CHASE KALISZ ET TAYLOR RUCK BALAIENT LA CONCURRENCE

Éric LAHMY

Samedi 3 Mars 2018

Le 400 quatre nages, de par sa difficulté, est une épreuve relativement peu pratiquée dans le monde. Il faut tout savoir nager, le faire vite et bien, et ne pas craindre de se faire très mal… De ce fait, ses meilleurs exposants s’étalent sur des écarts chronométriques importants. Vendredi, au meeting Tyr, qui continue de se tenir à Atlanta, Chase Kalisz effectue une démonstration. Ce diplômé d’histoire et de sociologie nage dix secondes plus vite que Joshua Prenot, qui n’est pourtant pas le premier venu, et termina avec plus de treize secondes sur Andrew Abruzzo. Sa performance est de qualité, puisqu’elle le situe au niveau de la médaille de bronze olympique à Rio, où seuls Kosuke Hagino, 4’6s05, et Kalisz lui-même, 4’6s75, nagèrent plus vite. En 2017, à Budapest, Kalisz avait gagné le titre mondial en 4’5s90 et nettement devancé le Hongrois David Verraszto, 4’8s38. Il a aussi gagné le 200 quatre nages à Budapest…

Kalisz venait de loin. Dès 2013, il finissait 2e des mondiaux de Barcelone sur sa distance fétiche, en 4’9s22, une demi-seconde derrière le Japonais Daya Seto (il n’a pas eu beaucoup de chance avec les Japonais semble-t-il). Aux mondiaux 2015 de Kazan, avec 4’10s05, il était encore une fois devancé par Seto, 4’8s50, et par le Hongrois Verraszto, 4’9s90.

A l’approche de son 24e anniversaire – il est né le 7 mars 1994 – Chase, un gaillard de 90 kg pour 1,93m, pourrait bien tenter de battre l’un des plus intimidants records du monde, le 4’3s de Michael Phelps, dont il a été le jeune compagnon d’entraînement et reste un excellent ami.

On n’aurait pu imaginer que Chase deviendrait l’incontestable champion qu’il est devenu. A huit ans, il se plaignit un soir de douleurs dans les membres. Un ou deux jours plus tard, son état s’aggravant, les médecins diagnostiquèrent un syndrome de Guillain-Barré, un grave désordre dans lequel le système immunitaire s’attaque au système nerveux périphérique, conduisant à de fortes incapacités ainsi qu’à une atonie musculaire. Quand le syndrome s’attaque au système respiratoire, il conduit, si l’on n’intervient pas, à la mort par asphyxie. Chase fut plongé dans un coma artificiel, respiration assurée, pendant une semaine, par un poumon d’acier…

A ce moment, les Kalisz réalisèrent la force de la relation que créait la natation. Le coach de Courtney, Paul Yetter, vint tous les soirs faire du baby-sitting bénévole pendant que les parents veillaient leur fils, les Phelps envoyèrent des colis de soins, et une autre famille des plats préparés… Pendant les longues semaines de récupération, Chase donna son programme : « retourner nager ». Cet épisode douloureux devint avec le temps un sujet de plaisanterie, quand Chase ne pousse pas suffisamment sur ses battements de jambes, Phelps et Bowman l’air contrit remarquant que cela devait être le résultat de sa paralysie infantile !

MAMAN KALISZ ACHETA UN LIVRE GENRE COMMENT NAGER (OU ÊTRE EN SÉCURITÉ, OU ENCORE NE PAS SE NOYER) EN DIX LEÇONS 

Chez les Kalisz, la relation avec la natation est due au hasard et à la nécessité, pour la mère, Cathy, d’offrir à son aînée, Courtney, âgée de dix semaines (!) la sécurité du savoir nager. L’histoire est joliment contée par  Chils Walker pour le Baltimore Sun du 24 juin 2016. Maman Kalisz acheta un livre genre comment nager (ou être en sécurité, ou encore ne pas se noyer) en dix leçons : et à un an, la petite Courtney ne pouvait passer près d’une crique ou d’une fontaine du centre commercial d’Hartford County sans s’évertuer à piquer une tête.

Ainsi débuta une odyssée de vingt années où les quatre enfants de Cathy et Mike tâtèrent de la nage de compétition, tandis que les parents, à l’instar des Phelps s’investissaient dans le groupe de volontaires qui animaient les clubs de Bel Air puis de North Baltimore que coachait Bob Bowman. Le moins qu’on puisse dire que Mike fut pris de court : « aucun de mes enfants, aimait-il dire, ne sera dans l’équipe de natation ; ils joueront au lacrosse. » Aujourd’hui encore, il prétend ne rien comprendre à ce sport…

Courtney, la cheffe de file, fut une enfant prodige de la natation, passionnée et investie et se qualifiant pour les sélections olympiques 2004 et 2008 et enlevant l’argent des 200 mètres papillon aux Jeux Panaméricains 2007 avant qu’une blessure à une cheville ne stoppe brutalement sa progression à 19 ans. Chase, le suivant de la liste, effectue la carrière qu’on sait. Les deux derniers, Connor et Cassidy, nagent et étudient, le premier avec Florida, la seconde à LSU, mais ils ne prennent pas trop la natation au sérieux, et suivent les préceptes coubertiniens selon qui l’essentiel est de participer. Pourtant, on dit dans la natation du Maryland que Connor était, potentiellement, le meilleur nageur de la famille.

UN DOUBLÉ PHÉNOMÉNAL DE TAYLOR RUCK SUR 200 DOS ET 200 LIBRE EN ONZE MINUTES

Le double exploit de la soirée a été réalisé par la Canadienne Taylor Ruck, qui, en l’espace de onze minutes, a remporté deux courses, le 200 dos et le 200 libre, dans des temps excellents, 2’6s36 et 1’56s85, et épinglant par-dessus le marché deux solides internationales, Federica Pellegrini et Jianjiahe Wang. Son 200 dos est considéré comme un record mondial junior par les plaisantins de la Fédération International de Natation, mais Missy Franklin a nagé deux secondes plus vite, 2’4s06, dans la catégorie d’âge, alors qu’elle avait dix-sept ans et 82 jours. Taylor a 17 ans, 9 mois et 5 jours…

Mais bien entendu il s’agit d’une grosse performance pour cette nageuse à la fois grande et légère, 1,80m, 64 kg, qui, ajoutée à son temps sur 200 libre, met en avant sa redoutable endurance. Elle détenait l’ancien record canadien, depuis décembre dernier, avec 2’6s87… Elle pourrait bien être la nageuse à suivre aux Jeux du Commonwealth.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Michael Andrew, Race Pace, 21s93 ; 2. Nathan Adrian, Cal., 22s09.

200 dos: 1. Ryan Murphy, Cal., 1’55s46; 2. Jacob Pebley, Cal., 1’55s85; 3. Ryosuke Irie, Japon, 1’56s77.

200 mètres: 1. Jack Conger, Nation’s Capital, 1’46s96.

400 quatre nages : 1. Chase Kalisz, UGA, 4’8s92

DAMES.- 50 mètres : 1. Margo Geer, Mission Viejo, 24s78.

200 mètres: 1. Taylor Ruck, Ontario, Canada, 1’56s85; 2. Jianjiahe Wang, Chine, 1’57s60; 3. Rebecca Smith, Ontario, Canada, 1’59s14; 4. Penny Oleksiak, Toronto, Canada, 1’59s32

200 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, Canada, 2’6s36; 2. Federica Pellegrini, Italie, 2’11s28

 400 quatre nages : 1. Madisyn Cox, Longhorn, 4’37s94 ; 2. Melanie Margalis, St Petersburg, 4’38s13; 3. Hali Flickinger, UGA, 4’39s98.

AUSTRALIE : CINQUANTE, NUANCES PLUS CLAIRES, POUR CATE CAMPBELL

Éric LAHMY

Samedi 3 Mars 2018

Petite ultime journée des championnats d’Australie sélectifs pour les Jeux du Commonwealth, marquée cependant par un nouveau record d’Australie et du Commonwealth du 50 mètres crawl féminin par Catherine Campbell. En finale, Cate réalise 23s79 et écrête son ancien record, 23s84 le 24 avril 2016.

Ce faisant, elle approche de 0s12 le record mondial du 50 mètres, que Sarah Sjöström a amené à 23s67 le 29 juillet dernier, dans la deuxième demi-finale des championnats du monde de Budapest . Sjöström, en finale, réalisait ensuite 23s69 et devançait trois nageuses qui amélioraient leur record national, la Hollandaise Ranomi Kromowidjojo, 23s85, l’étatsunienne Simone Manuel, 23s97, et la Danoise Pernille Blume, 24s.

L’aînée des Campbell, retour de son année semi-sabbatique (elle y a quand même quelque peu nagé, quoique sans ambition), a vite repris sa place dans la hiérarchie mondiale, au niveau, en termes de performances, de Sarah Sjöström, dont elle reste la première adversaire. Elle a également totalement repris son ascendant sur sa sœur cadette, Bronté, laquelle s’est systématiquement trouvée devancée dans tous leurs affrontements.

En revanche, rien ne nous dit que Catherine Campbell est plus qu’auparavant une grande compétitrice. Elle a plus qu’à son tour fauté, dans le passé, quand l’enjeu était la gagne. Son vrai titre de gloire est d’avoir gagné le 100 mètres des championnats du monde 2013, à Barcelone (dans le temps de 52s34). En-dehors de cela, elle a surtout collectionné les médailles de bronze, ce qui est certes méritoire mais ne correspond pas à son « statut chronométrique ». Un échec cuisant en finale du 100 mètres des Jeux olympiques de Rio mit cruellement en lumière la difficulté de réussir d’une jeune femme sans doute un peu trop affable, gentille, et impressionnable, quand l’enjeu est au plus haut…

Campbell a devancé deux de ses équipières de Chandler, sa sœur Bronte, 24s22, et Shayna Jack, 24s62.

Le 50 messieurs a vu James Roberts, 21s97, devancer Cameron McEvoy, 22s02, et James Magnussen, 22s17. McEvoy avait nagé 21s87 en séries.

Sur 1500 mètres, Jack McLoughlin, en 14’56s99, a complètement largué Mackenzie Horton, 15’14s67, lequel perdit pied après la mi-course, et fut presque menacé par le retour de Joshua Parish, 15’15s70.

Mitch Larkin enleva le 400 quatre nages en 4’15s68, un temps juste correct pour l’ex-champion du monde du 200 dos ; la course féminine était tout aussi « moyenne », même si, à seize ans, Kaylee McKeown, 2e derrière Blair Evans en 4’39s14 contre 4’38s97, peut, en raison de son âge, représenter un espoir australien sur la distance… Sur les 50 dos, les titres revenaient à Emily Seebohm, 27s76, et Zac Incerti, 24s97.

MICHEL PEDROLETTI TOUS AZIMUTS (2) : L’ÉCOLE DE LA NATATION FRANÇAISE, UNE USINE À GAZ NOCIVE POUR L’AVENIR DE NOTRE NATATION

Michel PEDROLETTI

Samedi 3 Mars 2018

DANS UNE « PETITE NOTE DE RÉFLEXION POUR LA NATATION FRANÇAISE À L’ATTENTION DE MR. JULIEN ISSOULIÉ, DTN, » MICHEL PEDROLETTI, EN SEPTEMBRE DERNIER, PROPOSAIT LES CHANGEMENTS POLITIQUES ET INSTITUTIONNELS SUIVANTS POUR LA NATATION FRANÇAISE. MICHEL PEDROLETTI A ÉTÉ ENTRAINEUR NATIONAL ENTRE 1977 ET 1992, ET IL A ENTRAÎNÉ AVEC FRÉDÉRIC DELCOURT ET CATHERINE POIROT DEUX MÉDAILLÉS OLYMPIQUES DE LOS ANGELES EN 1984.

 Cinq points me semblent importants pour notre natation dans une optique d’avenir et pour les JO de 2024 à Paris :

  1. Adaptation pragmatique de l’ENF afin de ne pas perdre de licenciés et de ne pas voir nos jeunes nageurs partir vers d’autres horizons !
  2. Proposition de la suppression de nos catégories d’âges jusqu’aux championnats de France minimes pour une natation de niveau !
  3. Proposition d’uniformisation des calendriers sportifs départementaux, régionaux et nationaux autour d’une compétition toutes les 4 semaines !
  4. Recherche des talents et parrainage/tutorats de ces talents pour la meilleure évolution et la meilleure compétitivité possible dans une optique Olympique !
  5. Avoir une politique spécifique de développement pour les DOM TOM qui sont une source très riche de talents !

Je voudrais préciser que toutes ces propositions ont été faites en leur temps à Lionel Horter qui m’avait demandé de réfléchir sur les carences de la natation française, et furent transmises ensuite à Jacques Favre.

1. Adaptation de l’Ecole de la Natation Française.

De mon point de vue l’ENF est une usine à gaz nocive pour l‘avenir de notre natation. Empêcher un nageur de s’amuser en pratiquant la compétition avant d’avoir réussi un « 3ème niveau » et un 100 mètres quatre nages, c’est le meilleur moyen de perdre des nageurs, des licences et de faire en sorte que nous restions ridicules en quatre nages au plan international comme c’est le cas depuis de nombreuses années ! C’est un peu à l’image de nos intellectuels de l’Éducation Nationale qui préconisent la méthode globale avec les résultats qu’on sait au détriment de ce qui a toujours bien marché la syllabique !    

Sachant qu’on ne peut rien y changer (ce qui me semble un comble !), je préconise une adaptation au 2ème niveau de L’ENF :

  1. En permettant la pratique de la compétition sur 50 mètres,
  2. 50 mètres crawl (et non pas nage libre !), 50 mètres dos, 50 mètres brasse, à partir du moment où le nageur est capable de faire ces distances en moins de 50’’, les nageurs nageant plus lentement ne pouvant être classés,
  3. 50 mètres auquel on adjoint un 25 mètres technique noté avec une grille de jugement :
    • 5 points sur le départ avec élan des bras, détente, entrée dans l’eau, glisse et reprise de nage,
    • 10 points sur la nage, placement de la respiration, expiration dans l’eau, placement de l’inspiration, retour relâché du coude haut, enchaînement des appuis sans temps d’arrêt devant coordination bras jambes,
  4. Un classement prenant à la fois en compte le temps réalisé et la note du 25m technique imposé permettant le classement des nageurs, temps plus la différence entre la note obtenue et la note maximum de 20. Exemple 36’’ plus 15/20 donnant 41 et, par contre 32’’ et 10/20, 42, donc derrière le premier !

Une telle démarche nous permettrait :

  • De ne pas perdre  nos jeunes nageurs, de les intéresser et de les motiver !
  • Elle aurait un impact important sur les éducateurs mais aussi sur les enfants pour la pratique d’une bonne technique et d’une bonne maitrise des fondamentaux des différentes nages !
  • Elle donnerait du pouvoir et des outils à la formation en renforçant son importance, et cela tant auprès des enfants que des éducateurs !
  • De plus les discussions et les « polémiques » que cela induirait seraient une source de progrès pour nos nageurs et nos clubs en sortant d’un consensus mou, source de stagnation et de régression !

2. Suppression des catégories d’âges jusqu’aux championnats de France minimes et mise en place d’une natation de niveaux.

