Mois : avril 2016

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE (12) CATE CAMPBELL DE JEUDI, 23s84, BAT CATE CAMPBELL DE MERCREDI (23s93) ET BRONTE EN PRIME

LES JOURS PASSENT LES CAMPBELL RESTENT

Éric LAMY

Jeudi 14 Avril 2016

Jeudi a apporté une nouvelle preuve que les Cate n’ont pas peur de l’eau.

Cate Campbell n’a pas raté la dernière phase de son retour au sommet, après une année un peu en dessous de son niveau, passée à récupérer de son opération à une épaule. Elle ne s’est pas contentée, dans cette dernière soirée des championnats d’Australie, à Adelaïde, où elle se dédiait à se qualifier, après avoir gagné son billet sur 100m, 4 fois 100 mètres et (à confirmer à Rio) 4 fois 100m quatre nages, sur la plus courte épreuve du programme olympique.

Il n’était pas destiné qu’elle restât sur ses 23s93 des demi-finales du 50 mètres qui faisaient d’elle la nageuse la plus vite du monde en maillot de bain, c’est-à-dire les performances « dopées » par le polyuréthane.

Elle qui il y a encore trois jours se situait avec un temps de 23s96 à la troisième place ex-aequo avec Francisca Halsall et Marleen Veldhuis, et derrière Britta Steffen, 23s73, et Therese Alshammar, 23s88, n’est plus devancée que par l’Allemande. Mais en performances « tissus », elle est bien la numéro un, donc, la vraie recordwoman du monde, devant Halsall.

Comme Cameron McEvoy chez les garçons, elle a encore plus clairement marqué le territoire, grignotant encore 9/100e de secondes, laps de temps minuscule mais précieux sur une distance de sprint « pur » où chaque centième compte : la voici donc située à 23s84.

Je ne voudrais pas emprunter à Jacques Favre sa lubie, récemment avouée, des signes, mais je vois un témoignage du temps qui passe dans ce que l’aînée des Campbell a franchi la distance plus vite que Jonty Skinner, premier recordman américain du 50m, 23s86 en 1976…]

Elle a également réglé une affaire de famille en devançant sa sœur Bronte de 0s40, ce qui est un monde. Bronte, championne du monde sortante, est restée un peu en-dessous de son record personnel qui est de 24s12. Elle-même devance l’avenir du sprint australien, Shayna Jack, 17 ans et 24s95, laquelle s’entraîne d’ailleurs avec les sœurs à Commerce.

Aujourd’hui, et pour 2016, Cate semble avoir fait le trou, loin devant Sarah Sjöström, 24s17, Francesca Halsall, 24s23, sa sœur Bronte, 24s24 et Ranomi Kromowidjojo, 24s36 (Anna Santamans étant 7e).  Mais les autres n’ont peut-être pas dit leur dernier mot…

DAMES.- 50 mètres : 1. Cate Campbell, Commerce, 23s84; 2. Bronte Campbell, Commerce, 24s24; 3. Shayna Jack, 17 ans, Commerce, 24s95; 4. Brittany Elmslie, Brisbane Grammar, 24s97; 5. Holly Barratt, Rockingham, 25s15.

GRANDE-BRETAGNE (2) : GEORGIA DAVIES, 59s64 EN DOS

Éric LAMY

Mercredi 13 Avril 2016

Après une première journée éclatante, les championnats de Grande-Bretagne, sélectifs pour les Jeux olympiques de Rio, et qui se déroulent à Glasgow, ont donné des résultats de bon niveau sans plus. Chris Walker-Hebborn, le champion du Commonwealth du 100 dos à Glasgow, dans ce même bassin, voici deux ans, a devancé Liam Tancock, dans un temps qui se trouve dans sa fourchette habituelle. Georgia Davies, une Galloise, demi-finaliste olympique à Londres, a battu la minute.

MESSIEURS.- 100m dos: 1. Chris Walker-Hebborn, Ellesmere, 53s73; 2. Liam Tancock, Loughboro, 54s20; 3. Xavier Mohammed, Cardiff, 54s47. 200m papillon: 1. Adam Mallett, Swansea, 1:58s02.

DAMES.- 100m dos: 1. Georgia Davies, Loughboro, 59s64; 2. Elizabeth Simmonds, Bath, 1:0s20; 3. Jessica Fullalove, Co Manch, 1:0s65; 4. Lauren QuigleyStokport, 1:1s00; 5. Kathleen Dawson, Warrington, 1:1s12. 200m brasse: 1. Chloe Tutton, Cardiff, 2:22s34; 2. Molly Renshaw, Loughboro, 2:23s56; 3. Georgina Coates, Leeds, 2:27s10. Séries: 800 mètres: 1. Jazmin Carlin, Bath, 8:36s92; 2. Keri-Anne Payne, Warrender, 8:38s68.

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE (11) : BELINDA HOCKING BAT EMILY SEEBOHM

« MISS CATASTROPHE » RENVOIE DOS A DOS LE TRIO MAGIQUE : SEEBOHM, WILSON, ATHERTON

Eric LAMY

Mercredi 13 Avril 2016

Belinda Hocking ! Vous y auriez pensé, vous, sincèrement, pour le 200 mètres dos dont le nom de la gagnante était déjà inscrit en lettres d’or : EMILY SEEBOHM ? Hocking, c’est elle aussi un nom certes bien établi dans la natation, mais à 25 ans, il ne paraissait pas représenter, semblait-il, une chance sérieuse de se qualifier en face du trio magique qui barrait la route, Seebohm, Wilson, Atherton.

D’abord, rien d’extraordinaire au physique chez cette fille, certes bâtie au moule, comme dans la chanson, tout est bon chez elle il n’y a rien à jeter, mais voilà, 1,65m, 55kg, c’est la « nextdoor girl » dans toute sa splendeur !

