tout le monde quand la logistique ne suit pas. Alors je m’organise (en concertation avec Guy), je vais m’entraîner seul parfois à d’autres horaires, parfois sans coach. Évidement, ma médaille vaut moins que nos quatre plus qu’incertains qualifiés aux prochains Jeux, et je me fais brasser par le président et le directeur technique ! Du coup, je le fais en cachette. J’ai la chance d’avoir de super relations avec les MNS des bassins. 

Au final c’est usant, ce sont des discussions informelles, des rendez-vous autour d’une table, qui te décentrent de ta pratique. Même en réduisant ça durant la saison dernière, c’est aussi une de mes grandes motivations à partir : redevenir juste un nageur, qui s’entraîne, qui fait sa vie, qui va en compétition et s’éclate. Retour aux bases que l’on m’a volées. 

C’est ce que j’ai expliqué à Fabrice. 

Q – Est-ce qu’il y a eu un « divorce » avec Guy et êtes-vous en bons termes ? 

J.P. : Un divorce ? Pas du tout. C’est un deuxième père pour moi ! Il y aurait pu avoir un divorce il y a 8 ans, quand j’ai été séparé de mon ancien coach (Sébastien Bonnet) à la naissance du NC ALP’38, avec Chambon aux commandes encore une fois… Licenciement économique pour celui qui sort du système et qui avait compris le premier son petit jeu ! En fait, licenciement abusif d’un caractère bien trempé qui freinait le « projet ». 

J’ai cru que j’arrêtais tout, déjà parce que c’était la fin d’un projet à long terme. Je ne nageais pas très vite à 15 ans, j’avais fini bon dernier des championnats de France cadets 2010 sur 100 mètres papillon et 1500 mètres nage libre, mais je m’entraînais déjà bi-quotidiennement et plus que bien. Mon corps était en difficulté, car je n’étais pas mature physiquement, j’ai grandi à 17 ans. Mon ancien coach, Sébastien Bonnet, nous faisait travailler vraiment fort et peu récupérer. On n’était plus que deux, la dernière année, Dorian Coninx et moi. Dorian est parti vers le triathlon (il a été champion du monde junior puis espoir, sélectionné à Rio). Malgré l’absence de résultats à cette époque, pour ma part, j’étais certain que ça allait payer et j’ai toujours cru en ce coach et à son travail.

Bref quand Sébastien Bonnet s’en va, tout s’écroule, je rejoins Guy sans trop avoir le choix. La tête pleine d’a priori sur Guy suite aux guéguerres de club précédant la fusion, je ne crois pas en lui et nos échanges sont compliqués. Il faut dire que j’avais déjà la tête dure à 16 ans.

On fait finalement des pas l’un vers l’autre, je progresse doucement alors que ça ne m’arrivait plus depuis un petit moment, on commence à fixer des objectifs sympas, puis tout va très vite… On a vécu des choses incroyables tous les deux, avec le groupe également. On dit que le sport c’est l’école de la vie, mais ce sont aussi les coachs qui nous forment.

Je mesure pleinement ce qui m’a construit, c’est pour ça que j’ai toujours remercié mon ancien coach pour mes résultats des dernières années, et aujourd’hui je suis fier d’avoir été formé par Guy, c’est un homme formidable et aux valeurs humaines incroyables. Ça fait seulement deux semaines que je suis à Nice et on a dû s’appeler 3 ou 4 fois ! Comme mes amis les plus proches.

Q – Quelle a été la réaction de Pellerin à ta demande de nager à Nice…

J.P. : Ça a pris la forme un petit entretien d’embauche, il a fallu que j’expose mes motivations : sportives d’abord, être prêt à tout quitter ; ensuite, changer de méthode et de relation pour me laisser guider (un défi pour un cérébral comme moi!). Le contact était facilité par les bonnes relations que Pellerin entretient avec Guy, donc tout s’est fait dans la transparence. Il m’a dit qu’il pensait pouvoir « m’apporter quelque chose », puis tout s’est enchaîné.

Q -Tu as commencé à Grenoble des études de kiné je crois. Qu’en est-il ici ?

J.P. : Je suis rentré en 2e année à l’école de Grenoble, car le changement n’est pas possible avant la fin de la 2e année. J’attaque donc cette année les matières théoriques à distance, puis je ferai une césure l’an prochain. Après ces 2 années, j’aviserai pour la suite ! Il faut que je me laisse du temps pour ma pratique et mon rêve, j’accepte mieux l’idée de peut-être obtenir mon diplôme à 30 ans ou plus. Je n’ai pas « rien dans les mains » grâce à mon travail passé, licence Entrainement STAPS et diplôme universitaire de préparateur mental) et je me laisse le droit de prendre du temps pour vivre ces belles années.

Q-Peux-tu dire quelque chose sur Pellerin ? Quelles sont tes idées sur le coach, les rapports que tu as avec lui, quel est son  style ?

J.P. : C’est difficile de donner mon avis après deux semaines. Je me sens bien avec lui malgré le fort contraste avec ma relation avec Guy. Et pourtant, il fait preuve d’attention sur mon bien être et mon confort.

Pour ce qui est de l’aspect natatoire, je dirai que c’est comme s’il ressentait tout comme nous au niveau technique. Il nous pose des problèmes, des équations que l’on doit résoudre seul, mais il y a un feedback de notre part lorsqu’on en a besoin. C’est vraiment un travail intéressant. Attention, à côté de ça, ou parfois mélangé à ce travail, il y a un gros travail physiologique. Ce qui me change, c’est surtout l’aspect spécifique du travail. On construit, on met en place sur des allures spécifiques. Et inversement, il y a un niveau d’attention vraiment élevé, qui chute parfois au cours de l’entraînement mais c’est totalement maîtrisé par Fabrice. Je pense que le but, c’est aussi d’avoir un éventail de compétences le plus large possible, et grâce à ça, pouvoir choisir des modalités dans les courses. C’est ma première interprétation, il en parlera sûrement bien mieux que moi !

Q -Jérémy Stravius  arrive en même temps que toi, deux gros bras de la natation française. Comment ça se passe ?

J.P. : On prend nos marques et on s’y plaît ! Il est arrivé quand je me suis fait opérer, pour attaquer le lundi 10. On se fait des petits retours car ça nous change tous les deux. On avait besoin de ce changement, sûrement pas pour les mêmes raisons, mais on était tous les deux dans le creux de la vague, sauf que moi, ça ne me permet pas de rester au niveau international ! C’est un vrai poisson et je ne me compare pas lui, j’aime m’inspirer simplement.

Le groupe est vraiment sympa, je les connaissais tous. Ça travaille sérieusement et dans une ambiance rigolade. On ne se fait pas de cadeaux quand on est dans l’eau ! Ça me fait énormément de bien d’avoir à m’accrocher parfois, je ne connaissais plus cette sensation. Et à l’inverse, je pense aussi apporter aux autres quand c’est moi qui tire…

Charlotte est très impressionnante, c’est sûrement elle qui maîtrise le mieux le travail de Fabrice. Elle est au point sur beaucoup d’exercices et d’allures différentes. Ses titres cet été ne sont pas une surprise pour moi, c’est une bosseuse incroyable et elle a la rage. Elle ne va pas s’arrêter là.

Q -Quel est l’état de tes relations avec La Rocca ? Avec le président ? Chambon ?

J.P. : Tout d’abord, je suis super heureux que Guy ait pu retrouver son poste car c’est un passionné, vraiment. Ça l’amène à être « psychorigide » comme il le dit souvent, mais c’est aussi un gage de son investissement. Il ne se contente pas de venir au bord du bassin à 6h30 tous les matins, il se lève à 5h pour retravailler sa séance et ne pas laisser échapper de détails…

Aujourd’hui, je pense qu’on apprend tous les deux à vivre sans l’autre. C’est une transition, mais on sait tous les deux que c’était la meilleure solution. On prend des nouvelles régulièrement, comme des amis, comme une famille.

Quand tu pars, tu vois également qui était là pour toi et qui était là pour ce que tu fais. Ils se reconnaîtront, ce sont tous des amis qui font partie de ma vie en dehors de la natation : mon ancien groupe, certains élus bénévoles, la fabuleuse directrice administrative qui fait tourner le club, les MNS, employés et directeurs des bassins dans lesquels j’ai passé tant de temps. Tu reçois un message et ça suffit pour comprendre. Tu ne reçois rien et ça suffit pour comprendre aussi.

CHARLOTTE EST UNE BOSSEUSE INCROYABLE ET ELLE A LA RAGE

Q-Qu’est-ce qui s’est passé en 2017, qu’est-ce qui a amené ces soucis avec ta nage. J’ai lu des choses concernant une fatigue après une saison où nager+étudier=être épuisé… quelle est ton analyse là-dessus, je n’ai jamais rien lu de toi sur la question…

J.P. : C’est une grosse énigme. Je n’ai pas la réponse et je ne l’aurai jamais. J’ai fait un inventaire de tout ce que j’ai vécu et c’est difficile de mettre le doigt sur un seul facteur : le trop peu de coupure après Rio, le « burn-out » post-olympique, le combat quotidien avec le club pour avoir les moyens de mes ambitions, l’investissement universitaire, le retour médiatique et la gestion d’image, les sollicitations événementielles, la couche supplémentaire qu’on a mis à l’entraînement, l’introduction de l’haltérophilie. Mon coeur qui se mettait à s’emballer? Des restes de la mononucléose que j’ai vaincue en express ? Tout ça emballé par une belle claque que j’identifie bien : je pensais avoir changé de dimension en 2016, au niveau des performances. Et dès le premier meeting après Rio, eh! bien, je me rends compte que tout est à refaire, que je ne suis pas (encore) dans la catégorie de ces nageurs qui maintiennent un niveau international de compétitions en compétitions. Anecdote : j’aurais pu faire une mauvaise saison en 2017 et me qualifier aux mondiaux, mais mon niveau moyen ne me l’a pas permis, CQFD. C’est quelque chose que j’ai accepté, je ne suis pas extraordinaire, je travaille pour l’être parfois.

Q -Qu’est-ce qui aurait dû changer pour que tu restes à Grenoble ?

