PAN SUR LE PACIFIQUE.- COUPS DE CENT AUSTRALIENS : KYLE CHALMERS ET CATE CAMPBELL DOMPTENT CAELEB DRESSEL ET SIMONE MANUEL

PAN SUR LE PACIFIQUE.- COUPS DE CENT AUSTRALIENS : KYLE CHALMERS ET CATE CAMPBELL DOMPTENT CAELEB DRESSEL ET SIMONE MANUEL

Éric LAHMY

Samedi 11 Août 2018

Ce n’est peut-être pas nouveau, mais cela me semble récent. Cette manière d’équilibrer parfaitement sa course, illustrée dans le 100 mètres de Kyle CHALMERS. Le champion olympique australien a gagné sa course, au cours de cette seconde journée de PanPacifics, à Tokyo, en 48 secondes juste. Or il est passé huitième et dernier à mi-course, en 23s35. Pas très loin derrière, mais dernier. En tête, le Brésilien Marcelo CHIERIGHINI, 22s91, puis, qui se présentent, en rafale les deux Américains APPLE et DRESSEL, 22s93 et 22s96 et le 2e Brésilien, Pedro SPAGIARI, 22s97.

CHALMERS finit plus vite que tout le monde, en 24s65, devant CARTWRIGHT, son compatriote, 24s96. Le retour de DRESSEL, en revanche, en 25s28, lui vaut d’être surpassé par le vainqueur des Jeux de Rio, et de concéder l’ex-aequo au deuxième Dolphin (nom-totem que se sont attribués les nageurs Australiens).

La limitation à deux nageurs par nation en finale a superbement fonctionné pour éviter un torrent américain. Rien d’étonnant, c’est à cela que cette limitation a dû d’être érigée. Cela a permis d’assister à une finale « B » presqu’aussi rapide que la « A », Blake PIERONI, le champion des Etats-Unis, devançant d’une main Nathan ADRIAN, 48s21 à 48s32.

Ryan MURPHY a dominé le 100 mètres dos. Ses meilleurs adversaires, dans le monde, semblent être aujourd’hui le Russe KOLESNIKOV et le Chinois qui l’a devancé aux mondiaux de Budapest, XU JIAYU. Mais le Murphy du jour est en meilleure forme que celui de Budapest, qui avait plafonné à 52s59. Le champion olympique s’est joué en 51s94 (pratiquement sa valeur des Jeux olympiques de Rio, où il gagna en 51s97) du vieil IRIE, du champion du monde 2015 australien LARKIN et du champion olympique 2012 GREVERS : que du beau monde !

Le 100 mètres féminin nous a rendu une Cate CAMPBELL rugissante. La grande Australienne a infligé une rare défaite à Simone MANUEL. La brune Américaine, qui a tout gagné depuis deux ans, virait en troisième position, attendant peut-être le scénario catastrophe bien rodé d’une CAMPBELL partie en boulet de canon et se ramassant dans un retour à la petite cuiller. Mais cette fois, CAMPBELL, non seulement ne se défit pas, mais augmenta constamment son avance. Peut-être mise à l’école de l’égalité d’allure qui a joué si bien en faveur de CHALMERS, elle équilibrait assez bien son effort, 25s09 et 26s94 pour un total de 52s03. MANUEL eut le plus grand mal à se dépêtrer de Ruck TAYLOR, l’araignée canadienne qui passait en 25s29 pour finir en 52s72 (27s43). L’Américaine, elle, ayant viré en 25s34, toucha finalement en 52s66 (27s32). Mallory COMERFORD, elle, signait le meilleur retour hors CAMPBELL, en 27s02.

Une course très attendue était le 100 mètres dos dames, parce qu’on y retrouvait une tripotée de talents très proches et d’ambitions concurrentes et à peu près tous les sommets de podiums de ces cinq ou six dernières années. Le dos féminin US avait démontré une densité et une qualité au plus haut niveau lors des championnats nationaux, le mois dernier. Kathleen BAKER avait effacé le record du monde qui appartenait à la championne du monde canadienne Kylie MASSE. Derrière elle, l’immense Olivia SMOLIGA et la toute neuve recordwoman du monde junior Regan SMITH la serraient d’assez près. Et d’Australie, Emilie SEEBOHM, la championne du monde 2015, après de gros ennuis de santé qui l’avaient privé de ses chances olympiques, fourbissait ses armes avec un appétit féroce.

