AVEC REGAN SMITH, LES USA TIENNENT-ILS UN REGAIN DE NATALIE COUGHLIN OU MISSY FRANKLIN ?

AVEC REGAN SMITH, LES USA TIENNENT-ILS UN REGAIN DE NATALIE COUGHLIN OU MISSY FRANKLIN ?

Éric LAHMY

Dimanche 2 Avril 2017

Une dossiste de quinze ans (anniversaire en février), Regan SMITH, se présente aux Etats-Unis comme la prochaine Natalie COUGHLIN, ou Melissa FRANKLIN. SMITH n’a cessé de ratisser les records américains des jeunes catégories d’âge. Son coach, Mike PARRATTO, qui achève dans le Minnesota une belle carrière passée entre le sud et l’Etat d’Indiana [avec son épouse Amy, entraîneur de plongeon, et sa fille Jessica, plongeuse olympique], et a emmené dans le passé la recordwoman du monde du 100 mètres Jenny THOMPSON, dit de sa dernière trouvaille : « elle suit la voie de Missy FRANKLIN, cela ne garantit rien pour l’avenir mais c’est bon de voir ça. »

Regan est la 7e nageuse au monde de 15 ans à avoir « cassé »la minute au 100 mètres dos, avec un temps de 59s74, lors des « sectionals » de Speedo, à Indianapolis. Le site US Swim Swam donne le classement qui suit des meilleures nageuses de 100 dos de quinze ans : 1. Minna Atherton, Australie, 59s37 (2015) ; 2. Missy Franklin, USA, 59s56 (2011) ; 3. Emily Seebohm, Australie, 59s59 (2008) ; 4. Mie Nielsen, Danemark, 59s69 (2012) ; 5. Regan Smith, USA, 59s74 (2017) ; 6. Rachel Bootsma, USA, 59s77 (2009) ; 7. Daria K. Ustinova, Russie, 59s78.

L’année est loin d’être finie, et donc Regan pourrait bien battre le record d’Atherton dans sa tentative de se qualifier aux championnats du monde de Budapest.

Son précédent record personnel, 1’0s26, datait du 5 août dernier ; elle l’avait accroché, lors du dernier US Open, en finale, après avoir, en séries, en 1’0s31,  battu le record US des 14 ans de Missy Franklin, 1’0s50 en 2009. Toujours à l’US Open, Smith avait réalisé 2’11s41 au 200 dos.  Elle excelle aussi sur 100 mètres papillon et fait mieux que se débrouiller en nage libre.

C’est ainsi qu’à Indianapolis, Regan a nagé le 200 dos en 2’9s79, devançant Grace Ariola, 16 ans, 2e, 2’12s21, lancé le relais quatre fois 200 mètres libre de Riptide en 2’1s90 (un temps battu dans la finale individuelle par Vien T. Nguyen, 2’0s51, et Melissa Pish, 2’1s77), puis celui du 4 fois 50 mètres quatre nages en 28s75 (dos). Elle s’est qualifiée, sur 100 papillon, avec le meilleur temps, 1’0s92, avant de l’emporter en finale en 1’0s21. Ce matin (décalage horaire défavorable) elle était en course pour la finale du 100 libre.

Regan, qui vit à Lakeville [ville du Comté de Dakota, au sud des cités jumelles de Minneapolis et St.Paul, dans l’Etat de Minnesota], nage au Riptide Swim Club, à St-Paul, où ses exploits aquatiques lui auraient déjà mérité le surnom de « Riptide Rocket ». Rien de prédestiné, signale son père, Paul. Ses parents n’ont jamais nagé.

Elle, apprit  à deux ans, se lança dans les compétitions à sept ans et demie, après avoir vu sa sœur aînée Brenna disputer des courses, et réussit assez vite des temps intéressants. « Au club, vous avez des chartes, qui vous indiquent la valeur des temps, raconte son père, qui, depuis, s’est mis à entraîner. Un double A signifie un temps de champion. Dans son premier meeting, elle obtint cinq doubles A en six courses. C’est un poisson ! » Un petit poisson doit grandir dans l’eau, dont la maîtrise requiert une longue patience. De nos jours, Regan doit se lever les mardis et jeudis à 4h50 du matin pour nager avant l’école. Personne au club ne travaille aussi dur qu’elle. Mais jusqu’à 13 ans, elle ne s’entraînait pas plus de trois jours par semaine, ce dont elle se félicite : « si j’avais nagé pour aller aux Jeux entre 9 et 11 ans, je crois que je ne nagerais plus. Je serais brûlée. »

L’été 2016, à 14 ans, elle termina 12e des « trials » olympiques US sur 100 mètres dos. Parmi ses adversaires, deux championnes olympiques : Missy Franklin, 21 ans, et Natalie Coughlin, 34 ans. Regan eut beau avoir battu ses records personnels à ce meeting, elle s’en fut assez peu satisfaite de ses résultats : « parfois, je me trouve un peu trop dure pour moi-même. C’est que j’ai des ambitions très élevées, et entends les atteindre. » Entre-temps, elle est devenue le monstre de la natation de son Etat, enlevant toutes les courses du championnat national, souvent devant des filles de plusieurs années plus âgées qu’elle.

Peut-être pas la meilleure façon de se faire des copines?

GILLES SEZIONALE ÉLU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION

Francis LUYCE, battu, avait atteint les 50% de voix, mais s’est retiré

Éric LAHMY

Dimanche 2 avril 2017

M. Gilles SEZIONALE a été élu aujourd’hui président de la Fédération française de natation. Après 24 ans de présidence Francis LUYCE, c’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre pour la Fédération. La veille encore, la campagne faisait rage, LUYCE, demeuré candidat malgré des signes des progrès de l’opposition et semblant croire en ses chances, vitupérait ce qui lui semblait être une sédition.

Une telle position, après sa défaite, lui commandait de s’en aller. Il est parti ! 

C’est une situation équivoque que laissent LUYCE et les siens à leurs successeurs. Une position financière saine, certes, mais à côté de cela, une série de chantiers voire même de ruines : élite décapitée par les départs de toute une glorieuse ancienne génération, image médiatique délabrée par la gestion maladroite des sélections olympiques et par des résultats décevants, assiette des clubs difficile et par endroits alarmante, équipe technique inquiète et pour certains démobilisée pour ne pas dire démoralisée. A cela s’ajoute que seulement 14% du budget fédéral s’en allait vers le sport, tout le reste étant dévoré par les frais de gestion du siège… 

Il va peut-être maintenant devoir faire preuve de patience. Rendre l’espoir aux clubs par des mesures adéquates, ramener l’enthousiasme parmi les techniciens, mener une action urgente de style commando pour les nageurs français qui vont se colleter avec les championnats du monde de Budapest en juillet prochain, avant de s’attacher aux actions à moyen terme, telles sont les idées qui me viennent en vrac, et qui seront, je crois, pour certaines d’entre elles, à la base des actions menées par Gilles SEZIONALE et les femmes et hommes de son groupe. 

Une chose me parait sûre. Aussi peu doué suis-je pour un enthousiasme de commande, aujourd’hui, je vois aux manettes des gens ouverts, décidés, et qui ont fait leurs preuves dans leurs différentes régions. Je suis aussi sûr que possible, outre leur compétence, de leur bonne volonté, de leur sincérité, et c’est peut-être cela qui pourra faire la différence.

DANIEL GYURTA VEUT PRENDRE SA REVANCHE A BUDAPEST

Éric LAHMY

Samedi 1er avril 2017

Interrogé par Gergely Csurka, membre de la commission media de la FINA, Daniel Gyurta, le champion olympique du 200 mètres brasse, en 2012, à Londres, a estimé qu’il était en mesure de retrouver le niveau qui avait été le sien dans le passé. Gyurta fit une entrée en fanfare dans la haute compétition, en 2004, lors des Jeux olympiques d’Athènes. Dans le temps de 2’10s81, il ne fut devancé que par le Japonais Kosuke Kitajima, 2’9s44, et se permit de troubler le duel entre Kitajima et l’Américain Brendan Hansen.

Quatre années plus tard, Gyurta, après avoir établi le record olympiques en séries, aux Jeux de Pékin, se fit reprendre ce record en demi-finales par Kitajima et ne put faire mieux que 5e en finale. L’olympiade suivante fut la sienne : champion du monde en 2009 à Rome, devant Eric Shanteau, USA, puis à Shanghai, en 2011, devant Kitajima, il enleva le titre olympique de Londres, en 2012. Encore champion du monde de son épreuve fétiche, à Barcelone en 2013, Gyurta enleva le bronze aux mondiaux 2015 de Kazan. Double champion du monde en petit bassin, six fois champion d’Europe, il ne put se montrer à la hauteur de sa réputation aux Jeux de Rio. Il fut par deux fois éliminé en séries, 17e sur 100 et sur 200 brasse. A vingt-sept ans, il paraissait avoir bouclé la boucle.

Mais Gyurta pense différemment. Entraîné désormais par Jozsef Nagy, il suit une préparation intensive et aurait changé de technique.

« En sortant de l’eau, à Rio de Janeiro, je n’ai pas fait la tête. J’ai continué à sourire comme quand je gagnais, explique Gyurta. Et cela parce que j’avais fait le travail, et tout en ordre pour me présenter à mon meilleur. Et je ne ressentais aucune tristesse à ce moment. Il y avait plusieurs raisons à ma défaite à Rio, mais sur le moment, je n’ai pas pleinement réalisé ce qu’il s’était passé. Quelques jours avant la compétition, certaines personnes perçurent que ma nage n’avait pas le niveau attendu.

Je savais après les Jeux que j’avait le même potentiel, mais qu’il fallait que je quitte mes entraîneurs depuis dix-sept années, Sandor Szeles, Ferenc Kovacshegyi et Balazs Virth, et devais continuer de travailler avec Josef Nagy, qui avait entraîné aux USA et au Canada et rentrais au pays. Il m’a amené une puissance et un gang nouveau à ma routine. Les championnats du monde, cet été, donneront le fruit de notre travail.

Les ennuis ont commencé pour moi dans la préparation des mondiaux de Kazan. Pendant six ans, j’ai gagné pratiquement toutes les courses que je disputais, et à l’approche des mondiaux de Kazan, j’ai tellement voulu gagner que j’ai perdu ma rationalité. Je me suis senti plus mal après Kazan qu’après Rio, parce que j’étais tellement sûr de nager la course en 2’6s. Si nous n’avions pas raté les deux semaines précédant les mondiaux, j’aurais fait mieux que 3e en 2’8s1.

Et après Kazan, cela n’a pas été mieux parce que nous avons commencé à courir derrière nous-mêmes. J’ai ainsi manqué les championnats d’Europe de Londres parce que nous pensions avoir besoin d’une semaine en plus d’entraînement. Nous croyions avoir tout juste. Après coup, on s’est dit que tout cela c’était de mauvaises idées.

La brasse est une nage imprévisible. Une différence de poids de 500 grammes change votre flottabilité. Rares sont les nageurs de brasse – Kitajima, Marco Koch et moi-même – qui ont eu de longues périodes de succès. Et le Kazakh qui a gagné, il a eu un mal fou à entrer en finale.

Nagy, avant de s’entraîner ensemble, m’a dit qu’il fallait repartir de zéro, pour tenter de retrouver le niveau qui avait été le nôtre. On a laissé la méthode d’endurance pour une autre plutôt basée sur de la technique : moins de kilomètres, plus d’intensité.

Je n’ai jamais été aussi fatigué à l’entraînement. Nagy est exigeant, il fait monter les exigences chaque jour, mais il reste attentionné. Il suit mes réactions de près pour rebondir sur mon vécu à la séance suivante.  J’espère qu’on verra des changements aux championnats…

MONDIAUX DE BUDAPEST: TOUT VA BIEN

Un comité technique de la Fédération internationale (FINA) emmené par son directeur exécutif Cornel Marculescu a mesuré l’avancée des travaux de préparation des prochains championnats du monde, qui se tiendront à Budapest entre le 14 et le 30 juillet. Les membres de divers comités techniques ont évalué les progrès par une série de réunions et de vistes des sites en compagnie du comité d’organisation Budapest 2017.

Au départ, Budapest ne devait accueillir ces mondiaux qu’en 2021, mais le retrait hâtif d’une candidature mexicaine (Guadalajara) a contraint la FINA à trouver une solution de repli. Budapest, qui était candidate à l’organisation des Jeux olympiques de 2020, s’est portée volontaire pou avancer de quatre ans son organisation. Des mondiaux 2017 organisés en urgence auraient démontré la capacité organisatrice hongroise dans l’optique de sa candidature à la tenue des Jeux olympiques de 2024. Les mondiaux 2021 ont été depuis attribués à Fukuoka, Japon.

Entre-temps, Budapest a retiré son dossier olympique, de peur d’un mouvement anti-olympique, qui avait obtenu 100.000 signatures en quelques semaines. A 138.000 signatures, on aurait été contraint légalement d’organiser un périlleux referendum.

Les sites des six disciplines ont été visités. L’arène aquatique Danube, inaugurée par Katinka Hosszu, représentant le centre du projet. Le plongeon et le plongeon de très haut-vol se tiendront le long des berges du Danube, sur le square Batthiany, en face du Parlement, la natation synchronisée au Parc de la ville. Le budget des mondiaux est toujours discuté… E.L.

PORTRAIT UN PEU FLOU DE GILLES SEZIONALE

Éric LAHMY

Mardi 28 Mars 2017

Autant le dire tout de suite, je ne connais pas Gilles SEZIONALE. Je ne l’ai jamais vu, n’ayant pas suivi la natation après 1997 et jusqu’en 2011 à part de très petits apartés avec ce sport. Mes seuls contacts avec Gilles ont été téléphoniques ou informatiques, genre email ou, très récemment, Facebook. Donc je ne fais pas autorité sur le sujet et ne devrais pas trop parler de lui. Mais bon, on peut avoir son avis sur les mérites partagés de Napoléon Bonaparte et de Germaine de Staël sans les avoir jamais rencontrés. Ça tombe bien, c’est de Gilles Sezionale personnage historique que j’aimerais vous parler !

Je l’ai « rencontré » sur un incident. Claude Fauquet me l’avait cité comme un dirigeant actif, et je le savais vaguement « opposant » à Luyce, quand, l’an passé, je suis tombé sur un compte-rendu d’assemblée générale ou de Comité Directeur de la Fédé et je n’ai pas compris. Sezionale y expliquait que les résultats français aux Jeux de Rio étaient excellents (ça se discute) et surtout que les critères de sélection et toute la palinodie qui avait suivi étaient au-dessus de tout critique (là, c’était franchement des contre-vérités). J’ai donc pris mon bazooka ordinateur et j’ai rédigé sur mon site des causes perdues un point de vue désabusé sur le double thème : « même Sezionale » et « à qui se fier. »

Assez vite, je reçus un appel de Sezionale, qui m’expliqua comment cela se passait à la Fédé-Luyce. Après une assemblée ou un bureau, un certain Sauget, secrétaire général, réécrivait un compte-rendu menteur dans la grande tradition des dictatures militaires, où pas l’ombre d’une contestation ne dépasse; puis son fastidieux pensum était relu par le Signor Uno ! Il me paraissait incroyable que cela puisse aller jusque là ; en 40 ans, je n’avais pas tout appris sur ce défi au travail collectif et cette constipation cérébrale, cette occlusion au plan des idées qu’a pu représenter le système Luyce.

Depuis, on a parlé à quelques reprises, et il m’a donné des informations sur son background, sur ses ambitions, sur la façon dont il avait essayé de « fonctionner » avec, puis après des années de bonne volonté, contre Francis Luyce.

Je ne le connais toujours pas, mais je me suis fait une idée. J’ai décidé de demander à quelques personnes de me décrire Sezionale. Succès mitigé. J’ai dû mal m’y prendre, car deux des personnes sollicitées, sans doute occupées ailleurs, à moins que mon message n’ait pas abouti, Fabrice Pellerin et Bernard Dalmon, n’ont pas retourné mon appel.  Pendant ce temps, j’étais fort occupé moi-même et je n’ai pu insister ou interroger plus de monde, disgraziato !

Tant pis, j’ai un bon portrait que m’en a fait  Christiane Guérin, et un témoignage de Richard Papazian. Je l’ai complété avec des bouts d’entretiens téléphoniques avec Gilles, depuis octobre 2016.

J’ai jeté ça sans souci de forme. Je ne sais ni si c’est lisible, ni ce que cela vous inspirera, mais moi, je sais pourquoi j’écris ça. Parce que le temps presse et qu’il faut que ce soit Sezionale, ce 2 avril, qui sorte président de la FF Natation.

