STOCKHOLM: SARAH SJÖSTRÖM ÉCRASE LE SPRINT ET CONFIRME SON ÉNORME CLASSE

Éric LAHMY

Mardi 11 Avril 2017

A Stockholm, hier, pendant que Katinka HOSSZU effectuait son numéro habituel, multipliant les entrées et les podiums et au cours des 2e et 3e journée du meeting, enlevait le 200 dos, les courses de quatre nages, et finissait 2e du 400 et du 100 mètres dos, Sarah SJÖSTRÖM visait pour sa part des grosses performances.

Après un 50 mètres papillon, le premier jour, en 24s96, elle s’est imposée avec panache sur 50 mètres nage libre (en 23s83, devançant au passage la championne olympique danoise Pernille BLUME, puis sur 100 papillon, où elle laissait une autre Danoise, Emilie BECKMAN, loin derrière son battement de dauphin…

Avec son temps du 50 mètres, SJÖSTRÖM aurait battu BLUME dont la victoire aux dépens des favorites australiennes Cate et Bronté Campbell, méconnaissables, avait constitué l’une des surprises des jeux de Rio. Pernille l’avait emporté en 24s07 devant Simone Manuel (USA), 24s09, et Aliaksandra Herasimenia (Belarus), 24s11. Sjöström ne s’était pas engagée sur 50 mètres aux Jeux, ayant dû choisir entre les diverses courses de sprint et de sprint prolongé qui entrent dans ses cordes. Elle avait fini les Jeux médaillée de bronze du 100 mètres, d’argent du 200 mètres et d’or du 100 mètres papillon, implosant son record du monde de cette dernière distance en 55s48 et ne laissant aucune chance à sa seconde, la Canadienne Penny Oleksiak, 56s46, record mondial junior.

En réalisant 56s26, à Stockholm, la grand Sarah montre une forme certes en-dessous de celle, éblouissante, dont elle avait fait étalage à Rio. Mais ce temps est exactement celui avec lequel elle avait dominé les séries de l’épreuve olympique : un temps qu’elle seule avait pu dépasser au Brésil, un temps qui lui aurait permis d’être championne olympique l’été dernier…

Ces performances sont bienvenues pour Sjöström qui avait décidé à l’approche des Jeux de Rio qu’elle abandonnerait son coach depuis quatre ans, Carl Jenner, et son autre mentor, Andreï Vorontsov, parce qu’elle désirait du changement pour relancer sa carrière… Certes son nouvel entraîneur Johan Wallberg, un ancien nageur de bon niveau, n’était pas un inconnu, étant l’entraîneur et le mari de Therese Alshammar et un responsable du centre d’entraînement fédéral de Stockholm.

Non contente de briller individuellement aux Jeux, Sjöström avait aussi magnifiquement joué le jeu des relais, qualifié pour ainsi dire à elle seule le quatre fois 100 mètres qu’elle avait ramené grâce à son parcours de la dixième à la sixième place des séries ; elle en avait fait de même sur quatre fois 200 mètres où son 1’57s terminal avait fait gagner deux places à son équipe qui entrait en finale aux dépens de la Grande-Bretagne et la France. Il n’y a que dans le relais quatre nages que sa belle prestation n’a pas suffi à qualifier la Suède…

C’est donc une sympathique équipière et une nageuse généreuse que la grande Sjöström, et, de ce fait, une championne qu’on aime voir gagner !

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Quy Phuoc HOANG, VIE, 49s96.

200 libre : 1. Danas RAPSYS, LTN, 1’47s10; 2. Clemens RAPP, 1’47s70.

1500 libre : 1. Wojciech WOJDAK, POL, 14.54s07; 2. Henrik CHRISTIANSSEN, NOR, 14’59s56; 3. Florian WELLBROCK, GER, 15’2s91.

50 dos : 1. Gustav HöKFELK, SWE, 25s34.

100 dos : 1. Danas RAPSYS, LTU, 54s57.

100 brasse : 1. Giedrud TITENIS, LTU, 1’0s15 ; 2. Erik PERSSON, SWE, 1’0s39 ; 3. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 1’0s76 (en série, 1’0s52); 4. Andrius SIDLAUSKAS, LTU, 1.1s03.  En series, Johannes SKAGIUS, SWE, 1’0s66.

100 papillon: 1. Philip HEINTZ, GER, 52s12; 2. Yauhen TSURKIN, BLR, 52s47.

200 papillon: 1. Tomoe Zenimoto HVAS, NOR, 2’1s13.         

400 4 nages: 1. David VERRASZTO, HUN, 4’10s21; 2. Peter BERNEK, HUN, 4’15s00.

DAMES.-50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s83; 2. Pernille BLUME, DEN, 24s15.

400 libre : 1. Sarah KOHLER, GER, 4’6s72; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 4’1152.

100 dos : 1. Michelle COLEMAN, SWE, 1’0s28; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1’0s59.

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’12s93.

50 brasse : 1. Jennie JOHANSSON, SWE, 30s57 (en série, 30s39).

200 brasse : 1. Rikke Moller PEDERSEN, DEN, 2’25s59.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 56s26 (26S47 + 29s79); Emilie BECKMAN, DEN, 58s58. SJÖSTRÖM nage 56s90 en séries (26s55 + 30s35).

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’11s87 (en série, 2’10s92); 2. Evelin VERRASZTO, HUN, 2’12s82.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’40s90 (en série, 4’39s31).

MACKENZIE HORTON VAINQUEUR SURPRISE DU 200 LIBRE

Eric LAHMY

Lundi 10 Avril 2017

Je me demandais depuis un ou deux ans comment Mackenzie Horton pouvait-il nager si vite sur 400 mètres sans en gagner une sur 200 mètres ? Voilà une question que je ne me poserai plus, car Horton a gagné le 200 mètres des championnats d’Australie (après s’être qualifié au forceps pour la bonne finale, en dernière position). Il a ajouté un nouveau chapitre à la longue saga des « derniers qualifiés qui gagnent la course », illustrée par une multitude d’exemples, comme ceux de Vladimir Salnikov et de Kieren Perkins dans les 1500 mètres des Jeux olympiques de 1988 et de 1996.

D’une certaine façon, d’ailleurs, « Mac The Knife » ne semblait même pas participer à la course. Il passait bon dernier aux 50 mètres, et, aux 100 mètres, alors que tous les autres nageurs s’étageaient entre 52s12 (Cameron McEvoy qui menait la danse) et 52s60 (Lewis Clyde), lui-même paraissait supporter en 53s38 son chemin de croix. Mais après la mi-course, alors même que le train suivi par les leaders n’avait rien de démentiel, ils durent juger bon de ralentir un peu afin de préparer le sprint, ou encore parce qu’ils craignaient de ne pas aller jusqu’au bout. Horton, au contraire, maintenait son allure, voire accélérait. Au dernier virage, encore bon dernier, il n’était plus qu’à trois quarts de longueur de McEvoy, toujours leader.

Au moment de jeter les dernières forces dans la bataille, deux nageurs émergèrent, en fait : Kyle Chalmers, le jeune champion olympique du 100 mètres, lequel achevait son parcours en 26s54, et, mieux encore Horton, 26s11. Horton l’emporta de quatre centièmes tandis que McEvoy qui n’est plus que l’ombre du nageur super résistant qu’il fut dans le temps, finissait 5e.

On peut penser qu’avec le temps, Horton suit une filière classique, qui consiste à raccourcir les distances nagées et gagne un peu en vitesse (parfois au détriment de l’endurance).

Mackenzie Horton, 25s51, 53s38 (27s87), 1’20s72 (27s34), 1’46s83 (26s11).

Kyle Chalmers, 25s08, 52s50 (27s42), 1.20s33 (27s83), 1.46s87 (26s54).

Alexander Graham, 25s17, 52s37 (27s20), 1.20s29 (27s92), 1.47s39 (27s10)

 

Sur 100 mètres dos, on a assisté à un retour d’Emily Seebohm. La championne du monde de Kazan, qui avait faseyé à l’issue de sa saison olympique, s’est retrouvée à son top. 58s62, un joli temps, occulté seulement en 2017 par la performance (58s21) de la Canadienne Kylie Masse. Elle a devancé de la tête et des épaules d’inoxydable Holly Barrat, 29 ans, 59s66, tandis que la jeune vague qui paraissait devoir tout emporter en 2016, avec Kaylee McKeown et Minna Atherton, aujourd’hui âgées respectivement de seize et de quinze ans, se perdait en milieu de finale. Idem pour Madison Wilson, qui avait secondé et menacé à la fois Seebohm en 2015.

Seebohm a explicit ses contre-performances de Rio par deux soucis gardés secrets à l’époque, une dent de sagesse et surtout une endométriose, un souci mal placé dans les organes féminins dont les symptômes l’affaiblissaient et la perturbaient. Après une double opération, Seebohm s’est retrouvée pleinement.

C’est fou ce que ces nageurs tombent malades, entre Franklin (dos, puis épaules), les Campbell (hanches, épaules, hernies à répétition), Magnussen (épaules),Mireia Belmonte (épaules), et maintenant Emily Seebohm.

BRESIL: HENRIQUE MARTINS PAPILLONNE

Lundi 10 Avril 2017

Une fois les Jeux olympiques de Rio terminés, les installations olympiques brésiliennes sont-elles en train de retourner à l’état de nature? C’est ce que nous dit l’anglais The Sun, pas mal scandaleux sur les bords, mais conforté il est vrai par un reportage du Daily Mail. C’est ainsi que l’eau du bassin de plongeon qui avait choqué par son vert malsain pendant les Jeux, est passée à l’orange, voire même à l’orange amère, sous les effets terrifiants de boue, de détritus en putréfaction et d’insectes crevés… Manque juste quelques piranhas pour faire ambiance Amazonie.

Pendant que les installations du rêve olympique se transforment en cauchemar urbain, à l’approche du Trophée Maria Lenk, la compétition de référence brésilienne, voire sud-américaine, le Tournoi Métropolitain du Minas Tenis Club, à Belo Horizonte, a donné lieu dans une eau normalement filtrée à quelques coups d’éclat, signale Renata Sander dans le site Swim Swam. Vainqueur des 50 et 100 papillon avec des temps de valeur mondiale correcte, 23s54 et 52s23, 2e du 100 libre en 50s08, 3e du 200 papillon en 2’7s54, Henrique Martins s’est particulièrement distingué dans le contexte. Henrique de Souza Martins, 25 ans, est un vainqueur d’Universiades (en 2015) qui a fini 21e du 100 papillon des Jeux de Rio, l’an passé.  E.L.

MESSIEURS .- 50 libre : Ítalo Manzine, 22s36. 100 libre : Marco Antonio junior, 49s83. 200 libre : Giuliano Rocco, 1.49s73. 400 libre: Giuliano Rocco, 3.53s56. 800 libre : Lucas Kanieski, 8.5s64. 1500 : Miguel Valente, 15’27s56.  50 dos : Gabriel Fantoni, 25s97. 100 dos: Nathan Bighetti, 56s08. 200 dos: Nathan Bighetti, 2.3s05. 50 brasse: Yuri Querino, 28s91. 100 brasse: Pedro Leite Valente, 1.4s66. 200 brasse : Evandro Silva, 2.22s07. 50 papillon: 1. Henrique Martins, 23s54. 100 papillon : Henrique Martins, 52s23. 200 papillon : Kaio Márcio, 1.58s18. – 200 4 nages: Evandro Vinícius Silva, 2.6s77. 400 4 nages : Evandro Silva, 4.42s60.
DAMES .- 50 libre : Lorrane Ferreira, 25s52. 100 libre : Lorrane Ferreira, 57s43. – 200m libre : Camila Lins Mello, 2.2s14. 400 libre : Camila Lins Mello, 4.27s79. 800 libre: Maria Eduarda Seifer,  9.23s13. 1500 libre : Maria Eduarda Seifer, 18’12s51. 50 dos : Camila Campos, 30s11. 100 dos : Camila Campos, 1.3s66. 200 dos : Mariana Soares, 2.34s13. 50 brasse : Renata Sander, 31s71. 100 brasse : Renata Sander, 1.10s18. 200 brasse : Renata Sander, 2.36s66. 50 papillon : Bruna Rocha, 27s26. 100 papillon : Camila Campos, 1.2s87. 200 papillon : Rafaela Branco, 2.28s07. – 200 4 nages: Lorrane Ferreira, 2.25s50. 400 4 nages : Camila Lins Mello, 5.1s38.

AUSTRALIE: CATE CAMPBELL EN DEMI-VACANCES CONTINUE DE SE DÉTRAQUER EN FINALE

Éric LAHMY

LA RECORDWOMAN DU MONDE DU 100 MÈTRES DOMINE LES SÉRIES DES CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE, MAIS SE RETROUVE TROISIÈME DE LA FINALE REMPORTÉE PAR SA JEUNE SOEUR BRONTE. PAS TROP DE MAL, PUISQU’ELLE ÉTAIT LÀ EN DEMI-VACANCES… MAIS ELLE REPRODUIT LE SCÉNARIO-CATASTROPHE DE RIO

Cate Campbell a-t-elle refait le coup de Rio ? Les conditions, la tension psychologique, n’étaient pas les mêmes, loin de là. Mais… Sa troisième place du 100 mètres des championnats australiens, ce dimanche 9 avril au Centre aquatique de Brisbane peut être vue ainsi. Comme aux Jeux olympiques, Cate s’est qualifiée brillamment. En séries, en effet, elle arrache la première place avec 52s78, et une avance courte mais assez solide pour signaler une vraie supériorité sur sa seconde, Emma McKeon (53s26) laquelle est d’ailleurs moins sprinteuse qu’elle.

Mais en finale, tout parait se détraquer. Cate reste un peu scotchée sur son plot (0s80, un temps de réaction antédiluvien), mais elle en a l’habitude, déjà en séries, son temps de réaction est le plus lent des quatorze premières classées, le trentième des 34 nageuses engagées sur la course.  Sa taille y est peut-être pour quelque chose ?

En finale, c’est pire : alors que toutes assurent leur départ et le « retiennent » un peu, Campbell leur laisse un dixième de seconde. Sa première longueur, en revanche, la voit déployer le crawl pur, cette nage d’école, celui de la meilleure sprinteuse du monde. Jusque là, c’est tout bon, même si elle vire en 25s41, un dixième de seconde moins vite que son 25s31 des séries. Et le cauchemar de Rio réapparait. Cate ne parvient pas à maintenir l’allure. Elle qui avait terminé son 100 mètres des séries en 24s47 ne peut nager plus fort que 27s89. Elle est passée par sa sœur, Bronte, qui a retrouvé sa verve de 2015 et touche en 52s85, mais aussi par Emma McKeon, laquelle disputera l’épreuve individuelle aux championnats du monde de Budapest.

Campbell, pourtant, à la différence de Rio, n’aura pas pu être « submergée » par l’enjeu. Elle a déclarée être venue nager sans autre ambition que celle de prendre du plaisir. D’une certaine façon, sa place doit-elle être prise comme un reflet de ce dilettantisme annoncé plutôt que le retour de la grande peur olympique ? On le lui souhaite car dans le cas contraire, je ne la vois pas gagner en 2020 à Tokyo (de toutes façons, il semble raisonnable de ne pas attendre qu’elle gagne à Tokyo).

Après dix ans à nager sérieusement, l’aînée des Campbell s’offre une année sabbatique et laisse savoir qu’elle rejette toute idée de se présenter aux mondiaux de Budapest. Bronte s’y trouvera donc sans la grande soeur. Et en situation de conserver son titre mondial, gagné à Kazan en 2015.

Cate Campbell devrait être présente à un ou plusieurs meetings du Mare Nostrum, ainsi qu’à des compétitions de la Coupe du monde l’automne prochain. Un but : les Jeux du Commonwealth en 2018, et, si tout va bien, une extension de sa carrière jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

En son absence, le relais quatre fois 100 mètres (champion olympique) qui disputera les mondiaux sera affaibli. Madison Wilson, qui, 5e de la finale en 54s33 (et 54s29 en séries) étant loin de la valoir. En relais, Cate Campbell nage près de deux secondes plus vite qu’elle !

MCKENZIE HORTON SE PLACE: 3’44s18 SUR 400 METRES

L’Australie s’est trouvée une nouvelle cheffe de file en demi-fond. Ariarne Titmus avait été repérée voici bientôt trois ans par les dirigeants australiens comme une championne en puissance. Comme sa famille vivait en Tasmanie, région pauvre en opportunités natatoires, les Titmus ont décidé d’émigrer en direction d’une région plus propice à l’entraînement de la jeune prodige. Engagée avec le sixième temps des championnats, 8’37s50, elle ne s’est pas laissée impressionner, a lancé la course au rythme décidé, accumulé une avance de plus de deux secondes à mi-course et a battu en 8’23s08 la tenante des titres australiens Jessica Ashwood, de sept ans son aînée, 8’25s61.

Sur 50 mètres messieurs, Cameron McEvoy seul a effectué une performance internationale, 21s55. Il devance largement James Roberts, 21s91, qui ne retrouve pas la forme qui lui valait il y a quatre ou cinq ans, d’apparaître comme le cauchemar de Magnussen.

En fin de journée, Kyle Chalmers, le jeune champion olympique du 100 mètres, qui n’avait pas jugé bon de s’engager dans ce 50 mètres (il semble préférer le 200) terminait un relais par un parcours lancé en 48s22, et se rappelait au bon souvenir de McEvoy. Mais un 48s22 ne vaut pas mieux que 48s9 au start, un temps insuffisant pour se qualifier dans la course individuelle des mondiaux : le minimum australien est de 48s49.

Mackenzie Horton, champion olympique du 400 mètres, a dominé sur l’épreuve après ce qui parut être un match à trois entre lui-même, David McKeon et Jack McLoughlin, qui ne purent tenir le rythme (imposé par McKeon) au-delà des trois cent mètres. Horton leur volait deux secondes dans les derniers 100 mètres, en 55s94 contre 58s01 (McKeon) et 57s85 (McLoughlin).

Horton, 54s28, 1’51s45, 2’48s24, 3’44s18

McKeon, 53s68, 1’50s76, 2’48s89, 3’46s90

McLoughlin, 53s94, 1’51s32, 2’49s10, 3’46s95

A noter aussi la victoire serrée de Mitchell Larkin, le champion du monde 2015 et médaillé d’argent olympique 2016, sur Joshua Beaver, 10e des Jeux de Rio, au 200 mètres dos, 1’56s66 contre 1’56s95.

DOUBLÉS AU CANADA: OLEKSIAK RAJOUTE LE 100 PAPILLON AU 100 LIBRE, MASSE LE 200 DOS AU 100 DOS

Éric LAHMY

Dimanche 9 Avril 2017

Penny OLEKSIAK a largement gagné le 100 mètres papillon des sélections olympiques canadiennes à Victoria (Colombie britannique). Katerine Savard, qui avait nagé un bon 57s96 en séries, la devançant de deux tiers de seconde, ne put refaire son temps en finale ; elle passait en tête, en 26s97 et… se fit ramasser imparablement par le retour de Oleksiak, laquelle lui prenait une grosse seconde dans son retour, et enlevait donc le 100 papillon après le 100 crawl, malgré une forme retardée. Mackenzie Padington, native de Victoria dans la Colombie britannique, passa pour la première fois sous les 4’10s pour gagner le 400 mètres. Enfin Kylie Masse devança d’une main la recordwoman du Canada, Hillary Caldwell, sur 200 mètres dos, et réalise donc le doublé des courses olympiques du dos féminin.

MESSIEURS.- 400 libre : 1. Jeremy BAGSHAW, ISC, 3’50s27

200 dos : 1. Rob HILL, CHENA, 2’0s12

100 papillon : 1. Josiah BINNEMA, Keyano, 52s90.

50 brasse : 1. Richard FUNK, 27s73.

DAMES.- 400 libre : Mackenzie PADINGTON, ISC, 4’9s04 ; 2. Kennedy GOSS, Gators, 4’10s80; 3. Danica LUDLOW, UCSC, 4’11s39.

100 papillon : 1. Penny OLEKSIAK, TSC/ HPCO, 57s35; 2. Katerine SAVARD, CAMO, 58s27 (en séries, 57s96); 3. Rebecca SMITH, SCAR/ HPCO, 58s52.

200 dos : 1. Kyle MASSE, West/UT, 2’7s23; 2. Hilary CALDWELL, ISC, 2’7s29.

50 brasse : 1. Rachel NICOL, LASC, 31s19.

STOCKHOLM : COLEMAN REPASSE PELLEGRINI, ET SJÖSTRÖM PAPILLONNE SANS RESPIRER

Dimanche 9 Avril 2017

La Suédoise Michelle COLEMAN a nagé au meeting de Stockholm un 200 mètres en 1’55s64, confirmant qu’elle est pour l’instant la meilleure nageuse de la distance, à l’exception bien sûr de toutes celles qui ne s’y sont pas exercé cette saison, et ce n’est pas ça qui manque. Plaisanterie mise à part, elle devance Federica Pellegrini, une sacrée référence (4e aux derniers Jeux olympiques alors qu’elle-même avait fini 7e devant notre Charlotte Bonnet nationale); Pellegrini qui vient d’accomplir la distance en 1’55s94 et n’a pu se pavaner que deux jours en tête des fragiles classements de la saison en cours (on attend l’opinion d’Emma McKeon sur la question, aux trials australiens qui comment ce jour).

Les passages de Coleman, 27s02, 56s09, 1’25s74, témoignent d’une course lancée rapidement, sans doute pour écœurer Katinka Hosszu, qui lui était opposée, et reste un danger dans toutes les courses sur la distance de 200 (sauf en brasse). L’an passé, Coleman, forte d’un temps de 1’55s58, avait hérité de la 8e place au monde sur la distance. Ce qu’elle réalise là a beau apparaitre excellent pour la saison, ne sera pas suffisant pour briller à Budapest.

Sarah SJÖSTRÖM, formidable nageuse sur 200 mètres comme en témoigne sa médaille d’argent olympique sur la distance, laissait Coleman s’occuper du sort de Hosszu et se concentrait sur du sprint pur ; elle est restée à une demi-seconde de son record du monde du 50 mètres papillon (24s96 contre 24s43). Eric Lahmy

400 libre: 1. Wojciech WOJDAK, POL, 3’47s16; 2. Clemens RAPP, GER, 3’48s21; 3. Florian WELLBROCK, GER, 3’48s38; 4. Henrik CHRISTIANSEN, NOR 3’48s53; 5. Victor JOHANSSON, SUÈ, 3’49s82.

200 brasse : 1. Erik PERSSON, SUE, 2’7s85 (record de Suède); 2. Giedrius TITENIS, LIT, 2’11s28 ; 3. David VERRASZTO, HUN, 2’13s65

50 papillon : 1. Yahor DODALEU, BLR, 23s59; 2. Yauhen TSURKIN, BLR, 23s67.

200 libre : 1. Michelle COLEMAN, SUE, 1’55s64 ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1’57s01; …17. Ruta MEILUTYTE, LIT, 2’4s08.

1500 libre : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 16’22s.

50 dos : 1. Ida LINDBORG, SUÈ, 28s46; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 28s54.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SUE, 24s96.

EINDHOVEN: KIRA TOUSSAINT SURNAGE

Dimanche 9 avril 2017

Journée sans performances de relief au meeting d’Eindhoven, en-dehors des courses sur 100 mètres dos, enlevées par l’Allemand Christian Diener et par Kira Toussaint – la fille de la championne olympique du 200 mètres dos des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, Jolanda de Rover (et d’un chercheur de l’Université d’Amsterdam).

MESSIEURS.- 100 dos : 1. Christian DIENER, GER, 54s13 ; 2. Marek ULRICH, GER, 54s70.

50 brasse  1. Arno KAMINGA, NED, 27s47.

DAMES.-100 dos : 1. Kira TOUSSAINT, NED, 1’0s28 ; 2. Simona BAOUMRTOVA, CZE, 1’0s47 ; 3. Lisa GRAF, GER, 1’0s69 ; 4. Maalke DE WAARD, NED, 1’1s31.

UNE ARRIVÉE HÉSITANTE PRIVE DETTI D’UN RECORD SUR 200 MÈTRES

Éric LAHMY

Dimanche 9 avril 2017

Gabriele Detti n’a pas battu le record italien du 200 mètres nage libre. Il a largement gagné le course et échoué de fort peu, 1’46s38, très près des 1’46s29 « polyuréthane » d’Emiliano Brembilla à Rome en 2009. Mais il améliore le temps « maillot de bain », 1’46s60, réalisé par Massimiliano Rosolino en 2000, aux Jeux olympiques de Sydney. Detti, qui avait nagé la veille, au départ du relais, un record personnel, 1’46s64, était tout proche. Lors de ce relais, il était passé en 52s74. Dans l’épreuve individuelle, 52s77. Mais il a mieux « géré » sa seconde moitié de course…

Il s’en est fallu de peu pour qu’il efface Brembilla. Une arrivée malchanceuse sur le mur, un poil trop loin, d’où un coup de bras de trop… Sans cela, ça y était sans doute… Detti a beau détenir le meilleur temps mondial de la saison, il n’est pas au plan international un grand nageur de 200. Pas encore ? On ne trouve aucune trace d’une présence depuis des Europe petit bassin en 2011 à Stettin, où il finissait 30e des séries en 1’47s51. En revanche, plutôt là en relais, où il a réalisé 1’45s39 lancé (pratiquement le temps de Brembilla) aux Européens de Londres (Aux Jeux olympiques de Rio, l’Italie se fit éliminer en séries, 9e). Toujours est-il que Detti est formel : il ne nagera pas le 200 mètres individuel aux championnats du monde de Budapest…

Ce 200 de Detti était entaché des caractéristiques du nageur de long. Gabriele était encore 6e aux 50 mètres, en 25s67, très loin des 24s10 de Luca Dotto, où même des 24s51 de Magnini, lesquels imprimaient alors leur marque de sprinteurs. Encore 5e aux 100 mètres en 52s77 où Magnini, appuyant franchement, 51s25, avait rejoint Dotto, 51s27, Detti reprenait sur tout le monde entre un et trois mètres entre les 100 et les 150 mètres, qu’il atteignait en 1’19s76. Il était toujours devancé par les deux sprinteurs, Magnini, 1’19s05, et Dotto, 1’19s52, lesquels étaient cependant en passe de payer leurs efforts initiaux. Dernière longueur, Detti passe, Filippo Megli, 1,93m, 82 kg, 20 ans le 10 mai prochain, orgueil de Chianti di San Casciano, entraîné à Florence où il étudie, finit à une seconde toute ronde, et brûle la politesse à Magnini et Dotto qu’il laisse au bord de la route voire de la déroute. Megli améliore son record personnel d’une seconde deux dixièmes.

Giacomo Carini a battu le record d’Italie du 200 papillon, tandis que Luca Pizzini est passé sous les 2’10s aux 200 mètres brasse. Après les championnats, 20 nageurs disposent de passeports individuels pour Budapest, et le directeur technique Cesare Butini pouvait se féliciter de disposer d’une équipe d’ores et déjà « valeureuse et compacte qui doit maintenant se consolider. »

 

MESSIEURS.-

200 libre : 1. Gabriele DETTI, Esercito/ SMGM Nuoto Lombardia, 1’46s38 ; 2. Filippo MEGLI, Florentia Nuoto, 1’47s38; 3. Filippo MAGNINI, Canottieri Aniene, 1’48s32; 4. Luca DOTTO, Carabinieri/ Larus Nuoto, 1’48s37.

50 dos : 1. Niccolo’ BONACCHI, Esercito/ Nuotatori Pistoiesi, 25s36 ; 2. Simone SABBIONI, Esercito, Swim Pro SS9, 25s37.

200 brasse : 1. Luca PIZZINI, Carabinieri/ Fondazione M. Bentegodi, 2’9s23 ; 2. Flavio BIZZARRI, Carabinieri/ Canottieri Aniene, 2’11s17; 3. Nicolo’MARTINENGHI, Nuoto Club Brebbia, 2’11s63; Moises Daniel LOSCHI, Veneto Banca Montebelluna, 2’12s45; 5. Edoardo GIORGETTI, Fiamme Oro Roma/ Canottieri Aniene, 2’12s65.

200 papillon : 1. Giacomo CARINI, Fiamme Gialle/ Canottieri Vittorio da Feltre, 1’55s40 (record italien); 2. Filippo BERLINCIONI, Canottieri Aniene, 1’57s63 (en séries, 1’57s39          

DAMES

50 libre : 1. Silvia DI PIETRO, Carabinieri/ Canottieri Aniene, 24s93.

1500 libre : 1. Simona QUADARELLA, Fiamme Rosse/ Canottieri Aniene, 16’10s66 ; 2. Giulia GABRIELLESCHI, Nuotatori Pistoiesi, 16’15s56.

100 brasse : 1. Martina CARRARO, Fiamme Azzure/ Cl Azzura, 91-BO, 1’7s87 ; 2. Arianna CASTIGLIONE, Fiamme Gialle/ Team Insubrika, 1’7s95; 3. Ilaria SCARCELLA, Canottieri Aniene, 1’8s11.

200 4 nages: Ilaria CUSINATO, Team Veneto, 2’12s73; 2. Sara FRANCESCHI, Fiamme Gialle/ Nuoto Livorno, 2’13s05.

CANADA : KYLIE MASSE PLUS FORTE QUE FRANKLIN ET HOSSZU SUR 100 DOS, À 0s09 DU RECORD DU MONDE !