Ensuite, n°1 mondiale sur 200 mètres dos en 2014 après ses victoires aux Commonwealth et aux PanPacifics, elle avait vécu en toute fin d’année une série de pas si petites catastrophes qui paraissaient indiquer que le chemin serait barré pour son incorporation aux troisièmes Jeux olympiques de sa carrière : étudiant dans sa chambre entourée de chandelles, elle avait réussi à mettre le feu à son pull over, et, dans la panique, se trouva avec trois doigts en flammes ! ça ne s’invente pas !

L’affaire a abouti à une chirurgie plastique. Deux semaines plus tard, elle se disloquait un genou à l’entraînement, et à quelques temps de là, encastrait sa voiture dans un camion et se tapait la tête sur le volant, sans oublier des ennuis aux épaules nécessitant trois infiltrations.

Une vraie miss catastrophe. On l’excusera d’avoir dit qu’elle avait vécu là une « vraie époque de merde »… Elle vit dans ces accidents à répétition un signe que quelque chose n’allait pas dans sa vie, peut-être qu’il lui fallait songer à autre chose que la natation et annonça sa retraite sportive… mais sans l’officialiser. Ce qui s’appelle nourrir une idée derrière la tête.

C’est pour cela qu’on ne l’a pas trop vue nager en 2015, mais après quelques semaines au régime sec, elle est revenue « with a revenge » et la voilà qui a ajouté Emily Seebohm à son tableau de chasse !!

CATE CAMPBELL MEILLEUR TEMPS MONDIAL « TISSU » AUX 50 METRES

Sur 800 mètres, Jessica Ashwood a réussi un très remarquable 8 :18s42, devançant la jeune Tamsin Cook, révélation de demi-fond à 17 ans, tandis que derrière, de bonnes spécialistes de la longue distance s’entrebattaient derrière le rêve olympique : Kareena Lee, dont le physique de modèle apparait dans des publicités de maillots de bain à travers l’Australie, Kiah Melverton, ou cette étonnante Moesha Johnson, découverte et formée de A à Z, aquatiquement parlant, par Bradford Cooper, qui, en compagnie de Rick Demont, un jour de septembre 1973, à Belgrade permit à l’humanité, pour la première fois, de « franchir » la porte des quatre minutes, sur 400 mètres nage libre –une exploit qu’aujourd’hui deux femmes ont réalisé. Moesha, cette année, s’est levée chaque matin à 4h30 pour nager avant sa journée d’étudiante en sciences biomédicales à Southern Cross University, et son objectif sportif est de représenter l’Australie aux Jeux du Commonwealth 2018.

CAMERON MCEVOY ACHEVE SON TRIPTYQUE

Sur 50 mètres, Cate Campbell n’a pas attendu la finale pour pousser les feux, et à l’arrivée, elle bat le meilleur temps mondial tous temps « tissu ». Il n’y a plus que des nageuses polyuréthane devant elle. Autant dire qu’elle est la vraie « femme la plus vite sur l’eau ». Côté messieurs, Cameron McEvoy a réussi son pari. Il a gagné le 50 mètres tellement facilement, plus d’une mètre d’avance sur Matthew Abood, son plus proche compagnon de la finale du 100 mètres, où, comme Cameron, il développait une technique réjouissante à l’œil, mais, malgré cela, malgré son mètre quatre-vingts quatorze, il était comme désarmé face au nouveau du sprint.

Celui-ci, avec son temps de 21s44, se situe en 3e position cette saison derrière Fratus, Brésil, 21s37 au départ d’un relais, et Florent Manaudou, 21s42, et devant Nathan Adrian, USA, 21s56, et Benjamin Proud, GBR, 21s73. Mais bien entendu, tous les joueurs n’ont pas montré leurs cartes, ainsi Caeleb Dressel, 5e mondial 2015 en 2015 avec 21s53 et qui a laissé entendre de gros progrès cet hiver en yards, ou Vladimir Morozov, et.

Aujourd’hui, il y en aura pour tous les goûts : 50 mètres dames et 1500 mètres messieurs, avec de la nage de grande qualité, chaque fois.

DAMES.- 800 mètres: 1. Jessica Ashwood, Chandler, 8:18s42; 2. Tamsin Cook, UWestern Australia, 8:27s01; 3. Kareena Lee, Mountain Creek, Mooloolaba, 8:31s06; 4. Kiah Melverton, The Southsport School, 8:31s57; 5. Moesha Johnson, Burleigh Aquatic, 8:38s88.

200m dos : 1. Belinda Hocking, Nunawading, 2:6s49 ; 2. Emily Seebohm, Brisbane Grammar, 2:6s59; 3. Sian Whittaker, Melbourne Vicentre, 2:7s47; 4. Minna Atherton, Brisbane Grammar, 2:8s23; 5. Madison Wilson, Saint Peters, 2:8s93 (en demi-finale, 2:8s91) ; 7. Mikka Sheridan, Southport Olympic, 2:11s02. Passages: Hocking: 30.21,1:02.24 (32.03), 1:34.35 (32.11), 2:6.49 (32.14). Seebohm – 29.81/1:02.14 (32.33)/1:34.78 (32.56)/2:06.59 (31.89). 50m brasse: 1. Georgia Bohl, Saint Peters, 30s58; 2. Johansson, Suède, 30s71.

Demi-finales: 50 mètres: 1. Cate Campbell, Commerce,23s93 (meilleur temps mondial tissu) ; 2. Bronte Campbell, Commerce, 24s27 ; 3. Shayna Jack, Commerce, 24s87 ; 5. Brittany Elmslie, Brisbane Grammar, 24s92.  

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Cameron McEvoy, Bondi, 21s44 ; 2. Matthew Abood, Canberra, 22s08; 3. James Magnussen, RAVN, 22s12; 4. Andrew Abood, Marion SC, 22s14; 5. William Stockwell, Commerce, 22s17.  50m dos: 1. Mitchell Larkin, Saint Peters, 24s73; 2. Bobby Hurley, Nunawading, 25s07; 3. Joshua Beaver, Nunawading, 25s25. 100m papillon: 1. David Morgan, TSS, 51s64 ; 2. Grant Irvine, Saint Peters, 51s76; 3. Daniel Lester, Lawnt, 52s33; 4. Christopher Wright, STHPT, 52s60 (en demi-finale, 52s49)

SÉLECTIONS EN AUSTRALIE (10) MÊME EN SÉRIES DU 1500, HORTON, 14:48s77, RESTE TOUJOURS LE « MACK »

Éric LAMY

Mercredi 13 Avril 2016

Si je me fie à mes expériences d’observateur de la natation, le moment des séries du 1500 mètres dans une compétition était celui où les spectateurs s’inventaient une occupation. Celui-ci en profitait pour aller aux toilettes, celle-là me proposait de l’accompagner au bar, d’autres se taillaient une bavette, s’étiraient ou baillaient aux corneilles. Moi, je reconnaissais que le spectacle pouvait être émollient, mais j’ai toujours nourri un énorme respect vis-à-vis de nageurs de 1500 mètres, de leur courage, et ne pouvais quitter aussi facilement mon poste à la tribune de presse ; je suivais (en général), mais j’avais mon truc : tout en complétant mes notes, je commençais par regarder la nage, par prendre les chronos des premières longueurs, essayant de me faire une idée du temps final. Admettons que ça passait en 4:35s aux 400 mètres. Je décidais que le brave nageur de province qui s’échinait dans son parcours était en train de disputer la finale des Jeux olympiques de Rome, en 1960, et qu’il était à la poursuite de John Konrads, le vainqueur de cette course. Si ça passait en 4:30s, manifestement ce gars tentait de s’accrocher aux basques de Bob Windle, qui avait gagné à Tokyo en 1964. A tous les niveaux qui se présentaient, je proposais in petto au nageur la peau d’un ancien vainqueur olympique. Si certains garçons qui croient avoir été d’obscurs nageurs de seconde catégorie savaient quelles courses excitantes et somptueuses ils avaient remporté (ou glorieusement perdu) dans ma tête, ils seraient restés perplexes.

On s’amuse comme on peut

Je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte ça. Parce qu’aujourd’hui, il y a eu une série de 1500 mètres des championnats d’Australie à Adélaïde où nul n’a eu besoin d’inventer une fiction pour s’accrocher à la course. Mackenzie Horton avait décidé de ne pas se contenter de se qualifier, une tâche qui n’aurait pas requis de nager plus vite que 15:50s. Il a été plus près de 14:50s. Il n’avait plus de course à nager dans ces championnats, et donc, il a décidé de se tester et d’appuyer.

Le résultat a donc été 14:48s77, 2e performance mondiale de l’année derrière le record d’Europe de Paltrinieri. Et ce n’est peut-être pas fini, puisqu’il y a une finale qui suit. Derrière, ça a été le désert. 2e temps, Jack McLoughlin, 15:21s45, Jordan Harrison, 15:32s88, etc.

A l’intérieur de sa course, lancée à grande vitesse, Horton a effectué des changements de rythme, ainsi après le 400 et a terminé assez fort compte tenu de sa solitude en course : une situation qu’il va retrouver en finale. En fait, Horton ne trouvera pas à Adelaïde des conditions « agonistiques » proches de celle de son rendez-vous des Jeux olympiques avec Sun, Paltrinieri et autres. Il fut un temps pas si lointain où le meilleur adversaire d’un Australien était un autre Australien (Perkins-Housman en 1992, Perkins-Kowalski en 1996, Hackett-Perkins en 2000…

Passages : 56s26, 1:56s08, 2:56s03, 3:56s01, 4:56s06, 5:54s96, 6:54s32, 7:53s73, 8:53s61, 9:52s98, 10:52s78, 11:52s28, 12:51s89, 13:51s64, 14:48s77, soit 56s26, 59s82, 59s95, 59s98, 1:0s05, 58s90, 59s41, 59s88, 59s37, 59s80, 59s50, 59s61, 59s75, 57s13. Ces trois tiers de course témoignent de l’ « égalité » de sa course : 4:56s06, 4:56s92, 4:55s79…

 

A force d’être tout le temps ensemble, les Campbell ont réussi à faire ex-aequo en qualifications du 50 mètres : 25s11 pour les deux. Devant Brittany Elmslie, 25s41.

GRANDE-BRETAGNE (2) JAMES GUY EN SPRINT SUR 400

Éric LAMY

Mardi 18 avril 2016

James Guy, qui, l’an passé, n’avait cédé, sur 400 mètres, aux mondiaux de Kazan, que devant Sun Yang, en 3:43s75 contre 3:42s58 au Chinois, a pratiquement réédité son temps, au cours de la première journée des championnats de Grande-Bretagne sélectifs pour les Jeux de Rio. Il l’a emporté haut la min en 3:43s84.

A Kazan, Guy avait mené toute la course avant que Sun Yang ne le devance. Ses passages avaient été 54.05, 1:50s64 (56.59), 2:47s17 (56.53) et il avait achevé son parcours en 56.58. A Glasgow : 53s47, 1:49s41, 2:46s06, ce qui donne: 53s47, 55s94, 57s65, 57s78. Une course mal équilibrée, sans doute pour des considérations tactiques (écoeurer ses adversaires) ou stratégiques (se tester dans une course très rapide que cherchera c’est sûr à infliger l’Australien Horton, lequel a nagé 3:41s65 la semaine passée). Ce qu’on ne sait pas trop non plus, c’est s’il a freiné, course gagnée, ou s’il a pris un coup de buis derrière la tête. En revanche, une certitude : avec un passage en 1 :49s41 au 200 mètres, Guy, qui est rappelons-le le champion du monde en titre de l’épreuve, est prêt à nager très vite dans cette course !

Sur 100 brasse, Adam Peaty, sans approcher son record du monde (57s92), a dominé la course et les bilans de l’année 2016. Et Ross Murdoch, médaillé de bronze derrière Peaty et le Sud-Africain Cameron Van den Burgh, enlève la deuxième place.

