Mois : juin 2015

MEETING ARENA DE SANTA CLARA (3)

MICHAEL PHELPS AUX PIEDS DE CONNOR JAEGER

Par Eric LAHMY                                            Samedi 20 Juin 2015                      

Battu la veille, d’une main, par McBroom sur 800 mètres, Connor Jaeger, ce vendredi à Santa Clara, s’est joué, sur 200 mètres, première épreuve de la journée, de Nikita Lobintsev et de Michael Phelps. Phelps dont on raconte aux USA qu’il se fait malmener quotidiennement à l’entraînement par son jeune compatriote Chase Kalisz, et qui saisit que son grand come-back n’emprunte pas une voie triomphale. Phelps, tout orgueil dehors, s’élança immédiatement à la poursuite du sprinter russe, Lobintsev. Pendant que ces deux là jouaient au chat et à la souris, Jaeger, lui, restait scotché pendant cent cinquante mètres à la cinquième place, à environ un mètre de Lobintsev qui taillait hardiment la route. Mais il montra alors à l’issue de l’ultime virage qu’il lui restait le plus de ressources, et les aligna tous dans son sprint en 27’’02. Bien entendu, très supérieur en vitesse à son vainqueur du 800, Mc Broom qui s’est contenté d’un temps de 1’50’’ sur 200, Connor partira grand favori du 400. de décréter: il a 29 ans! Il lui faut du repos.

Jaeger, 25:99, 53:49 (27:50), 1’21:64 (28:15), 1’48:66 (27:02)

Lobintsev, 25:33, 52’’94 (27:61), 1’21:08 (28’’14), 1’48:86 (27:78)

Phelps, 25’’40, 53:02 (27:62), 1’21:41 (28’’39), 1’49:03 (27’’62).

MESSIEURS.- 200 mètres : 1. Connor Jaeger (USA), 1’48’’66 ; 2. Nikita Lobintsev (Russie), 1’48’’86 ; 3. Michael Phelps (USA), 1’49’’03 ; 4. Kyle Whitaker (USA), 1’49’’24 ; 5. Clark Smith (USA), 1’49’’35. Finale B: 1. Anders Nielsen, 1’49’’27.

MEETING ARENA DE SANTA CLARA (2)

FEMKE HEEMSKERK DÉZINGUE HOSSZU,

FRANKLIN ET SCHMITT POUR LE PRIX D’UNE

Par Eric LAHMY                                                     Samedi 20 Juin 2015

Après les apéritifs de la veille (1500 dames et 800 messieurs), la seconde journée du meeting Arena de Santa Clara a attaqué la journée d’hier par une sévère explication entre quatre redoutables concurrentes pour le titre de meilleure nageuse du monde sur 200 mètres.

Selon son principe qui est d’inclure la compétition dans son entraînement et, donc, de toujours nager vite en-dehors de toute considération tactique (comme de se réserver en vue de la finale), Katinka Hosszu ne s’est pas ménagée en séries, où elle réalisé le meilleur temps de loin, 1’56’’95 [passages en 27’’62, 57’’16 (29’’54), 1’27’’35 (30’’19), 1’56’’95 (29’’60)]. Femke Heemskerk, qui avait rivalisé jusqu’aux cent, 57’’19, puis était passée plus vite aux 150 (1’26’’86), avait ensuite laisser courir, conservant tout son mystère. Les Américaines étaient larguées ! Or l’une, Allison Schmitt (1’58’’51), est la championne olympique, l’autre, Melissa Franklin (1’58’’78),  la championne du monde !

La finale se joua donc sur l’air bien connu de « sortez les sortantes ». Si Franklin et Schmitt se tirèrent une bourre infernale, ne se séparant jamais plus que des 0’’27 qui le différencièrent à l’arrivée, ce fut pour la troisième place. La course des grandes se déroulait devant, sans elles. Les deux anciennes de cette finale, 27 ans pour Heemskerk et 26 pour Hosszu, remirent leur débat du matin sur le tapis, mais cette fois, c’était la finale, et la Néerlandaise prit l’affaire en main. La noix Hosszu est dure à craquer, mais Femke savait comment s’y prendre, s’imposant d’entrée (27’’19 contre 27’’57) en utilisant sa vitesse de base supérieure, maintenant la pression ensuite (29’’36 contre 29’’35) et, alors qu’Hosszu se montrait fidèle à sa technique de retenue dans la troisième longueur qu’elle parcourait en 30’’17, la Néerlandaise assénait le coup de gourdin fatal, nageant en 29’’61 ce qui portait son avance à presqu’une longueur de corps. Et quand Hosszu, quoiqu’ébranlée, tenta de revenir, Heemskerk enveloppa l’affaire à la Agnel aux Jeux olympiques de Londres, si vous voyez ce que je veux dire. En termes de corrida, on appelle ça la matanza, la mise à mort. En 1’55’’68, Heemskerk avait rappelé à qui de droit qui était la patronne ! Hosszu terminait dans ses battements de jambes, les autres encore plus loin… Sur sa séries (1’59’’11), on avait pensé que Simone Manuel, utilisant ses dons de sprint, pourrait se mêler à la bagarre, mais il n’en fut rien. Partie sur un faux rythme, elle finit 8e en 1’59’’82.

 DAMES.- 200 mètres : 1. Femke Heemskerk (Pays-Bas), 1’55’’68 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 1’56’’88 ; 3. Melissa Franklin (USA), 1’57’’02 ; 4. Allison Schmitt (USA), 1’57’’29 ; 5. Elizabeth Pelton (USA), 1’58’’30. Finale B : Cierra Runge, 1’59’’50.

UNE AFFAIRE QUI TRAINE

KYLIE PALMER DECLARÉE DOPÉE VINGT MOIS APRÈS

On peut tout faire, quand on est dirigeant de la Fédération Internationale de Natation. Même réveiller une affaire vieille de vingt mois pour incriminer une nageuse. Incroyable mais vrai.

Par Eric Lahmy                                              Vendredi 19 Juin 2015

L’organe qui gère la natation australienne, Swimming Australia, a reçu notification de la FINA concernant un cas de dopage concernant leur nageuse Kylie Palmer. Ce cas remonte au 31 juillet 2013, pendant les championnats du monde de Barcelone. Ni la nageuse, ni sa Fédération, ne reçurent en temps utile notification de cet incident, comme ils auraient dû, et ne furent avertis du problème qu’en avril dernier, vingt mois après les faits ! Swimming Australia a immédiatement alerté l’ASADA, l’institution qui gère la politique anti-dopage. Kylie Palmer a avisé sa fédération qu’elle acceptait une suspension provisionnelle, en accord avec le Code de dopage de la FINA. Cette suspension opèrera jusqu’à ce que le tribunal de la FINA statue en l’espèce. Cette forme de suspension l’empêche de se présenter au meeting de Townsville. Palmer, sélectionnée dans l’équipe australienne pour Kazan, a décidé là aussi de se retirer de la compétition.

