BARNIER, « CHEF » JUSQU’ À RIO

Par Eric Lahmy

13 octobre 2013

Romain Barnier a été confirmé dans son rôle d’entraîneur chef de l’équipe de France jusqu’aux Jeux  olympiques. C’était couru. Il semble que le coach marseillais soit à la fois celui qui sache obtenir de grands résultats et se hisser au niveau des exigences du collectif. « Il est formidable, dit de lui Francis Luyce en appuyant son propos d’un hochement de tête éloquent. Je l’ai toujours appuyé. » Après les résultats des Jeux olympiques de Londres, on aurait pu croire qu’un Fabrice Pellerin s’imposait, et il semble bien que Barnier lui-même avait tiré des conclusions relativement sévères quant à ses propres résultats : il n’avait pas atteint ses objectifs et était complètement occulté par les triomphes niçois.

C’était compter sans la personnalité de l’entraîneur niçois, qui n’a pas tardé à cannibaliser ses succès et à effectuer, après sa somptueuse montée en puissance de 2012, la plus rapide, incroyable et quelque part incompréhensible plongée aux Enfers. Manifestement, Pellerin gagnait à ne pas être connu ! Passons sur un livre qui offrait le spectacle désolant d’un mégalomane doublé d’un affabulateur, mais pouvait passer pour une simple faute de goût. Son comportement vis-à-vis de Yannick Agnel en revanche, affichait en revanche une volonté de nuire, une malveillance foncière qui naviguait entre l’infect et le détestable. Après un demi-siècle dans la natation, je n’ai jamais vu, et de loin, un entraîneur manifester une telle haine pour un nageur qui le quittait. Au regard d’un tel comportement on était près d’accréditer la « thèse » du très amusant site web Le Vestiaire (dont la désinvolture ironique n’empêche pas une bonne connaissance des faits et gestes, et qu’on ne saurait trop vous recommander à la lecture) qui plaisantait sur l’existence probables de pervers narcissiques manipulateurs dans notre pauvre monde. On se demande bien de qui il voulait parler!

En sens contraire, Romain Barnier a réussi à faire passer une personnalité chaleureuse, enthousiaste et curieuse à la fois, d’entraîneur qui semble apprécié des nageurs et qui plus est parait le leur rendre. Nous avons assisté il y a trois ans à un entraînement du CN Marseille et parlé au jeune coach dont la carrure avait déjà quelque chose d’impressionnant. On se serait cru dans la piscine d’une Université US, il y avait là quarante nageurs, dont deux championnes olympiques néerlandaises, deux champions du monde, un français Camille Lacourt, et un Sud-Africains, Roland Schoeman, quelques champions universitaires US, des champions d’Europe. Un an plus tôt, Roxana Maracineanu l’avait taxé au cours d’un entretien de « jeune entraîneur » sur un tom qui manifestait plus de condescendance que de respect: oublieuse qu’à cet âge, Bonaparte était général ! Barnier brûlait les étapes quand Michel Chrétien prenait son temps, à chacun son rythme. En équipe de France, il s’est fondu sans aucune difficulté dans le collectif national. Il s’est toujours tiré avec les honneurs dans ses missions en équipe de France. On se souvient comment, en 2010, pendant que tout le monde ne voyait que par le relais quatre fois 100 mètres, Barnier avait emmené sans encombres le relais quatre nages au titre européen ! Il faut voir aussi comment le départ soft de Camille Lacourt en Australie n’a pas fait de vagues ni provoqué de déchirements.

0 comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *