Mois : avril 2016

ET SI L’ON CESSAIT DE JOUER AVEC LES MINIMA !

IL FAUDRA PEUT-ÊTRE CESSER CES JEUX DE SADIQUES QUI DÉNATURENT LA COMPÉTITION

Éric LAHMY

Samedi 30 Avril 2016

Depuis quatre olympiades, la question des minima olympiques français fait débat. Cette année, manipulée avec maladresse, elle a carrément empoisonné l’atmosphère. Il y a seize ans, le choix de minima difficiles avait été l’un des éléments du renouveau de la natation française, mais aussi une pomme de discorde. Les partisans de critères de sélection difficiles s’opposaient à ceux pour qui les mondiaux et les Jeux olympiques sont une grande fête du sport où l’essentiel est de participer/ Aujourd’hui, le débat reste ouvert.

Au départ de Claude Fauquet, les minima s’étaient relâchés. En 2015, la suprématie de Florent Manaudou et les succès en dos de Camille Lacourt, assurèrent assez de succès pour masquer la relative faiblesse de la natation française aux mondiaux de Kazan où les nageurs s’étaient déplacés en nombre. Seul le sprint masculin de nage libre a produit des résultats de valeur dans la durée.

Les minima olympiques pour Rio furent une réaction à ceux de Kazan. Les podiums de Manaudou, Lacourt et des relais n’avaient pas masqué, aux yeux de certains, le fait que trop de Français ne dépassèrent pas, en Russie, le cap des séries.

Réagir est une bonne chose. Mais sur-réagir… Mal bâtis et incroyablement durs, les minima français étaient totalement inadaptés à la situation. Quand le temps choisi pour aller aux Jeux olympiques devient difficile pour Nathan Adrian sur 100 mètres (48s13 !) ou pour toute autre que Katie Ledecky sur 400 mètres nage libre, on ne sait plus à quoi sert un minimum. Mais on sait ce qu’il dessert.

Je me suis souvent demandé à quel jeu mental un sélectionneur se prête, quand il sort de telles exigences chronométriques. A-t-il l’impression de marquer un point ? Est-il pris d’un vertige de puissance ? Veut-il signifier que « ses » minima sont plus forts que les autres ? Les Français, les Britanniques, les Japonais à un an des Jeux, étaient les champions du monde des minima. La belle affaire! Les Japonais vont laisser à la maison le formidable Kitajima qui a réalisé les minima en demi-finale et les a ratés en finale de quelques centièmes : grand bien leur fasse, après tout, c’est moins grave que de bombarder Pearl-Harbour !

Mais « tout ce qui est excessif en devient insignifiant », disait Talleyrand. J’ai essayé en février dernier, à la parution des « super minima » français, d’en comprendre le sens. Je n’ai pas trouvé la réponse. Ils ne se correspondaient même pas entre eux, ils me semblaient incohérents, présentaient un profil biscornu, leur seul point commun entre eux étant leur extrême difficulté. N’étaient pas trop stupides ceux des relais, moins inhumains.

Le problème des minima olympiques français pour Rio, ça a été leur infaisabilité. Quand les 78 places de podiums de Montpellier une fois garnies par 49 filles et garçons, six d’entre eux, quatre garçons et deux filles ont réalisé les minima, cela ne prouve même pas que ces six seulement peuvent parvenir en demi-finales des Jeux olympiques, puisque, outre Coralie Balmy et Charlotte Bonnet, Camille Lacourt, Florent Manaudou, Clément Mignon et Jeremy Stravius (sélectionnés),  restent sur le carreau Agnel, Pothain, Metella, Joly, Grangeon, qui émargent à l’élite mondiale, ou sont entrés dans une finale mondiale (Grangeon à Kazan). Et qui plus est, ont nagé sans démériter à ces championnats de France.

LES MEILLEURS MINIMA? CEUX DE LA FINA

En vérité, les meilleurs minima, par rapport à ce que la France saurait en faire, sont ceux de la FINA. Je parle des plus difficiles d’entre eux, les TQO (temps qualificatifs olympiques). Ils ont été remarquablement bien imaginé, et correspondent le mieux du monde au niveau de la compétition. Si vous les regardez et les comparez avec les résultats des mondiaux de Kazan, vous notez que ces minima correspondent assez précisément aux temps des seizièmes nageurs aux mondiaux de Kazan. Ils sont adaptés à la compétition.

Non seulement ils sont adaptés aux Jeux olympiques, mais ils sont très performants au regard de la natation française. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ajoutent pas un stress supplémentaire et inutile quand, sur 50, 100 ou 200 mètres nage libre messieurs, par exemple, on SAIT que de l’affrontement des nageurs en finales à Montpellier vont sortir chaque fois ou presque deux nageurs compétitifs.

Si les rédacteurs des minima français ne s’étaient pas emmêlés dans je ne sais quels calculs byzantins (je le dis en sachant bien que le bon choix n’est pas toujours facile), ils auraient pu choisir d’aller quand même un peu plus haut que les TQO FINA, en positionnant le curseur sur les douzièmes des courses de Kazan ! Mais pas plus haut que ça. Pourquoi les douzièmes ? Premièrement, c’est que ce sont des temps quand même très difficiles à faire. Ce n’est donc pas une plaisanterie. Deuxièmement parce qu’en plaçant la difficulté au niveau du douzième de Kazan, on le place vraisemblablement sur celui du seizième des Jeux olympiques (donc en visant les demi-finales), mais en se posant à seulement quatre places des finales mondiales. Donc quelqu’un qui nagerait en mars ou avril 2016 « dans » les douze de Kazan AURAIT PU RESTER CONCENTRÉ sur le (difficile à franchir mais envisageable) petit pas qui sépare le douzième du huitième : il pourrait donc garder l’œil sur les finales, ambitionner d’entrer en finale olympique. Ce qui représente un petit plus psychologique, et un bel os à ronger à l’approche des Jeux.

Prenons le 100 mètres. Tout le monde sait – et quand je dis tout le monde, cela comprend les Russes, les Américains les Australiens – que c’est la course forte des Français. Le championnat de France est le meilleur du monde, ou tellement près que c’est comme si.

Le minimum FINA pour nager aux Jeux n’est pas donné, avec 48s99. Très difficile, sauf pour cinq ou six nageurs au monde, sans être bien affûté. Mais faisable par l’élite. Les minima Français, c’est 48s13. Voilà les gars. Débrouillez-vous avec ça. C’est se moquer des gens. Aux mondiaux de Kazan, dans les séries, un seul nageur fait mieux, le futur vainqueur Nin Zetao. De justesse : 48s11. Et en demi ? Cameron McEvoy, 47s94 et encore Ning Zetao, 48s13 tout juste. Et en finale, la médaille de bronze est négociée par Grabich, avec 48s12. En août, après toute une saison d’entraînement. Le sélectionneur français, lui, a demandé 48s13, à réaliser début avril.

On se demande bien ce qu’avait de particulier ce 48.13 sinon d’emprunter au titre de l’album rock « hip-hop » de Kasabian ! Dès lors il s’agirait d’un clin d’œil à Fabrice Pellerin, grand amateur de heavy metal devant l’Eternel – et farouche défenseur des minima sévères? Mais j’imagine mal Pellerin en train de goûter ce métal lourd qui a plombé la natation française !

DES MINIMA DE FOUS QUI NE SERVENT À RIEN

Un temps minimum à réaliser aussi brutal sur 100 mètres est d’autant plus inutile que, compte tenu de la valeur supérieure du sprint français – Stravius plus Marseille – il NE SERT A RIEN. On sait avant la finale de Montpellier que les deux premiers auraient la dimension mondiale. A part un effet inhibant, je ne vois pas l’intérêt de proposer un temps pareil dans une compétition de début avril. Il y avait suffisamment de stress dans l’air de par l’affrontement d’hommes à hommes entre des éléments de la dimension de Manaudou, Stravius, Gilot, Meynard, Mignon !

48s13 ! Plaisanterie sans goût !

