JEUX ASIATIQUES A DJAKARTA : D’ENTREE UN DESACCORD SINO-JAPONAIS

Eric LAHMY

Dimanche 19 Août 2018

Dès la première journée, ce qui était prévu est arrivé, c’est-à-dire que presque toutes les médailles de natation des Jeux asiatiques qui ont débuté à Djakarta sont revenues aux exposants chinois et japonais. Et qu’on se le dise, cela va continuer comme ça. La FINA pourra multiplier les épreuves à l’infini sous le prétexte d’universaliser le sport, elle n’empêchera pas les premiers d’arriver toujours en tête.

Chez les hommes, les Chinois ont gagné deux des trois courses disputées, le 200 libre et le 100 mètres dos, et les Japonais se sont vengés en réalisant un doublé sur la troisième, le 200 mètres papillon.

Côté dames, c’est assez équilibré, quoique là encore, l’avantage doive être donné aux Chinoises, qui doublent sur 800 mètres et remportent le dos. Mais le Japon marque un point en s’appropriant le relais de nage libre.

Connaissez-vous Juoh LEE ? Non ? Ce Coréen est le seul nageur ni chinois ni japonais a avoir atteint un podium aujourd’hui. Sur 100 dos, derrière XU et IRIE. Une médaille sur 18 mises en jeu…

ENTRE WANG ET LI, LE 1500 METRES CHINOIS SE PORTE BIEN

1500 mètres dames : Jianjiahe WANG, un des grands gabarits que la Chine attire à la natation, avec son mètre quatre-vingt-deux, l’emporte en 15’53s68, et ne devance sa compatriote Bingjie LI, Chine, 15’53s80, que d’un rien; toutes les deux sont de 2002, WANG la plus jeune, née le 17 juillet, WANG ayant soufflé ses seize bougies quatre mois plus tôt, le 3 mars… WANG était au départ une petite rondouillarde que ses parents mirent à l’eau pour qu’elle perde du poids et ça a marché. Elle est grande et fine et n’a pas cherché trop loin pour trouver son « idole », puis que c’est Katie LEDECKY. LI, elle, surnommée dans l’équipe « le SUN Yang féminin, en raison à la fois de l’étendue de son registre, brillante autant sur 200 que 1500, et de ses sprints finaux monumentaux, pouvait difficilement échapper à la natation.

En effet, ses parents, LI Jiang et WANG Wei (cette dernière avait été  piquée à la douane australienne avec des diurétiques en 1998, c’est pas bien, ça), étant des « nageurs professionnels », elle n’a pas eu son mot à dire. Comme on fait son LI, on se couche dans l’eau et on nage !

La course a été d’une simplicité rare. LI a mené jusqu’à mi-chemin, WANG est passée en tête aux 800 (8’27s57 contre 8’27s68), puis a creusé un avantage de deux secondes et demie au 1400 mètres. Là, LI a changé d’allure, remonté WANG presqu’invinciblement dans les deux dernières longueurs de bassin, qu’elle parcourt en 58s22, contre 1’0s59, mais trop tard et de trop loin.

SUN YANG COMMENCE SA RAZZIA PAR LE 200 METRES

Comme prévu, SUN Yang a gagné, facile, le 200 mètres messieurs, première étape d’un triomphe annoncé.

La course est lancée sur des bases élevées par le Nippon Naito EHARA, qui passe en 24s47 et 51s58. Ce gabarit léger a montré ses talents de poids plume au Mare Nostrum, cette année, où il a gagné le 400 mètres autant à Barcelone qu’à Canet-en-Roussillon. SUN YANG, lui, nage à sa cadence, qui passe en 25s07 (5e), 51s96, (4e), et 1’18s83 (1er). Autant dire qu’il s’est contenté de garder le train qu’il s’est choisi, avec 26s89 et 26s87 entre 50 et 150… Or EHARA, encore 2e, a perdu une grosse seconde, presqu’une longueur. SUN termine à son allure, en 26s60… Si le temps n’es pas extraordinaire, la course a été parfaitement conduite.

Le 200 mètres dos dames est revenu à Yaxin LIU. Finaliste olympique à Rio, c’est une assez grande fille de 1,78m, qui a été bombardée travailleur modèle de sa province, le Zheijiang. Et cette finale ne dément pas la distinction, car ça a été du travail bien fait. Menée de plus d’un mètre au premier virage, et d’un mètre cinquante au second, par la Japonaise SAKAI, elle « met le paquet » dans l’avant-dernière longueur, remonte l’avance et passe en tête. SAKAI, qui avait laissé filer dans cette troisième longueur, se reprend, mais trop tard. Et elle ne reprendra rien à LIU qui équilibre parfaitement ses deux moitiés de course.

CONTRE LE CHAMPION DU MONDE CHINOIS, IRIE S’EST REBIFFE

Le 100 dos messieurs s’est résumé en un duel serré entre un ancien recordman du monde, Ryosuke IRIE, l’homme qui nage avec une bouteille vide sur le front sans la renverser, lequel, à 28 ans, ne semble pas vouloir raccrocher ses maillots, et XU Jiayu, de cinq ans son cadet, médaille d’argent olympique sur la distance, champion du monde 2017 devant Matt GREVERS et Ryan MURPHY… et IRIE, 4e.

Le « vieux » IRIE, en 25s61, semblait distancé par le Chinois qui virait plus ou moins détaché en 25s16. Ryosuke parvint à effectuer un meilleur retour. Il s’en fallut de peu, mais l’avantage restait au Chinois, dans le bon temps de 52s34 (plus vite que lors de sa victoire à Budapest… en 52s44). IRIE, approche son record du Japon, 52s24 en 2009 dans un maillot désormais prohibé… Bref, battu mais avec les honneurs.

MESSIEURS.- 200 libre : 1. SUN Yang, Chine, 1’45s43 ; 2. Katsuhiro MATSUMOTO, Japon, 1’46s50 ; 3. JI Xinjie, Chine, 1’46s68 ; 4. Khader Ghetrich BAQLAH, Jordanie, 1’46s77 ; 5. Naito EHARA, Japon, 1’47s66.

100 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 52s34 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 52s53 ; 3. Juho LEE, Corée, 54s52.

200 papillon : 1. Daya SETO, Japon, 1’54s53 ; 2. Nao HOROMURA, Japon, 1’55s58 ; 3. LI Zhuhao, Chine, 1’55s76 ; 4. WANG Zhou, Chine, 1’56s75.         

DAMES.- 1500 libre : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 15’53s68 ; 2. Bingjieli, Chine, 15’53s80; 3. Waka KOBORI, Japon, 16’18s31

200 dos : 1. LIU Yaxin, Chine, 2’7s65 (30s77, 1’3s41, 1’35s30, soit 30s77, 32s64, 31s89, 32s25); 2. Natsumi SAKAI, Japon, 2’8s13 (29s84, 1’2s45, 1’35s49, soit 29s84, 32s61, 33s04, 32s64); 3. PENG Xuwei, Chine, 2’9s14; 4. Sayaka AKAZE, Japon, 2’10s35.

100 brasse : 1. Satomi SUZUKI, Japon, 1’6s40 ; 2. Reona AOKI, Japon, 1’6s45 ; 3. Jinglin SHI, Chine, 1’7s36 ; 4. Jingyao YU, Chine, 1’7s44. En séries, Jamie Zhen Mei YEUNG, Hong Kong, 1’7s86.

4 fois 100 mètres : 1. JAPON, 3’36s52 (Rikako IKEE, 53s60 (25s68) ; Natsumi SAKAI, 17 ans, 54s81; Tomomi AOKI, 54s21; Chihiro IGARASHI, 53s90); 2. CHINE, 3’36s78 (ZHU Menghui, 54s, WU Yue, 54s67, WU Qingfeng, 54s43; YANG Jungxuan, 53s68); 3. HONG KONG, Chine, 3’41s88 

NAGEURS CHINOIS AU PIED DU MUR

Eric LAHMY

Samedi 18 Août 2018

Dans un article de présentation des Jeux Asiatiques, Nazvi Karim, du South China Morning Post, cite SUN Yang. Le triple champion olympique chinois (400 et 1500 mètres en 2012, 200 mètres en 2016) espère que les semaines de préparation qu’il s’est octroyées à Hong Kong et à Singapour lui auront permis d’enlever cinq courses à Djakarta. Egalement cité, Cheng Hao, le patron de l’équipe chinoise, estime que le travail de SUN Yang va payer, et qu’il n’aura pas trop à s’adapter, le climat de Hong Kong et de Singapour étant assez proche de celui de Djakarta.

S’il parvenait à enlever cinq titres ici, SUN Yang doublerait son capital or deviendrait le 2e sportif chinois le plus médaillé des Jeux asiatiques derrière un tireur « légendaire », WANG Yifu (23 médailles, dont 14 en or), qui fut battu au pistolet de 10 mètres aux Jeux olympiques de Sydney par Franck DUMOULIN. Tout le monde sait le peu d’attrait de Galaxie Natation pour ce genre de comptabilité, laquelle ne signifie pas toujours grand’ chose : il y a des sports qui se prêtent à ces accumulations de breloques, comme la gymnastique, le tir et la natation – n’est-ce pas Michael PHELPS, Ryan LOCHTE et Katinka HOSSZU – et d’autres pas. Mais comme des tas de gens jugent ce genre de faits d’armes importants…

SUN est engagé sur 200, 400, 800 et 1500 mètres et il est prévu qu’il nage un relais (non spécifié, sans doute le quatre fois 200).

Les Chinois comptent aussi sur leur dossiste FU Yuanhui, championne du monde 2015 sur 50 dos et quatre fois 100 quatre nages, laquelle est devenue une vedette dans son pays après sa médaille de bronze olympique sur 100 mètres dos (ex-aequo avec Kylie MASSE), plus, d’ailleurs, en raison de son caractère extraverti et de ses mines, expressives ainsi que de sa spontanéité que pour ses résultats.

Cette funny girl version chinoise avait défrayé la chronique aux Jeux de Rio quand après avoir nagé moyennement dans le relais quatre nages, elle avait expliqué qu’elle souffrait de règles douloureuses, genre de propos tabous dans la prude Chine. Si cette franchise avait choqué, FU triompha sur Internet et il semble que les femmes aient apprécié qu’elle ait brisé les interdits.

Mais bien entendu, on l’attend dans le bassin : ses records personnels, 27s11, 58s72 et 2’8s84, datent de 2015 et de 2016. Et aux mondiaux 2017, à Budapest, elle a moins flambé qu’attendu, battue (d’un centième il est vrai) par Medeiros sur 50 dos, seulement demi-finaliste sur 100 dos et largement devancée dans le relais quatre nages…

Il sera aussi intéressant de voir ce que les Chinoises feront en demi-fond, ou encore en papillon, où elles furent dominatrices… à une époque il est vrai où, pour reprendre l’expression imagée de Jean-Claude PERRIN quand il différenciait ses perchistes de Sergei BUBKA, elles prenaient des petits déjeuner survitaminés quand leurs adversaires en étaient aux céréales !

Mais les performances sont une chose, les résultats en sont une autre, et il faudra à chaque fois venir à bout des adversaires, pour la plupart japonais…

Mais pas seulement. C’est ainsi que Joseph SCHOOLING, le Singapourien champion olympique du 100 mètres papillon de Rio, cherchera une rédemption, après s’être laissé battre sur 100 libre en 50s26 par l’Indien Virahawal KHADE aux championnats de Singapour. Depuis son succès olympique, SCHOOLING a eu tendance à se laisser aller, s’étant occupé ainsi à lancer une école de natation dans son pays. Il aurait minci de 4 kg ces derniers mois, mais il reste assez paresseux pour avoir préféré nager le 50m plutôt que le 200 mètres. Il se présentera aussi sur 50 et 100 papillon et 100 libre. Il espère battre ses records, dit-il, mais ce ne sont peut-être que des effets d’annonce. C’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon !

Au pied du mur de Chine, bien entendu…

A DJAKARTA, LA NATATION DES JEUX ASIATIQUES SE RESUMERA EN UN CLASSIQUE DUEL SINO-JAPONAIS

Eric LAHMY

Jeudi 16 Août 2018

Ayant rencontré Ranomi KROMOWIDJOJO, nageuse néerlandaise d’origine javanaise, Mr Anindya BAKRIE, président de la Fédération indonésienne de natation (PRSI) a pu se convaincre de la capacité de nager vite des enfants de son pays.

Les Jeux asiatiques de Djakarta Palembang se tiendront pour ce qui concerne la natation au Centre Aquatique Gelora Bung Karno de Senayan (quartier de Djakarta), à partir du 19 et constitueront la quatrième et dernière concentration de très haut niveau de la saison, après les championnats des Etats-Unis, les championnats d’Europe et les Jeux PanPacifiques.

Les Japonais, qui ont présenté leur grande équipe aux PanPacifiques, seront à nouveau sur la sellette. Après avoir affronté Américains, Australiens et Canadiens (et dans certains course, Brésiliens), les voici qui vont se mesurer à l’aune des Chinois…

La rencontre est celle de deux styles, de deux histoires, de deux conceptions de la natation. Les Japonais, façon de dire, furent les inventeurs de la compétition en natation, puisque la première course qu’ils disputèrent eut lieu au 16e siècle, dans le Japon impérial. Le meeting dura trois jours.

La natation japonaise était une natation militaire et en eaux vives. Parmi les épreuves, il y avait la nage à cheval, le passage sous un navire et autres formes de nage extrêmement éprouvantes qui préparaient les guerriers japonais aux pires difficultés dans les affrontements.

Invités à changer le moule, les Japonais, désireux de se mesurer au reste du monde, non sans quelques belles chicanes internes, se modelèrent à la façon nouvelle, avec ses maillots de bains et ses lignes d’eau dans des piscines cubiques aux dimensions précises, et, après quelques années de tâtonnements et d’apprentissages, dès les années 1930, se mirent à dominer le monde au plan des résultats comme à celui des techniques.

La Deuxième Guerre mondiale mit entre ses cruelles parenthèses les confrontations pacifiques de la natation olympique, et lorsque la paix revint, le Japon était toujours le premier pays de natation du monde, mais ne put le prouver.

Le pays (comme l’Allemagne) fut interdit de Jeux à Londres. Au pays, dans le même programme et les mêmes journées que les Jeux de Londres, les Nippons infligèrent une sévère correction par performances interposées au reste du monde. Leur étoile Ironoshin FURUASHI, qui allait devenir bien plus tard vice-président de la FINA) nagea son 1500 mètres une minute plus vite que le vainqueur de Londres. Sur 400 mètres, où il nagea plus vite que le record du monde du Français Alex JANY, il aurait laissé le champion olympique à huit secondes !

SUN YANG OU KOSUKE HAGINO ? RIKAKO IKEE OU LI BINGJIE ?

A cette impressionnante et quelque part admirable natation japonaise, les Chinois ont opposé un système plus compliqué, beaucoup moins exemplaire, dans des situations différentes. Après la révolution communiste, la Chine boycotta, des décennies durant, les Jeux olympiques en raison de la présence de Taïwan sous le nom de république de Chine.

Le tardif retour chinois, à la fin du 20e siècle, fut des moins glorieux. Afin de rattraper le temps perdu par un demi-siècle d’isolement, les Chinois importèrent les talents d’entraîneurs d’Allemagne de l’Est que l’écroulement du système soviétique et la disparition de leur pays englobé dans l’Allemagne avaient mis sur le marché. Or ces coaches avaient été formés à doper leurs nageurs avec les produits virilisants, et ces criminels à la petite semaine eurent tôt fait d’enseigner la méthode aux Chinois.

Ces derniers apprirent vite, et la fraude fonctionna à plein. La natation féminine chinoise devint la meilleure du monde et la Fédération internationale ne fit pas grand’ chose pour y remédier… Dans un système où qui n’est pas vu n’est pas pris, la FINA, qui est elle-même un club de fraudeurs, joue un rôle essentiel, vu qu’elle ne regarde pas, donc ne voit pas, donc ne « prend » pas (elle n’est pas la seule).

On souhaite que cet épisode soit dépassé, mais je ne puis affirmer ne ressentir aucune suspicion quand un Chinois ou une Chinoise se met à nager vite.

Mais enfin…  

Tout cela pour dire qu’à Djakarta, l’équipe chinoise constituera une coriace adversaire. On y note le retour de SUN Yang sur 1500 mètres. Le double champion olympique (400, 1500) des Jeux olympiques de Londres, en 2012 avait déserté l’épreuve la plus longue du programme, au profit du 200 mètres dont il a depuis sept ans été l’un des meilleurs exposants : vice-champion olympique en 2012, champion olympique en 2016. Cette année, il est engagé sur toutes les courses individuelles du 200 au 1500 mètres. Et comme il ne manque guère de vitesse, on l’annonce également dans le relais quatre fois 100 mètres libre.

NING ZETAO ENSEVELI PAR SES FOLLOWERS

En revanche, NING Zetao, le champion du monde 2015 du 100 mètres a disparu de la circulation. Sa dernière sortie, aux Jeux olympiques de Rio, s’est soldée par une décevante 12e place sur 100 mètres. Le playboy de la natation chinoise aurait mal digéré la soudaine attention qui a suivi sa victoire à Kazan (de 2,7 à 7,7 millions de « Weibo followers ») ! En 2016, ses 48s37 n’ont pas suffi à l’amener en finale, et à l’époque des sélections chinoises pour les Jeux asiatiques de Djakarta, il s’entraînait à Brisbane, chez son coach australien Matt BROWN.

La vedette chinoise pourrait bien être, outre SUN Yang, XU Jiayu, le champion du monde du 100 dos de Budapest. Issu d’une famille de nageurs (ainsi sa mère et une sœur ainée) il a aussi fini 5e du 200 dos aux mondiaux.

On attend aussi avec un intérêt particulier les performances des trois jeunes nageuses de demi-fond, LI Bingjie, ZHANG Yuhan et YOU Hawen, lancées dans la tâche impossible de recoller à Katie Ledecky. Pour l’instant, les Japonaises n’ont personne à leur opposer

Mais derrière chaque affrontement sino-japonais dans les 41 épreuves que comprend le toujours croissant programme de la FINA, se profile bien entendu pour les observateurs un match collectif dont on ne sait trop qui sortira vainqueur. Il y a quatre ans, à Incheon, en Corée du Sud, la Chine avait ramassé 47 médailles contre 46 aux Japonais, mais surtout enlevé la mise avec 22 médailles d’or contre 12 aux Nippons. Sur le papier, les Chinois devraient l’emporter dans cet affrontement de prestiges nationaux, mais il n’est pas interdit de penser que les étoiles japonaises aient prévu que les Panpacifics constitueraient un marchepied en direction de Djakarta. Ce qui est sûr, c’est que Djakarta sera un marchepied en direction de Tokyo 2020.

Vous avez dit : banzaï ?

Kosuke HAGINO sera engagé sur 400 mètres et les quatre nages, Ryosuke IRIE disputera tout le dos, Yasuhiro KOSEKI toute la brasse, et Daya SETO suivra un programme assez déconcertant : 50 brasse, 200 papillon et les quatre nages. Ippei WATANABE se présentera sur 100 et 200 brasse. Le duel perdu d’un rien face aux USA dans les relais quatre nages a attiré l’attention sur les sprinteurs japonais qui pourraient cartonner face aux Chinois. Côté dames, Rikako IKEE sera très demandée, avec cinq courses individuelles (50, 100 et 200 libre, 50 et 100 papillon) si l’on ajoute qu’elle sera la cheville ouvrière des trois relais – des quatre si l’on ajoute l’absurde relais mixte… Les autres points forts japonais seront le papillon (avec Suzuka HASEGAWA et Sachi MOCHIDA) et surtout le 400 quatre nages avec Yui OHASHI, la double gagnante ses PanPacifics. Mais dans un contexte où les valeurs ne cessent de se resserrer, la préparation et la forme du moment joueront un rôle primordial…  

PANPACIFICS : USA VAINQUEURS MAIS NON SANS COMBATTRE

LES NAGEURS DES ETATS-UNIS ONT PRESQUE TOUT GAGNE MAIS NIPPONS, AUSTRALIENNES ET CANADIENNES SE SONT BIEN BATTUS

Eric LAHMY

Mardi 14 Août 2018

La dernière journée des rencontres « panpacifiques » a donné un ensemble de résultats étincelants. La journée comme les précédentes a été en général dominée par les Etats-Unis, mais Japonais, Australiens et Canadiennes leur ont opposé la plus fière des résistances…

Katie LEDECKYa a gagné le 1500 mètres dans un temps moyen pour elle, mais formidable pour toute autre nageuses Battue sur 200 mètres, talonnée (ou presque) par Ariarne TITMUS sur 400, elle a devancé de 21 secondes la première de ses adversaires, quatre filles en moins de cinq secondes les unes des autres.

