Mois : avril 2016

CANADA : BRITANNY MC LEAN RETROUVÉE

Éric LAMY

Lundi 11 Avril 2016

BLESSÉE EN 2014 LA NAGEUSE CANADIENNE 2014 EST REVENUE EN FORCE ET « TRIPLE » 200, 400, ET 800 MÈTRES AUX SÉLECTIONS OLYMPIQUES

A Toronto, les Canadiens ont disputé leurs sélections olympiques avec quelques résultats de bonne valeur. Certes, dans le bassin même qui les vit s’exprimer talentueusement l’an passé aux Jeux Panaméricains, des filles comme Ruck Taylor ou Emily Overholt, qui s’étaient joliment distinguées sont restes assez discrètes, l’ensemble n’en est pas moins satisfaisant.

Au plan des finalistes possible, Santo Condorelli, sur 50 et 100, Yuri Kisil sur 50, et un Ryan Cochrane très esseulé sur les longues distances en crawl, 400 et 1500m et un espoir de relais quatre fois 100 mètres. Mais les chances des filles sont plus diversifiées avec une fille de valeur sur chacun des distances de nage libre, des relais de nage libre que relèvent les performances de valeur respectives de Penny Oleksiak et de Brittany McLean, un 100 dos de Kylie Masse qui la place en position flatteuse, et un relais quatre nages de valeur de 3:55s-3:55s5, qui devrait laisser celui des Françaises à près de trois secondes.

Le triplé des courses de demi-fond, 200, 400 et 800 mètres, de Brittany McLean, et des performances de prestige. McLean qui avait gagné le 200 yards et fini 2e du 500 yards des NCAA, aux Etats-Unis (elle nage à l’Université de Georgie) a opéré un passage aisé au grand bassin. C’est une habituée des grandes courses, qui a fini 7e du 400 mètres des Jeux olympiques de Londres, en 2012. Elle n’est pas très grande, 1,68m, mais bien musclée et donne une grande impression d’énergie. Nageuse canadienne de l’année 2014, elle avait été blessée l’an dernier, et placée légèrement sous l’éteignoir.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Yuri Kisil, 22s23 ; 2. Sam Condorelli, 22s25. 100 mètres : 1. Santo Condorelli, 48s16 (en séries, 48s09) ; 2. Yuri Kisil, 48s58 ; 3. Mark Thormeyer, 49s38. 200 mètres : 1. Mark Thormeyer, 1:48s17 ; 2. Jeremy Bagshaw, 1:48s20. 400 mètres : 1. Ryan Cochrane, 3:48s54 ; 2. Peter Brithers, 3:51s26; 3. Jeremy Bagshaw, 3:51s29. 1500 mètres : 1. Ryan Cochran, 15:0s75. 100 mètres dos : 1.  Javier Acevedo, 53s67 ; 2. Russell Wood, 54s47; 3. Mark Thormeyer, 54s59. 200 mètres dos : 1. Jeremy Dezwirek, 1:58s31. 100 mètres brasse : 1. Jason Block, 1:0s59 ; 2. Richard Funck, 1:0s92 ‘(en séries, 1:0s66); 3. James Dergousoff et Ashton Baumann (en séries, 1:1s02), 1:1s56. 200 mètres brasse : 1. Ashton Baumann, 2:10s69 ; 2. Jason Block, 2:13s21. 100 mètres papillon : 1. Mack Darragh, 53s37. 200 mètres papillon : 1. Mack Darragh, 1:58s22. 200 mètres 4 nages : 1. Luke Reilly, 2:0s71. 400 mètres 4 nages : 1. Luke Reilly, 4:17s14. 4 fois 200 mètres : 1. Canada, 7:18s26 ; 2. Nouvelle-Zélande, 7:22s10. 4 fois 100m 4 nages: 1. Canada, 3:34s55 (Acevedo, 53s78, Block, 1:0s92, Condorelli, 51s60, Kisil, 48s25.

 

DAMES.- 50 mètres : 1. Chantal Van Landeghem, 24s63 ; 2. Michelle Williams, 24s82. 100 mètres : 1. Penny Oleksiak, 53s31 ; 2. Chantal VanLandeghem, 53s91; 3. Sandra Mainville, 54s14; 4. Michelle Williams, 54s45. 200 mètres : 1. Britta McLean, 1:56s94 ; 2. Penny Oleksiak, 1:57s59; 3. Katerine Savard, 1:58s17; 4. Kennedy Goss, 1:58s26; 5. Ruck Taylor, 1:58s67 (en séries, 1:58s27). 400 mètres : 1. Britta McLean, 4:3s84 ; 2. Taylor Ruck, 4:9s93 ; 3. Kennedy Goss, 4:10s30. 800 mètres : 1. Britta McLean, 8:21s40; 2. Olivia Anderson, 8:38s34. 100 mètres dos : 1. Kylie Masse, 59s06 ; 2. Dominique Bouchard, 59s96 ; 3. Hilary Caldwell, 1:0s21; 4. Alexia Zevnik, 1:0s72; 5. Danielle Hanus, 1:0s97 ; 6. Mackenzie Glover, 1:1s20 ; 7. Ingrid Wilm, 1:1s22. 200 mètres dos : 1. Hilary Caldwell, 2:7s96 ; 2. Dominique Bouchard, 2:8s52; 3. Kennedy Goss, 2:9s64; 4. Kylie Masse, 2:9s71. 100 mètres brasse : 1. Kierra Smith, 1:6s93 ; 2. Nicol Rachel, 1:7s10 ; 3. Ter Van Beilen, 1:7s89. 200 mètres brasse : 1. Kierra Smith, 2:23s91 ; 2. Martha McCabe, 2:25s13; 3. Kelsey Wog, 2:25s42. 100 mètres papillon : 1. Penny Oleksiak, 56s99 ; 2. Noemie Thomas, 57s02; 3. Katerine Savard, 57s75. 200 mètres papillon : 1. Audrey Lacroix, 2:8s58. 200 mètres 4 nages : 1. Sydney Pickrem, 2 :11s81 ; 2. Seltenreich-Hod, 2 :12s47. 400 mètres 4 nages : 1. Sydney Pickrem, 4 :38s34 ; 2. Emily Overholt, 4:38s50

SELECTIONS EN AUSTRALIE (7): CAMERON MCEVOY, 47s04, EST DEVENU LE VRAI RECORDMAN DU MONDE DU 100 METRES

Éric LAMY

Lundi 11 Avril 2016

Cameron McEvoy est un nageur dont j’ai souvent entendu vanter les mérites pour une raison un peu inattendue. C’est un garçon de taille normale, qui va à l’encontre des gabarits qui ont envahi le sport, et notamment le sprint. Pendant que d’aucuns semblent être sortis d’un championnat de basket-ball, ou d’une salle de musculation, où ils se fabriquent des corps d’ailleurs fort jolis mais qui n’appartenaient du temps de ma jeunesse qu’aux culturistes californiens, McEvoy, lui, balade ses six pieds (1,83m) pour 70kg, rappelant à tous que la félinité supplante généralement la force quand il s’agit de se mouvoir VITE.