Quand les minima français furent mis en place par l’équipe de Fauquet, ils furent très critiqués. Ils allaient à l’encontre de toute une tradition française. Mais un phénomène annexe les aida à perdurer : les combinaisons polyuréthane accéléraient les nageurs et permettaient de franchir des paliers d’évolution. Une partie de la poursuite était engagée par la guerre des combinaisons. Aujourd’hui, ce « dopage technologique » n’existe plus. Il n’est pas impossible que les rédacteurs des minima olympiques aient tablé sur une progression des temps entre 2015 et 2016. Mais ce phénomène est dépassé. Le temps des records est fini. Sous cet angle, la natation est comme un volcan qui s’éteint. En 2015, seuls Peaty, Ledecky, Sjöström et Hosszu ont battu des records du monde… Quatre colosses de la natation, pour vingt-six courses olympiques individuelles et six relais

Quand les records cessent d’être battus, il reste la compétition. Dans le cas d’un championnat où, outre l’adversaire, vous devez maîtriser des minima, que se passe-t-il ? Près de vous, les autres nageurs, au-dessus de votre tête un temps à atteindre, que faire? La stratégie s’écaille, se fendille, ou se trouble sous une double contrainte.

Les psychologues appellent cela le « double bind », le paradoxe imposé ou la contrainte de gérer deux injonctions contradictoires.

J’ai trouvé un « double bind » hilarant dans « Astérix chez les Corses », des immortels Goscinny-Uderzo, que la psy Corinne Dangas a collé sur son blog-notes. Un Corse, défiant, poignard en main, menace un soldat romain qui a osé regarder sa sœur. Celui-ci se justifie : « mais elle m’intéresse pas, votre sœur. » Le Corse, menaçant : « elle te plait pas ma sœur ? » Le Romain, grand sourire pétochard : « mais si, bien sûr, elle me plait. » Le Corse, fou de rage : « Ah ! Elle te plait, ma sœur ? Retenez-moi ou je le tue. » 

LES MINIMA EXCESSIFS DÉNATURENT LA COMPÉTITION

Vous me direz : mais c’est exactement ce qui se passe dans les séries. On ne peut pas se contenter d’y nager l’adversaire, il faut aussi entrer dans les huit premiers. Mais lors des qualifications au temps, les adversaires sont des êtres concrets, ils sont là, devant vous, ou ils viennent de nager, ou encore ils vont nager tout de suite après vous ; le temps nécessaire pour accéder à la finale n’est connu de personne; indéfini, il s’inscrit au fur et à mesure des séries comme conquête collective du groupe de nageurs: en nageant plus vite, je me qualifie, et disqualifie un autre. C’est bien de la compétition !

En revanche, un minimum déterminé à l’avance, en fonction d’une liste de résultats passés, extérieure à la compétition, est une opération administrative débouchant sur un « absolu », une référence à laquelle on confère une puissance arbitraire : une abstraction.

Les effets de ces minima diaboliques choisis en France ont été ennuyeux en ce qu’ils ont tordu la compétition. Finalement leur présence a dérangé des compétiteurs. « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort », tel est le proverbe galvaudé de Frederick Nietzsche, dont il ne convient pas d’abuser, car à force de jouer avec, on peut tuer les talents.

En général, en face de ce problème insoluble, que fait-on ? On oublie la compétition. On part trop vite. J’ai évoqué récemment le cas de Joris Bouchaut, brisé, sur 1500 mètres, par une tentative désespérée… On m’a proposé d’autres mésaventures liées à ces minima. Benjamin Stasiulis, se sachant incapable d’aller rejoindre les 1:56s13, critères nationaux de sélection, (temps que seuls six nageurs ont battu à Kazan en championnats du monde 2015).

… Sincèrement, je ne crois pas que Stasiulis, dans le modèle imposé par Fauquet, aurait manqué à Rio, mais dans celui, plus laxiste, qui a prévalu après Montpellier, il aurait pu s’ajouter à la photo de famille en Cercle, 13e à la table de M. Leccia…

Benjamin a bien nagé 1:56s39 en 2012, mais depuis qu’il a quitté Michel Chrétien (et Stravius dont il a été le sparring-partner) à Amiens, il n’est pas passé une fois sous les 1:58s. A Kazan, en 1:59s05, il a hérité du 20e temps. A 29 ans, cet ancien Mulhousien, Parisien, puis Amiénois, a passé l’âge des progrès. A Montpellier, il admet que les Jeux ne sont pas pour lui, et gagne confortablement en 1:58s48, près du « TQO », temps qualificatif olympique de la FINA, 1:58s22. Sans importance, se dit-il, ils ne sont pas pris en considération par le sélectionneur. Mais quand ce dernier récupère trois jours plus tard tous ceux qui ont réalisé les temps FINA, il peut se poser la question, Stasiulis. Aurait-il pu les faire ? Nul ne le sait, il est parti vite est a terminé mal… mais me suggère-t-on, s’il les avait pris en compte, peut-être aurait-il pu grappiller les vingt-six centièmes de seconde qui l’en séparaient.

DTN CONTRE PRÉSIDENCE : LE GRAND

RETOUR DE FRANCIS LUYCE

Maintenant, que s’est-il passé à Montpellier ? Il s’est passé que dans la lutte d’autorité feutrée qui oppose depuis l’élection de Francis Luyce la Direction technique et les élus, les techniciens ont subi un cinglant revers collectif. C’est en raison de leur gestion des sélections olympiques et de par la conjonction d’intérêts divers que le président a pris en mains directement la sélection et l’a menée à sa main en concertation avec le Cercle des Nageurs de Marseille et le Ministère des Sports. A l’arrivée, cela fait certes bricolé, et on ne compte pas les désillusions parmi les nageurs. On ne peut reprocher à Jacques Favre d’avoir voulu une sélection spartiate. Mais de l’avoir menée de cette façon…

Quand on remit ainsi son autorité de sélectionneur en cause au sujet de Roxana Maracineanu, Claude Fauquet n’hésita pas : il mit immédiatement sa démission sur la table. Après Montpellier, Favre n’était pas en position d’en faire autant…

Je crains pour lui qu’il n’ait laissé là une partie essentielle de son pouvoir de décision et de son crédit. Un prix lourd à payer pour son inexpérience au poste ?

PELLEGRINI GAGNE EN VITESSE: 52s17 EN PETIT BASSIN

Jeudi 28 Avril 2016

Federica Pellegrini a profité des championnats d’Italie par équipes, en basin de 25 mètres, pour améliorer le record italien en petit bassin, sur 100 mètres. Elle a couvert la distance en 52s17, battant le record, 52s56, qu’elle avait établi en décembre dernier à Netanya, Israël. Pellegrini, qui vient aussi de battre le record du 100 mètres en grand bassin,  semble se concentrer en direction d’un travail de vitesse indispensable pour son 200 mètres olympique, en face de la résistance de la championne du monde, Katie Ledecky. Pellegrini est fameuse pour ses impressionnantes fins de course, mais portée de trop loin pour l’emporter, ce qui lui a donné de belles deuxièmes places aux mondiaux 2013 à Barcelone et 2015 à Kazan. En revanche, elle l’avait emporté aux championnats d’Europe de Berlin, mais en face d’une opposition moins forte. Sur 200 mètres, elle a réalisé 1 :53s07, ce qui reste éloigné du record, détenu en  combinaison polyuréthane par elle-même, en 1 :51s17, à Istanbul, en 2009.

Gabriele Detti, pour sa part, a dominé le 400 mètres  (3:42s97) et le 1500 mètres (14:39s03. Matteo Rivolta a nagé un 100 papillon en 49s84, Simone Sabbioni un 100 dos en 50s90. Erica Musso a gagné le 400 libre en 4:1s39, Ilaria Bianchi un 100 papillon en 56s80. Les Canottieri Aiene l’ont emporté largement. Luca Dotto n’a pu nager, victime d’une contracture dorsale.

TEMOIGNAGE D’UNE ANCIENNE TRAGEDIE :

TRA LE ONDE NEL CIELO

« Tra le Onde nel Cielo », parmi les ondes dans le ciel, est le titre d’un film témoignage qui raconte la tragédie de Brème, dans laquelle l’équipe italienne de natation disparut dans un accident d’avion. Le 28 janvier 1966, les nageurs se rendaient au meeting de Brème, quand l’appareil qui les transportait s’écrasa, ne laissant aucun survivant. Le film-témoignage de Francesco Zarzana, basé sur des documents et de nombreux témoignages, sera présenté au festival de Cannes. E.L.

