Mois : octobre 2018

PETIT BASSIN AUSTRALIEN (3): MITCHELL LARKIN SOUS LES CINQUANTE AU 100 DOS

Eric LAHMY

Samedi 27 Octobre 2018

Cameron McEvoy est-il en train d’apprendre lentement le métier du pur sprinteur? Possible. En raccourcissant son registre et en l’orientant vers les efforts brefs, il se débrouille plus ou moins.

Il a gagné le titre d’hiver australien du 50 mètres en 21 secondes justes, ce qui ne fera pas cauchemarder un Ben PROUD, un Vladimir MOROZOV, un Caeleb DRESSEL,  et ne fait qu’approcher son record personnel et d’Australie, 20s75, établi à la fin novembre 2015. Le sûr, c’est qu’il a perdu de son panache sur 200 mètres. Qui peut le moins ne peut pas le plus.

A l’autre extrémité du registre, sur 1500 mètres, ce qui a été la course reine de la natation australienne parait désertée. Joshua PARRISH, qui endosse la couronne, réussit 14’43s84, à deux longueurs de « petit bassin » du record d’Australie de Grant HACKETT, établi voici dix-sept ans avec 14’10s10 et dont on se demande s’il sera battu un jour !

Le 1500 mètres est-il devenu trop dur, trop exigeant, pour que les talents s’y incrustent, alors que l’épreuve a perdu de son lustre et que l’accent a été mis sur le sprint, dont des courses paraissent plus « humaines » ?

Dans ce troisième et dernier jour de championnats d’hiver, à Melbourne, Emily SEEBOHM a ajouté à son double succès en dos une victoire sur 200 quatre nages, Mitchell LARKIN a nagé un 100 dos en moins de cinquante secondes, tandis qu’Ariarne TITMUS a ajouté l’or du 200 mètres (déserté par Emma MCKEON) à celui du 400 et à l’argent du 800…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Cameron MCEVOY, 21s; 2. Cameron JONES, 21s35; 3. Grayson BELL, 21s38.

1500 libre : 1. Joshua PARRISH, 14’43s84; 2. Silas HARRIS, 14’55s18.

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, 49s98; 2. Tristan HOLLARD, 51s61.

200 brasse : 1. Zacchary STUBBLETY-COOK, 2’4s94.

100 papillon : 1. David MORGAN, 50s55; 2. Matthew TEMPLE, 50s73; 3. Nicholas BROWN, 51s03.

400 4 nages : 1. Thomas FRASER-HOLMES, 4’4s55; 2. David SCHLICHT, 4’5s28; 3. Jared GILLILAND, 4’8s09.

DAMES.- 200 libre : 1. Ariarne TITMUS, 1’53s99 (27s10, 56s17, 1’25s29, 1’53s99, soit 27s10, 29s07, 29s12, 28s70); 2. Kaylee MCKEOWN, 1’55s84; 3. Mikka SHERIDAN, 1’55s91; 4. Madison WILSON, 1’56s05.

200 papillon : 1. Laura TAYLOR, 2’5s98.

200 4 nages : 1. Emily SEEBOHM, 2’6s75; 2. Abbey HARKIN, 2’8s47.

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE (2):  CHALMERS, TITMUS, LARKIN, MCKEON, TALENTS EN MANQUE DE RIVAUX

Eric LAHMY

Samedi 27 octobre 2018

Les championnats d’Australie en petit bassin se déroulent à Melbourne en l’absence de Catherine CAMPBELL, et on pourrait dire en songeant à elle qu’ « un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » La demoiselle a une façon d’animer les compétitions que nul n’émule (si j’ose l’allitération)!

Ni Ariarne TITMUS, ni Kyle CHALMERS, ni Mack HORTON, ni Mitchell LARKIN, ni bien entendu Emma MCKEON ne l’approchent sou cet angle et seule peut-être Emily SEEBOHM à son meilleur pourrait lui être comparée…

ARIARNE TITMUS NAGE UN 400 A LA LEDECKY… ENFIN, LES DEUX CENTS PREMIERS METRES…

En l’absence de Lani PALLISTER, qui l’a battue sur 800 mètres la veille, Ariarne TITMUS, lors de la deuxième journée, a disputé son 400 à sa manière, flamberge au vent, la LEDECKY en quelque sorte : départ très rapide et on essaie de tenir. Ce qu’elle n’est pas arrivée à faire ! Ariarne subit une forte perte de vitesse, et son 400 mètres ressemble à un torrent que boit le sable du désert. Son effort se déséquilibre entre deux moitiés de 1’56s74 et 2’2s45, ce que personne n’appellera de l’égalité d’allure.

Le temps final est assez bon, cependant, sous les quatre minutes, mais reste inférieur au vieux record australien de Blair EVANS, 3’58s31 en 2011…

Pas de temps exceptionnel pour Kyle CHALMERS, le vainqueur du 200 mètres nage libre, mais une densité d’ensemble remarquable ; WINNINGTON, 2e, n’est battu que d’un centième. CHALMERS mène dès le départ (si l’on excepte les 25 premiers mètres de MCEVOY) et jusqu’au bout, mais jamais de grand’ chose. MC EVOY, qui s’efforce de devenir un sprinteur, ne tient plus un deux cents mètres…

La natation australienne n’est pas remarquable par sa densité, si l’on excepte le crawl, style qui fut son « invention » (pas tout à fait mais un peu quand même) et dans les styles de spécialités, les grosses pointures sont bien esseulées. C’est ainsi le cas pour Mitchell LARKIN, le double champion du monde 2015 de dos (sur 100 et 200), qui règne sans partage sur le style. En Australie, c’est simple, toute course de dos disputée par Mitch est une course gagnée par Mitch (c’est également vrai en quatre nages). Je ne sais s’il en est content, mais j’imagine qu’il s’ennuie parfois tout seul et que cette situation lui désapprend un peu la compétition.

Sur 200 dos, il est passé à mi-course avec cinq mètres d’avance sur ses suivants, Jordan MERRILEES et Peter MILLS (52s06 contre 54s92 et 54s95). Derrière, loin derrière, quelques jeunes prometteurs, à l’image de Joshua EDWARDS-SMITH, 15 ans…

Les choses sont différentes en dos féminin, où SEEBOHM règne certes, mais doit constamment veiller aux tentatives de coups d’Etat. Sur 100 dos, elle n’a pas si largement dominé en face de Minna ATHERTON, sa jeune équipière de Brisbane Grammar, qui lui en a fait voir de toutes les couleurs et ne fut défaite que de 0s13.

 

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Kyle CHALMERS, Australie, 1’43s76 ; 2. Elie WINNINGTON, 1’43s77 ; 3. Alexander GRAHAM, 1’44s10; 4. Cameron MCEVOY, 1’44s40; 5. Daniel SMITH, 1’44s54; 6. Jack GERRARD, 1’44s83; 7. Jac MCLOUGHLIN, 1’44s95

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, 1’49s07; 2. Jordan MERRILEES, 1’51s32

100 brasse : 1. Tommy SUCIPTO, 58s35; 2. Zacchary STUBBLETY-COOK, 58s39; 3. Grayson BELL, 58s40.

200 4 nages : 1. Mitchell LARKIN, 1’53s02; 2. Matthew WILSON, 1’53s93; 3. Travis MAHONEY, 1’54s98; 4. David SCHLICHT, 1’55s72

DAMES.- 50 libre : 1. Emma MCKEON, 24s01; 2. Holly BARRATT, 24s15.

400 libre : 1. Ariarne TITMUS, 3’59s19 (57s04, 1’56s74, 2’57s94, soit 57s04, 59s70, 1’0s20, 1’1s25); 2. Carla BUCHANAN, 4’2s70; 3. Madeleine GOUGH, 4’3s62; 4. Mikkayla SHERIDAN, 4’4s77; 5. Kiah MELVERTON, 4’5s10; 6. Kareena LEE, 4’5s22; THOMAS, Nouvelle-Zélande, 4’7s60.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, 56s53; 2. Minna ATHERTON, 56s66; 3. Kaylee MCKEOWN, 57s80; 4. Hayley BAKER, 57s81.

200 brasse : 1. Jenna STRAUCH, 2’21s09; 2. Jessica HANSEN, 2’21s69.

100 papillon : 1. Emma MCKEON, 56s72; 2. Laura TAYLOR, 58s16.

PETIT BAIN AUSTRALIEN : CAMERON MCEVOY DEVANCE KYLE CHALMERS SUR 100 METRES

Eric LAHMY

Vendredi 26 Octobre 2018

Je ne sais pas si beaucoup de nageurs australiens aiment le petit bassin. « Non », répond Mackenzie HORTON, « cela exige des changements dans ma nage. » Autant dire que cela perturbe sa préparation en grand bain, lequel grand bain est assez généralement considéré comme la partie noble du programme annuel de natation. Certes, la FINA a publié sur son site un point de vue contraire de Blake PIERONI, lequel chante les louanges du petit bassin (et de cette Coupe du monde FINA à laquelle il s’est attaché cette saison)… mais  tant que les Jeux olympiques se tiendront en bassin de 50 mètres !

HORTON n’aime donc pas trop les courses sur « vingt-cinq », mais il est content de nager à Melbourne, où ont débuté les championnats d’Australie 2018. Dans un article du Sydney Morning Herald, « Mack The Knife » rappelait qu’il y a exactement dix ans, il avait participé à ces championnats nationaux, dans la même ville,… comme garçon chargé de ramasser les affaires de Grant Hackett pendant que celui-ci nageait !