GILLES SEZIONALE EST NOTRE CHEF NATUREL

Christiane Guérin :

« Gilles, professionnellement, est le propriétaire de deux pharmacies, et le responsable d’une centrale d’achat régionale de produits pharmaceutiques. Il vient d’une famille aisée, et son hobby, son évasion, c’est le yachting. Sa mère vit aux USA, il s’y rend souvent.

« L’homme est proche de ses enfants. Sa fille, Carine Sezionale-Sollberger, est avocate. Carine est avec nous ; elle a travaillé à l’élaboration du programme de son père et se présente à l’élection. Gilles a aussi un fils de 29 ans, interne en médecine.

« Je décrirais Gilles comme quelqu’un qui, quand il accorde sa confiance, le fait complètement. Mais il faut montrer patte blanche.

« Il se fie à son intuition. Il a beaucoup d’amis et cerne assez vite ceux qu’il ressent comme étant les bonnes et les mauvaises personnes.

« Sa tendance à faire confiance l’amène à vous laisser travailler en autonome. Sous ce rapport, je le trouve impressionnant.

« C’est un homme du Midi, très chaleureux, plein d’enthousiasme dans les relations, assez tactile. Il salue très volontiers, embrasse sans retenue. Je viens d’une région, Dijon, où les gens sont froids, et gardent leur quant-à-soi. Des bourgeois snob, si vous voulez, et parmi eux, il tranche. Mon mari et moi, il nous a fallu un peu de temps pour s’habituer.

« Il y a quatre ans, Gilles Sezionale disait que les choses n’avançaient pas à la Fédé. Il y avait eu un accord entre Luyce et lui. Luyce garderait les oripeaux du pouvoir, salaire, train de vie, LEN et FINA, et avait promis qu’il ne se mêlerait pas de la gouvernance. Luyce avait adoubé Sezionale, en quelque sorte, mais il n’a pas tenu parole. Les nominations des DTN, après la mort de Donzé et le départ d’Horter, il les a faites seules, passant en force. »

« Luyce refusa de faire voter le Bureau directeur, parce qu’il savait qu’il serait minoritaire. Et il désigna seul Lionel Horter puis Jacques Favre…

« Nous, on n’avait pas de doutes sur Sezionale. Il est notre chef naturel. Jean-Jacques Beurrier aurait pu logiquement s’imposer, étant le président de la plus grande région. Mais il n’a pas fait le match. Il estimait ne pas être un meneur.

« Sezionale est rapide. Il a mille idées à la seconde. Il foisonne, fait énormément de choses. Il est intelligent, a une capacité de travail énorme. Il s’adapte aux défis, n’hésite pas à se remettre à flot quand il estime qu’il lui manque un savoir. Il est docteur en pharmacie, mais ça ne lui suffisait pas, il est allé se former en écoles de commerce, a appris à gérer ses pharmacies et à diriger sa centrale d’achats. Il n’est pas du genre à reculer devant des difficultés.

« De plus, il est très ordonné, organisé ; ce n’est pas un homme bordélique.

« Sur la Côte d’Azur, sa région, il a su poser les choses. Pour son plan « j’apprends à nager », il a acheté des bassins itinérants ; ils se sont promenés sur les plages, ça a attiré 2.000 licenciés. Il en a fait un gros truc. »

Homme d’initiatives, « Sezionale est à l’origine du bassin du club de l’Olympic de Nice. Il a réussi à convaincre le maire Estrosi de faire quelque chose. A Antibes, il a développé des relations particulières avec Denis Auguin, auquel il a sauvé la mise – avec Claude Fauquet – quand Denis cherchait un point de chute après avoir été évincé de Marseille. »

Trois champions olympiques individuels français, Alain Bernard, Yannick Agnel, Camille Muffat, ont donc fleuri sur la Côte d’Azur…

« Gilles est un vrai passionné. Aujourd’hui encore, il continue d’entraîner des groupes de nageurs.

« La réforme régionale unifiait Provence et Côte d’Azur, et là encore il a pris les choses en mains. Il a travaillé à fédérer les clubs, il a commandé des bus et emmené les gens voter. En face, il n’y avait personne. Raymond Tappero, le président sortant de la Provence, ne s’y est pas risqué. »

Maintenant, requinqué par l’appel du Phare de Dunkerque, Tappero monterait à Paris, défendre le président sortant… Bon vent !

Sezionale, « son but est de reproduire à la fédération cette « gouvernance » testée sur la côte. On peut le prendre pour l’envers de Francis, en ce sens qu’il est resté un vrai bénévole, désintéressé. Il a annoncé la couleur au sujet de tout ce qui passionne Luyce, compléments de salaire, appartement parisien, frais, ça ne l’intéresse pas. Il n’a pas besoin de ça. » 

LE SCANDALE DE LA FÉDÉ LUYCE: SEULEMENT 14% DU BUDGET RETOURNE AU SPORT

Pour Richard Papazian, le président de Nice :

« Sezionale, je suis dans le coup, même si je ne cherche pas un poste au comité directeur. Il faut un changement de gouvernement. Luyce ne s’en rend pas compte. Il aurait pu être un président exceptionnel pour la Fédération, quelqu’un d’adulé, dont on se serait souvenu. Là, il va sortir par la petite porte.

« D’un autre côté, Luyce sait… faire de la politique. Se servir. Il ne s’est jamais intéressé à la natation. Ne supporte pas la critique, la discussion. En 2001, j’avais émis l’idée que le système était archaïque. Que n’avais-je pas dit. Il ne m’a plus parlé pendant quinze ans. Or qu’est-ce qu’une fédération dont seulement 14% du budget retourne au bénéfice du sport ? Car tels sont les chiffres, 14 millions de budget, 14% au sport. Un scandale.

« Gilles Sezionale, lui,  travaille collectif. Il est ouvert, à l’écoute. A Nice, on est le club qui fait remonter le plus d’argent, de toute la France, avec nos 2.000 licences. Pourquoi ? Parce qu’on marche main dans la main avec Sezionale… Et il y a un retour de la région. Un esprit… L’argent ne sert pas seulement à faire fonctionner le comité régional. Au comité de la Côte d’Azur, nous avons mis l’argent à la disposition du sport : de toutes les disciplines… L’esprit de la Côte d’Azur, c’est de faire rentrer de l’argent pour le rendre à toutes les disciplines, des jeunes aux filières de haut niveau. Et cet esprit, il faut le copier coller à la Fédération.

« Sezionale a prouvé son intérêt pour toutes nos disciplines sportives, ceci en faisant confiance aux gens qui démontrent leur passion. Son programme est un vrai programme, pas des paroles « politiques ». J’en sais quelque chose, je le vis avec lui. »

 « QUE LES COMITÉS RÉGIONAUX GÈRENT LES BASSINS »

Sezionale speaking :

« Il faut essayer que les comités régionaux gèrent des bassins. Francis Luyce ne croit pas aux investissements qui peuvent rapporter. Lui met de l’argent à la banque. Sortir de l’argent pour investir, ça ne lui ressemble pas. Ici, on voulait gérer la piscine de Nice. Cela a été refusé. Fabrice Pellerin a utilisé la piscine trois à quatre heures par jour. L’opposition réclame une redistribution des lignes d’eau : la piscine, c’est 500.000€ de déficit. Le comité de la Côte d’Azur s’est développé sur les clubs d’été, avec des licences à 15€. Luyce m’a dit : les bassins d’été, ça ne marche pas. C’est ce qui marche le mieux. »

Ces différences dans les façons de fonctionner se retrouvent ailleurs. Quand il s’est emparé de la nouvelle grande région d’Occitania, Bernard Dalmon a, immédiatement, signé l’achat de deux bus pour  Font-Romeu. Cela a été son premier geste, symbolique, présidentiel… L’ancien président du Languedoc-Roussillon, avait bloqué, on se demande bien pourquoi, 40.000€ envoyés par la Fédération et destinés au centre climatique et sportif.

« Luyce est entré dans le programme World Cup pour se dorer la pilule à la FINA. Cette plaisanterie nous a coûté 500.000€ ; en plus, il s’est fait refourguer la date que personne ne voulait, juste après les Jeux, quand les nageurs ne songeaient qu’à partie en vacances. Avec ça, le Golden Tour risque de disparaître. L’argent va à Katinka ! Maintenant, Chartres, c’est mort, et le ministère donne moins d’argent… »

COUP D’OEIL SUR TÊTES DE LISTES

L’équipe fantôme qui partait à la conquête de la Fédération s’est mise à exister sur le papier en fonction des compétences et de la stratégie. Bien sûr, tout le monde est conscient qu’il faudra d’abord être élus. Mais on n’a pas « vendu » des places à des « appétits », la Fédération ne sera pas un « fromage ». On s’est efforcé de mettre « the right (wo)man in the right place » réunissant un désir, un savoir-faire,  un caractère consensuel.
Si tout se passé bien, Jean-Jacques Beurrier sera président délégué, Christiane Guérin secrétaire générale, Bernard Dalmon trésorier, Patrick Perez son adjoint et bien sûr Gilles Sezionale le président. 

 

DEMANDEZ L’ANTISÈCHE « PROGRAMME » OU LUYCE VEUT ACHEVER CE QU’IL N’A JAMAIS COMMENCÉ

Éric LAHMY

Montréal, dimanche 26 mars 2017

Pas trop regardé jusqu’ici le programme de Francis Luyce en vue des élections de cette fin de semaine, pour les années à venir.

Dommage, il y a de quoi se régaler. Mais il n’est pas trop tard. Essentiellement, je ne vais pas vous citer autre chose que les déclarations d’intention ; elles m’ont laissé rêveur. Certes, il y a l’envolée initiale, la natation française devenue forte, professionnelle, etc. Tout cela n’est pas faux, il y a eu de bonnes choses, et sous la gouvernance de Luyce, la natation française a atteint son zénith, sans qu’on puisse totalement affirmer que le président y ait joué un rôle moteur essentiel (on ne peut pas non plus dire le contraire). On ne va pas chinoiser sur le fait qu’il était là…

Et ensuite? Voilà ce que j’ai trouvé intéressant de relever et de commenter…

1.)« Des départs brutaux et une désunion insidieuse du bureau fédéral ont rendu la dernière olympiade très instable. Notre fonctionnement solidaire et efficace a été entravé, rendant difficile le pilotage sportif et institutionnel. Certains, en freinant, perturbant la bonne conduite de nos équipes et nos projets, ont démontré un sens des responsabilités incertain. »

On a envie de dire : des noms. Qui a bien pu perturber, par exemple, la sélection des nageurs français aux Jeux olympiques de Rio, les critères aberrants qui ont été choisis, puis l’abandon de ces critères après les championnats qualificatifs pour les Jeux ? Doit-on aussi relire les fameux « passages floutés » du rapport ministériel de 2014, dans lesquels la politique de Francis Luyce et le fonctionnement de Lionel Horter Directeur technique étaient « interrogés »?

2).« Nous avons proposé un calendrier électoral qui permettait pour la première fois aux ligues de se renouveler avant notre Assemblée générale élective. »

Mauvaise mémoire ou mémoire sélective : le calendrier préféré par Luyce était d’élire le président avec les anciens comités, puis après cela « renouveler » les ligues. C’est ce que Luyce et les siens avaient essayé de promouvoir en vain… Se féliciter que ce soit l’autre fonctionnement qui ait prévalu comme si cela venait de lui est fortement culotté. « Si les événements nous échappent, feignons d’en être les instigateurs ».

3). « J’ai proposé d’en finir avec l’hypocrisie de nos systèmes en mettant en place un scrutin de liste, à l’instar de toutes les grandes fédérations. Cela a été refusé. Par ceux qui établissent aujourd’hui une liste. Et parlent de « modernisation ». »

Où est l’hypocrisie qui consiste à ne pas avoir voulu remettre en cause le mode de scrutin actuel à la dernière minute ? Dire que le scrutin de liste est « moderne » parce qu’il est adopté par une majorité de fédérations sportives en France me parait être un excès de langage. Tout au plus, c’est un scrutin dans le vent. Et on comprend pourquoi. Ce système convient aux équipes en place : il est plus facile de monter une liste quand on est au pouvoir, au centre des affaires, quand tout le monde défile dans votre bureau présidentiel, que dans l’opposition, et c’est pour cette raison que Luyce y tenait. Le scrutin de liste est le meilleur moyen, pour un groupe sans scrupules, de se maintenir indéfiniment au pouvoir… D’ailleurs, le scrutin de liste n’a pas que des enthousiastes parmi les dirigeants, et Jean-Luc Rougé, président de la Fédération française de judo, le rejette comme étant « clivant ».

Quant à critiquer l’opposition pour avoir monté une liste, c’est jouer sur les mots, car cette liste n’est pas institutionnalisée : elle ne passera pas en bloc. Luyce a passé sa vie à monter des listes en l’absence de scrutin de liste parce que ces deux choses ne sont pas équivalentes. La liste Sezionale est basée sur des alliances, des affinités, des mots d’ordre, mais chaque candidat, quelle que soit sa liste, sera élu (ou non) individuellement. La liste Sezionale a beau exister, elle n’a rien d’officiel: elle est cimentée par une foi collective (et la discipline de vote).

4.)« Je ne peux rester sur un travail inachevé. J’ai l’expérience et la disponibilité pour organiser les ultimes évolutions dont a besoin la natation française. »

Pour ce qui nous concerne, il n’y a pas autre chose que du travail inachevé. C’est cet inachèvement qui est dans la nature de la vie, des actions humaines. Sezionale et les siens ne sont pas là pour « achever » un travail. Croire qu’on va réaliser les « ultimes évolutions » de la natation française, c’est un tour de passe-passe, une fantasmagorie, un messianisme trompeur,… et la preuve que Luyce ne se rend pas compte de ce que la vie, la société, sont une remise en cause permanente. Ce que doit faire une équipe, selon moi, c’est de réaliser, si possible le jour dit, les réformes nécessaires. Or ces réformes « nécessaires » le sont depuis longtemps et Francis Luyce n’en a pas mené beaucoup.

5).« En me désengageant de tous mes autres mandats fédéraux, j’ai démontré que je sais organiser des transitions réussies et je suis désormais complètement disponible et indépendant. J’ai autour de moi des dirigeants qui ont fait leurs preuves et d’autres qui ne demandent qu’à les faire. Cette mixité de compétences et d’approches apporte une énergie vitale à nos activités. »

Voilà ce que j’appelle une déclaration d’intention peu crédible. Qu’est-ce que des transitions réussies ? L’équipe des dirigeants qui entoure Luyce me parait fourbue…

Je veux bien être pendu si cette partie de son texte n’est pas une pure et simple transposition des déclarations de Sezionale sur son organisation professionnelle en vue de son élection à la présidence de la FFN.

Quoi d’autre?

Luyce évoque l’INSEP et Font-Romeu pour les mettre « au coeur du projet de performance fédérale. » Que ne l’a-t-il fait dans les 24ans qu’il a présidé, au lieu de négliger ces outils qu’il découvre précieux?

Il entend « simplifier les règlements sportifs au plus près des attentes des clubs »? Pourquoi sont-ils alors devenus ces incompréhensibles « usines à gaz » dont nous parlait un de nos lecteurs?

« Agir au plus tôt sur la reconversion des sportifs de haut niveau » lui tient vraiment à coeur? Pourquoi en 24 ans ne s’est-il intéressé à la reconversion et au bien-être que du seul Francis Luyce?

Veut-il vraiment « réaliser la réforme de la licence dès 2018 »? Pourquoi dès lors s’est-il déclaré opposé à toute réforme de la dite licence encore en ce début de mars 2017, alors que le comité directeur évoquait cette question, Luyce retrouvant là ses vieux réflexes, et sa très vieille politique de licence impôt fédéral sans contrepartie?

S’apprête-t-il à lancer « une tournée des plages valorisant toutes les disciplines de la natation? » Sur le modèle, bien sûr, créé par Gilles Sezionale sur la Côte d’Azur?

Ses mesures de modernisation sont pompées sur les idées du groupe Sezionale, ainsi utiliser les visioconférences. Joli miracle de voir Luyce touché par la grâce du modernisme.

Ce n’est pas un programme, c’est une antisèche!