J.P. : Il aurait fallu que je me sente en mesure de mener mon projet jusqu’au bout. Il y a une chose que j’ai toujours refusée, c’est de faire les choses à 99%, autant ne pas les faire du tout. Guy n’avait plus les cartes en main, il se battait chaque jour pour qu’on ne décide pas pour lui, et donc pour moi. C’était très clair dans ma tête, et je pouvais l’exposer aux dirigeants du NC Alp’, leur dire : si je ne peux pas décider de mon avenir, je préférai arrêter que de me mentir.

La seconde solution, c’était de prendre une nouvelle voie, où je suis maître de la suite. Il n’y a aucune garantie sur la suite, mais je suis certain de pouvoir m’investir à la hauteur de mes objectifs, option que ne m’offrait pas Grenoble.

Q -Quelles questions ai-je oublié de te poser ?

J.P. : C’est toi l’expert !

 

 

 

 

 

 

ENTRE LE 1.500 ET LE 10.000 LE COEUR DE PALTRINIERI BALANCE

Mardi 2 Septembre 2018

Les meetings de la Coupe du monde de natation ont entre autres curiosités, celle d’avantager le sprint. Cela ne me semblait pas évident, mais le fait est là. Les nageurs reproduisent plus facilement des performances sur le très court que sur les distances moyennes ou longues. Est-ce parce que l’on puise moins sur ses réserves dans un 50 mètres ?

Mais c’est pour une autre raison que le champion olympique du 1500 mètres, l’Italien Gregorio Paltrinieri n’a pas été vu ces derniers jours à Eindhoven. C’est qu’il disputait les « World Series » d’eau libre, en Chine. Il a fini 3e des 10 kilomètres qui se disputaient sur le lac de Qiandao (les mille îles), un plan d’eau artificiel créé en 1959.

La course a été remportée par l’anglais Jack Burnell, en 1h56’34s8 devant l’allemand Rob Frederick Muffels, 1h56’34s9. Paltrinieri, chronométré en 1h56’53s4 a devancé tous les autres spécialistes, dont le champion olympique 2016, Mondial 2017 et européen 2018, le Néerlandais Ferry Weertman, 1h56’35s8, et ses compatriotes Ruffini, le vainqueur des World Series 2017, 6e, et Furlan, 8e.

Paltrinieri avait terminé 5e de la course d’ouverture des séries mondiales, à Doha en mars.

Si l’Italie s’est affirmée aux derniers championnats d’Europe, à Glasgow, comme une des natations dominantes au plan européen (avec 22 médailles, 6 d’or, 5 d’argent et 11 de bronze), Paltrinieri a été l’une des déceptions italiennes à ces championnats. Il n’a pas réussi à confirmer ses victoires en 2014, 2015, 2016 et en 2017. Est-ce pour cela qu’il se tourne vers l’eau libre ?

« Non, dit-il. Ma priorité reste la piscine. J’ai toujours faim de victoires. Mais cette expérience de fond m’intrigue. Elle me divertit. Mes priorités sont quoiqu’il en soit les mondiaux 2019 et les Jeux olympiques 2020. » Sur 1500 ou sur 10.000 ? Ou les deux…Eric Lahmy ericlahmy@yahoo.com

RESULTATS DU MEETING D’EINDHOVEN (28-30 SEPTEMBRE 2018)

Lundi 1er Octobre 2018

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s69 ; 2. Bradley TANDY, Afrique du Sud, 21s19 ; 3. Blake PIERONI, USA, 21s34 ; 4. Jesse PUTS, Pays-Bas, 21s35. En séries, Kosuke MATSUI, Japon, 21s38.

100 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 45s69 ; 2. Blake PIERONI, USA, 46s45 ; 3. Vladislav GRINEV, Russie, 46s58 ; 4. Pieter TIMMERS, Belgique, 46s97 ; 5. Kyle STOLK, Pays-Bas, 47s02. En séries, Mehdy METELLA, France, 12e en 48s24.

 200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s83 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’42s20 ; 3. Mackenzie HORTON , 1’43s63 ; 4. Vladislav GRINEV, Russie, 1’44s03 ; 5. Pieter TIMMERS, Belgique, 1’44s06; 6. Kyle STOLK, Pays-Bas, 1’44s18 (en séries, 1’43s97).

400 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 3’39s52 ; 2. Blake PIERONI, USA, 3’41s79 ; 3. Poul ZELLMANN, Allemagne, 3’43s50 ; 4. Daniel DUDAS, Hongrie, 3’44s02.

1500 mètres : 1. Maxime SHEMBEREV, Azerbaïdjan, 14’45s17.

50 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 23s34 ; 2. Vladimir MOROZOV, Russie, 23s42.

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 50s08 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 50s22 ; 3. Grigory TARASEVICH, Russie, 50s79.

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’49s75 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’50s15

50 brasse : 1. Felipe LIMA, Brésil, 25s92 ; 2. Peter STEVENS, Slovaquie, 26s10 ; 3. Kiril PRIGODA, Russie, 26s30; 4. Nick FINK, USA, 26s49; 5. Michael ANDREW, USA, 26s51.