Les différentes catégories d’âges et les programmes qui s’y rapportent à chacun des niveaux ne sont :

  1. En aucun cas adaptés au développement physique des nageurs à qui ils s’adressent !
  2. Et encore moins à leur niveau technique !
  3. Nous fabriquons une natation de petits gabarits ! En effet les petits sont bien coordonnés et, de ce fait, progressent ! Dans le même temps nous perdons les futurs grands gabarits de talents qui, à cet âge, ne sont pas coordonnés ! Ils éprouvent des difficultés à acquérir une bonne technique, à progresser ! Ils s’écœurent de voir les petits leur tourner autour et abandonnent la natation, pensant n’y avoir aucun avenir ! Ils vont renforcer d’autres sports alors que c’est nous qui les avons en main au départ ! Nos nageurs de talents et de grands gabarits ont tous commencés dans de petits clubs, pour finir, plus tard dans les grands clubs !
  4. Les axes de formation de ces catégories d’âges sont basés sur les quatre nages et le demi-fond depuis plus de 40ans ! C’est sur ces épreuves que nous sommes le moins compétitifs au plan international depuis lors !
  5. De plus, imposer le quatre nages sur la base d’une mauvaise technique comme un 400 ou un 800 mètres avec une technique de « nage plus ou moins libre qui n’a que de lointains rapports avec le crawl » ne peut qu’être source de dégradation techniques et d’abandon de ces distances !
  6. Enfin, il n’y aucune place dans nos programmes et donc dans nos clubs pour des nageurs, peut-être beaucoup plus doués, mais un peu plus âgés de 10 à 14 ans qui souhaiteraient pratiquer la natation ! Si je prends mon exemple, j’ai commencé la natation à 14ans et j’ai été Champion de France et en Equipe de France, cela n’est plus possible actuellement !

Au vue de ces constations, il me semble important de proposer une natation de niveau, locale, départementale, régionale  et nationale commençant à partir des propositions faites ci-dessus pour le 2ème niveau de l’ENF :

  • Des 50m, en crawl, en dos et en brasse dans la mesure où ils sont nagés à moins de 50’’ et un 50m papillon quand on est capable de nager moins de 45’’
  • A partir de 35’’ sur chacun des 50m, on ne propose que des 100m avec obligation de nager moins de 1’30’’ en crawl, en dos, en brasse et en quatre nages.
  • Puis on peut offrir la pratique des 200m à partir de 3’ en crawl, en dos, en brasse et en 4N et 2’45s en papillon.
  • Des 400m à 5’45’’ en crawl mais aussi en 4 nages, des 800m à 11’ et des 1500m à moins de 20’ !

Ces limites de temps peuvent faire l’objet d’une discussion ou d’une réflexion plus approfondie mais, dans tous les cas, le cadre doit être simple et compréhensible !

Le principe de cette réflexion repose sur le fait qu’un niveau de performance doit correspondre à la fois  un niveau technique et un niveau d’entraînement. On commence par le plus simple, le 50m crawl pour aller progressivement vers le plus complexe le 4 nages et les longues distances qui demandent à la fois une bonne technique et un bon niveau d’entraînement ! Ce qui est l’exact opposé de ce qu’on propose depuis plus de 40 ans avec le succès que l’on sait !

 

3. Organiser les différents calendriers sportifs autour d’une compétition toutes les 4 semaines.

Il me semble important que le calendrier sportif, qu’il soit départemental, régional ou national, soit un outil et une aide pour la préparation, pour le développement des capacités et non pas le contraire !

  1. Il est important de donner du temps à la préparation et bien fixer l’objectif de compétition qui va permettre d’évaluer les progrès acquis à l’entraînement.
  2. Il est important d’amener le nageur et bien entendu l’éducateur/entraîneur à répondre présents à un moment donné. C’est l’éducation vers le haut niveau et il faut le commencer le plus rapidement possible.
  3. Un cycle d’une compétition toutes les 4 semaines permet d’avoir 3 semaines d’entraînement pour le développement des capacités qu’elles soient techniques, physiques ou physiologiques, avec une semaine de même volume avec une intensité moindre, un test éventuel en milieu de semaine et la compétition le week-end.
  4. Cette organisation a le mérite de bien fixer les choses tant sur le plan de l’entraînement, de la compétition ou de la détente qu’il ne faut pas oublier et cela pour le nageur comme pour l’entraîneur.

4. Recherche des talents et accompagnement de ceux-ci vers le haut niveau.

Il me semble indispensable d’aller à la recherche des talents ! Pour cela :

  1. Il faut bien comprendre qu’un bon brasseur a un bon ciseau, un bon nageur de dos a un bon battement de dos, un bon crawleur un bon battement de jambes et le bon papillonneur un bon dauphin !
  2. Il faut demander un test sur un 100m battement de jambes à la planche, dans des conditions biens réglementés pour les :
    • 10 ans et moins,
    • 12 ans et moins,
    • 14 ans et moins.
  3. Ce test doit être fait dans un premier temps dans les clubs, puis au plan départemental, régional et national relativement à une grille de temps ou à un nombre de places !
  4. Les meilleurs au plan régional puis national étant regroupés, des observateurs Fédéraux, ayant « l’œil », se rendraient sur place pour les observer et ainsi évaluer leurs capacités et leurs développements physiques.
  5. Il faut rechercher les nageurs ayant la « glisse », le gabarit et une bonne flottabilité pour le meilleur rapport poids puissance.
  6. Les nageurs identifiés, il faut mettre en place un suivi sur le temps :
    • Pour observer leurs évolutions physiques notamment chez les jeunes filles ;
    • Pour prendre contact avec les clubs et les entraîneurs pour leur préconiser des types d’entraînement dans une optique de haut niveau:
      • tant sur le plan technique,
      • que physique (renforcement musculaire, assouplissements, relâchement, travail de concentration et de relaxation…)
      • sans oublier la dimension de l’entraînement : nombre de séances, durée, volume, plan de séance, séries de nage, de jambes et de bras (eh ! oui, ces données me semblent importantes et je crois qu’on les oublie un peu trop actuellement)…
  1. On peut également imaginer mettre en place une évaluation de la puissance au travers d’un 100m de nage avec des plaquettes adaptées (Plaquettes/jambes) en crawl, en dos, en brasse pour tout le monde et en papillon pour les 12ans et moins !

 

Remettre les jambes au centre des choses me semble dans tous les cas, tant au point de vue de l’apprentissage que de l’entraînement être une chose indispensable !

Le mérite de cette proposition est qu’elle aussi est simple et compréhensible par tous.

5. Une politique spécifique pour les DOM TOM doit être mise en place.

Les DODM TOM sont une ressource de talents dont on ne se sert pas assez dans tous les sports en France mais en natation en particulier.

Si j’en juge par les résultats obtenus en très peu de temps par les nageurs guadeloupéens à la suite de la politique que j’ai pu mettre en place entre 2006 et 2011 sur les principes édictés ci-dessus, je pense que nous ne nous intéressons pas suffisamment à ces territoires qui méritent notre attention et une spécificité liée au climat et à l’éloignement et qu’un copié collé de notre programme ne saurait être suffisant !

 J’ai fait en leur temps dans ce domaine également de nombreuses propositions au travers de notes que j’ai pu envoyer à nos différents DTN.  

MICHEL PEDROLETTI TOUS AZIMUTS (1) LES JEUX OLYMPIQUES À PARIS EN 2020, CE SERA TOUT DE SUITE OU CE SERA TROP TARD

MICHEL PEDROLETTI, 67 ANS, ENTRAINEUR DE L’INSEP (1977-1982), ENTRAINEUR NATIONAL DE L’ÉQUIPE DE FRANCE (1977-1988) ET ENTRAINEUR DU CERCLE DES NAGEURS DE MARSEILLE (1984-1995), S’INQUIETE DE LA PRÉPARATION (L’IMPRÉPARATION ?) DES NAGEURS FRANÇAIS À SIX ANNÉES DE L’ORGANISATION DES JEUX OLYMPIQUES DE PARIS. IL A DONC ENVOYÉ QUELQUES MISSIVES SOUS FORME DE COURRIELS À QUELQUES-UNS DES DÉCISIONNAIRES DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION, PRÉSIDENT (GILLES SEZIONALE). DIRECTEUR TECHNIQUE (JULIEN ISSOULIÉ), DIRECTEUR DE LA NATATION (RICHARD MARTINEZ) AINSI QU’ALAIN BERNARD, RICHARD PAPAZIAN, PATRICK DELÉAVAL. IL INSISTE : IL NE DEMANDE RIEN POUR LUI, ET AGIT SOUS LE SENTIMENT D’UNE URGENCE ET LA PRESSION DES ÉVÉNEMENTS. É.L.

 

Michel PEDROLETTI

Samedi 3 Mars 2018

Avec les Jeux Olympiques en France dans  six ans, on devrait être dans l’urgence!

Chaque jour compte et chaque jour passé est un jour de perdu!