POLOISTES FRANCAIS A RIO: LOGIQUE.

L’appel de David Hart a été rejeté. Cet ancien membre de l’équipe canadienne de water-polo, avait demandé la disqualification de l’équipe de France de water-polo qu’il accusait d’avoir, lors du tournoi sélectif laissé filer le match contre le Canada (13-5) pour ne pas rencontrer celle d’Espagne. Le Canada avait perdu ensuite son match contre l’Espagne, 8-7, et la France avait arraché sa qualification aux pénalties, face aux Pays-Bas, 4-3. La FINA n’a pas retenu les allégations canadiennes. Nos poloïstes iront bien à Rio.

La FINA avait commandé une enquête sur le sujet. Hart avait lancé une pétition en ligne qui avait réuni des milliers de signatures, ce qui ne prouve rien mais a fait quelque tapage, d’autant qu’il avait contacté la FINA et le CIO. Que le Canadien ait eu cette conviction d’une roublardise des Français est parfaitement son droit, mais comment démontrer une embrouille sans plus de preuves que des scores ? Il est possible au mieux que les Français n’aient pas été très motivés en face d’un match contre les Canadiens qui ne changeait pas grand’ chose à leur statut, et qu’ils se soient arrachés le jour de leur défi aux Pays-Bas… Attaquer leur sportivité sur cette question, sur une base aussi fragile, paraissait risqué.

C’était aussi voué à l’échec s’il s’agissait de qualifier le Canada. Cornel Marculescu avait spécifié que si la France était disqualifié, la place reviendrait… aux Pays-Bas !

Il convient d’ajouter que ni la France, ni l’Espagne, ni les Pays-Bas, ne s’étaient qualifiés, l’an passé, aux mondiaux de Kazan, où le Canada avait fini 9e. Donc, sur ces simples prémisses, nul ne pouvait affirmer qu’il était préférable de rencontrer les Pays-Bas ou l’Espagne, pour les Français. En revanche, que les Tricolores se soient souvenus du rude 5-13 face à l’Espagne des championnats d’Europe 2014, à Budapest, est loin d’être impossible ! Il n’empêche : qu’ils se soient, volontairement ou non, préservés en vue de l’ultime affrontement ne peut décemment leur être reproché, mais même cela est loin d’être démontrable…

Denis Masseglia, président du Comité Olympique Français (CNOSF) avait exposé la position française sur la question, et insistait sur la difficulté de juger l’effort fourni par les Français face au Canada. « Je pense aussi que si les athlètes avaient eu la capacité de vaincre, ils auraient utilisé cette capacité. Les exemples dans le passé ne manquent pas où des athlètes donnent le maximum le jour du grand défi, tel leur match contre les Pays-Bas. Il est difficile d’imaginer qu’ils aient voulu choisir leur adversaire.” E.L.

 

COMMENT LA NATATION FRANÇAISE SE REMETTRA-T-ELLE DU PASTIS DES SÉLECTIONS ?

BIEN / MAL / JE NE SAIS PAS:

RAYER LES MENTIONS INUTILES

Éric LAHMY

C’est un article assez bizarre paru sur le site SwimSwam, signé Chris De Santis. Le titre est alléchant : qu’est-ce qui a « tué » la natation britannique. Vous lisez et vous vous apercevez qu’il n’y a rien de ce qui était annoncé. Ni le couteau, ni l’assassin… Seulement ce constat : La Grande-Bretagne, qui, en 2014, au sortir d’une saison où on l’avait vue marquer des points autant en championnats d’Europe qu’aux Commonwealth Games, connait en avril 2016 une sorte de régression. On n’en saura donc pas plus, dommage.

Pourtant, au détour de sa non-démonstration, De Santis rédige une phrase digne d’intriguer : “Alors que tant de conversations en cette saison olympique ont tourné autour des minima pour Rio, la Grande-Bretagne s’est détachée. Tandis que la France était en quelque sorte défendable pour ce qui est du niveau de ses minima, la Grande-Bretagne les a gravement surestimés. Dans plusieurs courses, les standards de Rio étaient beaucoup trop hors d’atteinte et démoralisèrent les nageurs. Quand une Chloé Tutton bat le record national de 1s5 sur 200 brasse, établit un temps qui lui aurait donné l’argent à Kazan, et doit ensuite gagner sa sélection sur tapis vert, quelque chose ne va plus. Si dans le passé, voici plusieurs olympiades, des problèmes de la natation britannique devaient être attribués à des minima trop faibles, le pendule s’est incliné trop loin de l’autre côté. »

Voilà qui est fort. Un journaliste britannique donne un blanc-seing aux minima de la natation française ! Il doit être le seul au monde – enfin de ceux que ce genre de choses intéresse, et je crois qu’il a vu le film français en VO sans sous-titres.

Mis à part, donc, le segment de phrase concernant les minima français, tout est vrai. Si une natation a été à peu près aussi follement irréaliste que la française pour ce qui est de ses critères de sélection, c’est bien la britannique. Avec des résultats peut-être destructifs pour leurs nageurs ?

Il y a quand même une différence. A leurs championnats de Glasgow, les Britanniques ont démontré qu’ils disposaient de jeunes d’avenir, la France non. Le constat est clair. A ce jour, nous avons peu de jeunes, peu de talents, peu d’avenir. Pour ce qui est du présent, les championnats de France de Montpellier montrent un visage à l’expression assez floue, un peu Jean qui rit (50m, 100m) et beaucoup Jean qui pleure (à peu près tout le reste, malgré de petits sourires de ci et de là).

Mais le fait du jour n’est pas l’état de la natation française. C’est sa gestion. Après avoir établi ses règles, la Fédération s’est assise dessus. L’affaire des minima a été désolante. Ce qui n’a pas tué Stravius (mais il s’en est fallu de peu) a plus ou moins massacré à peu près tous les autres !!

Comme on avait six qualifiés, plus les relayeurs, on s’est mis à tordre les critères puis à les jeter aux orties et, allant en sens contraire de ce qu’on avait annoncé à grands renforts de coups de menton, on a fini par ajouter la bagatelle de treize filles et garçons et rien ne dit qu’on ne sera pas à 30 nageurs français à Rio – quatre de moins que les Australiens !

Les entraîneurs que l’on a interrogés après la publication des sélections avaient l’air éberlués par ce tour de passe-passe.

L’impression générale a été qu’à la Fédération française de natation, on a vraiment eu peur de rien. Ce qui, en l’occurrence, dans l’esprit des gens, n’est pas un compliment…

Par exemple, Michel Chrétien, l’entraîneur de Jérémy Stravius à Amiens, a dû jouer serré pour amener son nageur à se qualifier : « En effet j’ai préparé Jeremy Stravius en fonction de ces minima. Le côté positif, cela a été de réaliser un temps très difficile. On a été obligés de mettre en place un modèle de nage différent afin d’y parvenir. L’inconvénient, c’est qu’on s’est préparé comme s’il s’agissait d’une haute compétition internationale avec un affutage de trois ou quatre semaines et on a perdu en temps d’entraînement dans notre cycle. »

Aujourd’hui, une chape de plomb a recouvert la sélection des équipes de France. Comment dénoncer cette farce, alors que treize à quinze nageurs ont été récupérés sur le tapis vert ? Les intéressés sont contents, bien sûr, on se met à leur place, ils iront à Rio. Ce ne sont pas leurs entraîneurs, leurs parents, leurs amis, qui vont faire grise mine !

Mais je vous fiche mon billet qu’au fond d’eux-mêmes, ils se disent qu’ils n’ont pas mérité leurs places, que ce sont des manœuvres de couloir qui les ont réintégrés. La fierté en prend un coup. Dommage. Parce que ces jeunes gens n’ont pas démérité : les seuls à s’être plantés sont les supposés adultes que les malheurs de ce temps ont placés aux postes de responsables !

Les minima étaient durs, ce que beaucoup croient utiles, et autant d’autres croient nuisibles. Mais ils n’étaient pas seulement durs. Ils étaient mal pensés, irréalistes, et guère à même de monter une équipe de France cohérente.

