SCHILTIGHEIM: MARC-ANTOINE OLIVIER, VAINQUEUR DU 1500 DEVANT JORIS BOUCHAUT, TARDIF SPRINTEUR, JOLY 3eme.

Éric LAHMY

Dimanche 28 Mai 2017

On a toujours tort de trop dire qu’untel est favori d’une course. C’est ainsi. Malgré des signes un peu inquiétants depuis quelques jours, Damien JOLY, recordman de France, finaliste olympique, c’était couru, il allait gagner ce 1500 mètres, et la question était de savoir s’il passerait le minimum, 15’1s97, sans parler des quinze minutes, voire des 14’50s, pour quoi pas ? Eh ! Bien, l’affirmer, c’était avoir tout faux, et quant au minimum, c’est râpé. La France n’aura pas de représentant sur 1500 mètres aux mondiaux à Budapest, tel est l’intransigeant verdict du chronomètre. Et c’est Marc-Antoine OLIVIER qui a gagné.

Marc-Antoine est médaillé olympique à Rio. Sur 10 kilomètres. Il vient donc de l’eau libre. L’eau libre ? C’est que le 1500 mètres est à la fois un creuset et le lieu de rencontre, le point de rendez-vous de la natation de piscine et de l’eau libre.

Ce qui est arrivé a son ironie. L’eau libre, depuis quelques années, était apparue comme une voie de la facilité pour les nageurs de bassin « limités », et à la fois une ligne de fuite et une carte à jouer pour les coaches toujours à la recherche de moyens d’expression et d’affirmation pour leurs nageurs (et peut-être aussi marre du chlore en vase clos). C’est ainsi que des techniciens de haute volée comme Éric BOISSIÈRE, peut-être le meilleur formateur de sprinteurs en activité avec Michel CHRÉTIEN, ou encore Philippe LUCAS, répondaient à l’appel du large, et allaient savourer l’aventure des descentes de rivière et des traversées lacustres. Stéphane LECAT, ex-monstre sacré de la discipline, réinvestissait l’or conquis à travers la planète dans cette épopée, devenait patron de l’eau libre. Sharon VAN ROUWENDAAL, championne d’Europe 2014 et olympique 2016, Aurélie MULLER, championne du monde 2015, Marc-Antoine OLIVIER, bronzé olympique de Rio, signifiaient la vitalité de l’eau libre française.

Il y a quelques années, je retrouvais aux Vikings de Rouen, alors présidés par François AUGUEL, en compagnie d’un groupe d’amis réunis par Catherine GROJEAN et Eric BOISSIERE, un tout jeune Marc-Antoine et un indissociable copain à lui, David AUBRY. Tellement inséparables que Marc LAZZARO, l’ex-champion de France du 400 mètres, les avait appelés, lors d’un stage  « Tic et Tac ». Ils avaient co-gagné la « bourse de la vocation », une petite aide locale à leurs généreux efforts. Aujourd’hui, ils ont bien grandi, et ils étaient tous deux au départ de ce 1500 mètres. A l’arrivée, ils n’étaient séparés que de 34 secondes ! OLIVIER n’a pas attendu son copain, il a tracé avec JOLY, lequel n’a pas pu suivre très longtemps. Un qui a peut-être raté une occasion, c’est Joris BOUCHAUT, qui aime bien nager derrière, et ayant récupéré OLIVIER à mi-chemin, l’a laissé filer une deuxième fois. Les chronos nous disent qu’il a borné son effort par un 100 mètres tonitruant, en 55s61 (un finish à la SUN YANG) contre 57s45 pour OLIVIER, mais c’est sûr, il était parti de trop loin !

JOLY, 3e, nos nageurs de long qui s’étaient fait remarquer à Rio ont un peu raté leur saison, n’est-ce pas POTHAIN ? Parmi les finalistes, Clément BATTÉ, 17 ans, de Bolbec, vainqueur d’un 5 kilomètres de la Confédération Méditerranéenne de Natation (COMEN), palliait en quelque sorte l’absence de Logan FONTAINE, autre formidable jeune marathonien aquatique concocté par BOISSIÈRE…

MESSIEURS.- 1500 libre : 1. Marc-Antoine OLIVIER, Denain, 15’5s08 ; 2. Joris BOUCHAUT, Toulouse, 15’5s67 ; 3. Damien JOLY, Montpellier Métropole, 15’9s92 ; 4. Mathis CASTERA, Toulouse, 15’21s71 ; 5. Clément BATTÉ, Vallée de Seine, 15’30s38 ; 6. Théo CACHEUX, Mulhouse, 15’34s13 ; 7. Igor DUPUIS, Mulhouse, 15‘38s09 ; 8. David AUBRY, Montpellier Métropole, 15’39s05. Nicolas D’ORIANO, Marseille, 15’39s32 en séries, forfait pour la finale.

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