Remettre l’action à mener aux « prochains mois », c’est, peut être, passer complètement à côté de ces Jeux !

Les nageurs, quelques filles mises à part, qui devront défendre nos couleurs, sont déjà connus !

Peut-on rester vis-à-vis d’eux dans une gestion habituelle et normale si on a quelques ambitions de briller à ces Jeux Olympiques « à la maison »?

De mon point de vue – mais peut-être ai-je tort (ce dont mon expérience me fait douter) –, on devrait se trouver dans l’urgence maximum, et cela depuis des mois déjà !

Ayant passé ma vie à servir la natation et à penser natation, sans vouloir donner de leçon à quiconque, je pense qu’on devrait au minimum adopter la démarche suivante pour les TROIS MOIS QUI VIENNNENT. Je vous livre mes réflexions pour le cas où elles pourraient vous interpeller:

    1- Définir la problématique et les objectifs à attendre!

        -De mon point de vue, ces objectifs devraient être : TITRES ET MÉDAILLES AVEC LA CAPACITÉ DE PRÉSENTER DES ÉQUIPES COMPLÈTES HOMMES ET FEMMES!

        – La problématique, au niveau des performances à atteindre, doit induire trois types de réflexions:

            * relativement au talent du nageur!

            * aux axes techniques relatifs à ces niveaux de performances!

            *à la capacité musculaire nécessaire!

            *et aux axes d’entraînement indispensables à mettre en œuvre!

        – Mais il convient aussi de se servir de l’opportunité des J.O. et de ce qu’elle peut induire pour jeter les bases indispensables à l’avenir de notre natation au plus haut niveau international!

    2- Effectuer une réflexion en interne relativement à cette problématique!

    3-  Et surtout, en externe, faire appel à une dizaine de personnes reconnues pour leurs vécus, leurs expériences et leurs résultats, et leur poser la problématique, leur demander d’y réfléchir, puis de proposer en réponse à cette problématique, dans les 30 jours, une dizaine de recommandations.

    4- Communiquer sur cette démarche avec l’ensemble des acteurs de notre fédération et leur proposer, s’ils le souhaitent le faire, dans les 30 jours, 3 ou 4 grandes propositions personnelles répondant à cette problématique auprès de la DTN!

    5- A la réception des propositions des experts et des acteurs de notre natation, organiser un séminaire de débriefing réunissant le Président de la FFN, deux ou trois élus qu’il jugerait utile d’intégrer à cette démarche, les experts, la DTN, pour  arbitrer et s’accorder sur une dizaine d’axes prioritaires et sur leurs mises  en œuvre!!

    6- Mise en œuvre immédiate de tout ce qui peut l’être et se pencher sur ce qu’il y a lieu de faire pour la mise en œuvre à très court terme de ce qui doit être fait.

    7- Tous les mois et demi, réunir un comité de suivi des actions mises en œuvre, de résultats qu’elles induisent et du bien-fondé de ces actions pour les affiner, les accentuer ou les alléger relativement au moyens qu’elles exigent !

Par exemple, j’ai un peu de mal à comprendre qu’une action que je propose depuis longtemps pour la recherche de talents, ne soit pas déjà discutée et mise en œuvre si elle peut sembler être utile car, pour  faire faire un 100 mètres en jambes, ciseau de brasse, battement de dos et battement de crawl pour les 8 ans et moins, 10 ans et moins, 12 ans et moins, dans les clubs puis au niveau local, départemental, régional et national, n’implique pas grand-chose en termes d’organisation ou de moyens financier ; et, si elle ne donne pas de résultats elle ne coûte rien!

Pour conclure, j’aimerais insister sur un point : tout comme, dans l’entraînement, la notion de temps est fluctuante, – à certaines périodes, en début de saison, on peut prendre son temps et, plus la saison avance, moins on en a – il en va de même vis-à-vis de la préparation des Jeux Olympiques. Or, de mon point de vue, et on ne doit pas s’y tromper, à J.O. moins six ans, on se situe dans les derniers stades de la préparation !

C’est pour cette raison qu’il me parait urgent d’être sensible à cette question, et que je prends ici le risque de vous importuner.

AUSTRALIE : MITCHELL LARKIN ESPÈRE AVOIR TROUVÉ UN BON RÉMOULEUR

Éric LAHMY

Vendredi 2 Mars 2018

Troisième soirée de championnats d’Australie, à Gold Coast.

Dans les séries du 200 dos messieurs, on voit apparaître du neuf avec Bradley Woodward, meilleur qualifié en 1’59s05, qui devance Mitchell Larkin. Mais en séries, c’est autant l’intention que la valeur qui fait la différence, et Larkin s’est peut-être économisé. Comme quatre nageurs ne sont séparés que de 0s16, les paris demeurent incertains.

La finale délivre son verdict. Larkin l’emporte. Il part vite, mène devant Woodward d’un mètre aux 50 (26s83 contre 27s44), d’une seconde toute ronde aux 100 (56s13 contre 57s13), ne peut ensuite empêcher Woodward de remonter un peu.

Larkin, 1’56s60, l’emporte mais sans répondre aux interrogations le concernant. Double champion du monde 2015, ses records, 52s11 et 1’53s17, sont vieux de 28 mois, et il n’a cessé de voir sa position se dégrader. A Rio, aux Jeux olympiques de 2016, il termine médaillé d’argent du 200 dos derrière Ryan Murphy, en 1’53s96 contre 1’53s62, et seulement 4e du 100 dos derrière deux Américains dont Murphy, vainqueur, et un Chinois ; en 2017, il est éliminé sans gloire en demi du 200 dos, se classe 6e du 100 dos à Budapest, et ne pèse plus au plan mondial, on ne sait trop pourquoi, usure d’un vieux pro ?

Semblant d’explication : déçu par ses résultats olympiques, où finir 2 et 4 ne le satisfait pas, il abandonne son entraîneur de neuf années Michael Bohl, à St Peters, et se confronte à plusieurs entraîneurs avant de choisir Simon Cusack, un coach plus orienté vers le sprint que Bohl et dont il espère qu’il va renouveler son intérêt pour le dos ; mais si Cusack est l’homme qui a « fait » Cate et Bronte Campbell, il pourrait bien être l’homme qui a « défait » Larkin, lequel sombre, très loin de ses succès passés.

Cusack l’a bien averti avant de le prendre sous son aile. Il lui a dit qu’il faudra plus d’un an pour s’adapter à la brutale intensité de sa méthode.

Après réflexion, Larkin prétend que l’approche de Cusack, « trop éloignée dans l’autre direction » de celle de Bohl, ne convient pas à son tempérament. Il insiste sur un point, notamment, celui concernant l’affutage final, avant les mondiaux, trop radical à son goût, qui eut un effet pernicieux sur sa nage : « plus je me reposais, plus je perdais mes sensations dans l’eau. »

Il est assez étonnant qu’aujourd’hui encore, des entraîneurs soient aussi attachés à leurs procédures qu’ils n’adaptent pas en fonction des particularités et des goûts de leurs nageurs quelque chose d’aussi personnel que l’affutage, et ne cherchent pas à individualiser cette étape finale qui précède la compétition.

Larkin est du type de nageur (assez commun en demi-fond) qui doit se soumettre à un fort volume d’entraînement jusqu’au jour J, celui de la compétition, pour des raisons physiques et psychiques. Des nageurs, lorsqu’ils sont mis au repos, perdent leur énergie et leur sommeil ; d’autres, tout au contraire, semblent appeler de leurs vœux ce repos, en rajoutent dans d’énormes siestes, et se mettent à voler le jour de la compétition. Question de tempérament (et de distance nagée). Jonty Skinner gagna près de quatre secondes sur 100 mètres dans le mois qui précéda son record du monde du 100 à 49s44 (1976)…

Après avoir soupesé plus d’une option au cours de conversations, retour de Budapest, avec l’entraîneur national Jacco Verhaeren, Larkin s’en alla rejoindre au collège St Peters Lutheran un ancien assistant de Bohl, Dean Boxall, dont la réputation monte très vite en Australie, vu qu’il entraîne Ariarne Titmus, Jack Cartwright et Clayde Lewis. Boxall, 37 ans, a été élu « coach des jeunes » australien de l’année 2017 A ce moment, Bohl quitta St Peters pour Griffith, à Gold Coast, et Boxall se retrouva head coach.

