SARAH SJÖSTRÖM (SUITE) DÉPLOIE SON ZÈLE DE PAPILLON

Éric LAHMY

Mercredi 14 Juin 2017

On a raconté précédemment les exploits de Sarah SJÖSTRÖM sur 100 mètres nage libre, mais je me sens prêt à continuer sur la grande Suédoise, tant elle éclate de santé, d’énergie et de supériorité. Sur 50 papillonavant de cent mètres libre d’anthologie, elle avait épinglé un 24s74 qui revoyait à la hausse son meilleur temps de l’année, 24s90 jusqu’ici. Pas trop éloignée de son record du monde, 24s43, du 4 juillet 2014, SJÖSTRÖM représente une classe à part sur la longueur de bassin, la seule pour l’instant, et cela ne date pas d’hier, à passer assez régulièrement sous les vingt-cinq secondes dans l’exercice…

Emily SEEBOHM, elle, a frôlé son temps de l’année sur 200 mètres dos, avec 2’7s30 contre 2’7s03 et a bien dominé Daria K. USTINOVA, la toujours jeune Russe qui partage la seconde performance de l’année avec Kylie MASSE (2’7s23) et nage ici une seconde moins vite. USTINOVA se construit lentement, mais, semble-t-il sûrement, et grimpe à sa vitesse vers les sommets… L’Australienne gagne aussi le 50 dos, ce qui signifie qu’elle a bien gagné sa semaine, avec un triplé en dos…

Julia EFIMOVA ayant gagné 50 et 200 brasse ne pouvait perdre le 100, et la Russe le fit avec un certain panache, améliorant son temps de l’année, l’amenant de 1’5s90 à 1’5s69, mais laissant la prééminence à la Japonaise Reona AOKI, 1’5s29 en janvier à Tokyo.

Mireia BELMONTE, pour sa part, a enthousiasmé le public venu l’acclamer, en remportant de rang 200 papillon, avec une bonne performance, quoiqu’assez éloignée de ses 2’4s85 de la finale olympique de Rio, puis le 400 libre également dans un temps honorable, bien qu’à neuf secondes du record du monde Katie LEDECKY !!! Mais bon, c’est LEDECKY, ça ne se discute pas…

On n’a pas parlé des hommes. Dès qu’ils feront une bonne performance, c’est promis, on parlera d’eux.

A propos, vous auriez vu un nageur français ? Moi non plus…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Bruno FRATUS, BRA, 21s76 ; 2. Ari-Pekka LIUKKONEN, FIN,21s99 ; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 22s15.

200 libre : 1. Alex KRASNYKH, RUS, 1’47s39.

1500 libre : 1. Mackenzie HORTON, AUS, 15’5s57; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 15’7s07; 3. QIU Ziao, CHN, 15’9s64; 4. Antonio ARROYO PEREZ, ESP, 15’16s63.

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 53s76; 2. Taylor DALE, USA, 54s00.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 26s96; 2. Felipe LIMA, BRA, 27s41; 3. Andrey NIKOLAEV, RUS, 27s42 ; 4. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 27s43; 5. Kiril PRIGODA, RUS, 27s51 (en séries, 27s45).

200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, RUS, 2’8s51; 2. Kiril PRIGODA, RUS, 2’9s90; 3. Erik PERSSON, SWE, 2’11s49; 4. Arno KAMINGA, NED, 2’14s47 (en series, 2’14s39).

100 papillon : 1. Yauheni TSURKIN, BLR, 52s46; 2. Laszlo CSEH, HUN, 52s51.

400 4 nages : 1. Federico TURRINI, ITA, 4’20s37.

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 52s28 ; 2. Catherine CAMPBELL, AUS, 53s43 ; 3. Michelle COLEMAN, SWE, 53s85 ; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 54s00 ; 5. Bronte CAMPBELL, AUS, 54s43 ; 6. Sandrine MAINVILLE, CAN, 54s04 ; 7. Emma McKEON, AUS, 54s14 ; 8. Madison WILSON, AUS, 54s24. Finale B : 9. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 53s42 ; 10. Chantal VAN LANDEGHEM, CAN, 54s30 ; 11. Rebecca SMITH, CAN, 55s01 (en séries, 55s00).

400 libre : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 4’5s76: 2. Veronika POPOVA, RUS, 4’6s82; 3. Anastasia GUZHENKOVA, RUS, 4’10s74

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 27s80; 2. Holly BARRATT, AUS, 27s97; 3. Maike DE WAARD, NED, 28s27; 4. Mimosa JALLOW, FIN et Kira TOUSSAINT, NED, 28s41.

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 2’7s30; 2. Daria K USTINOVA, RUS, 2’8s38; 3. Taylor RUCK, CAN, 2’9s10; 4. Katinka HOSSZU, HUN, 2’11s13

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’5s66; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’6s78; 3. Jessiva VAL MONTERO, ESP, 1’6s95; 4. Martina CARRARO, ITA, 1’7s49; 5. Jessica HANSEN, AUS, 1’7s64.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s76 ; 2. Penelope OLEKSIAK, CAN, 25s76; 3. Kimberley BUIS, BEL, 25s86.

200 papillon : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 2’7s11 ; 2. Madeline GROVES, AUS, 2’7s90 ; 3. Liliana SZILAGYI, HUN, 2’8s30     

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’10s16; 2. Viktoria ANDREEVA, RUS, 2’12s52; 3. Julia EFIMOVA, RUS, 2’12s62.