Si on ne les avait pas placés, en début de saison, comme un épouvantail à moineaux, et si l’on s’était contenté de dire que l’on ne voulait rien de plus que les minima de la FINA, certes, d’aucune auraient regretté l’intransigeance des minima « à la Fauquet », mais… MAIS ON N’AURAIT PAS FAIT DE LA MOITIÉ DE L’ÉQUIPE DE FRANCE LES OBLIGÉS DE CES MESSIEURS DE LA FÉDÉRATION.

Cette démagogie est une double erreur dont on ignore si les effets vont tarder à se manifester.

La Fédération française de natation s’est décrédibilisée. Son président a joué son rôle dans la partition parce que, bombardé chef de délégation française à Rio grâce au travail de Claude Fauquet, il veut que les nageurs soient nombreux aux Jeux de Rio. Il a parfois montré un certain dépit de voir l’athlétisme déplacer un nombre très élevé de sélectionnés aux Jeux ou aux mondiaux, alors que seulement quelques nageurs faisaient l’équipe. [J’ai accompagné l’athlétisme comme journaliste dans plusieurs de ces compétitions, et je me souviens de collègues qui n’envoyaient plus leurs papiers que de l’infirmerie : une moitié des sélectionnés était blessée, l’autre éliminée en séries. Mais bon, ils étaient quarante athlètes aux Jeux.]  On ne lui a toujours pas dit, à Luyce, que c’est dans l’avion du retour des Jeux que devaient se faire les comparaisons?

JACQUES FAVRE MI-COMPLICE MI-VICTIME ?

Le Directeur technique ? S’est-il fait rouler dans la farine ou a-t-il manœuvré tout son monde? A Montpellier, et même après Montpellier, Jacques Favre paraissait croire à des minima intransigeants.

L’adresse qu’il a rédigée et qui accompagne sa liste de sélectionnés a quelque chose de presque schizophrène. Pendant qu’il permet à vingt-huit nageurs de passer, presque deux fois plus que ce que les minima autorisent, il signe en effet le 6 avril, un texte passablement chtarbé, genre harangue de l’Empereur sur le front des troupes, dans lequel on trouve cependant des phrases qui défendent l’intransigeance dont il s’est défait :

« A la sortie des championnats du monde de Kazan, nous avions choisi de relever de façon radicale notre niveau d’exigence en proposant des critères de sélection aux Jeux Olympiques très élevés. C’est la bonne décision, nous poursuivrons et durcirons ce modèle dans l’avenir… Les meilleurs nageuses et nageurs français se sont engagés depuis 7 mois pour répondre aux exigences que nous leur avions fixées afin de séparer froidement « le bon grain de l’ivraie ». Ils ont, la semaine dernière, véritablement inversé le niveau des championnats de France…Au regard des enjeux sportifs, nous nous devons de respecter les règles que nous nous étions fixées pour pouvoir choisir qui participera aux Jeux Olympiques parmi nos meilleurs athlètes. »

Cet exposé, manifestement, n’est pas celui du sélectionneur ! Favre Jacques, son signataire, ne sait pas que Jacques Favre, le DTN, n’a respecté ni les règles, ni le niveau d’exigence. Ces deux-là feraient mieux de se parler plus souvent! Ignorance, déni de réalité, dédoublement de personnalité ? Ou simplement paresse, Favre Jacques ayant écrit son poulet avant les tripotages d’après championnats et n’ayant pas pensé indispensable après coup de revoir son texte, en fonction des décisions de Jacques Favre ?  

Selon la formule qui revient à rechercher « à qui le crime profite », d’aucuns désignent le club de Marseille. Les Phocéens ont réalisé la bonne affaire, ils comptent dix nageurs (douze avec ceux qui l’utilisent comme pôle France) sur les vingt-huit (en attendant ceux qui pourraient être rajoutés après les Européens de Londres) de l’équipe de France. Et une brochette de qualifiés sur le tapis vert…

Le méfait parait d’ailleurs signé, quand s’ajoute le nom de Fred Bousquet sur la liste. Dans quel pays vit-on? Dès lors, Jacques Favre, issu du Cercle, mais manquant d’expérience, se serait-il laissé circonvenir ?

Tout désigne Marseille derrière l’étrange revirement en épingle à cheveux qui a surpris tout le monde après les championnats de France. Etrange ?

« Jamais ces dernières années les nageurs n’étaient partis des championnats de France sans savoir s’il étaient sélectionnés », m’assure un technicien. Je ne suis pas tout à fait sûr de cela, mais en réalité, le Comité directeur se serait bel et bien réuni à Montpellier après les championnats, et aurait désigné QUINZE nageurs pour Rio. Là-dessus, Favre, Luyce, etc., s’asseoient sur la liste, trois jours se passent, et à l’issue d’une agitation fiévreuse de concertations téléphoniques ou autres entre Favre, Luyce, et semble-t-il quelques Marseillais triés sur le volet, par une mystérieuse scissiparité, les quinze deviennent vingt-huit.

LES VAINQUEURS SONT LES REPÊCHÉS. ET LES VAINCUS, CEUX QUI ONT CRU AUX MINIMA

Si l’on ne trouvait que des vainqueurs dans ce scénario, tout irait pour le mieux dans la meilleure des Républiques bananières (en attendant, certes, de payer l’addition à Rio de Janeiro).

Mais voilà, Jacques Favre a joué avec le feu, et ce sont des nageurs qui se sont brûlés… Tous ceux qui ont été troublés par ces minima.

Michel Chrétien, l’un de ceux que j’ai interrogé, reste prudent dans ses formulations. On évoque Pauline Mahieu que tout le monde attendait et qui paraissait en confiance avant Montpellier. « On fonde beaucoup d’espoirs pour Pauline mais elle reste très jeune et il n’est pas impossible que dans un coin de sa tête, elle ne songeait pas, plutôt qu’à Rio, aux compétitions juniors, » dit ce sage entraîneur amiénois. Et qui sait en effet ? Dans quelques années, cette affaire prendra pour elle l’allure d’une simple anecdote, et non plus d’un traumatisme.

Michel Chrétien s’inscrit en faux sur le bruit selon lequel les minima olympiques ont été élaborés par le « collège des entraîneurs », « cellule de réflexion auprès du Directeur national du moment », et dont font partie tous les entraîneurs qui ont un nageur dans l’équipe nationale, Richard Martinez, Fabrice Pellerin, Romain Barnier et ses assistants à Marseille, Lionel Horter, etc. On a entendu dire que c’est là que les minima ont été forgés – d’aucuns désignent Romain Barnier comme leur auteur – et que les entraîneurs en ont eu vent à ce moment.

« Il n’en est rien, on nous a seulement dit qu’ils seraient très durs, mais ne savions rien d’autre et n’en avons appris la teneur exacte qu’en même temps que tout le monde. » Barnier, d’ailleurs, était contre le fait d’ajouter des minima français, et voulait en rester à ceux de la FINA. Mais même s’il n’y est pour rien, c’est bien ce scénario qui a prévalu !  

Les temps de passage de bien des nageurs qui ambitionnaient une place aux Jeux ont témoigné d’une stratégie très aventureuse, choisie en fonction de ces temps de qualification terriblement durs. A la poursuite des minima, Charlotte Bonnet est passée en 56s20 pour un temps final de1m56s32 sur 200 mètres. En 2015, elle avait nagé 56s69 au passage de son 1m56s16…

Sur 400 mètres, Coralie Balmy, est passée en 2m0s65 pour 4m5s38, alors qu’en 2015, elle avait viré en 2m2s66 pour 4m7s42. Sa nervosité initiale se voit dans la première moitié de course… Elle avait fini pratiquement aussi vite en étant en bien moindre forme en 2015. Pauline Mahieu 29s65 pour 1m2s49 au 100 mètres dos, contre 29s62 pour 1m1s34 en 2015. Or elle s’annonçait elle-même en forme, et a raté ses courses. Là, son cas ne prouve rien, mais l’idée que le stress des minima a joué ne doit pas être rejetée.

Sur 200 mètres brasse, Fanny Deberghes, 1m10s87 (et surtout 33s36) pour 2m28s67. Elle nage d’abord pour 2:25s avant que le ciel ne lui tombe sur la tête. Paquit, qui ne songe sans doute pas au minima, ou pas de la même façon, équilibre sa course, passe en 34s27 et 1m12s01 pour gagner en 2m28s65. A poursuivre les deux lièvres du titre et des minima, Fanny perd tout. Sur 200 mètres papillon, Jordan Coelho passe en 25s62 et 55s03 pour 1m56s49. L’année d’avant, 25s95 et 55s82 pour 1m56s47. Il passe donc 0s8 plus vite pour tout reperdre ensuite.

