Sarah Sjöström réaménage le sprint

Lundi 17 Mars 2014

3eme du 50 mètres nage libre en 24’’92 derrière Cate Campbell, Australie, 24’’21, et Francesca Halsall, Grande-Bretagne, 24’’38, et à égalité avec Bronte Campbell, Australie ; 2eme du 100 mètres nage libre en 53’’65 derrière Cate Campbell, 53’’08 ; 1ere du 200 mètres en 1’55’’50, devant Emma Mc Keon, Australie, 1’56’’23 ; 4eme du 400 mètres nage libre en 4’6’’04 derrière Kathie Ledecky, USA, 4’4’’46, Jessica Ashwood, Australie, 4’5’’01, et Jazmin Carlin, Grande-Bretagne, 4’5’’56 ; 1ere sur 50 mètres papillon en 25’’53 devant Halsall, 26’’12 ; 1ere sur 100 mètres papillon, en 56’’53 devant Madeline Groves, Australie, 57’’43. En un week-end et six courses, à Amiens, la Suédoise Sarah Sjöström a frappé un bon coup et placé la Suède en tête d’un bilan mondial qui, en raison du calendrier, comme toujours par être dominé par les Australiens.

Elle a montré par la même occasion que la Suède, à défaut d’une natation, a toujours une ou deux nageuses pour jouer sa partition dans le concert international.

Nous disons bien une ou deux nageuses, parce que du côté de garçons, c’est moins brillant. Pendant longtemps, c’est Therese Alshammar qui a brillamment représenté de royaume du Nord. Si Alsammar a repris le chemin des entraînements, après avoir eu un enfant, elle va se trouver en bonne compagnie (et sans doute en rivalité) avec la grande fille de 1,86m, native de Salem, ville de la zone urbaine de Stockholm (ainsi que Michelle Coleman, 20 ans, 1,83m, et Louise Hanson, 17 ans, 1,87m, deux autres grandes et bonnes nageuses du nord).

Avec ces deux filles et si Alshammar réussit son retour et consent à nager 100 mètres, voilà qui pourrait faire la base d’un relais quatre fois 100 mètres suédois très compétitif aux prochains championnats d’Europe, à Berlin.

Pas étonnant si Sarah est à la fois très fine et très solide, avec des caractéristiques qui sont celles de la nageuse de haut niveau, où la seule hypertrophie musculaire (relative) tolérée est celle des épaules (deltoïdes), du dos (latissimus dorsi, intra-épineux, grand rond et trapèze) et des bras, comme on peut le noter en la voyant dans l’intéressant reportage de Trans World Sport déposé sur You Tube où on la voit vivre, s’entraîner et étudier (la photographie) et qu’on trouve à cette adresse :

En revanche, les jambes (cuisses et mollets), les hanches, sont très fines, et ne portent aucun poids superflu. Le travail culturiste de  »musculation » (tirages d’arrachés, épaulés et tirages buste penché et mains en pronation à la barre, tractions du corps à la barre fixe, développés debout aux haltères) est intense et semble dirigé plutôt vers le haut du corps. Dans l’eau, entraînée par le britannique Carl Jenner, un nageur de Brighton émigré en Suède depuis 1993, qui évoque l’exigence de taille et de mentalité pour faire un champion, elle dispose manifestement de tout le « package » technique, position dans l’eau, puissance, « glisse ». Dans son attaque de bras de papillon, on note dans la vidéo de 2012 un parcours en S : les mains, une fois entrées dans l’eau, s’écartent de l’axe du corps au début de leur traction, puis reviennent dans l’axe du corps (à la différence de Phelps qui tire pratiquement tout droit de l’avant vers l’arrière). Il est possible qu’il faille plus de force pour effectuer le mouvement comme Phelps et, aussi, qu’à la différence de Phelps, Sjöström ne puisse s’appuyer sur un aussi puissant battement de dauphin dans la phase active de son action de bras !

Il y a donc adaptation personnelle en fonction de ses aptitudes… On note, dans le 100 mètres papillon des mondiaux 2013, une trajectoire plus rectiligne de l’attaque de bras, et il est possible qu’une année de nage et de musculation en plus ait renforcé sa puissance pour réorienter son coup de bras. On note qu’à Amiens, Sjöström a réalisé exactement la performance qui lui a donné le titre à Barcelone. En Espagne, Sjöström avait nagé dans la vague de Jeannette Ottesen-Gray qui lui avait mangé un mètre à l’issue d’un monstrueux départ ; elle passait en 26’’40, avant de la déposer sèchement aux soixante-dix mètres et finir en 30’’13. A Amiens, sans aucune adversaire à sa mesure (le paquet de ses suivantes est à près de deux mètres sur le mur du virage), elle passe beaucoup plus lentement, en 27’’11, mais son retour est exceptionnel, 29’’42.

Sjöström, championne du monde 2009 à Rome et 2013 à Barcelone du 100 mètres papillon, est aussi une des nageuses qui ont su rester au sommet après l’interdiction des tenues de polystyrène et d’exceller dans les tenues textile. En grand bassin, elle a été deux fois championne du monde, quatre fois championne d’Europe. Forte, disciplinée, volontaire, agressive… Et elle n’a que vingt ans… Qui pourra la battre sur 100 mètres papillon aux championnats d’Europe cet été ?

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