Dix ans plus tard, ce n’était pas la même chanson, HORTON était dans l’eau. Mais ce premier jour de championnats 2018, « the knife » semblait avoir perdu de son tranchant. Il a terminé sur 400 mètres loin de la bataille pour le titre, jamais dans le coup et 4e dans un temps médiocre pour lui de 3’45s56. Devant lui, la bataille a fait rage entre Eli WINNINGTON, qui mène d’entrée, et Jack MCLOUGHLIN, le vainqueur éventuel, qui le chasse pendant neuf longueurs (à mi-course, 1’48s02 pour MCLOUGHLIN, 1’47s53 pour WINNINGTON), passe, mène à son tour et résiste au sprint de WINNINGTON, lequel, me dit-on, bat là le record du monde junior…

ARIARNE TITMUS TREBUCHE SUR LANI PALLISTER

Si HORTON déclare son désamour avec le « vingt-cinq », Ariarne TIMUS, la nouvelle coqueluche du demi-fond, l’apprécie parce que, dit-elle, « vous pouvez assez bien y sprinter sur toutes les distances. Le petit bassin met en exergue des qualités sur lesquelles je dois travailler, donc je m’y mets un peu plus en danger, et cela m’aide à améliorer mes virages… »

Sur 800, Ariarne a été plus que mise en danger, elle a été battue par une Lani PALLISTER de deux ans sa cadette (16 ans contre 18), après avoir mené assez largement (4’2s63 contre 4’4s43 aux quatre cents). Mais TITMUS n’a pu maintenir le rythme et s’est éteinte lentement. PALLISTER [qui est la fille d’une redoutable nageuse de demi-fond australienne, Janelle ELLFORD, finaliste olympique des 400 et 800 mètres (5e et 6e) aux Jeux de Séoul, en 1988], la rejoignit entre les 750 et les 775 et la cueillit in extremis dans le dernier retour… 

Sur 100 libre, Cameron MC EVOY a devancé son jeune champion olympique de rival, Kyle CHALMERS, en 46s32 contre 46s53. MCEVOY laissait tout le monde à un mètre au premier virage, augmentait son avance jusqu’aux 75 mètres et faiblissait ensuite nettement, manifestement à court de carburant. Si CHALMERS put lui reprendre 41 centièmes dans la dernière longueur, il lui resta ce qu’il faut de force pour toucher en tête…

Sur 200 dos dames, Emily SEEBOHM égalait au centième près l’Emily SEEBOHM de 2017 avec 2’2s72 pour l’emporter une nouvelle fois, devant Minna ATHERTON. Et Emma MCKEON, en l’absence des CAMPBELL, enlevait le 100 libre sans trop se fatiguer, nageant moins vite qu’en séries …

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Cameron MCEVOY, 46s32 (10s23, 21s82, 3Ss98) ; 2. Kyle CHALMERS, 46s53 (10s71, 22s49, 34s60); 3. Louis TOWNSEND, 47s11; 4. Jack GERRARD, 47s46.

400 libre : 1. Jack MCLOUGHLIN, 3’39s03 ; 2. Eli WINNINGTON, 3’39s17; 3. Joshua PARRISH, 3’41s08.

200 papillon : 1. Nicholas BROWN, 1’52s29; 2. Bowen GOUGH, 1’53s47

 DAMES.- 100 libre : 1. Emma MCKEON, 52s51 (en séries, 52s16); 2. Holly BARRATT, 53s36; 3. Carla BUCHANAN, 53s39

800 libre : 1. Lani PALLISTER, 8’13s26; 2. Ariarne TITMUS, 8’13s41; Madeleine GOUGH, 8’15s24; 4. Kiah MELVERTON, 8’20s79.

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, 2’2s72; 2. Minna ATHERTON, 2’3s26; 3. Sian WHITTAKER, 2’6s21.

100 brasse : 1. Jessica HANSEN, 1’5s14; 2. Leiston PICKETT, 1’5s93

400 4 nages : 1. Abbey MARTIN, 4’32s57.

LES EXTRAORDINAIRES AVENTURES DE KATINKA HOSSZU, FEMME DE PASSION, FEMME DE FER, FEMME D’AFFAIRES (3)

COMMENT KATINKA HOSSZU A-T-ELLE MIS LE GOUVERNEMENT HONGROIS DE SON CÔTE.

Eric LAHMY

Dimanche 21 Octobre 2018

Troisième volet de notre article. Les deux premiers sont parus le 28 Septembre dernier.

Une révolte des nageurs menée et remportée par Katinka Hosszu, contre l’inamovible président de la fédération hongroise, Tamas Gyarfas (23 ans de règne), a montré au début de l’année olympique l’influence que pouvait avoir la nageuse dans son pays.

Entre-temps, Hosszu s’était également attaquée à l’entraîneur national de natation, Laszlo Kiss, coach de Krisztina Egerszegi  et d’une tripotée de grands nageurs hongrois. Coïncidence troublante, les journaux ressortirent au même moment une affaire de viol collectif, vieille de plus d’un demi-siècle, l’agression d’une nageuse à laquelle Kiss, adolescent, aurait participé, et à la suite de laquelle il aurait fait vingt mois de prison. Cet épisode remontait à 1961. La Fédération eut beau clamer sa solidarité avec le vieil entraîneur, celui-ci fut forcé à la démission.

Comment Katinka Hosszu a-t-elle réussi à inverser le rapport de force avec ses dirigeants ? Très simplement, la nageuse est parvenue à faire du gouvernement hongrois son principal allié.

Et plus qu’un allié, un commanditaire. Avec son époux, né américain, Shane Tusup, et peut-être sous son inspiration, on l’a accusée dans son pays d’avoir «  mené cette affaire avec un esprit mercantile très US. »

Quand elle ne s’entraîne pas et ne règle pas ses comptes avec ceux qui lui barrent la route, Hosszu monte ses affaires. Dans un environnement sportif dominé par de larges corporations, le couple Hosszu-Tusup a réussi à imposer sur le marché hongrois sa propre marque de produits de sports en court-circuitant les Arena, Diana, Speedo, Tyr et tutti quanti. Pour ce faire, appuyée sur ses résultats olympiques, il lui a fallu s’assurer des bonnes grâces du gouvernement Orban. Quand Katinka ne pourra plus nager aussi bien qu’aujourd’hui, elle sera alors sortie d’affaire.

En 2014, Katinka et Shane ont monté leur corporation, Iron Aquatics, une académie de natation. Forte de 30 employés, l’entreprise a vite dégagé des bénéfices.

Parmi les projets du couple, en effet, il y a l’enseignement de la natation. Pour cela, où se poser ? Il lui fallait une piscine.  Malgré ses richesses dans ce domaine, Budapest ne dispose pas d’assez de piscines olympiques pour des athlètes qui passent le plus clair de leur temps plongés dans l’eau. Juste avant la fin des championnats du monde de Budapest, en août 2017, il apparut qu’Iron Aquatics louerait l’espace flambant neuf de la piscine Duna Arena.

KATINKA HOSSZU DEVRAIT BIENTÔT DISPOSER  DE SA PISCINE

Un site de nouvelles Internet hongrois, 24.hu, avait tenté de savoir combien le couple Hosszu-Tusup payait pour un tel privilège. « Nous avons visité les bureaux, des sous-sols aux terrasses, mais le gouvernement refusa mordicus de nous révéler quel était l’arrangement. Mais on apprit qu’il était entendu qu’Hosszu utiliserait ces installations avant même l’ouverture de l’édifice. Dans le site de Katinka, on put apprendre qu’outre les nageurs de haut niveau, Iron Aquatics enseignerait les enfants, chose assez peu conventionnelle vu que Duna Arena devait être a priori interdit à toute entreprise commerciale. »

Mais nul besoin de parler d’illégalité à ce sujet. L’arrangement pris avec Duna Arena n’est que temporaire, puisque l’Iron Lady, annonçait-on, se faisait construire son propre complexe nautique à Csillebérc, sur 46 hectares qui furent utilisés au temps des régimes de Rákosi et de Kadar de lieu de camp des pionniers! Le gouvernement l’aurait acheté en 2016 pour « une somme exorbitante d’argent ».

L’information selon laquelle Katinka Hosszu pouvait disposer de Csillebérc risquant de déplaire à l’opinion, Tunde Szabo, la vice-championne olympique du 100 mètres dos de 1992 devenue sous-secrétaire en charge des sports du ministère des ressources humaines, fit savoir pendant les championnats du monde de Budapest qu’Hosszu en ferait l’un des quatre centres que le gouvernement avait décidé de construire afin de produire des champions. Mais, ajoutait-elle, l’académie resterait la propriété de l’état hongrois et les champions, qui sont des modèles de rôle, y auraient l’opportunité de transmettre leur savoir aux jeunes. 

Autant dire que Katinka Hosszu entre parfaitement dans ce moule!

Ces explications n’ont pas empêché l’opinion de traduire ainsi les faits : Katinka Hosszu avait convaincu le gouvernement de construire un centre sportif luxueux pour Iron Aquatics. Le Premier ministre, le tout puissant Viktor Mihaly Orban, a fait dépenser des sommes très importantes pour des stades de football, et il s’intéressait par le biais d’Hosszu à la natation, mais aussi au kayak et à la gymnastique (Budapest) ainsi qu’au pentathlon (Székesfehérvár). Le même Orban n’a jamais caché que son « sportif préféré » n’était autre que Katinka Hosszu.

SHANE TUSUP POUR LES HONGROIS ETAIT UN AMERICAIN

Entre-temps Katinka et son époux ont commence à s’en prendre l’un à l’autre et leurs batailles domestiques ont été observées avec satisfaction par tous ceux en Hongrie qu’exaspérait par le personnage haut en couleurs de Shane Tusup.

Il semble que ceux-ci soient fort nombreux. Les Hongrois sont d’un nationalisme exacerbé et cela s’est un peu vu à travers leurs positions vis-à-vis des questions d’immigration en Europe. Leur haine de l’étranger est un sentiment violemment marqué.

J’ai lu un entretien, publié dans une revue hongroise, sur une célébrité ukrainienne, née en Russie et vivant en Hongrie depuis un quart de siècle. Tout le début de l’interview était une suite de remarques du journaliste sur l’accent « étranger » de la célébrité en question, et de reproches sur le fait qu’il ne semblait pas prendre à cœur de parler avec un « bon accent hongrois », etc.

Shane Tusup, pour les Hongrois, reste un américain, et il semble bien que le terme est employé pour ce qui le regarde de façon péjorative. Il y a aussi que le personnage se fait beaucoup remarquer. Plusieurs medias occidentaux se sont exprimés à son égard, et Rebecca Adlington, la double championne olympique de Pékin, a fait connaître son faible goût pour les simagrées et hurlements que produisait l’époux quand sa femme de nageuse se produisait en compétitions ! Elle n’est pas la seule. Ce garçon n’est guère très présentable, entre ses tatouages, ses cris et démonstrations diverses sur les bords des bassins.

MISSION : GAGNER POUR PROUVER QUELLE PEUT LE FAIRE SANS SON ANCIEN MARI

Magyar Idők, une revue conservatrice, au lendemain des championnats du monde de Windsor, où Katinka avait enlevé sept médailles d’or, avait publié un article inattendu, en ce que l’auteur avait cherché à minimiser la performance de la nageuse, et reprenait toute la grande histoire de la prééminence hongroise en natation depuis qu’Alfred Hajos avait gagné le premier sprint de l’histoire olympique  (1).

Il est vrai que la petite Hongrie est assez remarquable sous cet angle. Mais d’aucuns affirment en Hongrie que le rappel de ce glorieux passé était destiné à représenter Katinka Hosszu non pas sous les traits d’une héroïne unique en son genre – ce qu’elle est quand même à certains égards – mais comme une continuatrice de la tradition nationale, et donc comme un maillon de la chaîne…

La détestation assez générale en Hongrie de Shane Tusup fit que lors de la cérémonie officielle de fin d’année de la Fédération hongroise de natation, on prit un malin plaisir à « oublier » d’évoquer l’ « entraîneur de l’année » qui lui avait été attribué. On n’avait pas pu éviter de le distinguer en raison des triomphes de son épouse, mais on s’était plu à occulter son nom lors de la cérémonie elle-même.

Si le personnage avait fait la une du Forbes hongrois, une revue d’affaires, à travers les entreprises de son épouse, en général, la presse ne l’épargnait pas.

Ce qu’on lui reproche ? On l’a dit. Tusup est un extraverti qui perd vite son sang-froid et prend souvent les gens de haut. Il essaie de se faire remarquer, ce qu’il a réussi pour son malheur…Il a accumulé pas mal de rancœurs en expliquant de façon assez maladroite tout le mal qu’il pensait de la scène hongroise, entraîneurs et dirigeants, en termes de natation.

Sa volonté, par ses insolentes critiques, était sans doute de valoriser son propre travail avec Katinka, mais son comportement à blessé les uns, irrité les autres, et mis pas mal de monde contre lui.

Une revue à sensations de Budapest, Origo, à publié deux longs articles d’attaques du personnage, et Nemzeti Sport, a exprimé ses inquiétudes au sujet de la marque Hosszu-Tusup. L’auteur de l’article expliquait que le gouvernement allait investir des milliards de forints (1€=322Forints) dans son académie de nage ce qui fait que l’empire Iron n’est pas en danger, mais, ajoutait-on, qu’adviendra-t-il de Katinka, s’inquiétait l’auteur ? Il n’est pas indifférent d’ajouter que ce journal de sports est le favori du Premier ministre, M. Orban. Pas mal de monde a cru voir là un message directement envoyé par le gouvernement, enjoignant Hosszu de prendre ses distances avec cet encombrant partenaire!

Katinka a-t-elle alors compris que son époux devenait gênant, voire qu’il compromettait ses ambitions, et a-t-elle décidé de s’en séparer ?

Or la présence de l’entraîneur de la « meilleure nageuse du monde » ou au moins d’Europe était l’un des éléments que mettait en avant l’école de natation de Katinka Hosszu pour attirer une clientèle. Le départ de Tusup change la donne.

Hosszu doit donc gagner à nouveau de belles courses pour deux raisons : la première est de montrer que ce n’était pas tant grâce à Tusup qu’elle nageait vite, et donc d’aider à discréditer les succès de son ex-époux. La deuxième pourrait être de lancer un nouvel entraîneur, lequel pourrait reprendre la part technique du projet. Et pour l’instant, ce nouvel entraîneur est Arpad Petrov.

 

(1). L’ironie est que le nom d’Hajos ouvre le palmares de la natation olympique hongroise. Or Hajos que l’on utilise contre Tusup était certes hongrois, mais juif. Son vrai nom était Guttmann et il avait adopté le nom d’Hajos pour éviter les remarques désobligeantes sur sa « nationalité », en Hongrie meme. Opposer Hajos à Tusup sous cet angle est assez farce.

CHAMPIONNATS DE CHINE : WANG JIANJIAHE RAFLE TOUS LES TITRES DU 100 AU 800 METRES

CHINE : WANG JIANJIAHE RAFLE TOUS LES TITRES DU 100 AU 800 METRES

Samedi 20 Octobre 2018

Avec le 100 mètres (54s77), le 200 mètres (1’56s70), le 400 mètres (4’6s60) et le 800 mètres libre (8’29s04) WANG Jianjiahe a été la grande nageuse des championnats de Chine 2018, qui se sont tenus à Rizhao, dans la province côtière du Zhejiang, du 13 au 17 octobre.

Dans ses courses, son entraîneur ne lui avait donné aucun objectif chronométrique, lui disant de nager et de se faire plaisir. Sur 400, elle a devancé ZHANG Ke, 4’8s77, et LU Dongze, 4’9s41, tandis que la recordwoman d’Asie, LI Bingjie, méconnaissable à 16 ans, terminait neuvième de la finale en 4’16s99…

WANG s’était imposée cet été avec trois titres individuels, conquis aux Jeux asiatiques de Djakarta, sur 400, 800 et 1500 mètres. Elle aurait pu aussi gagner le 200 (elle et la Japonaise Rikako IKEE, les reines asiatiques de l’épreuve, ne se présentaient pas au départ). L’abondance d’épreuves contraint de faire des choix, souvent en fonction de la proximité de deux épreuves, parfois en fonction de calculs ou de préférences liées aux chances de l’emporter ici plutôt que là. Rikako IKEE et WANG, capables de l’emporter chacune dans cinq ou six épreuves individuelles et sollicitées par tous les relais étaient bien obligées pour cela d’opérer des choix entre toutes les opportunités qui s’offraient à elles !

Originaire d’Anshan, WANG a été mise à l’eau à six ans par ses parents sous le prétexte de perdre du poids. Depuis, elle a passé bien des étapes. En 2012, elle se retrouvait membre de son équipe provinciale du Liaoning ; en 2016, elle entrait dans l’équipe nationale…

Depuis, elle travaille à raison de 13 à 14 kilomètres par jour auprès de HAN Bingyan, son entraîneur. Elle estime que son arme maîtresse est son gabarit (1,82m, la taille de son père, sa mère mesurant 1,70m) et pense que son toucher n’a rien d’exceptionnel. Aussi, explique-t-elle par ailleurs, se voit-elle contrainte de s’entraîner d’arrache-pied et d’améliorer sans cesse sa technique.

La Chine dispose actuellement d’une équipe particulièrement précoce, avec AI Yanhan qui fut incluse dans l’équipe olympique de Rio à 13 ans et LI Bingjie, médaille de bronze mondiale à 15 ans. WANG est arrivée en étant un peu moins jeune, et a ravi la suprématie du demi-fond chinois…

Quoique le but de tous ces efforts s’appelle Katie Ledecky, le coach comme la nageuse estiment que battre l’américaine a quelque chose d’irréaliste. On ne se focalise pas là-dessus, on essaie de s’améliorer dans tous les domaines, physique et technique.

Ayant suivi l’évolution de l’américaine, ils n’ont pu que noter qu’aux mondiaux 2017, après une olympiade et demie de progrès continuels, Ledecky avait cessé de gagner du terrain, avait même régressé, et ne montrait plus ce caractère d’invincibilité qui la caractérisait précédemment. « Mais elle est passée professionnelle, et sa progression a repris. Aujourd’hui, sur 1500 mètres, elle devance Wang d’une longueur de bassin olympique, soit de 50 mètres. C’est beaucoup. »

NING Zetao, le champion du monde 2015, qui n’a plus, depuis, réalisé quelque chose d’équivalent, a gagné les séries du 100 mètres en 49s06, mais a été forcé de se retirer, s’étant blessé à un doigt, fracture ou douleur à des tendons, provoquant, a-t-il expliqué, des douleurs qui ont envahi toute la main. La finale a été remportée par HUYujie en 49s30.