CHE SARA’ SARAH ! EN 52s28, SJÖSTRÖM CONTRESIGNE SON PACTE DU CENT

Éric LAHMY

Mercredi 14 Juin 2017

Barcelone, deuxième journée de l’étape espagnole du Mare Nostrum… Sarah SJÖSTRÖM ne laissait aucune illusion à ses concurrentes, sur 50 mètres papillon, dès les séries, avec un 25s51 qu’elle seule a dépassé cette saison. Ranomi KROMOWIDJOJO, 26s03, et Penny OLEKSIAK, 26s33, suivaient à distance respectueuse.

SJÖSTRÖM dominait aussi les séries du 100 libre, 53s35, décidément proche du copié-collé de ses performances de Monte-Carlo où sa série avait produit un temps de 53s30. Elle devançait Cate CAMPBELL, 53s85, qui se rappelait que malgré ses semi-vacances et le fait qu’elle ait tiré un trait sur Budapest, elle était la deuxième nageuse du monde en 2017.

En finale, quoiqu’après le 50 papillon, SJÖSTRÖM alignait les deux longueurs en 52s28. Passage en 25s16, retour en 27s12, selon l’expression, il n’y avait pas photo. Cate CAMPBELL, dont on ne saurait trop rappeler qu’elle est la recordwoman du monde, virait avec autour d’un mètre de retard et en laissait filer à peu près autant dans son retour. La seconde Suédoise, Michelle COLEMAN, le Néerlandaise Femke HEEMSKERK et Bronte CAMPBELL tenaient plus ou moins le rythme de l’Australienne avant de la laisser filer et de se disputer les places de podium, tandis que Ranomi KROMOWIDJOJO, pour s’être un peu assoupie en séries, était confinée à la finale B, où elle avait au moins l’avantage de ne pas subir l’ « humiliation » du rouleau compresseur suédois, et aussi de signer le deuxième meilleur temps général de ces finales, en 53s42, un centième plus vite que Cate CAMPBELL !

Plus que jamais SJÖSTRÖM, qui amenait son record de l’année, en même temps que son record de Suède, sur la distance étalon, de 52s54 à 52s28, apparaissait comme la nageuse vedette de la saison, la star absolue de l’après Rio, une sorte de réplique suédoise et anaérobie à la supériorité américaine (et plus ou moins) aérobie de Katie LEDECKY…

Bien sûr, elle ne bat pas autant de records (Cate, 52s06, et l’Allemande Britta Steffen, 52s07 en polyuréthane, ont nagé plus vite), et de marges moins conséquentes ; mais les grandes performances de sprint sont moins « compressibles » que celles du demi-fond, donc cela n’enlève rien à sa gloire.

D’ores et déjà, sans préjuger de ce que sera la suite, et notamment ce qui ressortira des mondiaux de Budapest, dans cinq semaines, on peut dire qu’elle a montré qu’elle avait eu raison de changer d’entraîneurs et d’entraînement, et de prétendre qu’en lui faisant courir le lièvre du 200 mètres nage libre, on avait entravé la pleine expression de son potentiel sur 100 et sur 50… Je ne sais s’il y va de son gabarit, de ses qualités musculaires, de son tempérament ou des trois à la fois, mais SJÖSTRÖM se sent sprinteuse, et bien dans cette peau, et je ne vois rien à redire à cela !

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 52s28 ; 2. Catherine CAMPBELL, AUS, 53s43 ; 3. Michelle COLEMAN, SWE, 53s85 ; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 54s00 ; 5. Bronte CAMPBELL, AUS, 54s43 ; 6. Sandrine MAINVILLE, CAN, 54s04 ; 7. Emma McKEON, AUS, 54s14 ; 8. Madison WILSON, AUS, 54s24. Finale B : 9. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 53s42 ; 10. Chantal VAN LANDEGHEM, CAN, 54s30 ; 11. Rebecca SMITH, CAN, 55s01 (en séries, 55s00).

Autres temps des séries, Bruno FRATUS, 22s36 au 50 libre.

Aleksandr KRASNYHK (RUS), 1’48s35 au 200 libre
Mitch LARKIN, 55s17 au 100 dos.

Anton CHUPKOV a réalisé 2’9s99 sur 200 brasse. On ne peut casser les 2’10s de façon plus économique.

En brasse, Jennie JOHANSSON a nagé en 1’7s35, Julia EFIMOVA en 1’7s41.

Laszlo CSEH s’est débrouillé pour être le plus rapide des finalistes du 100 papillon, avec 53s53 ; le huitième à seulement 0s48. Embouteillage prévue à l’heure de pointe !

Veronika POPOVA (RUS), 4’11s13 au 400 libre.Emily SEEBOHM, 2’12s47 au 200 dos dames.AN Sehyeon (Corée), 2’10s59 au 200 papillon,
Katinka HOSSZU a nagé son 200 quatre nages en 2’13s63. Hannah MILEY, 2’11s75 cette saison, s’est endormie en route, et ses 2’18s12 ne l’ont pas qualifiée !

LE FER D’IRON LADY A L’AIR UN PEU ROUILLÉ, SJÖSTRÖM TREMPE SON ACIER SUÉDOIS

Éric LAHMY

Mardi 13 Juin 2017

Est-ce enfin le retour de James MAGNUSSEN ? Toujours est-il qu’il a gagné le 100 mètres du meeting de Barcelone. Le double champion du monde 2011 et 2013 s’était bien requinqué, dès l’année olympique, après ses opérations des épaules de 2015. Avec de toutes nouvelles régions sous-scapulaires, il a retrouvé son efficacité dans l’eau et a devancé un paquet des meilleurs spécialistes de la distance, Bruno FRATUS, Cameron McEVOY, Luca DOTTO, excusez du peu, parmi lesquels s’est infiltré un « régional de l’étape », GARCIA HERNANDEZ. A vingt-six ans, MAGNUSSEN est toujours fringant.

