8 MINUTES DE LA VIE DE GILLES BORNAIS

Livre

*Gilles BORNAIS. 8 Minutes de Ma Vie. Jean-Claude Lattès, 16 €

 

            L’écrivain Gilles Bornais, journaliste, nageur, entraineur de natation, s’était jusqu’ici illustré dans le roman policier. Il s’est fendu d’un livre sur la natation, qui fut sa première passion, avant la littérature. Avec « 8 minutes de ma vie », il passe en revue les états d’âme d’une ondine, Alizée, qui ressemble comme une sœur à une certaine Laure Manaudou, dans l’un des meilleurs romans qui aient paru sur le sport.

Eric Lahmy : « Dirais-tu du personnage de ton roman, « 8 minutes de ma vie », comme Flaubert de son héroïne madame Bovary : ‘’Alizée, c’est moi ?’’ »

Gilles Bornais : « Alizée, c’est un peu moi, dans la mesure où je nage depuis l’âge de douze ans, que j’en ai cinquante-quatre, que je n’ai jamais abandonné ce sport, ayant été nageur, nageur de masters, entraineur, dirigeant, et, journaliste, ayant couvert entre autres la natation. Il est normal que je puise dans cette expérience pour décrire ce personnage de nageuse. »

E.L. : « Le roman est un monologue d’Alizée. Si cette fille est un peu toi, c’est aussi Laure Manaudou.

G.B. : « Manaudou ? Je vais être honnête. Même s’il n’est pas facile d’être honnête dans ce type d’aveu. J’ai voulu raconter l’histoire d’une championne de natation parce que je désirais montrer le mérite d’être championne de natation, présenter la réalité crue, sans me laisser influencer par la présentation réductrice qu’en fait la presse.

E.L. : « Pourtant, en te lisant, l’image de Manaudou s’impose ; le parcours d’Alizée ; son entraineur, culturiste oxygéné, que tu appelles d’ailleurs Philippe Lucas ; ses adversaires, la Roumaine qui ne peut être que Potec ; l’Espagnole qui fait d’effrayantes crises d’angoisse, l’Italienne Pellegrini ; ses histoires de cœur ; jusqu’aux distances qu’elle nage ; tous ces détails qui s’ajoutent m’ont fait dire à chaque page : c’est Manaudou !

G.B. : D’abord, la distance : j’avais besoin du 800m, une course que je détaille au cœur du livre, parce que c’est une épreuve romanesque. La seule où on peut se regarder un peu les uns les autres sous l’eau, où il se passe des choses, où on a le temps de penser. Le 50m, c’est un pur déboulé sans état d’âme, ce n’est pas une distance romanesque ! Si j’avais pu la faire nager en eau libre, où les distances sont encore plus longues, ça aurait été encore mieux pour décrire ce qui lui passe par la tète. Pour revenir à Laure, c’est vrai qu’elle m’intéressait, parce qu’à travers ses paradoxes, ses faiblesses, ses errances, elle cristallisait ce que j’avais envie de dire : c’est quoi, le champion, quelle est la vérité de cet être, répond-il à ce qu’en dit la presse, qui reste à la surface des choses et finalement en dit n’importe quoi ? Il y avait tant de choses à démystifier, ou à redire, sur cet être que tout le monde s’ingénie à présenter de travers.

« Laure Manaudou est un talent, encore plus grand peut-être qu’on ne l’a dit. On n’avait jamais vu quelqu’un nager aussi vite avec autant de classe et battre des records du monde, enlever des titres mondiaux et olympique en accumulant autant de limites. Car enfin, au plan technique, voilà une fille qui ne plonge pas bien, qui ne sait pas virer, dont la nage est rudimentaire, dont les courses atteignent au degré zéro de la stratégie… Il faut revoir ses 800m, sa course des Jeux d’Athènes, en 2004, où la Japonaise Ai Shibata l’attend, l’attend, l’attend, pour lui placer une accélération et gagner, c’est tellement prévisible, j’ai gagné des paris sur les erreurs de course de Manaudou…

Mais en même temps, je ne voulais pas raconter Laure Manaudou, écrire un livre sur Laure Manaudou. Car alors, j’aurais du raconter ses frasques, ce qui ne m’intéressait pas. En revanche, je voulais décrire ce que c’est que de rencontrer une rivale amoureuse dans une chambre d’appel – le genre de situation qui n’est pas arrivé qu’à elle seule, soit dit entre parenthèses – ou ce que c’est d’être au top en ne faisant pas tout ce qu’il faut à l’entrainement. En ce sens, elle m’intéressait par ce coté, monstrueux, fellinien, de la fille qui fait tout et n’importe quoi. En n’écrivant pas la biographie de Manaudou tout en m’inspirant de cette richesse d’éléments qu’elle présente, je préservais ma liberté d’écrivain de choisir ce qui m’intéressait chez elle.

E.L. : « Donc c’est bien de Manaudou qu’il s’agit.

G.B. : « Oui… Non… Avant ce que tu as lu, il y a eu une première version. Ce n’était pas ça. Mais il s’est passé que, pendant que j’écrivais cette version, je nageais au Lagardère. Je voyais Camilla Potec et Philippe Lucas tous les jours et cela n’a pas pu ne pas m’interpeller à un moment.

« Finalement, je ne délivre pas un message. Pourquoi m’orienter vers Laure Manaudou plutôt que Camille Muffat ? Eh ! Bien, c’est que Camille Muffat est la perfection en natation. Elle y fait tout bien. Qu’elle nage en dos, en brasse, en papillon ou en crawl, c’est parfait. Sa gestion de carrière est parfaite. Sa relation avec son entraineur, celle avec ses équipiers, sa façon de fonctionner dans une équipe, tout cela est exemplaire. Alors, bien sur, au bout du compte, elle peut apparaitre lisse, sans aspérités, et cette fille sage, cette fille bien, ce n’est pas un personnage idéal de roman. On a déjà dit qu’on ne fait pas de littérature avec de bons sentiments. Pas plus qu’avec des gens parfaits. J’ajoute que l’idée du roman n’est pas de moi. Elle me vient d’un éditeur qui ne cessait de me tarabuster sur le point suivant : qu’est-ce que ça fait de nager ? J’étais le seul écrivain nageur de sa connaissance, il voulait que je lui explique.

« Je suis très circonspect au sujet de la façon dont les média présentent la haute compétition. Comme un moment d’intense bonheur, celui où les compétiteurs se régalent dans l’attente d’en découdre, de se castagner avec de grands sourires guerriers. Quelle plaisanterie ! Le compétiteur qui arrive avant la grande course, le grand concours, il est dans l’état du gars qui va se faire opérer et qui est nu comme un ver, allongé sur la table d’opération, tandis que les événements vont totalement lui échapper, et qui se demande s’il se réveillera de l’anesthésie, s’il sera vivant demain. Il n’est rien que cela : 70kg de trouille, à poil, avant de se faire opérer…

E.L. : « C’est en effet une dimension qu’on a totalement fait disparaitre, qu’on ne présente jamais. Ces histoires de gens qui se régalent, trépignent de joie à l’approche de la bagarre, c’est des propos de psychologues qui soufflent ça aux nageurs pour lutter contre la méga trouille de la haute compétition, et que les nageurs – et les autres sportifs – répètent de façon mécanique. Je connais des grands guerriers du sport qui ne parvenaient pas à dormir de la semaine qui précédait la course olympique… Seuls les intimes savent ce qu’a vécu Yannick Agnel avant son 200m, avant son 100m…

G.B. : « … Chaque fois que j’explique cela aux gens, que ce soit chez le coiffeur ou dans les diners en ville, ils ouvrent des yeux comme des soucoupes. Je leur dis : vous ne savez pas ce que c’est de vouloir devenir champion. Après, il y a aussi le traitement des media. Ils fonctionnent comme au tiercé. Si tu n’es pas dans les trois premiers, tu n’es rien, tu n’existes pas, tu peux avoir fait une course grandiose, le truc de ta vie, tu n’es pas sur le podium, donc ça compte pour beurre.