MESSIEURS.-  100 dos : 1. LI Gunagyuan, 54s37 ; 2. CHENG Tianyu, 55s22; 3. WANG Yutian, 55s82

50 brasse : 1. SHI Jiawei, 27s51 ; 2. WANG Lizhuo, 27s55 ; 3. SUN Chenwei, 28s15.

100 papillon: 1. Wang Zhou, 53s38; 2. Yan Yuxiang, 52s88; 3. Cui Junming, 54s06.

100 dos: 1. Wang Xue’er, 1’0s74; 2. Chen Jie, 1’0s96; 3. Cheng Haihua, 1’1s04.

DAMES.- 200 brasse: 1. He Yun, 2’28s97; 2. Zhang Xin, 2’29s43; 3. Zhang Fangwei, 2’30s24.

4 fois 100 libre: 1. Zhejiang, 3’41s51; 2. Guangdong, 3’44s40; 3. Hebei, 3’44s67.

MIXTE.-  4 fois 100 4 nages: 1. Armée, 3’50s75 ; 2. Jiangsu, 3’50s91 ; 3. Zhejiang, 3’54s54.

 MINI-DOSSIER : CINQ POINTS DE VUE SUR LA QUESTION DES JEUNES

Eric LAHMY

Jeudi 18 Octobre 2018

Suite à un article de Galaxie Natation sur la situation (inquiétante) des jeunes nageurs français, au regard de l’international, un lecteur, Bernard Demure, m’avait envoyé un courrier qui posait, un peu à rebrousse-poil, la question de savoir si l’on pouvait entraîner les jeunes aussi intensément qu’on le fait. Il semblait vouloir rejeter à l’orée de l’âge adulte le début du travail intensif pour le nageur.

C’était remettre en cause le principe même de la pratique précoce d’un sport justement renommé pour son caractère éminemment juvénile…

Comme beaucoup trop de mes idées sur la question étaient fort anciennes, peut-être dépassées, et qu’il ne m’amusait pas du tout de les revisiter, j’ai préféré questionner un ensemble de personnes (dix-neuf)  – nageurs, parents, entraîneurs, dirigeants et tous types de responsables dont trois DTN – et leur ai demandé un avis ou un témoignage. Il me semblait qu’ils proposeraient des pistes nouvelles et permettraient mieux que moi de répondre à ces interrogations (que je trouve assez sempiternelles) sur le sujet…

Cinq d’entre eux ont été assez intéressés pour répondre, ce dont je les remercie. J’avais pensé synthétiser leurs réflexions, et les présenter thème par thème, mais un tel découpage compliquait la présentation, dispersait chaque apport dans divers thèmes et risquait d’éliminer des données globalement intéressantes que ces collaborateurs et collaboratrices d’un jour m’avaient apportées. J’ai donc décidé d’ouvrir la parole séparément à chacun d’eux…

Pour rappel, Mr. Demure craignait qu’ « entraîner un jeune pendant de longues heures chaque jour… crée une pression mentale avec une tardive frustration chez le nageur (nageuse) » et évoque la grande nageuse des années 1970 Shane Gould, qui déclara « qu’on lui avait volé son enfance et son adolescence. » Il évoquait aussi le risque de blessures sur un corps en pleine évolution et rappelait qu’en France, « trop d’heures dans l’eau risquent d’hypothéquer l’avenir professionnel. »

Ne vaut-il pas mieux, concluait-il, avoir « une natation faible en compétition junior, qu’une natation forte mais abusive » et « que la natation intensive devienne surtout un sport d’adulte professionnel ? »

MARC BEGOTTI : « OUI A L’ENTRAÎNEUR PEDAGOGUE, NON AU COACH MANIPULATEUR »

Marc BEGOTTI a été reconnu, grâce à sa nageuse Catherine PLEWINSKI, qu’il a formée et accompagnée pendant l’essentiel de sa carrière, comme l’entraîneur de pointe français à la charnière des années 1980-1990. Pionnier français de l’analyse de course et concepteur de modèles de progression qu’il a expérimentés avec succès sur Franck ESPOSITO, il est aujourd’hui formateur.

« Les questions posées par Mr Demure sont particulièrement intéressantes, explique-t-il. J’avais déjà trouvé son analyse des résultats des championnats d’Europe très objective.

Je me pose moi aussi depuis bien longtemps ces mêmes questions…

A la question de savoir s’il est éthique d’entraîner un jeune pendant de longues heures chaque jour, je répondrai que si l’entraîneur « enseigne », respecte l’intégrité physique du jeune nageur, s’il adopte une attitude pédagogique qui va rendre le nageur acteur de sa pratique je ne vois pas de problème à entraîner un jeune à progresser pendant de longues heures. En revanche et c’est parfois le cas, si l’entraîneur « instrumentalise » à des fins personnelles le nageur, s’il fait  beaucoup nager pour que le nageur progresse à s’entraîner, je ne lui confierais pas mes enfants.

« Au sujet du risque est de créer une pression mentale et une tardive frustration chez le nageur (nageuse), avec l’exemple de Shane Gould, Il est en effet facile de duper un jeune sportif en créant une pression mentale qui aboutira à moyen terme à l’abandon du sport et à de la frustration.

« Un ami  qui  s’intéresse à la notion de performance et qui est professionnellement en contact avec de nombreux anciens sportifs à coutume de dire que « le sport est un cimetière ».

« Si le risque de blessure « n’est pas à négliger », La natation reste un sport ou on se blesse peu, quelques problèmes d’épaules mais c’est tout.

« Enfin, il est vrai qu’en France, trop d’heures dans l’eau risquent d’hypothéquer l’avenir professionnel. Beaucoup de jeunes nageurs dans notre pays sont plus où moins déscolarisés afin de pouvoir s’entraîner plus ? La plupart deviendront MNS ou entraîneur, pas par vocation mais par défaut. »

A la question de savoir si la Fédération adoptera une position claire sur l’entraînement des enfants, Begotti répond qu’il faudrait pour cela qu’elle se pose les mêmes questions que Mr Demure, ce qui, ajoute-t-il, « ne semble pas être a l’ordre du jour. »

« Il vaut mieux avoir des juniors qui performent parce qu’ils nagent efficacement que des juniors qui performent parce qu’ils s’entraînent beaucoup », explique-t-il.

« La question est de savoir s’il est possible d’avoir une natation forte chez les adultes en ayant des jeunes qui s’entraînent modérément. Je pense que c’est possible en concevant l’entraînement des jeunes différemment de celui des adultes et en leur proposant un programme de compétition lui aussi différent de celui des adultes. » 

ANNE RENFREW LEPESANT : AUX USA, SEULEMENT 7% DES NAGEURS DU SECONDAIRE NAGENT A L’UNIVERSITE…

ANNE RENFREW LEPESANT est américaine. Diplômée de Princeton et joueuse de tennis universitaire, elle est mère de nageuses ; journaliste, responsable du site SwimSwam en français, elle s’est spécialisée également dans le recrutement de nageurs de fins d’études secondaires avec des universités US. Son expérience du sujet, à la fois personnelle et professionnelle, est donc multinationale et d’une certaine façon unique. Elle a décidé de répondre point par point à Mr. Demure, en perdant cependant un peu patience par endroits, car oui, dit-elle, on peut entraîner les jeunes sans risque de les casser ! 

 « Mes réponses sont le résultat d’une vie vécue à l’américaine, tout en comprenant le système français (ce que j’essaie d’exploiter dans mon business de recruiting) donc j’essaie d’avoir de l’empathie pour le commentateur. Mais en gros il utilise un faux argument. Sa façon de poser les choses trahit selon moi un point de vue fermé, pas du tout global, pas du tout 21e siècle. Justement je suis agréablement surprise de voir autant de salles de sport ici à Marseille ces jours-ci. Elles sont partout. J’en ai compté trois dans moins d’un kilomètre le long de l’avenue où vit ma belle-mère. Je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir ici de l’intérêt dans le maintien physique car je ne vois pas de femmes de mon âge quand je cours (ni d’autres personnes d’ailleurs). Tout le monde est mince, mais c’est plutôt la clope qui fait cet effet).

Au sujet du caractère « éthique » d’entraîner un jeune pendant de longues heures chaque jour ? « Oui, c’est éthique, répond-elle. C’est un point de vue très américain mais voilà, je suis très croyante dans le sport. Ceci étant tout ce que je vais dire est anecdotique, tiré de mon expérience personnelle de sportive, mère de sportives, et, de par ma nouvelle profession, de journaliste, qui écrit sur les sportifs. 

« Pour commencer, je soutiendrai que faire du sport dès le jeune âge est mieux que ne pas faire de sport. Donner aux enfants le goût d’une vie active, au contraire de ceux qui passent leurs après-midi après l’école devant la télé ou d’autres types d’écran, voilà qui  réduit tous genres de maladies (diabètes, obésité, etc.).

« Ensuite il faut savoir que les coachs des petits savent aménager les emplois du temps, ils  augmentent progressivement en fonction de l’âge, les 7-8 ans ont quelques entraînements par semaine, les 12-13 ans, au prorata de leur développement, atteignent parfois le double ou le triple du volume des plus petits. En outre les entraîneurs de jeunes savent intégrer le « fun » dans les séances, et les rendre amusantes.

FAIRE DU SPORT DES LE JEUNE AGE EST MIEUX QUE NE PAS FAIRE DE SPORT

« Il y a aussi que les parents peuvent relativiser la pression (je dois reconnaître qu’en ce qui me concerne j’en ajoutais plus que je n’en enlevais, mais, heureusement, mes filles ont survécu !). Chez SwimSwam, le site sur lequel j’interviens, nous publions des TONNES d’articles sur ce sujet.