On le voit, le vrai souci avec Luyce, c’est qu’il n’a jamais vraiment réalisé dans le passé ces évolutions que l’on disait nécessaires. Ce passé plaide contre Luyce. Il a freiné dans tous les domaines qui sont au cœur de son projet actuel. Il y a du pompier pyromane dans sa façon de se mettre à adorer ce qu’il a consciemment brûlé dans le passé. Il n’y a pas photo: pour la modernisation du sport, c’est Sezionale en pointe et Luyce à la traîne…

Il ne s’était pas privé de promouvoir des réformes dans les années passées, quoique seulement en années électorales. Et ce n’est pas le temps qui lui a manqué pour les faire aboutir. Non, ce n’est pas le temps, mais, de quatre en quatre ans, l’envie qui lui a manqué.

SEUL CONTRE TOUS : CAELEB DRESSEL, 40s00 AU 100 YARDS, ET LES QUATRE DU TEXAS

Éric LAHMY

Dimanche 26 Mars2017

1650 yards : le grand Clark Smith a utilisé ses compas pour réussir le doublé du demi-fond. Après le 500 yards, il a donc enlevé la course longue des (soixante-six petits) bassins, en 14’22s41. L’affaire s’est réglée au sprint : quatre hommes dans une seconde… Mais une fois encore, c’est un Texan qui l’a emporté. Smith, 14’22s41, devance Felix Auboeck, 14’22s88, Akaram Mahmoud, 14’22s99, et Jordan Willimovsky, 14’23s45.

Sur 200 dos, Ryan Murphy, champion olympique, était invincible. Mais, porté par le vent texan, l’un de leurs représentants en finale, John Shebat, tenta quelque chose contre l’ogre de California. Il partit sur des bases record, 22s35 contre 22s70 à Murphy, maintenait son avance aux 100 (46s82 contre 47s24) et encore aux 150 (1’11s62 contre 1’12s01). Maintenir son allure jusqu’au bout eut mis Murphy en grand péril d’être vaincu. Mais, il n’y parvint pas et Murphy, ayant respecté une rigoureuse égalité d’allure, l’emportait en 1’36s75 (22s70, 24s54, 24s77, 24s74. 3e, Patrick Mulcare, un étudiant en deuxième année de Southern California, originaire d’Oregon.

Sur 100 yards, Caeleb Dressel a tout cassé. 40 seconde juste, une étape et une performance hors-normes pour ce crack du petit bassin, qui a été le grand nageur de ces championnats (comme l’an passé). On peut dire que Dressel a été toute la Floride à lui tout seul. Passé en 19s01, retour en 20s99, c’est donc 40 secondes tout rond… L’an passé, il avait amené le dit record à 40s46… Son second, Michaël Chadwick, se situait à 40s95, et Ryan Held, 3e, à 41s21 soit dans son battement de pieds ! Tous les finalistes nageaient sous les 42 secondes, comme en séries d’ailleurs, où le premier relégué à la finale B, le vainqueur du 200 yards, Townley Haas, nageait 42s05.

Les meilleurs 100 yards : 1. Caeleb Dressel, 40s (2017) ; 2. Dressel, 40s46 (2016) ; 3. Dressel, 40s48 (2017) ; 4. Vladimir Morozov, RUS, 40s76 (2013); 5. Dressel, 40s86 (2016); 6. CesarCielo, BRA, 40s92 (2008); 7. Michael Chadwick, 40s95 (2017) ; 8. Dressel, 41s01 (2016) ; 9. Nathan Adrian, 41s08 (2009) ; 10. Adrian,, 41s10 (2010).

Les nageurs les plus rapides : 1. Caleleb Dressel, 40s00 ; 2. Vladimir Morozov, RUS, 40s76 ; 3. Cesar Cielo, BRA, 40s92 (2008) ; 4. Michael Chadwick, 40s95 (2017 ; 5. Nathan Adrian, 41s08 (2009) ; 6. Simonas Bilis, 41s18 (2016) ; 7. Ryan Held, 41s21 (2017) ; 8. Ryan Hoffer, 41s23 (2015) ; 9. Matt Grevers, 41s35 (2010) ; 10. Marcelo Chierighini, BRA, 41s46.

Will Licon survolait le 200 yards brasse, qu’il gagnait de deux longueurs, et améliorait son record de la distance, 1’47s91 contre 1’48s12.

Joseph Schooling avait été méconnaissable. Le vainqueur de l’édition 2016 n’a pu faire mieux que 37e du 200 yards papillon en séries ce samedi matin. Après un passage lent, 49s18, il s’effondrait : 1’41s47 à l’arrivée, 37e sur 41 classés, à quatre secondes de son meilleur temps de la saison, 1’41s58, et loin des 1’37s97 record de sa victoire 2016.

Mais Texas avait un remplaçant de luxe en Jack Conger, dont on se souvient peut-être qu’il fut un compagnon de virée (pas très glorieuse) de Ryan Lochte à Rio de Janeiro. Ici, Conger s’en est beaucoup mieux tiré. Meilleur qualifié avec 1’39s88. Pui, le soir il s’envola vers la victoire, battant le record de Schooling, 1’37s35.

Le relais quatre fois 100 yards fut Texan, mais non sans une belle résistance des Floridiens, orchestrée par Caeleb Dressel, qui, lançant son quatuor en 40s48, toucha une seconde cinquante-huit devant Brett Ringgold pour Texas. Il fallut deux cents autres yards aux Texans Conger et Haas pour reprendre presque toute l’avance l’avance ainsi consentie, avant que Joseph Schooling ne fasse rendre gorge au Floridien Mark Szaranek. Le record d’Auburn, 2’46s03, passait de vie à trépas. Texas nageait 2’45s39.

1. Texas, 542pts;  2. California, 349pts; 3. Florida, 294.5pts; 4. North Carolina State, 272.5pts; 5. Stanford, 242pts; 6. Southern California, 237pts; 7. Indiana, 229.5pts; 8. Un. of Georgia, 183pts; 9. Missouri, 179.5pts; 10. Alabama, 153.5pts; 11. Louisville, 143.5pts; 12. Auburn, 127.5pts; 13. Purdue, 106.5pts; 14. Arizona State, 100pts; 15. South Carolina, 99pts; 16. Texas A&M, 87pts; 17. Michigan, 82pts; 18. Wisconsin, 63pts; 19. Ohio State, 58.5pts; 20. Tennessee, 55pts; 21. University of Miami, 51pts; 22. Virginia Tech, 48pts; 23. Minnesota, 43pts; 24. Arizona, 36.5pts; 25. Notre Dame, 29pts; 26. Lsu, 28pts; 27. Harvard, 24pts; 28. Penn St., 23pts; 28. Northwestern, 23pts; 30. Denver, 19pts; 31. Florida State, 16pts; 32. Duke, 12pts; 33. George Washington, 9pts; 34. Pittsburgh, 8pts; 35. Cornell, 7pts; 36. UNC, 6pts; 37. Kentucky, 4pts; 38. University of Wyoming, 3pts; 39. Hawaii, 2pts; 39. Penn, 2pts; 39. Missouri State, 2pts; 42. Towson, 1pt; 42. Yale, 1pt.

POUR TEXAS C’EST COMME DÉJA GAGNÉ

Éric LAHMY

Samedi 25 Mars 2017

http://www.sidearmstats.com/ncaa/swimming/index.htm

Ça y est, Texas ne peut plus être battu. A l’issue de la troisième journée des championnats NCAA 2017 d’Indianapolis, les Texans pourraient faire la grève sur le tas, refuser de nager, et seraient en mesure de gagner quand même au classement par équipes sur les points accumulés jusqu’ici.

Enfin, presque!

Après 14 épreuves, le classement des NCAA s’établit ainsi : 1. Texas, 391.5pts; 2. California, 253pts; 3. Florida, 224.5pts; 4. North Carolina State, 196pts; 5. Indiana, 189.5pts; 6. Stanford, 160pts; 7. Southern California, 142.5pts; 8. U. Georgia, 141pts; 9. Missouri, 135.5pts; 10. Louisville, 102.5pts; 11. Auburn, 100.5pts; 12. Alabama, 98pts; 13. Arizona State, 68pts; 14. South Carolina, 60pts; 15. Purdue, 57pts; 16. Texas A&M 56pts; 17. Tennessee, 55pts; 18. Michigan, 46pts; 19. Wisconsin, 33pts; 19. Ohio St., 33pts; 21. University of Miami, 31pts; 22. Lsu, 28pts; 22. Virginia Tech, 28pts; 24. Harvard, 21pts; 25. Arizona, 19.5pts; 26. Minnesota, 18pts ; 27. Penn State, 16pts; 28. Notre Dame, 12pts; 28. Duke, 12pts; 30. George Washington, 9pts; 31. Denver, 7pts; 31. Florida State, 7pts; 33. UNC, 6pts; 34. Kentucky, 4pts; 34. Northwestern, 4pts; 36. Cornell, 3pts; 37. Hawaii, 2pts; 37. Penn, 2pts; 39. Pittsburgh, 1pt.              