Selon les règles de confidentialité dictées par la FINA, la Fédération australienne a refusé de communiquer toute information sur ce cas

 Comment se fait-il qu’une affaire de l’importance (réellement dramatique dans le sport actuel puisqu’il ruine une carrière) d’un contrôle de dopage n’apparaisse au grand jour que vingt mois après les faits ? D’après ce qu’on sait, les traces du produit incriminé étaient si faibles que la FINA, dans un premier temps, décida de passer outre et de ne pas diligenter une enquête. Mais l’Association mondiale (WADA) demanda de relancer une procédure, les deux échantillons, A et B, donnant un résultat identique. Selon Richard Ings, ancien patron de l’ASADA anti-dopage australien), dans le cas où un athlète se voit incriminer, le protocole exige du laboratoire d’en avertir la Fédération nationale, la WADA et l’autorité anti-dopage du pays. « Que ce soit la FINA ou la WADA, cette affaire s’est mal emmanchée, a continué M. Ings. Demander à une athlète de se souvenir deux années après de ce qui a pu conduire à ce qu’elle présente un tel profil est à la fois très difficile et injuste. » On peut le croire. Se doper pendant les mondiaux, de la part de Palmer, une athlète dont la longue carrière remonte bien avant son titre de championne olympique du quatre fois 200 mètres, au Jeux de Pékin, en 2008, voilà qui paraitrait bien hardi, voire stupide.

LE RELAIS AUSTRALIEN DE BARCELONE MENACÉ.

Les 30 et 31 juillet 2013, Kylie Palmer avait nagé dans le 200 mètres nage libre, réussissant 1’57’’67 en séries (10e temps), 1’56’’53 en demi-finale (6e temps) et 1’57’’14 en finale (6e). Si elle est convaincue de dopage, cela ne changera pas grand’ chose pour cette course, si ce n’est que les deux nageuses qui la suivaient, Shannon Vreeland et Charlotte Bonnet, gagneraient une place, et que Katinka Hosszu, 9e des demi-finales en 1’56’’80, pourra se plaindre de s’être fait « voler » une place de finaliste. Ce n’est pas tout, cependant, puisque, le 1er août, Palmer participait à la finale du relais quatre fois 200 mètres où, une nouvelle fois, relayeuse d’exception, elle réussissait le meilleur temps lancé des Australiennes, reprenant l’avantage des Françaises et des Américaines assuré respectivement par Camille Muffat et Missy Franklin. Ce relais fut médaillé d’argent, comme l’année précédente aux Jeux olympiques de Londres. Si la procédure lancée contre Palmer aboutit, le relais pourrait être déclassé. En revanche, la 8e place de Palmer au 400 mètres libre (disputé avant ce fatidique contrôle) ne serait pas remise en question. Mais bon, ce n’est certes pas la première préoccupation de Kylie.

MEETING ARENA DE SANTA CLARA (1)

LAUREN BOYLE DE LOIN, MCBROOM AU SPRINT

                                                                          Vendredi 19 Juin 2015

En avant-première du meeting Arena de Santa-Clara, la Néo-Zélandaise Lauren Boyle a gagné le 1500 mètres féminin dans le temps de 16’3’’73. Toujours présente après une dizaine de saisons à courir les médailles, la médaillée de bronze (sur 400m, 800m et 1500m) des championnats du monde 2013, à Barcelone, et championne du Commonwealth (400 m) à Glasgow l’été passé, n’avait pas d’adversaire à sa mesure, à Santa-Clara, où elle a vite pris le large, s’installant dans un rythme de 1’4’’-1’5’’ chaque aller et retour de bassin. Elle l’emportait avec près d’une longueur de bassin sur sa suivante, Gillian Ryan, 16’33’’74.

Un peu plus tard, le 800 mètres masculin se réduit très tôt en une bataille à trois entre Jaeger Connor, parti le plus rondement, Michael McBroom, qui attaqua aux 300 mètres, et le vieux (31 ans) tunisien Oussama Mellouli en embuscade. Mc Broom réussit à maintenir une légère avance au sprint, 7’54’’21 contre 7’54’’57 à Jaeger ; Mellouli 3e en 7’56’’.

Aujourd’hui, grosse explication sur 200 mètres dames entre Femke Heemskerk, la championne danoise qui vient chatouiller sur leur terrain la championne du monde, Melissa Franklin, et la championne olympique Allison Schmitt. Arbitrage : l’inévitable Magyare, Katinka Hosszu. Laquelle se présentera bien sûr dans une tripotée d’épreuves, dont son très cher 400 mètres quatre nages. E.L.

Australie, meeting à Townsville

JESSICA ASHWOOD À LA POURSUITE DE

KATHLEEN LEDECKY, 15’56 »86 AU 1500 MÊTRES

Par Eric LAHMY                                                                      Vendredi 19 Juin 2015

Au sortir de leur hiver, les Australiens ont commencé par compter leurs douleurs et leurs petits et gros pépins. La blessure à l’épaule de leur double champion du monde du 100 mètres, James Magnussen, qui l’a conduit à déclarer forfait pour les mondiaux de Kazan alors qu’il était en course pour l’historique « passe de trois », est une grosse soustraction à une équipe ambitieuse. Ensuite, les ennuis de Britanny Elmslie, à qui l’on vient de retirer un kyste (heureusement bénin) à un sein et qui, estimant ne pas pouvoir s’entraîner correctement pour les mondiaux, a déclaré forfait à son tour, la semaine dernière; absence qui prive surtout le relais australien quatre fois 200 mètres d’une titulaire et le quatre fois 100 mètres d’une remplaçante.

Mais voici qu’un rayon de soleil automnal (automne austral, bien sûr) illumine l’équipe nationale. Jessica Ashwood, dès la première journée du meeting de Townsville, vient d’améliorer le record d’Australie du 1500 mètres. En 15’56’’86, elle a raccourci de 4’’67 la marque, 16’1’’53, de Melissa Gorman en 2010. Ashwood a aussi amélioré de 17’’61 son record personnel. Qui plus est, l’élève de Vince Raleigh (à Chandler, Brisbane) a réussi cette belle performance qui fait d’elle la deuxième performer mondiale de la saison sans ne bénéficier d’aucun affûtage, au milieu d’un « camp » de sept jours à Cairns. Ashwood, sélectionnée sur 400 et 800 aux mondiaux de Kazan, pourrait ajouter les 1500 à son répertoire.

Le bilan 2015 de la distance s’établit ainsi :

  1. Katie Ledecky, USA, 15’42’’23

  2. Jessica Ashwood, AUS, 15’56’’86

  3. Lotte Friis, DAN, 16’0’’82

  4. Lauren Boyle, NZL, 16’3’’73

  5. Rebecca Mann, USA, 16’5’’42

Les autres performances de la première journée du meeting de Townsville :

DAMES.- 50 mètres : 1. Cate Campbell, 24’’61 ; 2. Bronte Campbell, 24’’66 200 mètres : 1. Emma McKeon, 1’57’’76 ; 2. Bronte Barratt, 1’58’’73. 1500 mètres : 1. Jessica Ashwood, 15’56’’86 200 mètres dos : 1. Emily Seebohm, 2’9’’54 ; 2. Madison Wilson, 2’10’’05. 100 mètres papillon : 1. Emma McKeon, 57’’71 ; 2. Alicia Coutts, 58’’54. 200 mètres 4 nages : 1. Tessa Wallace, 2’12’’73.