« Par exemplehttps://swimswam.com/parents-de-nageurs-4-astuces-pour-garder-une-certaine-regularite/

«  Le risque de pression mentale et de « tardive frustration » chez le nageur, Anne met cela sur le compte de l’entourage du nageur : « Il se peut que Shane Gould n’ait pas eu l’encadrement qui a su la protéger de la pression. Mais de toute façon tout le monde vit différemment la pression. (1)

« Un autre aspect de l’argumentation est typiquement français : en France, soit on est dans l’équipe nationale et on reçoit une aide en tant qu’athlète professionnel (et peut-être un contrat avec un fournisseur), et donc on est pro,  soit on quitte son sport pour faire ses études secondaires.

« Or, aux USA, il y a plus d’options. Oui, on peut devenir un « payé » hyper compétitif, d’accord, je l’admets. Mais il y a BEAUCOUP d’opportunités données aux enfants de jouer à un sport sans être de haut niveau et sans être soumis à la pression. Il y a tellement de bénéfices d’appartenir à une équipe, bénéfices qui joueront plus tard dans la vie ! Mais même quand on a envie d’être un sportif de haut niveau, il existe un grand nombre de niveaux. L’un de mes intérêts est de recruter des athlètes qui veulent faire du sport en université, et bien entendu celles-ci demandent un haut niveau mais ne s’arrêtent pas à chercher le prochain Phelps ou la prochaine Franklin !

« Il y a des tas d’universités avec des équipes de foot, de tennis, de golf, de basket, de volley, de natation…. et de tous les niveaux ! En outre, nos lycées ont des équipes de tous les sports et on peut être compétitif à ce niveau sans continuer à l’université. Mais si on a envie de continuer, ça prolonge notre vie de sportif et nous donne d’autres objectifs. Ce n’est pas « Equipe de France ou rien ». C’est plus nuancé. Aussi il faut dire que les jeunes sportifs VEULENT faire leurs sports et beaucoup d’entre eux VEULENT les faire à l’université.

Mais il n’y a qu’un petit pourcentage qui sont assez bons pour continuer. Si tu regardes dans le tableau de la NCAA (ci-dessous), en natation seulement 7% des athlètes qui nagent au lycée peuvent nager à l’université. 

http://www.ncaa.org/about/resources/research/estimated-probability-competing-college-athletics

« Quand Mr DEMURE met en avant « le risque de blessure qui n’est pas à négliger sur un corps encore en pleine évolution », je n’ai rien à dire là-dessus, sauf que ce n’est pas un argument pour ne pas faire de sport. Je peux me faire écraser par un bus en traversant la rue mais ce n’est pas pour autant que je ne sors pas de ma maison. 

« En ce qui concerne la pratique sportive comme contradictoire de la réussite professionnelle, je m’inscris complètement en faux en face de cette affirmation. Il y a une tripotée d’études que je n’ai pas le temps de chercher qui disent que les athlètes de haut niveau sont les premiers embauchés. C’était certainement vrai pour moi. Le tennis (et bon, okay, Princeton sur mon CV) m’a ouvert plein de portes professionnelles. 

« Le système français dois-je ajouter, pour être juste, présume que si tu es sportif de haut niveau, tu veux être (ou tu dois être) prof de sport ou coach plus tard dans la vie. C’est cette stupidité de « sport-étude » au lycée qui limite les perspectives professionnelles des sportifs et non pas le fait de participer dans un sport. Si j’avais élevé mes enfants en France, il aurait été inconcevable que mes filles ne suivent pas des études de droit, de finance, de n’importe quoi…. On peut être athlète de haut niveau ET courtier en bourse (j’en suis la preuve, mais bon, je n’étais qu’une athlète moyenne! C’est encore plus vrai pour des médaillés olympiques). Regardez les Jeux Olympiques de 2016 par exemple. J’avais réalisé un tableau qui montrait tous les athlètes qui avaient passé par la NCAA en natation et en water polo, toutes nationalités confondues. Ce n’était pas complet mais c’était indicatif. J’ai utilisé les informations que je trouvais.

https://la4college.com/2016/08/31/ncaa-water-polo-athletes-competing-in-2016-olympic-games-in-rio/

https://la4college.com/2016/08/31/ncaa-swimming-and-diving-athletes-competing-in-2016-olympic-games-in-rio/

  « Demander que la Fédération se positionne ne me parait pas avoir le moindre intérêt. Car alors, faudra-t-il que la France abandonne le sport une fois pour toutes ?

« Je ne sais pas si Mr Demure ironise quand il suggère qu’il vaut mieux avoir une natation faible en juniors qu’une natation forte mais abusive, et qu’il est temps que la natation devienne un sport d’adultes professionnels.

Une natation faible en compétition junior, la France l’a déjà, pas besoin de la souhaiter. Et pas juste par rapport au reste du monde. Combien de records sont imbattus depuis plus de 10 ans ? Je suis toujours étonnée en couvrant les championnats de France combien peu de records sont effacés! Une natation adulte intensive ne peut être atteinte si l’on ne s’est pas préparé graduellement à l’atteindre chez les jeunes. Vouloir une natation forte d’adultes professionnels EXIGE d’avoir une natation de jeunes forte et bien préparée… ».

OLIVIER NICOLAS : « D’ABORD UN SUIVI PROFESSIONNEL QUI DEBOUCHE SUR UN EMPLOI »

Olivier NICOLAS est adjoint de Richard MARTINEZ dans l’encadrement de l’équipe de France. Il s’est occupé des jeunes internationaux français au début des années 2000, sous la DTN de Claude FAUQUET. Ici, il met l’accent sur la nécessité d’un avenir professionnel des nageurs d’élite…

« Oui ce monsieur dit beaucoup de vérités, mais on reste un peu coincés entre le trop et le pas assez ; si, en junior, vous ne nagez qu’une fois par jour et que vous êtes parmi les meilleurs Européens, c’est super mais c’est malheureusement pas souvent le cas donc on se trouve trop  loin ; et de ce fait on arrête plus tôt. Attendre d’être Senior, et devenir professionnel, ça va être encore plus compliqué. Je crois surtout qu’il faudrait plutôt se pencher sur le domaine éducatif et intégrer le sport et la durée des cours. Je suis inquiet ; en ne brillant pas chez les juniors à 5 ans des jeux de Paris, je suis pessimiste. Je pense qu’il faut les accompagner et leur proposer un suivi professionnel qui débouchera sur un emploi plutôt que de devenir un faux professionnel car la plupart des très bons nageurs sont au smic. Pour l’instant, à part les Manaudou, Bernard et Lacourt,  j’en connais peu. »

GUY MUFFAT : COMMENT CAMILLE A DEVELOPPE SON TALENT

En remportant le 400 mètres nage libre des Jeux de Londres, en 2012, Camille MUFFAT est devenue la deuxième nageuse française championne olympique de natation. Il m’a semblé intéressant d’avoir une idée de la façon dont elle a développé son talent à Nice, où elle vivait. J’ai demandé à son père, Guy, de nous rappeler les principales étapes de son début de carrière…

Les lignes qu’il me renvoie me paraissent précieuses, car elles découvrent une période occultée de sa carrière, et constituent une sorte de préhistoire de son talent, ne paraissant jamais dans les biographies de Camille. Or elles sont essentielles en ce qu’elles précèdent sa « révélation » des championnats de France 2005, quand elle bat sur 200 mètres quatre nages et Laure Manaudou et son record de France, et laissent deviner la jeune passion de nager de cette ondine d’exception !

« Voilà quelques éléments qui pourraient te permettre de comprendre un peu mieux la trajectoire de Camille.

« Camille a démarré la natation  vers 8 ans dans un groupe loisirs en bassin de 50 mètres. Son premier entraîneur, Jean Roch Bruneton, fut champion d’Europe juniors du 1500 mètres, mais il était venu à Nice pour pratiquer le water polo.

« Il ne mettait aucune pression à Camille, la plus jeune du groupe. En vue d’une compétition interclubs, l’entraîneur des poussins Hubert Saccheri demanda à Jean Roch s’il n’avait pas deux nageuses sous la main.

« Camille nagea donc un 50 mètres papillon dans la magnifique piscine d’Antibes pour son premier départ de course. Son chrono surprit agréablement Hubert, qui lui demanda de venir nager avec le groupe compétition. Mais il fallait changer de groupe en janvier et Camille attendit septembre et ses 10 ans pour  réaliser de véritables entraînements avec un éducateur formidable, expérimenté. 

« Hubert  n’était pas obsédé par le chrono  et les résultats immédiats. Camille progressa et elle gagnait souvent au niveau départemental. Pour son entrée en 6ème, on lui proposa d’intégrer la section classe sportive au lycée du parc Impérial; elle n’était pas intéressée. Hubert lui dit quelques mots et elle changea d’avis.

« C’est Hervé Saccheri, le frère d’Hubert, qui l’entraîna en benjamine. Elle n’était pas au dessus du lot au début puis elle remporta le « natation national » en 2éme année. Elle pratiquait surtout les quatre nages et le papillon.

« Une ambiance joyeuse régnait dans le groupe. Hervé était instituteur et savait s’adapter au caractère  de Camille. Sans jamais la brusquer, dans la bonne humeur, il a su lui donner le goût du dépassement alors que la compétition ne l’intéressait pas au départ.