Toujours à Kazan, Hannah Miley et Aimée Willmott avaient atteint la finale du 400 mètres quatre nages. Ici, elles tiennent toujours la boutique, et elles ont nagé beaucoup plus vite qu’à Kazan.  

MESSIEURS.- 400 mètres :1. James Guy, Millfield, 3 :43s84 ; 2. Stephen Milne, Perth, 3:46s53; 3. Jay Lelliott, Bath, 3:47s68; 4. Timothy Shuttleworth, Loughboro, 3:48s06; 5. Max Litchfield, Sheffield, 3:49s11 ; 6. Ieuan Lloyd, Cardiff, 3:51s88. 400m Target Tokyo : Daniel Jervis, 3:50s96.

100m brasse : 1. Adam Peaty, Derby, 58s41 ; 2. Ross Murdoch, Stirling, 59s31; 3. James Wilby, Loughboro, 1:0s05; 4. Craig Benson, Stirling, 1:0s25; 5. Andrew Willis, Bath, 1:0s34; 6. Charlie Atwood, Bath, 1:0s65; 7. Michael Jamieson, Edinburgh, 1:1s05; 8. Calum Tait, Edinburgh, 1:1s39.

DAMES.- 200 mètres : 1. Jazmin Carlin, Bath, 1:57s62 ; 2. Eleanor Faulkner, Sheffield, 1:58s05; 3. Georgia Coates, 17 ans, Leeds, 1:58s54; 4. Camilla Hatersley, Glasgow, 1:59s44; 5. Rebecca Turner, Sheffields, 1:59s61.

400m 4 nages : 1. Hannah Miley, Garioch, 4:33s40; 2. Aimée Willmott, London, 4:35s52; 3. Abbie Wood, Loughboro, 4:43s03.

JAPON : KOUSUKE HAGINO SUR CINQ FRONTS

34 NAGEURS DANS L’ÉQUIPE DU JAPON,

RECORD, MALGRÉ ZÉRO REPÊCHAGE…

Éric LAMY

12 Avril 2016

Kousuke Hagino, l’autoproclamé Phelps japonais, a été qualifié dans cinq épreuves aux Jeux olympiques de Rio, trois individuelles et deux relais, soit deux courses de moins que son illustre modèle. Il envisageait de se présenter sur 400 mètres nage libre, mais la proximité de cette course avec le 400 mètres quatre nages l’a contraint à un choix déchirant. Il ne se présentera que dans une course individuelle en nage libre, le 200 mètres, où il parait moins bien placé que sur 400 mètres… encore que.

Malgré des minima extrêmement élevés, la natation japonaise sera représentée au Brésil par une assez belle équipe, forte de 34 garçons et filles. Une seule fois dans l’histoire, ils ont délégué une équipe plus importante, 38 nageurs, mais c’était à domicile, aux Jeux olympiques de Tokyo, en 1964.

Ont-ils pris des libertés avec leurs règles et joué par exemple avec les minima FINA ? Non, ils sont restés impavides et ont respecté les temps de qualification qu’ils avaient décrétés, et qu’ils estimaient répondre à leur valeur et à la position qu’ils envisageaient de tenir dans le monde. Pourtant, leurs minima étaient parfois irréalistes, quand dans certaines courses, ils se situaient  au-delà des records japonais ; et d’un autre côté, ce n’étaient pas les tentations qui leur ont manqué, ainsi d’ajouter le nom de Kosuke Kitajima, qui est aujourd’hui LA légende de la natation japonaise, quadruple champion olympique de brasse et encore capable de nager sous la minute sur 100 brasse. Kitajima avait passé le minimum requis en qualification, 59s62 contre 59s63, mais ne l’a pas reproduit en finale. Kitajima, qui avait déclaré qu’il prendrait sa retraite après Rio la prendra avant…

Immédiatement après les championnats, les nageurs seront réunis dans une série de camps de préparation et… Banzaï Nippon !

Résultats :

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Katsumi Nakamura, 22s09 ; 2. Shinri Shioura, 22s14. 1500 mètres : 1. Kouhei Yamamoto, 14 :57s12 ; 2. Hayatsugu Hirai, 15:2s25 ; 3. Atsuya Oshida, 15:10s41. 200m dos : 1. Ryosuke Irie, 1:56s30 ; 2. Masaki Kaneko, 1:56s52 ; 3. Keita Sunama, 1:56s76 ; 4. Hayate Matsubara, 1:57s19. 100m papillon : Takurou Fuji, 52s03 ; 2. Takeshi Kawamoto, 52s36. 200m 4 nages : 1. Kousuke Hagino, 1 :55s07 (record) ; 2. Hiromasa Fujimori, 1 :57s57 ; 3. Daiya Seto, 1:58s30

DAMES.- 50mètres : 1. Rikako Ikee, 24s76 (record du monde juniors) ; 2. Miki Uchida, 25s19. 800 mètres: 1. Miho Takahashi, 8:36s84; 2. Asami Chida, 8:37s08. 200m dos: 1. Natsumi Sakai, 2:10s43; 2. Yuka Kawayoke, 2:10s71; 3. Mayuko Gotou, 2:10s91. 200m brasse: Rie Kanetou, 2:19s65 (record du Japon); 2. Kanako Watanabe, 2:23s54; 3. Runa Imai, 2:24s29; 4. Shakiko Shimizu, 2:24s39; 5. Reona Aoki, 2:24s60.

LES SÉLECTIONNÉS.