100 brasse : 1. Kiril PRIGODA, Russie, 56s88 ; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 57s01 ; 3. Felipe LIMA, Brésil, 57s14 ; 4. Hayato WATANABE, Japon, 57s55 ; 5. Lizhuo WANG, Chine, 57s70 (en séries, 57s48) ; 6. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s75.

200 brasse: 1. Kiril PRIGODA, Russie, 2’1s59; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 2’1s70 ; 3. Daya SETO, Japon, 2’4s19.

50 papillon : 1. Nicholas SANTOS, Brésil, 22s08 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 22s09 ; 3. Vladimir MOROZOV, Russie, 22s42 ; 4. Jesse PUTS, Pays-Bas, 22s74 ; 5. Michael ANDREW, USA, 22s78 ;… 8. Mehdy METELLA, France, 23s02.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 49s56 ; 2. Nicholas SANTOS, Brésil, 50s22 ; 4. Mehdy METELLA, France, 50s31

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’51s09 ; 2. Yuya YAJIMA, Japon, 1’51s87 ; 3. Joeri VERLINDEN, Pays-Bas, 1’53s88 ; 4. Laszlo CSEH, Hongrie, 1’54s02 ; 5. Maarten BRZOSKOWSKI, Pays-Bas, 1’54s20.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 50s26 (record du monde ; ancien, 50s30 par lui-même) ; 2. Daya SETO, Japon, 51s40 ; 3. Michael ANDREW, USA, 51s76 ; 4. Kosuke MATSUI, Japon, 52s56; 5. Kyle STOLK, Pays-Bas, 52s72.

200 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 1’51s09 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’55s61 ; 3. Kiril PRIGODA, Russie, 1’55s71.

400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 3’57s25 ; 2. David VERRASZTO, Hongrie, 4’3s14; 3. Maxime SHEMBEREY, Azerbaïdjan, 4’6s98 ; 4. Yizhe WANG, Chine, 4’7s50.

DAMES.- 50 mètres : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s26 ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s67 (en séries, 23s62) ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 23s97 (en séries, 23s91) ; 4. Maria KAMENEVA, Russie, 24s07 ; 5. Kim BUSCH, Pays-Bas, 24s09 (en séries, 23s99).

100 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s21 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s42 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s73; 4. Kim BUSCH, Pays-Bas, 52s86; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 53s08.

200 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’52s25 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’52s98 ; 3. Jianjiahe WANG, Chine, 1’53s40; 4. Melanie MARGALIS, USA, 1’54s30; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’54s85; 6. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 1’56s25 ; 7. Leah SMITH, USA, 1’56s37 ; 8. Zsuzsanna JAKABOS, Hongrie, 1’56s58. En séries, KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 1’56s25.

400 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 3’54s63 (record du monde junior petit bassin, ancien Bingjie LI, Chine, 3’59s14) [Passages, 56s03, 1’55s45, 2’55s71, derniers 50 mètres en 28s82] ; 2. Leah SMITH, USA, 4’1s31 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 4’4s65 ; 5. Catalina CORRO, Espagne, 4’6s15 ; 6. Mireia BELMONTE, Espagne, 4’7s51. En séries, Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’2s50.

800 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 8’3s86 (record du monde junior, ancien par elle-même, 8415s35) ; 2. Leah SMITH, USA, 8’15s42 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 8’21s83 ; 4. Mireia BELMONTE, Espagne, 8’22s28. ; 5. Jimena PEREZ, Espagne, 8’25s63.

50 dos: 1. Etiene MEDEIROS, Brésil, 26s07; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 26s10; 3. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 26s13 ; 4. Emily SEEBOHM, Australie, 26s18 ; 5. Mariia KAMENEVA, Russie, 26s30; 6. Kathleen BAKER, USA, 26s44 (en séries, 26s43); 7. Maalkje DE WAARD, Pays-Bas, 26s66.

100 dos : 1. Kathleen BAKER, USA, 55s91 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 56s07; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s32; 4. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 56s63 (en séries, 56s28) ; 4. Mariia KAMENEVA, Russie, 57s74.

200 dos : 1. Kathleen BAKER, USA, 2’0s85 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’1s91; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s76; 4. Daryna ZEVINA, Ukraine, 2’5s06; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 2’5s34.

50 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s18; 2. Julia EFIMOVA, Russie, 29s50.En séries, Molly HANNIS, USA, 29s76.

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, Russie, 1’3s41 ; 2. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’3s74 ; 3. Molly HANNIS, USA, 1’5s65 ; 4. Jingyao YU, Chine, 1’5s71.

200 brasse: 1. Julia EFIMOVA, Russie, 2’15s62 (31s51, 34s27, 34s48, 35s38); 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’19s65; 3. Jessica VALL, Espagne, 2’20s06 ; 4. Melanie MARGALIS, USA, 2’20s29 ; 5. Jingjyao YU, Chine, 2’20s30 ; 6. Marina GARCIA, Espagne, 2’21s49.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s61 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s67 ; 3. Kelsi DAHLIA, USA, 25s14 ; 4. Kimberley BUYS, Belgique, 25s41 ; 5. Yufei ZHANG, Chine, 25s49 ; 6. Maalke DE WAARD, Pays-Bas, 25s68. En séries, Kim BUSH, Pays-Bas, 25s69

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 54s91 ; 2. Kelsi DAHLI, USA, 55s21 ; 3. Yufei ZHANG, Chine, 55s87 ; 4. Kimberly BUYS, Belgique, 56s73 ; 5. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 57s41 ; 6. Yui OHASHI, Japon, 57s63.

200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’2s87 ; 2. Yufei ZHANG, Chine, 2’3s09; 3. Kelsi DAHLIA, USA, 2’3s31

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s44 ; 2. Kathleen BAKER, USA, 58s14; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 58s36; 4. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 58s42 (en séries, 58s30); 5. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 58s59 ; 6. Melanie MARGALIS, USA, 59s05 ; 7. Kim BUSCH, Pays-Bas, 59s18.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’5s06 ; 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’6s04; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s82 ; 4. Yui OHASHI, Japon, 2’7s37 ; 5. Min ZHOU, Chine, 2’8s37 ; 6. Rika OMOTO, Japon, 2’8s64. En séries, Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 2’8s12.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’25s15 ; 2. Yui OHASHI, Japon, 4’27s42 ; 3. Min ZHOU, Chine, 4’30s26 ; 4. Catalina CORRO, Espagne, 4’32s30.

MEETING D’EINDHOVEN (6) : SARAH SJÖSTRÖM CONTRE TOUTES, GRATTE ET RE-GRATTE POUR UN DOUBLÉ GAGNANT

EN DEUX COURSES ENTRE 40 MINUTES, LA SUÉDOISE A DÛ DÉJOUER LES FOUGUEUSES TENTATIVES D’UNE AMÉRICAINE ET DE QUATRE NÉERLANDAISES DE LUI FAIRE BOIRE LA TASSE.

Éric LAHMY

Dimanche 30 Septembre 2018

Double victoire suédoise. Pour, vous l’avez deviné, Sarah SJÖSTRÖM.

Elle l’a d’abord emporté sur 100 papillon, mais ça aurait pu être chaud. La Suédoise s’est employée, nageant à exactement 0s30 de son record du monde (54s91 contre 54s61), vieux de quatre ans, puisqu’il avait été établi aux championnats du monde 2014, à Doha…

Elle a battu d’un bras l’Américaine Kelsi DAHLIA (WORRELL), qui, larguée dans la première longueur, 25s66 contre 26s12, lui reprit ensuite la moitié de l’avance.

Ranomi KROMOWIDJOJO, le matin, s’était qualifiée avec le troisième temps, mais ne prenait pas le départ dans la finale. La Chinoise Yufei ZHANG, 2e du 200 papillon il y a deux jours, derrière Katinka HOSSZU et devant Kelsi DAHLIA, était ici 3e.

Si KROMOWIDJOJO n’avait pas disputé la finale du papillon, c’est qu’elle méditait un coup dont SJÖSTRÖM serait la victime dans le 100 mètres libre. L’idée lui en était venue parce que la Suédoise avait paru, depuis quelques jours, un peu plus fragile que d’habitude. Ranomi sait que SJÖSTRÖM est au-dessus d’elle en papillon, mais espère en crawl… Comptant aussi sur le fait qu’elle-même serait reposée et que SJÖSTRÖM n’aurait pas récupéré totalement du 100 mètres papillon, un style réputé (peut-être à tort) pour son aspect fatigant, elle lança cette finale à grande allure. SJÖSTRÖM, qui part en général plus vite que tout le monde, se vit déborder d’entrée. Non seulement KROMOWIDJOJO virait en tête, seule de la finale à atteindre les cinquante mètres en moins de 25 secondes (24s81), mais SJÖSTRÖM culbutait, elle, derrière toutes les Hollandaises : HEEMSKERK, 25s04, Kim BUSCH, 25s21, Kira TOUSSAINT, 25s22. Cela ressemblait à une stratégie collective, comme si ce quatuor s’était passé le mot, décidé à bousculer l’idole qui osait venir les défier dans leur jardin.

C’était sans doute aussi une volonté stratégique de SJÖSTRÖM, anxieuse de ne pas se griller d’emblée afin d’en garder pour la fin. La Suédoise, qui peut passer en 24s5, savait aussi que sa réserve de vitesse outrepassait celle de toutes les autres, et qu’au moment où elle appuierait, elle les reprendrait. En revanche ajouter les douleurs d’un départ canon à l’acide lactique de son effort précédent qui trainait encore dans ses muscles aurait pu s’avérer fatal.

Comme dans une poursuite de western où le cavalier fuyard ferait le pari que dix chevaux ne vont pas plus vite qu’un seul, ou comme dans la vie sauvage où quatre lionnes ne reprendront jamais un guépard, la belle idée que nourrissaient les quatre Néerlandaises qui caracolaient ainsi n’atteignit pas son objectif.

SJÖSTRÖM démontra que 40 minutes lui avaient suffi pour refaire ses réserves de glycogène, et reprendre les fuyardes une à une, pour parvenir finalement, in extremis, à coiffer (d’un bonnet, bien évidemment) la plus coriace de toutes, Ranomi, sur le mur d’arrivée.

