RIO? LES AUSTRALIENS N’EN DORMENT PLUS LA NUIT

LES « DOLPHINS » SE PRIVENT DE SOMMEIL

ET RÊVENT DE NUITS FOLLES A RIO

Eric LAHMY

Mercredi 16 septembre 2015 

On sait que les nageurs australiens ont connu des nuits difficiles, au niveau sommeil et récupération, au cours des olympiades passées ; que Grant Hackett avait souffert de dépendance au somnifère qui était donné aux nageurs, et que l’un des soucis qui a amené les sprinteurs australiens à deux doigts d’être exclus de l’équipe avait été la décision du groupe des relayeurs du quatre fois 100 mètres à utiliser en cachette le produit addictif, interdit par leurs dirigeants pendant les Jeux olympiques de Londres, en 2012. Aussi parvenir à trouver une solution valable pour le repos des nageurs sans passer par la médication est un enjeu qui ne laisse pas indifférent, aux Antipodes. Chat échaudé, dit-on, craint l’eau froide…

 47 nageurs australiens dont 31 issus de l’équipe des championnats du monde de Kazan, 33 entraîneurs et accompagnateurs ont donc été réunis à Canberra, à l’Australian Institute of Sport, (l’INSEP dans les Antipodes) dans un programme expérimental de six jours… ou plutôt six nuits? Ils vivront leurs journées dans un horaire décalé tel qu’exigé des nageurs aux prochains Jeux olympiques de Rio. Deux mois à peine après Kazan, ils prennent le chemin du Brésil…

Cela donne, lundi, mardi et mercredi, petit déjeuner à partir de 10h30, entraînement de 13 à 15 heures, pause déjeuner de 17 à 18 heures, entraînement entre 10 heures et minuit, dîner entre 23h30 et un heure du matin. Mercredi et jeudi, jours de compétition : épreuves mercredi entre 22 heures et minuit ; compétition, jeudi, de 13 à 15 heures puis de 22 heures à minuit. Une expérience à dormir debout!

L’idée telle qu’exposée sur le site officiel de la natation australienne ? « Changer les défis en opportunités et ne laisser de côté aucun détail dans la préparation des Jeux de Rio. » Quels défis ? Ceux qui, selon les dirigeants australiens, attendent les équipes qui concourront aux Jeux olympiques. Mais surtout apprendre à nager aux heures où ils sont d’habitude en train de dormir, se coucher très tard, et reproduire l’horaire du programme de Rio, où les médailles seront distribuées entre 22 heures et minuit et les accès aux finales entre 13 et 15 heures. Les Australiens s’efforcent aussi de ramasser un maximum d’informations sur les réponses des athlètes soumis à cet emploi du temps de noceur invétéré. L’avenir du nageur olympique appartient à celui qui se couche tard !

Seront pris en compte les exigences médiatiques, de contrôle anti-dopage et de récupération active, afin que les nageurs se trouvent au lit à 2 heures du matin quand ils auront à nager le lendemain. Eux, qui se lèvent habituellement à six heures du matin, auront à cœur de perdre cette détestable habitude pour s’éveiller à l’heure où nous déjeunons (ou presque) !

Même Cate Campbell, grosse dormeuse au point d’avoir été surnommé « the bear » (l’ourse), fine allusion aux tendances de cet animal à hiberner, a accepté de chambouler ses horaires, ce qui est vanté là-bas comme un exploit. Le problème d’ajustement pour les nageurs est parait-il posé par le fait que, souvent, quand on nous prive de dormir en retardant l’heure de se coucher, on a tendance à s’éveiller plus tôt que prévu, à l’heure à laquelle on a donné l’habitude à son corps, et donc de ne pas achever sa nuit, avec l’accumulation de fatigue qui s’ensuit. Cate Campbell a dormi jusqu’à neuf heures et certains garçons de l’équipe jusqu’à onze, ce qui a paru satisfaire nageurs et observateurs. Bronte Campbell, ayant achevé son entraînement, s’est endormi à 1h30 du matin.

L’entraîneur Jacco Verhaeren s’est satisfait, lui, d’avoir testé l’équipe dans ces conditions et d’avoir sur le sujet un point de vue médical et nutritionnel.

Qu’ajouter ? Depuis l’aube des Jeux olympiques, les Australiens ont toujours vécu l’exigence de s’adapter autant pour ce qui concerne la saison ou l’horaire. L’été de l’hémisphère nord est l’hiver austral et la plupart des Jeux se sont tenus en Amérique et en Europe, aux antipodes, c’est le cas de le dire, des fuseaux horaires d’Océanie. Et en fait ils s’en sont le plus souvent tirés avec les honneurs !

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