138 points d’avance sur son suivant. C’est dire la supériorité d’ensemble du groupe réuni et dirigé de main de maître par Eddie Reese, coach de génie dont l’assistant pendant près de quarante ans, Chris Kubik, disait d’avoir eu l’impression de seconder Albert Einstein.

Dans le détail du programme de la journée, que s’est-il passé ?

TROIS NAGES PLUS UNE, LA BRASSE, ET C’EST CHASE DANS UN FAUTEUIL

Chase Kalisz, de Georgia, vainqueur, haut la main, deux longueurs d’avance, sur 400 yards quatre nages, a battu son record US et NCAA, 3’34s50, réalisé en 2014, avec un temps de 3’33s42. Will Licon, qui aurait pu l’inquiéter sur la distance, et eut représenté le meilleur atout de Texas, a été réservé pour d’autres courses – et il a gagné le 100 yards brasse.

Kalisz a été lancé en direction du record par deux très forts nageurs de « papillon-dos », Andrew Seliskar (California) et Andrew Roberts (Georgia), qui lui ont mené la vie dure. Roberts a effectué le meilleur parcours en papillon, 49s69 ; en dos, avec 53s90 contre 54s10, Kalisz l’a très légèrement repris. Puis, comme il arrive souvent en quatre nages en l’absence d’un super à la Phelps ou Lochte, le parcours de brasse a décidé de la victoire. Kalisz l’achève en 58s61, contre 59s92 pour Seliskar et plus d’une minute pour tous les autres. Dès lors, la messe est dite, Kalisz ne peut plus perdre, ce sera Chase dans un fauteuil.

On peut s’amuser de constater que le classement de leurs parcours de brasse correspond à leur classement général pour six des huit finalistes, dont les cinq premiers : 1. Kalisz, 3’33s42, 58s81 en brasse ; 2. Seliskar, 3’36s18, 59s92 en brasse ; 3. Szaranek, 3’36s31, 1’0s35 en brasse; 4. Gunnar Bentz, 3’36s60, 1’1s09 en brasse; 5. Abraham Devine, 3’37s73, 1’1s27 en brasse; 6. Jonathan Roberts, Texas, 3’38s18, 1’3s70 en brasse. Derrière, cependant, Jay Litherland, Georgia, 3’38s66, 1’2s48, devance en brasse Roberts, qui s’est vraîment défait dans ce parcours.

Qu’est-ce à dire ? La brasse est le style le plus lent, et après être apparu comme le plus « naturel » pendant des siècles voire sans doute des millénaires, il se maintient de façon artificielle. En fait, à mon avis, tous les styles sauf le crawl pourraient être abandonnés, et la brasse plus que les autres (et c’est un nageur de brasse qui vous le dit).

Le but de la course est d’aller vite, et les plus rapides nageurs de brasse du monde vont plus vite en crawl, comme le démontre Ruta Meilutyte, chaque année, à plusieurs reprises.

Mais revenons à Indianapolis.

CAELEB DRESSEL DÉTRÔNE JOSEPH SCHOOLING, ROI DU PAP’.

Sur 100 papillon, Caeleb Dressel a fait fort. Le junior de l’Université de Floride a pulvérisé le record NCAA, 44s01, de Joseph Schooling (le champion olympique de Rio, de Singapour et de l’U. Texas) et Schooling lui-même, lequel s’est pendant défendu jusqu’au bout, amenant son temps à 43s75. Mais Dressel nageait, lui, 43s58.

Dressel et Schooling battent le record américain, 43s84 établi par Tom Shields en début de la saison, à Atlanta, le 2 décembre  2016. 

La façon de gagner de Dressel est fort intéressante. Il ne s’est pas défoncé d’entrée. Aux 50 yards, il était quatrième, avec 20s70, derrière Schooling, 20s39, Jack Conger, un autre Texan, qui avait dominé les séries, 20s55, et Ryan Held, 20s57. Mais en fin de course, il n’y a plus eu que Dressel, qui termine en 22s88. C’était presque du negative-split sur 100 yards papillon, du jamais vu. Un negative-split qui lui a permis de reprendre un mètre à Schooling, deux mètres à Conger et trois mètres à tous les autres finalistes. C’est une gestion de course, hardie mais gagnante en l’occurrence…

J’ai l’impression que depuis deux ou trois ans, des nageurs s’efforcent d’aborder la nage papillon comme les autres styles, posément et calmement, avec le souci de finir fort…  

Schooling, en 2016, était passé en 20s46 et avait gagné en 44s01, record NCAA, devant Dressel, 44s40 et Conger, 44s87.

Schooling aura sa revanche cet été. En grand bassin, les ondulations de Dressel, on l’a vu en 2016, se démystifient toutes seules…

Les meilleurs nageurs de 100 yards papillon sont: 1. Caeleb Dressel, 43s58 (2017); 2. Joseph Schooling, 43s75 (2017); 3. Thomas Shields, 43s84 (2016); 4. Austin Staab, 44s18 (2009); 5. Jack Conger 44s35 (2017); 6. Albert Subirats, 44s57 (2007); 7. Tyler McGill, 44s63 (2009); 8. Ian Crocker, 44s72 (2004); 9. Giles Smith, 44s73 (2013); 10. Andrew Sansouci, 44s86 (2016)

TOWNLEY HAAS ET WILL LICON, COUP DOUBLE TEXAN

Townley Haas a conservé son titre du 200 yards libre, après s’être assuré une légère avance à mi-course, qu’il a conservée sur les uns, accrue sur les autres, pour l’emporter en 1’30s65, à deux dixièmes de son record, 1’30s46, établi l’an passé à la surprise générale (il était assez peu connu). Derrière lui, Blake Pieroni et Dylan Carter, qui s’étaient illustrés dans le quatre fois 200 le premier soir des championnats, ont fini ex-aequo, dans le même centième, en 1’31s16. Un temps qui fait d’eux les 2e performers de l’histoire

Sur 100 mètres brasse, un autre Texan, Will Licon, s’emparait de la première place, après une lutte serrée contre l’allemand du Missouri Fabian  Schwingenschloegl, lequel se lança avec fougue, menant la course avec un mètre sur pratiquement tout le monde, sauf Licon qui le serrait de très près et parvenait in extremis à le passer, 50s68 contre 50s77, à distance du record de Kevin Cordes, 50s04. 

Sur 100 yards dos, Ryan Murphy, de California, a fait honneur à son titre olympique et à tous ses autres antécédents. Il a gagné en 43s99, à une demi-seconde de son record NCAA et des USA, et a devancé le Texan John Shebat, 44s35, et Oslin Connor, d’Alabama, 44s56.

Connor Oslin d’Alabama avait dominé les séries avec un temps de 44s59. Il passe pour un petit, avec son 1,80m, mais cela ne l’a pas empêché de tenir sa place dans la compétition universitaire US. Présenté ironiquement par Swimming World comme « de petite taille par absence d’hormone de croissance à la naissance et toujours sous-apprécié depuis l’école primaire », celui qui fut « toujours l’un des plus petits nageurs dans ses équipes sportives » (selon Dennis Pursley), Connor a été « très faiblement recruté, faiblement apprécié » et finalement, grâce à son sérieux dans le groupe de demi-fond coaché par James Barber, il a « outrepassé toutes les attentes sauf peut-être les siennes. » Le voilà 3e d’un championnat national…

…La taille n’est peut-être pas tout. Sur le podium, à côté d’Oslin, Murphy, 1,90m et Shebat, 1,88m, sont grands, mais pas des géants...

QUATRE DU TEXAS POUR UN RELAIS GAGNANT : SHEBAT, LICON, SCHOOLING ET RINGGOLD

Peu après, le même Oslin, pour Alabama devançait Murphy et tutti quanti au départ en dos du relais quatre fois 50 yards quatre nages. Mais Texas avait mis ses oeufs dans le même panier, remportait la victoire, et devançait Alabama et California. Les deux premières équipes arrivées, Texas, 1’21s54, et Alabama, 1’21s89, battaient le record, de Michigan, 1’22s27 en 2013, que California approchait d’un centième.

Les meilleurs parcours individuels de ce relais :

DOS : Connor Oslin, Alabama, 20s39 ; Ryan Murphy, Cal., 20s47; Dale Taylor, Georgia, 20s73.

BRASSE: Will Licon, Texas, 22s91; Schwingenschloegl, Missouri, 22s93; Peter Stevens, Tennessee, 23s11.

PAPILLON: Joseph Schooling, Texas, 19s45; Andrew Sansouci, Missouri, 19s86; Andrew Liang, Stanford, 19s93.

CRAWL: Caeleb Dressel, Florida, 17s93; Ryan Held, North Carolina St, 18s13; Zane Waddell, Alabama, 18s26.

400 yards quatre nages : 1. Chase Kalisz, Georgia, 3’33s42; 2. Andrew Seliskar, Cal., 3’36s18; 3. Mark Szaranek, Florida, 3’36s31.

Plongeon 3 mètres: 1. Steele Johnson,SO Purdue, 502.20; 2. Briadam Herrera, Miami, 477.30; 3. Juan Hernandez, LSU, 464.35. 

CLARK SMITH ET WILL LICON TRACENT LA ROUTE DU TEXAS VERS LA TREIZIÈME D’EDDIE REESE

Éric LAHMY

Vendredi 24 Mars 2017

Deuxième journée des finales NCAA d’Indianapolis. Les Texans ont pris la tête et tout laisse croire qu’ils ne la lâcheront pas. Caeleb Dressel lança le relais quatre fois 50 yards nage libre de Florida en 18s23, et son équipe mena jusqu’au troisième passage, avant que leur quatrième homme, Jack Blyzinskyj, soit rattrapé et dépassé par Joseph Schooling pour Texas. En 1’14s59, les Texans ne faisaient qu’approcher le record NCAA d’Auburn de 2009 (avec combinaisons), 1’14s08.

Clark Smith gagnait le 500 yards. C’était pour le Texan (oui, un autre) une revanche de l’an passé ; en 2016, en effet, il était attendu « gros comme une maison », et arrivait en détenteur du titre, enlevé haut la main en 2015, en 4’9s72, devant le Floridien Dan Wallace, 4’10s48, et Reed Malone,4’11s94. Chacun se souvenait alors du sprint « fulgurant », 24s04 dans les derniers cinquante yards, qui avait « électrocuté » Wallace, qu’on croyait, fort d’une superbe attaque aux 350 yards, avoir course gagnée. Mais Clark, en 2016, était resté loin de sa réputation, et ses 2,06m de taille (pour 91kg) s’étaient noyés dans le peloton, 21e des séries en 4’17s. La victoire était revenue, chose assez rare, à un « freshman », étudiant de première année, Texan également, Townley Haas. Tout le monde avait crié au génie d’Eddie Reese, en mesure de placer un atout maître quand un autre atout maître lui faisait défaut, mais Clark Smith n’en était pas moins « pissed off », pas content du tout !!

Douze mois durant, ayant ruminé sa vengeance, plat qui se mange froid, il s’est qualifié sans trop d’éclat, si ce n’est sa pointe finale, toujours destructrice en 23s82. En finale, il s’évertua à dézinguer tout le monde par son entrée en matière ultra-rapide. Il n’eut plus ensuite qu’à résister à une énorme accélération de Townley Haas, lequel lui reprit plus d’une seconde dans les cent derniers yards, mais en vain…

Smith effaçait un record NCAA et des USA vieux de onze ans, jour pour jour, 4’8s60 par Peter Vanderkaay, Michigan ; la natation est dans ses gènes. Son père a nagé en compétition (champion NCAA en relais), et sa mère, Tori Leigh Trees, fut une finaliste olympique (5e en 1984 à Los Angeles) championne NCAA (en 1985) dans sa grande spécialité, le 200 dos…

Dressel refaisait son temps des relais au départ de la course individuelle, 18s23. Il approchait de 3/100e son record, et devançait nettement Ryan Held, 18s60, et Joseph Schooling, 18s79, tandis que Michael Chadwick et Zachary Apple se partageaient la 4e place avec 18s97.

Un des ténors de la saison dernière pour le Texas, Will Licon, enlevait le 200 mètres quatre nages, grâce à son crawl redoutable, mais ex-aequo avec Mark Szaranek, 6e de la course en 2016. Licon était un peu en dessous de sa valeur de l’an dernier (1’40s67 contre 1’40s04) quand il avait dû lutter jusqu’au bout contre Josh Prenot. Il a, hier, nagé plus vite en série, 1’40s50, qu’en finale. Ryan Murphy, le double champion olympique de dos de Rio, retrouvait sa place de l’année passée, 3e, malgré une formidable première partie de parcours, en papillon et en dos, qui lui donnait deux secondes d’avance sur Licon. Mais il perdait presque toute son avance en brasse et le leadership en crawl…

RESULTATS.- 50 yards : 1. Caeleb Dressel, Florida, 18s23 ; 2. Ryan Held, North Carolina, 18s60; 3. Joseph Schooling, Texas, 18s79 (en série, 18s97); 4. Michael Chadwick, Missouri, et Zachary Apple (en série, 18s93), Auburn, 18s97; 6. Pawel Sendyk, California, 19s05 (en série, 18s96); 7. Dylan Carter, USC, 19s08 (en série, 19s04); 8. Paul Powers, Michigan, 19s17 (en série, 19s06). Consolation: 9. Brett Ringold, Texas, 18s97; 10. Jack Conger, Texas, 19s05.500 yards: 1. Clark Smith, Texas, 4’8s42; 2. Townley Haas, Texas, 4’8s92; 3. Felix Auboeck, Michigan, 4’8s95; 4. Grant Shoults, 4’10s23; 5. Fynn Minuth, South Carolina, 4’10s57 (en séries, 4’9s55); 6. Akaram Mahmoud, South Carolina, 4’10s83 (en séries, 4’9s73); 7. Marwan El Kamash, Indiana, 4’10s878. Anton Oerskov Ipsen, North Carolina, 4’11s73.-Clark Smith, 47s34, 1’37s47, 2’27s44, 3’18s30, 4’8s42, soit 47s34, 50s13, 49s97, 50s86, 50s12.-Townley Haas, 47s91, 1’38s08, 2’28s92, 3’20s04, 4’8s92, soit 47s91, 50s17, 50s84, 51s12, 48s88.-Felix Auboeck, 47s99, 1’38s35, 2’28s97, 3’19s98, 4’8s95, soit 47s99, 50s36, 50s62, 51s01, 49s97.200 yards quatre nages: 1. Will Licon, Texas, 1’40s67 (en séries, 1’40s50), et Mark Szaranek, Floride, 1’40s67; 3. Ryan Murphy, California, 1’40s73; 4. Gunnar Bentz, Georgia, 1’40s90; 5. Chase Kalisz, Georgia, 1’41s19; 6. Andrew Seliskar, 1’41s26; 7. Andreas Vazaios, North Carolina, 1’41s53 (en séries, 1’40s77). Consolation final: 1. Jan Switkowski, Florida, 1’41s17.-Will Licon, 22s09, 48s34, 1’16s60, 1’40s67, soit 22s09, 26s25, 28s26, 24s37.-Mark Szaranek, 22s16, 47s13, 1’16s42, 1’40s67, soit 22s16, 24s97, 29s29, 24s25.– Ryan Murphy, 21s78, 46s22, 1’15s93, 1’40s73, soit 21s78, 24s44, 29s71, 24s80.Quatre fois 50 yards libre: 1. Texas, 1’14s59 (Brett Ringgold, 18s96, Jack Conger, 18.37, Tate Jackson, 18.92, Joseph Schooling, 18s34), 2. Florida, 1’14s88 (Caeleb Dressel, 18s23, Jan Switkowski, 18s75, Enzo Martinez Scarpe, 18s72, Jack Blyzinskyj, 19s18; 3. California, 1’15s29 (Pawel Sendyk,18s92, Michael Jensen, 18s75, Justin Lynch,18s70, Matthew Josa, 18s92); 4. North Carolina State, 1’15s82 (en séries, 1’15s56); 5. Alabama, 1’16s52; 6. Auburn, 1’16s62 (en séries, 1’16s45); 7. Missouri et Indiana, 1’16s67 en séries, Indiana, 1’16s53).

Quatre fois 100 yards quatre nages: 1. Texas, 2’59s22 ; 2. California, 3’1s51 ; 3. Missouri, 3’1s91; 4. Southern California, 3’2s20; 5. Louisville, 3’3s96; 6. Indiana, 3’3s98.

