Mois : avril 2016

ITALIE – DETTI GAGNE TROIS SECONDES SUR 400 METRES, 3 :43s97, ET CHANGE DE CATEGORIE

Eric LAMY

Jeudi 21 Avril 2016

Gabriele Detti a été le héros de la 3e journée des championnats italiens. Le compagnon d’entraînement de Paltrinieri, qui n’est plus très éloigné de son chef de file sur 1500 mètres (il ne le menace pas, mais ça commence à y ressembler) est très clairement plus rapide que le champion du monde de Kazan. On le savait déjà, en raison de ses performances sur 400 mètres, mais jusqu’ici, il n’avait pas fait la différence avec d’autres ténors transalpins sur les huit longueurs de bassin, comme Mitch D’Arrigo. Celui-ci l’avait d’ailleurs devancé, aux championnats d’Europe de Berlin, sur 400 mètres avec un temps de 3:46s91, médaille d’argent, contre 3:48s10 (4e). En revanche, Detti avait obtenu, toujours à Berlin, le bonze sur 800 et 1500 mètres, mais en étant clairement barré par Paltrinieri (et le Féroien Pal Jenssen).

Detti a connu une époque difficile, alors qu’il se trouvait en pleine ascension. Une infection urinaire qui l’a contraint à sécher toute une saison et laisser Paltrinieri s’envoler tout seul vers les sommets. Il est revenu avec un appétit de victoires évident. A la différence de Paltrinieri, il est doté d’un style très esthétique, moins puissant en apparence que Mack Horton, mais beaucoup plus fluide que Paltrinieri, qui nage court, sur un rythme très élevé. Les voies du succès sont variées, sauf à respecter certaines règles de base.

Detti a retrouvé son oncle et entraîneur Stefano Morini. Pratique d’avoir comme oncle le meilleur entraîneur d’Italie, ancien assistant du regretté Alberto Castagnetti, au palmarès colossal (Paltrinieri, certes, mais aussi Pellegrini, Ilaria Tocchini, Emiliano Brembilla, Luca Marin, Diletta Carli et Martina Rita Caramignoli, et dont les élèves ont enlevé six médailles aux championnats d’Europe de Berlin).

Là, à Riccione, Detti était présent à l’heure H et au jour J. Il a franchi le cap, est passé dans une autre dimension. Il n’est plus un champion, il fait partie du carré d’as des supers. Les 3:43s97 qu’il a signé dans la finale des championnats d’Italie le place, dans les bilans 2016, derrière Mackenzie Horton, qui trône avec son temps de 3 41s, et James Guy, le champion du monde britannique, 3:43s84. A part Sun qui n’a pas nagé, et les Américains qui peuvent toujours surprendre, on ne voit pas trop qui pourrait s’ajouter cette année avant Rio, mais quoiqu’il en soit, Detti est dans le coup.

Detti est un athlète harmonieux (ce qui a dû plaire à sa fiancée Stefania Pirrozi) sans appartenir à la race des géants, comme Hackett et ses 2 mètres, Sun et son 1,98m, ni même Horton, 1,90m, il mesure 1,84m pour 79kg. Cela ne l’a pas empêché de coller trois seconde à son record personnel, 3:46s46 le 18 décembre dernier. Voilà qui s’appelle progresser.

LUCA DOTTO 47s96, RECORD ITALIEN, PELLEGRINI 1m54s8 LANCEE…

Jusqu’aux 200 mètres, D’Arrigo, italo-américain (appelé Mitch ou Mitchell aux USA et Andrea en Italie) suit la cadence. Mitch a nagé les NCAA sur 500 yards, mais loin est le temps où il suffisait de venir d’Amérique pour faire la pluie et le beau temps en Europe. Jusqu’aux 200m, il fait quasi jeu égal avec Detti, auquel il colle encore aux 200 mètres (1:52s28 contre 1:52s00). Mais alors qu’il ressent le besoin de temporiser, l’archange Gabriel en rajoute en termes de vitesse et commence à le décoller délicatement, et va ensuite augmenter son avance de façon exponentielle, pour lui dévorer cinq secondes, huit mètres, dans les cent derniers mètres. D’Arrigo à la dérive manque de se faire reprendre par un Domenico Acerenza dont la dernière longueur de 27s80 a constitué pour lui une vraie menace.

Detti est encore à 0s57 de Massimiliano Rosolino en 2000 aux Jeux de Sydney.

Les relais ont donné lieu à performances de choix, mais au plan individuel. Au départ du quatre fois 100 mètres, Luca Dotto a nagé un 47s96 qui en fait le premier Italien sous les 48 secondes, effaçant ainsi le vieux record polyuréthane de Filippo Magnini, 48s04 en demi-finale des mondiaux de Rome. Le meilleur temps tissu, 48s05 depuis 2005, appartenait aussi à Magnini. Dans le quatre fois 200 mètres dames, Federica Pellegrini a réalisé un superbe 1 :54s86 lancé. Il le fallait. Ses trois complices des Canottieri Aniene lui avaient donné le relais avec presque dix mètres de retard, et « la Divina » a fait des miracles. Elle a marché sur l’eau !

MESSIEURS.- 400 mètres : 1. Gabriele Detti, Lombardia, 3:43s97 ; 2. Andrea Mitchell D’Arrigo, Unicusano Aurelia, 3:50s82; 3. Domenico Acerenza, Larus, 3:51s20; 4. Damiano Lestingi, Canottieri Aniene, 3:51s62; 5. Alex Di Giorgio, Canottieri Aniene, 3:52s07; 7. Nicolangelo Di Fabio, Lombardia, 3:52s56.

Temps de Detti, 26s53, 54s87, 1 :23s35, 1 :52s00, 2 :20s55, 2:48s62, 3:16s34, soit par 50 mètres, 26s53, 28s34, 28s48, 28s65, 28s55, 28s07, 27s72, 27s63.

200 m dos : 1. Luca Mencarini, Canottieri Aniene, 1 :58s05; 2. Christopher Ciccarese, Canottieri Aniene, 1:58s15. 50 m papillon : 1. Piero Codia, Canottieri Aniene, 23s56 (en séries, 23s52). 4 fois 100 mètres : 1. Fiamme Oro, 3 :18s04 (Leonardi, 49s14, Pizzamiglio, 49s91, Rivolte, 50s07, Spadaro, 48s92); Canottieri Aniene, 3:29s69; 3. Fiamme Gialle, 3:20s20.

Au départ de Forestale, Luca Dotto, 47s96, nouveau record d’Italie!

DAMES.- 200 m dos : 1. Margherita Panziera, Canottieri Aniene, 2:10s91. 100 m papillon : 59s09 1. Ilaria Bianchi, Azzurra 91-BO, 57s87. 400 m 4 nages : 1. Luisa Trombetti, Rari Nantes Torino, 4:38s54 ; 2. Sara Franceschi, Livorno, 4:40s03; 3. Carlotta Toni, Rari Nantes Florentia, 4:41s27 ; 4. Ilaria Cusinato, Team Veneto, 4:42s18.