« En septembre 2003, à 13 ans et 10 mois, Camille démarra sa 1ère saison de minimes avec le groupe de Fabrice PELLERIN composé alors de nageurs de moins de 20ans, excepté Stéphan PERROT (alors licencié à Clichy et étudiant à l’EDHEC), Clément LEFERT, Mathieu LACÔME (champion de France du 50 mètres dos en 2005 à 21 ans devant Camille LACOURT), Thibault SACCHERI… et 2 filles; Sawsen KHESSOUMA et Maeva OLIVE (sélectionnée aux euros juniors sur 50 mètres l’année précédente).

« Le kilométrage des séances était léger (souvent moins de 4 km).

« Un gros travail technique était réalisé  sur les départs, les coulées (Mathieu LACÔME y excellait).

« Au début, il arrivait fréquemment que Fabrice interrompe Camille pour corriger son geste. Camille adorait qu’on lui accorde une telle attention….même si les « grands » n’appréciaient pas toujours.

« Elle ne nageait que 5 fois par semaine avec Fabrice, et deux fois dans le cadre d’horaires aménagés au prestigieux lycée du Parc Impérial avec un autre coach, Christelle BOUSQUET. Camille était discrète, bonne camarade. Elle n’était pas la plus rapide du groupe sauf en 4 nages.

 « Lors d’une discussion avec Fabrice, il se livra un peu sur sa vision de formateur (en 2003). J’en ai retenu qu’il était fan de POPOV et de sa technique. Il savait également que nager à haut niveau  réclamait de nombreuses heures passées dans l’eau et ça lui déplaisait d’imposer de longues séances fastidieuses parfois biquotidiennes à des adolescents.

« Il était convaincu que « nager mieux  » était préférable pour les jeunes: il répétait « chaque mètre nagé doit avoir son intérêt ».

« Quand des jeunes « performaient » avant 15 ans, il ne s’enthousiasmait pas; il craignait l’orgueil des parents qui pouvaient le gêner dans sa formation.

« Il était extrêmement exigeant avec les jeunes qu’il intégrait dans son groupe. Les filles devaient être très fines et avoir une nage déliée (comme Popov). Au fil des années, j’imagine qu’il a évolué.

« Yannick représentait l’archétype du nageur qu’il voulait former; très grand, mince, très intelligent et surtout peut-être des parents n’habitant pas dans la région… J’exagère.

« Pour les jeunes il répétait : ce qui compte ce n’est pas aujourd’hui mais plus tard; mais la plupart des entraîneurs, dirigeants, parents ou nageurs veulent des titres, des records maintenant car (même s’ils n’en sont pas tous conscients), une médaille nationale ou mondiale chez les grands demeure hypothétique.

« D’après ma petite expérience, lorsqu’un jeune réalise de bons chronos, il est compliqué d’extrapoler sa progression.

« Entrent en jeu des paramètres physiques (une fille de 14 ans qui a fini de grandir et ne pourra que grossir), psychologiques, physiologiques (capacité à encaisser la répétition des séances) environnementaux (famille sportive ou pas, compétences de l’entraîneur, qualité du groupe…)

« Je pense que Fabrice prenait en compte tous ces éléments. 

« La suite, ceux qui suivent la natation la connaissent. »

 CHRISTIANE GUERIN : « LE PROJET HAUT NIVEAU EST FAMILIAL OU IL N’EST PAS »

Christiane Guérin est une dirigeante de natation, épouse et mère de nageurs. De sa profession documentaliste juridique à l’école nationale des greffes, elle a été entre autres présidente de l’Alliance Dijon Natation (2014-2015). Membre du Comité directeur de la Fédération depuis 2005, elle en est depuis 2017 la secrétaire générale… Elle est donc bien armée pour répondre aux questions liées à l’entraînement des jeunes.

« Un nageur se construit depuis le plus jeune âge avec, bien sûr, une progression intelligente.

« Un athlète n’atteindra l’excellence qu’avec du travail. Il est évident que le sport français en général n’est pas construit autour du double projet. La natation est une discipline exigeante en termes d’entraînement. Quand un footballeur peut s’arrêter une semaine ou plus sur légère blessure sans perdre trop, le nageur va tout de suite perdre et doit conserver le contact avec l’eau. L’entraînement biquotidien est une nécessité très vite.

« Le jeune qui progresse en natation et brigue le haut niveau sait très bien ce que cela implique. Rigueur, travail, abnégation.

« En général, si vous questionnez les enseignants, le nageur est un élève sérieux et responsable car il sait ce que représente son engagement.

« Le projet de s’orienter vers le haut niveau est un projet familial car sinon il n’est pas possible. Les parents s’engagent à comprendre le rythme de vie, le suivre aussi. L’enfant va s’astreindre à se lever tôt, se coucher tôt, ne pas avoir des week-ends trop chargés. Il doit être accompagné dans la difficulté, être écouté et compris. C’est une situation qui va de pair avec le projet familial sinon rien.

« En interrogeant des nageurs en fin de carrière, pour certains c’est la lassitude qui les fait arrêter… et les résultats qui déclinent. Se lever pendant 15 ans à 5H30 pour être dans l’eau à 6H30 ça use. Mais demandez-leur s’ils regrettent, je ne pense pas. Ils ont vécu des moments uniques, des voyages incroyables, des échanges que personne d’autres ne connaît. Ils sont soudés dans l’effort et les difficultés, ils partagent des valeurs et des joies que seul, le sport permet.

« En ce qui concerne le développement physique, il est important de s’adresser à des entraîneurs compétents qui ne font pas un transfert de ce qu’ils n’ont pas été mais prennent bien en compte le projet du jeune. Il existe maintenant beaucoup de documentation qui informe et donne des guides de travail pour ne pas mettre la santé des athlètes en cause. Les préparateurs physiques connaissent bien le problème et savent amener l’adolescent vers le haut-niveau.

« Les parents doivent être vigilants et les médecins sont maintenant spécialisés pour certains.

« Dire que le travail intensif ne doit commencer qu’à l’âge adulte c’est méconnaître le haut-niveau. Un champion, ça se construit pas à pas et il est utopique de dire qu’il ne faut pas travailler avant la fin de la croissance. Les études sont précises sur ce qui peut être fait et tout le monde a accès à ces études.

« Quand le nageur entre dans la vie active, il est rompu aux difficultés qu’il rencontrera. Ce n’est pas le cas du jeune qui aura passé une jeunesse langoureuse et insouciante. »

(1).  En fait, si je me fie à ses mémoires, Shane Gould, qui détint en 1972 tous les records du monde de nage libre du 100 au 1500 mètres féminins, ne se plaignait pas de son entraînement, mais du différend entre son père et son entraîneur Forbes Carlile, qui lui avait pourri la vie. Une anecdote révélatrice. Quand Shane Gould partit aux USA pour nager loin de cette ambiance qu’elle trouvait détestable, elle se plaignit que l’entraîneur US ne la faisait pas assez nager ! 

 

 

 

 

 

BUENOS AIRES – JEUX OLYMPIQUES DES JEUNES (6) : FORT VENT D’EST AVEC KOLESNIKOV, MINAKOV, MILAK, KESELY, SEMANOVA ET EGOROVA EN BOUQUET FINAL

 

Eric LAHMY

Samedi 13 Octobre 2018

A seize ans (il est né le 17 mars 2002), le Russe Andrei MINAKOV s’est imposé comme un des ténors des courses de natation de ces Jeux de la Jeunesse, à Buenos Aires. Il a gagné le 100 libre, d’un poil, en 49s23, devant le Polonais Jakub KRASKA, 49s26, de deux ans plus âgé, de 20 centimètres plus grand (1,95m contre 1,75m), et plus lourd de 31 kilos (87kg contre 56kg), à condition bien entendu que les fiches biographiques de ces deux garçons publiées par les organisateurs soient exactes.

MINAKOV s’est montré le plus rapide d’emblée et a mené de bout en bout. Aux 50, il possédait une coudée d’avance sur KRASKA, encore 4e, 23s53 contre 23s83. Le Polonais revenait fort, grillait au passage CARVELO (Brésil) et MIROSLAV (Allemagne) et n’échouait que de fort peu pour réussir l’exploit.

Les demi-finales avaient fait croire fortement en les chances de KRASKA, car il avait nettement dominé MINAKOV dans la première demi-finale, en 49s70 contre 50s16, de par la force d’un retour impérieux en 25s60. On avait vu aussi un MILAk en difficulté, seulement 4e de la seconde demi-finale et 7e du classement général avec 50s36. MILAK préféra déclarer forfait pour la finale, ayant rendez-vous, 27 minutes après ce 100 libre qui s’annonçait mal, avec un 200 papillon où sa supériorité était défiée. Dans les séries, un Ukrainien de dix-sept ans, Denys KESIL avait nagé avec une grande facilité plus vite que lui, en 1’57s70, et s’annonçait de ce fait comme un adversaire qu’on ne pouvait sous-estimer. Battu sur 100 papillon par Minakov ce 9 octobre, MILAK ne pouvait se permettre de se faire surprendre une nouvelle fois, sur sa distance de prédilection cette fois.

KESIL avait un fort handicap de vitesse par rapport à MILAK, qui a nagé deux secondes plus vite que lui sur 100m (51s5 contre 53s4). Aussi, quand le Hongrois passa en 25s15 puis 54s44, il se trouvait relativement à l’aise, de KESIL, en 25s53 et 55s85, se trouvait à la peine. Il finit plus vite que MILAK, en 29s99 contre 30s72, mais le Hongrois conservait une pleine seconde d’avance : 1’54s89 contre 1’55s89. L’Italien Federico BURDISSO était 3e en 1’57s16.