Le temps final ? Plus qu’honorable. Les 51s21 de la Scandinave restaient cependant éloignés du record mondial de Catherine CAMPBELL, 50s25, comme du record de Suède (qui fut record du monde), et qu’elle détient avec 50s58.

QUAND CHAD LE CLOS CASSE SON RYTHME, BLAKE PIERONI SOIGNE LE SIEN

Le 200 libre messieurs fut remporté par Blake PIERONI après que Chad LE CLOS eut mené le train pendant l’essentiel de l’épreuve. LE CLOS effectua un effort d’une bizarrerie consommée car après être passé loin devant aux 50 comme aux 100 mètres (22s71 et 48s66). Puis il dut ressentir le besoin de respirer et laissa PIERONI revenir. Quand l’Américain appuya son effort, LECLOS ne put rien lui opposer. Mais 53s54 derrière 48s66, Chad n’avait pas pondu là un chef d’oeuvre d’égalité d’allure !

En revanche, PIERONI fut assez remarquable, qui aligna successivement quatre 50 mètres en 23s81, 26s20, 25s99 et 25s83. Si l’on tient compte des éléments techniques, départs et virages au pied, arrivée à la main, PIERONI a passé brillamment son examen de métronome humain. Sans compter son apparente indifférence en face de la stratégie du Sud Africain…

Kathleen BAKER gagna pour sa part un 200 mètres dos assez huppé, en jeune professionnelle avisée, devant les vieilles gloires que sont Emily SEEBOHM et HOSSZU. Elles auraient dû se retrouver toutes trois sur 200 quatre nages, mais BAKER ne passa pas les séries. Là, HOSSZU devança Melanie MARGALIS et SEEBOHM…

Plusieurs finales, dans ces compétitions étiquetées Coupe du monde, donnent des impressions de déjà vu, et on ne sait pas combien de fois cette année, Ryosuke IRIE a-t-il été battu d’un rien pour un titre, se faisant souffler un haut de podium, sur 100 ou 200 dos? Cette fois, c’est Mitchell LARKIN qui lui a brûlé la politesse. Sur 200 brasse, PRIGODA l’emporte de 0s11 face à CHUPKOV qu’il avait devancé sur 100 brasse de 0s13.

MESSIEURS.-  200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s83 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’42s20 ; 3. Mackenzie HORTON , 1’43s63 ; 4. Vladislav GRINEV, Russie, 1’44s03 ; 5. Pieter TIMMERS, Belgique, 1’44s06; 6. Kyle STOLK, Pays-Bas, 1’44s18 (en séries, 1’43s97).

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 50s08 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 50s22 ; 3. Grigory TARASEVICH, Russie, 50s79.

200 brasse: 1. Kiril PRIGODA, Russie, 2’1s59; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 2’1s70 ; 3. Daya SETO, Japon, 2’4s19.

50 papillon : 1. Nicholas SANTOS, Brésil, 22s08 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 22s09 ; 3. Vladimir MOROZOV, Russie, 22s42 ; 4. Jesse PUTS, Pays-Bas, 22s74 ; 5. Michael ANDREW, USA, 22s78 ;… 8. Mehdy METELLA, France, 23s02.

400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 3’57s25 ; 2. David VERRASZTO, Hongrie, 4’3s14; 3. Maxime SHEMBEREY, Azerbaïdjan, 4’6s98 ; 4. Yizhe WANG, Chine, 4’7s50.

DAMES. 100 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s21 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s42 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s73; 4. Kim BUSCH, Pays-Bas, 52s86; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 53s08.

800 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 8’3s86 (record du monde junior, ancien par elle-même, 8415s35) ; 2. Leah SMITH, USA, 8’15s42 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 8’21s83 ; 4. Mireia BELMONTE, Espagne, 8’22s28. ; 5. Jimena PEREZ, Espagne, 8’25s63.

200 dos : 1. Kathleen BAKER, USA, 2’0s85 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’1s91; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s76; 4. Daryna ZEVINA, Ukraine, 2’5s06; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 2’5s34.

50 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s18; 2. Julia EFIMOVA, Russie, 29s50.En séries, Molly HANNIS, USA, 29s76.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 54s91 ; 2. Kelsi DAHLI, USA, 55s21 ; 3. Yufei ZHANG, Chine, 55s87 ; 4. Kimberly BUYS, Belgique, 56s73 ; 5. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 57s41 ; 6. Yui OHASHI, Japon, 57s63.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’5s06 ; 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’6s04; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s82 ; 4. Yui OHASHI, Japon, 2’7s37 ; 5. Min ZHOU, Chine, 2’8s37 ; 6. Rika OMOTO, Japon, 2’8s64. En séries, Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 2’8s12.