Messieurs.- Kosuke Hagino – 200 mètres, 200m 4 nages, 400m 4 nages, 4 fois 200 mètres, 4 fois 100 mètres quatre nages. Ryosuke Irie – 100m dos, 200m dos, 4 fois 100 mètres quatre nages. Junya Hasegawa – 100m dos. Masaki Kaneko – 200m dos. Yasuhiro Koseki – 200m brasse, 4fois 100 mètres quatre nages. Daiya Seto – 400m 4 nages, 200m papillon. Masato Sakai – 200m papillon. Hiromasa Fujimori – 200m 4 nages. Ippei Watanabe – 200m brasse. Katsumi Nakamura – 4 fois 100 mètres. Shinri Shioura – 4 fois 100 mètres. Kenji Kobase – 4 fois 100 mètres. Junya Koga – 4 fois 100 mètres. Takeshi Matsuda – 4 fois 200 mètres. Naito Ehara – 4 fois 200 mètres. Yuki Kabori – 4 fois 200 mètres. Takurou Fujii – 4 fois 100 mètres quatre nages.

Dames.- Kanako Watanabe – 100m brasse, 200m brasse, 4fois 100 quatre nages. Satomi Suzuki – 100m brasse. Rie Kaneto – 200m brasse. Rikako Ikee – 100m papillon, 4 fois 100 mètres, 4 fois 200 mètres, 4 fois 100 mètres quatre nages. Natsumi Hoshi – 200m papillon. Suzuka Hasegawa – 200m papillon. Miho Teramura – 200m 4 nages. Runa Imai – 200m 4 nages. Miho Takahashi – 400m 4 nages. Sakiko Shimizu – 400m 4 nages. Miki Uchia – 4 fois 100 mètres. Misaki Yamaguchi – 400 mètres. Yayoi Matsumoto – 4 fois 100mètres. Chighiro Igarashi – 4 fois 200 mètres. Sachi Mochida – 4 fois 200 mètres. Aoki Tomomi – 4 fois 200 mètres. Sakai Natsumi – 4 fois 100 4 nages.

GRANDE-BRETAGNE (1) PEATY SANS PITIÉ : 58s74 EN SÉRIES SUR 100 BRASSE

Éric LAMY

Mardi 18 avril 2016

Il est des cas où la densité n’affecte pas la flottabilité. C’est quand la densité est celle des résultats et la flottabilité celle des nageurs.

Tenez, prenez ces séries du 400 mètres nage libre des championnats de Grande-Bretagne, qui débutent aujourd’hui au Tollcross de Glasgow ! Six garçons sous les 3:50s00 au 400 mètres, 22 sous les quatre minutes, les championnats de Grande-Bretagne ont commencé et même commencé fort. James Guy s’est qualifié dans le meilleur temps. Le vice-champion du monde de la distance s’est qualifié tranquille, laissant filer dans la dernière partie de la course, n’étant pas menacé par Litchfield et Shuttleworth tandis que Milne et Lelliott, dans la précédente, se tenaient jalousement. Guy aura à cœur de répondre aux 3:41s de Mack Horton à Adelaïde, qui sont de deux secondes meilleurs que son record british, ce soir même…

400 mètres (séries) : 1. James Guy, Millfield, 3:48s74 ; 2. Stephen Milne, Perth City, 3 :48s81; 3. Timothy Shuttleworth, Loughborough, 3:49s11; 4. Jay Lelliott, Bath, 3:49s23; 5. Max Litchfield, 3:49s67; 5. Ieuan Lloyd, Cardiff, 3:49s97.

Même densité, mais à sous un plafond plus bas, avec quatre filles sous les 2 minutes, dans le 200 mètres féminin, emmené par la jeune Georgia Cotes, 17 ans, 1:59s09, suivie par Jazmin Carlin, 1:59s38.

Adam Peaty, lui n’a pas laissé planer le moindre suspense sur 100 brasse. Il mène les séries avec un somptueux 58s74. Ross Murdoch suit en 59s82, et huit hommes sont sous les 1:2s.

SÉLECTIONS EN AUSTRALIE (9): CATE ET BRONTE CAMPBELL, PLUS INTERCHANGEABLES QUE JAMAIS

Éric LAMY

Mardi 12 Avril 2016

C’est sûr, 2016 a commencé en Australie par le retour de Cate Campbell, et l’aînée des « sisters » ne lâche pas le morceau. Sa championne du monde en titre de petite sœur a dû baisser pavillon. Mais sans y mettre la moindre bonne volonté. Les deux filles se sont tirées une bourre dont on a désormais l’habitude avec une hargne d’un peu moins d’une minute suivie de longues minutes de démonstration de tendresse et de complicité fraternelle (excusez : je n’en ai pas le féminin).

Si une personne ne doit pas, au fond, tellement goûter ces manifestations de sororité, c’est bien Emma McKeon, qui, venue du 400 mètres, puis maintenant du 200 mètres, sans oublier le 100 mètres papillon, a depuis un an, montré des ambitions très claires sur la distance-étalon. Vu ses progrès sur les deux autres courses, 200 et papillon, on pouvait s’interroger sur son potentiel dans le 100 mètres. Sans doute se disait-on qu’Emma manque par trop de vitesse pour s’interposer face aux Campbell sur l’aller et retour. Mais il est clair qu’Emma ne le savait pas, parce que ce ne doit pas être le genre de fille se poser ce genre de questions au milieu de l’action.

LE RAPPROCHÉ D’EMMA MCKEON

Mais les Campbell ont fait leur première longueur seules et détachées et McKeon n’a rien pu faire en face de cet ouragan.

Les Campbell, dans l’eau, c’est « the perfect storm », si vous avez vu le film, vous vous trouvez entre le tsunami X qui arrive du large, l’ouragan Y qui vient de la côte, vous êtes pris en sandwich, et vous vous débrouillez avec ça. Cate, sans doute la plus belle sprinteuse du monde dans l’eau, et aussi la plus rapide, touchait en 24s86 ; Bronte en 24s94. Emma, 25s34 devançait, et pas qu’un peu,  les autres finalistes – parmi lesquelles vous auriez du mal à trouver une seule vraie sprinteuse en-dehors des deux nanas qui galopaient devant. Brittany Elmslie, 25s94, Alicia Coutts, 26s00, Bronte Barratt, 26s29, Kotuku Ngawati (qualifiée pour Rio sur 200m 4 nages), 26s39, et jusqu’à la gamine Shayna Jack, 25s89 étant en vrai des demi-fondeuses ou des nageuses de 200 cherchant une place, fut-elle un strapontin, dans un relais pratiquement assuré d’une médaille, et que seul l’aléa, père de toutes les victoires (ou des défaites d’ailleurs) pourrait interdire de chouraver l’or olympique.