4 fois 200 mètres: 1. Canottieri Aniene, 8:3s48 (Ceracchi, 2:1s28, Panziera, 2:3s46, Quadarelle, 2:3s88, Pellegrini, 1:54s86); 2. Fiamme Oro, 8:4s10; 3. Team Veneto, 8:17s41.

BRESIL : BRUNO FRATUS, MARCELO CHIERIGHINI ET UN BON RELAIS 4 FOIS 100

Éric LAMY

Jeudi 21 Avril 2016

Bruno Fratus a enlevé le 50 mètres du meeting Maria Lenke, lequel a sonné le glas des ambitions olympiques de Cesar Cielo. Cielo a été devancé aussi par Italo Duarte qui enlève la deuxième place dans l’équipe nationale. Marcelo Chierighini a enlevé pour sa part le 100 mètres, les temps des quatre premiers de la course laissent présumer un relais redoutable. A noter aussi le 100 brasse de Joao Luis Gomes, la qualification à ses quatrièmes Jeux olympiques de Thiago Pereira (200 quatre nages) et un bon 200 papillon.

Pas grand-chose côté filles, si ce n’est la bonne prestation d’ensemble d’Etiene Medeiros sur 50, 100 et 100 dos.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Bruno Fratus, Pinheiros, 21s74 ; 2. Italo Duarte, Fiat/Minas, 21s82 ; 3. Cesar Cielo, Fiat/Minas, 21s91 ; 4. Marcelo Chierighini, Pinheiros, 22s17. 100 mètres : 1. Marcelo Chierighini, Pinheiros, 48s23 (en séries, 48s20) ; 2. Nicolas Nilo Oliveira, Fiat Minas, 48s54 (en séries, 48s30) ; 3. Joao Bevilaqua, Pinheiros, 48s68 (en séries, 48s59) ; 4. Mattheus P. de Santana, Unisanta, 48s80 ; 5. Gabriel Silva Santos, Pinheiros, 48s84 ; 6. Felipe Ribeiro de Souza, Unisanta, 49s48.  200 mètres : 1. Joao Bevilaqua de Lucca, Pinheiros, 1:47s65; 2. Nicolas Nilo Oliveira, Fiat-Minas, 1:48s17 (en séries, 1:46s97). 400 mètres : 1. Miguel Leite Valente, Fiat-Minas, 3:51s62. 100 m dos : 1.  Guilhermo Augusto, Pinheiros, 53s26 (en séries, 53s10) ; 2.  Henrique Rodrigues, Pinheiros, 54s41; 3. Vitor Guaraldo, Pinheiros, 54s63. 200 m dos : 1 :58s15.  1. Leonardo De Deus, Corinthians, 1:57s57 ; 2. Guillermo Guido, Pinheiros, 1:59s34 ; 3. Fabio Santi, Pinheiros, 2:0s21. 100 m brasse : 1. Joao Luis GomesJunior, Pinheiros, 59s10 (en séries, 59s06) ; 2. Felipe Alves Franca, Corinthians, 59s36; 3. Pedro H. Brasil Cardona, Pinheiros, 1:0s11 (en séries, 59s77); 4. Felipe Ferreira Lima, Fiat-Minas, 1:0s37 (en séries, 1:0s06): 5. Rafael Oliveira, Pinheiros, 1:0s48; 6. Henrique Marques, Unisanta, 1:0s96; 7. Thiago Texeira Simon, Corinthians, 1:1s32 ; Felipe Hidekazu Moni, Pinheiros, 1:1s45 (en séries, 1 :0s68). 200 m brasse : 1. Thiago Machado Pereira, Fiat-Minas, 2:11s86 ; 2. Felipe Alves Franca, Corinthians, 2:12s03 ; 3. Thiago Texeira Simon, Corinthians, 2:12s63 ; 4. Tales Rocha Cerdeira, Unisanta, 2:12s72 (en séries, 2:10s99) ; 5. Henrique Marques, Unisanta, 2:13s33 ; 6. Felipe Ferreira Lima, Fiat Minas, 2:14s94 (en séries, 2:12s68). 100 m papillon : 52s59.  1. Vinicius Moreira Lanza, Fiat/Minas, 52s75 (en séries, 52s22) ; 2. Thiago Machado Pereira, Fiat/Minas, 52s77 (en séries, 52s48). 200 m papillon :  1. Leonardo De Deus, Corinthians, 1:55s54 ; 2. Kaio Marcio de Almeida, Fiat-Minas, 1:56s21 ; 3. Vinicius Moreira Lanza, Fiat-Minas, 1:57s44 ; 4. Luiz Altamir Lopes Melo, Flamengo, 1:57s74. 200 m 4 nages : 1. Thiago Pereira, Fiat/Minas, et Henrique Rodrigues, Pinheiros, 1:57s91 ; 3. Thiago Teixeira Simon, Corinthians 2:1s03.  400 m 4 nages : 1. Brandonn Pierry Cruz, Corinthians, 4:14s63

DAMES.- 50 mètres : 1. Etiene Pires Medeiros, SESI-SIP, 24s64 ; 2. LorraneCristina, Fiat/Minas, 24s95 ; 3. Graciele Herrmann, GNY, 25s09. 100 mètres : 1. Larissa Martins Oliveira, Pinheiros, 54s03 ; 2. Etienne Pires Medeiros, SESI-SP, 54s50 ; 3. Daynara Ferreira, SESI-SP, 55s22. 200 mètres : 1. Larissa Martins Oliveira, Pinheiros, 1 :57s37 ; 2. Manuela Lyrio, Pinheiros, 1 :58s62 ; 3. Jessica De Bruin, CISP, 1 :59s05 ; 4. Gabrielle Gonçalves, Unisante, 1 :59s22. 400 mètres : 1. Manuela Lyrio, Pinheiros, 4:9s48. 100 m dos : 1. Etiene Pires Medeiros, SESI-SP, 1:0s11 (en séries, 1:0s00) ; 2. Natalia De Luccas, Corinthians, 1:1s11. 200 m brasse : 1. Julia Sebastia, Unisanta, Argentine, 2:28s12. 100 m papillon : 1. Daiene Marçal Dias, Fiat-Minas, 58s07 (en séries, 58s04).  400 m 4 nages : 1. Joanna Maranhao, Pineiros, 4:38s66.