Kliment KOLESNIKOV a enlevé comme prévu le 200 mètres dos. Privé d’adversaire à sa mesure, le Russe a pris assez vite ses distances et a terminé, seul, en moins de 30 secondes sa dernière longueur. Ses passages : 27s48, 56s57, 1’26s55 pour 1’56s14. Le Roumain Daniel Cristian MARTIN termine deuxième, comme sur 100 mètres, en 1’58s20…

Barbora SEMANOVA, qui avait gagné le 100 mètres et fini 3e du 200 mètres ici, à Buenos Aires, enlève une troisième médaille, et une deuxième d’or, sur 50 mètres libre dames. La Tchèque remporte le sprint court en 25s14, et derrière, on voit un tir groupé : une Japonaise, Mayuka YAMAMOTO, touche 2e à un quart de seconde, et une Chinoise de seize ans, YANG Junxuan, et une Slovène, Neza KLANCAR, se partageant le bronze dans le temps de 25s47. Cela nous donne, à YANG près, le même podium que sur 100 mètres, dans le même ordre.

Le 100 mètres papillon féminin place trois filles sous la minute. Polina EGOROVA, Russie, enlève l’épreuve en 59s22 grâce à un retour véloce. Le mur du virage est atteint par la rapide Anastasiya SHKURDAI (2e du 50 papillon) en 27s45 ; la Biélorusse de 15 ans et d’1m80 devance alors l’Allemande Angelina KOEHLER, 27s65, et EGOROVA, 27s96. A l’arrivée, c’est cependant EGOROVA, 59s22, devant KOEHLER, 59s et SHKURDAL, 59s76.

Gagnante du 200 et du 800, la Hongroise ne pouvait perdre le 400 et n’a pas failli. Elle a laissé sa suivante, l’Argentine PIGNATIELLO, à deux longueurs, 4’7s14 contre 4’10s40. Le 200 brasse dames est revenu à la Japonaise Shiori ASABA devant une Lituanienne de 16 ans, Katryna TETEREVKOVA.

 

BUENOS AIRES – JEUX OLYMPIQUES DES JEUNES (5) NGUYEN HUY HOANG, PÊCHEUR D’OR VIETNAMIEN, LILA TOUILI « BRONZE DIGGER » FRANçAISE

Eric LAHMY

Samedi 13 Octobre 2018

On avait pu admirer l’émergence d’un nouveau talent de demi-fond, celui du Vietnamien NGUYEN Huy Hoang, lors des Jeux asiatiques, cet été, à Djakarta. Troisième du 800 mètres, 2e du 1500 mètres où il avait mené jusqu’au deux cents mètres du but devant SUN Yang. Là, le champion olympique et recordman du monde chinois avait fait étalage de sa vitesse terminale sans égale.

On avait appris alors que NGUYEN était un fils de pêcheurs de Hanoï qui avaient mis leur fils à l’eau à trois ans pour qu’il aide ses parents à rabattre le poisson. On ne saurait imaginer raison plus exotique et utilitaire à la fois de nager ! On savait aussi que ce jeune homme, demi-fond oblige, était l’un des nageurs entraînés le plus longuement (20 kilomètres par jour).

Les Jeux olympiques de la jeunesse, à Buenos Aires, ont eu l’avantage de nous rappeler l’âge du Vietnamien. NGUYEN est né le 10 juillet 2000. Il avait raté une médaille sur 400 mais ce vendredi le 800 mètres lui a été favorable. NGUYEN y a conduit son effort de façon remarquable. Il a nagé un peu avec tout le monde jusqu’à mi-course, puis il a appuyé progressivement. A l’arrivée, deux parties de course assez différentes, avec une course en accélération (negative-split) assez accentuée, deux quatre cents mètres en respectivement 3’57s13 et 3’53s07 pour, au total, 7’50s20, un nouveau record national.

NGUYEN, 7e au 100 mètres, 3e au 400 mètres, commence alors à accélérer immédiatement après le mur, passe en 2e position, puis mène après les 500 mètres. 200 par 200 mètres, cela donne : 1’57s39, 1’59s74, 1’57s51, 1’55s56.

On aurait tort de croire que le negative split est obligatoirement une stratégie volontaire de nage. C’est assez souvent l’expression d’un nageur dominant mais assez méfiant qui part en se modelant au rythme de l’adversité puis, ayant pris la température et se sentant à l’aise, attaque ; si on préfère, le negative split illustre souvent la domination d’un nageur prudent. Question de tempérament.

C’est aussi une affaire de stratégie, et un compétiteur se doit de puiser dans sa besace tactique les éléments qui conviennent aux différents challenges qui peuvent se présenter en course.

NGUYEN, à Djakarta, opposé à un géant comme SUN Yang, et sachant qu’il ne pourra le surprendre au sprint, mène grand train. Le fait qu’il ne put se débarrasser du Chinois n’empêche pas qu’il avait fait le bon choix (et un choix courageux). Ici, s’il ne connaissait pas ses adversaires, il savait qu’ils ne représentaient pas une menace équivalente à SUN. Il laissa donc le Japonais Keisuke YOSHIDA  mener l’épreuve, et le suivit jusqu’au 400 (en 3’56s19 pour le Japonais) à moins d’une seconde, avant de produire son effort et faire la différence.

YOSHIDA fut battu sans commettre de faute, et nagea une course très bien équilibrée, passant en 3’56s19 pour finir en 7’53s65 (3’57s46).

TOUILI : UN 50 METRES DOS AU PARFUM DE LILA

Troisième, l’Italien Marco DE TULLIO, effectua en revanche un negative split à peine moins prononcé que NGUYEN, 3’59s64 plus 3’56s17 pour 7’55s81. Il semble qu’il ait préféré nager confortablement à tenter la « gagne » d’entrée. Son dernier 50 mètres « électrique » en 27s56, qui lui permit de « piquer » le bronze au Magyar Akos KALMAR et de reprendre deux secondes à YOSHIDA pose la question de savoir s’il n’avait pas été trop prudent.

L’Antibois (entraîné par Franck Esposito) Paul BEAUGRAND terminait à la cinquième place. C’est un nageur neuf et un réel espoir de notre demi-fond dont on nous a dit le plus grand bien. Deuxième des championnats d’Europe juniors avec 7’56 »23, début juillet à Helsinki, il est resté ici à cinq secondes de ce temps et se retrouve derrière Akos KALMAR qui l’avait précédé à Helsinki.

Autre élément à émerger dans les (assez faibles) résultats français, Lila TOUILI, sur 50 mètres dos, dont elle finit 3e derrière l’Australienne Kaylee MCKEOWN et la Russe Daria VASKINA. Lila, une grande fille qu’entraine à Canet Aurélien Gabert, si l’on en croit sa chanson préférée (affichée dans le presse book des Jeux), Gold Digger, est une « chercheuse d’or ». Ici, elle n’a trouvé « que » du bronze. Mais c’est une façon plus qu’honorable d’achever un été inauguré par un baccalauréat avec mention très bien ! Lila, qui ambitionne de devenir médecin, ne sera de ce fait sans doute pas la grande dossiste qu’on attend depuis Laure MANAUDOU, mais bon, elle n’en est pas moins épatante !

https://www.buenosaires2018.com/results/en/swimming/daily-schedule-date=2018-10-08.htm?lng=en

BUENOS AIRES-OLYMPIQUES DES JEUNES (4): KOLESNIKOV, CECCON et AJNA KESELY VEDETTES DU JOUR

Nouvelle journée de natation aux Jeux olympiques de la Jeunesse de Buenos-Aires, en Argentine. KOLESNIKOV y a gagné le 50 mètres dos, distance dont il détient le record du monde, et participé à un relais quatre fois 100 mètres quatre nages que l’équipe russe ne pouvait perdre, disposant des meilleurs spécialistes dans trois des quatre styles…

A son niveau, l’Italien CECCON a effectué son petit ravage. Vainqueur, du 50 libre, médaillé d’argent sur 50 dos derrière Kliment KOLESNIKOV, et sur 200 quatre nages derrière le Norvégien Tomoe HVAS, médaillé de bronze sur 100 dos derrière Kolesnikov et le Roumain Daniel Cristian MARTIN, relayeur irremplaçable du sprint italien, en brasse, pour pallier une absence dans ce secteur, ce beau gaillard d’1,94m a vécu sa plus belle journée de natation !.

Son succès sur 50 libre est une révélation, du moins à ce niveau, car il moissonne les records italiens de catégories depuis des années. L’an passé, il était 23e Européen junior, 7e cette saison.   

Le 200 dames est l’excuse d’un match à trois, voire à quatre : la gagnante du 100 mètres de Buenos-Aires, la Tchèque Barbora SEMANOVA, lance la course, ce qui peut paraître naturel vu son avantage de vitesse ; elle est suivie par l’Allemande MROZINSKI, laquelle va progressivement s’étioler en fonction inverse du train soutenu des filles de tête (auxquelles elle appartient).

Dès avant la mi-course, ce sont Ajna KESELY, la gagnante hongroise du 800 mètres, et la Chinoise JunXuan YANG, la médaillée d’argent du 100 mètres, qui reviennent sur SEMANOVA et mènent. Dans un 200 mètres mené à vive allure, c’est la plus résistante qui l’emporte, à condition d’avoir « muselé » la vitesse de base de la plus rapide par l’usage que celle-ci se voit contrainte de faire de ses capacités anaérobies.