CATE VICTIME D’UNE SIESTE AGRESSIVE

Tandis que Cate réglait Bronte d’assez peu, mais très nettement, McKeon était légèrement revenue sur les deux, et touchait pour la deuxième fois de sa vie après les demi-finales de la veille en moins de 53s00, plus nettement cette fois, en 52s80 contre 52s98. Avec cette façon de progresser, l’alerte a été chaude pour les Sisters, qui seront pourtant tranquilles de ce côté-là jusqu’aux Jeux puisque Emma n’est pas qualifiée dans l’individuelle.

Cate et Bronte, interchangeables, sont pratiquement à leur top niveau. Le titre mondial à Kazan, en août 2015, avait été remporté par la cadette en 52s52 devant Sarah Sjöström, 52s70 et Cate, retour d’une opération à une épaule, 52s82. Maintenant, c’est Bronte qui revient d’ennuis récurrents aux hanches (le talon d’Achille des deux filles). De façon assez insolite, Cate avait raconté à la presse locale qu’elle s’était fait mal à un poignet au cours d’une sieste agressive, et les journalistes en ont fait leurs choux gras.

(Il faut dire qu’un tel incident, fort original, peut  se prêter à diverses spéculations… On en restera là, mais chacun sait que le lit est un lieu fort dangereux, il est bien connu que 99% des gens meurent dedans !)

UN RELAIS PRATIQUEMENT INSUBMERSIBLE

…Evoquer ce 100 mètres sans parler du relais quatre fois 100 mètres qui y est attaché serait un péché impardonnable, car sur le papier, le quatuor formé naturellement à la suite de la finale d’Adelaïde vaut déjà deux secondes de mieux que celui qui remporta avec deux secondes d’avance (3:31s48 contre 3:33s67) sur les Américaines le titre à Kazan. Formé demain, il pourrait menacer ou battre le record du monde établi à Glasgow en 2014 , 3 :30s98 par Bronte, Schlanger, McKeon, Cate…

 DAMES.- 100 mètres : 1. Cate Campbell, Commercial, 52s38 ; 2. Bronte Campbell, Commercial, 52s58 ; 3. Emma McKeon, Saint Peters, 52s80 ; 4. Brittany Elmslie, Brisbane Grammar, 53s54; 5. Alicia Coutts, Redlands, 54s09 ; 6. Nkotuku Ngawati, Melbourne Vicentre, 54s10 ; 7. Bronte Barratt, Saint Peters, 54s39 ; 8. Shayna Jack, Commercial, 54s68 (en demi-finale, 54s39).

A noter en séries, la Suédoise Coleman, 53s54, non autorisée à continuer (étrangère) ; Madison Wilson, 54s40, 6e des séries, déclare forfait pour la suite.

(DEMI-FINALES)- 200m dos: 1. Emily Seebohm, Brisbane Grammar, 2:8s10 ; 2. Belinda Hocking, Nunawading, 2 :8s55 ; 3. Madison Wilson, Saint Peters, 2:8s91; 4. Minna Atherton, Brisbane Grammar, 2:9s10; 5. Sian Whittaker, Melbourne Vicentre, 2:9s32; 6. Mikka Sheridan, Southport Olympic, 2:11s48.

MESSIEURS.- 50m brasse : 1. Joshua Palmer, Marion SC, 27s85 ; 2. Jake Packard, Unshine Coast, 27s86. 200m 4 nages : 1. Daniel Tranter, TRGR, 1 :58s72 ; 2. Justin James, Macka, 1:59s12 ; 3. Travis Mahoney, 2:0s53 (en demi-finale, 2:0s48). Thomas Fraser-Holmes, 1 :57s92 en demi-finales et mieux qualifié, déclare forfait pour la finale, supposément pour donner une chance à un autre nageur.

(DEMI-FINALES)- 100m papillon: 1. Irvine Grant, Saint-Peters, 52s09 ; 2. Christopher Wright, Southport Olympic, 52s49.

SELECTIONS EN AUSTRALIE (8): CAMERON MC EVOY CHASSEUR DE GÉANTS

QUAND LA CAVALERIE LÉGÈRE

ENFONCE LA CAVALERIE LOURDE

Éric LAMY

Mardi 12 Avril 2016

C’est une image d’Afrique. Ce lion essaie d’attraper un guépard. Peine perdue. Le guépard est aux lions ce que le lévrier est aux bouledogues. Il ferait des pointes de 100 à l’heure. Le lion n’est pas un manche, mais avec ses 60 à l’heure, il ne fait pas le match. Cameron McEvoy a réactivé dans ma mémoire ce duel du guépard contre le lion…

…Bien avant que Cameron McEvoy ne balance son superbe 47s04 en finale du 100 mètres des championnats d’Australie, un confrère australien, Andrew Hamilton, du Courrier Mail, de Brisbane, le 9 février dernier, avait développé sur le sujet du gabarit de l’impétrant, et titré : McEvoy tend à démontrer que la taille ne compte pas.

Une pierre dans le jardin de Michel Pedroletti, qui milite en France pour les opérations gabarits ? Allez savoir. Dans l’ensemble quand même la taille semble être un facteur favorisant de la performance. Il y a longtemps que rien de définitif ne peut être dit dans certains domaines, et que les vérités d’un jour peuvent être les erreurs de demain. Mais surtout il arrive souvent que, fasciné par un sujet, on ne l’analyse pas dans son contexte et on ne relativise pas ce qu’on y décèle…

C’est une telle intuition qui m’a prévenu d’écrire jusqu’ici quoi que ce soit sur le sujet, car il est épineux et propice aux fausses vérités et aux généralisation abusives.