Dès les séries, les principales concurrentes se disposèrent : première série à SEEBOHM, qui en 58s79, criait qu’elle était là en battant le record de la compétition. La réponse ne se fit pas attendre, qui prit la forme d’un coup de MASSE infligé par la Canadienne, 58s29, une demi-seconde de mieux. Baker, 3e série, frôla son meilleur en 58s41.

On se demandait, après ce déluge, ce que serait la finale. D’une certaine façon (la façon chronométrique), elle fut décevante. Sans doute trop de stress, trop d’attentes. Mais son verdict fut clair, et ce fut MASSE qui l’emporta.

MESSIEURS.- 100 mètres.- 1 KYLE CHALMERS, Australie, 48s00; 2 JACK CARTWRIGHT, Australie, et CAELEB DRESSEL, USA, 48s22 (en série, 48s13); 4. MARCELO CHIERIGHINI, Brésil, 48s36 ; 5. ZACHARY APPLE, USA, 48s47 (en séries, 48s03) ; KATSUMI NAKAMURA, Japon, 48s49; 7. PEDRO SPAJARI, Brésil, 48s51 (en série, 48s38) ; 8. SHINRI SHIOURA, Japon, 48s68. Finale B : 1. Blake PIERONI, USA, 48s21 ; 2. Nathan ADRIAN, USA, 48s32 ; 3. Yuri KISIL, Canada, 49s. En séries, Townley HAAS, USA, 48s69 ; Gabriel SANTOS, Brésil, 48s72 ; Alexander GRAHAM, Australie, 48s75 ; James ROBERTS, Australie, 48s83 ; Andrew SELISKAAR, USA, et Katsuhiro MATSUMOTO, Japon, 48s99.

100 dos : 1. RYAN MURPHY, USA, 51s94 ; 2. RYOSUKE IRIE, Japon, 52s78 ; 3. MITCHELL LARKIN, Australie, 52s88 ; 4. MATTHEW GREVERS, USA, 52s99 ; 5. JAVIER ACEVEDO, Canada, 53s90; 6. MARKUS THORMEYER, Canada, 54s02 (en série, 53s88). Finale B: 1. MICHAEL ANDREW, USA, 53s55; 2. JUSTIN RESS, USA, 53s59; 3. GABRIELFANTONI, Brésil, 53s92; JACOB PEBLEY, USA, 53s96; AUSTIN KATZ, USA, 54s17.

200 papillon : 1. DAYA SETO, Japon, 1’54s34 ; 2. LEONARDO DE DEUS, Brésil, 1’54s98 ; 3. ZACHARY HARTING, USA, 1’55s05 ; 4. DAVID MORGAN, Australie, 1’55s82; 5. MACK DARRAGH, Canada, 1’56s27; 6. YUYA YAJIMA, Japon, 1’56s33 (en série, 1’56s16). Finale B: 1. LUIZ ALTAMIR MELO, Brésil, 1’56s23. En séries: JOHN CONGER, USA, 1’55s18; JUSTIN WRIGHT, USA, 1’56s37.

Quatre fois 200 mètres: 1. USA, 7’4s36 (Andrew Seliskar, 1’46s75, Blake Pieroni, 1’47s63, Zachary Apple, 1’46s20, Townley Haas, 1’43s78); 2. AUSTRALIE, 7’4s70 (Clyde Lexis, 1’46s54, Kyle Chalmers, 1’46s73, Alexander Graham, 1’45s91; 3. JAPON, 7’8s07; 4. BRESIL, 7’11s65 (Fernando Scheffer, lance, 1’44s87); 5. CANADA, 7’18s25.

DAMES.- 100 mètres : 1. CATE CAMPBELL, Australie, 52s03 ; 2. SIMONE MANUEL, USA, 52s66 ; 3. RUCK TAYLOR, Canada, 52s72 ; 4. MALLORY COMERFORD, USA, 52s94 ; 5. RIKAKO IKEE, Japon, 53s14 ; 6. KAYLA SANCHEZ, Canada, 53s68 ; 7. SHAYNA JACK, Australie, 53s74 (en série, 53s61). Finale B : 1. EMMA MCKEON, Australie, 53s37. En série, MARGO GEER, USA, 54s02.