Mais malgré ses performance, ou celle de CHUPKOV sous la minute au 100 brasse, c’est encore une fois les filles qui ont fait fort. Et surtout Sarah SJÖSTRÖM – en-dehors de Julia EFIMOVA dont nous avons décrit l’exploit précédemment. La grand Suédoise s’est une nouvelle fois déchaînée sur 50 mètres, avec un temps de 23s96, en montrant une supériorité telle qu’en-dehors de Ranomi KROMOWIDJOJO, la redoutable championne olympique de Londres, 2e, les deux suivantes, les Cate et Bronte CAMPBELL, avaient tout l’air de cadettes ! Avec 23s96, elle approche de un centième son temps de Monte-Carlo, quelques jours plus tôt, autant dire qu’elle se trouve exactement au même niveau… tout comme elle se situe également pour ainsi dire au même étiage sur 100 papillon, avec 56s27 contre 56s20…

Deux autres ondines se faisaient remarquer aussi, l’Australienne Emily SEEBOHM, décidément en verve, avec 58s99, un symbolique centième en-dessous des 59 secondes. La Néerlandaise Femke HEEMSKERK, pour sa part, améliorait son record de l’année, en 1’56s28 contre 1’56s59 en mars dernier.

FAUT-IL S’EN FAIRE POUR LA DAME DE FER ?

Katinka HOSSZU, après s’être qualifiée haut la main sur 100 dos, distance dont elle est rappelons-le, championne olympique, déclarait forfait sur la distance pour se consacrer au 400 quatre nages. A l’arrivée, elle améliorait son temps de l’année sur cette course éprouvante, en 4’33s71 contre 4’34s12, mais sans approcher plus que ça la performance de son antithèse japonaise, la filiforme Yui Ohashi, 4’31s42. Ohashi reste à cinq secondes du record mondial de l’autoproclamée Dame de Fer, mais celle-ci, en 2017, est-elle équivalente à sa version de 2016 ? Le doute est permis…

MESSIEURS 100 libre : 1. James MAGNUSSEN, AUS, 48s68 ; 2. Bruno FRATUS, BRA, 48s82 ; 3. Hanser GARCIA HERNANDEZ, ESP, 48s83 ; 4. Cameron McEVOY, AUS, 48s86 ; 5. Luca DOTTO, ITA, 49s32 ; 6. Nikita LOBINTSEV, RUS, 49s36

400 libre  : 1. Alexandre KRASNYKH, RUS, 3’47s35; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 3’48s46; 3. Sim WELSON, MAS, 3’50s12; 4. ZIAO QIU, CHN, 3’50s91. Mackenzie HORTON, 3’50s70 en séries

50 dos : 1. Dale TAYLOR, USA, 25s07; 2. Mitchell LARKIN, AUS, 25s19

200 dos  : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 1’57s48

100 brasse : 1. Anton CHUPKOV, RUS, 59s39 ; 2. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 1’0s02 ; 3. Nicolo’ MARTINENGHO, ITA, 1’0s20; 4. Kirill PRIGODA, RUS, 1’0s29; 5. Arno KAMMINGA, NED, 1’0s90; 6. Richard FUNK, CAN, 1’1s08.

50 papillon : 1. Andrii GOVOROV, 23s17

200 papillon : 1. Laszlo CSEH, HUN, 1’56s69         

200 4 nages : 1. Federico TURRINI, ITA, 2’1s62.

DAMES

50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s96; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s29 ; 3. Bronte CAMPBELL, AUS, 24s66; 4. Cate CAMPBELL, AUS, 24s75; 5. Chantal VAN LEDEGHEM, CAN, 25s05.

200 libre : 1. Femke HEEMSKERK, NED, 1’56s28; 2. Veronika POPOVA, RUS, 1’57s29; 3. Emma McKEON, AUS, 1’57s59; 4. Madison WILSON, AUS, 1’57s68; 5. Taylor RUCK, CAN, 1’58s24; 6. Alice MIZZAU, ITA, 1’58s27; 7. Anastasia GUZHENKOVA, RUS, 1’58s60/

1500 libre : 1. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 16’17s36

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 58s99; 2. Daria K. USTINOVA, RUS, 1’0s46; 3. Taylor RUCK, CAN, 1’0s86; 4. Holly BARRATT, AUS, 1’1s11. En séries, Katinka HOSSZU, HUN, 59s74.

50 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 30s32; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 30s41

200 brasse  : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’19s83 (33s92, 1’9s48, 1’43s88, soit 33s92, 35s56, 34s40, 35s95); 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’22s29  (32s73, 1’8s44 (35s71), 1’45s84 (37s40), 38s45); 3. Jessica VAL MONTERO, ESP, 2’23s34 (1’11s38).

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 56s27; 2. Svetlana CHIMROVA, RUS, 57s36; 3. Penny OLEKSIAK, CAN, 57s65; 4. An SEYEHON, COR, 58s09; 5. Rebecca SMITH, CAN, 58s33; 6. Louise HANSSON, SWE, 58s58… 9. Emma McKEON, AUS, 57s94

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’33s71 (1’1s85, 2’11s03, 3’30s41); 2.Hannah MILEY, GBR, 4’38s51; 3. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 4’41s76.