Jack McLoughlin, vainqueur du 400, a été devancé sur 800 par les deux Américains, Grothe et WILIMOVSKY. Ippei WATANABE a du se battre pour devancer l’Australien Zac Stubblety-Cook. Cinq hommes séparés par sept dixièmes témoignent de l’intensité des luttes. Dans ce contexte, la longueur de corps par laquelle Ryan MURPHY a dominé Ryosuke IRIE fait presque l’effet d’un gouffre. On retrouve cette âpreté des combats dans le relais quatre nages où le quatuor des Etats-Unis arrache la victoire devant une formation japonaise très inspirée par l’air du pays et où un parcours de 46s91 de Kyle Chalmers ne peut empêcher l’Australie de finir troisième…

Les autres grands moments de cette ultime journée de PanPacifics concernent le 200 dos dames où Kathleen BAKER, battue sur la distance inférieure dont elle détient le record du monde par celle qu’elle avait dépossédée, la Canadienne Kylie MASSE, s’est reprise sur 200 dos, à l’issue d’une course énergique qu’elle a dominée de bout en bout, difficilement ; et dans le relais quatre nages, quand Cate CAMPBELL, dernière relayeuse australienne a repris le mètre d’avance que ses équipières avaient offert à Simone MANUEL, puis l’a distancée d’une distance équivalente grâce à un parcours accompli en 51s19.

MESSIEURS.- 800 mètres: 1. ZANE GROTHE, USA, 7’43s74 (record); (56s26 1’55s55 2’54s74 3’53s75 4’51s92 5’49s87 6’47s86); 2. JORDAN WILIMOVSKY, USA, 7’45s19 (56s86 1’55s84 2’55s24 3’54s33 4’52s74 5’50s81 6’48s75) 3. JACK MCLOUGHLIN, Australie, 7’47s31; 4.  GUILHERME COSTA, Brésil, 7’51s67; 5. ROBERT FINKE, USA, 7’52s57.

200 m dos : 1. RYAN MURPHY, USA, 1’53s57 (record PP) (26s42, 54s87, 1’23s76); 2. RYOSUKE IRIE, Japon, 1’55s12; 3. AUSTIN KATZ, (USA), 1’56s00; 4. MITCHELL LARKIN, Australie, 1’56s02.

200 m brasse :  1. IPPEI WATANABE, Japon, 2’7s75 (record PP), (29s26, 1’1s94, 1’34s95) 2. ZAC STUBBLETY-COOK, Australie, 2’7s89 (29s65, 1’2s40, 1’35s75); 3. MATTHEW WILSON, Australie,  2’8s22 (29s11, 1’1s59, 1’34s75); 4. YASUHIRO KOSEKI, Japon, 2’8s25 (29s, 1’2s01, 1’35s29); 5. JOSHUA PRENOT, USA, 2’8s44 (29s35, 1’1s98, 1’34s93); 6. LIZHUO WANG, Chine, 2’11s49; 7. YUNSONG LIU, Chine, 2’12s27;

400 m 4 nages 1. USA, 3’30s20 (RYAN MURPHY, 52s70, ANDREW WILSON, 59s15, 1’51s85, CAELEB DRESSEL, 50s64, 2’42s49, NATHAN ADRIAN, 47s71; 2. JAPON, 3’30s25 (RYOSUKE IRIE 52s61, YASUHIRO KOSEKI, 58s62, 1’51s23, YUKI KOBORI, 51s19, 2’42s42, KATSUMI NAKAMURA, 47s83); 3. Australie, 3’30s52 (MITCHELL LARKIN, 53s18, JAKE PACKARD, 59s03; 1’52s21, GRANT IRVINE, 51s40, 2’43s61, KYLE CHALMERS, 46s91).

DAMES.- 1500 mètres:  1 KATIE LEDECKY, USA, 15’38s97 –(59s25, 2’2s23, 3’4s68, 4’7s85, 5’10s65, 6’13s40, 7’16s43, 8’19s41, 9’22s42, 10’25s60, 11’28s66, 12’32s06, 13’35s07, 14’37s99); 2s KIAH MELVERTON, Australie, 16’0s08 (1’1s50, 2’5s85, 3’10s26, 4’14s44, 5’18s39, 6’22s60, 7’26s80, 8’30s92, 9’35s26, 10’39s60, 11’43s95, 12’48s51, 13’53s26, 14’57s81); 3s LEAH SMITH, USA, 16’0s82; 4 KAREENA LEE, Australie, 16’3s26; 5s HALEY ANDERSON, USA, 16’4s26; 6s MADELEINE GOUGH, Australie, 16’4s62; 7s ASHLEY TWICHELL, USA, 16’7s49s

200 m dos : 1. KATHLEEN BAKER, USA, 2’6s14 (record PP) (29s36, 1’0s88, 1’33s00); 2. TAYLOR RUCK, Canada, 2’6s41 (29s78, 1’1s52, 1’33s91); 3. REGAN SMITH, USA, 2’6s46 (record du monde junior) (29s75, 1’1s54, 1’34s05); 4. KYLIE MASSE (Canada) 2’7s00 (29s82, 1’2s08, 1’34s50); 5. KAYLEE MCKEOWN, Auatralie, 2’7s01 (30s11, 1’2s36, 1’34s88); 6. EMILY SEEBOHM, Australie, 2’7s12 (29s83, 1’2s04, 1’35s01); 7. NATSUMI SAKAI, Japon, 2’8s18s Finale B: 1. HALI FLICKINGER, USA, 2’9s22; 2. ANNA KONISHI, Japon, 2’9s44; 3. OLIVIA SMOLIGA, USA, 2’9s67s.

200 m brasse: 1. MICAH SUMRALL, USA, 2’21s88; 2. LILLIAN KING, USA, 2’22s12; 3. SATOMI SUZUKI, Japon, 2’22s22; 4. REONA AOKI, Japon, 2’24s46; 5. SYDNEY PICKREM, Canada, et KELSEY WOG, Canada, 2’24s73.

4 fois 100 quatre nages: 1. AUSTRALIE, 3’52s74 (record PP) (EMILY SEEBOHM, 59s28, JESSICA HANSEN, 1’5s82, 2’5s10, EMMA MCKEON, 56s45, 3’1s55, CATE CAMPBELL, 51s19; 2. USA, 3’53s21 (KATHLEEN BAKER, 59s41,  LILLIAN KING, 1’4s86, 2’4s27, KELSI WORRELL DAHLIA 56s72, 3’0s99, SIMONE MANUEL, 52s22); 3. JAPON, 3’55s03 (NATSUMI SAKAI, 59s20, REONA AOKI, 1’6s84, 2’6s04, RIKAKO IKEE, 55s48, 3’1s52, TOMOMI AOKI, 53s51); 4. CANADA, 3’55s14 (KYLIE MASSE, 58s63, KELSEY WOG, 1’7s28, 2’5s91, REBECCA SMITH, 57s51, 3’3s42, TAYLOR RUCK, 51s72).

PANPACIFICS : KATIE LEDECKY TROUVE UNE PETITE CAMARADE DE JEU SUR 400 METRES : ARIARNE TITMUS

Éric LAHMY

Dimanche 12 Août 2018

L’avant-dernière journée des PanPacifics 2018, à Tokyo, hier, a donné lieu à des performances de très haut niveau, et l’impression d’une compétition de valeur générale plus élevée que les championnats d’Europe de Glasgow.

L’une des qualités de cette rencontre est que les organisateurs l’ont débarrassée de toutes les innovations que la FINA a introduites et qui n’ont pas été ratifiées par le Comité International Olympique. Ce qui évite l’alourdissement que représentent les sprints de spécialités et les relais mixtes non scellés du sceau des cinq anneaux.

Il est difficile de désigner une performance plutôt qu’une autre, et chaque course de cette journée recélait ce qu’il fallait de potentiel d’excellence pour être montée en épingle.

Par exemple, pour la première fois depuis quelques années, Kathleen LEDECKY a été, sinon menacée ou rejointe, approchée dans un 400 mètres nage libre. Ariarne TITMUS, la nouvelle perle du demi-fond australien, a été nettement devancée jusqu’à mi-course, mais ensuite n’a plus rien concédé à la gagnante, et l’a approchée plus que jamais depuis le début du règne (le mot n’est pas trop fort) de la grande Katie.

Les passages des deux nageuses valent mieux que de longs discours : LEDECKY 27s61 57s14 1:26s92 1:57s01 2:27s22 2:57s85 3:28s21 ; TITMUS, 27s57 57s47 1:27s56 1:58s31 2:28s69 2:59s20 3:29s57. Que peut-on en dire ? Que LEDECKY, toujours aussi agressive en compétition, a profité de sa vitesse de base supérieure sur deux cents mètres pour prendre les devants, et assuré la victoire, mais que TITMUS s’est distinguée par une grande solidité.

Il n’y a pour ainsi dire pas eu de troisième dans cette course, tant Leah SMITH, qui a occupé finalement cette place, a été devancée. Peut-être manquait-il seulement dans cette course les deux Chinoises dont les performances avoisinent celles de TITMUS et qui se produiront vraisemblablement à Djakarta (Jeux asiatiques) les 19-24 août…

Et peut-être aussi LEDECKY, qui, pendant cinq ans, avait tué la compétition, ces deux prochaines années, ne s’ennuiera plus autant, toute seule, sur ses distances de prédilection ?

Le 400 masculin a été particulièrement vivace et disputé. Aux Jeux du Commonwealth, Jack McLOUGHLIN avait gagné le 1500 mètres et fini 2e du 400, battu par « MACK » HORTON. Cette fois, il gagne à la lutte d’une main et « MAC the knife » n’a rien pu y faire. Pour parvenir à ce résultat, Jack a dû battre son record personnel, 3’44s20 contre 3’45s21.

Les circonstances de la course ? Jack est à la ligne 5, Mack à la 3. Entre eux, l’Américain Zane GROTHE. Est-ce que Mack, fort occupé à contrer Zane, ne voit pas Jack ? Toujours est-il que celui-ci « part », et se détache, jusqu’aux trois cents :54s14, 1’51s01, 2’48s03, tandis qu’HORTON, qui semble se contenter de tenir GROTHE, accumule une longueur de retard : 54s76, 1’52s30, 2’49s32.

Mack augmente l’allure, ce qui fait qu’il « prend » un mètre à GROTHE et réduit en une longueur de piscine son retard sur Jack, d’une seconde trois à neuf dixièmes. Il refera presque tout son retard dans un sprint virulent (27s01 contre 28s22 à Jack) mais trop tard.

 Issu du 200 mètres, MCLOUGHLIN a été l’un des rares nageurs à monter sur de plus longues distances (d’habitude, c’est le contraire qui se passe), sur la suggestion de son entraîneur actuel, à Chandler, Vince Raleigh. Avant ce changement, Il était coaché par Matt Brown au collège Nudgee, à Boondall, une autre banlieue de Brisbane (Queensland), située à 22km plus haut sur la carte.

Non seulement il a allongé les distances, mais en compétition, ça marche. MCLOUGHLIN a gagné ce 400 mètres avec le temps le plus rapide de la saison. Seul le Chinois Sun Yang représente un mystère, en face de l’Australien. On en saura plus dans deux semaines…

Caeleb DRESSEL n’échappe pas à une « règle » qui gouverne les grands nageurs de crawl et de papillon, depuis Lance LARSON jusqu’à… DRESSEL, en passant par Mark SPITZ, Michael KLIM et Michael PHELPS. Il s’agit moins d’une règle que d’un constat : tous ces grands nageurs tiennent plus solidement leurs positions en papillon qu’en crawl.

La première raison qui vient à l’esprit pour expliquer cela est que le 100 libre attire et réunit donc un plus grand nombre de concurrents.

Bref, DRESSEL, soumis à rude épreuve en libre, a gagné d’une demi-longueur de corps en papillon.

Côté filles, dès les séries, Rikako IKEE s’est emparée de la course. Elle bat le record de la compétition, 57s, et le porte à 56s90. Le soir, elle remet ça, bat le record des Jeux et devance DAHLIA et MCKEON. Au Japon, cette petite merveille est déjà vendue comme l’héroïne à venir des Jeux de Tokyo 2020. A sa place, je m’inquièterais quand même…

Sur 200 quatre nages, KALISZ reste le patron tandis que Mitch LARKIN montre de tels progrès qu’il peut être désormais autant considéré comme un « quatre nageurs » que comme un dossiste.

Côté femmes, Yui OHASHI confirme, elle est bien la nouvelle personnalité dominante des quatre nages. Les quatre fois 100 mètres reviennent, messieurs au Brésil (après élimination des USA par prise de relais incorrecte), et dames à l’Australie.

Pour le Brésil, Pedro SPAJARI reprend la tête dans le derniers relais aux dépens de CHALMERS grâce à un parcours très fort en 46s94. Quand Cate CAMPBELL, elle, prend le départ pour les Australiennes, la course est jouée, Simone MANUEL se trouvant un mètre derrière. Cate réussit un parcours phénoménal en 51s36, qui vaut bien son record, et porte l’avance de son équipe à presque deux secondes.

MESSIEURS.-

400 mètres: 1. JACK MCLOUGHLIN, Australie, 3’44s20 ; 2. MACKENZIE HORTON, Australie, 3’44s31 ; 3. ZANE GROTHE, USA, 3’45s37 (en séries, 3’45s32); 4. GRANT SHOULTS, USA, 3’48s27 (en séries, 3’48s23); 5. Naito EHARA, Japon, 3’48s80. Finale B: 1. CONOR DWYER, USA, 3’48s45; 2. ELIJAH WINNINGTON, Australie, 3’48s83.

100 papillon : 1. CAELEB DRESSEL, USA, 50s75 (record); 2. JOHN CONGER, USA, 51s32; 3. VINICIUS LANZA, Brésil, 51s44; 4. GRANT IRVINE, Australie, 51s65; 5. DAVID MORGAN, Australie, 51s80; 6. YUKI KOBORI, Japon, 51s82. Finale B: 1. MICHAEL ANDREW, USA, 51s53; ZACHARY HARTING, USA, 52s16.

200 quatre nages: 1. CHASE KALISZ, USA, 1’55s40 ; 2. MITCHELL LARKIN, Australie, 1’56s21; 3. KOSUKE HAGINO, Japon, 1’56s66; 4. DAYA SETO, Japon, 1’57s36; 5. ABRAHM DEVINE, USA, 1’57s81; 6. CLYDE LEWIS, Australie, 1’58s17; 7. LEONARDO SANTOS, Brésil, 1’58s83. En séries, HIROMASA FUJIMORI, Japon, 1’58s78.

4 fois 100 mètres: 1. BRESIL, 3’12s02 (Gabriel Santos, 48s93 ; Marcelo Chierighini, 47s62; Marco Ferreira, 48s53; Pedro Spajari, 46s94); 2. AUSTRALIE, 3’12s53 (Jack Cartwright, 48S56; Alexander Graham, 48s50; James Roberts, 47s97; Kyle Chalmers, 47s50); 3. JAPON, 3’12s54 (Katsumi Nakamura, 48s52; Shinri Shioura, 48s19; Katsuhiro Matsumoto, 47s61; Juran Mizohata, 48s22); 4. CANADA, 3’14s50. USA, disqualifiés (Dressel, 48s76).

DAMES.-

400 mètres: 1. KATIE LEDECKY, USA, 3’58s50 (57s14, 1’57s01, 2’57s85); 2. ARIARNE TITMUS, Australie, 3’59s66 (57s47, 1’58s31, 2’59s20); 3. LEAH SMITH, USA, 4’4s23.

100 papillon : 1. RIKAKO IKEE, Japon, 56s08 (record) ; KELSI WORRELL DAHLIA, USA, 56s44; 3. EMMA MCKEON, Australie, 56s54. Finale B: 1. KATHRYN MCLAUGHLIN, USA, 57s80.

200 quatre nages: 1. Yui HOHASHI, Japon, 2’8s16 (record) ; 2. SIDNEY PICKREM, Canada, 2’9s07 ; 3. MIHO TERAMURA, Japon, 2’9s86 (en séries, 2’9s86, record) ; 4. ELLA EASTIN, USA, 2’9s90 ; 5. MELANIE MARGALIS, USA, 2’10s67. Finale B : 1. SHAKIKO SHIMIZU, Japon, 2’12s06 (en séries, 2’11s90). En séries, KATHLEEN BAKER, USA, 2’11s26.

4 fois 100 mètres : 1. AUSTRALIE, 3’31s58 (Emily Seebohm, 54s56 ; Shayna Jack, 53s10; Emma McKeon, 52s56; Cate Campbell, 51s36); 2. USA, 3’33s45 (Mallory Comerford, 53s48; Margo Geer, 53s59; Kelsi W Dahlia, 53s59; Simone Manuel, 52s79); 3. CANADA, 3’34s07 (Ruck Taylor, 52s85; Kayla Sanchez, 53s11; Rebecca Smith, 54s; Alexia Zevnik, 54s11); 4. JAPON, 3’36s93 (Rikako Ikee, 53s46).

PAN SUR LE PACIFIQUE.- COUPS DE CENT AUSTRALIENS : KYLE CHALMERS ET CATE CAMPBELL DOMPTENT CAELEB DRESSEL ET SIMONE MANUEL

PAN SUR LE PACIFIQUE.- COUPS DE CENT AUSTRALIENS : KYLE CHALMERS ET CATE CAMPBELL DOMPTENT CAELEB DRESSEL ET SIMONE MANUEL

Éric LAHMY

Samedi 11 Août 2018

Ce n’est peut-être pas nouveau, mais cela me semble récent. Cette manière d’équilibrer parfaitement sa course, illustrée dans le 100 mètres de Kyle CHALMERS. Le champion olympique australien a gagné sa course, au cours de cette seconde journée de PanPacifics, à Tokyo, en 48 secondes juste. Or il est passé huitième et dernier à mi-course, en 23s35. Pas très loin derrière, mais dernier. En tête, le Brésilien Marcelo CHIERIGHINI, 22s91, puis, qui se présentent, en rafale les deux Américains APPLE et DRESSEL, 22s93 et 22s96 et le 2e Brésilien, Pedro SPAGIARI, 22s97.

CHALMERS finit plus vite que tout le monde, en 24s65, devant CARTWRIGHT, son compatriote, 24s96. Le retour de DRESSEL, en revanche, en 25s28, lui vaut d’être surpassé par le vainqueur des Jeux de Rio, et de concéder l’ex-aequo au deuxième Dolphin (nom-totem que se sont attribués les nageurs Australiens).

La limitation à deux nageurs par nation en finale a superbement fonctionné pour éviter un torrent américain. Rien d’étonnant, c’est à cela que cette limitation a dû d’être érigée. Cela a permis d’assister à une finale « B » presqu’aussi rapide que la « A », Blake PIERONI, le champion des Etats-Unis, devançant d’une main Nathan ADRIAN, 48s21 à 48s32.

Ryan MURPHY a dominé le 100 mètres dos. Ses meilleurs adversaires, dans le monde, semblent être aujourd’hui le Russe KOLESNIKOV et le Chinois qui l’a devancé aux mondiaux de Budapest, XU JIAYU. Mais le Murphy du jour est en meilleure forme que celui de Budapest, qui avait plafonné à 52s59. Le champion olympique s’est joué en 51s94 (pratiquement sa valeur des Jeux olympiques de Rio, où il gagna en 51s97) du vieil IRIE, du champion du monde 2015 australien LARKIN et du champion olympique 2012 GREVERS : que du beau monde !

Le 100 mètres féminin nous a rendu une Cate CAMPBELL rugissante. La grande Australienne a infligé une rare défaite à Simone MANUEL. La brune Américaine, qui a tout gagné depuis deux ans, virait en troisième position, attendant peut-être le scénario catastrophe bien rodé d’une CAMPBELL partie en boulet de canon et se ramassant dans un retour à la petite cuiller. Mais cette fois, CAMPBELL, non seulement ne se défit pas, mais augmenta constamment son avance. Peut-être mise à l’école de l’égalité d’allure qui a joué si bien en faveur de CHALMERS, elle équilibrait assez bien son effort, 25s09 et 26s94 pour un total de 52s03. MANUEL eut le plus grand mal à se dépêtrer de Ruck TAYLOR, l’araignée canadienne qui passait en 25s29 pour finir en 52s72 (27s43). L’Américaine, elle, ayant viré en 25s34, toucha finalement en 52s66 (27s32). Mallory COMERFORD, elle, signait le meilleur retour hors CAMPBELL, en 27s02.

Une course très attendue était le 100 mètres dos dames, parce qu’on y retrouvait une tripotée de talents très proches et d’ambitions concurrentes et à peu près tous les sommets de podiums de ces cinq ou six dernières années. Le dos féminin US avait démontré une densité et une qualité au plus haut niveau lors des championnats nationaux, le mois dernier. Kathleen BAKER avait effacé le record du monde qui appartenait à la championne du monde canadienne Kylie MASSE. Derrière elle, l’immense Olivia SMOLIGA et la toute neuve recordwoman du monde junior Regan SMITH la serraient d’assez près. Et d’Australie, Emilie SEEBOHM, la championne du monde 2015, après de gros ennuis de santé qui l’avaient privé de ses chances olympiques, fourbissait ses armes avec un appétit féroce.

Dès les séries, les principales concurrentes se disposèrent : première série à SEEBOHM, qui en 58s79, criait qu’elle était là en battant le record de la compétition. La réponse ne se fit pas attendre, qui prit la forme d’un coup de MASSE infligé par la Canadienne, 58s29, une demi-seconde de mieux. Baker, 3e série, frôla son meilleur en 58s41.

On se demandait, après ce déluge, ce que serait la finale. D’une certaine façon (la façon chronométrique), elle fut décevante. Sans doute trop de stress, trop d’attentes. Mais son verdict fut clair, et ce fut MASSE qui l’emporta.

MESSIEURS.- 100 mètres.- 1 KYLE CHALMERS, Australie, 48s00; 2 JACK CARTWRIGHT, Australie, et CAELEB DRESSEL, USA, 48s22 (en série, 48s13); 4. MARCELO CHIERIGHINI, Brésil, 48s36 ; 5. ZACHARY APPLE, USA, 48s47 (en séries, 48s03) ; KATSUMI NAKAMURA, Japon, 48s49; 7. PEDRO SPAJARI, Brésil, 48s51 (en série, 48s38) ; 8. SHINRI SHIOURA, Japon, 48s68. Finale B : 1. Blake PIERONI, USA, 48s21 ; 2. Nathan ADRIAN, USA, 48s32 ; 3. Yuri KISIL, Canada, 49s. En séries, Townley HAAS, USA, 48s69 ; Gabriel SANTOS, Brésil, 48s72 ; Alexander GRAHAM, Australie, 48s75 ; James ROBERTS, Australie, 48s83 ; Andrew SELISKAAR, USA, et Katsuhiro MATSUMOTO, Japon, 48s99.

100 dos : 1. RYAN MURPHY, USA, 51s94 ; 2. RYOSUKE IRIE, Japon, 52s78 ; 3. MITCHELL LARKIN, Australie, 52s88 ; 4. MATTHEW GREVERS, USA, 52s99 ; 5. JAVIER ACEVEDO, Canada, 53s90; 6. MARKUS THORMEYER, Canada, 54s02 (en série, 53s88). Finale B: 1. MICHAEL ANDREW, USA, 53s55; 2. JUSTIN RESS, USA, 53s59; 3. GABRIELFANTONI, Brésil, 53s92; JACOB PEBLEY, USA, 53s96; AUSTIN KATZ, USA, 54s17.

200 papillon : 1. DAYA SETO, Japon, 1’54s34 ; 2. LEONARDO DE DEUS, Brésil, 1’54s98 ; 3. ZACHARY HARTING, USA, 1’55s05 ; 4. DAVID MORGAN, Australie, 1’55s82; 5. MACK DARRAGH, Canada, 1’56s27; 6. YUYA YAJIMA, Japon, 1’56s33 (en série, 1’56s16). Finale B: 1. LUIZ ALTAMIR MELO, Brésil, 1’56s23. En séries: JOHN CONGER, USA, 1’55s18; JUSTIN WRIGHT, USA, 1’56s37.

Quatre fois 200 mètres: 1. USA, 7’4s36 (Andrew Seliskar, 1’46s75, Blake Pieroni, 1’47s63, Zachary Apple, 1’46s20, Townley Haas, 1’43s78); 2. AUSTRALIE, 7’4s70 (Clyde Lexis, 1’46s54, Kyle Chalmers, 1’46s73, Alexander Graham, 1’45s91; 3. JAPON, 7’8s07; 4. BRESIL, 7’11s65 (Fernando Scheffer, lance, 1’44s87); 5. CANADA, 7’18s25.

DAMES.- 100 mètres : 1. CATE CAMPBELL, Australie, 52s03 ; 2. SIMONE MANUEL, USA, 52s66 ; 3. RUCK TAYLOR, Canada, 52s72 ; 4. MALLORY COMERFORD, USA, 52s94 ; 5. RIKAKO IKEE, Japon, 53s14 ; 6. KAYLA SANCHEZ, Canada, 53s68 ; 7. SHAYNA JACK, Australie, 53s74 (en série, 53s61). Finale B : 1. EMMA MCKEON, Australie, 53s37. En série, MARGO GEER, USA, 54s02.

100 dos : 1. KYLIE MASSE, Canada, 58s61 (en série, 58s29, record des PanPacifics) ; 2. EMILY SEEBOHM, Australie, 58s72 ; 3. KATHLEEN BAKER, 58s83 (en série, 58s41); 4. REGAN SMITH, USA, 58s95 ; 5. KAYLEE MCKEOWN, Aus, 59s25; 6. NATSUMI SAKAI, Japon, 59s33. Finale B: 1. OLIVIA SMOLIGA, USA, 59s20. En série: ANNA KONISHI, Japon, 1’0s30.

200 papillon : 1. HALI FLICKINGER, USA, 2’7s35 (en séries, 2’7s05); 2. SACHI MOCHIDA, Japon, 2’7s66.

Quatre fois 200 mètres: 1. AUSTRALIE, 7’44s12 (Ariane Titmus, 1’55s27 ; Emma McKeon, 1’55s66; Mikkayla Sheridan, 1’56s72; Madeline Groves, 1’56s47); 2. USA, 7’44s37 (Allison Schmitt, 1’58s62; Leah Smith, 1’56s44; Kathryn McLaughlin, 1’55s47, Kathleen Ledecky, 1’53s84); 3. Canada, 7’47s28 (Ruck Taylor, 1’54s08 lancée); 4. JAPON, 7’48s96.

PANPACIFICS : RUCK TAYLOR PLAQUE LEDECKY ET CHASE KALISZ SE PAIE LA PEAU D’HAGINO

Éric LAHMY

Samedi 10 août 2018

Jeudi, les PanPacifics 2018 ont commencé au centre international de natation Tatsumi, à Tokyo, immense cathédrale futuriste (où se tiendront les épreuves aquatiques des Jeux de 2020.

A ces joutes « panpacifiques », les natations qui bordent le grand océan se rencontrent dans le même principe, finalement, que celui des Jeux méditerranéens. Mais pas à la même échelle, certes, et pas seulement parce que le Pacifique est soixante-cinq fois plus étendu que la modeste Mare Nostrum.

Invinciblement, on se surprendra à comparer ces PanPacifics avec les championnats d’Europe qui viennent de s’achever à Glasgow. La tentation est forte. L’Europe est une entité renaissante dans la natation d’élite. Elle a pris une part active, parfois prépondérante, aux débuts de la natation de compétition, à la frontière du 19e et du 20e siècle. Puis elle a été  balayée par les forces de l’Est (essentiellement le Japon) et de l’Ouest (Etats-Unis), puis du Sud (Australie).

La reconquête européenne n’a pas été chose facile. D’ailleurs, il n’y a pas dans le sport de suprématie qui ne soit pas contestée ardemment. C’est le principe même de la compétition. Et le fait est que les PanPacifics réunissent les trois natations dominatrices du siècle passé. Les USA qui furent presque tout le temps dans le coup. Les Australiens qui connurent des apogées sublimes et quelques descentes aux enfers. Les Japonais qui ont cessé de dominer dès après 1950, mais qui disposent d’une natation très vivace.

Mais je crois surtout que ces pays jouent un rôle fondateur dans ce qui pourrait être l’attitude natation. Les Japonais ont été les inventeurs de la technique la plus élaborée, il suffit pour s’en convaincre de se repasser les vieux films des nageurs des années 1930 ou encore de l’époque où Hironoshin FURUASHI pouvait distancer les champions occidentaux d’une ou deux longueurs de bassin sur 1500 mètres.

Mais ils étaient trop fermés, traditionnellement, dans leur île, et avec leur langue et leur écriture, pour essaimer. Ce sont les Américains, ce me semble, qui ont donné au sport son dynamisme et sa puissance, grâce, largement à l’ouverture au sport de l’université de ce pays et la prodigalité qu’ont démontré les cinquante Etats dans le désir de partager le savoir. La natation US n’a-t-elle pas été la plus pillée du monde, par ceux mêmes qui les disaient obsolètes ?

Mais ce sont les Australiens qui ont sans doute le mieux fixé et aidé à disséminer les principes fondateurs de la natation moderne.

Plus récemment les Européens ont joué une part considérable dans le renouvellement du « paradigme ». Certes, c’est malheureusement dans le vieux continent que le dopage a été le plus virulent, avec des porte-drapeaux méphitiques, en Allemagne et en Russie, en Roumanie. Ces méthodes contestables ont été exportées en Chine, avec le « succès » qu’on sait.

A côté de ça, il y a eu de jolies percées, moins discutables moralement, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Hongrie, aux Pays-Bas, parfois en Italie, et les natations féminines du nord de l’Europe n’ont pas attendu Inge DE BRUIJN, Sarah SJÖSTRÖM ou Pernille BLUME pour briller ; la natation féminine des Pays-Bas donna parfois la leçon dans les années 1930. La France a connu deux « pinacles », un en 1952, l’autre en 2012, qui se sont terminés par des redescentes moins remarquables!

Ce trop long préambule achevé, entrons dans le vif du sujet. Disons que les Etats-Unis, à Tokyo,  n’ont pas joué une partie facile au cours de la première journée. Ils ont cependant dominé, et remporté trois courses, le 200 mètres libre (Townley HAAS) et le 400 quatre nages (Chase KALISZ) messieurs ainsi que le 100 brasse (Liliane KING).

Le Japon s’en est sorti avec deux succès, celui de Yasuhiro KOSEKI sur 100 brasse messieurs, et celui de Yui OHASHI, nouvelle reine des quatre nages, sur 400 mètres. L’Australie n’a enlevé que le 4 fois 100 quatre nages mixte.

Le 200 a vu la défaite de Katie LEDECKY. Historique ? Peut-être. Mais le 200 n’est qu’un ajout fragile au « royaume » de LEDECKY, qui va du 400 au 1500 mètres. La championne olympique et du monde avait pourtant frappé fort en séries, dominant très largement, en 1’55s16.

Le soir, en finale, elle progressait… d’un centième de seconde, mais elle trouva deux adversaires suffisamment motivées et douées pour la faire plier. La Canadienne Ruck TAYLOR (que je me permets de présenter ici comme une des candidates les plus sérieuses à la place de meilleure nageuse mondiale de l’année) ne laissa à aucun moment LEDECKY dicter sa loi. La filiforme (1,83m, 60 kg) Ontarienne devançait la néo-professionnelle US (contrat maillot de 11 millions de dollars, croit-on savoir) aux virages des 50 (26s82 contre 27s03, 55s73 contre 55s85). LEDECKY baissa de rythme des cent aux cent cinquante (1’25s76) et c’est là que Ruck, sans accélérer le moins du monde, lui prit un mètre (1’25s13).