100 dos : 1. KYLIE MASSE, Canada, 58s61 (en série, 58s29, record des PanPacifics) ; 2. EMILY SEEBOHM, Australie, 58s72 ; 3. KATHLEEN BAKER, 58s83 (en série, 58s41); 4. REGAN SMITH, USA, 58s95 ; 5. KAYLEE MCKEOWN, Aus, 59s25; 6. NATSUMI SAKAI, Japon, 59s33. Finale B: 1. OLIVIA SMOLIGA, USA, 59s20. En série: ANNA KONISHI, Japon, 1’0s30.

200 papillon : 1. HALI FLICKINGER, USA, 2’7s35 (en séries, 2’7s05); 2. SACHI MOCHIDA, Japon, 2’7s66.

Quatre fois 200 mètres: 1. AUSTRALIE, 7’44s12 (Ariane Titmus, 1’55s27 ; Emma McKeon, 1’55s66; Mikkayla Sheridan, 1’56s72; Madeline Groves, 1’56s47); 2. USA, 7’44s37 (Allison Schmitt, 1’58s62; Leah Smith, 1’56s44; Kathryn McLaughlin, 1’55s47, Kathleen Ledecky, 1’53s84); 3. Canada, 7’47s28 (Ruck Taylor, 1’54s08 lancée); 4. JAPON, 7’48s96.


Also published on Medium.

11 comments:

  1. o

    Regardez-vous le cbc feed avec les commentaires d’un journaliste qui n’a aucune, mais vraiment aucune idee de la natation ?

    1. Eric Lahmy *

      Euh, non. C’est quoi, hilarant, agaçant? Coupez-vous le son quand vous regardez? Le problème de la natation c’est que ce sport n’a pas assez d’audience pour « nourrir » des journalistes spécialisés. Je crois que c’est un peu compliqué à présenter. Mais on a eu deux ou trois bons spécialistes en France avec BOYON qui est un super-pro, KAMOUN, également, MARACINEANU (dont le défaut, à un moment, a été je crois de vouloir trop dire, mais qui est quand même très pointue). Je trouvais aussi LUCAS pas trop mal et MANAUDOU non plus, en revanche miss METELLA était si inhibée qu’elle donnait l’impression de ne pas connaître le sport.
      Mais le souci est d’ordre plus général, c’est que tous les voyous (je ne trouve pas d’autre mot) qui dirigent les journaux ont pris un malin plaisir à déspécialiser les journalistes. Il faudrait un jour que je raconte ce qui s’est passé à L’Equipe sous les trois Capitaine Flam que furent BUREAU, DROUSSENT et JOUHAUD parce que ça vaut vraiment la peine. Mais si vous écoutez sur le WEB Natacha Polony (qui est aujourd’hui selon moi l’honneur de la profession de journaliste en France), vous pouvez comprendre certaines choses…

  2. o

    Hilarant. 1 exemple aujourd’hui il a commente les relais 4 nages avec la feuille de route du 4×100. Geer a nage la brasse pour les USA, Dressel le dos, Nakamura le dos pour le Japon etc …

    1. Eric Lahmy *

      Moi, je dirai : honte aux rédacteurs en chef de chaînes qui lâchent des journalistes qui n’y connaissent rien alors que le sport est beaucoup plus difficile à commenter que la politique par exemple.
      Je me souviens que Pierre Fulla avait fait ça lors d’un meeting Arena de Boulogne-Billancourt. Il avait commenté la finale B d’un 100 dos en croyant que c’était la finale A. A la ligne d’eau où se trouvait un des rares nageurs noirs à l’époque, Fulla prétendait que se trouvait Frédéric Delcourt.
      Pierre Fulla n’avait pas l’air dérangé de voir un « Delcourt » particulièrement bien bronzé. J’étais assis à côté de lui et voyant son erreur je griffonnais vite fait en caractères d’imprimerie, Pierre comprit, lança je ne sais plus quelle phrase du style changement de programme et se vanta ensuite auprès de moi : « tu as comment un grand pro se tire d’une telle situation ? »
      Mais j’avoue que la natation est compliquée. Beaucoup de journalistes, quand ils commentent les courses dans la piscine, font des erreurs de parallaxe et croient voir en tête quelqu’un qui ne l’est pas. Comme on leur dit que « la ligne 4 est la plus rapide », ils suivent la 4 et ne voient pas quand il y en a un qui se tire à la 1 ou à la 8. Etc, etc…
      Aux Jeux de Los Angeles 1984, j’avais été requis pour assister le commentateur. Il ne comprenait rien mais parlait beaucoup. A un moment, classique, il voit la nageuse de la 4 mener. Je glisse (timidement) « attention aussi à la une. » La une passe en tête, bien sûr. A l’arrivée, l’idiot aux commandes m’a engueulé. « Le commentaire c’est moi. Si tu interviens les gens ne vont rien y comprendre. » J’ai décidé qu’il me les gonflait et n’ai plus voulu commenter, seloon mon prépepte « ne jamais faire partie d’une équipe de losers ». Sylvie Josse a assuré donc le commentaire technique et comme cette grande spécialiste de L’Equipe ne savait pas la différence entre un bonnet de bain, un bonnet de nuit et un bonnet d’âne, les abonnés de Canal ont pu se régaler…
      J’avais une très bonne copine qui venait commenter dans les meetings, Marie-Christine Debourse, qui était surtout compétente en athlétisme, son sport (championne de France de hauteur et d’épreuves combinées) et en fitness ; je m’asseyais près d’elle et quand je voyais qu’il y avait un os, je lui glissais un mot sur une feuille. Marie-Christine était très vive et intelligente, elle réagissait au quart de tour. Comme Pierre…