JULIA EFIMOVA, RETOUR SOUS LES 2’20s AU 200 MÈTRES BRASSE

Éric LAHMY

Mardi 13 Juin 2017

La Russe Julia EFIMOVA a nagé ce soir à Barcelone un 200 mètres brasse en 2’19s83, performance qui approche d’assez près le record mondial, 2’19s11, de la Danoise Rikke MOLLER PEDERSEN. Cette course rapide, Efimova la doit peut-être un peu au départ très rapide de l’Australienne Taylor McKEOWN, qui la précédait de plus d’une seconde au premier virage, augmentait encore, quoique faiblement cette avance dans la deuxième longueur, mais perdait pied ensuite. EFIMOVA effectuait une troisième longueur énergique, reprenant trois secondes à McKEOWN en perdition et finissait plutôt bien.

EFIMOVA se rappelle à notre bon souvenir, quatre années après avoir été championne du monde du 200 brasse dans cette même cité de Barcelone. Elle avait alors nagé en 2’19s48, et son succès avait constitué une petite surprise, car en demi-finale, MOLLER PEDERSEN avait amené le record du monde où il se trouve encore actuellement. PEDERSEN était devenue championne d’Europe en 2014 à Berlin avec un autre parcours en moins de 2’20s…

Seules cinq nageuses appartiennent aujourd’hui au club des moins de 2’20s: Rikke MOLLER PEDERSEN, DEN, 2’19s11 (2013) et 2’19s61 (2014); Julya EFIMOVA, RUS, 2’19s41, (2013), 2’19s83 (2017) et 2’19s85; Rebecca SONI, USA, 2’19s59 (2012); Viktorya ZEYNEP, TUR, 2’19s64 (2015); Rie KANETO, JPN, 2’19s65 (2016), et EFIMOVA est la seule d’entre elles qui ait répété l’incursion sous cette « barrière » chronométrique à trois reprises.

C’est un retour à son meilleur d’une nageuse qui a connu pas mal d’ennuis entre 2015 et 2016, avec DEUX contrôles de dopage positifs – épongés avec une étrange mansuétude par la Fédération Internationale. Bien qu’elle se soit efforcée de lancer de grands sourires sur les plages de Kazan, puis de Rio, elle ne devait pas en mener large. La voici qui retrouve une position de favorite, non pas dans le cœur de ses collègues nageurs, mais dans les pronoctics mondiaux d’avant Budapest…

200 brasse  : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’19s83 (33s92, 1’9s48, 1’43s88, soit 33s92, 35s56, 34s40, 35s95); 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’22s29  (32s73, 1’8s44 (35s71), 1’45s84 (37s40), 38s45); 3. Jessica VAL MONTERO, ESP, 2’23s34 (1’11s38). A noter l’étonnante égalité de course, rarement effectuée en brasse, de VAL MONTERO, avec 1’11s38 et 1’11s96…

PRESIDENCE DE LA FINA: DUEL LES PIEDS DANS L’EAU

Eric LAHMY

Mardi 13 Juin 2017

Audition du Tribunal d’arbitrage du sport (TAS) entre l’Italien Paolo BARELLI et la Fédération Internationale de Natation (FINA) ce 14 Juin. Suite du combat mené par BARELLI face aux patrons de l’institution mondiale ? Sans doute.

Résumé des chapitres précédents : BARELLI, président de la Ligue Européenne de Natation (LEN) se présentera le 22 juillet prochain, lors du Congrès de Budapest, à la présidence de la FINA, contre l’actuel président, Julio MAGLIONE, Uruguayen de 82 ans, lequel est parvenu à faire retarder l’âge limite pour se présenter au poste afin de pouvoir se succéder à lui-même. Il est vrai qu’il n’est qu’un fringant octogénaire bien conservé par une fonction qui ne doit pas être trop fatigante.

Dans son blog, l’Italien Stefano Arcobelli raconte que lors du « Clinic » de Bankock, où étaient présents plusieurs membre de l’aréopages dont les deux candidats en lice, la FINA a produit un document sur les règlements de l’élection qui interdit à peu près tout aux candidats: interdiction d’organiser une réunion publique pour promouvoir une candidature, interdiction de convoquer une conférence de presse pour exposer ses idées, interdiction aux candidats de participer à un quelconque débat public; interdiction d’utiliser des tiers, d’être commandité, interdiction d’offrir des cadeaux, etc. Toute violation de ces règles pourrait conduire à une « exclusion » ou à une « déchéance » du contrevenant. Cette élection sera bureaucratique ou ne sera pas. Démocratie s’abstenir…

On imagine facilement que ce règlement inadmissible avantage le « tenant du titre. »

Nick Butler, dans le site InsideTheGames, n’est pas sûr d’avoir précisément localisé l’objet du litige qui se discutera au TAS. Son auteur estime cependant que Barelli aurait soulevé plusieurs problèmes. Ainsi celui de Dale NEUBERGER, un directeur d’agence de consultants basée à Genève, TSE Consulting, qui travaille pour la FINA alors qu’il est un membre important de son bureau. TSE avait aussi collaboré avec Erik Van Heijningen, président de la fédération royale néerlandaise, avant qu’il ne perde l’an dernier dans sa tentative de devenir président de la LEN contre… Paolo Barelli. Neuberger affirme n’être pas impliqué dans les relations TSE-FINA, il n’en est pas moins attaqué en l’occurrence pour conflit d’intérêt.