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Cameron McEvoy, 49’’20 400 mètres : 1. Mack Horton, 3’52’’55 ; 2. Stanley Matthews (NZL) 3’52’’72 ; 3. Grant Hackett, 3’53’’39. 100 mètres dos : 1. Mitch Larkin, 54’’35. 400 mètres 4 nages: 1. Thomas Fraser-Holmes, 4’16’’94.

A KAZAN LES PRIMES MONTENT EN FLÈCHE

550.000 EUROS JETÉS DANS L’EAU

Par Eric LAHMY                                                 Vendredi 19 juin 2015

La Fédération Internationale de Natation (FINA) offrira cette année 5,5 millions de dollars, ou 4,8 millions d’Euros en primes et prix, record aux nageurs, lors des mondiaux de Kazan (Russie, 24 juillet-9 août). Les huit finalistes de chaque course, contre six lors des éditions précédentes, seront susceptibles de recevoir de l’argent. La natation de course en piscine distribuera €2,2 millions, l’eau libre €368.000, le plongeon €684.000 ; la natation synchronisée sera récompensée à hauteur de €790.000 et le water polo de 632.000€.

Pour ce qui est des courses de natation, qui plus est, un record mondial battu vaudra €26.000 supplémentaires pour son (ses) auteur(s).

« C’est la stratégie de la FINA de réinvestir dans le sport qui a dicté ce mouvement », a déclaré Julio Cesar Maglione, le président de la FINA. « Nos mondiaux génèrent de grandes performances et nous devons récompenser nos stars au prorata de leur contribution à l’élévation de l’image des sports aquatiques à travers le monde. »

La FINA a inauguré sa politique des prix en argent aux championnats du monde lors de son édition 2007, à Melbourne en 2007. Seuls les vainqueurs de médailles étaient alors récompensés. En 2013, à Barcelone, la politique de la FINA fut de récompenser les six meilleurs finalistes de chaque course, et l’ensemble des prix s’élevait à €2,7 millions.

« Passer de 3,1 à 5,5 millions entre 2013 et 2015 est aussi la preuve que la valeur de nos championnats du monde se développe nettement, la natation étant actuellement l’un des sports les plus populaires de la planète », a ajouté M. Maglione.

En avril dernier, la FINA avait révélé que depuis le début de l’année les membres du Bureau ainsi que les tenants des hautes responsabilités dans la FINA avaient reçu l’équivalent de €351 par jour en remboursement quotidien de dépenses, soit une augmentation d’un tiers sur les primes précédentes (€263). Il est bien entendu que ces braves gens voyagent en première classe, billets d’avions remboursés intégralement, il va de loi. Cette nouvelle était sortie peu de temps après celle selon laquelle le Comité International Olympique avait opéré un mouvement équivalent, parallèlement avec l’opération dite de « transparence » financière de l’institution. La politique d’indemnités définie par le CIO proposait que ses membres honoraires ou non reçoivent €6.100 d’aide administrative annuelle et €395 par jour de réunion ou de voyage pour le compte du CIO [contre respectivement €5.300 et €351]. Le président du CIO, Thomas Bach, reçoit un traitement de €225.000, ce qui nous éloigne de l’époque où Pierre de Coubertin, pur amateur, s’était ruiné en finançant le Comité de ses deniers !

On peut soupçonner (ou pas) une action des dirigeants destinée à leur assurer la bonne grâce de la base de la natation, après les agacements nés des manœuvres destinées à permettre d’une façon qui a eu le malheur de déplaire aux dirigeants actuels de demeurer en place. Il s’agit, ce qui devra se jouer à Kazan, de faire disparaître la limite d’âge portée à 79 ans à l’élection du président de la FINA, Mr Maglione, bientôt jeune et fringant octogénaire trouvant la place intéressante et la soupe assez bonne. Et dans un deuxième temps, en promouvant un super vice-président qui prendra la suite des opérations, couper l’herbe sous les pieds à toute candidature qui s’éloignerait des options de l’affairisme ambiant sous Mr Cornel Marculescu. Après certaines menaces de « boycottage » proférées principalement par les entraîneurs anglo-saxons, on pare en caressant la base dans le sens du poil… Mais bon, ceci n’est que supposition.

Génération Natation à Lyon

AVEC BALMY BONNET MARINO ET ROSSET 

  Jeudi 18 Juin 2015

Samedi 27 juin 2015 à partir de 13h, la Piscine du Rhône, 8 quai Claude Bernard, 69007 LYON, accueille la deuxième étape de l’opération fédérale Génération natation.

La Fédération Française de Natation (FFN) et son partenaire EDF, en effet, mobilisent les athlètes des équipes de France autour d’un programme de promotion des cinq disciplines fédérales appelé Génération Natation.

Les objectifs de Génération Natation sont de relayer auprès d’un jeune public des messages sur la santé, la sécurité et l’hygiène, de créer des vocations pour la pratique de haut niveau, et de promouvoir la natation pour tous ainsi que les quatre autres disciplines fédérales qui sont le water-polo, l’eau libre, le plongeon et la natation synchronisée.  

Un programme d’initiation, des dédicaces et des séances photos sont au programme.

La première étape de la tournée 2015, qui s’est tenue à Montpellier le 30 mai dernier et a connu un vif succès, Génération Natation s’installe à Lyon samedi 27 juin à partir de 13h.

L’ensemble des athlètes qualifiés aux Mondiaux 2015 de Kazan participeront à l’une des quatre dates de Génération Natation 2015. L’étape lyonnaise accueillera un plateau composé de Laura Marino, Matthieu Rosset (les tout nouveaux champions d’Europe de plongeon) Coralie Balmy, Charlotte Bonnet, Ophélie-Cyrielle Etienne, Mathilde Cini, Anouchka Martin, Jordan Pothain (natation), Lou Counil, Louise Guillet (water-polo), Marie Annequin (natation synchronisée).

52e Trophée des Sept Collines

LE GRAND N’IMPORTE QUOI

Par Eric LAHMY                                                                  Lundi 15 Juin 2015

Au Trophée des Sept Collines, les Français étaient soit absents, soit très peu présents. Pour s’émerveiller, il valait mieux regarder Sarah Sjöström mater Pellegrini et Alshammar ou Boglarka Kapas gagner un joli 800 mètres.