Ce n’est pas tout car aux 150, la Japonaise Rikako IKEE, qui était encore troisième (27s09, 56s15), venait asticoter LEDECKY, avant de la passer dans une dernière longueur où elle remonta même TAYLOR et ne fut pas loin de la menacer. Les deux premières « cassaient » les 1’55s, TAYLOR améliorait la tripotée de records – du Canada, du Commonwealth (qui lui appartenaient avec 1’54s81 depuis mars dernier) et des PanPacifics – en 1’54s44 et IKEE le record du Japon en 1’54s85.

Reprenons :

Ruck TAYLOR, 26s82, 55s73 (28s91), 1’25s13 (29s40), 1’54s44 (29s31).

Rikako IKEE, 27s09, 56s15 (29s06), 1’25s80 (29s65), 1’54s85 (29s05).

Katie LEDECKY, 27s03, 55s85 (28s82), 1’25s76 (29s91), 1’55s15 (29s39).

 

Chase KALISZ, sur 400 quatre nages, en se jouant des ténors japonais de ces dernières années, a confirmé que le patron, c’était lui. HAGINO a fini deux longueurs, SETO trois longueurs derrière !  

Les Américains ayant voté, et décidé qu’Andrew SELISKAAR avait été le champion des USA le plus étonnant le mois dernier à Irvine, SELISKAAR a rectifié la donne et s’est laissé battre ici de 0s18 sur 200 mètres par Townley HAAS, qui avait été le favori battu de cette course. Kyle CHALMERS, 9e des séries, n’a pas existé.

MESSIEURS.- 200 mètres: 1. Townley HAAS, USA, 1’45s56; 2. Andrew SELISKAAR, USA, 1’45s74; 3. Katsuhiro MATSUMOTO, Japon, 1’45s92; 4. Fernando SCHEFFER, Brésil, 1’46s12; 5.  Alexander GRAHAM, Australie, 1’46s50 (en série, 1’46s35). Finale B : 1. Blake PIERONI, USA, 1’46s68. En série, Zacchary APPLE, USA, 1’46s56.

100 m brasse: 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 59s08 ; 2. Jake PACKARD, Australie, 59s20; 3. Joao GOMEZ Jr, Brésil, 59s60; 4. Andrew WILSON, USA, 59s70 ( en série, 59s42); 5. Lizhuo WANG, Chine, 59s76 (en série, 59s50); En série, Michael ANDREW, USA, 59s55.

400 4 nages: 1. Chase KALISZ, USA, 4’7s95; 2. Kosuke HAGINO, Japon, 4’11s13 ; 3. Daya SETO, Japon, 4’12s60 (en série, 4’12s49); 4. Jay LITHERLAND, USA, 4’12s87; 5. Lewis CLAREBURT, Nouvelle-Zélande, 4’14s27; 5. Brandonn ALMEIDA, Brésil, 4’14s53. En série: Sean GRIESHOP, USA, 4’14s27.

DAMES.- 200 mètres: 1. Ruck TAYLOR, Canada, 1’54s44; 2. Rikako IKEE, 1’54s85 (record du Japon); 3. Katie LEDECKY, USA, 1’55s15 ; 4. Allison SCHMITT, USA, 1’56s71 (en série, 1’56s36) ; 5. Kayla SANCHEZ, Canada, 1’57s23; 6. Mikkayla SHERIDAN, Australie, 1’57s48; 7. Chihiro IGARASHI, Japon, 1’57s83. Finale B: 1. Kathryn MCLAUGHLIN, USA, 1’57s34 (en série, 1’56s88). En série, Leah SMITH, USA, 1’56s81 ; Mallory COMERFORD, USA, 1’57s48; Gabrielle DELOOF, USA, 1’57s86; Kathryn DRABOT, USA, 1’58s09.

100 mètres brasse: 1. Lillia KING, USA, 1’5s44 ; 2. Jessica HANSEN, Australie, 1’6s20; 3. Reona AOKI, Japon, 1’6s34; 4. Satomi SUZUKI, Japon, 1’6s51; 5. Micah SUMRALL, USA, 1’6s56 (en série, 1’6s44). Finale B : 1. Bethany GALAT, USA, 1’6s41. En série, Katie MEILI, USA, 1’6s64.

400 m 4 nages : 1. Yui OHASHI, Japon, 4’33s77 ; 2. Melanie MARGALIS, USA, 4’35s60 ; 3. Sakiko SHIMIZU, Japon, 4’36s27. 

MIXTE : 4×100 4 nages : 1. AUSTRALIE, 3’38s91. A noter les 100 dos de Ryosuke IRIE, en 52s83, et de Kathleen BAKER, en 59s29, et Cate CAMPBELL, 50s93 lancée en crawl.

UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE… ET PLUS PARTICULIÈREMENT TRÈS ITALIENNE

UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE… ET PLUS PARTICULIÈREMENT TRÈS ITALIENNE

Éric LAHMY

Vendredi 10 Août 2018

Les épreuves de natation des championnats d’Europe 2018 se sont achevées à Glasgow. Collectivement, la Russie a devancé les Britanniques et les Italiens.

Les Français se sont relativement bien défendus et ont été plus présents que d’aucuns ne l’imaginaient au plan des finales.

Mehdy METELLA a défendu, seul, l’honneur de l’équipe masculine, et s’il n’a pas gagné, il s’est montré, si l’on peut se permettre l’expression, solide en défense.

Charlotte BONNET n’a pas déçu les attentes. Elle a gagné le 200 libre avec autorité, enlevé le bronze sur 100 libre et a été l’inspiratrice des relais dont l’état était pathétique au sortir des Jeux olympiques. Son action dans la victoire sur 4 fois 100 mètres est à tous points de vue fondatrice, qui nous rappelait le magnifique comportement de Camille MUFFAT.

Dans cette dernière journée, les aventures de Sarah SJÖSTRÖM se sont achevées heureusement. La Suédoise épingle un énième titre européen, sur 50 papillon cette fois. Sarah est loin de son record du monde, 24s43, établi maintenant voici quatre ans. Mais avec ses 25s16 de la journée, elle devance d’un bon mètre la Danoise Emilie BECKMAN et la Belge Kimberley BUYS, 25s72 et 25s74. Mélanie HENIQUE, 25s84, est 5e, devant Ranomi KROMOWIDJOJO qui n’a donc rien gagné à préférer ce 50 papillon au 100 libre. La double championne olympique néerlandaise de Londres, en 2012, qui fêtera ses vingt-huit printemps le 20 août, est loin de sa forme de l’été dernier. Décadence ou rupture avant de se relancer vers une quatrième campagne olympique ?

BEN PROUD DEVANT CAELEB DRESSEL ET FLORENT MANAUDOU

Passons à Ben PROUD ? Ce fier Britannique de 23 ans, bâti comme un Dreadnough (cuirassé), est-il la réponse européenne à Caeleb DRESSEL et à Michael ANDREW ? Il n’y a rien de mieux, en tout cas, sur le continent. PROUD n’est pas toujours très régulier (dans une course il est vrai incertaine), il établit un record des championnats en demi-finales, avec 21s11, puis il est un peu fragilisé en finale où il gagne certes, mais seulement en 21s34, d’un rien, dix centièmes, devant le Grec d’origine bulgare Kristian GKOLOMEEV, tandis que l’Italie place Andrea VERGANI sur ce podium de véloces. Avec son 1,78m pour 70kg, VERGANI n’en rejoint pas moins sur l’estrade, destroyer parmi les dreadnoughs, les 1,91m de PROUD et le 1,98m de GKOLOMEEV.

Les 21s11 de PROUD lui donnent le 50 mètres le plus rapide de l’ère textile (Florent MANAUDOU, par exemple, avait amené son record à 21s19, Caeleb DRESSEL a nagé 21s15). Les records sont détenus depuis 2009 par Cesar CIELO et Frédérick BOUSQUET avec 20s92 et 20s94.

PROUD, peut-être en raison de sa structure physique – ou de son enthousiasme dans le travail au sol – est un bloc de muscles de 92kg pour 1,91m, une version légèrement réduite de Florent MANAUDOU et de ses 102kg pour 1,99m. Ces caractéristiques, sans doute, mais très certainement aussi ses programmes d’entraînement, jouent dans le fait qu’il est beaucoup moins causant sur 100 mètres (48s52 quand même). PROUD a eu, en outre, une vie de nageur assez intéressante. Comme beaucoup plus de Britanniques qu’on ne le sait chez nous, il a prospéré loin des côtes d’Albion. Il a passé sa prime jeunesse à Kuala Lumpur, fut champion de Malaisie alors qu’il n’avait pas quinze ans et nagea à Phuket alors que la destination était encore mal connue des nageurs en mal d’exotisme. Entraîné à partir de seize ans à Plymouth par John RUDD, il a rejoint depuis l’Energy Standard, en Turquie.

PIERO CADIA ET MEHDY METELLA SUR LES AILES DU PAPILLON

Après la Deuxième Guerre mondiale, feu l’empire français a donné ses meilleurs nageurs à la France. Entre David WILKIE et Ben PROUD, l’empire britannique continue de fournir…

Sur 100 mètres papillon, Mehdy METELLA a encore trouvé un super pour le devancer. La « gagne » revient à l’Italien Piero CODIA. A vingt-huit ans, CODIA n’a rien d’une révélation, plutôt la révélation d’une équipe transalpine particulièrement en verve et qui ne le cède en termes de succès que face à la puissante Russie et aux Britanniques très désireux de briller sur leur sol. CODIA s’est qualifié encore plus douloureusement que METELLA, en dernière place pour tout dire, et il hérite de la ligne 8. En finale, il ne fait pas les choses à moitié, et il gagne très largement, frôlant en 50s64 le record d’Europe, 50s62, de Kristof MILAK, lequel représente certainement la déception de cette course, où James GUY, en 51s42 contre 51s51, l’éjecte de la troisième place du podium.

Le papillon s’est donc gagné par les ailes, car METELLA, 2e, nageait, lui, à la ligne un, tandis que Laszlo CSEH, qui évoluait à la ligne 4, celle des vainqueurs, finit bon dernier… C’est ce qui s’appelle : être pris en tenaille. Et les derniers seront les premiers, n’est-il pas vrai.

