Étiquette : Stéphane Lecat

REYMOND AU SPRINT, ASPORD A SA MAIN

Par Eric LAHMY

6 juin 2013

Le titre français des 10 km messieurs s’est bien joué entre les trois nageurs de pointe, compte tenu des circonstances, aujourd’hui, à Canet en Roussillon. Le Viking de Rouen Damien Cattin-Vidal, champion de France en titre, a été contraint de céder sa couronne à Axel Reymond (AS Plessis-Chavigny), un beau nageur crédité de 15’26’’ au 1500 mètres en piscine. Très belle course, ardemment disputée, Reymond l’emportant de deux longueurs devant Cattin-Vidal lui-même chatouillé de très près par Charlie Cuignet. Les deux premiers classés sont désormais qualifiés pour les mondiaux de Barcelone, tandis que Cuignet et le Sétois Bertrand Venturi, 5e, obtiennent chacun un billet pour les Universiades.

Nous avons évoqué les circonstances. Il s’agit en l’espèce de l’eau froide, autour de 18°. Ces championnats ont d’ailleurs failli ne pas se dérouler, en raison d’une température, en pleine mer, qui variait entre 14,2° et 14,9° quand les règlements exigent un minimum de 16°. Les organisateurs ont été contraints de tracer un parcours dans le port de Canet, dont la température était plus clémente. L’un des meilleurs nageurs de grand fond présents au départ, Romain Béraud, qui s’était distingué cet hiver en Amérique du Sud, très à l’aise dans des eaux chaudes, autour de 24°, comme l’ont montré ses victoires de Coupe du monde à Santos, au Brésil, puis à Viedma, en Argentine, a été contraint à l’abandon après quatre kilomètres. La course a vu aussi les débuts en eau libre d’Anthony Pannier, dont la carrière en piscine est constellée de podiums sur 1500m, 800m, 400m et 400m quatre nages. Anthony, que l’on aurait volontiers placé en position de favori, d’autant que le plan d’eau du port éliminait le handicap des vagues, souvent fatales à des nageurs de piscine, a terminé loin, à trois minutes des hommes du podium. « Mais il ne s’agit là que d’une erreur de débutant, estime Stéphane Lecat, la légende vivante du grand fond et des marathons nautiques, aujourd’hui tout nouveau conseiller technique responsable de l’eau libre où il a remplacé Marc Lazzaro. Pannier ignore encore la gestion du ravitaillement et de la course en eau libre. Je ne sais pas s’il entend insister dans cette nouvelle voie au-delà des championnats, mais dans ce cas, je ne vois pas ce qui l’empêcherait d’effectuer la transition de la piscine. »

La course féminine est revenue à Ophélie Aspord, qui a totalement maîtrisé son sujet. Aspord, 6e du 5km des mondiaux 2011 et du 10km des Jeux olympiques de Londres, en 2012, et triple championne de France entre 2009 et 2011, n’avait pas besoin de se trouver à son top niveau pour devancer Célia Barrot (ASPTT Lmoges), la tenante du titre. Barrot, spécialiste des 25km (elle fut 7e de la distance aux mondiaux 2011), a gagné en vitesse, et Lecat espérait que ces progrès se retrouveraient sur sa distance fétiche. La 3e de la course, Charlyne Secrestat, de l’AS Plessis-Savigny, qui, à 15 ans et demi, s’offre son 2e podium national consécutif  sur la distance !

COUP DE FROID SUR L’EAU LIBRE

6 juin 2013

Par Eric LAHMY

Les championnats de France d’eau libre ont débuté ce matin à Canet en Roussillon. Ces courses sont sélectives pour les mondiaux qui se tiendront à Barcelone le mois prochain. L’eau libre, un peu comme toutes les autres disciplines dites « affinitaires » de la Fédération, souffre, au plan de son image, de la comparaison avec la natation de course, qui se déroule en piscine, et qui, pour des raisons liées à la longue tradition olympique et aux excellents résultats de ces quinze dernières années, constitue à la fois la vitrine et, si l’on ose s’exprimer ainsi, le fond de commerce de la Fédération française de natation.

Pourtant, l’eau libre, qu’on a pu appeler aussi grand fond ou marathon nautique (aujourd’hui, on propose une distinction entre le fond qui va jusqu’à dix kilomètres et le marathon qui va au-delà) est une discipline très vivace en France, et ses résultats sont plus qu’honorables, même si notre équipe nationale reste un peu en deça des formations maîtresses que sont, dans le désordre, les USA, l’Australie, l’Allemagne, l’Italie et la Russie. On en veut pour preuve que l’on comptait 168 nageurs (99 garçons, 69 filles) engagés her soir.

Même si les exploits d’Anne Chagnaud et de Stéphane Lecat dans les années 1980, n’ont pas été renouvelés, la France a toujours eu le chic pour trouver des représentants de bon niveau, dans un type d’épreuves qui demande énormément d’abnégation et de courage. Aux mondiaux 2011, un Français se classait dans les dix premiers de chacune des trois courses masculines et de deux des trois courses féminines, tandis qu’Aurélie Muller arrachait l’argent des 5 kilomètres dames, à quatre dixièmes de la Suissesse Swann Oberson, ceci pas très loin devant Ophélie Aspord, 6e. L’an passé, à Londres, Ophélie se classait encore 6e, cette fois sur 10km, la seule course agréée aux Jeux.

A Canet, en raison de la température, qui se situait en dessous des minima en pleine mer, le comité d’organisation des championnats de France en accord avec les officiels de la FFN a décidé de remettre en cause les tracés des parcours de chacune des courses pour les transposer dans le port où la température requise est au-dessus du minimum réglementaire. Les épreuves prévues au programme, d’aujourd’hui jeudi 6 au mardi 11 juin 2013, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), auront donc bien lieu.