Sur 400 mètres, Pothain va passer en 53s87 et 1m51s32 pour un temps de 3m47s77. On peut voir dans cette entame ultra-rapide une objurgation à tout tenter pour atteindre ces irritants minima. Ce n’est pas absolument sûr, car Pothain a l’habitude de partir vite. En 2015, il est passé en 1m53s10 pour un temps final de 3m49s66, en 2014 en 1m54s3 pour finir en 2 minutes : 3m54s36…

JORIS BOUCHAUT NOYÉ DANS LA SOUPE AUX MINIMA

L’une des victimes les moins contestables de la soupe aux minima est Joris Bouchaut. Joris, perle du demi-fond antillais, entraîné à Toulouse, est d’une espèce rare, un doué besogneux. Il faut, pour le demi-fond, disposer d’un physique et d’un mental. Joris a les deux. Il y a les experts du 50 mètres, Bouchaut en aligne trente d’une seule pièce sans sourciller.

C’est aussi un pratiquant fidèle de l’égalité d’allure, voire de la course en accélération. Le garçon parait disposer d’un chronomètre incorporé.  Il nage dans le seuil (ce passage physiologique, à la fois mythique et bien réel, entre l’aérobie et l’anaérobie) et « gère » avec talent. Il faut pour cela de l’intelligence, du sang froid et une connaissance approfondie de ses potentiels.

Un entraîneur, aujourd’hui retraité, qui le connaît bien, m’affirme qu’il était contraint de le secouer pour qu’il ne parte quand même pas trop lentement… En 2014, il a dominé le bilan national du quinze cents mètres en 15m8s après être passé en 7m36s dans les basques de Damien Joly qu’il a écoeuré ensuite par son gros finish, nageant ses trois tiers de courses en respectivement 5m5s, 5m2s et 5m1s !!

Ces derniers mois, Joris, dans ce domaine, a atteint sa perfection. On croirait que ce garçon a avalé un pendule. En novembre dernier, en petit bassin, à Angers, il a battu son record du 1500 mètres avec 14m35s08, et nagé toutes ses fractions de 100 mètres du 200 au 1400 entre 58s35 et 59s13…

…Quand il arrive à Montpellier pour disputer ses chances olympiques, Bouchaut sait cependant qu’il ne pourra pas atteindre les temps exigés s’il ne tente pas autre chose. Les minima insensés sont sous les 15 minutes. Joris se sent donc contraint à l’exploit. La mort ou la victoire… Il va donc faire comme beaucoup d’autres nageurs: nager contre nature…

…Son entame à Montpellier se situe au croisement de l’héroïque et du suicidaire. Je ne vous ferai grâce d’aucun centième, 57s90 au 100m, 1m57s94 au 200m, 2m58s19, 3m58s76, 4m59s27, 6m0s81, 7m2s39, 8m4s34, 9m6s19, 10m7s72, 11m9s40, 12m12s42, 13m16s07, 14m20s08, 15m22s38. Pendant trois ou quatre cents mètres, Bouchaut s’est mis au niveau des minima (que même Joly n’atteindra pas).

Bouchaut, le 4 mars précédent, avait nagé 15m7s79, passant en 58s97 au 100 mètres, 5m1s96 et 10m4s76 course équilibrée en 7m32s78 plus 7m35s01. Il a liquidé ses derniers deux cents en 1m59s43. A Montpellier, détruit par la course aux minima, il finit sept secondes moins vite en 2:6s31, derrière Nicolas D’Oriano, qui ne l’a jamais devancé jusqu’alors et qui est récupéré pour les Jeux olympiques…

Bien entendu, quand la FFN tente de recoller les morceaux dans les jours qui suivent les championnats, Bouchaut part au vide-ordures, victime collatérale des errances venues d’en haut…

Je ne sais combien la natation française, à Montpellier, a compté de Joris Bouchaut, mais j’avoue avoir de la compassion pour eux. Pas parce qu’ils n’ont pas été sélectionnés. Mais parce qu’on les a trompés, et ça m’ennuie un peu.

Je ne sais pas quelles jolies phrases Favre pourrait faire les concernant… Un mot d’excuse, peut-être, suffira ?

…Par amitié, trouvez-moi la morale de cette histoire, moi je n’en ai pas !

CHINE: NING ET SUN ABONNES ABSENTS

Dimanche 24 Avril 2016

Terminés la semaine passée, les championnats de Chine ont donné des résultats variables.

Sun Yang n’a pas nagé en raison de blessures au pied, et Ning Zetao, après s’être qualifié en 47s96 au 100 mètres, a déclaré forfait en finale, ce qui fait que les deux champions du monde chinois n’ont pas nagé aux championnats nationaux.

Leurs compétitions respectives (en fait toutes les courses de nage libre masculine) ont de ce fait perdu tout leur lustre.

Les points forts de ces journées se sont situés en brasse masculine, en raison d’une forte densité de performances, ainsi qu’en papillon où le jeune Li Zhuhao s’est distingué et se hisse parmi les favoris des épreuves olympiques à Rio.

Wang Lizhuo, l’un des fameux six positifs chinois (lui c’était au clenbutérol) démontre que les anabolisants font nager vite. Il a battu le record de Chine du 100 mètres brasse et entend faire mieux aux Jeux olympiques (on croit rêver). Mais il a été sévèrement puni. Une amende de 772 dollars et un avertissement : surtout ne jamais recommencer.

Côté féminin, si la nage libre est de bonne qualité, les spécialités donnent comme toujours des performances de plus grand relief. Une nouvelle génération semble prendre le pas sur l’ancienne. Ye Shiwen, la double championne olympique des quatre nages de Londres, qui s’est plaint de maux d’estomac, a fini 7e du 400 quatre nages mais gagné la distance inférieure. Liu Zige, la recordwoman du monde du 200 mètres papillon méconnaissable, a terminé seulement 5e des 100 et 200 mètres de sa spécialité.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Yu Hexin, 22s16. 100 mètres : 1. Yu Hexin, 48s47 ; 2. Li Yongqing, 48s96 ; 3. He Jiangbin, 49s17; 4. Liu Zhaochen, 49s58 . En demi-finales, Ning Zetao, 47s96, forfait. 200 mètres : 1. Wang Shun, 1:47s28; 2. Shang Keyuan, 1:47s94; 3. Qiu Ziao, 1:48s33. 400 mètres : 1. Qiu Ziao, 3:47s99; 2. Wang Kecheng, 3:50s55. 1500 mètres : 1. Qiu Ziao, 14:58s34 ; 2. Wang Zhou, 15:10s86; 3. Qiu Zhongyi. 15:12s29. 100 m dos : 1. Xu Jiayu, 53s38; 2. Li Guangyuan, 54s32. 200 m dos : 1. Xu Liayu, 1:54s79 (record, ancien, lui-même, 1:55s11) ; 2. Li Guangyan, 1 :56s41. 100 m brasse : 1. Wang Lizhuo, 59s79; 2. Li Xiang et Yan Zibei, 1:0s19; 4. Zhang Zhihao, 1:0s45 ; 5. Song Jiale, 1:0s90 ; 6. Mao Feilian, 1:1s30; 7. Liu Yunsong, 1:1s50. 200 m brasse :  1. Mao Feilian, 2:9s98; 2. Li Xiang, 2:11s01; 3. Qin Hayang, 2:11s41; 4. Wang Lizhuo, 2:11s86; 5. Yan Zibei, 2:11s90; 6. Liu Yunsong, 2:12s06; 7. Wang Boyou, 2:12s14; 8. Zhang Zhihao, 2:12s42. 100 m papillon :  1. Li Zhuhao, 16 ans, 51s24 (record égalé); 2. Zhang Qibin, 52s34 ; 3. Zhou Jiavel, 52s44. 200 m papillon : 1. Li Zhuhao, 16 ans, 1:55s54; 2. Wu Yuhang, 1:56s92; 3. Yu Ying Bao, 1:56s97. 200 m 4 nages : 1. Wang Shun, 1:57s93; 2. Hu Yixuan, 2:0s23.