Italie : FEDERICA PELLEGRINI « LA DIVINA » MITONNE SA VITESSE 53s7 AU 100 MÈTRES

SIMONA QUADARELLA, 17 ANS, DOMPTE DILETTA CARLI ET MARTINA CARAMIGNOLI SUR 800

Éric LAMY

Mercredi 20 Avril 2016

Federica Pellegrini, 27 ans et toutes ses dents,  a gagné le 100 mètres dames en 53s78. Un bon temps pour « la Divina » qui empoche un centième et quelque titre national ; quel que soit son talent sur 200 mètres, la star transalpine n’a jamais été une grande sprinteuse, seulement une fille douée d’assez de vitesse pour y disposer d’un plus en demi-fond, qui a nagé la distance-étalon en 53s55 en 2009 (et donc en combinaison polyuréthane). Ici, à Riccione, elle améliore son record en maillot de bain tissu. Bien entendu, elle aura besoin d’un maximum de célérité si elle veut courir les médailles aux Jeux, si l’on songe qu’une Ledecky est plus vite qu’elle sur 100 et infiniment plus endurante sur 400 mètres. Elle s’est montrée contente de son titre et à tweeté qu’elle se serait contentée d’une centième en-dessous de 54 secondes. Et s’est trompée, a écrit 52 au lieu de 54, ce qui, eut dit le docteur Freud, est un lapsus révélateur !!

Mais Pellegrini a un registre étonnant. Elle nagé 1:55s14 à Barcelone avec seulement en 53s98 lancée (soir 54s6 ou 7) sur 100 mètres ; en 1:55s32 à Kazan avec seulement 53s73 lancée (soit 54s4 au start) au 100 mètres. Autant dire qu’elle n’est pas une possible finaliste sur 100 et une double médaillée d’argent mondiale sur 200m ! Je ne sais pas s’il existe un seul nageur, une seule ondine, qui perd si peu de vitesse entre 100 et 200m. Logiquement un tel profil indique qu’elle devait être très forte sur 400m mais il n’en est rien et elle s’est promis de ne plus affronter les huit longueurs « olympique » après une retentissante défaite (retentissante pour les Italiens) aux championnats nationaux en face je crois d’Alice Mizzau.

Quoiqu’il en soit, nous sommes curieux de voir ce qu’elle fera sur 200 mètres ici même. L’épreuve individuelle a lieu vendredi, mais on pourrait se faire une idée de son potentiel jeudi dans le relais quatre fois 200 mètres qu’elle disputera sans doute dans l’équipe du Canottiere Aniene. Cependant, il ne faut pas forcément en attendre grand-chose, Pellegrini n’ayant pas d’adversaire à sa mesure sur la distance, ne se sentira pas contrainte de mettre l’overdrive !

100 PAPILLON: CODIA PIQUE LE RECORD,

MAIS RIVOLTA GARDE LE TITRE

 Le 100 mètres papillon est marqué, dans la 4e série, par un record italien. Piero Codia nage 51s42. Le record appartenait à Matteo Rivolta, avec 51s64 nagés à Barcelone, aux mondiaux 2013, en demi-finales. Toujours à Barcelone, Rivolta, qui avait battu le record une première fois en 2012,  finira 7e ex-æquo de la finale avec 51s65.

Depuis, Codia et Rivolta se sont entrebattus, ce dernier gardant généralement l’avantage, mais aucun des deux n’a atteint les niveaux qu’on leur prédisait quand ils sont arrivés, avec cette tendance naïve de croire que quelqu’un qui bat son record de façon spectaculaire va continuer, alors que le plus souvent il a atteint son seuil d’incompétence.

Codia et Rivolta sont donc aujourd’hui des pros de 26 et 27 ans qui tiennent la place, auxquels les autres ont consenti une avance déterminante et à qui ne reste qu’un vague espoir de relais quatre nages finaliste olympique si les dieux sont éléments et les courants favorables. Tous deux ont fini 11e (Codia, 52s40) et 14e (Rivolta, 52s62) des demi-finales aux championnats d’Europe de Berlin. En 2015, à Kazan, Rivolta, a été 10e des demi-finales en 51s64 devant Codia, 14e. Bref, ils sont largués pour ce qui est des courses internationales à la gagne.

La finale reste à Rivolta, peut-être meilleur compétiteur. Avec 51s54, il scotche Codia pour le titre et enlève la place pour Rio.

A défaut d’égaler les garçons sur les longues distance, les Italiennes font des résultats sur 800 mètres (et en eau libre). Martina Caramignoli, qui était en tête des bilans italiens du début de saison (avec 8:30s96) a fait les frais des championnats ici, seulement quatrième, loin de soin temps. Adieux Rio! La Romaine Simona Quadarella, 17 ans, et Diletta Carli, 20 ans le mois prochain, ont bataillé sur les seize longueurs pour finir à une main l’une de l’autre dans des temps honorables. Quadarella, jolie crevette de 55 kilos, ravit le titre à Carli, qui doit être contente, se faire piquer le 800 mètres après s’être fait piquer le 400 (par Mizzau), elle n’est pas venue pour rien…

DAMES.- 100 mètres : 1. Federica Pellegrini, Canottiere Aniene, 53s78 ; 2. Erika Ferraioli, Canottiere Aniene, 54s87 (en séries, 54s80) ; 3. Aglaia Pezzato, Team Veneto, 55s03; 4. Silvia Di Pietro, Canottiere Aniene, 55s10. 800 mètres : 1. Simona Quadarella, Canottiere Aniene, 8:28s06 ; 2. Diletta Carli, Tirrenica Nuoto, 8:28s22; 3. Martina De Memme, Nuoto Livorno, 8:31s79; 4. Martina Rita Caramignoli, Unicusano Aurelia, 8:38s12. 200 m brasse : 1. Lisa Fissneider, SSS Bozen, 2 :26s74 ; 2. Ilaria Scarcella, Canottiere Aniene, 2:26s86. 50 m papillon : 1. Elena Gemmo, Canottiere Aniene, 26s12.

MESSIEURS . – 100 m brasse : 1. Andrea Toniato, Team Veneto, 1:0s72 ; 2. Fabio Scozzoli, 1:0s75; 3. Nicolo’ Martinenghi, Brebbia, 1:0s92; 4. Flavio Bizzarri, Forestale, 1:1s33; 5. Lorenzo Antonelli, Larus, 1:1s64. 100 m papillon : 1. Matteo Rivolta, Insubrika, 51s54 ; 2. Piero Codia, Canottieri Aniene, 51s72; 3. Daniele D’Angelo, Conttiere Aniene, 52s60. 400 m 4 nages : 1. Federico Turrini, Nuoto Livorno, 4:11s95 ; 2. Luca Marin, Canottiere Aniene, 4:14s65. 4 fois 200 mètres : 1. Canottiere Aniene, 7m12s60 (Alex Di Giorgio, 1:48s69, Damiano Lestingi, 1:47s60, Jonathan Boffa, 1:48s70, Filippo Magnini, 1:47s61). Dans l’équipe Unicusano Aurelia Nuoto, Andrea Mitchell d’Arrigo, étudiant aux USA, nage lance en 1:46s84.