MEETING D’EINDHOVEN (5) : JIANJIAHE WANG, SOUVERAINE DU DEMI-FOND, RECORDWOMAN DU MONDE JUNIOR DU 800 METRES

MEETING D’EINDHOVEN (5) : JIANJIAHE WANG, SOUVERAINE DU DEMI-FOND, RECORDWOMAN DU MONDE JUNIOR DU 800 METRES

Éric LAHMY

Dimanche 30 Septembre 2018

Troisième et dernière journée de meeting à Eindhoven. Dès la deuxième course de l’après-midi, la grande et jeune Chinoise Jianjiahe WANG pulvérisait son record du monde junior du 800 mètres dames, en 8’3s86 : l’ancien record, 8’15s35, datait du 4 octobre 2017.

WANG atterrissait assez près du record mondial petit bassin de Mireia BELMONTE, 7’59s34 (en 2013 à Berlin).

Les passages de WANG démontrent la classique égalité d’allure de la nageuse de distances moyennes, mais une moindre accélération terminale, qui parait indiquer qu’elle s’employait au seuil physiologique. Comme elle n’était guère menacée par l’Américaine Leah SMITH, on peut donc penser qu’elle visait le record qu’elle a battu, voire celui de BELMONTE ; bref, qu’elle nageait pour réaliser le meilleur temps possible…

50m, 27s84. 100m, 57.89 [30s05]. 150m, 1:28s34 [30s45]. 200m, 1:58s98 [30s64]. 250m, 2:29s71 [30s73]. 300m, 3:00s24 [30s53]. 350m, 3:30s77 [30s53]. 400m, 4:00s94 [30s17]. 450m: 4:31s26 [30s32]. 500m, 5:01s81 [30s55]. 550m, 5:32s51 [30s70]. 600m, 6:03s02 [30s51]. 650m, 6:33s69 [30s67]. 700m, 7:04s44 [30s75]. 750m, 7:34s83 [30s39]. 800m, 8’3s86 [29s03].

Les finales avaient été lancées en fanfare, sur 400 mètres quatre nages, par une belle performance chronométrique de Daya SETO. Le double champion du monde japonais, qui a l’air d’un vieux pro tant on l’a déjà vu mais n’est âgé que de vingt-quatre ans, ne dételle pas, qui améliore son record de Coupe du monde en petit bassin de 0s41. Il laisse loin derrière David VERRASZTO, loin de sa meilleure forme. Au troisième quart de son effort, SETO s’est trouvé plus rapide que le record du monde de Ryan LOCHTE. Il passait en (50m) 24s94 (100m) 53s61 [28s67], (150m) 1:23s41 [29s80] 200m 1:52s95 [29s54] 250m 2:26s54 [33s59] 300m 3:00s35 [33s81] 350m 3:29s39 [29s04] pour conclure en 3’57s25 [27s86].

Dans son record mondial en 3’55s50 établi à Dubaï le 16 décembre 2010, LOCHTE avait nagé ses parcours en 54s62, 1’53s73, 3’1s14.

MESSIEURS.- 400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 3’57s25 ; 2. David VERRASZTO, Hongrie, 4’3s14; 3. Maxime SHEMBEREY, Azerbaïdjan, 4’6s98 ; 4. Yizhe WANG, Chine, 4’7s50.

DAMES.- 800 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 8’3s86 (record du monde junior, ancien par elle-même, 8415s35) ; 2. Leah SMITH, USA, 8’15s42 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 8’21s83 ; 4. Mireia BELMONTE, Espagne, 8’22s28. ; 5. Jimena PEREZ, Espagne, 8’25s63.

MONDIAUX DE CHINE: LES CANADIENS CHINOISENT

Éric LAHMY

Dimanche 30 septembre 2018

Les nageurs canadiens représentatifs, entre les Jeux du Commonwealth et les championnats Pan Pacific, ont-ils eu leur plein de compétitions internationales cette saison ? Ils ne seront pas présents aux championnats du monde en petit bassin, les 11-16 décembre prochain à Hangzhou. Cela n’est pas dû au manque d’intérêt des nageurs, mais aux procédures de qualification adoptées par les dirigeants de la natation canadienne.

En effet, de façon disons originale, la natation canadienne a décidé d’exclure de la sélection pour les mondiaux en petit bassin les nageurs qui ont été sélectionnés dans les compétitions Pan Pacific et Pan Pacific junior. Autant dire, explique Loretta Race, l’entraîneur des Cincinnati Marlins et de SwimSwam Canada, que cela exclut, entre autres, tous les gros bras de la natation canadienne, qu’il s’agisse de Taylor RUCK, Kylie MASSE, Kennedy GOSS, Sydney PICKREM, Kierra SMITH, ou encore de Markus THORMEYER, Javier ACEVEDO, Mack DARRAGH, Richard FUNK et Yuri KISIL.

La sélection canadienne est de ce fait composée de parfaits inconnus au plan international, Alex LOGINOV, Alexandre PERREAULT, côté messieurs, Sophie ANGUS, Haley BLACK, Aelia JANVIER et Ingrid WILM côté dames.