Éric LAHMY

Samedi 8 Avril 2017

Pas de performances d’exception aux sélections canadiennes pour les championnats du monde de Budapest où, comme de coutume, ce sont les dames qui ont fait des étincelles. 100 mètres dos et 100 mètres libre ont dominé les deux premières journées. En dos, Kylie Masse, qui fut l’an passé la troisième des Jeux olympiques,  a archi-dominé jeudi le 100 avant de contrôler le 50 le lendemain. Non seulement, en 58s21, Kylie Masse, ravissante brunette de 1,72m (1) pour 61 kg, domine à 21 ans (elle est ne le 18 janvier 1996) le bilan de l’année commençante (de plus d’une seconde), mais elle fait mieux qu’Emily Seebohm quand elle établit le meilleur temps de 2016 (58s34), et mieux que Katinka Hosszu, championne olympique à Rio en 58s45.

Son temps frôle de 9/100e le record du monde polyuréthane de Gemma Spofforth (Grande-Bretagne) et efface le record d’Amérique détenu jusqu’ici par Melissa Franklin (58s33). Pas mal pour une fille qui avait battu la minute, pour la première fois, en 2015, aux Universiades de Gwangju.

Derrière Masse, Hilary Caldwell et Dominique Bouchard arrivèrent ex-aequo. La place qualificative pour les Jeux fut attribuée à Caldwell en raison de son temps plus rapide dans les séries.

Penelope « Penny » Oleksiak a gagné un bon 100 libre mais assez loin de sa meilleure valeur. Elle a té menacée jusqu’au bout par Sandrine Mainville

 1) Difficile en réalité de connaître les mensurations des nageurs canadiens, les rédacteurs de leurs bios officielles n’ayant pas saisi le rapport entre les tailles en pieds et pouces et le système métrique. Pour Masse, cela donne 5 pieds 7 pouces d’un côté et 1,76m de l’autre ; or 5 pieds 7 font 1,70m et 1,76m font 5 pieds 9 ¼. Wikipedia a coupé la poire en deux, et donne 1,72m à mademoiselle Masse.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Yuri KISIL, UBCDS/ HPC Vancouver, 48s90 (en séries, 48s68) ; 2. Mark THORMEYER, UBCDS/ HPC Vancouver, 49s13.

200 libre :1. Mark THORMEYER, UBCDS/ HPC Vancouver, 1’48s33.

800 libre : 1.Rafael DAVILA, ISC, 7’58s90.

50 dos : 1. Tim ZENG, Chena, 25s47.

100 dos : 1.Javier ACEVEDO, AAC, 53s64; 2. Mark THORMEYER, UBCDS/HPC Vancouver, 54s81

200 brasse: 1. Eli WAL, TSC/ UT, 2’12s26; 2. Ryan TELFORD, AAC, 2’13s02.  En series, James DERGOUSOFF, Chena, 2’13s32

50 papillon : Matthew DABS, GO/ UT, 24s35

400 4 nages : 1. Tristan COTE, ESWIM, 4’17s40

 

DAMES.- 100 libre : 1.Penny OLEKSIAK, TSC/ HPCO, 53s84; 2. Sandrine MAINVILLE, CAMO/ HPCO, 53s95; 3. Michelle TORO, NYAC/HPCO, 54s14 ; 4. Chantal VAN LANDEGHEM, 54s16 ; 5. Kayla SANCHEZ, AAC/ HPCO, 54s62

200 libre: 1. Katerine SAVARD, CAMO, 1’57s13;2.Marie-Sophie HARVEY, Neptune Natation, 1’57s81; 3. Kayla SANCHEZ, AAC/HPCO, 1’58s28; 4. Rebecca SMITH, SCAR/ HCPO, 1’58s59; 5. Kennedy GOSS, 1’58s65. En séries, Mac PADDINGTON, ISC, 1’58s39

1500 libre :1.Stéphanie HORNER, Pointe-Claire, 16’49s45.

50 dos : 1. Kylie MASSE, WEST/UT, 27s71; 2. Ingrid WILM,  UBCDS/ HPCVAN, 28s40.

100 dos :1. Kylie MASSE, WEST/UT, 58s21; 2. Dominique BOUCHARD, OAK, et Hilary

ITALIENS A RICCIONE : GREGORIO PALTRINIERI REMET LES PENDULES A 14’37s08

Éric LAHMY

Vendredi 7 Avril 2017

Finalement, Gabriele Detti n’est pas allé chercher Gregorio Paltrinieri sur 1500 mètres alors qu’il était prévu qu’il nagerait les trente longueurs et bien lui en a pris. Un Paltrinieri des grands jours a sorti une performance assez étincelante, 14’37s08, mais surtout inattendue, compte tenu de sa prestation sur 800 mètres de la veille. Paltrinieri est passé une seconde plus vite sur 800 mètres (7’47s27) qu’il n’avait nagé la distance contre Detti, 7’48s89. Le voici donc à deux secondes et demie seulement moins vite qu’en finale des Jeux (14’34s57), et plus vite que le médaillé d’argent de Rio, Connor Jaeger, USA, 14’39s48.

Il y a dans la natation (et pas seulement qu’en natation) une dimension qui échappe (parfois) à la logique des chiffres, et c’est une dimension psychologique. Bien entendu, le physiologique ne doit pas être totalement écartée, la performance est et demeurera toujours une équation multifactorielle, et rappelons ce que disait Paltrinieri après son 800 mètres. Avoir tenté de suivre Detti au début de la course lui avait rendu la vie difficile dans la seconde moitié de son effort.

