à Poznan, l’espoir s’appelle Wattel

Les championnats d’Europe juniors 2013 ont débuté à Poznan (Pologne). Les championnats d’Europe juniors de natation ne correspondent pas aux championnats d’Europe seniors de natation. Les forces relatives ne s’y retrouvent pas. C’est un petit peu un autre monde.

Par exemple, en 2012 (année troublée par la présence des Jeux olympiques, certes), le tableau des médailles des championnats d’Europe seniors donnait la Hongrie, triomphatrice avec 26 médailles dont 9 d’or, devant  l’Allemagne, 8 or, 17 médailles, l’Italie, 18 médailles et 6 en or, et la France, 11 médailles dont quatre en or. Alors qu’en juniors, la Russie triomphait avec 12 or, 22 médailles, devant l’Italie, 13 médailles dont 6 en or, l’Allemagne, 21 médailles dont 5 d’or, le Royaume Uni, 20 médailles dont 4 d’or. Seules l’Allemagne et l’Italie se trouvaient dans les deux tableaux d’honneur…

En revanche, si l’on observe un décalage de trois ou quatre ans, les juniors projettent assez bien ce qu’on pourra voir plus tard chez les adultes. En général, la talent se détermine assez tôt chez un nageur ! Si l’on prend les résultats des championnats d’Europe juniors 2009, à Prague, que voit-on ? Yannick Agnel y gagner le 200m et le 400m et participer aux relais 4 fois 100m (2e) et quatre fois 200m (vainqueur). D’un autre côté, Camille Radou gagne le 200m à Prague et n’a pas confirmé, mais Anna Santamans, alors 3e du 50m, continue de progresser.

Si les résultats des juniors correspondent assez à ce que sera l’équipe de France seniors trois ou quatre ans plus tard, alors il y a de quoi s’inquiéter. En 2012, l’équipe de France avait terminé en 15e position, ex-aequo avec l’Autriche, la Biélorussie, la Georgie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Slovénie, et DERRIERE la Croatie, Israël et la Moldavie !

L’histoire des récents championnats d’Europe juniors est, pour la France, celle d’une sorte de dégringolade…

En 2009, la France avait été 3e au nombre de titres (4), 6e au nombre des médailles (7). On l’a dit, les vainqueurs avaient été Agnel (200m, 400m), le 4x200m, Camille Radou (200m), les médaillés le 4x100m messieurs (2), Anna Santamans (3e du 50m) et Camille Radou (3e du 100m).

En 2010, Agnel remet ça, gagne 100m, 200m et 400m. Mehdy Metella est 2eme du 100m, 3eme du 50 papillon. Clément Mignotti 3eme du 50m. Ganesh Pédurand 3eme du 200m quatre nages. Les relais 4x100m et 4x200m s’imposent, le 4x100m quatre nages est 2e. Béryl Gastaldello 3eme du 50m. Alizée Mehdy 3eme du 100m. Mathilde Cini 3eme du 50m dos. Le 4x100m dames est 3ème. La France est 3ème aux titres (5), 1ère aux médailles (17).

En 2011, la France gagne 2 relais féminin (4x100m et 4x200m) et Charlotte Bonnet gagne le 100 mètres. Mathias Bellange est 3eme du 50m papillon. Les filles (et une fois de plus Nice) nous sauvent le coup. 3e nation pour les titres, mais seulement 10e pour les médailles.

2012. Le vivier français parait s’être asséché. Une fille de Bourges, entraînée à Font-Romeu puis à Antibes, Camille Gheorghiu, sauve l’honneur : 3eme du 400m. Et rien d’autre. Et là on commence à se faire du mauvais sang.

Sur le papier, 2013 ne sera pas bien meilleur pour la natation française. Une nouvelle fois, Nice va assurer pour la France entière. On dirait un peu que les autres unités ont perdu les clés. Nice sait-elle seule fabriquer du haut niveau ? On se le demande. Deux exemples (qui valent ce qu’ils valent). En 2009, Camille Radou, formée à Saint-Germain-en-Laye, est championne d’Europe juniors. Elle s’en va à Font-Romeu, car dit-elle, sourire radieux « c’est le meilleur moyen de concilier études et sport, » (entretien du Parisien du 15 juillet 2009). Finalement, elle s’en va à Mulhouse, mais l’air de l’Alsace ne lui convient pas. En 2011, sa meilleure place aux championnats de France est 11e sur 200 mètres papillon, elle finit aussi 24e du 200m, 26e du 200m papillon, 39e du 100m. Où s’est dissipée sa belle énergie, quand son enthousiasme s’est-il noyé??

L’autre exemple est celui de Marie Wattel. A 14 ans, elle nage pour les Dauphins d’Annecy, et, aux championnats de France, termine 8e du 100 mètres papillon. Puis elle décide de partir pour Nice, où elle rejoint le groupe entraîné par Maxime Leutenegger, afin de concilier études et sport. A l’ombre portée de Fabrice Pellerin, Leutenegger fait plus que du bon travail. Dans les douze mois qui suivent, Wattel va vien merci, trois fois 2e des courses de papillon des championnats de France, qualifiée pour les mondiaux de Barcelone et le seul participant français (garçons et filles) sauf exploit de Joris Bouchaud, le Squale guadeloupéen du TOEC, à pouvoir espérer une médaille d’or aux championnats d’Europe de Poznan…

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