E.L. : « Patrick Abada avait fait 4e du concours de perche des Jeux de Montréal, en 1976. Les gens n’arrêtaient pas de le plaindre, des années durant, de son échec, 4e, la place de l’idiot, la médaille en chocolat. Et il leur répondait qu’il avait vécu sa 4e place aux Jeux comme une chose magnifique, le plus grand moment de sa vie…

G.B. : « De tout ça, on parle sans ne rien comprendre des enjeux du sport. Il y a aussi le coté festif, que veulent vendre maintenant les média : c’est tout le contraire du sport. Dans certaines compétitions, ils meublent les épreuves avec des feux d’artifice ! Ils veulent des images, c’est ce qu’ils ont trouvé. Je déteste cela. Car alors, que reste-t-il d’une performance, présentée dans un tel cocon, que peut-on en appréhender ? Même la performance d’ailleurs, vingt ans après, a tellement été mangée par les progrès, que tu n’oses pas la donner, tu aurais l’air ridicule. Le record mondial, trente ans après, a l’air ridicule ! La seule chose qu’on ne t’enlèvera pas, c’est l’effort que tu as consenti pour réussir ta performance. L’effort ne sera jamais démodé. Aussi, éliminer cet aspect là, cette ferveur, cette volonté, est dramatique…

« …On  n’est pas vainqueur d’une compétition. On est rescapé. Le survivant d’un processus d’élimination qui est un douloureux sacrifice, tout sauf une fête.

E.L. : « Pour Lacan, je cite, ‘’le sportif est le prototype du héros moderne qu’illustrent des exploits dérisoires dans une situation d’égarement’’. »

G.B. : « Alors, en face de ça, on peut me présenter de très belles cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques et m’expliquer que c’est la soirée olympique la plus regardée, moi je ne les regarde pas. Puisque c’est ça que veulent les gens, qui les fait rêver, on pourrait leur passer dix cérémonies d’ouverture aux Jeux olympiques, et expédier les épreuves sportives en vitesse…

Pour en revenir au roman, en évoquant la dernière course d’Alizée telle qu’elle-même se la raconte de l’intérieur en la vivant, j’ai voulu opérer le négatif de ce qu’on nous montre, avec ces nageurs souriants de toutes leurs dents, avec ce bonheur qu’est la compétition. La machine médiatique ne veut voir de bonheur que dans la victoire. Il ne lui viendrait pas à l’esprit de nous montrer ce que peut être la grandeur de l’échec. Car enfin, c’est la relation entre l’effort gigantesque de l’entrainement et la fragilité, la fugacité, l’enjeu, de la compétition, qui donne au sport sa force tragique. Celle ou celui qui nage deux fois par jour, est toujours entre deux entrainements. Il ne cesse de sentir le chlore, son maillot de bain, ses serviettes, ne sont jamais secs. A peine sorti de l’eau, déjà l’heure lui indique le faible laps de temps qui le sépare de l’entrainement suivant. C’est un rythme lancinant, quelque chose qui bouffe ta vie. Tu rates un entrainement, tu as l’impression de ne pas savoir nager.

E.L. : « Raconte un peu ta carrière en natation ?