400 m 4 nages : 1. Wang Shun, 4:13s62; 2. An Jiabao, 4:17s66. 4 fois 100 mètres : Pékin, 3:18s41. 4 fois 200mètres: 1. Equipe nationale, 7:13s19; 2. Zheijiang, 7:21s75; 3. Shanghai, 7:22s98; 4. Hebei, 7:23s29. 4 fois 100m 4 nages: 1. Zheijiang, 3:35s40.

DAMES.- 50 mètres : 1. Chen Xinyi, 24s53; 2. Liu Xiang, 24s75; 3. Wu Yue et Zhu Menghui, 25s31. 100 mètres : 1. Zhu Menghui, 54s19; 2. Shen Duo, 54s71; 3. Tang Yi, 54s75; 4. Qiu Yuhan, 54s87. 200 mètres : 1. Shen Duo, 1:55s82; 2. Qiu Yuhan, 1:55s84; 3. Ai Yanhan, 1:56s46; 4. Zhang Yuhan, 1:57s06; 5. Wang Shijia, 1:57s70; 6. Don Jie, 1:57s91; 7. Fan Yi, 1:57s99; 8. Guo Junjun, 1:58s68. 400 mètres : 1. Xin Xin, 4:5s98; 2. Cao Yue, 4:7s12; 3. Zhang Yuhan, 4:7s30; 4. Li Bingjie, 4:8s00; 5. Dong Jie, 4:8s36; 6. Bi Wenxin, 4:8s42; 7. Bi Yirong, 4:9s52; 8. Chen Junjie, 4:11s18. 800 mètres : 1. Zhang Yuan, 8:24s04; 2. Xin Xin, 8:25s16; 3. You Yawen, 8:26s76; 4. Bi Wenxin, 8:27s89; 5. Bi Yiron, 8:33s70; 6. Dong Jie, 8:33s91; 7. Li Bingjie, 8:36s01. 100 m dos : 1. Wang Queer, 59s82; 2. Chen Jie, 59s90; 3. Chen Haihua, 1:0s02 (59s55 en demi-finales); 4. Liu Xiang, 1:0s68; 5. Rao Shengxue, 1:1s27; 6. Xu Huiyi, 1:1s39. 200 m dos : 1. Liu Yaxin, 2:10s01; 2. Chen Jie, 2:10s29. 100 m brasse : 1. Shi Jinglin, 1:6s29 ; 2. Zhang Xinyu, 1:7s35; 3. Suo Ran, 1:7s78. 200 m brasse : 1. Shi Jing Lin, 2:22s98. 100 m papillon : 1. Chen Xinyi, 56s82; 2. Lu Ying, 57s17; 3. Zhang Yufei, 57s99; 4. Zhou Yilin, 58s16; 5. Liu Zige, 58s94; 6. Li Shuang, 59s03. 200 m papillon : 1. Zhou Yilin, 2:6s56; 2. Zhang Yufei, 2:7s13; 3. Wang Siqi, 2:7s47; 4. Chen Xinyi, 2:8s58;  5. Liu Zige, 2:8s86. 200 m 4 nages : 1. Ye Shiwen, 2:12s02; 2. Zhou Min, 2:12s21; 3. Zhang Jiaqi, 2:13s79. 400 m 4 nages : 1. Zhou Min, 4:36s97; 2. Wang Xinya, 4:42s45… 7. Ye Shiwen, 4:50s74. 4 fois 200 mètres: 1. Liaoning, 7:59s58. 4 fois 100m 4 nages: 1. Jiangsu, 4:0s86.

RUSSIE: VIKTORIA ANDREEVA ARRIVE

Samedi 23 Avril 2016

Comment s’appelle-t-elle ? ça se prononce Victoria, mais comment ça s’écrit ? C’est le casse-tête de la transcription des noms russes, Viktoria, Viktoriia, Victoriia, et son nom, Andreieva, Andreyeva, Andreiieva) Andreeva, parce qu’en plus ce sont les orthographes imposées par les anglophones qui viennent mettre leur ordre à eux. Ce qui est sûr, c’est que cette jeune fille qui appartient à l’Oblast (région) de Penza est une gaillarde de 23 ans qui brûle tout à coup les étapes et passe d’un niveau national discret (relayeuse) aux sommets internationaux. La chose s’est passée aux championnats de Russie, sélectifs pour les Jeux olympiques, qui se sont tenus pendant toute la semaine à la piscine olympique de Moscou.

Sans doute y avait-il un potentiel dans cette robuste demoiselle de 1,89m pour 76kg, fille d’une technicienne du pentathlon, et, bon sang ne peut mentir, en a hérité une passion pour l’équitation. Depuis un an, a-t-elle consenti à laisser sa monture dans son box et de se laisser coacher sérieusement ? Elle-même disait déjà lors des championnats de Russie en petit bassin qu’elle avait gagné en confiance en elle, par rapport aux temps où ses premiers entraîneurs, les regrettés Boris Naarov et Mikhail Amelchenko, s’occupaient d’elle. Depuis, elle est préparée par Galina Dolgova… Mais cette affective affirme que la présence de sa mère dans les tribunes a aidé. On devrait emmener cette dame aux Jeux olympiques !

Elle a fait feu de tout bois, Victoriia, aux championnats de Russie, qualificatifs pour les Jeux de Rio, avec deux 2e places, sur 100 et 200 mètres libre, et surtout un joli 200 quatre nages en 2:9s56, record national, elle qui depuis huit ans qu’elle est apparue dans les bilans mondiaux n’avait jamais nagé plus vite que 2:12s20 sur la distance. En outre elle a conclu cette performance de beau niveau dans les minutes qui ont suivi son 200 libre. Ce n’est pas encore Katinka Hosszu, mais la fille a de la ressource.

Le 100 mètres messieurs est à la fois encourageant de par sa densité, mais pas exceptionnel, dans ce que, par exemple, pas un nageur n’a touché la limite des 48 secondes. Mais sept nageurs en moins de 49 secondes témoignent d’une belle santé. Le relais quatre fois 100 russe sera, comme les saisons passées, un rude adversaire pour les recordmen d’Europe et champions du monde français.        

EVGUENY RYLOV A LA POURSUITE DE MITCH LARKIN

La Russie comptera aussi sur un bon dossiste, Rylov, nouveau recordman d’Europe sur 200, et une bonne dossiste Daria Konstantinova Ustinova, qui a été très précoce (même pour ce qui concerne le dopage, d’ailleurs) et qui est désormais bien établie (pas dans le dopage, espérons-le) et a gommé ce quelque chose de lymphatique dans sa façon de nager, qui est l’envers de son mode d’évolution très glissé dans l’eau, mais aussi le fait d’une fille trop vite grandie. Ustinova a devancé nettement la toujours recordwoman d’Europe Fesikova(Zueva), et ses 2 :6s92 grignotent sur son record personnel, 2:7s29 l’an dernier à Moscou

Rylov, lui, a dû se battre sur 100 alors que sur 200 mètres, son évolution a pris l’allure d’une marche triomphale. Ses 1:54s21 ont effacé le record d’Europe et son propre record de Russie, et représentent l’une des meilleurs performances tous temps. Si l’on met de côté les records polyuréthane, seuls Lochte, USA, 1:52s96 en 2011, Larkin, Australie, 1:53s17 en 2015, Clary, 1 :53s41 en 2012 et Hagino, 1 :54s23 en 2014, ont nagé la distance plus vite que lui. En 2016, seul Larkin le précède en 1:53s90.

Mais ce n’est pas tout ? Passé en 26s56 et en 55s17, avant de virer en 1:24s38, Rylov exhibe des temps partiels de 26s56, 28s51, 29s21 et 29s83 et donc d’une course assez déséquilibrée. Peut-être a-t-il opté pour un tel profil de course afin de décrocher Shabasov et Tarasevich ? Ou encore pour obtenir son billet pour Rio, en fonction de la politique des minima russes ? Ou encore, on peu toujours rêver, afin de tester un type de course en vue des Jeux ? Toujours est-il qu’il peut tenter de mieux planifier son effort et trouver là une niche de progrès…

Vladimir Morozov a gagné 50 et 100 mètres sans exploits, nageant moins vite en finale de son 50m qu’en séries et en demis et dominant de peu Grechin sur 100.