Dos: Murphy, Cal, 44s32; Shebat, Texas, 44s58; Tribuntsov, USC, 44s76; Taylor, Georgia, 44s90; Tarasevitch, Louisville, 44s97.

Brasse: Licon, Texas, 49s75; Schwingenschloebian, Missouri, 50s22; Hope, Cal, 50s97.Papillon:  Dressel, Flo, 44s33, Schooling, Texas, 43s60; Josa, Cal, 44s59; Carter, USC, 44s81Sansouci, Miss, 44s98.Crawl: Chadwick, Missouri, 40s72; Pieroni, Indiana, 41s20; Perry, Stanford, 41s27; Conger, Texas, 41s29; Condorelli, USC, 41s40.Tremplin de 1 mètre: 1. Steele Johnson, SO Purdue, 446.90; 2. Michael Hixon, Indiana, 437.70; 3. James Connor, Indiana, 437.30.A l’issue de la deuxième journée, 1. Texas, 225.5pts; 2. California, 143pts; 3. Florida, 138.5pts; 4. North Carolina State, 123pts; 5. Indiana, 121pts; 6. Stanford, 105pts.

NCAA: NORTH CAROLINA STATE DEVANT LE TEXAS D’EDDIE REESE, PRIVE DE KRIS KUBIK

Éric LAHMY

Jeudi 23 Mars2017

Hier mercredi, à Indianapolis, la première session des NCAA messieurs 2017 a été, selon la tradition, réservée aux relais quatre fois 200 yards.

Le quatre fois 200 fut, pendant un demi-siècle olympique, appelé le relais des nations. Aujourd’hui cela paraitrait incongru. Mais c’est ce qu’il était. La rencontre des équipes. Le seul relais olympique. Avant qu’en 1960 ne soit introduit dans le programme des Jeux le quatre fois 100 mètres quatre nages ; puis en 1964, le quatre fois 100 mètres libre.

Je crois que cette course mérite toujours une estime particulière, même si notre époque ne lui réserve plus un statut particulier. Pourquoi le quatre fois deux est-il à part ? Un, c’est de la nage libre, le nec plus ultra de la natation, puisque le style ultime, le plus vite de tous. Ensuite ses relayeurs doivent maîtriser cette distance dont on a pu dire qu’elle était un carrefour; ni du sprint, ni du demi-fond, mais les deux, où il convient de nager vite et longtemps… La plupart des plus grands nageurs ont excellé sur 200, de Johnny Weissmuller dans les années 1920 jusqu’à Michael Phelps (2000) ou Sun Yang (2010) en passant par Tsuyoshi Yamanaka (1950), Don Schollander (1960), Mark Spitz (1970) Michael Gross (1980), Ian Thorpe (1990). Chaque décennie parait avoir eu son grand nageur de 200 mètres qui a été, bien souvent, son grand nageur tout court.

Débuter un championnat par le quatre fois 200 mètres, c’est comme attaquer un repas par le plat de résistance, mais bon, on ne va pas bouder ce plaisir…

Lors de cette première journée, je crois bien que l’équipe de Texas était très décidée à imprimer d’emblée sa suprématie. Texas a dominé depuis tant d’années les NCAA avec son mythique coach, Eddie Reese,75 ans, lequel a battu le record de l’histoire des titres raflés, douze, mais n’est pas superstitieux et n’a pas peur du treize et semble pas vouloir s’arrêter…

Texas l’avait emporté en 2016, dans ce quatre fois 200 yards, victoire qui avait annoncé le titre absolu, deux jours plus tard, grâce à une formidable deuxième prise de relais du jeune Townley Haas, lequel creusa un « trou » d’une seconde et demie à deux secondes sur ses adversaires directs, trou qui ne put jamais être comblé par les relayeurs suivants de North Carolina, Florida et California.

Mais un an plus tard, Texas est tombé sur une équipe de l’Etat de Caroline du Nord d’une grande efficacité. Le secret d’un relais, c’est sa cohésion. Le moins bon relayeur, vu sous cet angle joue un rôle équivalent au meilleur. Mercredi, qu’est-ce que cela a donné ? Le meilleur relayeur de Texas, Townley Haas, lequel détient d’ailleurs le record des Etats-Unis de la distance, a fait mieux, de 15/100e que Soeren Dahl, le meilleur de North Carolina. Mais les deux moins bons relayeurs de North Carolina ont amplement comblé ce déficit,  puisqu’ils ont pris 2s16 à leurs équivalents de Texas.

Cette remarque (d’ailleurs tout à fait banale) qu’un relais ne peut se passer d’une certaine cohésion s’illustra dès le début de la course, puisque les auteurs des meilleures performances individuelles du relais furent Blake Pieroni, d’Indiana (champion olympique sur quatre fois 100 mètres à Rio), 1’30s87, et Dylan Carter de Southern California (de Trinidad et Tobago), 1’30s95, et que , faute de profondeur, leurs équipes finirent respectivement 5e et 9e.

Cette saison est particulière pour Reese, car pour la première fois depuis quarante ans, il n’aura pas, à ses côtés, comme assistant, Kris Kubik, l’homme qui l’accompagna pendant toute une vie de coach (et donc lors de ses douze victoires au championnat NCAA), et qui a décidé de prendre sa retraite après la victoire de 2016. Kubik avait été assistant de Reese en 1977 à Auburn et le suivit à Austin. Depuis, les deux hommes ne s’étaient plus quittés.

Kubik a été remplacé, au titre d’assistant, par Wyatt Collins, le fils du head coach du BadgerSwimming Club et, lui-même, un ancien nageur, iron man et triathlète (qualifié pour les mondiaux en 2016) à Boston et aux Longhorns, diplômé d’histoire de l’Université de Texas, qui s’est fait remarquer par ses compétences, depuis trois saisons, comme entraîneur volontaire. La jeunesse auprès de l’expérience.

RELAIS 4 FOIS 200 YARDS: 1. NC State, 6’6s53, record (Ryan Held, Ryan  (20s73,  43s97, 1’7s46, 1.31s37); Andreas Vazaios, (1’52s49, [21s12], 2’15s92 [44s55, 2’39s79 [1’8s42], 3.3s60 [1’32s23]); Justin Ress  3’24.43 [20s83], 3’48s20 [44.60], 4’12s18 [1’8s58),   4’35s86 (1’32s26); Soeren Dahl,  4’56s59 [20s73], 5’19s83 [43s97], 5’42s95 [1’7s09], 6’6s53 (1’30”67).

2. Texas, 6’8s61 (Jack Conger,  20s83, 43s74, 1’7.29, 1’31s54, Jeff Newkirk, 1’52s72 [21s18], 2’16s02 [44s48], 2’40s03 [1’8s49], 3’4s79 [1’33s25]; Clark Smith, 3’25s99 [21s20], 3’49s65 [44s86], 4’13s88 [1’9s09], 4’38s19 [1’33s40]; 4) Townley Haas, 4’58s39 [20s20] 5’21s20 [43s01} 5’44s77 [1’06s58] 6’8s61 [1’30s42]; 3. Florida, 6’9s30 (Jan Switkowski, 21s20, 44s27, 1:07.90, 1’32s44, Maxime Rooney, 1’53s33 [20s89], 2’16s89 [44s45], 2’40s68 [1’8s24], 3’5s11 [1’32s67]; Mitch D’Arrigo, 3’26s61 [21s50]     3’50s18 [45s07], 4’13s97 [1’8s86], 4’37s84 [1’32s73], Mark Szaranek, 4’58s75, [20s91], 5’21s88 [44s04], 5’45s41 [1’7s57]   6’9s30 [1’31s46];      4. California, 6’9s56 Long Gutierrez, 21s23, 44s12, 1’8s27 1’33s31; Andrew Seliskar, 1’53s68, [20s37), 2’16s78 [43s47], 2’40s33 [1’7s02], 3’4s89 [1’31s58], Michael Jensen, 3’25s72 [20s83], 3’49s16 [44s27], 4’12s92 [1’8s03]   4’37s48 [1’32s59], Ryan Murphy, 4’58s16 [20s68] 5’21s23 [43s75], 5’44s76 [1’7s28] 6’9s56 [1’32s08].Le record US des 200 yards de Townley Haas, 1’30s46 en 2016, ne parait pas menacé, mais sait-on jamais.