McEvoy est devenu aujourd’hui, à Adelaïde, à l’issue de la finale du championnat d’Australie, qualificatif pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, le nageur de 100 mètres le plus vite du monde. Si deux temps de l’époque du polyuréthane – ce mauvais tour que la FINA a joué aux nageurs –  les supplantent encore, ses 47s04 devraient être considérés comme le réel record du monde de la distance.

« The Professor » (son surnom vient du fait qu’il est un des rares nageurs professionnels à étudier en université – en l’occurrence les maths physique), qui avait été battu aux derniers championnats du monde par un militaire chinois issu d’un épisode de dopage, a donné la leçon, ici.

Kyle Chalmers, son second, considéré vu son âge comme le sprinter de l’avenir en Australie (et du présent, puisqu’il vient de se qualifier pour les Jeux) et qui a nagé dans les temps du trio français de Montpellier – Stravius Mignon Manaudou – a été laissé à une seconde pleine, soit une longueur !

Chalmers est au physique l’antithèse de McEvoy. Avec son 1,95m, ses 95kg et des bras dont on arrive mal à faire le tour, il ressemble autant à un footballeur australien, le sport dans lequel son père s’est illustré, qu’à un nageur. Et pourtant, c’en est un. Ses 48s03 constituent le record du monde junior.

Troisième, James Roberts (le « jumeau » de James Magnussen, tous deux étant nés le même jour), auteur d’une sorte de come-back (il s’était bien fait oublier après voir été le dauphin de Magnussen en 2011 et en 2012) et qui devance le dit Magnussen, qui ne s’est sans doute pas tout à fait remis de son opération d’une épaule mais est entré par la petite porte du relais.

Au cours de l’olympiade, aucun nageur n’avait battu le temps de 47s50. Le deuxième performeur mondial de l’année, pour l’instant derrière McEvoy, est Jeremy Stravius avec 47s97, mais il serait étonnant que le Français conserve cette position après les championnats des USA et d’une ou deux autres nations fortes du sprint – la Russie ainsi. Quoiqu’il en soit, McEvoy « tient la corde ».

Les meilleurs nageurs mondiaux hors polyuréthane :

47s04  Cameron McEvoy, Australie (11.4.2016)

47s10  James Magnussen, Australie (15.3.2012)

47s52  Nathan Adrian, USA (28.7.2012)

47s62  Vladimir Morozov, Russie (15.3.2012)

47s65  Zetao Ning, Chine (14.10.2014)

47s80  Brent Hayden, Canada (28.7.2012)

47s82  Jimmy Feigen, USA (28.7.2013)

47s84 Yannick Agnel, France (28.7.2012) 

 100 mètres : 1. Cameron McEvoy, Bondi, 47s04 ; 2. Kyle Chalmers, Mari, 48s03 ; 3. James Roberts, SOMGC, 48s32; 4. James Magnussen, RAVN, 48s68; 5. Matthew Abood, CBRA, 48s89 ; 6. William Stockwell, COMM, 48s96; 7. Jack Gerrard, Melbourne Vicentre. 49s28; 8. Kenneth To, TRGR, 49s35.

200m brasse : 1. Matthew Wilson, 2 :9s90 ; 2. Nicholas Schaffer, 2 :10s75

MITCHELL LARKIN BIEN SEUL SUR 200 DOS

En demi-finale du 200 mètres dos, Mitchell Larkin, 1:54s68, laisse son second, Joshua Beaver, 1:57s42, à distance respectueuse. Les demi-finales du 200 mètres brasse dames promettent ne course serrée entre Taylor McKeown, 2:24s77, Georgia Bohl, 2:24s91, et Tessa Wallace, 2:25s53. Fraser Holmes s’est qualifié brillamment en finale du 200 quatre nages avec 1:57s92.

De grosses performances ont été réalisées en demi-finales du 100 dames. Cate Campbell a donné la leçon en 52s41, record de l’année, devant Bronte Campbell, 52s78, Emma McKeon, 52s98, première sous les cinquante-trois, et Britanny Elmslie, 53s62.

SELECTIONS EN AUSTRALIE (6) EMMA MACKEON, ALTITUDE 1:54s83, À L’ASSAUT DU MONT LEDECKY

Éric LAMY

Lundi 11 Avril 2016

Si Emma McKeon s’était bel et bien qualifiée avec les honneurs sur 100 mètres papillon au début de ces championnats-sélections australiens, elle a fait bien mieux hier dans la finale du 200 mètres nage libre. Elle s’est positionnée comme une rivale directe de Katie Ledecky et donc comme une prétendante au titre olympique à Rio.

McKeon a fait de gros progrès depuis qu’elle a changé de club du jour au lendemain, estimant que son entraîneur Vince Raleigh – un ami de la famille,  de son père Ron qui a été le premier entraîneur d’Emma ; Raleigh coache toujours son frère David – ne lui amenait pas ce qu’elle voulait. Elle a donc quitté Chandler pour rejoindre Michael Bohl pas loin de là puisque dans la même conurbation de Brisbane… Aux mondiaux de Kazan, on n’avait pas trop vu les résultats de cette décision, et elle avait fini 7e du 200 mètres en 1 :56s41.

Assez grande, 1,78m, plutôt filiforme, 58kg, il ne nous apparaissait pas que la cadette de la famille pouvait titiller les meilleures nageuses du monde, mais il faut bien admettre qu’elle vient de changer de catégorie.

Son temps final, 1:54s83, la très confortable longueur et quelque de corps d’avance sur sa seconde, Bronte Barratt, créditée de 1 :56s34, la violence initiale de son action, le fait qu’elle réprima d’emblée toute tentative de sédition ou d’approche, laissant au premier virage (26s55) ses suivantes, ex-aequo (27s31), Barratt et Madeline Groves, une mètre trente derrière, creusant l’écart dans la deuxième longueur, puis contrôlant avec force tout du long jusqu’à la fin de son effort, tout cela montre une course solitaire, quelque chose d’une marche triomphale.