Ici, pourtant, ses 3’52s34 au 400 mètres, après 55s88 premier 100 mètres, étaient à peine moins déraisonnables que sa tentative sur 800 mètres. Mais au moins deux facteurs ont pu lui permettre de signer un si bon premier 800 mètres après un si mauvais (pour lui) 800 mètres. Le premier est mental, Paltrinieri partait très décidé sur ce 1500, mais sans doute était-il moins sûr de son fait face à Detti. Le deuxième pourrait être dû à un phénomène de surcompensation (bien connu depuis les travaux scandinaves sur le ski de fond et le marathon): dans les quarante-huit heures après un effort extrême, la recharge glucidique, par compensation, est optimale. Et Paltrinieri disposait dès lors d’un carburant enrichi en toute légalité !! On ne peut pas écarter non plus le fait que lutter avec Detti l’ait amené à nager crispé alors que, seule, dans son 1500 mètres, il ait pu appliquer sa stratégie en toute décontraction ?

Bon, rien n’est moins sûr, d’autres facteurs ont pu jouer. De très grands champions de l’endurance sont parfois tellement hors-normes, physiquement et mentalement, qu’il est dans leur nature d’étonner. Je me souviens d’un Australie, Steve Holland, premier champion du monde du 1500 mètres en 1973, à qui il arrivait à passer plus vite aux quatre-cents dans son 1500 mètres que son record du 400.

La question que je me pose est de savoir si Detti aurait pu tenir la dragée haute à ce Paltrinieri là. Oui et non, mon général. Oui : Detti a battu ses records sur 200, 400 et 800 mètres et pourquoi ne l’aurait-il pas fait aussi sur 1500m ? Et par ailleurs, sa présence aurait peut-être autant perturbé Paltrinieri qu’elle l’avait fait la veille… Non, avec 14’37s, Paltrinieri est plus fort que les 14’40s86 de Detti aux Jeux, et Detti, après avoir multiplié les exploits chronométriques en trois jours, était sans doute trop fatigué pour offrir une résistance maximale à son redoutable équipier.

Federica Pellegrini, elle, était attendue dans le 200 mètres qui constitue son exercice préféré, celui où elle a obtenu constamment les plus brillants succès. Recordwoman du monde polyuréthane (1’52s98), elle a su se reconstruire sans ces tenues de bain valorisantes, et s’est constitué un palmarès enviable en maillot classique. Après une déconvenue olympique (4e en 1’55s18 derrière Ledecky, Sjöström et McKeon, et première absence d’un podium depuis bien longtemps) elle avait dans un premier temps décidé de jeter l’éponge et d’abandonner la natation. Mais la voici de retour : ses 1’55s94 de cet après-midi ne laissent aucun doute sur le sujet. Federica est partie vite, mais pas trop, et a bien tenu le coup, quoique fléchissant légèrement : 27s25, 29s25, 29s58, 29s86. Personne n’a jamais mieux à ce jour en 2017, et elle n’est guère trop éloigné de son temps « maillot », 1’54s55 en 2016.

Bien entendu, c’est par rapport aux « autres » qu’on va mesurer sa valeur, et les « autres » n’ont pas encore nagé. Or, et c’est Jean-Paul Sartre qui le dit : « l’enfer, c’est les autres. » Cela pourrait bien être la devise la mieux adaptée aux champions de sport.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Luca DOTTO, Carabinieri/ Larus Nuoto, 22s00.

1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, Fiamme Oro Roma/ Coopernuoto, 14’37s08 ; 2. Domenico ACERENZA, Canottieri Aniene, 15’12s10 ; 3. Federico VANELLI, Fiamme Oro Napoli/ Circolo Canottieri Aniene, 15’21s41.

 200 4 nages : Claudio FOSSI, SMGM Team Nuoto Lombardia, et Federico TURRINI, Esercito/ Nuoto Livorno, 2’0s43. 

4 fois 100 quatre nages: 1. Esercito, 3’34s07 ; 2. Fiamme Oro, 3’36s64; 3. Fiamme Gialle, 3’37s12.
DAMES.- 200 libre: 1. Federica PELLEGRINI, Canottieri Aniene, 1’55s94; 2. Alice MIZZAU, Fiamme Gaille/ Team Veneto, 1’57s77; 3. Stefania PIROZZI, Fiamme Oro/ CanottieriNapoli, 1’58s94; 4. Rachele CERRACHI, Canottieri Aniene, 2’0s62.

50 dos  : 1. Silvia SCALIA, Circolo Canottieri Aniene, 28s47; 2. Arianna BARBIERI, Fiamme Gialle/ Nuoto CL. Azzura 91 –BO, 28s50; 3. Tania QUAGLIERI, Sea Sub. Modena, 28s52.

50 brasse: 1. Arianna CASTIGLIONI, Fiamme Gialle/ Team Insubrika, 30s72; 2. Martina CARRARO, Fiamme Azzure/ Nuoto CL. Azzura 91 –BO, 30s98.

4 fois 100 quatre nages: 1. Canottieri Aniene, 4’2s42; 2. Fiamme Gialle, 4’4s60; 3. Carabinieri, 4’4s67.