YANNICK AGNEL ET LA BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE DE MONSEIGNEUR PHELPS

Éric LAMY

Mercredi 20 Avril 2016

Donc Michael Phelps a plébiscité Yannick Agnel. Cela peut n’être qu’un propos diplomatique. Mais pour lui, le Français peut gagner le 200 mètres nage libre à Rio. C’est un regard à la fois technicien, positif et sans doute amical du plus fameux nageur de notre époque à quelqu’un qu’il a bien connu, semble avoir apprécié, et avec qui il a partagé des lignes d’eau à l’entraînement.

Bien entendu, Phelps n’a sans doute pas suivi le détail de la saga d’Agnel depuis deux ans, et cette difficulté de revenir aux commandes que le Français a vécu.

Puisque Phelps a positivé sur le Français, essayons de le suivre dans cette voie, fut-ce sans trop se faire d’illusions, mais en mesurant les atouts du toujours champion olympiques de Londres.

Premier point : Agnel, dans son arrivée à moitié plantée et à moitié noyée des championnats de France de Montpellier, touche en 1:46s99. Or les images filmées montrent qu’il a une tête d’avance sur Pothain à ce moment. On en conclut que s’il n’avait pas tâtonné vers le mur comme quelqu’un qui cherche son chemin (ou, autre hypothèse, que les chronométreurs n’ont pas nourri le système d’un temps inventé vu que le sien ne s’était pas inscrit), il aurait été crédité d’un temps d’un dixième supérieur à celui de Pothain, donc de l’ordre de 1:46s7.

Agnel, 16e dans les bilans de l’année, aurait été avec 1 :46s70, 12e ex-aequo, ce qui ne permet pas de pavoiser ou de le marquer favori possible olympique, mais est très loin d’être misérable.

Et puis il y a un mais qui pourrait lui être favorable. La densité des bilans. Eloigné en place, Agnel n’est pas si loin en termes de performances. Le meilleur nageur de l’année est James Guy, avec 1 :45s19. C’est trois mètres d’avance. Enorme, et pas tant que ça à la fois. Dans les trois quatre mois qui nous séparent des Jeux, est-il possible de combler ce gap ? Disons que ce n’est pas impossible. Cela reste très théorique, mais voilà…

Un autre point positif, c’est que le 200 mètres n’a guère évolué depuis 2012, quand Agnel a triomphé aux Jeux olympiques en 1:43s14 devant les deux Asiatiques de service Park et Sun, 1:44s79.

En 2015, James Guy a dominé le bilan avec 1:45s14 devant Yang, 1:45s20.

En 2014, le mieux disant a été Thomas Fraser-Holmes avec 1:45s08 devant Kosuke Hagino, 1:45s23. En 2013, seul Agnel est passé sous les 1:45s, avec 1:44s20 devant Yang, 1:44s47 et Danila Izotov, 1:44s87.

Depuis 2013, personne n’a franchi jusqu’ici la limite des 1:45s. Si les choses en restent là…

Bien entendu, rien de tout cela n’est sûr et il faut être un incorrigible optimiste pour penser que d’ici les Jeux ou aux Jeux, de grosses performances ne risquent pas de dégringoler. Pour Agnel, les questions qui se posent à mon sens sont les suivantes :

1)       A-t-il conservé sa détermination et son enthousiasme, et à l’approche des Jeux peut-il trouver une volonté inébranlable de l’emporter ?

2)       A-t-il toujours sa santé ? Est-ce que deux épisodes de pleurésie n’ont pas entamé son potentiel physique ?

3)       Est-il au point techniquement ?

En cas de triple réponse positive, tout reste possible. Il ne pourra pas maîtriser ce que feront les autres nageurs, mais s’il parvient à maîtriser ce qu’il fait…

ITALIE: PALTRINIERI DE MOINS EN MOINS SEUL SUR 1500 METRES

GABRIELE DETTI A QUATRE SECONDES DU CHAMPION DU MONDE

Eric LAMY

Mardi 19 Avril 2016

Gregorio Paltrinieri a remporté comme on pouvait s’y attendre le 1500 mètres, épreuve vedette de la première journée des championnats d’Italie, à Ricione, et approché de deux secondes son meilleur temps de l’année, avec 14 :42s91. Seul l’Australien Mackenzie Horton a fait mieux que cela cette saison, et on peut penser qu’entre ces deux, le tenant du titre à Londres Sun et un Américain qu’on pourra choisir entre Dwyer et McBroom se trouveront les médaillés des Jeux olympiques de Rio…

Mais Paltrinieri trouve de plus en plus près de lui –on décidera si c’est pour le soutenir ou pour le combattre – son second Gabriele Detti. Il a nagé seulement quatre secondes moins bien que Paltrinieri dont on imagine qu’il doit naviguer en songeant à l’émulation ou la menace de Detti.

Avec 14:46s48, Detti a-t-il manqué de hardiesse ? En effet, à mi-course, il avait quatre secondes de retard sur le leader, 7:21s98 contre 7:17s80. Puis après Paltrinieri ne lui a rien repris. Ces deux formidables nageurs de demi-fond représentent deux antithèses de style, Paltrinieri, style court et nerveux, plus efficace  que joliment fait, tandis que son dauphin, doté d’une vitesse de base supérieure (il serait étonnant qu’il ne gagne pas le 400 mètres) est ce qu’on appelle un beau nageur, avec un crawl long, et cette fausse lenteur du glisseur aquatique. Malade l’an dernier (infection urinaire) Detti est bien revenu et n’a sans doute jamais été aussi proche.

Paltrinieri a encore l’ascendant du champion du monde et cette agressivité du battant. Mais on peut se demander si on ne pourra pas voir deux nageurs italiens sur le podium de Rio, en août prochain.  

MESSIEURS.- 100 mètres : 49s52. 1. Luca Dotto, Larus Nuoto, 48s40 (en séries, 48s34); 2. Luca Leonardi, Azzura 91, 49s04; 3. Filippo Magnini, Canottieri Aniene, 49s31; 4. Jonathan Boffa, Canottieri Aniene, 49s44; 5. Giuseppe Guttuso, Cagliari, 49s56. En séries, Alessandro Miressi, Torino, 49s55. 1500 mètres : 15 :19s50. 1.  Gregorio Paltrinieri, Coopernuoto, 14:42s91 ; 2. Gabriele Detti, SMGM Lombardia, 14:46s48; 4. Domenico Acerenza, Larus Nuoto, 15:8s55. 100 m dos : 54s83.  1.  Simone Sabbioni, Swim Pro, 53s34 ; 2. Christopher Ciccarese, Canottiere Aniene, 54s63; 3. Michele Malerba, Larus, 54s85. 50 m brasse : 28 :15.  1. Andrea Toniato, Team Veneto, 27s53 ; 2. Fabio Scozzoli, Imolanuoto, 27s80.