Emma McKeon effaçait son récent record australien et du Commonwealth, 1:55s53 depuis le 6 mars dernier ainsi que le record « all comers » (réalisé par une nageuse de n’importe quelle nationalité sur le sol australien) détenu par Laure Manaudou depuis les championnats du monde 2007.

Cette année, seule Katie Ledecky, 1:54s43, devance McKeon, laquelle précède de quelques centièmes Sarah Sjöström, 1:54s87, Katinka Hosszu pointant ensuite en 1:55s41.

DAMES.- 200 mètres : 1. Emma McKeon, Saint Peters, 1:54s83 (record d’Australie et du Commonwealth; ancien record, elle-même, 1:55s53) ; 2. Bronte Barratt, Saint Peters, 1:56s34; 3. Madeleine Groves, Saint Peters, 1:57s74; 4. Leah Neale, SPRTN, 1:58s12 ; 5. Tamsin Cook, 17 ans, UWSC, 1:58s14 ;  6. Carla Buchanan, ACACI, 1:58s34; 7. Jessica Ashwood, Chandler, 1:58s73 (en demi-finale, 1:58s28) ; 8. Mikka Sheridan, SOSC, 1:59s70 (en demi-finales 1:59s24).

Rappelons qu’en séries la Suédoise Coleman a nagé 1 :56s17, sa nationalité lui interdisant de nager et d’interférer avec le processus des sélections olympiques.

MESSIEURS.- 200m papillon : 1. David Morgan, TSS, 1:55s63 ; 2. Grant Irvine, Saint Peters, 1 :55s73; 3. Keiran Qaium, Sydney U., 1:56s84; 4. Hugo Morris, CBRA, 1:57s77.

DAMES.- 200m 4 nages: 1. Alicia Coutts, Redlands, 2:9s65 ; 2. Kotuku Ngawati, Melbourne Vicentre, 2:11s03 ; 3. Blair Evans, West Coast, 2:11s14 ; 4. Keryn McMaster, Chandler, 2:12s45 ; 5. Elle Fullerton, Chandler, 2:13s15.

CAMERON MCEVOY AVALE UN DEMI

EN 48 SECONDES 09: FALLAIT QU’IL AIT SOIF !

En demi-finales du 100 mètres, Cameron McEvoy a amélioré son temps des séries, 48s75 et nage 48s09. Le jeune Kyle Chalmers, qui avait dominé les séries, en 48s61, se contente de 49s06. Autres temps : Matthew Abood, 48s89, James Roberts, 49s04, Kenneth To, 49s19, James Magnussen, 49s21 (48s77 en séries). Et puis vous vous en fichez peut-être mais pas moi, mais William Stockell s’est qualifié en finale en 49s29 ! C’est le fils de Tracy Caulkins, l’une des trois plus grandes nageuses du siècle dernier, qui vit en Australie avec son mari, médaillé d’argent olympique sur 100 mètres nage libre en 1984 derrière Ambrose Gaines.

Toujours en demi-finales, Madeline Groves a continué de dominer le 200 papillon,2:9s04 contre 2:9s80 en séries, et devance Briana Throssell, 2:9s17.

Matthew Wilson a nagé 2:10s68 en demi-finales du 200 brasse, Nicholas Schaffer 2:11s62.

Kareena Lee a remporté le 1500 mètres en 16’27s26.

CHAMPIONNATS DES USA : AURELIE MULLER ET MARC-ANTOINE OLIVIER VAINQUEURS DES 5 KILOMETRES

Dimanche 10 Avril 2016

Aurélie Muller et Marc-Antoine Olivier ont remporté leurs courses aux championnats open des Etats-Unis, organisés par le Beach and Golf club sur le lac Miromar, en Floride. Aurélie Muller, la championne du monde des 10km à Kazan, est venue chatouiller sur son épreuve fétiche l’Américaine Haley Anderson, le 5km. Anderson est la championne du monde des 5km. Il ne s’en est pas fallu de beaucoup, les temps respectifs des deux filles étant 1h1:48s307 pour Muller et 1h1:48s409 pour Anderson. On a eu recours à la photo-finish pour départager les deux ondines….

Voir e les trois, la Brésilienne Poliana Okimoto, terminant dans le même mouvement en 1h1 :48s524, autre Brésilienne,  Ana Marcela Cunha suivait de près, qui précédait elle-même deux Italiennes, Rachele Bruni et Ariana Bridi, puis deux Américaines, Emily Brunemann et Ashley Twitchell.

La course fut constamment animée par Muller, Okimoto et Bruni, Anderson se positionnant constamment autour de la cinquième place avant de surgir et de tenter de régler tout le monde au sprint. Muller parvint cependant à l’emporter au sprint.

C’était le jour des Français, car peu de temps après, c’était au tour de Marc-Antoine Olivier – entraîné, comme Aurélie, à Narbonne par Philippe Lucas –  d’enlever, également sur 5km, le titre, d’un rien, devant le champion olympique 2012 des 10km (et 2008 des 1500 mètres) tunisien, Oussama Mellouli. La aussi, la différence était faible, Olivier nageant 57:24s104, Mellouli, 57 :24s246. 3e Ferry Weertman, Pays-Bas, 57 :25s439.

Vendredi, les 10 kilomètres féminins furent remportés par Ashley Twitchell, des USA, laquelle devança l’Italienne Rachele Bruni dans les… dix derniers mètres, en 2h1:51s78 contre 2h1:52s02. La 3e était Cunha en 2h1:55s41. La course fut d’une grande intensité, Twitchell, Bruni et Muller se disputant le commandement. Finalement, Muller rétrogradait en 6e position (2h1:56s441), derrière Haley Anderson, 4e 2h1:56s280, et Okimoto, 2h1:56s432. Elle devançait sa compagne d’entraînement Sharon Van Rouwendaal, 2h2:0s512.

Bruce Gemmel, USA également, pour sa part, dans le 10km messieurs, régla en 1h53:53s791 Weertman, 1h53:55s111 et Mellouli, 1h53:55s569. Suivaient Alex Meyer, 1h53:57s401, puis Marc-Antoine Olivier, 1h53:58s939.

Pour la France, Anis Cheniti terminait 28een 1h59 :19s624.

SCANDAL IN PROGRESS, ou PETITS ARRANGEMENTS ENTRE AMIS

COMMENT MARSEILLE FAIT TOMBER

THOMAS DAHLIA DANS LE PHOCÉE

 

LA FAÇON DE ZAPPER THOMAS DAHLIA, 2e du 100 METRES BRASSE, EN FAVEUR DE PEREZ DORTONA, EST-ELLE UN SIGNE QUE LES SELECTIONS DE JACQUES FAVRE NE SONT QU’UNE SOUPE AU PISTON MARSEILLAISE

Par Majat

Dimanche 10 Avril 2016

La DTN, avant même le début des championnats de France, avait imaginé son équipe-type à  emmener aux Jeux Olympiques.