Alors, aberrant ou judicieux? Si Race s’est contentée de l’information sèche, des commentaires désabusés de lecteurs ont salué cette décision. « Interdire de nager à des éléments qui étaient en droit de se qualifier est une totale fumisterie », commente celui-ci. « Profite bien de tes zéro médaille, Canada », ajoute tel autre. « Voilà qui se qualifie pour la pire décision de l’année… Ô Canada », conclut un troisième. Les Canadiens avaient remporté huit courses aux mondiaux 2016, qui s’étaient tenus à Windsor, près de Toronto, chez eux, et ils sont bien partis pour n’en rapporter aucune de Chine. Je ne sais pas s’ils auraient été contents, si d’autres natations avaient joué le même jeu qu’eux et n’avaient délégué que des équipiers B à Windsor.

Ce qui est clair, c’est que les responsables canadiens ne tiennent pas en assez haute estime les mondiaux en petit bassin pour y déléguer leurs éléments de pointe, même si, en 2016, ils avaient annoncé l’émergence de leur propre natation. Ils ne sont pas les seuls. Une compétition sommitale fin décembre parait assez aberrante. Katinka HOSSZU mise à part, les nageurs ont besoin de se reposer et de s’entraîner de temps en temps. Mais allez l’expliquer à la FINA !

SARAH SJÖSTRÖM HÉSITE : L’ARGENT DE LA COUPE OU L’OR DU CHAMPIONNAT ?

SARAH SJÖSTRÖM HÉSITE ENTRE L’ARGENT DE LA COUPE ET L’OR DU CHAMPIONNAT. LE CŒUR DE LA MEILLEURE SPRINTEUSE DU MONDE BALANCE EN EFFET ENTRE ACHEVER LE LUCRATIF PARCOURS DES MEETINGS COUPE DU MONDE ET PRÉPARER LES CHAMPIONNATS DU MONDE. ALORS, L’OR OU L’ARGENT ? OU LES DEUX ?

Éric LAHMY

Samedi 30 Septembre 2018

Sarah Sjöström pourrait bien couper dans son programme hivernal. Certes, elle a été des trois premiers rendez-vous de la Coupe du monde 2018 (qu’elle domine), Kazan en Russie, Doha au Qatar, Eindhoven aux Pays-Bas, et sera également présente à Budapest, le week-end prochain, mais elle ne décidera pas avant la réunion hongroise de se rendre ou non en Asie, où se disputeront les autres meetings estampillés FINA World Cup (à Pékin, les 2-4 novembre, Tokyo, les 9-11 novembre, et Singapour, les 15-17 novembre).
Dans son esprit, elle hésite entre être présente à ces rendez-vous ou disputer les championnats du monde, qui auront lieu en Chine les 11-16 décembre.

Son souvenir de l’an passé la décourage d’embrasser le programme dans son entier. Pour sa première apparition en Coupe du monde depuis 2014, elle a tout nagé jusqu’aux championnats d’Europe 2017 en petit bassin, à Copenhague, et elle a fini l’année sur les rotules.

Au Danemark, entre le 13 et le 17 décembre 2017, en effet, elle avait certes gagné le 50 libre et le 100 mètres papillon, mais son état de forme lui avait valu quelques déboires, comme finir 9e ex-aequo en séries sur 50 papillon (et rater la finale gagnée par Ranomi Kromowidjojo), ou encore être battue sur 100 libre par la même Kromowidjojo. Bien entendu, mille nageuses seraient fières d’un tel parcours, mais pas la supposée meilleure nageuse du monde.

Si Sarah avait éclipsé Katinka Hosszu dans la coupe du monde 2017, la Hongroise, dans la Royal Arena de Copenhague, lui avait rendu la pareille, enlevant pour sa part les six courses de son programme, trois en dos et trois en quatre nages.

Sjöström n’avait pas jugé bon de nager le mondial en petit bassin en 2016, et il semble qu’elle préfère cette compétition aux attraits du circuit de Coupe du monde. Même si les mondiaux en petit bassin restent une compétition subalterne, la World Cup FINA se situe beaucoup plus bas dans la hiérarchie, et elle n’est pas généralement considérée comme faisant partie de la haute compétition, à laquelle appartiennent les Jeux olympiques, les championnats du monde et (à la rigueur) les championnats continentaux en grand bassin.

Elle ne s’adresse qu’aux professionnels et les trois quarts des champions la dédaignent, parce qu’elle n’est pas adaptée aux réalités de la natation et aux nécessités de respecter des phases dédiées à l’entraînement – et au repos. Elle n’est même pas placée convenablement (et d’ailleurs elle serait difficile à être placée, le développement des compétitions a littéralement mangé le calendrier). Le petit bassin n’a pas réellement décollé, même s’il offre des compétitions attrayantes. On y effectue plus d’acrobaties et de glissées sous-marines que de nage. D’ailleurs, sous cet angle, en poussant à peine, les seuls vrais nageurs se trouvent dans l’eau libre…

La fascination du petit bassin en général et des meetings en particulier est essentiellement monétaire. Sjöström n’a jamais gagné autant d’argent à nager qu’au cours des derniers mois de 2017 : plus d’un millions de Couronnes : « ça aide à payer le loyer », se marre-t-elle ! Et les locations sont chères à Stockholm…

Alors, essaiera-t-elle de repousser la fatigue en raison de ces données lucratives ? A voir. L’acier suédois parait moins résistant, sous cet angle, que le fer hongrois…

ericlahmy@yahoo.com