DAMES.- 400 mètres : 4:11s63 1. Alice Mizzau, Team Veneto, 4:7s26; 2. Doletta Carli, Tirrenica Nuoto, 4:8s66; 3. Martina De Memme, Nuoto Livorno, 4:9s86; 4. Erica Musso, Andrea Doria, 4:10s72. Finale B: Georgia Romei, 16 ans, Andrea Doria, 4:11s57. 100 m dos : 1:1s35 1. D.C.S Zofvova Costa, Imolanuoto, 1:0s91; 2. Elena Gemmo, Canottiere Aniene, 1:1s05; 3. Margherita Panziera, Canottiere Aniene, 1:1s12; 4. Silvia Scala, Lombardia, 1:1s32. 200 m papillon : 2:8s59 1. Stefania Pirozzi, Canottieri Napoli, 2:8s98. 4x100mètres: 1. Canottieri Aniene, 3:41s59 (Federica Pellegrini, lance, 53s30; 2. Centre sportive esercito, 3:41s73.

ITALIE : TOUS DERRIERE ET DOTTO DEVANT

19 Avril 2016

Dès les séries du 100 mètres, première journée des championnats italiens à Riccione, Lucca Dotto a réalisé un fort joli temps, 48s34, proche du record italien de Magnini (48s04) et de sa meilleure valeur personnelle, 48s24, 7e de la finale aux mondiaux de Shanghai, en 2011. A 26 ans, bougies soufflées hier 18 avril, le longiligne sociétaire de Forrestale-Larus Nuoto persiste et signe, huit ans après avoir été champion du monde juniors à Monterrey, au Mexique. Derrière lui, on se situe à distance respectueuse : Alessandro Miressi, 18 ans, dans la même série, est 2e avec 49s55 et devance lui-même Jonathan Boffa, 49s63. Egalement sous les 50s : Michele Santucci, 49s70, Filippo Magnini, 49s71, Giuseppe Guttuso, 49s72Luca Leonardi, 49s75, Alex Di Giorgio, dernier qualifié en finale A, 49s88, Ivano Vendrame, 19 ans. 49s91.

Selon la finale, on saura si le relais italien, habitué des finales, peut titiller celui des Français.

LES VIES AQUATIQUES DU « CAPITAINE » ROBERT CHRISTOPHE (1938-2016)

Éric LAMY

Lundi 18 Avril 2016

IL ÉTAIT LE DERNIER SURVIVANT D’UNE ÉQUIPE FAMEUSE EN SON TEMPS, CELLE QUI, FORMÉE D’ALAIN GOTTVALLES, GÉRARD GROPAIZ, JEAN-PASCAL CURTILLET ET LUI-MÊME, AVAIT BATTU LE RECORD DU MONDE DU RELAIS QUATRE FOIS 100 MÈTRES ; ROBERT CHRISTOPHE, QUI S’EST ÉTEINT CE MATIN À AVIGNON, FUT PENDANT DEUX OLYMPIADES NOTRE NAGEUR DE DOS EMBLÉMATIQUE. PUIS IL DEVINT LE CAPITAINE D’UNE ÉQUIPE DE RELAIS FAMEUSE QUI SERAIT RECORDWOMAN DU MONDE ET CHAMPIONNE D’EUROPE SUR 4 FOIS 100 MÈTRES ET RECORDWOMAN D’EUROPE SUR 4 FOIS 200 MÈTRES

Robert était né à Marseille le 22 février 1938. Il restera surtout dans l’histoire de la natation française comme le double finaliste olympique sur 100 mètres dos, 4e des Jeux de Melbourne, en 1956, et encore 4e aux Jeux de Rome, quatre ans plus tard. Elève de Georges Garret au Cercle des Nageurs de Marseille, il fut aussi champion d’Europe de la distance en 1958. Il en amena le 12 juillet 1959, le record d’Europe à 1’2’’2.

A Melbourne, Christophe débarque avec un temps de 1’5’’9. Mais en séries, il signe un 1’4’’2, record d’Europe et olympique qui change profondément la donne ! Une performance qui lui donnera des regrets, parce que réalisée une course trop tôt. « Je manquais de maturité, d’expérience ! J’aurais dû me qualifier tranquillement, cela m’a mis dans une situation que je n’ai pas su maîtriser », se souviendra-t-il.

LE DOSSISTE EMBLÉMATIQUE

Il n’est sans doute pas bon de devenir tout à coup le favori d’une épreuve à un tel niveau de compétition, cela vous donne des responsabilités et peut nuire à votre sérénité. En finale, les Australiens David Theile, 1’2’’2, record du monde, et John Monkton, 1’3’’2, dominent, et sont hors de portée ; le jeune Américain Frank McKinney s’arrache en 1’4’’5 et ravit le bronze ; Robert finit 4e avec 1’4’’9. De façon arithmétique, on peut penser dès lors que le bronze eut été à sa portée.

En 1958, Robert n’a toujours pas de rival en Europe. Sa domination dans l’Hexagone est telle qu’aux championnats de France d’hiver, il achève le 100 mètres dos avec 5’’7 d’avance sur son second ! Le 15 juin, à Blackpool, où la Grande-Bretagne bat la France par 13 courses à une, il sauve l’honneur tricolore : son 1’2’’9 aux 110 yards dos pulvérise le record d’Europe du 100 mètres que le Hongrois Magyar avait amené à 1’4’’1. Le 4 août, il subit sa seule défaite de la saison, en championnat de France, où le recordman du monde australien, Monckton, a été invité à nager avec ses équipiers kangourous, qui dominent alors presque sans partage la natation mondiale.

Aux championnats du Vieux Continent, qui se tiennent à Budapest, Robert Christophe suit à la lettre les consignes de Georges Garret, son entraîneur : partir vite, étouffer tout le monde, et surtout le Soviétique Leonid Barbier, son plus dangereux rival. Se relâcher après les 35 mètres. Se relancer à fond à l’approche du mur d’arrivée. Sauf que notre héros rate son virage. Y laisse tout ou partie de l’avance qu’il doit reconstruire dans la seconde longueur. Il l’emporte finalement en 1’3’’1 contre 1’3’’9, mais a laissé dans l’incident la possibilité d’un exploit chiffré. Il le réalisera en 1959, ses 1’2’’2 constituant la meilleure performance mondiale. Ce qui en fait presque le favori des Jeux de Rome, en 1960.

Mais là comme à Melbourne, Christophe est devancé par l’Australien de service (David Theile) qui réussit un doublé historique, et deux Américains. Déception ? L’année a été tellement difficile que cette nouvelle 4e place constitue presque un  miracle. Robert a été victime d’un accident aux lombaires qui l’a contraint d’arrêter de nager. Son père est mort au mois de juin. Il nage dans un tel état physique et émotionnel que chaque course, série, demi-finales, finale, est un exploit en soi.