G.B. : « J’ai commencé dans un petit club, le Club Sportif du Val d’Oise, à Montmorency. J’habitais à Epinay-sur-Seine. Je voulais faire du rugby et vers douze ans, j’ai été opéré d’une épaule. Le médecin m’a proposé de pratiquer pendant un an un sport moins brutal. J’ai nagé. Ça m’a plu. Dès la deuxième année, j’ai commencé à m’entrainer tout seul. Aux trois entrainements hebdomadaires du club, j’ajoutais deux ou trois entrainements en solitaire. Je glanais tout ce que je pouvais dans les journaux et dans des conversations sur les bords des bassins pour bâtir mes séances. Un jour, j’ai entendu un coach vanter son nageur qui avait réalisé un 30 fois 50 mètres papillon. A ma séance, suivante, je me suis tapé 50 fois 50m papillon. J’avais une autre fois piqué une séance de Bruce Furniss qui enchainait des séries de 1000m. Je me suis tapé des séries de 1200m. Furniss, champion olympique et recordman du monde du 200m, était très doué. Moi, je n’étais pas doué, pour compenser, j’en ferais plus que lui. Pour mes séries, j’emmenais à la piscine un sablier du « Mot le Plus Long », je retournais le sablier, nageais, attendais que tout le sable ait filé, le retournais, repartais. J’ai transposé ce genre de pratiques en littérature. J’avais lu que Patricia Cornwell se levait tous les matins à 5 heures pour écrire, je me suis levé à 4 heures. Pour que mes parents ne soupçonnent pas mes activités aquatiques j’avais caché mes affaires de natation dans la benne à ordures de l’immeuble. Et un jour, je me les suis fait voler. »

E.L. : « Tu étais un fanatique, une sorte de Monsieur Plus. »

G.B. : « A 21 ans, j’ai commencé à entrainer. Et à écrire. Comme entraineur, j’officiais à l’ « Entente 95 Franconville, Harblay, Sannoy et Montigny ». Un regroupement de quatre communes. On a eu des médailles et même un champion de France en 1997, sur 1500m, Sébastien Durindel. Dans le journalisme, je suis devenu rédacteur en chef et directeur général de l’Echo Républicain, à Chartres. J’ai toujours continué à nager, malgré des ennuis de santé, tendinites, hépatite virale. après le CSVO, entre 70 et 77, j’ai nagé au CNP de 78 à 81 puis à Clichy, pendant que j’étais entraîneur à Franconville, puis à l’Entente 95 FHSM (84-97), à Saint-Denis où j’ai joué au water-polo en 98-99, aux Vauroux-Mainvilliers de 2000 à 2004, au CNP, en masters, en 2005-2007, puis au Lagardère depuis 2007. Je n’ai pas encore repris ma licence cette année, pour l’instant je nage dans un petit club FSCF, le CS France, rue du Montparnasse. A 40 ans, j’ai été champion de France masters du 50m papillon devant un grand champion et un type formidable, Xavier Savin, un finaliste olympique qui, comme les grands champions dans une course comme ça, s’est présenté au débotté, sans entrainement, tandis que moi, j’étais très préparé. J’ai encore gagné le 50 papillon en 2008, fait 4e mondial. Maintenant, à cause de petits ennuis cardiaques, je continue de nager mais ne puis plus me présenter à des compétitions.

« Je nage toujours long. Cela m’est facile. Le plus dur, c’est de s’y mettre. Mais une fois dans l’eau, je ne m’arrête plus. Nager 10km est beaucoup moins difficile que d’écrire six ou huit heures d’affilée. J’aime écrire dans un café. Presque toujours le même, à Montparnasse. J’amène mes boules Quies, n’entends rien de ce qu’on me dit. Quand j’ai bien souffert à force d’écrire, je suis content. Comme après un entrainement. Je me sens rajeuni, envahi par une bonne fatigue. »

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

FAN D’ALIZEE

 

L’héroine du roman de Gilles Bornais, « 8 minutes de ma vie », est-elle Laure Manaudou, Gilles Bornais, ou un peu de nous tous ?