Sa victoire d’aujourd’hui n’éclaire guère au sujet de Larkin. Son temps de 1’56s60 est pratiquement le même que celui de l’année passée (1’56s66). Il faudra attendre les résultats des Jeux du Commonwealth, en avril, pour savoir s’il a rétabli la situation. Espérons que son nouveau rémouleur sache l’affuter et lui rende son tranchant.

À LA POURSUITE D’EMMA MCKEON, MADELINE GROVES CHERCHE FORME OLYMPIQUE DÉSESPÉRÉMENT

100 papillon : Emma McKeon reste la patronne, tandis que Madeline Groves, la vice-championne olympique du 200 de Rio, après avoir mis, semble-t-il, la pédale douce et nagé, un peu étudié, s’être amusée, aux USA, mais aussi être tombée malade (endométriose, comme Emily Seebohm) et avoir été ratée par un contrôle anti-dopage, – erreur que les contrôleurs s’empressèrent de mettre à son compte, alors qu’elle put faire la preuve que c’était eux qui n’avaient pas bien fait leur boulot – revient. Mais un étage plus bas.

Emma McKeon l’emporte mais un temps éloigné d’une seconde de son record d’Australie. L’an passé, elle avait nagé 56s81 en séries pour ensuite contrôler la finale en 58s11. Ici, elle exécute le même schéma, emmène Groves et Throssel, se détache peu à peu après le virage, termine en 57s13. Throssel la talonne, en 57s42. Groves, larguée en fin de course, 58s45, devance une gamine de 15 ans, Michaela Ryan, de St Peters, issue du néant (elle en était à 1’0s51 en décembre) et qui nage 58s96.

Sur 200 dos dames, Emily Seebohm, bien sûr, affronte ses habituelles Némésis : Hayley Baker et la benjamine de la course Kaylee McKeown, 16 ans. La patronne trébuche, McKeown passe, de rien mais elle passe, 2’8s23 contre 2’8s24. Baker est tout près, 2’8s66 !

Sur 200 4 nages messieurs, Clyde Lewis, 20 ans, lui, reste très seul. Champion du monde junior en 2015, il n’a pas encore totalement effectué sa mutation en nageur adulte. Mais c’est un bon dossiste et crawleur également. Il nage pour Saint Peters (Indooroopily, Brisbane), et l’entraîneur Michael Bohl. En 2017, après une série prometteuse, aux mondiaux, et un temps de 1’58s06, 6e, contraint de viser plus haut, il implose en demi, se retrouve avec 1’59s90, 15e au classement. Et 21e du 400 quatre. Le voici champion d’Australie avec1’58s36, devant… Mitch Larkin, qu’il se permet le luxe de larguer dans le parcours de dos, effectué en 29s25 contre 30s54 pour le champion du monde 2015 ! Lewis s’impose dans la première moitié, papillon-dos, et ne sera pas rejoint.

Sur 200 4 nages dames, on n’a pas remplacé Stephanie Rice, ni même Alicia Coutts; Blair Evans, 26 ans, 2’12s81, et Taylor McKeown, 22 ans, 2’13s55, ne paraissent pas devoir rappeler les neiges d’antan.

50 brasse dames : Leiston Pickett, c’est pas de la piquette ? Gagnante de deux Commonwealth Games sur 50 brasse,  en 2010 à Dehli et en 2014 à Glasgow. Nageuse à plein temps et réceptionniste à mi-temps, 30s60 en finale. Bof !

50 brasse messieurs : records de lenteur pour Jake Packard, 27s33, et Jameson McKechnie, 27s35.

100 papillon messieurs : Irvin Grant est le seul nageur australien de stature mondiale avec ses 51s, mais à 26 ans, il assure sans pouvoir projeter beaucoup plus haut… Des jeunes essaient de secouer le cocotier, McCarthy, Benehoutsos, Temple, Cough, voire Brown, donc du renouvellement mais pas encore mûr.

MEETING TYR AUX USA : SARAH SJOESTROEM ET JACK CONGER, PAPILLON HAUT

AVEC RESPECTIVEMENT 56s62 ET 51s00, LA SUÉDOISE ET L’AMERICAIN SE DISTINGUENT.  ANDREW WILSON AU 200 BRASSE ET JIANJIAHE WANG, 15 ANS, AU 800 DAMES BRILLENT ÉGALEMENT.

Éric LAHMY

Vendredi 2 Mars 2018

Pendant qu’en petit bassin de 25 yards, les équipes universitaires masculines des PAC-12 s’affrontent à Federal Way, près de Portland, dans l’état de Washington, les pros ou supposés tels se rencontrent sous l’égide de Tyr à Atlanta, en Georgie. De bonnes performances ont été enregistrées, notamment par Jack Conger, qui bat son record personnel sur 100 papillon et devient avec son temps de 51s le 2e Américain en activité sur la distance derrière Caeleb Dressel, 49s86. Nathan Adrian a emporté sa énième course de suite sur 100, ne trouvant personne à son niveau. Mais il convient de noter que Conger, dûment qualifié le matin avec un étincelant 48s80, a préférer se préserver pour la course de papillon.

Andrew Wilson a gagné un 200 brasse de haut valeur en 2’8s93 après avoir réalisé 2’9s52 en série.

Sarah Sjoestroem tentait un coup double sur 100 papillon et 100 libre, et si elle écrasait la première finale où Kelsi Dahlia-Worrell finissait 2e, elle était reprise à l’arrivée du libre par Taylor Ruck, sans doute fatiguée de sa journée, les deux finales se jouant en moins d’une demi-heure…

La plus grosse performance féminine était peut-être, à égalité avec Sjostroem, signée par la Chinoise Jianjiahe Wang, 15 ans, 8’18s09 au 800 mètres

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Nathan Adrian, California, 48s58 ; 2. Vladimir Morozov, Trojans, Russie, 49s21; 3. Youri Kisil, Thunderbirds, 49s22. En série, Jack Conger, Nation’s Capital, 48s80.

800 libre : 1. Zane Grothe, Mission Vievo, 7’53s88; 2. Andrew Abruzzo, Plymouth, 7’54s51.

200 brasse : 1. Andrew Wilson, Longhorn, 2’8s93 (en séries, 2’8s52) ; 2. Will Licon, Longhorn, 2’9s47; 3. Josh Prenot, California, 2’10s43 (en série, 2’10s21); 4. Chase Kalisz, UGA, 2’11s06; 5. Nick Fink, UGA, 2’11s53.

100 papillon : 1. Jack Conger, Nation’s Capital, 51s00 ; 2. Marius Kusch, 52s22; 3. Tripp Cooper, Longhorns, 52s40; 4. Michael Andrew, Race Pace, 52s57.

DAMES.- 100 libre : 1. Taylor Ruck, Ontario, Canada, 53s37; 2. Sarah Sjoestroem, Suède, 53s43; 3. Mallory Comerford, 54s06; 4. Margo Geer, Mission Viejo, 54s20 (en série, 54s14); 5. Federica Pellegrini, Italie, 54s26; 6. Lia Neal, 54s53. Finale B: Penny Oleksiak, Toronto, Canada, 54s98.

800 libre : 1. Jianjiahe Wang, Chine, 8’18s09; 2. Ashley Twichell, Titans, 8’29s35

200 brasse : 1. Kierra Smith, Victoria, Canada, 2’24s04 ; 2. Julia Efimova, Russie, 2’24s42; 3. Madisyn Cox, Longhorn, 2’25s10; 4. Jinglin Shi, Chine, 2’25s11.

100 papillon ; Sarah Sjoestroem, Suède, 56s62 ; 2. Kelsi Dhalia-Worrell, Cardinal, 57s48; 3. Penny Oleksiak, Toronto, Canada, 58s36; 4. Rebecca Smith, Ontario, Canada, 58s50.

AUSTRALIE : CATE CAMPBELL MAIS AUSSI HORTON, MCLOUGHLIN, TITMUS ET CHALMERS, ON PREND LES MÊMES ET QUELQUES JEUNES ET ON RECOMMENCE

Éric LAHMY

Jeudi 1er mars 2018

Dans cette deuxième journée des championnats d’Australie sélectifs pour les Jeux du Commonwealth qui se tiennent au Centre Aquatique de Gold Coast (ex-Southport Pool), appelé aussi Optus Aquatic Centre, dont le bassin recevra les courses de natation des Jeux, on attendait certaines courses particulièrement intéressantes, et on n’a pas été déçu.

Les 400 mètres étaient très attendus. L’Australie s’est de mémoire d’homme bien comportée sur les longues distances, et, si elle ne domine plus comme il fut un temps, elle reste très attachée à cette tradition d’excellence.

Dans la course masculine, c’est bien le favori qui a gagné. Mack Horton, champion olympique de Rio (devant Sun Yang) et vice-champion du monde de Budapest (derrière Sun Yang) s’est en effet imposé, mais on ne peut dire qu’il a survolé la course. Disons qu’il l’a dominée en rase-mottes. 5e au premier virage, 4e aux 100 mètres, à la lutte pour la 3e place avec le jeune espoir Elijah Winnington à mi-course, il était encore, à l’ultime culbute, un mètre derrière Jack McLoughlin, qu’il réussit finalement à dépasser de justesse à l’issue d’un sprint féroce. Le podium 2018 était le même que celui de l’année précédente, si ce n’est que McLoughlin et David McKeon intervertissaient leurs places et que Horton s’était montré plus rapide en 2017 (3’44s18).

Les passages des deux premiers trahissent l’âpreté de la course. Pour Horton, 55s16, 1’52s90, 2’49s85, 3’45s41, soit 55s16, 57s74, 56s95, 55s56, et un effort en negative split avec une forte accélération finale. Pour McLoughlin, 54s45, 1’51s06, 2’48s55 et 3’45s80, soit 54s45, 56s61, 57s49 et 57s25, course déséquilibrée, peut-être trop ambitieuse? Mais bien souvent cette stratégie de courage a donné la victoire.

McLoughlin, gabarit léger (1,83m, 75kg) coaché par Vince Raleigh à Chandler, a remporté également des championnats australiens sur 5 kilomètres et un bel exemple de nageur fanatique, qui, raconte-t-on, dort avec un métronome qui lui donne, tic tac, le tempo de ses courses, ce qui, prétend-il, le travaille au niveau inconscient. Allons bon! C’est un spécialiste des 1500 mètres, et il pourrait inquiéter encore Horton sur cette distance.

Une petite déception avec Elijah Winnington, un jeune (17 ans) nageur de distances moyennes, entraîné par Richard Scarce au Bond University Swimming Club, que hantent Cameron McEvoy, Alexander Graham et Madison Wilson). Médaillé de bronze des championnats du monde juniors à Indianapolis, avec un temps de 1’46s81, il avait battu, le mois dernier, aux championnats des Nouvelles Galles du Sud, Cameron McEvoy sur 200 mètres (1’48s59) et Mackenzie Horton sur 400 mètres (3’49s96).

La veille du 400, Elijah a terminé 4e du 200 en 1’47s28, et raté de seize centièmes une place dans la course individuelle, son équipier de Bond, Alexander Graham nageant 1’47s13, mais il est entré dans le relais australien… L’an dernier, à seize ans, il n’était que le 13e des championnats en 1’50s40 (1’50s12 en séries). Sur 400, l’an passé, sur cette distance, il avait fini 6e en 3’54s65. Ici, après deux cents mètres de course où il tenta de se mêler à la bagarre des vieux pros qui lui étaient opposés, il a fini comme il a pu. Le voilà rendu à la 4e place avec un temps de 3’50s tout juste. Donc déception d’un côté, mais de l’autre gros progrès.

 CATE REPREND SA QUÊTE: L’AÎNÉE DES CAMPBELL LIBRE COMME UN PAPILLON

Cate Campbell a établi en séries un nouveau record national du 50 papillon dames, avec 25s47 (ancien Marieke Guehrer, 25s48 en 2009), avant de se qualifier haut la main (53s22) dans le 100 devant sa jeune sœur Bronte (53s98), Emma McKeon (54s33) et Emily Seebohm (54s45). Le soir, elle a commencé par empocher le titre du 50 papillon en 25s51, devant la vieille (30 ans) Holly Barratt, 25s94, Madeline Groves, 26s35 et Emily Seebohm qui, n’ayant aucune course en dos cette journée, nageait 26s63 avant de s’aligner au 100 crawl.

Cette seconde épreuve revenait comme la première à Cate, dans un très bon temps, 52s37, ce qui est assez près de son record personnel, 52s06, et pas si éloigné de l’intimidante marque mondiale de Sarah Sjöström, 51s71. Personne ne put la suivre dès le départ, et Campbell, malgré un temps de réaction le plus lent de la finale (en raison de son gabarit, cela parait normal), sans pour autant avoir l’air de se presser, virait nettement en tête (et en 25s40) devant Emma McKeon, 25s79, qui tentait de la suivre, et Shayna Jack, 25s90, à la lutte avec Bronte Campbell, 25s94.

Au retour, on ne vit plus que des Campbell. Cate touchait, donc, détachée, en 52s37, Bronte en 52s96. Troisième, McKeon, en 53s49, était clairement devancée par les « sisters », mais précédait tout aussi nettement Briana Throssel, 54s19, Shayna Jack, 54s20, Brittany Elmslie, 54s43 et Emily Seebohm, 54s69…

Le 50 papillon messieurs revenait à Cameron Jones, 23s74, devant William Yang, 23s86 et David Morgan, 23s94. Jake Packard et Georgia Bohl gagnaient les 100 brasse en 59s74 et 1’7s22.

QUAND LA NOUVELLE LUNE EFFACE LA VIEILLE: ARIARNE TITMUS DOMINE L’ÉPATANTE JESSICA ASHWOOD ET BAT LE RECORD AUSTRALIEN DU 400

Sur 400 mètres, Ariarne Titmus, 17 ans, a gagné le 400 mètres et amélioré son record d’Australie d’une demi-seconde exactement, en 4’2s36. Dès les séries, elle gagne la guerre des générations, en face de Jessica Ashwood, 24 ans. A peine sortie de l’eau avec le meilleur temps, 4’8s35 contre 4’10s22 à Ashwood, Ariarne explique qu’elle s’est réservée pour la finale.

Là, elle part sans trop s’inquiéter des autres. Après 100 mètres prestement enlevés en 57s57, elle s’installe dans son rythme, entre 30s5 et 31s5 par longueur. A l’arrivée, cela donne un train assez déséquilibré, avec deux moitiés de course en 1’58s72 et 2’4s64 et un probable coup de barre entre 200 et 300. Mais une jolie performance, puisqu’Ariarne nage ici deux secondes plus vite qu’à Budapest oiù elle avait fini 4e en 4’4s26.

2e en 4’7s73, Ashwood est un cas clinique, car elle est fortement scoliotique (1). Plus jeune, elle a refusé une opération pour rectifier l’anomalie. Cette colonne vertébrale en S prononcé lui interdit parfois de courir, ou encore d’effectuer un travail au sol comme des mouvements culturistes (musculation) ; mais elle ne l’a pas empêchée de devenir une des meilleures demi-fondeuses du monde. Il lui a fallu s’adapter, ayant quelque peine au départ à nager droit ! Elle a pour cela développé une technique un peu particulière destinée à compenser la disparité de forces entre les appuis du bras gauche et du bras droit et une position forcément hétérodoxe dans l’eau.

Ashwood, native de Sydney mais qui s’entraîne à Chandler, faubourg de Brisbane, avec les sœurs Campbell, doit se rendre, deux fois par semaine, chez le kinésithérapeute afin de réaligner cette colonne récalcitrante. Cette courageuse, qui a détenu les records australiens du 400 et du 800 et qui a étudié la criminologie et la justice criminelle, est une nageuse et une personne exemplaire…

Elle a nagé aux Jeux de Londres et de Rio, été médaillée olympique dans le relais 4 fois 200m (où elle a nagé en séries), a tenu le flambeau du demi-fond australien à Kazan, aux mondiaux 2015, finissant 3e du 400, 4e du 800, 5e du 1500…, et 6e avec le relais quatre fois 200m. Finaliste sur 400 et 800 aux Jeux de Rio, elle n’a pas nagé en 2017, après avoir dû s’absenter aux mondiaux petit bassin, victime d’un virus. Devancée désormais sans appel par Titmus, elle reste un modèle de courage et d’amour de son sport.

Toujours en séries du 400, une très jeune Lani Pallister est d’abord une étonnante surfeuse. A deux reprises, à quatorze et à quinze ans, Lani a tout raflé et enlevé six victoires aux Australian Surf Life Saving dans sa catégorie d’âge : ironwoman, nage, nage par équipe, sauvetage à la planche, relais planches et « cameron event » (relais à quatre avec un surfeur, un nageur et deux coureurs). Lani est bien née ; c’est la fille d’une championne australienne, Janelle Elford (finaliste sur 400 et 800 mètres aux Jeux de Séoul, en 1988, recyclée hôtesse de l’air), et d’un crack de la nage sur vagues, Rick Pallister. Son frère Owen est aussi un surfeur précoce et confirmé. Lani est coachée moitié par sa mère et moitié au centre de haute performance australien par Chris Mooney. La seule menace réelle concernant sa carrière de nageuse vient du fait qu’elle n’a pas encore décidé de choisir entre nager ou surfer… Comme ici elle a été nettement dominée…

En séries du 100, chez les femmes, Cate Campbell a montré qu’elle avait une classe à part, mais côté messieurs, Kyle Chalmers a « frôlé la correctionnelle », septième temps ex-aequo, 49s17. A 49s22 ; il ne serait pas passé !

En finale, il a été le plus rapide, depuis sa ligne extérieure. Quatre hommes viraient dans le même souffle, James Roberts23s18, Chalmers, 23s21, Cameron McEvoy, 23s26 et James Magnussen, 23s27. Puis Chalmers faisait la différence, touchait en 48s16, nettement devant Jack Cartwright, 48s60 et McEvoy, 48s62. L’un des intérêts de cette finale est d’avoir promu les deux benjamins de 19 ans, qui ont devancé des nageurs de 23 ans (McEvoy) et 26 ans (Magnussen en Roberts).

(1). Le plus fameux athlète scoliotique du monde est sans doute Usain Bolt, le multi-champion et recordman du monde du 100 mètres plat. Il a expliqué que cela ne le dérangeait pas, à condition de « rigidifier » son dos pendant la course.

AUSTRALIE : 200 MÈTRES EN VEDETTE : ARIARNA TITMUS DEVANCE EMMA MCKEON, ET KYLE CHALMERS BOUSCULE MACK HORTON

Éric LAHMY

Mercredi 28 Février 2018

Deux deuxièmes places, entre le 200 libre et le 200 papillon, voilà ce qu’a fait Emma McKeon lors de cette première journée de sélections australiennes pour les Jeux du Commonwealth. Il est possible qu’Emma n’ait jamais cherché la gagne à tout prix, vu que les sélections ne donnent pas lieu à l’attribution d’un titre et n’exigent que de finir dans les trois premières pour se qualifier en individuelle, quatrième ou cinquième pour entrer dans les relais. Mais il serait étonnant que ce beau tempérament de battante se soit laissé devancer.

C’était un pari difficile pour McKeon. Il lui fallait nager à quatre reprises, dont deux fois, le matin, à distance proche de sa meilleure valeur, et deux fois l’après-midi, à fond les manettes. D’autant plus rude que le parcours de quatre longueurs en papillon risquait de s’avérer douloureux. En 2017, elle avait gagné les championnats australiens, avec 2’7s37, un temps assez quelconque, mais elle n’avait pas tenté sa chance aux mondiaux.  Le matin, McKeon n’y est pas allée de main morte. En libre, malgré un parcours plus qu’honorable, elle devait céder à deux reprises face à la révélation de la saison passée, la Tasmanienne Ariarne Titmus, qui signait un 1’56s58 en séries, un 1’55s76 en finale. Emma McKeon, toute recordwoman d’Australie et du Commonwealth de la distance avec 1’54s83 et médaillée de bronze mondiale à Budapest l’été dernier, avait trouvé plus forte qu’elle.

Titmus marque aujourd’hui un gros progrès. L’an passé, aux championnats d’Australie, qui s’étaient tenus en avril, elle s’était qualifiée pour les mondiaux avec un temps de 1’58s11, et, à Budapest, pour le sommet de la saison, elle avait nagé ses 200 mètres, lancée dans le relais en 1’56s61 et au start dans la course individuelle en 1’58s79 (17e temps). Le 200 mètres n’était d’ailleurs pas sa meilleure distance : en 2017, elle avait gagné en avril le 400 des sélections avec 4’4s82 et, seize semaines plus tard, à Budapest, réussi aux mondiaux deux fois 4’4s26, temps qui lui avait donné le 3e temps des séries, et le 4e des finales.

Si elle reportait sur 400 ses progrès du 200, Ariane devrait nager autour de 4’2s voire même assez près des 4’ justes. Certes les choses ne procèdent pas toujours d’une arithmétique aussi simple, mais rappelons que le 12 novembre 2017, l’Ariarne en question s’est emparée du record « aussie » de la distance avec 4’2s86…

MITCHELL LARKIN TOUJOURS EN DOS MAJEUR

Pour en revenir à McKeon, elle est tombée sur 200 papillon comme sur 200 libre sur une autre jeune, Laura Taylor, 18 ans, qui a gagné de façon confortable, en 2’6s80, après un fort retour, nageant respectivement ses deux moitiés de course en 1’0s74 et 1’6s06. Cela vous semble une faible égalité d’allure ? Certes, mais McKeon nageait, elle, respectivement en 1’0s43 et 1’7s57. Elle devançait d’un doigt Brianna Throssel, 2’8s11. Madeline Groves, la médaillée olympique de Rio, finissait loin, en cinquième position.

Taylor n’est pas une révélation au sens absolu. D’abord une nageuse de longues distances, elle se sentait barrée et estimait pouvoir trouver une niche en dauphin. L’an passé, elle était 3e des sélections australiennes derrière McKeon et Throssel.

Depuis, McKeon avait battu Taylor aux championnats du Queensland en décembre dernier, mais la cadette avait pris sa revanche au championnat des Nouvelles-Galles-du-Sud. La voici encore devant.

Le 200 mètres messieurs revenait à Kyle Chalmers. Le champion olympique du 100 mètres partait vite, au coude à coude avec les sprinteurs, menait légèrement au dernier virage et résistait à un fort retour de Mackenzie Horton, 1’46s49 contre 1’46s76… L’an passé, aux championnats australiens, c’était Horton, 1’46s83, qui avait devancé Chalmers, 1’46s87. Autre fait notable, la 8e et dernière place de Cameron McEvoy.

Sur 100 mètres dos, Mitchell Larkin restait aussi dominateur que ces dernières années. On ne peut pas dire qu’il ait trouvé un adversaire à sa mesure aux antipodes. Il en va de même d’Emily Seebohm, laquelle a pourtant été assez menacée les saisons passées, et qui a enlevé la distance en 59s15 (58s90 en séries), seule Hayley Baker l’accompagnant sous la minute. En brasse, il est possible que le pays continent ait trouvé enfin celui qui remplacera Christian Sprenger, le médaillé olympique de Londres. A 19 ans, Matthew Wilson n’a qu’un seul défaut, il est assez isolé ; mais il a nagé en 2’8s31 sur 200. Il détient les records cadets d’Australie et dès 2015, Tom O’Keefe, de Swim Swam, l’avait annoncé comme étant la réponse de l’Australie sur 200 mètres brasse. La course féminine est revenue à Taylor McKeown.

AUSTRALIE: ARIARNE TITMUS, 1’55s76 AU 200 METRES, DEVANCE EMMA MCKEON

AVEC CE TEMPS, ARIARNE TITMUS AURAIT ATTEINT LA 5e PLACE DES MONDIAUX DE BUDAPEST, OU MCKEON, 3e, AVAIT NAGE 1’55s18. MCKEON A PEUT-ÊTRE ASSURE LA PLACE EN RAISON DE SES AMBITIONS SUR 200 PAPILLON, UNE HEURE PLUS TARD…

En nageant un très solide 1’55s76 aux qualifications australiennes pour les Jeux du Commonwealth, qui se déroulent à Gold Coast, Ariarne Titmus, 17 ans, s’est qualifiée brillamment, et a devancé une expérimentée routière, Emma Mc Keon. Menée de peu aux 50 mètres, Ariarne a attaqué et s’est détachée peu après le virage de la mi-course pour l’emporter nettement. Les passages des deux nageuses, Titmus, 27s45, 56s86 (29s41), 1’26s50 (29s64, pour 1’55s76 (29s26) ; McKeon, 27s11, 56s95 (29s84), 1’27s16 (30s21), pour 1’56s57 (29s41).

Troisième, Leah Neale, 1’57s68; quatrième, Mikka Sheridan, 1’57s96. A noter que Cate Campbell, le matin, avait réalisé le 9e temps des séries et ne s’était donc pas qualifiée pour la finale.

A GOLD COAST, LES AUSTRALIENS SE QUALIFIENT POUR LES JEUX DU COMMONWEALTH 

Eric LAHMY

Mercredi 28 Février 2018

A quelques semaines des Jeux du Commonwealth, l’élite de la natation australienne est réunie aux Hancock Prospecting Australian Swimming Trials de Gold Coast afin de se qualifier pour l’événement du sommet de la saison.  Sommet d’autant plus sommital que les Jeux, cette année, auxquels les nageurs des nations concernées prêtent plus d’importance qu’aux championnats du monde (!), se dérouleront en Australie et qu’il importe pour des tas de raisons de reluire à domicile.

Si la plupart des media insistent beaucoup sur les mérites de Cate Campbell, la diva locale, et sur ses capacités supposées de casser la baraque, The Courier Mail, quotidien de Brisbane et du Queensland, avait proposé à ses lecteurs « cinq nageurs à suivre » et placé dans l’ordre Emma McKeon, Kyle Chalmers, Ariarne Titmus, Mackenzie Horton et Emily Seebohm, et donné des explications de son choix. Emma McKeon est, à 23 ans, la nageuse ayant connu le plus de réussite de ces deux dernières années, ayant remporté dix médailles aux championnats du monde et quatre aux Jeux olympiques de Rio. Certes, je dirais quant à moi qu’elle n’a jamais GAGNÉ une grande course ni battu un grand record, mais elle est certainement très présente au niveau le plus élevé. Elle est de ce type de nageuses qui ne déçoivent pas.

A Gold Coast, Emma se proposait, aujourd’hui (28 février), un beau défi : deux de ses courses, le 200 crawl et le 200 papillon, se présentent dans la même journée du programme, à une distance d’1h30 pour les séries, et d’autour d’une heure pour les finales. Engagée dans les deux épreuves, Emma, avec son coach, attendait la dernière minute pour savoir si elle nagerait la seconde. Le 200 papillon représente un ajout récent à la panoplie de Mc Keon, qui disputait jusqu’ici 100 papillon et 200m libre, et avait ajouté l’an passé des prétentions sur 100 libre. Le 200 papillon australien, c’était ces dernières années et jusqu’aux Jeux olympiques de Rio, Madeline Groves, laquelle n’avait, au Brésil, manqué le titre olympique (enlevé par l’espagnole Mireia Belmonte) que de quelques centièmes de secondes… Mais Madeline Groves, qui s’entraîne avec McKeon, est du genre à la fois hyper-solide et assez inconstante, alors qu’Emma représente la régularité même de la fille très organisée doublée d’une forte compétitrice… L’idée qui sous-tendait cet ajout d’une distance particulièrement fatigante et difficile à nager, à son registre, serait, nous dit-on, d’égaler un record de médailles gagnées aux Jeux du Commonwealth, six, codétenu par Susan O’Neil et Ian Thorpe…

Bref, elle a au moins à moitié réussi son pari, Mc Keon, puisqu’elle s’est qualifiée avec 1’57s90, le 2e temps, au 200 libre, puis, quatre-vingt-dix minutes plus tard, avec 2’8s50, meilleur chrono des séries sur 200 papillon. Forte de ces données chronométriques, il faudrait une défaillance ou un malaise à l’issue d’un 200 libre qui parait âpre pour l’empêcher de tenter le doublé en finales…

The Courier Mail proposait ensuite comme deuxième nom à suivre Kyle Chalmers, le jeune homme qui a surpris tout le monde en devenant à 17 ans champion olympique du 100 mètres à Rio. Depuis, Chalmers a connu des ennuis avec son cœur, ennuis qui ont exigé une opération, et il n’a pas pu défendre son prestige aux championnats du monde de Budapest, l’été dernier. L’enjeu pour ce surpuissant garçon, n’est pas mince. Le 100 libre est l’épreuve masculine où se concentrent les meilleurs talents de la natation australienne. Au cours de la première matinée des sélections australiennes, Kyle s’est qualifié avec le troisième temps du 200 mètres, 1’47s41. Il devrait gagner en finale sa place dans le relais quatre fois 200 et ses chances de se qualifier dans la course individuelle sont loin d’être négligeables. Le 100, sa course fanion, en revanche, se dispute demain…

The Courier Mail présente ensuite son troisième nageur à suivre, et c’est une nageuse, Ariarne Titmus. Cette blondinette de dix-sept ans représente une espèce rare, la grande nageuse de Tasmanie, une île état isolée à l’extrême sud du pays continent dont elle est séparée par le détroit de Bass. Faiblement peuplée, la Tasmanie n’avait jamais produit de nageurs jusqu’ici ; déjà affublée d’un surnom, Terminator (je ne sais trop pourquoi, peut-être une référence un peu facile à Taz, le Diable de Tasmanie des cartoons hollywoodiens, peut-être parce qu’elle avait « terminé » l’an dernier le relais quatre fois 200m des mondiaux ???), Titmus a fait son entrée à l’international en 2017, et fini 4e sur 400 mètres, et 9e sur 200 mètres aux mondiaux de Budapest où elle a atteint un podium dans le relais quatre fois 200 mètres, avec les deux Emma, Wilson et McKeon, et Kotuku Ngawati. Bien vu, Courier Mail : Ariarne Titmus à dominé les séries du 200 et devancé McKeon avec un temps de 1’56s58…

Mackenzie Horton, à 21 ans, vient ensuite dans la liste. A 21 ans, Horton présente déjà un palmarès de briscard. Champion olympique du 400 à Rio, il a cependant déçu dans la mesure où l’Australie espérait le voir reprendre la couronne mondiale de la course mythique dont les derniers exposants majeurs pour l’Australie ont été Kieren Perkins et Grant Hackett.

Enfin, Courier Mail met en avant Emily Seebohm, la double championne du monde 2015 (100 et 200 dos). A 25 ans, Seebohm n’est plus une jeune nageuse, mais après avoir souffert d’une maladie, l’endométriose, elle a réussi à revenir suffisamment pour enlever le 200 dos des mondiaux de Budapest au nez et oserai-je dire à la barbe de Katinka Hosszu, et terminer 3e du 100 dos…

Cent fois menacée, depuis deux ans, dans sa suprématie aux antipodes (le 100 dos féminin est aujourd’hui après les 100 libre messieurs et dames la course forte des Australiennes), elle continue de tenir le cap.

Ce matin, Emma a archi-dominé les séries du 100 dos, nageant en 58s90 (plus vite que son 58s95 lors des séries des mondiaux de Budapest) et laissé très loin Hayley Baker (à ne pas confondre avec l’Américaine Kathleen Baker, son adversaire des mondiaux) qui n’a pu nager plus vite que 1’0s26, tandis que les jeunes qui lui causèrent quelques misères dans un passé proche, Kaylee McKeown, 16 ans, 1’0s70, et Minna Atherton, 1’1s08, paraissaient dépassées…

Quoi d’autre ? D’avoir suivi le programme de Courier Mail m’a permis de faire l’impasse sur Mitchell Larkin, Cate et Bronte Campbell, Madeline Groves et quelques autres. Mais on pourra, je le sens, revenir dessus.