 C’est drôle la natation française, ces derniers mois. C’est tout débraillé, ça n’est pas concentré, ni au sens littéral, ni au sens cérébral du terme, ça nage quand ça veut et ça ne veut pas beaucoup. On dirait un navire privé de gouvernail. Ou de capitaine? Regardez le week-end passé. Les Niçois ratent l’avion pour Rome, alors que la Fédération française avait insisté sur l’importance de cette étape dans la préparation des championnats du monde de Kazan. Or c’est, peu ou prou, le meilleur club français. Yannick Agnel, malade, déclare forfait. Or ça fait longtemps qu’il donne l’air de regimber avant la compétition et parait craindre de se voir étalonné par une performance. Florent Manaudou finit en papillon son 50 mètres brasse, reproduisant le geste du tricheur fondateur du papillon, l’Allemand Erich Rademacher, quatre-vingt-dix ans plus tôt, et se fait éliminer, ne participant pas, du coup, à la finale; puis il nage en séries du 100 mètres, se qualifie puis, encore une fois, ne nage pas la finale. On se demande bien ce que tout cela signifie, est-ce que monsieur Créatine prend les spectateurs pour des imbéciles? Mis bout à bout, ces comportements de fadas donnent l’idée d’un sport d’élite qui se délite, où tout le monde s’en moque et, au moment où le maître mot de professionnalisme est répété, d’une équipe de France où le je m’en fichisme le dispute avec non pas l’ameuristme – l’amateurisme, en sport et plus encore dans la natation est une belle idée – mais le dilettantisme, le bricolage approximatif et la fumisterie avérée. Oh! Que j’espère me tromper.

Mais tournons-nous vers ce qui marche au meeting de Rome, 52e Trophée des Sept Collines: Mehdy Metella gagne un bon 100 mètres devant deux “moyennes pointures”, le géant Flamand Sebastiaan Verschueren et le Nippon Shinri Shioura. Avec 48’’60, il frôle sa meilleure perf de l’année. Sur 50 mètres papillon, il se rate un peu en finale, où son temps ne fait qu’approcher celui qu’il a produit en qualifications, mais dans l’ensemble, ce qu’il fait est méritoire, il donne l’impression de bosser, de s’entêter à réussir. Coralie Balmy est un peu en-dessous de ses résultats précédents, sixième sur 200 et 800 mètres. On comprend que tout le monde n’est pas au même niveau de péparation, mais on voit que d’aucuns ne s’en portent pas plus mal.

La grande Suédoise Sarah Sjöström, par exemple, qui, après ses succès de la veille sur 100 mètres libre et 100 mètres papillon, a fait aussi fort, dimanche, sur 200 mètres, 1’55’’05, et sur 50 mètres papillon. Toujours aussi épatante. Les deux fois, celle qu’on pourrait appeler la Katinka Hosszu du sprint s’est payée deux anciennes qui ne veulent pas dételer, Federica Pellegrini sur 200 mètres et Thérèse Alshammer sur 50 mètres papillon. A noter aussi la Hongroise Kapas sur 800 mètres, et, sur 200 brasse messieurs, un Lituanien, Titenis.

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Mehdy Metella, France, 48’’60; 2. Sebastiaan Verschueren, Belgique, 48’’89; 3. Shinri Shioura, Japon, 49’’59. En séries, tous de France: Florent Manaudou, 49’’64; Loris Bourelly, 50’’64; Gregory Mallet, 50’’65; Fabien Gilot, 50’’97; Clément Mignon, 51’’25; Jordan Pothain, 51’’33; Paul Pijulet, 51’’97; Jordan Coelho, 52’’43; Camille Lacourt, 53’’07; Giacomo Perez Dortona, 53’’25.

200 mètres dos: 1. Luca Mencarini, Italie, 1’57’’83; 2. Christopher Ciccarese, Italie, 1’58’’27; 3. Peter Bernek, Hongrie, 1’58’’56; 4. Gabor Balog, Hongrie, 1’59’’40;… 7. Benjamin Stasiulis, France, 2’1’’35.

200 mètres brasse: 1. Giedrus Titenis, Lituanie, 2’10’’32; 2. Lucca Pizzini, Italie, 2’10’’79; 3. Flavio Bizarri, Italie, 2’11’’02

50 mètres papillon: 1. Andrei Govorov, Ukraine, 23’’44; 2. Piero Codia, Italie, 23’’55; 3. François Heersbrandt, Belgique, 23’’72; 4. Benjamin Proud, GBR, 23’’78; 5. Mateo Rivolta, Italie, 24’’21; 6. Mehdy Metella, France, 24’’27 (en série, 24’’03). En finale B, 4. Paul Pijulet, France, 24’’45; 7. Fabien Gilot, France, 24’’61. En séries, Jordan Coelho, France, 25’’15; Giacomo Perez Dortona, France, 25’’87.

200 mètres 4 nages: 1. Henrique Rodriguez, Brésil, 1’59’’50; 2. Simon Sjödin, Suède, 2’1’’02; 3. Davide Cova, Italie, 2’1’’16

DAMES.- 200 mètres: 1. Sarah Sjöström, Suède, 1’55’’05; 2. Federica Pellegrini, Italie, 1’56’’06; 3. Alice Mizzau, Italie, 1’59’’52; 4. Chiara Masini Luccetti, Italie, 1’59’’80; 5. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 1’59’’89; 6. Coralie Balmy, Francen, 2’0’’04. Finale B, 2. Margaux Fabre, 2’0’’86. En séries, Ophélie Cyrielle Etienne, France, 2’4’’62; Isabelle Mabboux, France, 2’4’’90.

800 mètres: 1. Boglarka Kapas, Hongrie, 8’23’’71; 2. Erica Musso, Italie, 8’28’’70; 3. Diletta Carli, Italie, 8’30’’44… 6. Coralie Balmy, France, 8’35’’67.

200 mètres dos: 1. Margherita Panziera, Italie, 2’10’’93.

200 mètres brasse: 1. Victoria Zenep Gunes, Turquie, 2’24’’18

50 mètres papillon: 1. Sarah Sjöström, Suède, 25’’23; 2. Inge Dekker, Pays-Bas, 25’’68; 3. Elena Gemo, Italie, 26’’04; 4. Therese Alshammar, Suède, 26’’28; … 7. Mélanie Hénique, France, 26’’71. En séries, Isabelle Maboux, 28’’71; Maria Elena Letang, 28’’96.

200 mètres 4 nages: 1. Szuszanna Jakabos, Hongrie, 2’12’’65; 2. Louise Hansson, Suède, 2’13’’86; 3. Stina Gardell, Suède, 2’14’’45. Finale B: 1.Fantine Lesaffre, France, 2’15’’57. En séries, Mathilde Cini, France, 2’26’’55.

52e meeting des Sept Collines, à Rome

SJÖSTRÖM SOLIDE AU POSTE

Par Eric LAHMY                                             Samedi 14 Juin 2015

Tout le monde n’a pas raté l’avion de Rome, comme les Niçois, et les bonnes performances tombent au 52e Trophée des Sept Collines. La grande performance ? Peut-être Sarah Sjöström, dont les 53’’ justes au 100 mètres, le lendemain d’un record europen du 100 mètres papillon en 56’’04, constituent la 3e performance de l’année derrière l’ex-aequo, 52’’69, de Cate Campbell et de Femke Heemskerk. Sjöström devance la championne olympique Ranomi Kromowidjojo, dont les 53’’65 confirment la valeur actuelle (53’’69 à Eindhoven), tandis que Federica Pellegrini essaie de recoller les morceaux de sa carrière passée, termine 4e et 2e Italienne derrière Ferraioli, 54’’42 contre 54’’31.

Le premier jour des Sept Collines a aussi été marqué par un exploit de Sjöström, qui a surpassé de deux centièmes son record d’Europe du 100 mètres papillon, 56’’04, aves un passage en 26’’41. Ses 56’’06 avaient été établis à Rome, mais lors des championnats du monde 2009, par elle-même, en finale du championnat du monde, gagne par Dana Vollmer en 56’’ – mais armée d’une combinaison en polyuréthane. Six années de travail et de progrès pour effacer l’avantage que confèrent des tenues.

Bien entendu, les 21’’64 de Florent Manaudou sont également d’un haut calibre, à 7/100e de ce qu’il a fait de mieux cette saison. Sjöström, toujours elle, a gagné le sprint féminin en 24’’44, tandis que Coralie Balmy s’et imposée sur 400 mètres, tout juste devant Diletta Carli. L’ombre de Camille Lacourt a disputé le dos, qui l’a amené en finale B sur 100 mètres… Plus aucune résistance, le champion du monde 2011?

Cameron Van der Burgh a gagné le folklorique 50 mètres brasse en 27’’01, record continental africain, tandis que Meilutyte, 30’’07, continue de planer sur la discipline côté féminin. Le premier jour, elle avait gagné le 100 brasse avec sa maestria coyutumière, en 1’5’’68 contre 1’7’’19 à la Suédoise Jennie Johansson. Les Italiens se sont régalés du record national d’Elena Gemo, 28 ans,, 1’0’’22, (passage en 29’’54) trois centièmes de mieux qu’Ariana Barbieri aux Jeux olympiques de Londres, le lendemain d’un 50 mètres dos record (28’’07).

 

 

 

 

VENDREDI

DAMES

50 mètres: 1. Sarah Sjoestroem (Swe) 24 »44; 2. Chantal Van Landeghem (Can) 24 »94; 3. Silvia Di Pietro (Ita) 25 »23; 4. Giorgia Biondani (Ita) 25 »35

400 mètres: 1. Coralie Balmy (Fra) 4’5 »26; 2. Diletta Carli (Ita) 4’5 »49; 3. Erica Musso (Ita) 4’8 »09. 1500 mètres: 1. Boglarka Kapas (Hun) 16’9 »48; 2. Martina Caramignoli (Ita) 16’12 »44; 3. Aurora Ponselè (Ita) 16’19 »03. 50 dos: 1. Elena Gemo (Ita) 28 »07; 2. Daryna Zevina (Ukr) 28 »41; 3. Mimosa Jallow (Fin) 28 »46; 4. Carlotta Zofkova (Ita) 28 »72; 5. Mathilde Cini, 28’’75. 100 brasse: 1. Ruta Meilutyte (Ltu) 1’5 »68; 2. Jennie Johansson (Swe) 1’7 »19; 3. Ilaria Scarcella (Ita) 1’8 »02. 100 papillon: 1. Sarah Sjoestroem (Swe) 56 »04 – record d’Europe, l’ancien par elle-même, 56’’06 à Rome en 2009; 2. Elena Di Liddo (CC Aniene) 57 »75; 3. Liliana Szilagy (Hun) 59 »20? MESSIEURS 50 mètres: 1. Florent Manaudou (Fra) 21 »64; 2. Ari Pekka Liukkonen (Fin) 22 »09, et Andrey Govorov (Ukr) 22 »09. 800 mètres: 1. Gregorio Paltrinieri (Ita) 7’52 »35; 2. Gergety Gyurta (Hun) 7’54’77; 3. Damien Joly (Fra) 7’55 »22. 400 mètres: 1. Peter Bernek (Hun) 3’48 »83; 2. Damien Joly (Fra) 3’49 »88; 3. Jordan Pothain (Fra) 3’51 »53; 4. Samuel Pizzetti (Ita) 3’53 »20; 5. Cesare Sciocchetti (Ita) 3’54 »41; 6. Federico Turrini (Ita) 3’54 »85. 10. Joris Bouchait (Fra) 3’55’’12.

50 dos: 1. Niccolò Bonacchi (Ita) 25 »16; 2. Camille Lacourt (Fra) 25 »19; 3. Simone Sabbioni (Ita) 25 »39. 13. Benjamin Stasiulis,25’’98. 100 brasse. 1. Gledrius Titenis (Ltu) 1’0 »19; 2. 2. Cameron Van Der Burgh (Rsa) 1’0 »77; 3. Fabio Scozzoli (Ita) 1’0 »89; 4. Andrea Toniato (Ita) 1’0 »95… 9. Pererz D’Ortogna (Fra), 1’1’’53. 100 papillon: 1. Matteo Rivolta (Ita) 52 »30; 2, Piero Codia (Ita) 52 »35; 3. Mehdy Metella (Fra) 52 »45… 13. Jordan Coelho (Fra), 54’’37.
 

SAMEDI

DAMES.- 100 mètres. 1. Sarah Sjoestroem (Swe) 53″; 2. 2. Ranomi Kromowidjojo (Ned) 53″65; 3. Erika Ferraioli (Ita) 54″31; 4. Federica Pellegrini (Ita) 54″42. 100 dos. 1. Elena Gemo (Ita) 1’0″22; 2. Kathleen Dawson (Sco) 1’0″93; 3. Carlotta Zofkova (Ita) 1’1″01; 4. Margherita Panziera (Ita) 1’1″07… 10. Mathile Dini (Fra) 1’2’’73. 50 brasse. 1. Ruta Meilutyte (Lit) 30″07; 2. 2. Jennis Johansson (Swe) 30″64; 3. Moniek Nijhuis (Ned) 30″65; 4. Martina Carraro (Ita) 31″00 (rec): 5. Arianna Castiglioni (Ita) 31″31. 200 papillon: 1. Cammile Adams (USA) 2’7″52; 2. Zsuzsanna Jakabos (Hun) 2’7″93; 3. Liliana Szilagyi (Hun) 2’8″86. 400 4 nages. 1. Stefania Pirozzi (Ita) 4’40 »; 2. Zsuzsanna Jakabos (Hun) 4’41″16; 3. Anja Klinar (Slo) 4’42″72; 4. Fantine Lesaffre (Fra), 4’42’’76. MESSIEURS.- 200 mètres: 1. Sebastiaan Verschuren (Ned) 1’47″88; 2. Damiano Lestingi (Ita) 1’48″44; 3. Danas Rapsys (Lit) 1’48″51.

100 dos. 1. Simone Sabbioni (Ita) 54″15; 2. Christopher Ciccarese (Ita), 54″51; 3. Luca Mencarini (Fiamme Oro / CC Aniene) 54″71… 5. Benjamin Stasiulis (Fra), 54’’97; … 10. Camille Lacourt (Fra), 55’’39. 50 brasse. 1. Cameron Van der Burgh (Saf) 27″01 (CR); 2. Nicolò Ossola (Forestale) 27″51; 3. Andrea Toniato (Ita) 27″56. 200 papillon. 1. Bence Biczo (Hun) 1’56″47; 2. Francesco Pavone (Ita) 1’57″92; 3. Simon Sjoedin (Swe) 1’58″16… 6. Jordan Coelho (Fra) 1’59’’18

400 4 nages. 1. Federico Turrini (Ita) 4’19″07; 2. Giorgio Gaetani (Ita) 4’20″18; 3. Lewis Smith (Sco) 4’22″26; 4. Lorenzo Tarocchi (Ita) 4’23″3

AMAURY LEVEAUX, GRAND (2,02m) ÉCRIVAIN

JOURNÉES SUR L’EAU SOIRÉES SOÛLO

Par Eric LAHMY                                         Vendredi 12 Juin 2015

Sans son titre racoleur, le livre d’Amaury Leveaux n’eut pas été à jeter aux chiens. Il recèle des pages où je suis en accord avec ce qu’il dit. Ou plutôt que je prends comme un témoignage, sans obligation d’adhérer. Mais il y a trop de faiblesses, d’imprécisions, d’erreurs, de fautes. Ce bouquin est une production littéraire de série B à la française, cochonnée du début à la fin, sauf en ce qui concerne la syntaxe et l’orthographe. Ni corrigée, ni vérifiée. Passe encore qu’il s’adresse à un (grand) public qui n’existe pas. La natation ne se prête guère trop à agréger des foules compactes, d’où cette idée de créer un scandale. « Sexe, drogue et natation », tu parles. Il a vendu ça à Fayard, un plus ou moins grand nom de l’édition parisienne, chapeau. J’espère qu’ils ont fait du blé, parce que ce n’est pas ça qui changera leur épicerie en épicerie fine.

Je me suis tellement épuisé à relever et à rectifier les erreurs de cet ouvrage et à m’interroger sur ses approximations que je m’étais dit : plutôt que de faire une critique du livre de Leveaux, « je vais me contenter de les relever, façon de corriger sa copie, et présenter ça tel quel. » Mais bon, cela m’a semblé oiseux.

Il en va chaque fois ainsi qu’un livre dans ce style de sujet est publié en France : l’effort éditorial est tellement faible que le texte ressemble plus à un article très long et un peu bâclé qu’à une création. Quand je compare avec ce qui se fait en Australie ou aux Etats-Unis, avec la minutie et la compétence qui ont abouti aux livres de Shane Gould, Ian Thorpe, Natalie Coughlin ou Dara Torres, et le plaisir de lire, la confiance que cela donne dans les auteurs, ce que publie le pays de Voltaire apparait hâtif, bâclé… On n’a pas le niveau !

Il faudra dire par exemple à Leveaux que Christine Caron est vice-championne olympique aux Jeux de Tokyo en 1964 et non pas à Mexico en 1968. Mais il y a mieux. Quand, page 130, décrivant la finale du relais quatre fois 100 mètres des Jeux de Pékin, en 2008, dans laquelle il prend le départ pour la France, Amaury écrit que le Sud-Africain Lyndon Ferns nage en 47’’24, record du monde, alors que c’est l’Australien Eamon Sullivan (Ferns nage 48’’15) ; dans le même souffle, il s’arroge personnellement un temps de 47’’48, « un très bon temps, précise-t-il, que bien peu de nageurs ont réalisé dans leur carrière » (bravo Leveaux) : en fait, il a nagé 47’’91, s’est fait prendre un mètre vingt-cinq par Sullivan, et a donné le relais à la 4e place derrière l’Australie, les USA, le Canada, à Gilot qui va revenir placer la France en 2e position et non pas en 3e comme il le dit. Leveaux note qu’il y a huit centièmes à l’arrivée entre les USA vainqueurs et la France, et ajoute que ces huit centièmes font quatre centimètres, or à la vitesse de course du 100 libre messieurs, huit centièmes font 16 centimètres.

Il donne une raison du bouleversement des places, décidé au dernier moment, dans le relais français, qui a fait couler beaucoup d’encre. « Ce revirement de dernière minute a été dicté par des considérations de pur marketing, expose-t-il. Si c’est Alain Bernard qui termine la course en tête, l’impact médiatique de la victoire sera bien plus grand grâce à sa notoriété et à sa cote de popularité », etc., etc. [Cette décision avait été présentée par Marc Begotti pour des raisons techniques – le nageur le plus rapide en dernier, Alain Bernard, qui sera champion olympique individuel quelques jours plus tard –, et entérinée par Claude Fauquet et tous les entraîneurs. Rationnellement, elle se tenait, et reste après la défaite la plus séduisante. Ceux qui ont parlé après coup d’une erreur de distribution ont seulement démontré que, munie de roues, ma tante Adèle serait un autobus].

LE BEAU GOSSE AUTO-PROCLAMÉ

Ce tissu d’idioties péremptoires, d’erreurs, de mensonges et d’approximations jette le discrédit sur le reste, fatalement. Leveaux a la mémoire qui flanche, il fabrique des pseudo-souvenirs où il a le beau rôle, et ne parait pas toujours connaître le sens, ou l’impact des mots. Mais nul ne doute qu’il s’en moque un peu. Leveaux a écrit ce bouquin pour se poser et régler des comptes.

Se poser ? Le mec nourrit des complexes ! Je ne connais pas un seul nageur de l’équipe de France qui se soit qualifié sérieusement de « beau gosse. » Lacourt plaisante sur son physique, et Agnel se définit comme l’homme au visage élastique. Amaury, qui, il est vrai, a un nez au milieu de la figure et une bouche au-dessus du menton, se décrète beau gosse, se vante aussi, quoiqu’entre les deux il n’y a pas photo, de ressembler à Gilot [Bon, il n’a pas dit Brad Pitt ou Johnny Depp.]

Il n’empêche, il est beau par décret et par association, puisque des gens sans doute distraits le confondent avec Gilot (dont la prestance physique est du coup assurée de façon magique). Sa vanité rassurée, ça ne suffit pas. Il scie la branche des autres : Florent Manaudou ? Des muscles qui ne servent à rien. Yannick Agnel ? Un faux intello, un mec surfait (bien entendu, lectures de Gogol ou d’Asimov mises à part, Agnel a passé un bac S avec mention en étant champion d’Europe juniors, mais ça ne dérange pas Amaury, bac moins cinq sans mention, qui entend en découdre sur ce terrain). Lacourt, raconte encore Leveaux ? Encore un malentendu : il a fait bouger ses cheveux au sortir de l’eau et ça a donné une belle photo (eh ! bien, il n’a qu’à essayer, on verra ce que ça produira). Lacourt, il est vrai, avec sa gueule d’ange, époux d’une ancienne miss France, ça doit l’agacer, Leveaux, d’autant qu’en 2011, le Marseillais d’adoption avait ratissé tous les bons plans en termes de contrats et envoyé aux oubliettes Alain Bernard lui-même !

Parlant de Bernard, il a quelques égards pour lui, Amaury, mais non sans le jalouser aussi, à mesurer leurs respectives ouvertures de « unes » dans L’Equipe, sans paraître se rendre compte qu’un record du monde et une médaille d’argent du 100 mètres en petit bassin, sa spécialité, c’est bien, mais quand même moins que l’or et le record en bassin olympique. D’ores et déjà, Leveaux avertit : il sera jaloux de celui qui lui enlèvera son record du 100 mètres.