La brasse, domaine traditionnellement fort de la natation russe et ceci depuis que la natation est organisée dans ce pays, a donné à des luttes serrées. Dans ce contexte, Anton Chupkov a réussi à gagner la plus longue distance et à arracher la deuxième place ex-aequo sur 100.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Vladimir Morozov, Volgograd, 22s01 (en séries 21s75, en demi-finales 21s69).  

100 mètres : 1. Vladimir Morozov, Volgograd, 48s09 ; Andrei Grechin, Altai, 48s18 ; Alexandr Popkov, 48s41 ; 4. Alexandr Soukhoroukov, 48s55 ; 5. Danila Izotov, 48s58 ; 6. Nikita Lobintsev, 48s60 ; 7. Stepan Surkov, Volgagrad, 48s82 (en demi-finales, 48s75) ; 8. Ivan Kuzmenko, Volgograd, 49s20

200 mètres : 1. Alexandr Krasnykh, Tatarstan, 1:47s00; 2. Nikita Lobintsev, 1:47s71

400 mètres : 1. Alexandr Krasnykh, Tatarstan, 3:47s30; 2. Viacheslav Androusenko, Saint-Petersbourg, 3:49s24 ; 3. Alexandr Fedorov, Saint-Petersbourg, 3:50s35; 4. Evgeny Koulikov, 3:51s14; 5. Ernest Maxoumov, Tatarstan, 3:52s11.

1500 mètres : 1. Yaroslav Poptapov, Volgograd, 15 :3s61 ; 2. Ilya Druzhinin, Volgograd, 15 :10s96.

50 mètres dos : 1. Grigory Tarasevich, Omsk, 24s70 ; 2. Nikita Oulianov, Khmao-Tugra, 24s82 ; 3. Evgueny Rylov, Moscou, 25s06.

100 m dos : 1.  Evgueny Rylov, Moscou, 53s04 ; 2. Grigory Tarasevich, Omsk, 53s20; 3. Andrei Shabsov, 54s225. 4. Nikita Oulianov, 54s53; 5. Anton Boutymov, 54s74.

200 m dos : 1. Evgueny Rylov, Moscou, 1:54s21 (record d’Europe, ancien record Radoslav Kawecki, 1:54s24 – et de Russie, ancien par lui-même, 1:54s60); 2. Andrei Shabasov, Saint Petersburg, 1:57s38 ; 3. Grigory Tarasevich, Omsk, 1:57s79.

50 m brasse : 1. Andrei Nikolaiev, Kaluga, 27s14 ; 2. Kiril Prigoda, Saint Petersburg, 27s31 ; 3. Vsevolod Zanko, Moscou, 27s70; 4. Ilya Khomenko, Rostov, 27s71; 5. Anton Lobanos, Novosibirsk, 27s85; 6. Grigorii Falko, Moscou 28s11.

100 m brasse : 1. Vsevolod Zanko, Moscou, 59s72 ; 2. Kiril Prigoda, Saint-Petersbourg, et Anton Chupkov, Moscou, 59s94 ; 4. Ilya Khomenko, Rostov, 1:0s01 ; 5. Andrei Nikolaiev, Kaluga, 1:0s21; 6. Oleg Kostin, Nijny-Novgorod, 1:0s70 (en demi-finale, 1:0s61); 7. Alexandr Palatov, Volgograd, 1:0s82; 8. Roustam Gadirov, Omsk, 1:0s88.

200 m brasse : 1. Anton Chupkov, Moscou, 2:9s91 ; 2. Ilya Khomenko, Rostov, 2:10s19; 3. Kiril Prigoda, Saint-Petersbourg, 2:10s57 ; 4. Roustam Gadirov, Omsk, 2:10s63 ; 5. Mikhaïl Dorinov, Nijni Novgorod, 2:11s16 (en demi-finales, 2:10s58) ; 6. Alexandr Palatov, Volgograd, 2:11s38 (en demi-finales, 2:10s45) ; 7. Grigorii Falko, Moscou, 2:11s93 (en demi-finales, 2:11s58) ; 8. Kiril Mordashev, Penza, 2:12s75 (en demi-finales, 2:11s93. Finale B : 1. Arkady Vorobiev, Moscou, 2:14s11

50 m papillon : 1. Alexandr Sadovnikov, Volgograd, 23s51.  

100 m papillon : 1.Aleksandr Sadovnikov, Volgograd, 51.50; 2. Evgeny Koptelov, Moscou, 52.05; 3. Nikita Konovalov, Volgograd, 52.17.

200 m papillon : 1. Daniil Pakhomov, Saint Petersburg, 1:56s90 ; 2. Nikolaï Skvortsov, Kaluga, 1:57s33 ; 3. Alexandr Pribytov, Saint Petersburg, 1:57s71.

200 m 4 nages : 1. Semen Makovich, Samara, 2:0s18.

400m 4 nages : 1. Semen Makovich, Samara, 4:17s57.

DAMES.- 50 mètres : 1. Natalia Lovtcova, Novosibirsk, 24s97.

100mètres : 1. Veronika Popova, Saint Petersburg, 54s33 ; 2. Viktoriia Andreeva, Penza, 54s44; 3. Natalia Lovtcova, Novosibirsk, 54s48; 4. Rosalia Nasretdinova, Moscou, 54s84  

200 mètres : 1. Veronica Popova, Saint Petersburg, 1:56s91 ; 2. Viktoriia Andreeva, Penza 1:57s35 (1:56s91); 3. Anna Openysheva, Krasnoiarsk, 1:57s66; 4. Daria Mullakaeva, Perm, 1:59s13

400 mètres : 1. Arina Openysheva, Krasnoyarsk, 4:8s84.

800 mètres : 1. Arina Openysheva, Krasnoyarsk, 8:33s91; 2.Anastasiia Kirpichnikova, Sverdlovsk, 8:38s38.

1500 mètres : 1. Elizaveta Gorshkova, Moscou, 16:51s47.

50m dos : 1. Anastasia Fesikova (ex-Zueva), Tenza, 28s17; 2. Maria KamenevaOrenburg, 28s49; 3. Irina Prikhodko, Tatarstan, 28s55.

100 m dos : 1. Daria K. Ustinova, 17 ans, Sverdlovsk, 59s78; Anastasia Fesikova (ex-Zueva), Tenza, 59s91; 3. Irina Prikohodko, Tatarstan, 1:0s72; 4. Maria Kameneva, 1:1s36.

200 m dos : 1. Daria K. Ustinova, 17 ans, Sverdlovsk, 2:6s92; 2. Anastasia Fesikova (ex-Zueva), Tenza, 2:8s74; 3. Irina Prikhodko, Tartarstan, 2:9s51.

100 m brasse : 1. Daria Chikounova, 1:7s55.

200 m brasse : 1. Sofia Andreeva, Saint Petersburg, 2:25s08 ; 2. Daria Chikunova, Saint Petersburg, 2:25s41.

50 m papillon : 25s78 1. Svetlana Chimrova, Moscou, 26s18.  

100 m papillon : 1.  Svetlana Chimrova, Moscou, 57s79 ; 2. Natalia Lovtcova, Novosibirsk, 58s41; 3. Daria Tcvetkova, Altaï, 58s51; 4. Polina Egorova, Bachkortostan, 58s61.

200 m papillon : 1. Svetlana Chimrova, Moscou, 2:9s78.

200 m 4 nages : 1. Viktoria Andreeva, Penza, 2:9s56.

400 m 4 nages : 1. Kristina Vershinina, Khmao-Yugra, 4:46s83.

ITALIE, RECORD DU 100 BRASSE POUR MARTINA CARRARO

Samedi 23 Avril 2016

Pas d’exploits, si ce n’est un record d’Italie sur 100 mètres brasse, de Martina Carraro, qui efface le nom inscrit sur polyuréthane, d’Ilaria Scarcella, présente et nettement battue, tandis que la jeune Arianna Castiglioni déçoit.

A défaut de grandes performances, de belles courses, comme ce classique sur 200 mètres entre le vainqueur du 100m Dotto et celui du 400 mètres Detti. Presque un ex-aequo : Detti l’emporte de deux centièmes. Dotto prend une longueur, la conserve pendant cent cinquante mères et perd tout le terrain, presque un classique du lièvre et de la tortue, mais avec une autre fin et une morale différente.