Et celle-ci, telle que prévu, se dessine.

Toute l’équipe ?, non.

Que se passe-t-il avec le relais quatre fois 100 mètres quatre nages ? Sur le papier, pour la brasse, Giacomo Perez Dortona se qualifiait et l’affaire était réglée.

Patatras, GPD est 3e de la finale du 100 brasse.

S’il avait été 2e, on se serait arrangé et les 2 premiers, deux Marseillais, seraient partis pour nager le relais, on se serait mis d’accord  pour savoir qui aurait nagé quoi, série et finale.

Oui, mais voilà, Thomas Dahlia, dans le même stress que GPD, le bat et est 2e du 100 brasse.

Alors là, ça ne va plus, ça n’entre pas dans les plans, ça !!!

Comment faire maintenant pour shunter Thomas Dahlia ?

Eh bien la solution a été  trouvée. 

GPD est qualifié sur le 50 brasse aux Europe. Il va nager aussi le 100.

Si les quotas ne sont pas ouverts sur une course, personne ne peut s’inscrire sur cette course.

Mais qu’à cela ne tienne, il suffira qu’il fasse le temps FINA et il ira aux Jeux Olympiques.

Vous me direz, et Thomas Dahlia, 2e mais éliminé au profit du 3e?

N’est-ce pas un scandale?

Je reprends les mots de M. Favre « chacun des sélectionnés a gagné le droit d’aller vivre l’aventure olympique »

Qui a gagné  le droit d’aller vivre l’aventure olympique Thomas Dahlia, 2e, ou Giacomo Perez Dortona, 3e ? 

PAR CE SIGNE, TU VAINCRAS !

Dimanche 10 Avril 2016

UNE LECTRICE NOUS SIGNALE LA TENEUR DE L’ENSEMBLE DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE DONNANT LA LISTE DES NAGEURS SÉLÉCTIONNÉS AUX JEUX OLYMPIQUES ET L’ADRESSE ASSEZ MARTIALE QUI SUIT LA DITE LISTE, SIGNÉE JACQUES FAVRE.

Communiqué de presse mercredi 6 avril 2016

Liste des sélectionnés aux jeux olympiques de Rio 2016 

A l’issue de la conférence de presse organisée aujourd’hui au siège de la  Fédération Française de Natation, veuillez trouver ci-dessous la liste des sélectionnés pour les jeux olympiques de Rio, ainsi que le discours de Jacques Favre, Directeur Technique National de la FFN.  

Sous réserve de validation par la Commission Consultative  des Sélections Olympiques le 7 juin 2016 

Sélectionnés à titre individuel avec réalisation du temps de référence olympique Français :

BALMY Coralie   MONTPELLIER METROPOLE NAT. 400 NL   (200 NL, 800 NL)*

BONNET Charlotte OLYMPIC NICE NATATION  200 NL   (100 NL)*

LACOURT Camille CN MARSEILLE 100 Dos

MANAUDOU Florent CN MARSEILLE  50 NL, 4×100 NL

MIGNON Clément CN MARSEILLE 100 NL, 4×100 NL

STRAVIUS Jérémy    AMIENS METROPOLE NAT. 100 NL, 4×100 NL, 4×200 NL    (100 Pap, 200 NL)*  

Sélectionnés au titre d’un relais avec réalisation du temps de référence olympique Français :

AGNEL Yannick MULHOUSE ON 4×200 NL   (200 NL)*

BOURELLY Lorys DAUPHINS TOULOUSE OEC 4×200 NL 

METELLA Mehdy CN MARSEILLE  4×100 NL   (100 Pap)*

POTHAIN Jordan NAUTIC CLUB ALP’38 4×200 NL   (200 NL, 400 NL)* 

Sélectionnés à titre individuel avec réalisation d’un temps pondéré :

GASTALDELLO Béryl  CN MARSEILLE   100 NL   (100 Pap)*

GRANGEON Lara  CN CALÉDONIENS  400 4N   (200 Pap, 200 4N)*   

HENIQUE Mélanie  AMIENS METROPOLE NAT.  50 NL

LESAFFRE Fantine  MULHOUSE ON   400 4N   (200 4N)*

SANTAMANS Anna  OLYMPIC NICE NATATION  50 NL  

WATTEL Marie  OLYMPIC NICE NATATION  100 Pap 

BOUSQUET Frédérick CN MARSEILLE 50 NL

COELHO Jordan STADE DE VANVES 200 Pap 

D’ORIANO Nicolas  DAUPHINS TOULOUSE OEC 1500 NL

JOLY Damien  CN ANTIBES 1500 NL 

Sélectionnés au titre de l’optimisation des relais qualifiés :

CINI Mathilde VALENCE TRIATHLON 4×100 NL

DEBERGHES Fanny ASPTT MONTPELLIER 4×100 4N

FABRE Margaux AS MONTPELLIER 4×200 NL

HACHE Cloé OLYMPIC NICE NATATION  4×200 NL

BUSSIERE Theo CN MARSEILLE 4×100 4N

GILOT Fabien CN MARSEILLE 4×100 NL

MALLET Grégory CN MARSEILLE 4×200 NL

MEYNARD William CN MARSEILLE 4×100 NL 

* épreuves répondant aux mêmes exigences que celles pouvant être nagées par les Sélectionnés sur une épreuve individuelle avec réalisation d’un temps pondéré    

 

JACQUES FAVRE VOIT DES SIGNES

Jacques Favre, DTN :  

« Je crois au pouvoir des signes. 

A la sortie des championnats du monde de Kazan, nous avions choisi de relever de façon radicale notre niveau d’exigence en proposant des critères de sélection aux Jeux Olympiques très élevés. C’est la bonne décision, nous poursuivrons et durcirons ce modèle dans l’avenir. 

L’objectif affiché était de construire, ici et maintenant, une Equipe de France olympique toujours plus compétitive. Les meilleurs nageuses et nageurs français se sont engagés depuis 7 mois pour répondre aux exigences que nous leur avions fixées afin de séparer froidement « le bon grain de l’ivraie ». Ils ont, la semaine dernière, véritablement inversé le niveau des championnats de France entraînant dans leurs sillages l’ensemble de la Natation Française.  Ils ont surtout montré leur lucidité à identifier et à mobiliser leurs ressources pour faire face à l’adversité et à l’épreuve. 

C’est lors de la constitution de la sélection olympique que la notion d’équipe prend tout son sens. Au regard des enjeux sportifs, nous nous devons de respecter les règles que nous nous étions fixées pour pouvoir choisir qui participera aux Jeux Olympiques parmi nos meilleurs athlètes. 

A l’heure de ces choix, les signes nous rappellent à l’ordre : 

Personne ne séparera le capitaine emblématique de l’équipe de France d’un revenant «invraisemblable» alors que le Temps lui-même ne les séparera pas ! Peut-être ne font-ils qu’un ? 

Personne ne s’arrangera avec à la règle au profit d’un relais aux dépens d’un autre alors que tous les relais français sont déjà qualifiés ! Peut-être ne font-ils qu’un ? 

Cette équipe de France que nous allons vous présenter, c’est la nôtre, celle de nos pôles, celle de nos clubs, celle de nos quartiers, celle de nos villes, celle de nos campagnes, elle nous ressemble. Elle peut être imparfaite, mais c’est la nôtre. 

C’est l’Equipe de France qui mérite d’aller écrire notre histoire aux Jeux Olympiques, elle est une et indivisible, éclairée comme la France. Je crois au pouvoir des signes… 

Après les épreuves traversées ensemble cette semaine, comme un passage initiatique, notre équipe de France sera plus forte encore. 

J’ai confiance en nous, comme en chacune et chacun des nageurs à sublimer ce que nous sommes et ce que nous faisons pour une Equipe de France transcendée et performante.  

J’ai foi en notre esprit de corps, nos leaders ont besoin de l’énergie de tous, athlètes et entraîneurs, d’une EQUIPE forte et unie, pour gagner… 

Comme une chaîne d’union, chaque athlète occupe une place essentielle dans la performance de l’équipe, l’humain est au centre de notre décision, je ne peux pas renier mes convictions car chacun des sélectionnés a gagné le droit d’aller vivre l’aventure olympique.  

La natation est un sport collectif, c’est ma conception de notre sport, c’est ma conception De l’Equipe de France olympique, de l’olympisme, de la France. »  

Jacques Favre, DTN, Mercredi 06 avril 2016

54 ANS APRES SON « CRIME » PAS DE PRESCRIPTION POUR LASZLO KISS

Dimanche 10 Avril 2016

Laszlo Kiss, entraîneur national hongrois de l’équipe de natation qui prépare les Jeux olympiques de Rio, a été contraint à prendre sa retraite, après qu’une vieille histoire de condamnation pour viol ait ressurgi dans la presse locale. Kiss avait alors 21 ans (en 1961) quand il fut poursuivi au sujet d’un viol collectif d’une jeune nageuse. Condamné à trois ans, il servit 20 mois de prison.

54 ans plus tard, face à l’étalage dans la presse de sa supposée turpitude de jeune homme, Kiss a déclaré à l’agence national MTI qu’il abandonnait sa position dans l’intérêt du sport hongrois, et parce que santé avait été affectée par le scandale tardif né de sa vieille condamnation. Il a aussi démissionné de son poste de conseiller municipal de sa ville de Százhalombatta. Il assure avoir été condamné dans ce qu’il présente comme un « procès spectacle » basé sur des preuves biaisées, et qu’il a décidé de lutter pour défendre son honneur. « Dans aucun cas je n’ai commis le crime qui a été inscrit dans ce verdict. Je suis le même homme que j’étais il y a une semaine ou cinquante ans. Toute ma vie, j’ai vécu honorablement pour mon métier et à travers lui, pour les sports hongrois. » Délivré dès 1963 après une amnistie générale d’une certaine catégorie de prisonniers, il se remit à nager, puis à entraîner. Parmi ses élèves, la plus célèbre nageuse hongroise de l’histoire avant Katinka Hosszu,  quintuple championne olympique, Krisztina Egerszegi.

Ce 6 avril, le Bureau de l’Association Hongroise de Natation et la Commission des Entraîneurs ont pris fait en cause en faveur de Kiss. « Tout un chacun doit avoir une chance de laver son nom par son comportement et ses actions. A nos yeux, Kiss a réalisé cela.”

Kiss est du même avis. Entraîneur de l’équipe féminine depuis 1993 et de l’équipe masculine depuis 1999, on lui a offert une nouvelle chance et il l’a saisie, dit-il. « Chacun peut voir les résultats de la natation hongroise de ces dernières années et décider si j’ai fait mes preuves », a-t-il posté sur son site web. La Fédération, tout en négociant son départ, devrait proposer le poste d’entraîneur national à Andras Hargitay, le premier champion du monde du 400 mètres quatre nages en 1973, également double champion du monde en 1975 et médaillé de bronze olympique à Munich en 1972. E.L. 

SELECTIONS EN AUSTRALIE (5). SEEBOHM, IMPLACABLE ET SANS RIVALE

MADISON WILSON QUALIFIÉE SUR LE DOS DE MINNA ATHERTON

Éric LAMY

Samedi 9 Avril 2016

100m dos. Le dos féminin australien est le premier du monde, et d’une certaine façon, c’est un crève-cœur de savoir qu’une de ces trois, Seebohm, Wilson, Atherton, ra rester sur le carreau. Bon, je ne vais pas vous chanter la chanson de la belle époque où les Jeux c’était trois nageurs par épreuve et par nation !

Madison Wilson, dauphine d’Emily Seebohm, celle qui l’a accompagnée notamment sur le podium aux mondiaux de Kazan, se trouve ici en face du double défi que lui lancent Seebohm et Minna Atherton, très complices parce que toutes deux appartenant au même groupe, celui de la Brisbane Grammar School. Menace terrible, car ces deux inséparables sont, l’une celle qui règne sur le dos mondial, l’autre celle qui, en améliorant le record mondial junior, n’en finit pas de la talonner et de la menacer directement.

On imagine le stress qu’a vécu Wilson en face de ce défi qui lui oppose son visage de Janus et lui donne l’impression sans doute d’être un peu seule au monde. Mais au départ de la course, tout le monde est livré à sa solitude, et Madison Wilson va jouer son rôle d’outsider avec le panache d’une vraie championne.

La voilà guerrière qui attaque à tout crin, passe même (28s68) devant sa seigneurie Seebohm, laquelle reste très légèrement en dessous de son rythme des demi-finales (28s82 contre 29s69). Atherton n’est pas loin du tout, mais, tandis que Seebohm passera « en injection » avec cette autorité qui la caractérise (et qui lui manqua tant, en finale 2012, en face de Missy Franklin), la jeunette ne pourra pas revenir.