Mais il y a sans doute autre chose. La France, à la différence des pays dominants, n’a pas de nombreux champions. Sa culture sportive est retardataire. Quand un Christophe, un Gottvalles, un Mosconi s’élèvent au-dessus du niveau moyen, ils nagent dans une sorte de solitude et se retrouvent en face de nageurs issus d’une confrontation permanente, premiers des égaux qui leur disputent la place. Avant les Jeux de Tokyo, Alain Gottvalles devance le deuxième Français sur 100 mètres, Gérard Gropaiz, de deux secondes et demie, soit plus de quatre mètres. Don Schollander, qui gagne la course olympique, n’a même pas gagné les sélections américaines, où ses compatriotes Michael Austin et Gary Illmann, ont nagé plus vite que lui : on comprend dès lors, quels que soient leurs talents respectifs, qui de Gottvalles et de Schollander était le mieux préparé à la confrontation !

Le 100 mètres dos ayant disparu du programme olympique individuel au profit de la distance double qui ne lui convient guère, Robert, qui a nagé en crawl parfois avec bonheur, va explorer la nage libre avec assez de brio pour participer aux grands relais français : en 1962, aux 4 fois 100 mètres (3’42’’5, record du monde, puis champion d’Europe) et aux 4 fois 200 mètres vice champion d’Europe. Il est aussi du relais 4 fois 100 mètres qui bat le record d’Europe avec 3’39’’2 en 1964.  Ce sera le deuxième volet de sa longue carrière.

LE D’ARTAGNAN DU QUATRE FOIS 100 MÈTRES

L’anecdote, qu’il m’a lui-même contée, veut que sa découverte de ses capacités de crawleur naissent des plaisanteries des nageurs le libre. Ricanements constamment recyclés sur le dos, rebaptisé « nage à reculons ». Ce jour là, Aldo Eminente, double finaliste olympique du 100 libre et maître en moqueries devant l’Eternel, lui explique doctement dans la chambre d’appel que les nageurs de spécialités sont les crawleurs ratés. Vous allez voir ce que vous allez voir, se dit Robert, et il s’engage sur 100 mètres libre aux championnats de France en 1960 qu’il gagne devant la fine fleur des crawleurs.

L’idée de relais autour desquels l’équipe de France doit se reconstruire nait dans l’avion, retour de Rome où les Français ont essuyé un échec cuisant. Lucien Zins et Georges Garret lui annoncent que le 100 mètres dos, son épreuve fétiche, disparait du programme au profit du 200 mètres dos, tandis qu’un relais quatre fois 100 mètres nage libre devient discipline olympique.

Reçues dans le même temps, ces deux informations vont se connecter dans son esprit. En effet, Robert Christophe, grand nageur de 100 dos devant l’éternel, souffre sur la distance double. C’est très logiquement qu’il va détourner ses ambitions du dos au crawl, plus exactement aux relais quatre fois 100 et quatre fois 200 mètres libre.

Ces courses vont être l’objet d’une grande aventure collective de la natation française, avec ses amis, Jean-Pascal Curtillet, Alain Gottvalles, Gérard Gropaiz et Pierre Duchateau.

TOUT SEUL SUR QUATRE FOIS 200 MÈTRES!

Malheureusement, une forte angine l’écarte des finales aux Jeux olympiques de Tokyo : le relais quatre fois 100 mètres, qui luttait pour être 3e, est bien lancé par Gottvalles, 54 secondes, mais est disqualifié pour virage incorrect : le jeune Pierre Canavese a utilisé distraitement, dans la bagarre, une culbute, touche « au pied » qui ne sera admise qu’après les Jeux olympiques. La faute n’échappe pas à l’œil vigilant d’un juge. Le relais 4 fois 200 mètres termine 6e.

Lorsque l’équipe de France bat un de ses records sur quatre fois 200 mètres, le journaliste de radio André Bibal arrive après la bataille. Il est catastrophé. Il s’était promis de faire vivre la tentative « en direct ». Qu’à cela ne tienne. Autour de Lucien Zins, en présence des quatre relayeurs qui s’efforcent de ne pas rire, on refait le match ! L’un tient le chrono et en se basant sur les temps réalisés plus tôt, Zins signale à Bibal l’arrivée d’un relayeur et le départ du relayeur suivant. Robert Christophe ayant nagé le premier, Bibal conte par le menu la trajectoire du nageur, son style supposé, demande à Zins si on est dans les temps, bref la fiction rejoint la réalité. Lors du passage au relais suivant, Bibal oublie de signaler qu’il s’agit cette fois de Curtillet, et continue sur Christophe, sa vitesse, sa somptueuse technique, bref il est dans la panade. Le deuxième relais achevé, Bibal, toujours dans les vaps, relance Christophe dans le troisième relais, et celui-ci lance au beau milieu de cet improbable direct un tonitruant : « ah ! Non, moi je suis fatigué, j’arrête. »

UN SEUL ADVERSAIRE, LE CHRONO

Après ses troisièmes Jeux, Christophe prend enfin une retraite méritée. Il deviendra directeur de la piscine municipale, puis des piscines d’Avignon, poste qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 2003. Il était aussi président du Cercle des Nageurs Avignonnais, et effectuait une retraite paisible à Morières-lès-Avignon, dans le Vaucluse. Dans l’ensemble de sa carrière, Robert Christophe a enlevé dix titres de champion de France individuel d’été, 7 sur 100 dos (de 1957 à 1964, sauf l’été 1962, où il laissa la victoire à Jean-Claude Raffy), 2 sur 200 dos (1961 et 1962) et, on l’a dit, un en nage libre, sur 100 mètres (57’’6 en 1960), toute rage dehors, quand un sprinteur lui a affirmé que les nageurs de spécialité comme lui étaient des crawleurs « ratés ». Il enleva aussi, à partir du moment où les championnats de France d’hiver furent disputés, quatre titres nationaux d’hiver du 100 mètres dos entre 1961 et 1964, et un du 200 mètres dos en 1962.

Malgré ce tempérament, Robert Christophe ne confondra jamais les genres, et expliquera, ainsi à ses enfants, que dans la compétition, il n’a jamais eu qu’un adversaire, le chronomètre. Et les autres ? Eh ! Bien, dit-il, ils sont comme toi. Seuls devant le temps qui passe. Alain Mosconi, qui battra des records du monde sur 400 et 800 mètres, se souvient du rôle qu’a joué l’ancien lors qu’avant sa première grande compétition « la seule avant laquelle j’ai eu peur », Robert s’est approché de lui et a démystifié la compétition.

« GLOIRE DU SPORT »

Robert Christophe a été intronisé Gloire du Sport en 2010. Le soir de cette cérémonie à la Maison du Sport français, nous sommes quelques-uns autour de lui, Gérard Gropaiz, qui disparaîtra deux ans plus tard, Marc de Herdt. Robert conte des anecdotes de sa vie de nageur et m’annonce qu’il entre le lendemain en chirurgie. Une opération aux hanches dont il se remet bien.

Ces dernières années, ses enfants avaient ouvert une page sur Facebook où ils invoquaient les belles années sportives de leur père. Robert leur avait transmis une abondante documentation illustrée allant des années 1953 à 1964. Après s’être écarté assez longtemps de ses réminiscences sportives, il avait pris goût à s’y replonger et avait renoué contacts avec des nageurs, dont l’Allemand Hans-Joachim Kuppers, qui avait été recordman du monde du 100 mètres dos en 1964.

Il est parti ce matin à 7h15, laissant derrière lui sa famille éplorée : sa femme Huguette, ses enfants Robert et Richard et ses petites-filles Clara et Livra, auxquels

j’adresse mes condoléances attristées.

 

HONGRIE : LA CENTIÈME DE LASZLO CSEH

(Correspondance spéciale Germaine Necker)

Lundi 18 Avril 2016

Katinka Hosszu ayant ostensiblement snobé les championnats de Hongrie, préférant nager à l’Arena de Mesa, les championnats de Hongrie de natation ont manqué un peu de piment.

L’absence de la « dame de fer » n’est sans doute pas innocente. L’impétrante avait fortement critiqué la Fédération, qui, disait-elle, n’aide pas les nageurs et, expliquait-elle en l’espèce, ne sert à rien. Elle avait ainsi envoyé promener l’entraîneur national qui a depuis été rattrapé par une antique affaire de mœurs qui a provoqué son départ à la retraite. La Fédé n’a pas tenté le bras de fer avec Katinka qui représente l’une des rares possibilités de victoires olympiques à Rio et peut être reçu par le Premier ministre sans préavis, celui-ci n’ayant pas laissé ignorer qu’Hosszu est son sportif préféré, hommes et femmes confondues.

Les mêmes forces (demi-fond et brasse) et les mêmes faiblesses (sprint) que dans le passé.

Mais on a fêté le 100ème titre national de Laszlo Cseh qui, à peine moins glouton que les années précédentes, a enlevé quatre titres, dont un 100 mètres papillon en 51s68 (il a toujours déclaré que c’était son objectif majeur aux Jeux olympiques. Daniel Gyurta, 100 et 200 brasse) et son jeune frère Gergely (800 et 1500, 400 4 nages) ont ramené cinq titres à eux deux. Boglarka Kapas (200, 400 et 800 dames) et Zsuzsanna Jakabos (200 papillon, 200 et 400 quatre nages) triplent.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Peter Holoda, 22s38. 100 mètres : 1. Peter Holoda, 49s22; 2. Richard Bohus, 49s58; 3. Dominik Kosma, 49s73. 200 mètres : 1. Peter Bernek, 1:47s43; 2. Dominik Cosma, 1:47s81. 400 mètres :  1. Peter Bernek, 3:47s32; 2. Gergely Gyurta, 3:51s34; 3. Mark Papp, 3:52s14. 800 mètres :  7 :57s28.  1. Gergely Gyurta, 7:51s77. 1500 mètres : 1. Gergely Gyurta, 14 :54s55 ; 2. Kristof Rasovsky, 15 :12s86; 3. Peter Bernek, 15:18s86. 100 m dos :  1. Gabor Balog, 54s97. 200 m dos : 1. Gabor Balog, 1:58s02 ; 2. David Földhàzi, 1 :58s09; 3. Balàzs Zàmbö, 1:58s14. 50 m brasse : 1. Gabor Financsek, 28s33. 100 m brasse : 1. Daniel Gyurta, 1 :1s18. 200 m brasse :1. Daniel Gyurta, 2:10s84; 2. David Horvath, 2:13s68. 50 m papillon :  1. Laszlo Cseh, 23s83. 100 m papillon : 1. Laszlo Cseh, 51s68. 200 m papillon : 1. Laszlo Cseh, 1:54s85; 2. Tamas Kenderesi, 1:56s17. 200 m 4 nages : 1. Laszlo Cseh, 2:0s20. 400 m 4 nages : 1. Gergely Gyurta, 4 :14s79 ; 2. Benjamin Gràtz, 4 :15s16.

DAMES.- 50 mètres : 1. Sarà Joo, 26s26 . 100 mètres :  1. Evelyn Verraszto, 55s39. 200 mètres : 1. Boglàrka Kapàs, 1:58s45. 400 mètres : 1. Boglàrka Kapàs, 4:7s99; 2. Melinda Novoszàth, 4:11s80. 800 mètres : 1. Boglàrka Kapàs, 8:27s14; 2. Eva Risztov, 8:33s30; 3. Adel Juhasz, 8:33s50. 50 m dos : 1. Sara Jao, 29s39. 100 m dos : 1. Reka György, 1:1s86. 200 m dos : 1. Reka György, 2:10s69. 50 m brasse : 1. Anna Sztancovics, 32s11. 100 m brasse : 1. Anna Sztancovics, 1:8s96. 200 m brasse : 1. Dalma Sebestyen, 2:27s47. 50 m papillon : 1. Liliana Szilagyi, 27s14. 100 m papillon : 1. Evelyn Verraszto, 59s80. 200 m papillon : 1. Zsuzsanna Jakabos, 2:8s55; 2. Liliàna Szilagyi, 2:8s83. 200 m 4 nages : 1. Zsuzsanna Jakabos, 2:13s14. 400 m 4 nages : 1. Zsuzsanna Jakabos, 4:39s03; 2. Reka György, 4:39s36; 3. Boglarka Kapas, 4:40s25.

NATHAN ADRIAN, TOUT SEUL, 48 SECONDES AU 100

Dimanche 17 Avril 2016

Le meeting ARENA de Mesa s’est achevé. Il a été plus ou moins gêné par le vent qui a parfois empêché les nageurs de s’exprimer autant qu’ils l’auraient pu. La dernière journée a vu Nathan Adrian et Simone Manuel sur 100 mètres et Katie Ledecky réussit les meilleurs temps. Maya Di Rado a réalisé le doublé 200 mètres dos 200 mètres quatre nages pendant que Katinka Hosszu s’est montrée inhabituellement discrète, et que Michael Phelps a remporté un 200 mètres quatre nages.

