TROIS PRÉTENDANTS ET LA 7EME CAMPAGNE

La Fédération Française de Natation n’a toujours pas de Directeur, encore moins de direction, mais elle dispose désormais d’un Président, Francis Luyce, et d’un candidat à la présidence en 2016, Francis Luyce. Les deux hommes devraient s’entendre.

Par Eric LAHMY

Jeudi 23 Janvier 2015.

La disparition de Marie-Laure Etienne des écrans radar donne à la finale de la course au poste de DTN de la natation française un aspect morose. Philippe Hellard ? Luyce avait bien dit qu’il ne prendrait pas un des techniciens fédéraux, ce qui est son cas. Luyce pourra-t-il se déjuger ? Roxana Maracineanu et Jacques Favre ont été sélectionnés par le Ministère en contradiction avec les règles du jeu du Ministère qui s’est donc, lui, déjà déjugé. Ne trouvez-vous pas que l’affaire est magnifiquement emmanchée?

Au-delà du nom de l’héritier du trône, restent beaucoup d’inconnues dans cette affaire, et la plus importante consiste à savoir si la DTN va retrouver le rôle moteur qui était quand même le sien jusqu’en 2008.

Depuis six ans, il y a de la déconstruction à la FFN et on ne sait pas trop où cela va nous mener.

On aime rappeler que Christian Donzé a été nommé par Francis Luyce parce qu’il s’était affirmé comme opposant à Claude Fauquet alors même qu’il faisait partie de son équipe, sans d’ailleurs que l’objet de son ire le sache le moins du monde. C’était plus habile et politique que courageux ou franc du collier, mais c’est ainsi. Le fonctionnement de Donzé, une fois en poste, affirma et confirma qu’il s’agissait de défaire l’œuvre de son prédécesseur.

L’un des responsables de la montée en puissance de la FFN, Philippe Dumoulin, a été écarté par deux fois des affaires. Une fois par Donzé, qui lui a intimé sa méfiance d’entrée de jeu, le conduisant vers la sortie (tout de suite, d’ailleurs, après avoir viré Marc Begotti, autre sherpa de Fauquet). Une autre fois par Horter qui a pris fait et cause contre lui, face à un autre technicien, Patrick Cassagne. On en reparle tout de suite…

LE TORPILLAGE DE DUMOULIN

On pourrait imaginer que ces deux mésaventures sont arrivées à Dumoulin parce qu’il s’était conduit de façon problématique. Pas de fumée sans feu, dit le proverbe. Or des rangs des techniciens fédéraux nous viennent les témoignages de l’enthousiasme et de l’engagement de Dumoulin. « Du temps de Fauquet, nous a-t-on dit, il pouvait donner l’impression de se prévaloir de la confiance de Claude pour ne pas prendre de gants, et paraître cavalier. Mais là, son attitude était tout à fait positive. »

L’une des curiosités de cette affaire est que Dumoulin a été torpillé par Horter peu de temps avant que celui-ci ne parte. Il est également curieux de voir que ce gros bosseur s’était fait écarter par le DTN le plus dilettante de l’histoire du poste. Omni-absent, Lionel n’arrivait à Paris que les jours de comités directeurs ou de bureau exécutif, une fois par semaine, et n’existait que de manière virtuelle aux yeux des techniciens qu’il était censé chapeauter. Des témoins ont conté qu’il était capable de disparaître en cours d’une réunion et de ne plus revenir. Mais peut-être n’avait-il pas trouvé où étaient les W.-C. ?

Il n’avait pas plus pris le temps d’émettre un projet fédéral. La DTN vivait au jour le jour, allait à vau l’eau.

Le 15 septembre, lors de l’annonce de la démission de Horter, Francis Luyce apparaissait pourtant bien embêté. « On avait déjà eu du mal à remplacer Christian Donzé, déclarait-il au Monde. Je pense que je vais être dans les mêmes difficultés. Le poste de DTN est extrêmement contraignant, ça n’attire pas les foules. » En effet, il n’y eut que 17 candidats…

« La tâche peut être ingrate, commentait le journaliste. Que les résultats ne soient pas tout à fait au rendez-vous, comme à Berlin cet été, et voilà le DTN responsable de l’échec – une absurdité en l’occurrence, puisqu’en un an et demi, l’action de Lionel Horter n’a pas pu avoir d’effets « visibles » dès Berlin. »

Ce qui motivait le départ d’Horter était ce qui avait retardé son arrivée : son inappétence pour le poste, ainsi que quelques éléments nouveaux qu’il convient de conter ici.

UN RAPPORT GRATINÉ

Même ceux qui croient connaître Francis Luyce pourront s’étonner d’apprendre que le président avait trouvé avec Lionel Horter un DTN selon son cœur. Mais c’est ainsi. Horter lui laissait le soin de trancher sur tout. Horter déléguait au maximum. Moins il en faisait, moins Horter se frottait au président qui n’avait qu’à se féliciter de la présence fantomatique de son DTN.

L’affaire Horter aurait pu prendre une vilaine tournure quand le ministère entra dans la danse et pondit un rapport d’inspection défavorable à son endroit. Le rapport, assez gratiné, appuyait lourdement sur les carences du titulaire du poste. Lionel, en fait, n’avait jamais laissé Mulhouse, dont il n’avait abandonné que l’équipe première. Pour le reste, il s’occupait de tout le reste au Mulhouse Olympique Natation, stages y compris, et laissait son siège directorial parisien se recouvrir de poussière. La FFN de son fait, nous ont conté les témoins (qui devaient dire la même chose aux inspecteurs du Ministère) était devenue le château de la Belle au Bois Dormant, puisque, comme chacun sait, le chat n’étant pas là, les souris dansent. Chacun se calant sur l’emploi du temps du chef, on apparaissait au 14 rue Scandicci quand Horter y était. Ces délicieux détails se trouvaient contés dans le langage administratif du rapport ministériel.

HORTER SAUVÉ PAR BARNIER

Finalement, le Mulhousien fut partiellement sauvé par… le CN Marseille de Romain Barnier. Les formidables résultats des Phocéens, Florent Manaudou en tête, aux championnats d’Europe de Berlin, sauvèrent la mise de la natation française. Les médias se jetèrent sur l’os Manaudou et s’en délectèrent. La France avait perdu 4 places au classement général et 5 au classement natation, dans le concert des nations, mais ce n’est pas ce genre de détail qu’on met à la une en haut de page quand on a un gaillard de 100kg pour 1,99m qui sucre son café au lait à la créatine et réussit le triplé 50m, 100m, 50m papillon. Le petit frère de Laure, moitié Superman, moitié cache-misère, avait assuré (avec la participation d’Axel Reymond) le festival des cocoricos et des on est les plus forts. Le rapport du Ministère, jusque là intraitable, fut vite amendé : on adoucit ici, on édulcora là, on retrancha ailleurs telle notation un peu dure…

Sauvé par le gong, il n’en devenait pas moins urgent pour Lionel, de trouver une sortie vite fait du poste qu’il n’occupait que de façon épisodique et qui lui sortait manifestement par les yeux. L’idée de « tangenter » s’ancrait avec d’autant plus de force qu’aux championnats d’Europe de Berlin, Yannick Agnel, de plus en plus déçu des résultats de son séjour US à mesure que ses contre-performances s’ajoutaient au fil des jours, s’était mis à ruminer un retour en France. Et Horter, à titre de Directeur technique national, était à ce sujet son premier confident. Agnel prétendait qu’il voulait revoir son entraîneur US, Bob Bowman, avant de décider, mais il est difficile de croire que l’affaire n’était pas pliée au moment où il prit l’avion pour Baltimore. Agnel est un garçon poli et bien élevé et il voulait dire adieu dans les formes, chose qui est toute à son honneur. Pour Horter, plus coach que jamais, il n’était pas raisonnable de laisser Agnel atterrir ailleurs qu’à Mulhouse ! Il y avait là un joli coup à tenter. Mais il était important de coordonner l’action et surtout de maîtriser le temps, en l’occurrence de n’annoncer la chose (Agnel à Mulhouse) qu’après avoir pris un certain nombre de précautions.

VAINQUEUR SUR TOUS LES TABLEAUX

Lionel Horter, tout DTN qu’il était, n’était qu’un contractuel, et n’avait pas de garantie au plan de sa carrière ; pour cela, se présentait l’opportunité d’un diplôme de professeur de sport. Prof de sport, cela représente cinq années d’études après le baccalauréat. Mais dans sa situation, cela nécessitait seulement, en raison d’un certain nombre d’équivalences, une semaine de stage. Il fut titularisé le 1er octobre. Titularisation qui lui permettait d’être intégré professeur de sport, donc statut de fonctionnaire, donc retraite et tous avantages liés.

Le 1er octobre fut également le jour de sa démission de DTN. Et l’arrivée d’Agnel à Mulhouse. Pour partir, il lui fallait un prétexte, et c’est le sort de son adjoint, Patrick Cassagne, qui le lui offrit.

Depuis quelques temps, un dirigeant régional, Gilles Sezionale, avait décidé de débarrasser la Fédération de Patrice Cassagne, l’adjoint de Horter (Sezionale dément). Il faut savoir que c’est un affrontement entre Cassagne et Philippe Dumoulin qui a conduit ce dernier à démissionner. L’affaire démarrait mal, les deux hommes partageant la même fonction de gestion du haut niveau. Les choses ne pouvaient bien se passer, mais ce fut le pot de terre contre le pot de fer. A ma gauche, Philippe Dumoulin, expérience, compétence, capacité supérieure de raisonnement qui lui donne une allonge phénoménale. Il ne décide jamais sans avoir mûri la question. A ma droite, Patrick Cassagne, zéro virgule cinq formation initiale, sorti du rang, malin et instinctif, maître du corps à corps et combat au feeling. L’homme a entraîné le CNO Saint-Germain et hanté la direction régionale de Nantes, où il a développé une amitié avec Christian Donzé, qui s’en souviendra quand il sera DTN.

LE BOSSEUR ET LE COURTISAN

L’influence de Cassagne sur Donzé fait partie de l’histoire officieuse de la Fédération. Donzé, parait-il, n’écoutait que lui, et les deux hommes s’offraient des brainstormings en tête à tête où ils décidaient de tout. Très vite, en court-circuitant les uns et les autres, le DTN se trouva dans une situation assez compliquée de conflit avec techniciens et élus, et un de nos informateurs nous l’a décrit comme « aux abois. »

Au décès de Donzé, Cassagne se retrouva subitement à découvert. Pas pour longtemps. Il joua avec insistance la carte Horter, dont il savait qu’il était dans les petits papiers de Luyce, allant carrément le chercher, et, après s’être porté candidat (comme déjà en 2012) il retira immédiatement sa candidature quand Lionel se présenta. Aussi Cassagne retrouva-t-il une protection sous le chapiteau de Horter. Il ne restait plus qu’à dégouter Dumoulin. Entre le tâcheron et le courtisan, devinez qui l’emporta ? Finalement, Dumoulin ne fut même plus convié aux réunions des commissions de son ressort. Au bout de quelques mois, écoeuré, au bord de la dépression, il s’en allait.

Les tentatives de certains responsables fédéraux de se débarrasser de Cassagne sonnaient donc comme un retour des choses.

C’était l’occasion attendue : jouant l’offusqué qu’on veuille le débarrasser de son indispensable adjoint, Horter présenta sa démission. Luyce la refusa, mais il eut beau tempêter et cajoler, réprimander et s’agacer, Horter ne changea pas d’un pouce. En s’en allant, il éliminait d’un coup tous ses soucis, abandonnait une fonction détestée, écartait d’un revers le rapport d‘inspection ministérielle, rentrait définitivement à Mulhouse avec la plus excitante mission qui soit, remettre Yannick Agnel à flot, cela en ayant réussi un autre joli coup, l’accession au professorat de sport !

QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS ?

Aujourd’hui, que reste-t-il de l’héritage de Fauquet ? Et surtout, comment se projeter vers le futur, après 2016, quand la génération des champions du monde et olympiques sera poussée par la limite d’âge ou tentée de se retirer ? Comment la Direction technique pourra-t-elle jouer le rôle inscrit dans son intitulé, directionnel et technique, de la natation française ? Saura-t-elle proposer une action exaltante, aider les clubs, les pousser dans la bonne direction, répondre aux défis multiples de l’excellence à tous les niveaux de pratique ?

Francis Luyce est optimiste. Il a assuré l’essentiel. Ne vient-il pas d’annoncer, des fois qu’on ne le saurait pas, qu’il présentera en 2016, pour la septième fois, sa candidature de président de la Fédération française de natation ?

Je respire. Nous sommes sauvés.