Il semble qu’un autre conflit oppose Barelli au premier vice-président koweitien de la FINA, Hussein Al-Musallam. Il n’est pas interdit de penser que l’impossibilité de faire campagne soit aussi au coeur des demandes de BARELLI.

La FINA sera représentée, devant le tribunal, par un autre de ses vice-présidents, le Sud-Africain Sam RAMSAMY, également président de la Fédération africaine de natation, qui viendra en compagnie de son conseil légal Jean-Pierre MORAND, de CARRARD & associés. Barelli et Ramsamy se sont affrontés verbalement sur un autre sujet, ce qui donne le ton de l’ambiance. Barelli paraissait se plaindre de l’influence grandissante de l’Afrique et de l’Asie sur le gouvernement du sport, influence qu’il ne trouvait pas justifiée au plan du travail fourni par ces continents en termes de rayonnement du sport, ce qui ne les empêchait pas de chercher à s’emparer des leviers de commande à la fois sportifs et économiques.

Le fait est qu’après avoir augmenté la part prise par les fédérations de ces deux continents à la FINA, il a été décidé d’abolir la position de secrétaire honoraire, tenue par Barelli et revenant traditionnellement à un européen.

Barelli, en répondant à Ramsamy, qui s’était insurgé de ses propos (tenus dans une lettre aux dirigeants européens), s’est défendu d’avoir fait autre chose que s’étonner de l’augmentation de représentativité des deux continents susnommés sans que rien d’équivalent n’ait été prévu par les autres continents. « Plutôt que de spéculer sur des faits inexistants et faux concernant une « lettre européenne » vous feriez mieux de vous attaquer aux vrais problèmes qui devraient vous concerner en tant que président de la CANA (confédération africaine). Membre du CIO et de la FINA depuis longtemps, pourquoi ne vous demandez-vous pas si vous faites réellement tout votre possible pour assurer le développement de la natation en Afrique ? Vous savez que la FINA dispose d’une très forte position financière, grâce à des commanditaires puissants, à des compétitions de prestige qu’illustrent les athlètes d’exception venus des fédérations de pointe et qui donnent son prestige à la FINA. Avez-vous jamais demandé à la FINA une allocation destinée au développements des activités aquatiques en Afrique ? … Beaucoup de fédérations africaines bénéficieraient grandement d’allocations pour le développement de leurs activités. »

On le voit, Barelli, dans sa candidature, tente de ratisser des voix dans le pré carré de ses adversaires. Battu sur le papier par les réseaux pro-Maglione des cinq continents auxquels il n’est pas abusif de compter le Directeur de l’institution, Cornel MARCULESCU, et dans l’impossibilité de placer cette élection sur la place publique, Barelli doit se battre sur le terrain des idées, en utilisant des fleurets mouchetés. A suivre…

SJÖSTRÖM A RÉUSSI SES ADIEUX AU 200 METRES ET SON « TOUT POUR LE SPRINT »

Éric LAHMY

Dimanche 11 Juin 2017

A Monte-Carlo, la Suédoise Sarah SJÖSTRÖM a dominé par ses performances le meeting international. Son samedi avait été magnifique. Son dimanche ne fut pas inférieur… Elle a remporté le tournoi de  vitesse, une formule de courses par éliminations dans des duels, en enlevant finalement le 50 libre et le 50 papillon dans des temps remarquables.

Dans le programme classique, elle a nagé le 100 libre, dès les séries, en 53s30. Derrière, au bout de 50 mètres, autre Suédoise, Michelle COLEMAN (26s54) avait déjà une pleine seconde de retard sur Sarah (25s54), soit, à cette vitesse, plus de un mètre quatre-vingt par seconde, une longueur de corps, et l’avance de SJÖSTRÖM, quoique de façon moins dramatique, ne cessa de s’accroitre ensuite, c’est dire. Elle ne s’était jamais lancée aussi vite dans un 100 mètres libre, en séries, et n’avait pas souvent fini aussi fort, sans se donner à fond…

Et en finale ? Elle tint ses promesses, puisqu’à l’arrivée, elle récoltait le deuxième chrono de sa saison et de sa carrière, avec 52.60 (contre 52s54 à Stockholm le 11 avril dernier), avec un passage en 25s63, donc un petit peu moins rapide qu’en série, et un retour en 26s97. L’Australienne Bronte CAMPBELL, la championne du monde 2015 de Kazan, qui a nagé 52s85 cette saison, et qui tenta de s’accrocher dans l’aller, perdit pied au retour, et se trouva totalement larguée. Le pari sur le sprint (avec changement d’entraîneur) de SJÖSTRÖM, décidé dès les Jeux olympiques de Rio, s’avère payant… Michelle COLEMAN qui, elle aussi et comme CAMPBELL, fut comme aspirée par la vitesse initiale de SJÖSTRÖM, le paya cher, qui se trouva privée de gaz à l’issue du virage, et perdit presque une longueur dans le retour…

Pour en revenir à SJÖSTRÖM, celle-ci avait effectué une belle répétition, très convaincante, de ce qu’elle entendait réaliser à Budapest, aux championnats du monde. Nager vite et fort pour se qualifier, nager deux 100 mètres rapides dans la même journée, c’était se tester. Et à la voir faire, tout cela paraissait facile!