Seebohm est donc plus que jamais numéro un mondiale, et seule, ici, ces derniers mois, Katinka Hosszu a pu donner l’impression d’être en mesure, un jour donné et si elle ne dissipait pas tant, de l’inquiéter. Autant Seebohm que ses deux suivantes sont restées en-dessous de leurs records saisonniers, respectivement 58s34, 59s09 et 59s37 (record mondial junior d’Atherton). Atherton a encore le 200 dos pour se qualifier, mais c’est quand même mal barré parce que Seebohm, 2:6s94 et Wilson, 2:7s18 devancent nettement ses 2:8s90.

Dans une natation qui a appris à garder ses champions, la vie de la jeune dossiste la plus douée du monde n’est pas un long fleuve tranquille !

100m dos : 1. Emily Seebohm, Brisbane Grammar, 58s73; 2. Madison Wilson, Saint Peters, 59s26; 3. Minna Atherton, Brisbane Grammar, 59s59 (en demi-finale, 59s46); 4. Belinda Hocking, Nunawading, 59s81; 5. Sian Whittaker, Melbourne Vicentre, 59s92 ; 6. Kaylee McKeown, Pelican WatersCalloundra, 1:0s64 ; 7. Holly Barratt, Rockingham, 1:0s77.

RIEN NE SEPARE CAMERON MC EVOY THOMAS ET FRASER-HOLMES

200 mètres messieurs. Deux courses assez proches, une arrivée dans le même centième pour Thomas Fraser-Holmes et Cameron McEvoy, vainqueurs ex-aequo dans un temps plus « solide » qu’exceptionnel, 1:45s63. McEvoy, fort de sa vitesse de sprinter, mène, mais sans jamais faire le trou, 24s33 contre 24s37, 50s64 contre 50s90, 1:17s86 contre 1:18s08. A l’arrivée, tous deux se trouvent à 2 secondes 49 du meilleur temps mondial en maillot de bain d’un certain Yannick Agnel, mais l’état de faiblesse du 200 mètres qui ne produit plus de temps d’exception depuis une olympiade donne un certain brillant à ce type de performances qu’atteignaient auparavant des seconds couteaux de la compétition.

Selon un schéma classique mais qui n’en reste pas moins curieux, Mack Horton finit son 200 mètres en 27s67, moins vite que son 400 de l’avant-veille (27s36). Autre notation qui frôle la bizarrerie, toujours concernant Horton, l’addition des quatre sections de 50 mètres les plus rapides de son 400 donnent un temps de 1:48s42, soit seulement une seconde moins vite que sur la course le surlendemain. On se demande si cela signifie quelque chose pour son 1500 mètres : une course à suivre, c’est sûr.

En attendant, une certitude : il y a là un relais quatre fois 200 mètres déjà de valeur supérieure à celui qui ramené la médaille de bronze de Kazan (derrière la Grande-Bretagne et les USA).

MESSIEURS.- 200 mètres : 1. Thomas Fraser-Holmes, Miami, et Cameron McEvoy, Bond, 1:45s63; 3. David McKeon, Chandler, 1:46s61; 4. Daniel Smith, Miami, 1:46s87; 5. Jacob Hansford, SOSC, 1:47s40 ; 6. Mackenzie Horton, Melbourne Vicentre, 1:47s41 (en demi-finale, 1 :47s37) ; 7. Kurt Herzog, SOSC, 1 :47s70 ; 8. Jordan Merrilies, Melbourne Vicentre, 1 :48s07 (en séries 1 :47s76).

MITCHELL LARKIN EN HOMME SEUL

100m dos. Quoiqu’inférieur à son record de la saison, 52s11, deuxième performance mondiale de tous les temps à égalité avec Camille Lacourt, Mitchell Larkin domine. La natation australienne n’est pas l’américaine et dans les spécialités, les hommes et les femmes des Antipodes ne présentent pas une densité impressionnante (vrai malgré le contre-exemple du dos féminin actuel – ce qui est logique pour un pays continent au faible habitat). Ils ont cependant toujours eu le chic pour trouver de formidables individualités. Assez loin derrière Mitch, Joshua Beaver se qualifie tandis que la course sent la fin de piste pour Delaney et Treffers qui ont défendu les couleurs ces dernières années et qu’un possible avenir se profile avec Zac Incerti.

100m dos : 1. Mitchell Larkin, Saint Peters, 52s54 (en demi-finale, 52s48) ; 2. Joshua Beaver, Nunawading, 53s77 (en demi-finale, 53s75): 3. Ashley Delaney, Nunawading, 54s29 (en demi-finale, 54s21) ; 4. Benjamin Treffers, BurleyGriffin, 54s40 (en demi-finale, 54s39) ; 5. Zac Incerti, U. West Coast, 54s41 (en demi-finale, 54s19).

JAPON: HAGINO, ET UN GRAND KOSEKI EN BRASSE

UNE ÉPIDÉMIE DE TALENTS CHEZ LES PETITES FILLES MODÈLES: RIKAKO IKEE, RUNA IMAI ET SUZUKA HASEGAWA

Éric LAMY

Samedi 9 Avril 2016

100 mètres. Cette course n’a pas permis aux Japonais de s’exprimer depuis bien quatre-vingts ans, et l’époque où, forts d’une supériorité technique fondamentale (ils se tournaient largement pour respirer quand, sous le diktat américain, les nageurs du monde entier s’efforçaient de rester bien à plat sur l’eau selon le modèle – assez amusant quand on y pense – de la planche de surf). Mais vingt ans après, les Australiens parvinrent à traduire leurs livres et à pomper les éléments qui permettraient aux Kangourous de dominer à leur tour avant de se faire piquer la technique japonaise par les Américains qui appellent toujours cela l’American crawl (l’histoire est écrite par les vainqueurs). George Haines, le grand entraîneur (Schollander, Spitz, Gary Hall sr) racontait qu’il avait ressenti comme une libération, jeune entraîneur, quand il entendit un formateur expliquer qu’on POUVAIT  tourner son corps pour respirer. Jusque là, c’était un crime de lèse-majesté, puisque Bill Bachrach, le coach de Weissmuller, avait décrété que dans le respirer, les épaules devaient rester à l’horizontale!

Du coup, ayant depuis longtemps perdu leur prééminence technique, les sprinteurs japonais, qui cassaient tout entre 1930 et 1940,  ne gagnent plus ? Question de gabarit, quelques-uns des meilleurs garçons de l’équipe du Japon sont plus petits que les filles d’Australie, de Suède, des USA ou des Pays-Bas ? Allez savoir.