MARGHERITA PANZIERA EFFACE KRISTINA EGERSZEGI

Le 200 dos dames a offert aux championnats d’Europe une bien belle championne : Margherita PANZIERA, qui s’est jouée de la concurrence incarnée par un bloc du centre et de l’Est impressionnant. PANZIERA n’a pas traîné en route, elle a mené sa barque et la course avec une superbe énergie et Daria K USTINOVA, qui pouvait passer pour la favorite, a bien été contrainte de la laisser partir. PANZIERA a l’air toute fluette, et elle n’est certes pas épaisse, mais mesure son 1,80 (pour 65kg, annonce sa biographie de la Fédération italienne).

Les Italiens nous disent qu’elle est fiancée à Simone RUFFINI, champion du monde des 25 kilomètres en 2015, remarquable par ailleurs par sa coiffure de Huron sur le sentier de la guerre (ce qui, associé à ses lunettes de myope sur le nez, est d’un très bel effet).

Quoiqu’il en soit, PANZIERA, dans une forme éclatante, se qualifie aisément, et améliore un vieux record des championnats, celui qu’établit avec 2’6s62 en 1991 Kristina EGERSZEGY. PANZIERA n’était pas même alors un songe de ses parents ! Elle qui a fêté avec éclat et trois jours d’avance son 23e anniversaire (étant née le 12 août 1995) avait brillé jusqu’ici au niveau des Jeux méditerranéens. La voici qui accède à la cour des grands.

SIMONA QUADARELLA EST BIEN LA REINE DU DEMI-FOND EUROPEEN

Au niveau italien, PANZIERA ne le cède que face à Simona QUADARELLA, laquelle, forte de victoires décisives sur 1500 et 800, s’empare maintenant du 400 mètres comme pour parachever une grande journée pour les vert blanc rouge. Elle doit maîtriser pour cela les seize ans de la Magyar Ajna KESELY, laquelle mène jusqu’à l’approche du dernier virage, et résiste jusqu’au bout : QUADARELLA l’emporte en 4’3s35 contre 4’3s57, et s’impose avec trois titres individuels de nage libre (et surtout le doublé 400-1500) comme la grande nageuse de ces championnats d’Europe avec SJÖSTRÖM bien entendu.

Quarante ans après son père, Zoltan, David VERRASZTO écume le 400 quatre nages. Zoltan avait été recordman du monde, médaillé olympique. David est champion d’Europe. Il a évincé à la loyale son seul rival de la finale, le Britannique David LITCHFIELD, d’un bras, en 4’10s65 contre 4’11s

Dans le relais quatre nages, forts de l’arme absolue que représente Adam PEATY, les Britanniques ont plié une équipe russe, desservie par une contre-performance de CHUPKOV en brasse – 1’0s4 lancé alors qu’il a nagé 59s au start – , et terminé en 3’30s44, battant le record des championnats, établi avec 3’31s32 par les Français en 2010 !

GLASGOW: CHARLOTTE BONNET SE BRONZE ET LE DOS RUSSE NE CESSE DE SE DORER

Éric LAHMY

Jeudi 9 Août 2018

Deux grandes finales de nage libre se jouaient à Glasgow ce mercredi, avant-dernier jour des courses en piscine des championnats d’Europe de natation. Le 800 mètres messieurs et le 100 libre dames. L’épreuve du 800 est en soi superflue, selon moi, car entre le 400 et le 1500, elle emprunte des deux épreuves, et il est pratiquement impossible qu’elle ne tombe pas dans l’escarcelle du vainqueur de l’une de ces deux courses.

Elle n’a jamais été disputée dans les Jeux olympiques ni ailleurs, sans doute parce que le mouvement olympique, qui cherchait à contenir le programme dans certaines limites, veillait et peut-être aussi que la FINA notait son ambiguïté, ou, si vous préférez, sa double appartenance technique et physiologique.

Bien entendu, ces limitations si, comme je le crois, elles existent, ne concernent pas les nageurs. Ou du moins elles ne remettent pas leur valeur en jeu.

Mais dès avant la course, je savais, non pas parce que je suis malin, mais parce que cela ne représente aucun mystère, que le vainqueur du 800 serait soit Mykhaylo ROMANCHUK, soit Florian WELLBROCK, qui avaient triomphé respectivement sur quatre et quinze.

A la vérité, quelqu’un a un peu brouillé les cartes, et c’est l’Italien Gregorio PALTRINIERI, tenant du titre européen (7’42s30 à Londres le 20 mai 2016). Gregorio, après son échec du 1500 mètres ici même à Glasgow, trois jours plus tôt, avait expliqué qu’un rhume l’avait diminué. A-t-il partiellement retrouvé la santé ? Toujours est-il que les médaillés du 1500 se sont retrouvés dans un certain désordre dans le 800.

ROMANCHUK l’a emporté, et on peut donc dire que l’Ukrainien est le grand vainqueur du demi-fond à Glasgow, avec deux succès, sur 400 et 800, et une deuxième place sur 1500m.

La course a commencé par un magnifique baroud signé Henrik CHRISTIANSEN. Derrière chaque nageur, se niche une histoire et il est dommage de ne pouvoir conter les plus belles. Stéphane LECAT nous en parlait l’hiver dernier, et estimait avec raison, je pense, qu’elles devraient être connues.

La natation est une aventure humaine. Pour résumer celle de CHRISTIANSEN en deux anecdotes, on dira qu’il a préféré la natation au théâtre, son autre hobby ; et qu’il a refusé des bourses d’études de Stanford et de Berkeley pour nager en Norvège, où il estime disposer des meilleures conditions de succès…

Déjà médaillé de bronze européen à deux reprises, sur 400, en 2015 et à Glasgow en 2018, le Norvégien a fait preuve de panache, et il a conservé les commandes jusqu’après le virage des 400 mètres. PALTRINIERI lui tenait compagnie et en vérité, CHRISTIANSEN n’avait alors lâché aucun des gros bras.

ROMANCHUK accéléra imperceptiblement et passa en tête. WELLBROCK changea également de rythme mais ne put maintenir la pression, et se retrouva à une longueur de PALTRINIERI qui alignait quatre longueurs consécutives en 29s09, 29s08, 29s08 et 29s09. Mais à moins cent cinquante mètres, ROMANCHUK enclencha la vitesse supérieure. Il l’emportait de trois mètres, en 7’42s96. PALTRINIERI, 2e en 7’45s12, devait défendre jusqu’au bout son argent des griffes de WELLBROCK.

PALTRINIERI équilibra parfaitement sa course en deux moitiés de 3’52s77 et 3’52s35, mais ROMANCHUK effectua un negative split plus accentué, 3’52s44 et 3’50s52. Damien JOLY, pour sa part, ne put décrocher de la 7e place.

FEMKE HEEMSKERK NE VEUT PLUS ÊTRE MALHEUREUSE ET BAT CHARLOTTE BONNET POUR L’ARGENT

Les Français attendaient avec intérêt le 100 mètres libre dames, où ils espéraient un exploit de Charlotte BONNET. La Niçoise est connue pour sa régularité, son ambition et par son remarquable comportement en compétition. Donc de ce côté-là, on eut été étonné de la voir défaillir. Mais les capacités des meilleurs compétiteurs ne vont pas jusqu’à contrôler leurs adversaires. Les événements semblaient favoriser une médaille française. Ranomi KROMOWIDJOJO, la double championne olympique du sprint des Jeux de 2012, anxieuse de ne pas retrouver sa grande forme de l’été dernier, quand elle s’en venait chatouiller de près la grande SJÖSTRÖM, avait abandonné ses chances sur l’épreuve reine afin de poursuivre une chance qu’elle jugeait meilleure sur 50 papillon. Et Pernille BLUME avait grillé ses atouts dans une étrange tentative de record du 50 dans la première partie de son 100 mètres de la demi-finale.

Bien entendu, SJÖSTRÖM, sauf tremblement de terre ou chute de météores sur Glasgow, était à peu près imprenable. Il restait Frederike HEEMSKERK. La charmante Néerlandaise, on le sait, eut été l’une des meilleures nageuses de son temps si elle n’avait pris l’habitude d’être trahie par ses nerfs. C’est sans doute vachard à dire, mais on comptait un peu là-dessus pour que BONNET s’argente.

Sans doute à tort. Federica PELLLEGRINI, il y a trois jours, citée par la presse de son pays, expliquait que désormais elle donnait, dans sa profession de nageuse, la priorité au plaisir. « Même HEEMSKERK me disait qu’elle ne voulait plus jamais finir une course et sortir de l’eau sans être heureuse, » ajoutait « la divina », prenant exemple sur la Batave.

Est-ce pour cette raison que Charlotte a fini 3e? SJÖSTRÖM gagnait nettement, en 52s93, tandis que la Néerlandaise (25s55, 53s23) et la Française (25s63, 53s35) restèrent sur la même ligne quasiment tout du long… Sur la fin de sa course, BONNET fut accrochée par la Britannique Freya ANDERSON, 16 ans, dont les 53s61, record d’Europe junior, restent assez distants du record du monde junior de Penelope OLEKSIAK (52s70).

Les commentateurs n’ont pas manqué de noter que SJÖSTRÖM domina moins ce 100 mètres que prévu. Mais ils n’avaient pas, eux, à nager, vingt-sept minutes plus tard, une demi-finale de 50 mètres papillon. SJÖSTRÖM, elle, devait la nager, et il se pourrait bien qu’elle n’a dominé le 100 « que » de 0s30 et sa demi de papillon, devant Mélanie HENIQUE, de « seulement » dix-sept centièmes pour cette seule raison…

Evgeny RYLOV est le champion du monde en titre du 200 mètres dos. En 2017, il a battu l’Américain MURPHY (1’54s21) et s’est emparé du record d’Europe (1’53s61). Ce record, il l’a amélioré dans une course où il s’est donné à fond. Au virage des cent mètres, en 54s78, il disposait de 2s45 d’avance sur le Polonais Radoslaw KAWECKI, qui allait enlever l’argent. Ses temps cassés, 26s89, 27s89, 29s34 et 29s24 pour un temps final de 1’53s36 donnent une indication sur sa fatigue terminale. Au bout du compte, le dos russe est très impressionnant : tous les titres masculins, or du 100 dos et argent du 50 dos féminin (le 200 dos, dont USTINOVA est une des favorites,  n’est pas joué).

Difficile de faire mieux…

Après son triomphe sur 400 quatre nages, Fantine LESAFFRE représentait une équation inconnue, avant la finale du 200 quatre nages. En fait, dépassée autant en papillon qu’en dos, elle passa la première moitié de sa course en 7e position. Elle parvint à reprendre une place en brasse, une autre en crawl, ne perdant plus rien sur HOSSZU à l’addition dans ces secteurs, mais c’était remonter de trop loin. HOSSZU devança d’un rien (2’10s17 contre 2’10s25) Ilaria CUSINATO, que LESAFFRE avait battu dans son 400. La Française améliorait son record personnel en 2’11s71 contre 2’12s26, et on l’imagine très satisfaite de son comportement à Glasgow.