DAMES

50 mètres : 1. Silvia Di Petro, Canottieri Aniene, 25s05

100 m brasse : 1. Martina Carraro, Cl.Azzura 91-BO, 1:6s41 (record d’Italie, ancien, Ilaria Scardella, 1:6s86); 2. Ilaria Scarcella, Canottieri Aniene, 1:8s46.

200 m 4 nages : 1. Ilaria Cusinato, Team Veneto, 2:12s71; 2. Luisa Trombetti, Rari Nantes Torino, 2:12s95; 3. Carlotta Toni, Rari Nantes Florentia, 2:13s06.

MESSIEURS

200 mètres : 1. Gabriele Detti, Lombardia, 1:47s72 ; 2. Luca Dotto, Larus Nuoto, 1:47s74 ; 3. Andrea Mitchell D’Arrigo, Unicusano Aurelai, 1:48s36; 4. Filippo Megli, Florentia, 1:48s58; 5. Filippo Magnini, Canottieri Aniene, 1:48s60.

1500 mètres : 1. Simona Quadarella, Canottieri Aniene, 16:15s39.

50 mètres dos : 1. Simone Sabbioni, Swim Pro SS9, 25s09 ; 2. Niccolo’ Bonacchi, Nuotatori Pistoiesi, 25s28; 3. Stefano Pizzamiglio, Cl.Azzura 91-BO, et Mirco Di Tora, Cl.Azzura 91-BO, 25s37.

200 m brasse : 1. Luca Pizzini, Fondazione Bentegodi, 2:10s62 ; 2. Flavio Bizzarri, Forrestale, 2:11s33; 3. Edoardo Giorgetti, Canottieri Aniene, 2:12s99; 4. Claudio Fossi, Lombardia, 2:13s32; 5. Giovanni Sorriso, Canottieri Aniene, 2:14s11.  

200 m papillon : 1. Giacomo Carini, C. Vittorini da Feltre, 1 :57s01 ; 2. Matteo Pelizzari, Canottieri Aniene, 1:57s80.

ITALIE.- FEDERICA PELLEGRINI PASSION INTACTE: 1:55s30 AU 200

 

Éric LAMY

Vendredi 22 Avril 2016

Avec un temps de 1:55s30, Federica Pellegrini a retrouvé son niveau le plus élevé. A distance respectueuse de son record du monde polyuréthane, certes, mais au centre de la cible : ses performances dans les grands événements de ses cinq dernières saisons, 1:56s73 (5e) aux Jeux de Londres 2012, 1:55s14 (2e) aux mondiaux de Barcelone 2013, 1:56s01 (1e) aux Europe de Berlin 2014, 1:55s32 (2e) aux mondiaux de Kazan 2015. Tout près de son meilleur temps de l’an passé, 1:55s00, nagé en France.

Dominant trop largement ses adversaires rendues au rang de comparses plus que de rivales, Federica ne s’est pas abaissée à une quelconque course tactique. Il s’agissait pour elle de se tester, vingt quatre heures après avoir réalisé 1:54s86 lancée. Elle est partie beaucoup trop vite, mais sans doute avec une idée derrière la tête. Voir si elle pouvait tenir après avoir opté pour un rythme un peu fou. Mission accomplie.

Manifestement, Federica, qui envisage de prendre une retraite bien méritée après une carrière unique dans la natation italienne et proche de ce qui s’est fait de mieux dans le monde, et l’une des rares survivantes de l’ère polyuréthane, aimerait partir sur une bonne performance. Mais pour cela, il lui faudra répondre au défi que représentent les redoutables ondines de la nouvelle génération, de Katie Ledecky à Emma McKeon sans oublier Katinka Hosszu (si elle choisit de s’aligner sur cette épreuve), Femke Heemskerk, Sarah Sjöström, voire Missy Franklin, Veronica Popova, et les Chinoises pas dopées du tout que sont Shen Duo, 1 :55s82, et Qui Yan 1 :55s84 récemment aux championnats chinois. Pellegrini tente le coup avec un talent doublé d’une professionnalisme qui forcent le respect.

Côté garçons, performances en retrait. Gabriele Detti sans Gregorio Paltrinieri gagne un 800 mètres à sa main. Ses 7:48s19 sont moins rapides que les 7:47s63 de Paltrinieri au passage de son 1500 mètres  de mardi, et ne représentent pas son plein potentiel. Sur 200 mètres quatre nages, Turrini, qui avait réussi une performance internationale sur la distance double, s’est encore distingué en 1:59s51.

DAMES.- 200 mètres : 1. Federica Pellegrini, Canottieri Aniene, 1:55s30; 2. Alice Mizzau, Team Veneto, 1:58s71; 3. Martina de Memme, Nuoto Livorno, 1:59s33; 4. Stefania Pirozzi, Canottieri Napoli, 1:59s52. Passages de Pellegrini: 26s82, 55s73 (28s91), 1:25s35 (29s62), 1:55s30 (29s95).

50 m dos : 1. Elena Gemo, Canottieri Aniene, 28s34; 2. Arianna Barbieri, Azzura 91-BO, 28s43; 3. Silvia Scalia, Nuoto Lombardia, 28s51; 4. Tania Quaglieri, Sea Sub Modena, 28s53.

50 m brasse : 1. Martina Carraro, Azzura 91-BO, 30s86; 2. Arianna Castiglioni, Insubrika, 31s02.

4 fois 100m 4 nages: 1. Canottieri Aniene, 4:3s75 (Panziera, 1:1s64, Scarcella, 1:8s26, Di Liddo, 59s32, Pellegrini, 54s53); 2. Fiamme Gialle, 4:5s77; 3. Centre sportive esercito, 4:5s84. Meilleurs temps: Silvia Scala, 1:1s35 en dos, Arianna Castigliono, 1:7s84 en brasse, Di Liddo, 59s32 en papillon, Erika Ferraioli, 53s89 en crawl).

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Luca Dotto, Larus Nuoto, 21s91; 2. Federico Bocchia, De Akker Team, 22s06. 800 mètres: 1. Gabriele Detti, Lombardia, 7:48s19 ; 2. Samuek Pizzetti, Nuotatori Milanesi, 7:58s39. 200 m 4 nages : 2:0s34.  1. Federico Turrini, Nuoto Livorno, 1:59s51

DES SOUVENIRS DE CAMILLE MUFFAT A SANTA CLARA

Samedi 23 Avril 2016

Quentin Muffat, le frère de Camille Muffat, s’est rendu au siège de l’ISHOF, l’International Swimming Hall of Fame, le Temple de la Renommée de la Natation, qui a quitté son ancien siège de Fort Lauderdale pour s’installer à Santa Clara, en Californie. Quentin a déposé un certain nombre d’objets souvenirs de sa championne olympique de soeur, malheureusement disparue dans un accident d’hélicoptère. Quentin Muffat étudie et nage actuellement pour l’Université Nova Southeastern University. Il a réussi de bonnes performances de niveau régional, 47s44 au 100 yards, 1:42s97 au 200 yards, 4:50s73 au 500 yards    

 

L’ANTIDOPAGE CHINOIS DANS LE COLIMATEUR

Vendredi 22 Avril 2016

Une semaine après avoir révoqué l’accréditation des laboratoires anti-dopage de Moscou et de Lisbonne, l’Association Mondiale Anti-Dopage (AMA) a retiré celle du labo pékinois. Suspendu pour quatre mois, c’est à lui de retrouver son statut. La Bolivie, l’un des six autres pays à ne pas respecter les règles d’accréditation de l’AMA (elle utilisait des services de labos non accrédités), a retrouvé son statut. L’Argentine, l’Ukraine, Andorre et Israël avaient perdu leur statut. Aujourd’hui, la Russie, Andorre et la Chine sont en-dehors des clous.

L’AMA avait enquêté suite à des dénonciations parties de la natation chinoise. De nombreux cafouillages dans les contrôles avaient été repérés… Il semble que les contrôles antidopage en Chine ressemblent à ceux de Russie : une bonne blague.

Autre nouvelle liée au dopage, le Coréen Park Tae Hwan a été écarté par le Comité Olympique Coréen de l’aventure olympique. Mais il pourra nager aux championnats nationaux : qui ne peut pas le plus peut le moins !