Belle densité démontrée quand même à Tokyo en séries de ces championnats du Japon qualificatifs pour les Jeux olympiques, avec 12 nageurs entre 49s05 (Shinri Shioura) et 49s98. En demis, le ton monte, et Katsumi Nakamura, 48s53, et Shinri Shioura, 48s73, s’avancent. Pas des surprises, ces deux jeunes gens représentaient le Japon aux mondiaux de Kazan où ils ont échoué respectivement aux 14e et 19e places des séries en 48s84 (Shioura) et 40s07 (Nakamura).  Le cut pour la finale se joue à 49s76 avec une densité phénoménale, classique aujourd’hui dans les épreuves de vitesse en natation. La finale tient ses promesses. Shinri, le plus sprinteur du lot, passe en tête en 23s05. A ce moment, Nakamura est encore sixième, mais on connait la fulgurance de ses retours. Il cueille littéralement Shioura sur le mur. Avec 48s25 et 48s35, les deux premiers effacent le record du Japon, 48s41.

100 mètres : 1. Katsumi Nakamura, 48s25 ; 2. Shinri Shioura, 48s35 ; 3. Kenji Kobase, 49s07; 4. Junya Koga, 49s25; 5. Akira Nanba, 49s40 ; 6. Reo Sakata, 49s50 ; 7. Kenta Ito, 49s57 ; 8. Katumi Komatsu, 49s58 (en demi-finale 49s46). En séries, Nanba Akira, 49s45.

 200m. Une formalité pour Hagino qui gagne d’une longueur de corps. Derrière, même si ça nage moins vite, cela donne un beau relais en perspective, qui vaut déjà dans les 7’4s-7’5s… L’an dernier, en l’absence de son chef de file, ce relais avait été laminé dès les séries.

200 mètres : 1. Kousuke Hagino, 1:45s50 ; 2. Takeshi Matsuda, 1:46s88 ; 3. Naito Ehara, 1:46s89; 4. Yuuki Kobori, 1:47s27; 5. Tsubasa Amai, 1:48s19 ; 6. Takumi Komatsu, 1:48s38. En demi-finales, Katsuhiro Matsumoto, 1:48s33.

400m. Le programme des Jeux a collé ensemble le 400 libre et le 400 quatre nages, ce qui fait que Hagino a dû choisir entre deux de ses meilleures courses. Il a abandonné la nage libre, et du coup, les championnats du Japon ne sont plus aussi reluisants. La victoire se joue trois ou quatre secondes moins vite que si le « Phelps japonais » avait été là.

400 mètres : 1. Naito Ehara, 3:47s43 ; 2. Yousuke Miyamoto, 3:48s42.

100m dos. Pas un grand Irie, qui se « traîne » à une seconde de son record du Japon (53s26 contre 52s24) et se fait secouer à chaque tape de son parcours, jusqu’en finale par le vieux Junya Koga et le benjamin de la finale Kawamoto, lesquels le précédent à l’issue de la première longueur. Au retour, il s’impose et tient la drage haute à Hasegawa…

100m dos : 1. Ryosuke Irie, 53s26 ; 2. Junya Hasegawa, 53s49 ; 3. Junya Koga, 53s57; 4. Takeshi Kawamoto, 53s64; 5. Hayate Matsubara, 54s12.

100m brasse. Sur 100 mètres brasse, un temps de qualification, 59s62, du « légendaire » Kosuke Kitajima, avait créé quelque émotion. Kitajima n’est pas un nageur comme les autres, il a, en 2004 et en 2008, enlevé les deux titres olympiques de brasse et on vous passe le reste de son palmarès. Sa notoriété atteint un tel niveau qu’elle lui a apporté des sponsorings à ne plus que savoir en faire et une fortune qui correspond à des millions d’Euros. Mais tout cela ne l’a pas détourné de sa passion sportive et, tout en commentant les compétitions à la télévision, il a continué de nager à un niveau très élevé, se mêlant encore aux finales nationales, frôlant parfois la victoire. Mais à 33 ans, on ne le voyait plus se qualifier pour les Jeux olympiques, ce qu’il a fait. En finale, il n’a pu empêché Yasuhiro Koseki de gagner (59s66), mais touchait 2e en 59s93. Il devançait Ryo Tateishi, 1:0s36.

100m brasse : 1. Yasuhiro Koseki, 59s66 ; 2. Kosuke Kitajima, 59s93 (en demi-finale, 59s62); 3. Ryo Tateishi, 1:0s36; 4. Hayato Watanabe, 1:0s53; 4. Yuuta Oshikiri, 1:0s54.

200m brasse. Un des points forts de la natation japonaise, qui détient le record du monde, 2 :7s01 par Yamaguchi. Koseki, aussi vainqueur sur 100 mètres, est l’homme fort de ces championnats. Il gagne facilement.

200m brasse : 1. Yasuhiro Koseki, 2:8s14 ; 2. Ippei Watanabe, 2:9s45 (en séries, 2:8s83) ; 3. Hayato Watanabe, 2:9s91; 4. Kazuki Kohinata, 2:9s93; 5. Kosuke Kitajima, 2:9s96 ; 6. Ryo Tateishi, 2:10s98.

200m papillon. Sakai et Seto sont parvenue en finale l’an passé à Kazan, et ils tiennent encore le haut du pavé. Sakai, qui avait fini 4e des mondiaux avec 1 :54s24 s’améliore de… trois centièmes, mais se retrouve derrière le double champion du monde du 400m quatre nages, 6e à Kazan en 1 :55s16

200m papillon : 1. Daya Seto, 1:54s14 ; 2. Masato Sakai, 1:54s21; 3. Nao Horomura, 1:55s98.

400m 4 nages. Dès les séries du 400 quatre nages, Hagino n’a pas fainéanté, qui signe un 4:9s80, temps qu’il est le seul à battre en finale. Son record du Japon reste à 4 :7s61 (championnats du Japon 2013). Il laisse le champion du monde, Seto, sept mètres derrière lui. C’est qui le patron ??

400m 4 nages: 1. Kousuke Hagino, 4:8s90; 2. Daya Seto, 4:13s52 ; 3. Takeharu Fujimori, 4:14s77.

DAMES

100 mètres: 1. Miki Uchida, 53s86 (record du Japon, ancien Ikee, 53s99) ; 2. Kikako Ikee, 54s06 ; 3. Yayoi Matsumoto, 54s43 ; 4. Misaki Yamaguchi, 54s99 ; 5. Chihiro Igarashi, 55s05.

200 mètres : 1. Rikako Ikee, 1:57s39 ; 2. Chihiro Igarashi, 1:58s06; 3. Sachi Mochida, 1:58s58; 4. TomomiAoki, 1:58s80; 5. Aya Takano, 1:59s09.

400 mètres : 1. Chihiro Igarashi, 4 :9s70.

100m dos : 1. Natsumi Sakai, 1:0s12 ; 2. Miyuki Takemura, 1:0s18 ; 3. Emi Moronuki, 1:0s37; 4. Anna Konishi, 1:0s65; 5. Shiho Sakai, 1:0s70; 6. Masumi Takaba, 1:0s72.

100m brasse: 1. Kanako Watanabe, 1:6s57; 2. Satomi Suzuki, 1:6s72; 3. Rie Kanetou, 1:6s79; 4. Runa Imai, 1:7s27; 5. Reona Aoki, 1:7s40.

100m papillon.Rikako Ikee, née le 4 juillet 2000, améliore son record national du 100 papillon en demi-finale de la plus petite marge, 57s55 contre 57s56, et enlève la finale. Elle devance largement Natsumi Oshi, la vice-championne du monde du 200 m papillon. L’enfant prodige de la natation japonaise est aussi la première nageuse de crawl de l’archipel sous les 54s (53s99).

100m papillon : 1. Rikako Ikee, 57s71 (en demi-finale, 57s55) ; 2. Natsumi Hoshi, 58s60; 3. Suzuka Hasegawa, 58s71.

200m papillon. Natsumi Hoshi, recordwoman du Japon et médaillée de bronze olympique avec 2 :4s69 (2012) et championne du monde 2015 avec 2 :5s56, reste dans le coup à 25 ans. Mais il lui a fallu batailler ferme avec l’une des petites merveilles de la nouvelle génération nippone, Hasegawa, qui entre dans sa 16e année.

200m papillon: 1. Natsumi Hoshi, 2:6s32 ; 2. Suzuka Hasegawa, 2:6s92 (en demi-finale, 2:6s85) ; 3. Nao Kobayashi, 2:9s63.

200m quatre nages. Eviction sensationnelle de Kanako Watanabe. La championne du monde du 200 mètres brasse, médaillée mondiale du 200 quatre nages, mène au temps à l’issue des demi-finales, qu’elle a nagées en 2:11s58. La première demi-finale a été enlevée par Shimizu en 2:11s69. Mais ça complote derrière, et ce sont les secondes des demi-finales qui auront le dernier mot. Teramura l’emporte, seule sous les 2:10s, et la toute jeune Runa Imai effectue une remonté époustouflante dans le parcours de crawl (30s79), bat le record du monde junior et souffle l’argent. Wakanabe est loin de son temps des mondiaux de Kazan, où elle avait té créditée de 2:8s45, record du Japon. Est-elle en mauvaise forme, a-t-elle raté sa course, ou encore a-t-elle sous-estimé ses adversaires ? Rester à deux secondes et demi de son record, voilà qui n’a pas pardonné. Pourtant, sur 100 brasse, elle a atteint pratiquement son niveau de Kazan, 1:6s57 contre 1:6s53… Alors ?

200m 4 nages: 1. Miho Teramura, 2:9s87; 2. Runa Imai, 2:10s76 (record du monde junior) ; 3. Kanako Watanabe, 2:10s93 ; 4. Shakiko Shimizu, 2:11s09 ; 5. Yui Ohhashi, 2:12s12.

400m 4 nages : 1. Miho Takahashi, 4:35s55 ; 2. Sakiko Shimizu, 4:36s68 ; 3. Yui Ohhashi, 4:37s33; 4. Hiroko Makino, 4:40s58.

 

EINDHOVEN: HEEMSKERK HONORE SA WILD-CARD

..AVEC UN 200 METRES EN 1’55s85

Samedi 9 Avril 2016

Femke Heemskerk a gagné le 200 mètres du meeting d’Eindhoven en 1:55s85, performance qui la propulse à la 7e place dans le monde pour l’année et pour l’instant. Elle avait nagé 1:56s16 à Amsterdam en décembre dernier. Femke a eu droit à un privilège, elle a été qualifiée directement dans la demi-finale sans passer par les séries. Elle avait nagé la veille dans le relais quatre fois 200 mètres ce qui lui a valu une rarissime wild card. Elle se qualifia ensuite brillamment pour la finale, en 1:56s61…

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Renzo Tjon A Joe, Surinam, 22s33. 100 mètres : 1. Sebastiaan Verschuren, 48s73 ; 2. Renzo Tjon A Joe, Surinma, 49s30 ; 3. Pieter Timmers, Belgique, 49s35; 4. Damian Vierling, Allemagne, 49s56; 5. Glenn Surgeloose, Belgique, 49s57. 400m : 1. Martin Bzoskowski, 3:48s38 ; 2. Jacob Heidtman, Allemagne, 3:49s25 ; 3. Poul Zellmann, Allemagne, 3:50s70. 1500 mètres : 1. Poul Zellmann, Allemagne, 15:11s88. 100m brasse : 1. Nicholas Quinn, Irlande, 1:0s95. 50m dos : 1. Carl-Louis Schwarz, 25s66. 100m papillon : 1. Joeri Verlinden, 51s79. 200m 4n : 1. Kylie Stolk, Af’Sud, 2:1s48; 2. Pavel Jenecek, 2:1s83. 400m 4n : 1. Jacob Heidtmann, Allemagne, 4:16s92

DAMES.- 50 mètres: 1. Ranomi Kromowidjojo, 24s36; 2. Dorothea Brandt, Allemagne, 24s84. 3. Tamara Van Vliet, 24s87. 200 mètres : 1. Femke Heemskerk, 1 :55s85 ; 2. Robin Neumann, Allemagne, 1:57s85; 3. Marritt Steenbergen, 1:57s87; 4. Esmee Vermeulen, 1:57s93; 5. Andrea Kneppers, 1:59s60. 200m dos : Jenny Mensing, Allemagne, 2:12s84. 50m brasse : 1. Rikke Moeller Pedersen, 31s69. 200m brasse: 1. Rikke Moeller Pedersen, 2:22s83. 50m papillon : 1. Ranomi Kromowidjojo, 25s62 ; 2. Jeannette Ottesen, Danemark, 25s80 ; 3. Maalke de Waard, 25s83. 200m 4 nages: 1. Evelyn Verraszto, Hongrie, 2:13s32 ; 2. Masine Volters, Allemagne, 2:14s51. 4 fois 200m : Pays-Bas, 7 :52s06 (Marritt Steenberger, 16 ans, 1 :57s95, Esmee Vermeulen, Robin Neumann, Femke Heemskerk, 1:56s06.