  3. Aigues

    Il a aussi parlé d’un certain Kyle Chambers pendant les premiers jours de la compétition, l’Australien étant également qualifié de vieux « 20ans » tandis que Cate Campbell serait une jeune pousse de la natation Australienne.

    1. Aigues

      Après les commentateurs incompétents, insuffisamment motivés, ou utilisés bien après leur date de péremption, ce n’est pas une spécificité de sports «  »peu riches » » comme la natation. France TV en fait une magnifique illustration lorsqu’elle diffuse les coupes nationales en foot.

      Je n’avais pas trop aimé Laure Manaudou en consultante, trop supportrice pour quelqu’un qui est placé là pour amener de la technique. Lucas était pertinent (bien plus que quand il participait à france 2 foot…) mais il s’éclipsait la moitié du temps pour s’occuper de Sharon VanR, c’est dommage quand même de prendre des gens qui ne sont pas bons ou qui ne sont là qu’à mi-temps simplement parce qu’ils ont un « nom ».

      1. Eric Lahmy *

        Oui, je crois que c’est ça. C’est un peu inévitable avec une consultante qui fait presqu’encore partie de l’équipe de France, elle ne peut avoir de recul, et je crois que Laure n’a pas l’analyse de son frère Florent, dont j’ai toujours apprécié la subtilité des réponses aux interviews. Je me demande ce qu’il aurait fait comme consultant. Maintenant, je pense que les consultants sont souvent des usurpateurs. J’ai été étonné de la faible connaissance de certains anciens champions qui en fait ne connaissaient pas leur sport. Ils ne connaissaient que leur épreuve (par exemple le 110 mètres haies) et seulement celui de leur époque. La culture sportive ne survit que si on l’entretient. Mais allez expliquer ça aux chaînes de TV. Leur seul souci, c’est d’abaisser le niveau, plus le niveau est bas, plus ils font des ratings !! Mais c’est partout pareil. Le sport le plus populaire c’est le sport le plus con. Les films les plus populaires, les blockbusters, sont les films Marvel, qui abaissent l’âge mental de leurs spectateurs. Les livres les plus lus de ces dernières années sont les mémoires de Loana et les bandes dessinées de Blake et Mortimer.

          1. Eric Lahmy *

            Je dis ça comme ça.J’ai adoré la BD belge et mes séries mythiques sont Buck Danny (histoire préférée: « Ciel de Corée », suivi d' »Avions sans Pilotes »), Spirou (mais le Spirou de Franquin avec le Marsupilami et le comte de Champignac) et pour Blake et Mortimer rien ne vaut La Grande Pyramide et la Marque Jaune).
            Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas se ruer sur ce qui marche ce sont des trucs d’enfants. Le dommage, c’est qu’on démolit le programme d’un sport pour aller vers les enfantillages et les jeux du cirque. Les relais mixtes, c’est du cirque. Les 50 de spécialités, c’est du cirque, même si je reconnais la valeur éducative des reptations sous-marines.
            Ce que je veux dire aussi, et sans doute pour commencer à moi-même,de ne pas s’étonner si le dernier et nullissime Star Wars est vu dix ou cent fois plus que « I Kill the Giants » ou « The Guernesey Litterary and Potato Pie Society », que le dernier Astérix pèse littérairement mille fois plus fois plus que la dernière livraison de Edmund Husserl, que le mondial de foot, etc…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *