Mois : avril 2016

SUDAMERICAINS : GRABICH DEVANT QUINTERO, 49s59, 49s69

Lundi 4 Avril 2016

Peut-on se demander à quoi servent les championnats régionaux, comme d’Amérique du Sud ou d’Europe, l’année des Jeux olympiques ? A nager bien sûr ! Mais leur valeur n’est pas bien établie. A Asuncion, Paraguay, au bas mot la moitié et sans doute plus des meilleurs nageurs du sous-continent ont snobé un rendez-vous qui évolue, en valeur, à mi-chemin entre la session de rattrapage et la réunion des recalés. Sur 100 mètres, cependant, Grabich est un des rares très bons sprinteurs qui s’est déplacé

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Federico Grabich, Argentine, 49s59 ; 2. Cristian Quintero, Venezuela, 49s69; 3. Guido Buscaglia, Argentine, 49s98.

1500 mètres : 1. Esteban Jos Enderica, Equateur, 15:8s57.

50 m dos: 1. Guilhermo Augusto Guido, Brésil, 25s19.

200m brasse : 1. Carlos Claverie, Venezuela, 2 :10s44

50m papillon: 1. Santiago Grassi, Argentine, 24s03.

100m papillon : 1. Albert Subirats, Venezueal, 51s90 ; 2. Santiago Grassi, Argentine, 52s44.

4 fois 100m4nages : Venezuela, 3:36s88.

DAMES.- 100 mètres: 1. Etiene Medeiros, Brésil, 54s83; 2. Manuella Lyrio, Brésil, 55s07.

800 mètres : 1. Andreina Pinto, Venezuela, 8:32s31

50m dos : Andrea Berrino, Argentine, 28s11 ; 2. Etiene Medeiros, Brésil, 28s17.

200m brasse : Julia Sebastian, Argentine, 2:27s03.

50m papillon: 1. Daiene Dias, Brésil, 26s53; 2. Daynara Paula, Brésil, 26s68.

100m papillon : 1. Daynara Paula, Brésil, 59s11 ; 2. Daiene Dias, Brésil, 59s33 ; 3. Isabella Paez, Venezuela, 59s66.

MONTPELLIER (12) MANAUDOU HAUT LA MAIN

… STRAVIUS (A METELLA): « BAS LES PATTES »

Eric LAMY

Lundi 4 Avril 2016

Retourné dans son cadre de nageur de 50 mètres, Florent Manaudou fait montre de son savoir-faire de sprinter total. Cela donne un déboulé en 21s42, une bonne performance pour lui et la seconde de l’année derrière les 21s37 (réalisés au départ d’un relais) du Brésilien Bruno Fratus. C’est aussi à un poil près son temps en demi-finale des mondiaux de Kazan (21s41 pour être précis) et moins bien qu’en finale, toujours à Kazan, 21s19. Manaudou, qui n’aime pas l’effort absolu quand cela ne se justifie pas, mais qui s’énervait de courir derrière un minimum (beaucoup plus agaçant que de nager l’adversaire) a été aussi moins vite qu’à Berlin en 2014 (champion d’Europe, 21s32) ou qu’aux Jeux, à Londres, 21s34. Mais bien entendu, cela ne signifie aucunement un déclin : ici la tâche était à la fois tellement facile et tellement stressante, et il se savait aussi peu menacé que possible par n’importe quel nageur et aussi en danger, rapport au temps à réaliser qui, même pour un sprinteur de sa classe, n’est jamais, mentalement facile à aborder.

Clément Mignon, qui paraissait devoir enlever la 2e place du podium, s’est fait voler l’argent par Fred Bousquet, vieux cheval de retour, dans un temps assez quelconque, 22s09, et qui ne le qualifie pas pour Rio, mais j’imagine que la place, fort justement, le satisfaisait.

Mehdy Metella, qui avait donné cet hiver l’impression de bien maîtriser son 100 mètres papillon, s’est salement fait piéger par celui qu’il faudra bien appeler le bourreau des Marseillais à ces championnats de France, Jérémy Stravius. Ce n’est pas d’hier que nous connaissons la capacité de Jeremy de se transformer à volonté en dossiste ou en crawleur, mais de là à venir torcher un Metella en pleine maturité dans ses eaux territoriales, en papillon, il y avait un pas qu’il a gaillardement franchi, avec cette attitude tranquillement benoîte de celui qui fait une bonne farce.

Il fallait certes pour cela que Mehdy reste un peu en-dessous du niveau où on l’attendait, dans ce qui était son grand rendez-vous de l’année. Mais on ne peut sous-évaluer le « coup » de Stravius, qui, cette année, ne présentait aucun résultat sur la distance. Il fallait se référer à un poussiéreux 50s04 en petit bassin réalisé à Herning en 2013 pour le cadrer. Cependant, en 2014, il avait nagé à Chartres, un 52s78 qui représentait la 2e performance mondiale de l’année, en sandwich entre Metella, 51s96, et… Camille Lacourt, 53s64. Un an plus tôt, à Rennes, l’Amiénois avait signé un 52s04 qui lui avait valu le titre de champion de France. Donc, Stravius avait quelques créances sur le sujet et les a fait valoir avec talent. Il s’était promis de ne plus jamais « dosser » cette saison, mais cette promesse de se concentrer sur le crawl ne l’enfermait pas et n’incluait pas le papillon. Metella qui imaginait taper Phelps aux Jeux olympiques n’a pas passé l’obstacle Stravius aux France, et a trébuché d’assez loin sur les minima…

Ce qui ressort aussi de l’aventure, c’est que si, dans le relais quatre nages, la France dispose de deux « papillonneurs », il n’est pas sûr du tout qu’aux Jeux, celui qui nagerait la finale sera Metella (à condition seulement qu’on lui accorde un billet). Si l’on additionne bien, cela serait, au jour d’aujourd’hui, Lacourt en dos, Bussières en brasse, Stravius en papillon et Mignon en crawl…

UN 4 FOIS 100 DAMES QUALIFIÉ DE JUSTESSE

A propos de relais, les quatre premières du 100 mètres ont signé une performance collective qui devrait les qualifier pour Rio. Charlotte Bonnet, comme l’an passé, devance Béryl Gastaldello dans  des eaux à peu près équivalentes. Mathilde Cini, qu’on repérait jusqu’ici en nage sur dos, a réalisé des progrès fulgurants pour devancer Anna Santamans qui n’a jamais réussi jusqu’ici à amener son 100 mètres à un niveau un tant soit peu équivalent à celui de son 50 mètres.

En dos féminin, la jeune Mahieu n’a pas été à la mesure des attentes qu’avaient suscitées ses évolutions de 2015. Elle paraissait pourtant très ambitieuse avant ces championnats, mais il s’est passé quelque chose. Quoi ? Elle déclarait à La Voix du Nord qu’elle s’était probablement « mis trop de pression avec des objectifs très élevés. » Et, continuait le confrère, c’était là où elle avait moins d’ambitions qu’elle s’en est le mieux sorti. C’est à cet âge qu’il vaut mieux faire ce genre de fautes !!

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Florent Manaudou, Marseille, 21s42 ; 2. Frederick Bousquet, Marseille, 22s09 ; 3. Clément Mignon, Marseille, 22s22 ; 4. Yonel Govindin, Toulouse, 22s38 ; 5. Fabien Gilot, Marseille, 22s45 ; 6. Eddie Moueddene, Amiens, 22s52

Record du monde : Cesar Cielo, Brésil, 20s91. Record d’Europe et de France : Frédérick Bousquet, France, Marseille, 20s94. Minima Rio : français : 21s82 ; FINA : 22s27. Minima Londres : 22s26.

100 mètres papillon : 1. Jeremy Stravius, Amiens, 51s66 ; 2. Mehdy Metella, 51s84 ; 3. Joeri Verlinden, Pays-Bas, 52s57 ; 4. Paul Lemaire, Toulouse, 53s20 ; 5. Jordan Coelho, Vanves, 53s24 ; 6. Paul Poulet, Toulouse, 53s40 ; 7. Flavien Aubry, Créteil, 53s74 ; 8. Martin Maisonneuse, Montauban, 54s09. Finale C : Serguei Comte, Bron, 16 ans, 55s84.  

Record du monde : 49s82, Michael Phelps, USA. Record d’Europe : 49s95, Miroslav Cavic, Serbie.

Record de France : 51s24, Mehdy Metella, Marseille. Minima Rio : français : 51s61 ; FINA : 52s35. Minima Londres : 52s52.

 DAMES.- 100 mètres : 1. Charlotte Bonnet, Nice, 53s93 ; 2. Béryl Gastaldello, Marseille, 54s10 ; 3. Mathilde Cini, Valence, 54s44 ; 4. Anna Santamans, Nice, 55s11 ; 5. Léna Bousquin, Bordeaux Bastide, 55s37 ; 6. Margaux Favre, Aqualove Montpellier, 55s38 ; 7. Cloé Hache, Nice, 55s46 ; 8. Assia Touati, Toulouse, 56s05. En séries, Kelsi Worrell, USA, 54s37

Record du monde et d’Europe : 52s07, Britta Steffen, Allemagne. Record de France : 53s49, Malia Metella, DTOEC. Minima Rio : français : 53s72 ; FINA, 54s43. Minima Londres : 55s17

200 mètres dos : 1. Camille Gheorghiu, Montpellier-Antibes, 2:12s14 : 2. Fantine Lesaffre, Mulhouse, 2:14s01 ; 3. Pauline Mahieu, US Saint-André-Font-Romeu, 2:14s97 ; 4. Cyrielle Duhamel, Béthune, 2:15s04 ; 5. Lara Grangeon, Calédonie, Font-Romeu, 2:15s06.

Record du monde :  2:4s06, Melissa Franklin, USA. Record d’Europe : 2:4s94, Anastasia Fesikova, Russie. Record de France : 2:6s64, Laure Manaudou, Mulhouse ON. Minima Rio : français : 2:8s44 ; FINA : 2:10s60. Minima Londres : 2:12s33.

MONTPELLIER (11) CAMILLE LACOURT ET JORDAN POTHAIN HEROS DU JOUR

Eric LAMY

Samedi 2 Mars 2016

C’est un beau 400 mètres que Jordan Pothain, l’homme-qui-touche-plus-vite-que-l’ombre-de-Yannick-Agnel, a remporté devant Damien Joly, dans ce qui paraissait comme un classique du genre, entre le présumé plus rapide et le manifestement plus endurant, une course un peu plus leste que prévue. Pothain pouvait être considéré comme un favori, sinon des cœurs, du moins des pronostics, puisqu’il avait nagé, le 7 février dernier, à Amiens, les huit longueurs de bassin en 3:48s50, deux bonnes secondes de mieux que les 3:50s70 de Joly à Riccione, fin décembre. Derrière ces deux, au cours de la saison, Yannick Agnel avait réalisé 3:52s87, un temps qui n’en faisait pas en soi un rival dangereux. Mais le moral probablement plutôt bas, le Mulhousien, dûment inscrit, ne s’était pas présenté au départ des séries.

POTHAIN DEVANT JOLY: LA VITESSE PRIME SUR L’ENDURANCE

Pothain et Joly nagèrent exactement en fonction des particularités de leurs registres respectifs, mais avec une tendance marquée à partir vite. A ce jeu là, Pothain ne pouvait qu’être devant, accroissant son avance à raison d’une demi-seconde par longueur de bassin jusqu’à mi-course, puis continuant de gagner sur Joly, mais de façon moins nette pratiquement jusqu’au bout. A l’arrivée, le retard cumulé de Joly dépassait les trois secondes, et d’ailleurs, lui qui s’était plaint, après le 1500 mètres d’une incapacité à nager aussi vite que prévu, ne put que frôler son temps de Riccione. Joly, lui, se rapprochait de la catégorie des seigneurs de la discipline, et passait, dans le bilan de la saison, Mackenzie Horton soi-même. Troisième, Joris Bouchaut signait la course la plus équilibrée.

En passant pour la première fois Joly, nageur jusqu’à l’an passé plus affirmé, Pothain marquait de nouveaux progrès sur la distance, où il réussissait 3:58s47 en 2013, 3:54s36 en 2014 et 3:49s66 en 2015, et n’a peut-être pas fini d’évoluer cette année. Il frôle les minima français pour Rio en dépassant nettement ceux de la FINA, et s’est qualifié pour les Européens de Londres.

Pothain est un nageur à valeur d’exemple, étudiant, nageur à maturation lente, qui n’est jamais entré ans une liste d’espoirs, et progresse harmonieusement. Coaché par Guy La Rocca au Nautic Alp’38, à Meylan, c’est un garçon calme que rien ne désarçonne, et qui expliquait posément qu’à son avis Yannick Agnel avait touché avant lui dans ce fameux 200 mètres. Sur 400, pour la victoire, il n’y a pas eu besoin de photo !

MESSIEURS.- 400 mètres : 1.  Jordan Pothain, Nautic Alp’38, 3:47s77 ; 2. Damien Joly, Antibes, 3:50s84; 3. Joris Bouchaut, Toulouse, 3:51s69; 4. Benoit Debast, Sarcelles, 3 :55s21

Passages de Pothain, 25s92, 53s87 (27s95), 1:22s34 (28s47), 1:51s32 (28s98), 2:20s47 (29s15), 2:49s67 (29s20), 3:18s95 (29s28), 3:47s77 (28s82).

Passages de Joly: 26s63, 54s83 (28s20), 1:23s90 (29s07), 1:53s29 (29s39), 2:22s60 (29s31), 2:52s20 (29s60), 3:21s68 (29s48), 3:50s84 (29s16).

Passages de Bouchaut: 27s30, 56s19 (28s89), 1:25s55 (29s36), 1:54s98 (29s43), 2:24s00 (29s02), 2:53s39 (29s39), 3:22s96 (29s57), 3:51s69 (28s73).

Record du monde et d’Europe : 3:40s07, Paul Biedermann, Allemagne,

Record de France : 3 :43s85, Yannick Agnel, Nice,

Minima Rio : français : 3:46s66 ; FINA : 3:50s44.

Minima Londres : 3 :50s35

100 METRES DOS, CAMILLE LACOURT S’EST BIEN PASSE DE STRAVIUS

Passage en-dessous de 53 secondes pour Camille Lacourt. Le vice-champion du monde (52s48 à Kazan, à huit centièmes de l’Australien Mitch Larkin pourfend joyeusement le minimum pour les Jeux, ce qui le place dans un club très fermé, avec Coralie Balmy, Charlotte Bonnet, Jérémy Stravius, Clément Mignon et Florent Manaudou (seulement au plan chronométrique, puisque seulement 3e du 100 mètres. Un peu seul, Lacourt a dû se passer de son frère jumeau des mondiaux 2011. Cela n’a causé aucun souci.

Autre bon point : il a nagé assez vite en séries, ce qui est une bonne façon de se préparer aux Jeux.

100 mètres dos : 1.  Camille Lacourt, Marseille, 52s97 (25s61) ; 2. Benjamin Stasiulis, Marseille, 54s44 ; 3. Eddie Moueddene, Amiens, 54s89 ; 4. Thomas Avetano, Beauvaisis, 55s13 ; 5. Oleg Garasymovich, Avignon, 56s39 ; 6. Stanislas Huille, Varsailles-INSEP, 56s45. En série, Thibault Delecluze, Gravelines, 56s17.

Record du monde : 51s94, Aaron Peirsol, USA

Record d’Europe et de France : 52s11, Camille Lacourt, France

Minima Rio : français : 53s29 ; FINA : 54s36.

Minima Londres : 54s73.

Coralie Balmy a doublé son 400 d’un 800 de valeur légèrement inférieur quoique de bon niveau. Il représente une nette amélioration de son temps de la saison, 8:36s65. Elle devance nettement un jeune espoir belge, Eva Bonnet. Coralie n’avait pas nagé aussi vite depuis bientôt quatre ans (8:27s15 à Londres, aux Jeux, en 2012), et n’est pas éloigné de son record polyuréthane, 8:25s32. 

DAMES.- 800 mètres : 1. Coralie Balmy, Montpellier, 8:28s63 ; 2. Eva Bonnet, Belgique, Denain, 8:40s93 ; 3. Ophélie-Cyrielle Etienne, 8:43s67 ; 4. Alizée Morel, Nice, 8:46s84

Record du monde : 8:6s68, Katie Ledecky, USA

Record d’Europe : 8:14s10, Rebecca Adlington, Grande-Bretagne

Record de France : 8:18s80, Laure Manaudou, Canet 66

Minima Rio : français : 8:24s47 ; FINA : 8:33s97.

Minima Londres : 8:32s58

200 mètres 4 nages : 1. Lara Grangeon, CN Calédonien, 2:12s68 ; 2. Fantine Lesaffre, Mulhouse, 2:13s98 ; 3. Cyrielle Duhamel, Béthune, 2:16s06.

Record du monde : 2:6s12, Katina Hosszu, Hongrie

Record d’Europe : 2:6s12, Katinka Hosszu, Hongrie

Record de France : 2:9s37, Camille Muffat, Nice

Minima Rio : français : 2 :10s60 ; FINA : 2:14s26

Minima Londres : 2:14s32

MONTPELLIER (10) STRAVIUS CONQUÉRANT, MIGNON SUPER, MANAUDOU BATTU MAGNIFIQUE,

…MAIS SURTOUT UN RÊVE DE RELAIS EN OR À RIO

Éric LAHMY

Dimanche 2 Avril 2016

Alors, Florent Manaudou, battu meurtri ou battu content ? Meurtri, bien entendu, parce qu’il n’a sûrement pas fait semblant. Mais peut-être dans un deuxième temps, le fait de ne pas avoir à nager 50 et 100 aux Jeux va le rasséréner. Une bonne leçon pour les suiveurs que nous sommes : c’est qu’il n’y a pas de surhomme. La natation présente aujourd’hui des nageurs trop rapprochés en valeur pour qu’on puisse tabler sur Pierre, ou Paul… ou Florent.

Les temps sont bluffant. Stravius, 47s97, devient le troisième nageur français de 100 mètres de tous les temps, derrière Alain Bernard 46s94 polyuréthane et Yannick Agnel, 47s84 en finale des Jeux de Londres. Mais il ne gagne pas dans la facilité, l’Amiénois, qui doit s’appuyer cinq Marseillais, ce n’était plus une plage de départ, c’était la Canebière !

D’emblée, Manaudou a fait le ménage en nageur de 50 prolongé plus qu’en nageur de 100 mètres, et il est passé en 22s26 ce qui compte tenu du virage au pied, signifie qu’il nage alors en – nettement – moins de 22 secondes.

On sait que Clément Mignon, lequel a fait de gros progrès en sprint et s’est fait une caisse de nageur de 200 mètres, est le seul à pouvoir le suivre de pas trop loin dans cette première longueur, mais Mignon est beaucoup plus prudent que ça, qui passe en 23s27, une pleine seconde derrière.

Peut-être a-t-il analysé sa 4e place du 200 mètres après être passé en tête comme une possible erreur à ne pas refaire et tente d’en laisser un maximum pour son retour ? Celui qui essaie le mieux de limiter la casse, c’est Stravius, lequel vire en 22s90, ce qui le laisse quand même loin de Manaudou. Mais il est vrai on sait que le champion olympique du 50 mètres de Londres finira mal.

Lui-même s’est parfois convaincu du contraire, et se promettait un temps de l’ordre de 47s5-47s6 ici à Montpellier. Mais manifestement, il y a des habitudes qui ne se perdent pas comme ça et une approche de la distance étalon que Manaudou n’a peut-être pas essayé suffisamment d’apprivoiser ?

Mais il y a surtout que ce n’est jamais allé aussi vite, sur 100, dans un championnat de France, et la bonne nouvelle générale dans la mauvaise nouvelle pour Manaudou, c’est qu’un fantastique relais français se prépare pour les Jeux olympiques de Rio. Un relais qui entre nous, pourrait sauver la mise de toute la Fédération française de natation !

Stravius passait en force, puis résistait à un féroce retour de Mignon, 25s07 contre 24s74. Manaudou, en 25s84 dans son retour, avait quelque mal mais son temps final est très bon (quoique pas assez, d’un certain point de vue). Mehdy Metella concluait le relais en 48s43, fort, et participait à un passage de témoin, comme à la fin d’une époque, laissant Gilot et Meynard derrière lui et Agnel aussi. La fin d’une époque dont le grand survivant était l’humble Stravius qui, pour la première fois depuis douze mois, éclairait sous un jour nouveau son choix d’abandonner le dos pour se consacrer au crawl…

Un autre Amiénois envoyait de la finale C un autre salut de Michel Chrétien, comme un clin d’œil d’avenir : avec Alexandre Derache, 18 ans, vainqueur de la finale C, qui frôlait les 50s00 comme il avait frôlé plus tôt les 1 :50s00 sur 200 mètres.  

100 mètres : 1. Jérémy Stravius, Amiens, 47s97 ; 2. Clément Mignon, Marseille, 48s01 ; 3. Florent Manaudou, Marseille, 48s10 ; 4. Mehdy Metella, Marseille, 48s43 ; 5. Fabien Gilot, Marseille, et William Meynard, Marseille, 49s01 ; 6. Yannick Agnel, Mulhouse, 49s14 ; 8. Lorys Bourrelly, Toulouse, 49s56 (en séries, 49s32). Finale B : 1. Vince Régent, Toulouse, 50s15. Finale C : 1. Alexandre Derache, Amiens, 50s19. En séries, Gregory Mallet, Marseille, 49s73 ; Frederick Bousquet, Marseille, 49s75 ; Eddie Moueddene, Amiens, 49s96.

Record du monde : 46s9, Cesar Cielo, Brésil

Record d’Europe : 46s94, Alain Bernard, France

Record de France : 46s94, Alain Bernard, Antibes

Minima Rio : français : 48s13 ; FINA : 48s99

Minima Londres : 49s18.

800 mètres : 1. Damien Joly, CN Antibes, 7:52s75 ; 2. Joris Bouchaut Toulouse, 7 :56s78 ; 3. Anthony Pannier, Sarcelles, 8 :3s67 ; 4. Logan Fontaine, Vikings Rouen, 8:8s08 ; 5. Axel Reymond (Clamart), 8:9s47.

Record du monde : 7 :32s12, Lin Zhang, Chine

Record d’Europe : 7 :40s81 : Gregorio Paltrinieri, Italie

Record de France 7 :48s28, Sébastien Rouault, Mulhouse

Minima Londres : 7 :57s80

Ici la brasse s’est prêtée décidément aux changements de patrons. Théo Bussière devance ainsi Thomas Dahlia et surtout Giacomo Perez Dortona, le brasseur fétiche des relais quatre nages de l’olympiade, mais qui ne finira pas sa carrière à Rio. Dans l’ensemble tout cela ne va pas très vite.

100 mètres brasse : 1. Théo Bussière, Marseille, 1:1s35 ; 2. Thomas Dahlia, Antibes, 1:1s46 ; 3. Giacomo Perez Dortona, Marseille, 1:1s50 (en série, 1:1s34); 4. Thibaut Capitaine, Cergy-Pontoise, 1:1s70; 5. Jean Dencausse, Marseille, 1:1s94.

Record du monde : 57s92, Adam Peaty, GBR

Record d’Europe : 57s92, Adam Peaty, GBR

Record de France : 58s64, Hugues Duboscq, Le Havre

Minima Rio : français : 59s84 ; FINA : 1:0s57.