On l’a compris: sa technique est celle des tyrans: couper les têtes qui dépassent. Dans son témoignage, Amaury se veut témoin de l’accusation. L’une de ses idées sous-jacentes est qu’un complot l’a maintenu éloigné des succès médiatiques  qu’il méritait en rabaissant ses performances. Il est vrai qu’il a été un de nos grands nageurs. Maintenant, essayer de comprendre pourquoi on ne lui a pas fait fête autant qu’il l’aurait voulu n’est pas tâche aisée. Ayant été journaliste à L’Equipe pendant 43 ans et responsable ou « leader » de sa rubrique natation pendant 20 ans, je dois humblement avouer mon ignorance de toute action concertée du quotidien à son encontre. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu. Mais ses explications, sur fond de fièvre obsidionale, me paraissent fantaisistes.

VICTIME D’UN COMPLOT MONDIAL

Bien sûr, que la responsable de communication de la boîte qui défend les intérêts d’un nageur soit (comme prétend Amaury) l’épouse du responsable de la natation de L’Equipe, cela peut aider, mais pas plus que ça. Chaque jour, les informations se font concurrence à la conférence de rédaction de midi, et c’est cette concurrence qui va déterminer la place qui est la vôtre. On connait l’exemple fameux de Farah Fawcett, dont la mort, le même jour que Michaël Jackson, est, de ce fait, totalement passée inaperçue. Par ailleurs, si Alain Bernard a eu droit à pleine page à la une du journal, le directeur de la rédaction hésitera à remettre cinq jours après une nouvelle fois sa première page à la natation.

Il est possible aussi que les fâcheries de Leveaux avec des journalistes lui aient porté préjudice. Même s’il est sûr que le patron de la natation du quotidien, Benoit Lallement, a ses têtes, pèse sur les choix rédactionnels et trie les sujets, je vois mal une directive du style : on ne parle pas de Leveaux s’il fait une bonne performance. Il est vrai aussi qu’on a eu à partir d’un certain moment nombre de nageurs de haute volée pour un sport dont la fenêtre médiatique reste modeste. Regardez le sort de Jeremy Stravius, la faible audience d’Esther Baron, Solenne Figues, Clément Lefert et, relativement, Camille Muffat… Bref, on le voit, les aléas ne manquent pas. Leveaux préfère l’opinion tranchée et complotiste…

Un exemple de ses analyses paranoïaques : les records du monde en petit bassin, battus le 7 décembre 2008 à Angers par Alain Bernard, copieusement commentés et repris en une de L’Equipe, et par Leveaux les 12 et 13 décembre à Rijeka en Croatie, qui aurait eu droit à beaucoup moins de place. Leveaux, indigné, monte à partir de là une théorie qui relève de l’affabulation pure et simple. Ce qu’il ne dit pas, c’est que le 7 décembre 2008, la grande nouvelle sportive, c’est Sébastien Loeb qui fait gagner le championnat du monde des constructeurs automobiles à son constructeur Citroën; en face, ce chrono du tout nouveau champion olympique du 100 mètres Alain Bernard fait belle impression; mais que le 13 décembre, c’est football partout, avec choc Lyon-Marseille à Gerland en tête du championnat, clasico Barcelone-Madrid en Espagne et Bayern contre Hoffenheim, au coude-à-coude pour le titre en Allemagne. Si l’on ajoute qu’à Rijeka, dix-sept records du monde en petit bassin ont été battus, ce qui a relancé la furieuse polémique des combinaisons appelées alors le « dopage technologique », on comprend que ce week-end là, les 44:94 de notre héros ont eu un peu plus de mal à générer beaucoup d’enthousiasme…

A côté de ça, Gaston Lagaffe grand format, geignard, mal dans ses baskets, où il va, Leveaux ? Une longue plainte parcourt ses pages. Rien n’est assez bien pour lui. A plus d’une reprise, Amaury, qui estime toute boisson au-delà de 6° recevable, se plaint de devoir nager dans une eau à 26°, voire 28°. Il doit confondre natation et hammam. Il ne serait pas un peu chochotte, des fois le grand dadais ?

LEVEAUX, L’EXEMPLE À NE PAS SUIVRE

A part ça, comment un type qui, comme tout un chacun a pu l’admirer dans « Fort Boyard », s’effraie tant des serpents, pratique-t-il avec un tel plaisir la langue de vipère ? Amaury vous le dit, il entend déniaiser son lecteur. Lui raconter l’envers du décor. Il fait œuvre pédagogique Avec un tel professeur, on se régale. Or, l’envers du décor, on le connait : le sport est d’une exigence terrible ! L’entraînement prend des proportions inusitées. Il le sait bien, Amaury, « nageur professionnel, ce n’est pas une vie. »

La boîte de nuit, alors ? Elle n’est pas l’envers du décor de la piscine. Si des nageurs veulent y aller, pourquoi pas ? Tous les jeunes veulent aller en boîte. Et quelques-uns, comme Amaury, s’y « éclater », c’est-à-dire, au bout du compte, se mettre minables. Il y a ceux qui boivent un jus, et ceux qui se bourrent la gueule. C’est deux conceptions différentes. Pour le reste, tout le monde devrait s’en foutre.

L’ennui, avec les pochtrons, c’est qu’ils s’ingénient à fabriquer d’autres pochtrons. C’est une secte. Ils ne conçoivent pas de boire en face de quelqu’un qui est à l’eau. A notre première rencontre, Antoine Blondin m’avait traité de salaud parce que j’avais commandé un jus de fruits. Amaury, qui ne travaille pas le coude haut qu’à la piscine, fait plus fort. L’abbé Pistre, célèbre rugbyman en son temps, expliquait les violences dans son sport d’un péremptoire : « prenez un salaud, mettez-le dans le rugby, il y trouvera une nouvelle occasion de se conduite en salaud. » Mettez un pochtron dans la natation…

Leveaux explique qu’il n’a pas de ligne de vie, ni le moindre principe d’alimentation, et il ne sait nulle part où s’arrêter ; en plus, il donne l’exemple. Page 57, Leveaux raconte : « un soir je propose aux copains de faire un tour en ville. » Et cite : Gilot, Stasiulis, Bousquet, Lacourt, Perez, Meynard. Tous censés aller manger une glace. Mais quand « le serveur prend la commande, je m’offre une pinte, » avoue le héros de l’histoire. Les autres suivent, trois tournées générales s’enchaînent. Qui c’est qui les a mis sur cette voie ? Oui, c’est ça, c’est Amaury, il d’abord proposé une glace, puis a obliqué vers l’alcool. Là, toute la bande entre dans une dérive pas possible : on leur propose open bar contre photos, les nageurs sifflent les bouteilles, invitent les filles… Le lendemain dans l’eau est un supplice mais ils repartent en boîte le soir.