Toujours côté français, Mélanie HENIQUE et Mehdy METELLA gagnaient des places de finalistes respectivement sur 50 et 100 papillon…

Ah ! Oui, La France remportait le quatre fois 100 mètres mixte devant les Pays-Bas et la Russie. Cocorico !

LE QUATRE FOIS 200 DE CHARLOTTE AND CO A DEUX CENTIEMES DE SE BRONZER

Éric LAHMY

Mardi 7 Août 2018

Sur 1500 mètres, Simona QUADARELLA impose ses dix-neuf ans en 15’51s61, devant Sarah KOEHLER, record allemand, 15’57s85, et la toute jeune Hongroise Ajna KESELY, qui aura seize ans jusqu’en septembre prochain… Trois jours plus tôt, QUADARELLA a archi-dominé le 800 mètres en 8’16s45. La fine et légère Italienne confirme sa médaille de bronze des mondiaux de Budapest, l’an passé. Elle y avait été la deuxième Européenne, derrière BELMONTE en 15’53s86 contre 15’50s89 à l’Espagnole, record ibérique. C’est surtout sur 800 qu’elle a progressé par rapport à Budapest, où elle s’était « contentée » d’un temps de 8’26s50. On est loin de la petite Quadarella, cinquième aux Europe de Londres, 16’22s64…

NI HOSSZU NI NIELSEN MAIS FESIKOVA

Au 100 dos, c’est quoi la nouvelle ? La disparition D’HOSSZU du podium ? Le triomphe de la Russe Anastassia FESIKOVA, 28 ans, devant une autre ancienne, la Britannique Georgia DAVIES, 59s19 contre 59s36 ? La Hongroise est devancée de trois centièmes par Carlotta ZOFKOVA, 59s61 contre 59s64. Pour d’autres, c’est la défaite de Mie NIELSEN, co-championne d’Europe 2014 avec HOSSZU (59s63), vainqueur de HOSSZU deux ans plus tard à Londres, 58s73 contre 58s94, est une autre grande battue. C’est donc la tenante tu titre, mais elle termine ici 6e, devancée aussi par la deuxième Italienne, Margherita PANZIERA…

L’âge élevé du podium fait qu’on ne peut parler de renouvellement!

Sur 200 brasse, Julia EFIMOVA gagne, comme elle l’a fait sur 100 brasse. No comment: elle est la meilleure.

Dans le 200 messieurs, le Lituanien Danas RAPSYS tente un coup de force ; il passe, loin devant tout son monde, en 24s03 et 50s83. Craint-il le finish de Duncan SCOTT. Il doit pourtant s’y plier. L’Ecossais le rejoint dans la troisième longueur. Tous deux virent ex-aequo, 1’18s47. SCOTT, finish britannique oblige, vaincra nettement, en 1’45s34 contre 1’46s07.

Le record des championnats, 1’44s89 en 2002 par Pieter VAN DEN HOOGENBAND, n’a pas souffert. Mais où sont les grands nageurs de 200 d’antan, les VAN DEN HOOGENBAND, les PHELPS, les THORPE, les AGNEL ?

Les affaires de la France avancent pendant ce temps. Sur 100 mètres dames, le matin, la 4e série est une affaire franco-française; Charlotte BONNET, en 53s90, devance Marie WATTEL, 54s59. Toutes les deux sont qualifiées pour la suite; tout de suite après, Pernille BLUME flingue dru, laissant HEEMSKERK et PELLEGRINI plus ou moins à hauteur de son battement, et confirmant en 52s97 son statut de rivale numéro un de SJÖSTRÖM. Celle-ci, dans l’ultime série, fait joujou, pour finir avec ses rivales, en 53s45.

PERNILLE BLUME LANCE LE DEMI-PRESSION QUI FAIT PSCHITTT

L’après-midi, se jouent les demis. Demis pression, convient-il de dire ! Une pression dont BLUME est à la fois l’instigatrice et la victime surprise. Elle passe en… 23s98, ce qui doit être son record personnel sur 50 mètres et… finit comme elle peut, pour tout dire pas très bien.

La Danoise explique qu’elle voulait battre le temps de SJÖSTRÖM à ces championnats d’Europe de Glasgow. Le 4 août, la Suédoise l’a battue d’un poil, 23s74 contre 23s75. BLUME s’est mis en tête une idée improbable, celle de prendre une sorte de revanche en améliorant ce temps ! C’est courir deux lièvres à la fois et les perdre tous deux, car d’abord BLUME n’a pas réussi à nager en 23s74 ou en-dessous, et ensuite elle s’est obligée, pour finir plus vite « son » 50, à toucher le mur à la main, perte de temps, ce qui lui a donné un virage de débutante ; apothéose, elle a raté finalement la qualification en finale, finale dont elle eut été favorite à égalité avec SJÖSTRÖM et, les Français me pardonnent, devant BONNET…

BLUME s’est-elle référée, en essayant son truc, à la course de Cate CAMPBELL de 2015, quand elle tenta de battre (et réussit) le record du monde du 100 mètres en petit bassin au cours d’un 200. Ce soir là, Cate nagea le premier 100 mètres en moins de 51 secondes, avec 50s91, puis finit son 200 en souplesse. Mais elle avait averti son coach Simon CUSACK, puis, dans la chambre d’appel, les filles qu’elle allait rencontrer. De plus c’était une course strictement australienne et non un match international.

Autant dire que ce précédent ne pouvait faire référence pour l’exploit de BLUME!

…Dommage donc pour l’équipe danoise, pour BLUME elle-même qui s’est tirée, selon l’expression une balle dans le pied, comme pour l’éclat de cette finale, après la décision de KROMOWIDJOJO de négliger le 100 pour tenter sa chance sur 50 papillon. Tant mieux pour Charlotte BONNET, Hemke HEEMSKERK… Marie WATTEL se qualifie en 54s12. SJÖSTRÖM, elle, dans la 1ère série, s’est baladée en 52s67. Classe à part ? Sans doute !

LE COACH DANOIS ASSEZ MÉCONTENT DE LA PETITE FANTAISIE DE PERNILLE BLUME

Si Pernille n’avait pas l’air mécontente de son coup raté, on ne peut pas dire qu’elle a obtenu un franc succès auprès des techniciens danois ni peut-être des media au Danemark.

Dean BOLES, l’entraîneur national (canadien) du Danemark s’est montré particulièrement sévère. On le comprend, car c’est dans son rôle, et ce n’est pas en couvrant ce genre de fantaise qu’il a amené la natation ontarienne au niveau actuel. Il a déclaré à la télévision nationale qu’en agissant ainsi, BLUME s’était isolée de la compétition en choisissant de privilégier des objectifs personnels qui ne faisaient pas partie du programme. En agissant ainsi, a-t-il ajouté, elle « s’était exclue de l’équipe. » Pernille n’avait averti personne de sa tentative (et surtout pas Charlotte BONNET, qui nageait dans la ligne d’eau adjacente, et avait l’air assez intriguée, à l’arrivée de sa course !?)

Ce qui est sûr, c’est que sa lubie prive le Danemark d’une médaille quasi-assurée, voire d’un possible titre européen.

 FANTINE SUR 200 QUATRE NAGES: MOINS FACILE QUE SUR 400.

Je me suis pas mal cassé la tête depuis un jour ou deux à essayer de deviner ce que Fantine LESAFFRE valait sur 200 quatre nages après son triomphe sur la distance double. Résultats ? Pas terrible. Mes cogitations valaient à peu près autant que l’inspection du foie des volailles ou l’observation du vol des oiseaux par un haruspice étrusque ! Trop d’éléments en jeu.  

Toujours est-il qu’elle s’est qualifiée un peu dans la douleur, ce mardi de Glasgow. 5e de sa demi, 8e au classement général, elle nagera à l’extérieur, ce qui n’est pas forcément un handicap.

KOLESNIKOV PIÉGÉ PAR LA REGLE DES DEUX NAGEURS PAR PAYS

– En dos, le meilleur nageur du monde est viré de la finale ! Dès les séries, Kliment KOLESNIKOV se laisse déborder par son compatriote Grigory TARASEVICH et se retrouve piégé par la règle des deux nageurs par nation. Après un championnat de grande classe, record du monde du 50 et titre du 100 dos, il passe à la trappe ! Le grand garçon (à qui je trouve un faux air de Stephan Caron au même âge) survivra à cette avanie.

Réflexion faite, cette règle est anormale. Elle est assez aberrante. Le nageur d’une grande équipe est contraint à disputer une deuxième compétition dans la compétition…

En séries du 800 mètres, gag, Sergi FROLOV et Victor JOHANSSON, 8e ex-aequo en 7’54s31. Un barrage sur 800 mètres ?

Dans ces mêmes séries, PALTRINIERI, qui a invoqué un rhume pour justifier sa légère contre-performance du 1500, joue ici le lièvre de luxe dans la première série ; par cet effet, les cinq meilleurs qualifiés, dont notre Damien JOLY, appartiennent à cette série. WELLBROCK, le vainqueur du 1500 mètres, nagera à la 7, ce qui ne constitue certes aucun handicap…

Qualification des Françaises sur 4×2. Gros coup de moins vite de Marie WATTEL, 2’3s28 lancée dans son relais ! Elle a relâché son effort. Malgré cela, compte tenu qu’il y a quatre ou cinq relais de valeur en Europe, on se qualifie 4e… Les Italiennes ne se sont pas présentées au départ. PELLEGRINI s’est qualifiée sur 100 pour les demis et, les Italiens l’ayant sortie de la naphtaline, on l’a entraperçue dans un relais quatre fois deux mixte, en 1’56s76 lancée…

Etonnamment, car « sur le papier » leur relais vaut largement le Français, avec PELLEGRINI, Stefania PIROZZi, 1’59s71, Linda CAPONI, 1’59s74, Margherita PANZIERA, 2’0s21 (aux championnats d’Italie). Mais le relais est un peu victime du programme FINA où les épreuves se bouffent les unes les autres. Et PELLEGRINI nage le 100…

En finale, les Françaises paraissent devoir monter sur le podium, elles sont même en tête quand Assia TOUATI plonge, mais les Britannique, les Russes et les Allemandes ont mis leurs gros bras pour finir…et l’or se changea en argent, puis en bronze, puis, pour deux centièmes, en… chocolat, parait-il.  Je me demande si BONNET placée en dernière position n’aurait pas trouvé les ressources pour assurer une breloque… On ne saura jamais.