Minima Londres : 1 :1s17

CHARLOTTE BONNET LA FONCEUSE

CONTRE CORALIE BALMY LA FONDEUSE

Charlotte Bonnet n’a pas eu de mal à l’emporter, en face d’une Coralie Balmy plus à l’aise sur 400. Charlotte a approché son record personnel de 0s16 pour une belle course. Balmy, elle, n’a pas approché son vieux temps sur la distance, 1:56s57, de 2008, mais avec combinaison. Mais elle bat son record « maillot », 1:57s49. Le quatuor de tête vaut 7:50s50, ric et rac sélectionnable, avec une solide remplaçante en Camille Gheorghiu si cela entre dans les calculs des sélectionneurs.

Chacune des deux protagonistes utilise sa spécificité : Bonnet joue la vitesse, qui passe en 56s20 et finit… comme elle peut. Le minimum de Rio est joyeusement enfoncé. Coralie elle passe en 57s63 et revient un peu sur Charlotte, surtout dans la dernière longueur, 29s33 contre 30s12, mais de trop loin.

DAMES.- 200 mètres : 1. Charlotte Bonnet, Nice, 1:56s32 ; 2. Coralie Balmy, Montpellier, 1:57s18 ; 3. Margaux Favre, Aqualove Montpellier, 1:59s36 ; 4. Cloé Hache, Nice, 1:59s70 ; 5. Camille Gheorghiu, Montpellier, 1:59s96 ; 6. Marion Abert, Toulouse, 2:0s54 ; 7. Lara Grangeon, Calédonie, 2:1s11 ; 8. Assia Touati, Toulouse, 2:1s43 (en séries, 2:1s42).

Record du monde : 1:52s98, Federica Pellegrini, Italie

Record d’Europe : 1:52s98, Federica Pellegrini, Italie

Record de France : 1:54s66, Camille Muffat, Nice

Minima Rio : français : 1:56s78 ; FINA : 1 :58s96.

Minima Londres : 1:59s26

FANNY DEBERGHES SURPRISE SUR 200 BRASSE : PAQUIT Y A CRU

Après deux saisons à nager pour Tarbes à Narbonne, Laura Paquit avait signé à Limoges. Elle a été formée par Eric Varienghien et Fabien Le Bec au pôle espoir, et a gagné déjà le titre des jeunes 14-18 ans. Un genou fusillé, opéré, remise, la voici sur la plus haut marche du podium où on ne l’attendait pas en face d’une Fanny Deberghes qui paraissait, ayant gagné de la vitesse, intouchable. Mais parfois l’amélioration de la vitesse se paie par un amoindrissement de la résistance et Deberghes s’est trouvée entourée de fort mauvaises intentions : sept dixièmes de seconde entre les quatre premières.

Son parcours national : en 2012, elle nage 2:33s82 , (10e) ; en 2013, 2:31s59, (3e) ; en 2014, 2:32s44 (4e), à Tarbes ; En 2015, avec 2:30s81, les progrès de l’épreuve la font glisser dans la classement : 6e.

De retour à Limoges cette année, elle se présente aux championnats de Montpellier avec un temps de 2:34s35 à 2:28s65 pour gagner ! Grosse performance aussi pour Camille Dauba, 19 ans, cette jeune fille dont l’entraîneur, Gilles Cattani, qui la découvrit à huit ans dans les lignes d’eau de Longwy, disait : « elle est plus exigeante que moi. » Cattani savait qu’étudiante, Camille devrait le quitter, mais elle n’est pas très loin : 138,7km en voiture, à Sarreguemines !

 200 mètres brasse : 1. Laura Paquit, Limoges, 2:28s65 ; 2. Fanny Deberghes, Montpellier, 2:28s67; 3. Camille Dauba, Sarreguemines, 2:29s11; 4. Fantine Lesaffre, Mulhouse, 2:29s21.

Record du monde : 2:19s11, Rikke Pedersen, Danemark

Record d’Europe : 2:19s11, Rikke Pedersen, Danemark

Record de France : 2 :25s19, Sophie de Ronchi, Massy

Minima Rio : français : 2:23s98 ; FINA : 2:26s94

Minima Londres : 2:27s87