Même les vraies sprinteuses, à la Bronte et Cate CAMPBELL, n’avaient pas pu passer mieux que 26s44 et 26s58 en séries, à Monte-Carlo, et quand elles parvinrent à toucher en moins de vingt-six secondes en finale, ce fut pour ne pas tenir jusqu’au bout.

Au sujet de COLEMAN, qui était, comme en 2016, des mois à s’entraîner à Miami, sur la côte d’or australienne, chez Dennis Cotterell, elle semble bien avoir abandonné ses ambitions en dos, où on ne l’a guère vue. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’elle ne sera pas au départ du relais quatre nages suédois à Budapest.

En revanche, Madeline GROVES, Australie, la médaillée d’argent olympique du 200 papillon, quoique menacée par les contrôleurs anti-dopage de la FINA, n’en était pas moins là, et a fait ce qu’elle a pu en libre et en papillon (restant fort éloignée de ses temps olympiques). Dans l’équipe australienne, GROVES est une vacancière, qui n’a pas daigné disputer les qualifications pour Budapest. Elle ne nage pas très vite, mais elle est là!

Dans l’ensemble, on a vu  de solides Australiens, qui ont enlevé, par Mitchell LARKIN et Emily SEEBOHM, les courses de dos… SEEBOHM y a-t-elle mis un point d’honneur ? Elle réalisa le meilleur 100 dos des séries, 1’0s62, contre 1’0s78 à HOSSZU et 1’0s98 à Anastasia FESIKOVA, Russie. En finale, elle domina largement et cassa seule la minute. A-t-on retrouvé la grande SEEBOHM, celle des Jeux olympiques de Londres et des championnats du monde de Kazan?

SUZUKE HASEGAWA, NUMERO UN DU 200 PAPILLON EN 2017

Une meilleure performance de l’année a été améliorée par la jeune Japonaise Suzuke HASEGAWA, 17 ans, sur 200 papillon. HASEGAWA a réalisé 2’6s70 ce qui la fait passer de la 3e place (avec 2’6s95) à la première de la saison, devant l’Allemande Franziska HENTKE, 2’6s84, et une Japonaise, Hiroko MAKINO, 2’6s92. Un peu du grignotage, mais la densité des performances est telle, dans certaines courses que vingt-cinq centièmes de plus ou de moins vous changent tout à fait de statut…

Dans le tournoi de vitesse, Sarah SJÖSTRÖM, qui a placé cette saison post-olympique sous le signe de la célérité, et s’est réinventée en sprinteuse pure, contre la tendance de ses anciens coaches d’en faire une sprinteuse prolongée, médaillée olympique sur 200 mètres, a nagé un 50 papillon en 24s90 (meilleur temps de l’année, ancien par elle-même en 24s96),  battant la Japonaise Rikako IKEE, 25s95 (et 25s74 en demi-finales), et sur 50 libre, en 23s95 (à12/100e de son meilleur temps de la saison), elle devance Bronte CAMPBELL, 24s58. La voilà, à moin que les sélections US ne nous offrent un autre son de cloche, qui s’avance en super-favorite de ces courses aux mondiaux de Budapest. Si elle réussit le quadruplé qu’elle vise, elle sera la reine de la rs HOSSZUnatation, à condition que miss LEDECKY ne file pas de grands coups de marteau sur ses records mondiaux en dem-fond, bien sûr, ou que mrs HOSSZU, légèrement en demi-teint jusqu’ici, ne nous prépare un coup fumant à domicile.

Cameron VAN DEN BURGH, Afrique du Sud, le 50 brasse, en 26s99, devant Felipe LIMA, Brésil, 27s16. Toujours en brase, Julia EFIMOVA nage 30s23

 MESSIEURS.- 200 libre : 1. James GUY, GBR, 1’47s27; 2. Devon Myles BROWN, RSA, 1’48s31.

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 1’56s85 (27s25, 56s91, 1’26s90); 

100 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 1’0s08; 2. Kiril PRIGODA, RUS, 1’0s45.

100 papillon : 1. James GUY, GBR, 52s30 ; 2. Laszlo CSEH, HUN, 52s35; 3. Yauhen TSURKIN, BLR, 52s79.

400 4 nages : 1. Benjamin GRATZ, HUN, 4’19s23.

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 52s60 (25s53 + 26s97) ; 2. Bronte CAMPBELL, AUS, 53s68 (25s90 + 27s78); 3. Michelle COLEMAN, SWE, 54s05 (25s99 + 28s06); 4. Cate CAMPBELL, AUS, 54s06 (25s76 + 28s30); 5. Madison WILSON , AUS, 54s63.

400 libre : 1. Marie-Sophie HARVEY, CAN, 4’12s26

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 59s23 (28s84 + 30s39); 2. Anastasia FESIKOVA, RUS, 1’0s34; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 1’0s87 (en séries, 1’0s78); 4. Daryna ZEVINA, UKR, 1’1s17; 5. Georgia DAVIS, GBR, 1’1s35.

200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’22s55; 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’26s18.

200 papillon : 1. Suzuka HASEGAWA, JPN, 2’6s70 ; 2. Svetlana CHIMROVA, RUS, 2’7s67 ; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s69.     

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s49; 2. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 2’11s08; 3. Sara FRANCESCHI, ITA, 2’13s25

FRED VERGNOUX VU DU « MONDE » PAR FRANCIS DISTINGUIN: UNE VIE DE COACH

Dimanche 11 Juin 2017

Francis DISTINGUIN, conseiller technique et sportif supérieur du centre national d’entraînement en altitude à Font-Romeu, qui nous a donné sur le site du Monde (Le Monde.fr) de bons articles, ttrès fouillés et écrits, sur la natation (j’avais bien apprécié un Mykhaylo ROMANCHUK et un Oussama MELLOULI) nous signale qu’il a rencontré Fred VERGNOUX, le coach national espagnol, entraîneur entre autres de Mireia BELMONTE et sans doute l’un des gens de sa profession les plus pointus au monde. C’est plein d’informations qui recoupent parfois ce que j’avais écrit sur ce blog concernant l’un des rares coaches français ayant tenté (et réussi, certes) l’aventure à l’étranger. E.L.

« Voilà, nous dit Francis Distinguin, un petit édit des Rencontres du CNEA Font-Romeu. »

 » Personnage discret, Frédéric Vergnoux balance sa dégaine chaloupée dans la piscine du CNEA de Font-Romeu. Nommé directeur de l’Equipe d’Espagne de natation à l’issue des JO de RIO 2016 qui ont vu pour la première fois une nageuse espagnole remporter une médaille d’or au 200 papillon (et bronze au 400 m 4 nages), le parcours étonnant de cet entraîneur nomade mérite attention… »
Voici son histoire :

LA FINA RÉCUSE LES ÉLECTIONS À LA FÉDÉRATION BRÉSILIENNE

ÉRIC LAHMY

Dimanche 11 Juin 2017

La Fédération Internationale de Natation Amateur (FINA) a fait savoir qu’elle ne reconnaissait pas l’élection de Miguel CAGNONI à la présidence de la Confédération Brésilienne des Sports Aquatiques (CBDA), lit-on sous la plume de Daniel Etchells dans le site anglo-saxon Inside The Games. L’organe international estime que cette élection n’a pas respecté la constitution de la Confédération et les règles FINA. CAGNONI, qui s’était présenté comme le candidat de « l’innovation et la transparence » avait réuni 64 votes autour de son nom, devançant largement son plus proche concurrent, Cyro DELGADO, 26 voix, et Jefferson BORGES (président du Mato Grosso), 3 voix. L’ancien champion du monde du 400 mètres quatre nages Ricardo PRADO, devenu président intérimaire avant l’élection, avait lui aussi présenté sa candidature. On a compté aussi deux bulletins blancs et un a été annulé. CAGNONI, qui est le président de la Fédération Aquatique Pauliste, prendra la place laissée vacante par Coaracy NUNES, détenteur du poste depuis 1988, membre du bureau de la FINA, qui a été écarté en octobre dans le cadre d’une enquête puis arrêté en avril dernier en compagnie de son directeur financier Sergio RIBEIRO et du coordonateur technique du water-polo Ricardo CABRAL pour surfacturation, détournement de fonds publics et escroquerie, concernant des sommes de l’ordre de 12 millions d’Euros.

La FINA, qui s’était montrée très attentiste quand a éclaté cette affaire de corruption, et n’avait pris aucune mesure au sujet de NUNES, s’est empressée de condamner la nouvelle élection, par un mémorandum officiel, signé Cornel MARCULESCU et envoyé à Gustavo LICKS, administrateur judiciaire chargé des affaires courantes en attendant l’élection du 9 juin.

L’élection s’était déroulée dans une certaine confusion, naissant autour de la présidence de la commission des athlètes (cinq membres), disputée entre Thiago PEREIRA et Leonardo DE DEUS, lequel fut finalement élu.

 

MONTE-CARLO : SARAH SJÖSTRÖM, 56s20 AU 100 PAPILLON, ROYALE DANS LA PRINCIPAUTÉ

Éric LAHMY

Samedi 10 Juin 2017

La Suédoise Sarah SJÖSTRÖM a dominé le premier jour du Mare Nostrum de Monte-Carlo en remportant le 100 mètres papillon dans le temps de 56s20. Elle a devancé sa seconde d’une longueur à l’arrivée, c’est dire si le classement de la course n’a jamais laissé aucun doute. En revanche, le résultat chronométrique a ceci d’intéressant que c’est comme si SJÖSTRÖM était la seule nageuse capable d’être en grande forme lors d’un meeting qui se situe à moins de huit semaines des mondiaux. Ses 56s20, à 0s72 de son record du monde et olympique de Rio, 55s48, effacent sa meilleure performance 2017, 56s26 le 9 avril dernier. Cette année, seule Rikako IKEE a « battu » les 57s, avec un temps de 56s89. SJÖSTRÖM cumule aujourd’hui les sept meilleurs temps jamais réalisés dans le monde sur la distance.  

A part cela, les performances ont été assez faibles chez les hommes où le Hongrois Laszlo CSEH a « doublé » 200 mètres papillon et 200 mètres quatre nages. Côté féminin, en revanche, on faisait le métier avec beaucoup plus de sérieux. C’est ainsi que la ravissante, superbe  et pulchritudineuse (ces qualificatifs répondent à une inquiétude de « o », qui, dans un récent commentaire paru en ces colonnes, s’inquiétait de leur absence dans le passage concernant la Suédoise d’un article du 6 Juin sur Katie LEDECKY) Junon de 1,86m et blonde comme les blés Michelle COLEMAN, l’a emporté, même si elle est restée à deux secondes de ses 1’55s64 de l’année, deuxième temps mondial derrière les 1’55s34 de Katie LEDECKY.