Quand on n’a pas d’adversaires, on fait comme si. Katie Ledecky, seule sur 800, a donc poussé les feux comme sa vie était en jeu, sur 800 mètres, nageant à 7 secondes de son record du monde après avoir donné l’impression de pouvoir l’approcher plus encore. Sur les 100 mètres messieurs et dames, Nathan Adrian, 48s06, et Simone Manuel, 53s93, ont foncé, et en finale, fait un peu mieux

DAMES. –100 mètres : 1. Simone Manuel, 53s80; 2. Abbey Weitzeil, 54s22; 3. Dana Vollmer, 54s54; 4. Amanda Weir et Lia Neal, 54s70; 6. Katie Ledecky, 54s89; 7. Kelsi Worrell, 55s45 (en séries, 54s80) ; 8. Margo Geer, 55s50. Finale B: 1. Allison Schmidt, 54s86; 7. Madison Kennedy, 55s21. 800 mètres : 1. Katie Ledecky, 8:13s20; 2. Lotte Friis, Danemark, 8:27s85; 3. Cierra Runge, 8:32s21; 4. Kristel Kobrich, Chili, 8:34s24; 5. Rebecca Mann, 8:35s35; 6. Sierra Schmidt, 8:37s84.  200 m dos : 2:10s96 1. Maya Di Rado, 2:8s61; 2. Kirsty Coventry, Zimbabwe, 2:10s04; 3. Kaitlin Harti, 2:10s23. En séries, Katinka Hosszu, Hongrie, 2:11s88. 200 m 4 nages : 1. Maya Di Rado, 2:11s09; 2. Ella Eastin, 2:11s35; 3. Melanie Margalis, 2:12s22; 4. Madisyn Cox, 2:12s35; 5. Katinka Hosszu, Hongrie, 2:12s37 (en séries, 2:11s06) ; 6. Caitlin Leverenz, 2:14s36; 7. Kirsty Coventry, Zimbabwe, 2:14s76 (en séries, 2:14s32).

 MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Nathan Adrian, 48s00; 2. Cristian Quintero, Venezuela, 49s45; 3. Jimmy Feigen, 49s80; 4. Conor Dwyer, 49s89. En séries, Ryan Lochte, 49s78; Michael Chadwick, 49s96. 1500 mètres : 1. Jordan Wilimovsky, 14:53s12; 2. Michael McBroom, 15:11s62; 3. Oussama Mellouli, 15:16s82; 4. Clark Smith, 15:19s08. 200 m dos : 1. Ryan Lochte, 2:1s04. 200 m 4 nages : 1. Michael Phelps, 1:57s90; 2. Chase Kalisz, 1:59s05; 3. David Nolan, 2:0s89.

CHAMPIONNATS DE GRANDE-BRETAGNE : JAMES GUY RESTE LE N° UN

1:45s19, LE PATRON DU 200 METRES EST TOUJOURS LE MÊME

Éric LAMY

Dimanche 17 Avril 2016

JAMES GUY, LE CHAMPION DU MONDE DU 200 METRES REFAIT AVEC 1:45s19 PRATIQUEMENT SON TEMPS DE KAZAN (1:45s14) ET PREND LA TÊTE DU BILAN MONDIAL DE LA SAISON AUX DÉPENS DE KOSUKE HAGINO, 1 :45s50

Les championnats de Grande-Bretagne se sont terminés à Glasgow. Difficile de dire ce que leurs responsables en pensent. Il y a beaucoup de bon et un peu de moins bon dans ces journées, qui nous ont soumis, ce qui est normal vu le lieu, à une véritable douche écossaise. Premier soir de toute beauté avec Peaty et le 400 mètres de James Guy, puis des soirées beaucoup moins enthousiasmantes, le tissu de cette natation présentant de gros trous, des carences. Il n’y a que les USA, l’Australie, le Japon à pouvoir présenter des équipes solides du sprint au demi-fond, hommes et femmes. En 2014, à Glasgow, où se tenaient les Jeux du Commonwealth, les Britanniques paraissaient avoir effectué un saut qualitatif. Maintenant, toujours à Glasgow, cela semble être bien moins sûr…

Dimanche donc, le 200 mètres nage libre messieurs se présentait peu ou prou comme un one man show. Dès les séries, Duncan Scott nage dans la dernière série, aux côtés de James Guy. A priori, pas de match. Guy, ligne 4 comme il se doit, est le champion du monde en titre, crédité de 1:45s14 ; Scott, lui, engagé à 1:48s25, doit finir cinq mètres derrière, d’ailleurs, Daniel Wallace, Callum Jarvis, Robert Renwick, Nicholas Grainger, Stephen Milne, se présentent tous en meilleure position. Scott, a priori, n’est pas supposé nager pour le titre suprême, mais pour celui des 17-20 ans, un groupe riche de promesses. .

Au moment où la dernière série s’élance, le meilleur temps qu’on a enregistré est celui de Robert Renwick, 1:47s49. James Guy a décidé de ne pas lanterner, qui passe en 25s03, 51s51 et 1:19s04. Seul Scott, fort de sa vitesse qui vient, deux jours plus tôt, de lui donner le titre du 100 mètres aux dépens de Ben Proud, suit d’assez près, 25s32, 52s06, 1:19s47. Sur la fin, James s’économise-t-il, il termine en 28s39 ! Toujours est-il que Scott n’est pas à l’âge des calculs, et le passe. 1:47s28 contre 1:47s33. On peut voir une faute de jeunesse dans cette volonté d’appuyer ainsi en qualifications, je préfère penser qu’il s’agit du talent et du panache conjugués d’un ambitieux.

La finale. Guy appuie cette fois beaucoup plus, 24s50, 51s, c’est un peu dans le style d’Agnel quand il régnait sur la distance, en 2012 et 2013. Scott tente de suivre, mais perd un bon mètre par longueur de bassin (25s07 et 52s37). Guy continue de creuser son avance, 1:18s09 contre 1:19s57 à Scott qui doit moins songer à recoller qu’à sauver la deuxième place. Mais tandis que James termine seul en 1:45s19 il se fait posséder par Milne, auteur d’une énorme accélération finale, en 26s66 pour finir second avec 1:47s15. Le relais britannique, qui a été champion du monde à Kazan, garde une belle santé. Neuf nageurs sous les 1:50s dans les différentes finales, treize à l’issue des séries, en témoignent…

James Guy a ouvert ces championnats par un éclat. Il les termine par un autre éclat…

DAMES.- 100 m brasse : 1. Siobhan-Marie O’Connor, U. Bath, 1:7s15 ; 2. Sarah Vasey, Derby, 1:7s50; 3. Chloe Tutton, Cardiff, 1:7s61. Objectif Tokyo : Layla Black, 16 ans, Leeds, 1:9s95… Tatania Belonogoff, Guilford, 15 ans, 1:10s39. 100 m papillon : 1.  Alys Thomas, Swansea, 58s66. En séries, Rachael Kelly, Loughborough, 58s66.

MESSIEURS.- 200 mètres : 1. James Guy, Millfield, 1:45s19; 2. Stephen Milne, Perth, 1:47s15 ; 3. Robert Renwick, Stirl, 1:47s23 ; 4. Duncan Scott, Stirl, 1:47s31 (en séries, 1:47s28) ; 5. Cameron Kurle, Millfield, 1:47s82 ; 6. Ieuan Lloyd, Cardiff, Warrender, 1:48s23 ; 7. Daniel Wallace, Warrender, 1:48s50 (en séries, 1:48s41) ; 8. Nicholas Grainger, Sheffield, 1:48s53. 200 m dos :  1. Luke Greenbank, 19 ans, Cockermouth, 1:57s79.