 

A l’instar du « madame Bovary, c’est moi », de Flaubert, Gilles Bornais aime dire : « Alizée, c’est moi. » Alizée, c’est aussi, semble-t-il, Laure Manaudou, et plus qu’un peu. La protagoniste de « 8 minutes de ma vie », se raconte à la première personne du singulier. Comme Gilles est romancier, et que les romanciers aiment touiller la pate des réalités qu’il utilisent dans leurs fictions, il décide qu’Alizée est une adversaire, et une héritière de Manaudou, élève, comme elle, de Philippe Lucas. De plus, son vécu est assez proche de celui de la championne.

Bornais connait Lucas depuis l’époque où celui-ci était un petit nageur de brasse, il a donc assisté à la construction du personnage. Le Lucas du roman est plus vrai que le modèle ; c’est un athlète de salle aux bras hypertrophiés, doublé d’un rebelle aux croyances étroites, qui jacte comme dans un film d’Audiard, est fan de Johnny et coach d’Alizée. Laquelle, ayant été à bonne école, parle et jure elle aussi comme un charretier. Son langage n’a pas du dépayser Gilles Bornais, excellent auteur de polars, qui a obtenu deux grands prix de meilleur roman policier et qui, depuis son remarquable récit de chasse au tueur en série, intitulé Le Diable de Glasgow, n’a cessé de publier et d’élargir sa palette. Dans « 8 minutes de ma vie », il retrouve parfois le phrasé, le rythme nerveux de ce genre.

Les « 8 minutes » en question sont, à une poigné de secondes près, celles que nécessite l’accomplissement d’une finale olympique du 800m qui va faire d’Alizée « la meilleure nageuse de tous les temps ou une pauvre fille trop grande et trop blonde. ». Précédée, en un long flash-back par sa vie de nageuse, partagée entre triomphes et naufrages, puisque que le sport olympique se nourrit d’extrêmes : la cime, ou l’abime. Une existence qu’elle conte avec une désinvolture que limitent certaines pudeurs de langage. Outre Lucas, indispensable père fouettard, elle est entourée de parents partagés entre l’affection et des tentations d’instrumentaliser, compte une bonne camarade (dans laquelle on peut voir une certaine Esther Baron), et un nombre beaucoup plus élevé d’adversaires, voire d’ennemies : ces nageuses qui veulent sa place ; et de garçons, objets de désir jetés sur son chemin comme autant de passerelles vers l’espoir d’une autre vie où l’on fera l’amour, des enfants, où on ne nagera plus.

Bien sur, nous sommes dans un roman. Mais enfin, cette Roumaine « belle, rose, lisse et son regard qui pâlit sous la peur », c’est bien Camilla Potec ; et l’Espagnole au torse avantageux et au « faciès de cochon » Federica Pellegrini. Gilles s’amuse à brouiller les pistes en citant par ailleurs, les noms de ces champions, mais à condition de connaitre un peu la topographie des lieux, on s’y retrouve facilement. L’expérience de Gilles Bornais, qui est un nageur, un entraineur, un journaliste de natation, donne à ses descriptions le poids de l’authentique.
L’apothéose du livre, c’est cette course de huit minutes où se joue une vie, qu’Alizée va prendre en mains, écartelée entre sa trouille et l’envie féroce, phénoménale, d’humilier les autres finalistes, de les détruire. Quarante pages à bout de souffle, de sang, de sueur et de larmes. Sans doute la partie la plus achevée du récit, où Gilles donne sa pleine mesure. Le lecteur ne sortira pas indemne de cette course à quitte ou double, et découvrira alors, à l’instar de Gilles Bornais, qu’Alizée, c’est nous.

Eric LAHMY

*Gilles BORNAIS. 8 Minutes de Ma Vie. Jean-Claude Lattès, 16 €

1 comment:

  1. Ariel l'Astronaute

    Ce livre fait justement parti de mes prochains achats.
    Interview très intéressante, j’ai encore plus hâte de lire le roman maintenant. Ecrit par un nageur, il ne peut être qu’intéressant.

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