Emily SEEBOHM, l’une des têtes de file d’une équipe australienne solide quoiqu’ hétéroclite, a réglé provisoirement une querelle de préséance avec Katinka HOSSZU sur 200 mètres dos, tandis que l’Ukrainienne Daryna ZEVINA était une nouvelle fois condamnée au bronze comme chaque fois qu’elle rencontre ces deux terribles adversaires. SEEBOHM, qui n’avait pas disposé de tous ses moyens aux Jeux, en raison d’une épuisante endométriose, se déclara totalement remise. « J’ai aujourd’hui deux fois plus d’énergie qu’avant l’opération », dit Emily. HOSSZU s’en est aperçue à Monte-Carlo…

Deuxième sur 200 libre et sur 200 dos, HOSSZU avait-elle perdu le sens de la gagne ? Il lui restait son domaine, les quatre nages, et elle gagnait le 400 avec une confortable avance sur la Canadienne HARVEY. Ses 4’34s12 lui donnaient, très loin de son record mondial, la première place, ex-aequo, dans le monde, avec la Britannique Hannah MILEY.

Julia EFIMOVA, qui mène les bilans mondiaux de la saison sur 100 mètres brasse avec 1’5s80, est restée, avec 1’6s45, à une grosse demi-seconde de son temps. Une autre Suédoise, Jennie JOHANSSON, seconde avec 1’8s05, est restée fort éloignée de ses 1’6s30 records de Suède de l’année.

MESSIEURS 100 libre : 1. James MAGNUSSEN, AUS, 49s11 ; 2. Nikita LOBINTSEV, RUS, 49s51; 3. Cameron MCEVOY, AUS, 49s53 (en séries, 49s05).

400 libre : 1. Welson SIM, Malaisie, 3’49s48 ; 2. Mackenzie HORTON, AUS, 3’50s13 ; 3. QIU Ziao, CHN, 3’51s18

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 54s08; 2. Mykita TSMYH, BLR, 55s02.

200 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 2’9s49 ; 2. Kiril PRIGODA, RUS, 2’10s19.

200 papillon : 1. Laszlo CSEH, HUN, 1’57s52        

200 4 nages : 1. Laszlo CSEH, HUN, 2’2s07.

DAMES.- 200 libre : 1. Michelle COLEMAN, SWE, 1’57s38; 2. Madison WILSON, AUS, 1’57s97; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 1’58s53; 4. Madeline GROVES, AUS, 1’58s98… Finale B: 1. Cate CAMPBELL, AUS, 2’0s54

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 2’8s98; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 2’9s37; 3. Daryna ZEVINA, UKR, 2’9s84.

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’6s45; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’8s05.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 56s20; 2. Svetlana CHIMROVA, RUS, 57s78.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’34s12; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’38s73; 3. Hiroko MAKINO, JPN, 3’41s30.

ET UNE NOUVELLE NAGEUSE PRISE, UNE ! EN CHINE, LES SUSPENSIONS POUR DOPAGE SURGISSENT DANS LES RÉTROVISEURS

Éric LAHMY

Samedi 10 Juin 2017

L’agence antidopage chinoise (Chinada) a révélé de façon rétrospective les détails de la suspension pour dopage affligeant un autre élément de l’équipe nationale, lit-on sous la signature de Chan Kin-wa dans le South China Morning Post du vendredi 9 juin. L’une des meilleures nageuses chinoises, la spécialiste de la nage libre Qiu Yuhan, double médaillée aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2014 et nageuse olympique aux Jeux de Londres, a été interdite de compétition pendant neuf mois. L’information a été donnée (de façon typique) des mois après que la suspension ait été servie. Son interdiction de nager fut prononcée par Chinada en mai 2016. Alors âgée de dix-huit ans, membre de l’équipe nationale, elle avait été trouvée positive à un diurétique, l’hydrochlorothiazide, interdit parce que considéré par la Wada (agence internationale antidopage), comme un agent masquant.

La date le l’annonce, des mois après que la peine ait été purgée, a provoqué pas mal de railleries au sujet d’un type de communications « rempli de caractéristiques chinoises » tandis que d’autres expliquaient qu’ils s’étaient douté de quelque chose, l’an passé, quand Qiu, malgré ses performance aux championnats nationaux, n’avait pas été intégrée dans l’équipe olympique. Cette nageuse de la province de Liaoning, avait fini 2e du 200 mètres et 4e du 100 mètres et n’avait pas été retenue sans autre explication.

Cette « timidité » dans les annonces, comme on l’a dit plus haut, est typique de la Chine, explique par ailleurs Chan Kin-wa. « En mai 2014, rappelle-t-il, le champion olympique Sun Yang avait été positif à un stimulant, la trimetazidine ; suspendu pour trois mois, l’annonce de cette mesure ne fut faite qu’en novembre, après que Sun eut remporté trois médailles d’or aux Jeux asiatiques d’Incheon. Qiu, pour sa part, avait 14 ans quand elle fit partie du relais chinois 4e des Jeux olympiques de Londres. Elle participa aussi aux deux relais de quatre fois 100 et quatre fois 100 quatre nages qui enlevèrent l’or à Nanjingt aux Jeux de la Jeunesse 2014. Une compétition dont elle ramena l’argent du 200 et le bronze du 100 mètres.

Qiu fut aussi condamnée à payer les frais de contrôle de cinq échantillons. L’hydrochlorothiazide doit avoir un certain succès d’estime en Chine. Pendant les Jeux de Rio, la papillonneuse Chen Xinyi fut renvoyée à la maison après que son organisme ait révélé des traces du diurétique (information Germaine Necker).