Dans la dernière longueur, SEMANOVA est la plus rapide des trois, mais de si peu, quelques centièmes, qu’elle ne peut empêcher celles qui la devancent à l’ultime virage d’un peu moins d’un mètre de gagner. La Hongroise enlève son deuxième or en attendant la promesse d’un troisième sur 400 mètres qui ne peut lui échapper sauf catastrophe. La Chinoise ajoute l’argent du 200 à celui du 100 et SEMANOVA le bronze du 200 à l’or du 100…

A noter les quinze ans d’un joli gabarit, 1,80m, la Biélorusse Anastasiya SHKURDAI, née le 3 lanvier 2003. 2e du 50 mètres papillon dames, la benjamine de la finale accompagne sur le podium deux filles qui sont de trois ans ses aînées.

Une autre médaillée de quinze ans, la Russe Anastasia MAKAROVA, un petit gabarit en revanche, 1,60m, qui remporte le 100 brasse…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Thomas CECCON, Italie, 22s33 ; 2. Daniil MARKOV, Russie, 22s37 ; 3. Abdelrhaman SAMEH, Egypte, 22s43.

50 dos : 1. Kliment KOLESNIKOV, Russie, 24s40 ; 2. Thomas CECCON, Italie, 25s27; 3. Tomoe HVAS, Norvège, 25s28;

200 brasse : 1. Yu HANAGURUMA, Japon, 2’11s63 (30s68, 1’3s92, 1’37s53, SOIT 30s68, 33s24, 33s61, 34s10); 2. Savvas THOMOGLOU, Grèce, 2’13s68; 3. Caspar CORBEAU, Pays-Bas, 2’24s28

4 x 100 quatre nages : 1. RUSSIE, 3’35s17 (Kliment Kolenikov, 53s34, Vladislav Gerasimenko, 1’1s50, Andrei Minakov, 51s14, Danil Markov, 49s19); 2. CHINE, 3’38s35; 3. HONGRIE, 3’43s60.

Meilleurs temps individuels: dos, Kolesnikov, 53s34; brasse, Sun Jiajun, Chine, 1’0s12, papillon, Minakov, 51s14, crawl, Markov, 49s19.

DAMES.- 200 libre : 1. Ajna KESELY, Hongrie, 1’57s88 (27s98, 58s03, 1’28s33, SOIT 27s98, 30s05, 30s30, 29s55; 2. YANG Junxuan, Chine, 1’58s05 (28s02, 58s14, 1’28s53, SOIT 28s02, 30s12, 30s39, 29s52); 3. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 1’58s25 (27s50, 58s28, 1’28s87, SOIT 27s50, 30s78, 30s59, 29s38) ; 4. Julia Maria MROZINSKI, Allemagne, 1’58s84 ; 5. Nagisa IKEMOTO, Japon, 1’59s89.

100 brasse : 1.  Anastasia MAKAROVA, Russie, 1’7s88; 2. Niamh COYNE, Irlande, 1’8s90; 3. Kotry TETEREVKOVA, Lituanie, 1’8s95.

50 papillon : 1. Sarah JUNEVIC, Suède, 26s40 ; 2. Anastasiya SHKURDAI, Belarus, 15 ans (née le 3 janvier 2003), 26s62 ; 3. Polina EGOROVA, Russie et Angelina KOEHLER, Allemagne, 26s68.

BUENOS AIRES – OLYMPIQUES DES JEUNES (3) UN PETIT MINAKOV VIENT A BOUT DU GRAND MILAK SUR 100 METRES PAPILLON

ÉRIC LAHMY

Mercredi 10 Octobre 2018

Je connais beaucoup d’histoires de natation dans lesquelles le nageur s’est embarrassé dans une ligne de bouchons, j’en connais moins qui se soient pris dans celle des drapeaux, suspendus en travers du bassin. Mais ceux de la piscine de Buenos-Aires où se tiennent les « Jeux olympiques de la Jeunesse » doivent être particulièrement bas, et KOLESNIKOV s’est plaint d’en avoir heurté un avec une main lors du retour aérien pendant sa finale du 100 dos. Selon lui, ce serait une des raisons pour lesquelles il a nagé en 53s2 au lieu des 52s5 qu’il espérait réussir dans cette course. Ce que c’est que d’avoir le bras long !

Depuis, ce jeune homme a montré une autre facette de son talent : la nage libre. Il a nagé le 100 mètres de départ du relais russe en 48s04, améliorant son record national junior. Le record absolu a été établi en 2009 par Andrey Grechin avec 47s59.

Ajna KESELY, un petit gabarit venu de Hongrie l’emporte sur 800. Elle s’évade vers les 500 mètres et creuse l’écart sur une Argentine, Delfina PIGNATIELLO. Sur 200 dos, s’impose une Moldave d’un mètres quatre-vingt-deux, Tatiana SALCUTAN, produit local, entraînée, nous fait savoir sa courte biographie,  à Tiraspol, dans son petit pays (34.000km²)  pris en sandwich entre la Roumanie et l’Ukraine, par  Evghenii KARABETKI, et Denis GLUHOVCENCO. Tout cela pour vous dire qu’il existe maintenant vraiment partout des programmes de natation qui produisent de bons éléments.

Cette grande fille de 17 ans et demi a laissé la Canadienne Madison BROAD tirer les marrons du feu en menant les trois quarts de la course, puis a su profiter d’une nette baisse de régime de BROAD dans la troisième longueur pour lui tomber sur le râble et la défaire d’un rien au sprint.

C’est dire si Salcutan ne fait pas de « broaderie », elle !

A remarquer que seule des quatre premières filles qui touchent à l’arrivée en moins d’un seconde, seule la gagnante ne baisse pas la cadence dans la troisième fraction – comme si les trois autres s’étaient ingéniées à économiser des forces pour le sprint… En l’occurrence, c’est la troisième longueur qui s’est avérée décisive (ce n’est pas toujours le cas cependant)…

Il n’empêche: une Moldave devant une Canadienne, une Australienne et une Américaine, ça change un peu le visage de la natation.

Sur 100 papillon, Andrei MINAKOV, un Russe de 16 ans (né le 17 mai 2002), bâti au rebours des colosses qui règnent sur les eaux, avec son 1,75m pour 56kg, a imposé sa légèreté au puissant MILAK, de vingt-sept mois son aîné, à son 1,90m et à ses 83kg, sans oublier sa réputation de recordman d’Europe du 200 papillon. Toutes proportions gardées, l’anecdote rappelle la défaite en finale olympique de Michael GROSS, 2,01m, super favori du 200 mètres papillon des jeux de Los Angeles,  des mains d’un certain Jon SIEBEN, 1,75m et perdu jusqu’alors dans les profondeurs des classements…

Cela dit, MILAK n’a pas réellement déçu ici, puisque son temps approche d’un centième celui qui lui avait valu la 4e place des championnats d’Europe ; MINAKOV s’est imposé devant MILAK et un autre « petit » gabarit, l’Italien BURDISSO (1,75m).

Née un 1er avril, on ne s’étonnera pas que Barbara SEEMANOVA, gagnante du 100 mètres dames, soit un poisson. La Pragoise a mené de bout en bout. Il y a deux ans, cette belle jeunesse était devenue la première nageuse tchèque à battre les deux minutes au 200 mètres libre, donc rien d’étonnant dans son succès argentin. On ne l’a vue cependant que dans les compétitions de jeunes. Elle a été ainsi, en 2017, aux championnats d’Europe junior, 1ère du 50 (en 25s06), 2e du 100 (derrière Marrit Steenbergen, 54s62 contre 54s13) et 3e du 200 mètres (1’59s32, derrière Ajna Kesely et Valentine Dumont). Et aux mondiaux juniors d’Indianapolis 4e du 50 mètres (25s08), 5e du 100 mètres (54s78) et 7e du 200 mètres (2’0s01).

MESSIEURS.- 100 papillon : 1. Andrei MINAKOV, Russie, 51s12 (24s22 + 26s90) ; 2. Kristof MILAK, Hongrie, 51s50 (24s21 + 27s29); 3. Federico BURDISSO, Italie, 52s42; 4. Shinnosuke ISHIKAWA, Japon, 52s52

4×100 mètres: 1. RUSSIE, 3’18s11 (Kolesnikov, 48s04, Markov, 49s58, Gerasimenko, 51s56, Minakov, 48s93); 2. BRESIL, 3’20s99 (lance, Calvelo de Souza, 48s87); 3. ITALIE, 3’22s01.

Meilleurs temps: au start, Kliment Kolesnikov, 48s04

DAMES.- 100 libre : 1. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 54s19 (26s19) ; 2. YANG Junxuan, Chine, 54s43 (26s47) ; 3. Neza KLANCAR, Slovénie, 54s55 (26s61).

800 libre : 1. Ajna KESELY, Hongrie, 8’27s60 ; 2. Delfina PIGNATIELLO, Argentine, 8’32s42; 3? Marlene KAHLER, Autriche, 8’36s57.

200 dos : 1. Tatiana SALCUTAN, Rép. De Moldova, 2’10s13 (31s02, 1’4s63, 1’37s88, soit 31s02, 33s61, 33s25, 32s25) ; 2. Madison BROAD, Canada, 2’10s32 (30s13, 1’3s74, 1’37s74, soit 30s13, 33s61, 34s, 32s58); 3. Kaylee MCKEOWN, Australie, 2’10s67; 4. Rhyan WHITE, USA, 2’10s95.