Le confrère australien ne s’arrête pas à McEvoy, qui évoque aussi le cas de Mitchell Larkin, le double champion du monde de dos, qui est plus grand que McEvoy, mais extrêmement fin, presque fluet, avec 74kg pour 1,89m. McEvoy, lui, pèse actuellement 73kg (il a nagé à 70kg) et mesure 1,83m.

Il convient de préciser que l’anglais « size » employé dans l’article concernant ces nageurs peut se traduire par taille ou gabarit, et que la notion de « size », assez impressionniste,  englobe donc la hauteur et le volume. [Pour une fois, l’anglais, réputé pour sa précision supérieure au français, est plus vague]. Disons en effet que McEvoy et Larkin ne sont pas petits, et même sont plus grands que la moyenne. Mais ils sont relativement petits parmi leurs adversaires nageurs et surtout très fins et légèrement musclés.

Dans son 100 mètres record, Mc Evoy a mis derrière lui (et même beaucoup derrière) des spécimen humains exceptionnels, comme le recordman du monde junior Kyle Chalmers, 1,94m, 95kg, le genre de type avec lequel on ne peut jamais entrer à deux dans un ascenseur, ou James Magnussen, 1,95m, 94kg, qui détient les records de « musculation » de l’équipe australienne et auprès de qui même Manaudou ou Adrian apparaitraient un peu chétifs.

Il y a aussi un mental derrière les succès de McEvoy. L’étudiant en physique de l’Université de Brisbane connait ses maths, et l’addition 50, 100, 200 (sans oublier les trois relais qui vont avec) aux Jeux olympiques de Rio, soit la perspective de la bagatelle de douze courses à fond la caisse en huit jours, ça ne lui fait pas peur. Vainqueur ex-aequo du 200 mètres avec Thomas Fraser-Holmes, recordman du monde « textile » sur 100 mètres et en course ô combien sur 50, il peut être le grand homme des Jeux, aux dépens des quintaux que représentent Nathan Adrian, Florent Manaudou, Kyle Chalmers. Il serait très imprudent de présenter l’affaire comme conclue (après tout ils sont à trois contre un et il y en a d’autres), mais le seul fait qu’on puisse y penser est déjà une chose remarquable. Comme disaient les entraîneurs du temps où ils voyaient passer ces gabarits légers vite comme des flèches : « pas étonnant, il n’a pas grand’ chose à tirer. »

La décision de rester sur les trois courses fut renforcée par ses résultats de Perth, en février, quand il établit avec 47s56 le troisième chrono « tissu » de l’histoire derrière Magnussen et Adrian. Le voici maintenant devant…

Pour McEvoy, les performances qu’il établit, pour encourageantes qu’elles sont, ne présentent aucune garantie : « je ne peux pas prendre ces performances et m’enfuir avec, et elles ne représentent rien si je ne puis pas les reproduire », explique-t-il à juste titre. Le nombre de « favoris » par les chiffres battus aux Jeux olympiques ou ailleurs milite en faveur d’une analyse prudente de ses chances de l’emporter.

Avant les nationaux d’Adelaïde, alors qu’on mettait en avant les caractéristiques et les mensurations de ses puissants adversaires, « j’ai grandi en nageant contre les gens qui étaient plus grands et plus gros que moi, et je suis arrivé  à la conclusion que tout ne part pas d’une question de taille, de volume ou de puissance sur terre et dans l’eau. C’est une question de ratios et se trouve lié à la vitesse à laquelle vous pouvez vous mouvoir dans l’eau. Je pense avoir démontré que la taille n’entre pas en ligne de compte. Mitch Larkin a exactement le même, je ne dirai pas désavantage, mais il se situe dans les mêmes circonstances que moi, il est beaucoup plus petit qu’un nombre élevé de ses compétiteurs à travers le monde. Quand vous gagnez deux titres mondiaux, vous avez le droit de dire que la taille ne compte pas. »

 LES JAPONAIS ET VAN DEN HOOGENBAND

Peut-être que, plus intéressant que la course elle-même, riche pourtant d’enseignements, comme des lecteurs l’ont signalé dans leurs commentaires, il y a cette mini-conférence publique impromptue qui suit la course, et où l’intervieweur interroge le vainqueur et Chalmers. La différence de gabarit entre les deux,11 centimètres et 22 kilos, est frappante. Chalmers est monumental, taille, torse, bras. Il domine McEvoy d’une demi-tête. McEvoy parle, répond à l’intervieweur. Puis Chalmers est interrogé à son tour. Ce qui me frappe à cet instant, c’est qu’alors qu’on ne distingue aucune fatigue, aucun essoufflement chez  McEvoy, Chalmers ne cesse de prendre sa respiration à chaque phrase. Et je me dis que la récupération est une arme de petit gabarit… 

D’une certaine façon, Cameron renoue avec un type de nageur comme Pieter Van Den Hoogenband, dont le registre est très élevé, allant du 50 au 200 mètres. Pieter enleva l’or sur 100 et 200 mètres et le bronze sur 50 mètres aux Jeux de Sydney, en 2000 puis fut encore médaillé d’argent sur ces trois distances aux championnats du monde 2001, d’argent sur 100 et 200 et de bronze sur 50 mètres aux mondiaux 2003. En 2004, en or sur 100 mètres et en argent sur 200 mètres, il nageait encore les 50 mètres, ratant cependant d’une place la qualification en demi-finales. S’il était grand, 1,93m, Van den Hoogenband était plutôt fluet, avec 80kg.

En réalité, les gabarits modestes sont légion dans la natation. En Australie même, Kenneth To, Australien de type asiatique né à Hong-Kong, mesure 1,70m. Il a fait partie de plus d’une équipe australienne ces dernières années et a terminé 8e de la finale du 100 mètres à Adelaïde, où il a nagé en 49s12 (en séries).