Ayant mis tout le monde dans le brouillard avec il est vrai leur assentiment enthousiaste, dans une aventure où ils perdront la moitié de leur prime (représailles fédérales), voilà qu’il cafte dans son bouquin et conclut : « La natation, c’est des hypocrites », etc. Amaury, en l’occurrence, n’est pas hypocrite. Mais propagateur de son mode de vie. Ce noceur adore faire tomber les autres. Il les trempe, puis les dénonce. Indiscipliné, lui ? Mais puisqu’ils le sont tous, explique ce bon copain…

Alors bien entendu, pour conclure son dévergondage, il décrète : la piscine ça sert à s’amuser. Pas à nager. C’est son droit. Mais enfin, que connait-il de la raison d’être des piscines ? Du rôle dans la lutte contre les noyades ? Ce qui inquiète des gens de la natation, c’est qu’il n’est pas le seul à œuvrer dans ce sens. Toute une industrie du loisir aquatique s’efforce de s’emparer des piscines, et est entrain d’y parvenir, ce qui menace de détruire les fondements de la natation de compétition et de ce qu’elle fait vivre en termes de pratique, d’enseignement, de sécurité et d’aventure collective. Les piscines sont détournées de leur destination, de leur fonction. Dans notre société de déconstruction tous azimuts, cette valeur, parmi tant d’autres, est mise à l’épreuve.

A l’époque des combinaisons, il volait sur l’eau Leveaux. Pas besoin d’abdos, pas besoin de trop de travail, avec des segments comme les siens. Après 2009, quel que soit son talent, il reste un très fort nageur mais n’a plus la même dimension, et les médailles qu’il a récupérées sont des médailles de relais, soit des quarts de médailles dont les autres parts appartiennent à Gilot, Bousquet, Agnel, et consorts. Dès 2010, aux championnats d’Europe, il n’est plus que remplaçant du relais quatre fois 100 mètres avec Boris Steinmetz et sur 50 mètres les Marseillais, Bousquet et Gilot lui ont mis deux à zéro. Au printemps 2012, il monte sur le podium européen sur 200 mètres, mais le temps qu’il y réalise, 1’47’’89, ne lui aurait pas valu d’être finaliste aux Jeux de Londres, où il finit 18e du 50 mètres.

De façon bizarre, il n’évoque pas le jour où il s’est fait  voler la place, à Rome, en 2009, où  avoir choisi Meynard à sa place pour la finale a vraisemblablement coûté la médaille d’or au quatre fois 100 mètres tricolore! Là, il y a eu une vraie erreur technique qui n’était que de l’incompétence, mais sur laquelle il aurait pu plaquer ses fantasmes obsidionaux.

HISTOIRES CROUSTILLANTES À VÉRIFIER

N’en déplaise à Leveaux, l’alcool est moins présent que l’eau dans la natation. Bien sûr, des nageurs ne l’ont pas attendu pour s’arsouiller. Je me souviens,  jeune journaliste, avoir vu mon premier nageur de l’équipe de France, incapable de se tenir debout, et vomir tout ce qu’il savait pour s’être mis mal à la fin d’une Coupe latine de natation. J’avoue que cela m’a fait drôle, mais j’ajoute qu’en dix ans de natation, je n’avais jamais vu un nageur boire une goutte l’alcool. Une autre fois, avec Michel Pedroletti, on s’étonnait de voir un ou deux nageurs fumer. Mais tout cela ne m’a jamais intéressé. Pour une anecdote dans ce genre, je savais qu’il y avait cent filles et garçons qui se tenaient bien – enfin dans les limites qu’on peut demander à des jeunes gens en pleine santé. 

Ce qui est amusant, c’est de voir Leveaux, avec ses théories, s’être entraîné avec Philippe Lucas et à Mulhouse, où il a trouvé, dit-il, la culture casque à pointe. Tiens, en passant,  Amaury s’étonne que le club de Mulhouse orthographie son nom Leveau et invente une raison très soupçonneuse, mais lui-même orthographie Donzé Donzet. Comme quoi…

Soyons juste. Amaury n’a pas que des vachardises à balancer sur les uns et les autres. Ses points de vue ne sont pas que négatifs. « Le Mulhouse Olympique Natation est d’un point de vue strictement sportif l’un des meilleurs de France. Pour le reste c’est un sacré bazar. » Ce qu’il dit du club, cette main mise des Horter, est pure vérité.

« Je n’ai commencé à être payé qu’en 2004. » Ça l’étonne. Mais en 2003, il n’est qu’un junior prometteur qui, en natation, au plan pécuniaire, ne vaut pas lourd. Il est entièrement pris en charge par le club, et ne se rend même pas compte que cela coûte de l’argent. Le système mulhousien est comme ça. On en pense ce qu’on veut, mais avec ses imperfections, ses zones d’ombre, il a assuré au club d’être, avec le Cercle, à Marseille, le seul en France à disposer de ses installations.

Ce qui précède et bien d’autres bévues rendent méfiant quand notre héros balance d’autres anecdotes croustillantes (ou affligeantes). Par exemple il raconte le 50 mètres des mondiaux 2009, où il finira 3e. Avant les demi-finales, un de ses « camarades » lui demande de ne pas forcer pour lui laisser une chance. Bien sûr, une demande aussi inopportune, ne serait-ce que pour déstabiliser un adversaire, est toujours possible. Qui est ce quémandeur importun ? Il n’y a qu’un autre Français dans la course, Bousquet, trop sûr de lui pour ça. Alors, un étranger ?

Leveaux explique ensuite qu’en stages les Chinois se déplacent avec des sosies des nageurs dans l’équipe. En cas de contrôle anti-dopage, on présente le « double » du nageur ou de la nageuse concerné(e). Là aussi, très possible, vu la maîtrise mondiale de la triche par les Chinois, dans tous les domaines, mais le fait que l’anecdote soit rapportée par Leveaux provoque ma suspicion.

C’est dire le raté que représente son témoignage. Malgré cela, il est passé pas trop au large d’un bon document, Leveaux. Mais il est incohérent, pas assez sérieux pour susciter la confiance.

Et maintenant ? Je l’imaginais très bien participer dans  son nouveau demi-monde à tous les dîners de con, en ville, à la place d’honneur. Il n’en est rien! Il vise haut. « Je multiplie les activités. Je suis consultant pour la chaîne beIN Sports où je commente les épreuves de natation, » commence-t-il. Ce qui ne parait pas le gêner, alors que beIN Sports a signé un contrat avec la Fédération française de natation, qui, depuis la sortie du bouquin, ne veut plus entendre parler de lui.

Pour le reste, ce ne sont pas les projets qui manquent, « Grandes Gueules du Sport » sur RMC, courtier d’assurance pour Gras Savoye, rugby sur neige des Six Stations, cours de natation, vente de son image et conseil. Un petit pécule, un bric-à-brac dont il assure qu’il va lui permettre de vivre…

Il rappelle aussi avoir étudié à Sciences Po’, un an, trois fois par semaine. Moi aussi, je m’en souviens. J’avais émis alors l’idée de le photographier en cours, rue Saint-Guillaume. On m’avait expliqué poliment qu’Amaury Leveaux ne passait jamais.

 

* Amaury Leveaux. Sexe, drogue et natation. Fayard (Paris).