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6 comments:

  1. Francoishm

    je partage en grande partie cette façon de décrire la situation. Mais je voudrais démentir le fait que Christian Donze ait voulu déconstruire le travail de Claude Fauquet. La succession consiste à faire évoluer en respectant l’histoire. Et ça ne peut pas se faire sans un certain nombre de ruptures avec l’histoire. Même si elle est intégrée et respectée.
    Certains distinguent les successeurs des héritiers qui ne font que profiter d’une situation déjà établie sans modifier quoique ce soit. Ils sont malheureusement généralement considéré comme les plus respectueux de l’histoire. Mais c’est peut être surtout profiter sans construire.
    En ce qui concerne la précédente mandature avortée, je crois que la posture s’apparentait plutôt au principe du parasite. Profiter et user d’une influence pour en faire bénéficier son propre microcosme.
    Mais ca n’est que mon humble avis.

    1. admin *

      Tout ce que vous suggérez là me semble intéressant. Je pourrais cependant retrouver la référence exacte, quand Christian Donzé a déclaré dans l’euphorie de Londres qu’il avait fait le contraire de Claude Fauquet. Peut-être n’était-ce qu’un propos provocateur? Fauquet a sauvé par exemple la mise à Denis Auguin, qui, sans son aide, aurait coulé et disparu. Denis, heureusement, est maintenant un grand entraîneur. Donzé en a-t-il fait autant avec un coach, une cellule? Peut-être mais il y a tellement de gens sérieux et compétents au niveau des dirigeants de clubs (Laurent Horter, Richard Papazian, Leccia, etc.) et des entraîneurs (trop nombreux pour être cités, mais travaillant dur: il faut comprendre que quand les nageurs s’entraînent beaucoup, les entraîneurs travaillent beaucoup) que le vaisseau France a pu continuer sur son erre pendant des années. Vous distinguez les successeurs des héritiers. Moi, j’ai toujours aimé faire la part entre les ambitieux et les arrivistes… Je crois que l’une des questions – que je n’ai pas évoquée clairement – serait de se dire: à quoi sert la Fédération? Mesurer exactement en quoi la Fédé a été utile au développement de programmes comme celui de Laure Manaudou avec Lucas et de Florent Manaudou à Marseille, ou de Yannick Agnel avec Pellerin. Pour ce qui est de « la précédente mandature avortée », c’est peut-être vrai, pourtant Lionel Horter n’était pas candidat et sur ce point, je crois qu’il a été clair. Je crois aussi qu’il a été un DTN malheureux, et qu’il est redevenu un coach heureux.

  2. Francoishm

    je m’aperçois que je ne partage pas votre point de vue.
    Quoiqu’il en soit, je regrette d’avoir partagé ce qui n’est finalement qu’un ressenti personnel issu d’informations parcellaires et très largement interprétées et déformées par ma propre réflexion.
    Et dans la mesure ou je ne suis pas journaliste et encore moins blogueur. Je préfère éviter.
    Je vous prie de m’excuser de ce billet d’humeur.

    1. admin *

      Vous n’avez aucune raison de vous excuser. Au contraire, je vous remercie d’avoir donné votre point de vue, et vous serez toujours bienvenu ici.

  3. Hellard

    Monsieur Lamy,

    Je ne peux vous laisser écrire de tels mots à propos d’un homme exceptionnel, disparu, dont la famille reste affectée et peut avoir accès à une telle désinformation qui ne peuvent rester sans réponse.

    Christian Donzé a postulé au poste de DTN parce que c’était son rêve depuis sa prise de fonction au début des années 1990.

    Christian avait quitté le domicile familial à 14 ans et prenait le train de nuit tous les dimanche soir pour aller s’entraîner à Antibes puis à l’INSEP.

    Reçu au professorat de sport en 1989, il s’est occupé du centre d’entraînement régional de Besançon jusqu’en 1995 en y obtenant des résultats qui n’ont jamais été reproduis à ce jour. Conjointement en plus de sa missions d’entraîneur, il était conseiller technique régional travaillant jusqu’à 70 heures par semaine.

    Nommé en 1995 dans la région Rhône Alpes, il a assumé jusqu’en 2008 (soit 13 ans) conjointement les fonctions d’entraîneur du centre régional, de CTR et de chargé de l’accès à haut niveau (trois métiers en somme). Pour réaliser cette charge de travail il percevait un complément de salaire d’une centaine d’euros de la direction technique (je rappelle qu’il avait trois enfants qu’il n’a pas vu grandir afin de réaliser toujours de la façon la plus consciencieuse possible son métier).
    Il a été unanimement apprécié par tous les nageurs dont il s’est occupé comme par tous les entraîneurs qu’il a accompagnés. Sportivement, son bilan au sein des équipes juniors est exceptionnel.

    Christian Donzé s’est déclaré au poste de directeur technique national au mois de février 2008 au moment de l’annonce de Claude Fauquet de ne pas repostuler. Comme à son habitude son annonce a été claire, franche, loyale. C’était son ambition, son rève.

    J’ai échangé avec lui après son entretien de candidature, il n’a été question que d’ambition pour la France, notre Fédération et notre sport. Christian Donzé ne prenait pas ses décisions en fonction de quiconque.

    Il a été un très grand DTN et n’a jamais cherché à déconstruire quoi que ce soit. (Pour information je vous envoie le projet fédéral 2009-2012 afin que vous preniez conscience du travail exceptionnel qu’il a réalisé).

    La dignité exige que nous n’allions plus loin.

    Très cordialement.

    Philippe Hellard

    1. admin *

      Christian Donzé a été un bon nageur, et sans doute un honnête homme, dont j’ai suivi toute la carrière, et avec qui j’entretenais des relations cordiales. En tant que DTN, son action a été plus complexe, et en tout cas plus difficile à déchiffrer. Je ne mets pas en cause ses ambitions et je me demande parfois si ce n’est pas plus son ardeur à la tâche qu’une course VTT qui l’a terrassé. Soyons clair, son décès m’a navré et j’aimerais autant que vous qu’il soit vivant aujourd’hui, autant pour lui que pour sa famille et peut-être pour la FFN. Peut-être même ne penserais-je aujourd’hui que du bien de son action. Mais aucune vision erronée de la dignité ne m’empêchera d’analyser l’idée qu’il a déconstruit le travail de Fauquet et l’a fait immédiatement en écartant d’emblée Begotti et Dumoulin qui, avec leurs qualités et leurs limites, ont été des chevilles ouvrières de la percée de la natation française et des serviteurs de ce sport, ainsi qu’en ramollissant les critères de sélections internationales, tout comme par d’autres actions que je ne tiens pas à exposer ici. Maintenant, il est vrai, la fonction de DTN se joue à plusieurs niveaux qui ne sont pas seulement l’international… et je puis difficilement apprécier certains aspects du travail à ces niveaux, parce qu’il s’agit d’actions microscopiques qui, mises bout à bout, font (ou ne font pas) sens. J’ai jeté un coup d’œil sur son fameux programme en 84 pages et, bon, que dire,c’est un programme! Pour le reste, nous subissons tous le diktat de la haute compétition et c’est elle qui, de façon frauduleuse finalement, distingue les grands et les moins grands DTN. Je crois qu’en fait il s’agit d’un travail d’équipe. Fauquet a été bon parce que Philippe Lucas, Richard Martinez, Denis Auguin, d’autres étaient au bord du bassin. Donzé a triomphé parce que Fabrice Pellerin et Romain Barnier ont ajouté des ailes à l’édifice. J’espère que la FFN a bien joué son rôle dans ce domaine (ce que Barnier a clairement admis).
      Maintenant, discuter des actions d’une personne décédée n’a rien d’indigne à mes yeux, quand cette personne était engagée dans une action publique. Je n’ai pas insulté la mémoire d’un grand homme! J’ai questionné le bien fondé de ses choix. Je vous remercie donc d’avoir donné votre point de vue, comme votre collègue François Huot-Marchand! Ce site est prêt à accepter, respecter et relayer toutes les opinions. Si quelqu’un veut m’exposer en autant de pages qu’il le désire pourquoi Christian Donzé a renouvelé, revitalisé, etc., la natation française, qu’il m’envoie son texte… Je le passerais, même si sa vision ne me convient pas: cela s’appelle la démocratie!
      …Pour le reste, j’ai 22 ans de plus que vous, et je n’ai pas de temps à perdre. Nous avons un point commun avec les morts, monsieur Hellard: ils ont vécu et nous mourrons.

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