Vous pouvez trouver une pépinière de gabarits légers dans l’équipe du Japon où McEvoy et Larkin passeraient presque pour des géants. Irie et Hagino mesurent 1,78m, Seto 1,74m, ce qui ne les empêche pas d’être des nageurs d’élite. Idem chez les filles où la championne du monde du 200 brasse culmine à 1,64m. Dans le passé, pratiquement tous les Japonais se distinguèrent par leur gabarit léger.

Aldo Eminente, qui fut finaliste des 100 mètres olympique en 1952 et en 1956, se souvient du « format de poche » du Japonais Hiroshi Suzuki, 2e de la course en 1952 : « je mesurais 1,73m, et il était plus petit que moi, mais aussi assez frêle. Mais il avait une belle technique, un fort battement de jambes. » Suzuki remonta l’Américain Clark Scholes, vainqueur, dans la fin de course et finit dans le même temps… Ce fut une de ces arrivées où un chronométrage électrique (quoique pas forcément celui de Montpellier, le mois dernier), qui n’existait pas, eut été le bienvenu !

LE DOPAGE DOIT-IL ÊTRE UNE PRIORITÉ A LA FÉDÉRATION EUROPÉENNE DE NATATION ?

Éric LAMY

Mardi 12 Avril 2016

Le dopage peut-il causer du tort à la natation? Sans aucun doute. D’après mon confrère Nick Butler, d’Inside the Games, le site olympique anglais, c’est ce que le candidat à la présidence de la Ligue Européenne de Natation Erik van Heijningen pense, même s’il ne le dit pas expressément.

L’actuel président de la KNZB (fédération royale néerlandaise de natation) a présenté son plan en cent jours pour renforcer les Fédérations européennes de natation, intitulé Progrès, Renforcement et Partenariat.

Butler rappelle la coïncidence entre ce plan et les allégations selon lesquelles cinq dopages de nageurs chinois n’ont pas été dénoncés, et des inquiétudes concernant des failles systémiques dans l’équipe russe de natation qui font craindre que ce sport pourrait être sujet aux mêmes pratiques que l’athlétisme.

Je soupçonne fort la presse anglo-saxonne d’être beaucoup plus intéressée par les questions de dopage que les dirigeants du sport en général. On peut imaginer trente-six raisons convergentes à cette passion médiatique et à ce désamour managérial des questions de dopage, car les points de vue sont vraiment différents.

POURQUOI SONT-CE LES ANGLO-SAXONS

QUI TRAQUENT AINSI LE DOPAGE ?

Les nations anglo-saxonnes ne sont certes pas exemplaires en termes de lutte contre le dopage, et des écarts gigantesques peuvent être admirés, par exemple aux USA, entre les pratiques des sports professionnels, même en amont de leur pratique professionnelle (témoignage du fils d’un ami US : d’un gabarit inhabituel, style Kyle Chalmers, il avait été refusé dans l’équipe de football américain de l’Université parce qu’il avait refusé le programme, si vous permettez la litote, « alimentaire et de soins »). Récemment, l’association australienne anti-dopage fustigeait les pratiques des sports pros du pays…

Si la natation (pas les dirigeants, mais les nageurs et les parents) se bat avec beaucoup de vigueur contre le dopage, c’est, je crois, parce que c’est un sport de jeunes, où le professionnalisme n’intéresse qu’une infime minorité de pratiquants.

Mais dans des pays comme les USA et l’Australie, il y a aussi que les parents sont totalement impliqués au niveau local. Il faut lire les développements désopilants de Michael Phelps sur l’ambiance du club où il a effectué l’essentiel de sa carrière, où les nageurs de l’équipe première voisinaient les gamins de l’école de natation et où des alertes où tout le monde sortait de l’eau en fonction d’une fuite dans une couche culotte. Ce ne sont pas les parents qui encouragent d’habitude à anaboliser leurs enfants !

La presse spécialisée en natation suit, je crois, d’abord par imprégnation des valeurs du milieu, et aussi parce qu’elle est là pour chanter les succès du pays. Les journalistes d’une nation qui pratique l’anti-dopage de façon rigoureuse sont portés à être fanatiquement opposés aux pratiques frelatées, parce qu’ils ont l’impression d’être floués quand des dopés viennent devancer leurs mesdames et messieurs Propre.

Je ne saurais pas dire si Shiwen Ye avait été adroitement dopé avant son triomphe des Jeux olympiques de Londres sur 200 et 400 quatre nages, mais je pense que la réaction de John Leonard, de Craig Lord et tutti quanti était aussi liée à ce que le titre échappait ici à l’Australienne (Coutts), là à l’Américaine (Beisel). Mais si je me mets à la place de mes confrères, je ne suis pas sûr de ne pas nourrir avec le même soupçon une sorte de rancune…

LIGNES D’INFORMATION

ET APPEL À LA DÉNONCIATION

…Actuel vice-président de la Ligue, van Heiningen sait ce dont il retourne, puisqu’il a présidé de 2009 à 2013 le comité de dopage de la FINA. Il a insisté sur le fait que « du bon travail avait été fait » mais admis cependant qu’on pouvait aller plus loin, quantitativement et qualitativement en augmentant les tests hors compétitions et en réduisant les contradictions dans les contrôles selon les pays….

Suite sans doute à l’information selon laquelle des personnes impliquées dans la natation chinoise s’étaient adressées à la presse parce qu’elles ne pouvaient pas contacter sans risque l’Association Mondiale Anti-Dopage, l’idée d’une « ligne d’information » a été mise en avant, où les dénonciateurs pourraient signaler les abus sans risquer d’être pénalisés.

Aux journalistes qui lui posent la question de savoir s’il faut interdire de compétition les pays où le dopage est pratiqué, van Heijningen s’est content de dire que c’était une option. L’idée ne semble pas lui plaire (et à nous non plus de vous à moi) : « nous devons faire bien attention à ne pas bannir les sportifs loyaux. Si nous avons des informations sur un système de dopage organisé dans un pays, alors suspendre le pays est une option. Ce n’est pas à moi d’en décider. Il faut agir de façon professionnelle parce que le dopage est susceptible de tuer le sport.»